{"id":130,"date":"2006-10-28T12:00:16","date_gmt":"2006-10-28T16:00:16","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=130"},"modified":"2013-07-05T15:50:56","modified_gmt":"2013-07-05T19:50:56","slug":"le-fosse-entre-le-discours-romain-et-levolution-du-rapport-entre-les-sexes-au-sein-des-societes-modernes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=130","title":{"rendered":"Le foss\u00e9 entre le discours romain et l\u2019\u00e9volution du rapport entre les sexes au sein des soci\u00e9t\u00e9s modernes"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019\u00e9tait au bon temps&#8230; au beau temps de l\u2019\u00e9coute, de la confiance partag\u00e9e et d\u2019un dialogue avec les \u00e9v\u00eaques qui permettait \u00e0 ceux-ci de pr\u00e9senter au premier Synode de 1971 la demande historique de r\u00e9vision du statut des femmes pour leur participation pl\u00e9ni\u00e8re \u00e0 la vie de l\u2019\u00c9glise catholique.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s le lendemain de ce jour, notre tout jeune groupe international\u00a0<em>Femmes et Hommes en \u00c9glise<\/em>\u00a0-r\u00e9uni pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Rome et qui y avait justement programm\u00e9 une premi\u00e8re conf\u00e9rence de presse- pouvait f\u00eater cette initiative canadienne, laquelle, salu\u00e9e d\u00e9j\u00e0 par les m\u00e9dias du monde entier, devenait comme d\u2019autres qui suivirent -sur la violence, sur le partenariat&#8230;-\u00a0<strong>une p\u00e9dagogie d\u2019esp\u00e9rance pour toute la communaut\u00e9 catholique.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vous avez particuli\u00e8rement inspir\u00e9 notre travail,\u00a0<strong>vous<\/strong>, du groupe\u00a0<em>Femmes et Minist\u00e8res<\/em>, croyantes, cr\u00e9atives, courageuses qui vouliez tout simplement vivre pleinement les responsabilit\u00e9s de votre bapt\u00eame,\u00a0vous, ces groupes, tel, inimitable, la \u00ab collective de l\u2019Autre Parole \u00bb ; vous, ces relais communautaires, ces r\u00e9seaux si bien repr\u00e9sent\u00e9s ici aujourd\u2019hui, <em>Centre Saint Pierre, Centre Justice et Foi<\/em>\u00a0dont la revue\u00a0<em>Relations<\/em>\u00a0se fait le Porte-Parole. \u00c0 vous toutes, femmes cr\u00e9atives, croyantes, courageuses, ainsi qu\u2019aux compagnons du beau partenariat de fraternit\u00e9 qui nous r\u00e9unit ici, j\u2019apporte un\u00a0<strong>message cordial d\u2019estime et de reconnaissance<\/strong>. Et, tout sp\u00e9cialement, de la part des deux groupes o\u00f9 je suis engag\u00e9e : <em>Femmes et Hommes en \u00c9glise<\/em>\u00a0et son\u00a0<em>Unit\u00e9 de Recherche et Documentation Genre en Christianisme.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vous comprendrez maintenant les sentiments qui m\u2019habitent : me voici\u00a0<strong>reconnaissante<\/strong>\u00a0et <strong>heureuse<\/strong>, me r\u00e9jouissant de rapporter une belle moisson de ce colloque,\u00a0<strong>mais consciente de ma t\u00e9m\u00e9rit\u00e9<\/strong>\u00a0: je connais trop vos travaux pour ne pas l\u2019\u00eatre&#8230; Aussi aurais-je la sagesse de parler \u00e0 partir de mes exp\u00e9riences et connaissances, \u00e0\u00a0<strong>l\u2019interface et de la soci\u00e9t\u00e9 civile et de l\u2019\u00c9glise catholique.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tra\u00e7ons donc d\u2019abord rapidement le cadre de cette interrogation qui touche d\u00e9sormais toutes les religions. Du c\u00f4t\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 civile,\u00a0<strong>la parit\u00e9 hommes\/femmes s\u2019impose comme r\u00e9f\u00e9rence de valeur et norme de droit<\/strong>\u00a0-exceptions faites de certaines soci\u00e9t\u00e9s qui ont refus\u00e9 de signer la\u00a0<em>Convention des Nations-Unies sur l\u2019\u00e9limination de toutes les formes de discrimination \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes<\/em>\u00a0(CEDAW)- et de l\u2019autre, nous constatons que se fait bruyante, marquante et parfois dangereuse la pr\u00e9tention de certaines religions \u00e0 conserver comme essentielle et dirimante <strong>une\u00a0diff\u00e9rentiation sexuelle cod\u00e9e par l\u2019androcentrisme et le patriarcat.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce sera l\u00e0 le cadre de notre interrogation :\u00a0<strong>comment l\u2019\u00c9glise catholique, si elle se crispe sur une structure cl\u00e9ricale androcentr\u00e9e h\u00e9rit\u00e9e du patriarcat, pourra-t-elle satisfaire aujourd\u2019hui \u00e0 la nouvelle r\u00e9f\u00e9rence-de-valeur-et-norme-de-droit que constitue la parit\u00e9 entre les sexes?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je propose deux tableaux :<br \/>\n&#8211; le premier, de rappel, sur<strong>\u00a0la parit\u00e9<\/strong><br \/>\n&#8211; Le second sur\u00a0<strong>la diff\u00e9renciation sexuelle<\/strong>\u00a0que maintient officiellement l\u2019institution catholique par une typologie patriarcale du masculin et du f\u00e9minin, et notamment par l\u2019organisation et le fonctionnement cl\u00e9rical.<br \/>\n&#8211; Pour conclure, nous ne passerons pas sous silence les ruptures \u00e0 pr\u00e9voir, mais habit\u00e9es par ce que nous croyons du message \u00e9vang\u00e9lique et par ce que nous voyons d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019oeuvre sur le terrain eccl\u00e9sial-communautaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Parit\u00e9<\/strong><br \/>\nPermettez d\u2019abord quelques mots pour introduire ce terme dont nous faisons d\u00e9sormais un usage privil\u00e9gi\u00e9 en France jusqu\u2019\u00e0 l\u2019avoir inscrit en 2000 dans une loi nouvelle sur la parit\u00e9 politique.<br \/>\nDu concept\u00a0<em>\u00e9galit\u00e9<\/em>\u00a0nous avons exp\u00e9riment\u00e9 qu\u2019il ne se concr\u00e9tisait pas forc\u00e9ment dans des r\u00e9alisations sociales, alors que la\u00a0<em>parit\u00e9<\/em>\u00a0repr\u00e9senterait son effectuation, mise en application qui s\u2019\u00e9tend bien au-del\u00e0 d\u2019une r\u00e8gle de quotas, et dont on pense qu\u2019elle peut conduire \u00e0 la d\u00e9mocratie participative ou paritaire. Le terme de\u00a0<em>parit\u00e9<\/em>\u00a0offre aussi l\u2019avantage s\u00e9mantique d\u2019\u00e9voquer spontan\u00e9ment cette paire du masculin et du f\u00e9minin qui fondent l\u2019Humain.<br \/>\nEnfin, il n\u2019est pas inutile sans doute de chercher \u00e0 clore enfin ce proc\u00e8s ridicule d\u2019une \u00e9galit\u00e9, ou parit\u00e9, qui voudrait nier les diff\u00e9rences\u2026 Les diff\u00e9rences fondent justement la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de parit\u00e9, alors que leur absence s\u2019appellerait identitarisme. Convenons cependant que c\u2019est un d\u00e9fi neuf de savoir conjuguer, notamment en mati\u00e8re de droit, les diff\u00e9rences et l\u2019\u00e9galit\u00e9, ce qui, touchant aux sexes, rev\u00eat encore un poids particulier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 16 Juin dernier, le Cardinal Kasper, pr\u00e9sident du\u00a0<em>Conseil Pontifical pour l\u2019Unit\u00e9 des Chr\u00e9tiens<\/em>,\u00a0adressait un long message \u00e0 la Communion anglicane \u00e0 propos de l\u2019ordination \u00e9piscopale de femmes. Apr\u00e8s avoir ni\u00e9 la misogynie, dont on accusait \u00e0 tort le catholicisme, il affirmait :\u00a0\u00ab <em>L\u2019\u00c9glise catholique fait la distinction entre l\u2019\u00e9gale valeur et l\u2019\u00e9gale dignit\u00e9 des hommes et des femmes, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, et de l\u2019autre, la diff\u00e9renciation des deux sexes dans une relation mutuelle de compl\u00e9mentarit\u00e9<\/em> \u00bb(1).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rien de nouveau en ce rappel : d\u2019un c\u00f4t\u00e9 l\u2019affirmation de l\u2019\u00e9galit\u00e9 (\u00e9quivalence\u00a0selon le terme de Kari E. B\u00f8rresen (2)) qui devrait permettre la parit\u00e9, mais de l\u2019autre, une notification renouvel\u00e9e pour une mutuelle compl\u00e9mentarit\u00e9. Quel est donc le contenu de cette compl\u00e9mentarit\u00e9?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Situons d\u2019abord rapidement la parit\u00e9. Permettez-moi deux r\u00e9f\u00e9rences :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 30px;\">&#8211; La premi\u00e8re touche \u00e0 l\u2019ordre ontologique : une r\u00e9volution -scientifique, \u00e9thique, sociale et politique- s\u2019est op\u00e9r\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9picentre du statut de subordination sociale de la femme. Sont d\u00e9sormais r\u00e9fut\u00e9es son inf\u00e9riorit\u00e9, son invalidit\u00e9 et sa passivit\u00e9 dans une transmission de la vie que l\u2019on croyait \u00eatre la seule oeuvre du g\u00e9niteur. Renvoy\u00e9 \u00e0 un pass\u00e9 erron\u00e9 et r\u00e9volu l\u2019imbecillitas sexus accompagn\u00e9 du principe de la p\u00e9nibilit\u00e9 f\u00e9minine en forme de destin punitif\u2026 A partir de 1827, les d\u00e9couvertes successives sur les ovocytes ont permis\u00a0cette affirmation \u00ab renversante \u00bb et d\u00e9terminante :<strong> il faut un patrimoine et un matrimoine g\u00e9n\u00e9tique \u00e0 concurrence \u00e9gale pour appeler la vie.<\/strong>\u00a0C\u2019est bien l\u00e0 une nouvelle charte \u00e0 la fois scientifique et hautement symbolique de la parit\u00e9 homme\/femme, et de la co-responsabilit\u00e9 parentale.<br \/>\nLa deuxi\u00e8me r\u00e9f\u00e9rence nous est donn\u00e9e par la\u00a0<strong>convention Cedaw \u2013 Convention sur l\u2019\u00e9limination de toutes les formes de discrimination \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes. Sous l\u2019\u00e9gide des Nations unies, cette charte pr\u00e9sente la parit\u00e9 entre les sexes comme un nouvel ordre \u00e9thique et social pour le vivre ensemble mondial<\/strong>\u00a0:\u00a0\u00ab <em>&#8230;le d\u00e9veloppement complet d\u2019un pays, le bien-\u00eatre du monde et la cause de la paix demandent la participation maximale des femmes \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec les hommes, dans tous les domaines<\/em> \u00bb\u00a0lit-on en pr\u00e9ambule. L\u2019article 5 en est d\u00e9terminant : il d\u00e9finit le sexisme comme\u00a0<em>un pr\u00e9jug\u00e9 fond\u00e9 sur l\u2019id\u00e9e de l\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 ou de la sup\u00e9riorit\u00e9 de l\u2019un ou l\u2019autre sexe ou de ce qui convient ou ne convient pas aux hommes et aux femmes<\/em>.\u00a0C\u2019est cette formule m\u00eame qui condamne toute d\u00e9termination ou \u00ab\u00a0sp\u00e9cification\u00a0\u00bb pr\u00e9tendant prendre fondement sur l\u2019appartenance au sexe. Et le m\u00eame article vise sp\u00e9cialement les religions par la formule :\u00a0<em>pr\u00e9jug\u00e9s, pratiques coutumi\u00e8res ou de toute autre type<\/em>.\u00a0Par ailleurs, Cedaw cite plus de 60 fois l\u2019homme et la femme ensemble, co-responsables dans tous les domaines, sans jamais ni nier, si\u00a0<strong>sp\u00e9cifier<\/strong> leurs diff\u00e9rences, au contraire des enseignements religieux qui d\u00e9finissent celles-ci selon le sexe et y fonde privil\u00e8ges et interdits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 30px;\">Au regard des valeurs et dispositions nouvelles de parit\u00e9 entre les sexes, l\u2019\u00c9glise catholique romaine, qui fut sur certains points en avance sur la soci\u00e9t\u00e9 civile quant au respect des femmes, marque d\u00e9sormais non plus un simple d\u00e9calage mais une\u00a0<strong>contradiction de principe<\/strong>\u00a0de plus en plus choquante :\u00a0<strong>dans la soci\u00e9t\u00e9 civile des pays qui se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 la norme des Droits Humains, le sexisme est prohib\u00e9 par les lois mais s&rsquo;attarde dans les moeurs, alors que, dans l\u2019institution et l&rsquo;organisation catholique, le sexisme est encore de r\u00e8gle \u00e0 la fois dans les moeurs et dans les lois.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Compl\u00e9mentarit\u00e9 andro-centr\u00e9e : pr\u00e9figur\u00e9e, sp\u00e9cifi\u00e9e, cod\u00e9e, restreinte&#8230;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comment pourrait-il s\u2019agir d\u2019un \u00e9change r\u00e9ciproque,\u00a0<em>d\u2019une compl\u00e9mentarit\u00e9 mutuelle<\/em>\u00a0lorsque celle-ci reste configur\u00e9e par un andro-centrisme patriarcal justifi\u00e9 tel une doxa \u00ab\u00a0naturelle\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0sacr\u00e9e\u00a0\u00bb ? Sans compter que le discernement pour en juger et le gouvernement pour l\u2019appliquer restent, dans l\u2019institution catholique, mono-sexu\u00e9s&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019analyse est connue des arguments et des faits du statut \u00ab sp\u00e9cial \u00bb f\u00e9minin. Mais je voudrais attirer l\u2019attention sur les modes, un peu rafra\u00eechis, d\u2019une \u00e9nonciation actuelle telle qu\u2019elle cherche \u00e0 remplacer une argumentation affirm\u00e9e d\u2019abord comme purement \u00ab\u00a0th\u00e9ologique\u00a0\u00bb ou biblique et qui a soulev\u00e9 tant de critiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des arguments officiels explicites, il faudrait aussi pouvoir analyser ici le discours implicite de leur repr\u00e9sentation, notamment liturgique ; c\u2019est l\u00e0 une \u00e9nonciation, une mise en configuration qui vient soutenir les arguments th\u00e9oriques en leur offrant le support de l\u2019image, du son, et de l\u2019\u00e9motion \u00ab\u00a0religieuse\u00a0\u00bb toujours si sacralis\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une remarque encore s\u2019impose et j\u2019y serai franche : on ne peut pas illustrer la th\u00e8se, continuer sa mise en oeuvre, la \u00ab\u00a0mettre en sacralit\u00e9\u00a0\u00bb naturelle et divine, en l\u2019exon\u00e9rant de l\u2019hypoth\u00e8se qui l\u2019a fait na\u00eetre. L\u2019aujourd\u2019hui cl\u00e9rical r\u00e9active spontan\u00e9ment l\u2019hier. Et c\u2019est une imprudence \u2013sinon une malhonn\u00eatet\u00e9- que de vouloir nier les effets d\u2019un syst\u00e8me o\u00f9 des \u00e9l\u00e9ments mis en place depuis si longtemps et toujours r\u00e9els dans leurs cons\u00e9quences, continuent \u00e0 l\u00e9gitimer des pr\u00e9suppos\u00e9s erron\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>L\u2019organisation cl\u00e9ricale officielle fonctionne aujourd\u2019hui tel un syst\u00e8me clos sur lui-m\u00eame, ax\u00e9 sur les deux p\u00f4les qu\u2019on oppose encore, statut masculin et statut f\u00e9minin h\u00e9rit\u00e9s d\u2019un sch\u00e8me anthropologique caduc.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Venons en aux modes actuels de la configuration et de l\u2019\u00e9nonciation:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 30px;\">&#8211; On constate que le Vatican privil\u00e9gie aujourd\u2019hui les termes et\u00a0le <em>symbolisme<\/em>\u00a0d\u2019une anthropologie pr\u00e9sent\u00e9e comme th\u00e9ologique et \u00ab naturelle \u00bb. Nouvelle et fort bien venue, l\u2019affirmation par Paul VI d\u00e9j\u00e0, puis Jean Jean-Paul II de l\u2019\u00e9quivalence. La r\u00e9ciprocit\u00e9 est parqu\u00e9e par\u00a0<em>l\u2019unit\u00e9 des deux&#8230; dans une soumission r\u00e9ciproque&#8230; mutuellement confi\u00e9s l\u2019un \u00e0 l\u2019autre<\/em>(3).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 30px;\">&#8211; Autrefois, c\u2019\u00e9tait la \u00ab nature \u00bb et la faute de la femme qui lui valaient sa subordination. Aujourd\u2019hui, ce sont sa mission, sa vocation, ses charismes, son\u00a0<em>caract\u00e8re proph\u00e9tique<\/em>, sa <em>syntonie<\/em>(4), son\u00a0<em>g\u00e9nie<\/em>(5) qui lui valent\u00a0<em>sa sp\u00e9cification<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 30px;\">&#8211; Or la femme, le f\u00e9minin, seuls sont\u00a0<em>sp\u00e9cifi\u00e9s<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire\u00a0<em>l\u2019objet<\/em>\u00a0d\u2019une d\u00e9termination. L\u2019homme masculin restant le r\u00e9f\u00e9rent, le pleinement capable et l\u2019\u00e9nonciateur, il n\u2019est rien \u00e0 en dire. Mais si seule la femme doit \u00eatre mise \u00e0 part en un traitement\u00a0<em>sp\u00e9cial<\/em>, c\u2019est que ne lui est pas reconnu le m\u00eame statut ontologique qu\u2019\u00e0 l\u2019homme : contradiction fondamentale \u00e0 une mise en \u0153uvre de la parit\u00e9 entre deux \u00eatres \u00e9galement, pleinement dignes, responsables de leur cr\u00e9ativit\u00e9 et pouvant jouer alors de diff\u00e9rences personnelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 30px;\">&#8211; Les diff\u00e9rentes instructions montrent que le fondement de la disparit\u00e9 -pour ne pas dire de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 ontologique- entre les sexes, r\u00e9side dans cette conception d\u2019un statut de la femme d\u00e9termin\u00e9 par sa capacit\u00e9 \u2013en milieu eccl\u00e9sial, on dit \u00ab\u00a0sa vocation\u00a0\u00bb- d\u2019\u00eatre m\u00e8re\u00a0<strong>sans que ne soit jamais pos\u00e9 clairement ce en quoi celle-ci diff\u00e8rerait essentiellement de la paternit\u00e9<\/strong>.\u00a0La paternit\u00e9, telle une capacit\u00e9, est au service d\u2019un choix personnel. La maternit\u00e9, quant \u00e0 elle, est pr\u00e9sent\u00e9e comme une marque g\u00e9n\u00e9rique du sexe f\u00e9minin et, en ceci, nous ne sommes pas loin de la femme cr\u00e9\u00e9e\u00a0<strong>pour<\/strong>\u00a0la maternit\u00e9 :\u00a0<em>La maternit\u00e9 est li\u00e9e \u00e0 la structure personnelle de l\u2019\u00eatre f\u00e9minin<\/em>\u00a0\u00e9crit Jean-Paul II (6)<\/p>\n<p>&#8211; Mais il est encore une fa\u00e7on sp\u00e9ciale et non innocente de d\u00e9terminer la f\u00e9minit\u00e9. Celle-ci est devenue -et notamment par Jean-Paul II- le sujet\/objet de louanges hyperboliques ; traitement \u00e0 part, quasi mythique o\u00f9 l\u2019on retrouverait certains accents d\u2019extase envers les pouvoirs de cette grande m\u00e8re\/d\u00e9esse que fit taire le patriarcat. Jamais la f\u00e9minit\u00e9 ne fut comme aujourd\u2019hui mise \u00e0 l\u2019honneur : au plan moral ou spirituel la femme se voit dot\u00e9e d\u2019une mission plus haute que celle de l\u2019homme : elle est plus sainte et a re\u00e7u\u00a0<em>mission\u00a0de sauver le monde<\/em>.<br \/>\nLe mod\u00e8le spirituel f\u00e9minin en vient \u00e0 se confondre avec le mod\u00e8le marial cher \u00e0 Jean-Paul II, celui d\u2019une r\u00e9demptrice toute puissante :\u00a0\u00ab <em>La pl\u00e9nitude de gr\u00e2ce accord\u00e9e \u00e0 la Vierge de Nazareth en vue de sa qualit\u00e9 de \u00ab Th\u00e9otokos \u00bb signifie donc en m\u00eame temps la pl\u00e9nitude de la perfection de \u00ab\u00a0<strong>ce qui est caract\u00e9ristique de la femme<\/strong>\u00a0\u00bb, de\u00a0<strong>ce qui est f\u00e9minin<\/strong><\/em>\u00a0\u00bb (7).<br \/>\nLe mode est connu, maintes fois analys\u00e9 qui consiste \u00e0 ne jamais \u00e9voquer de restrictions pour les femmes, sans louer en m\u00eame temps leurs qualit\u00e9s et saintet\u00e9 exceptionnelles. Bien que ces compliments puissent \u00eatre sinc\u00e8rement enthousiastes, n\u2019y retrouve-t-on pas le rappel, non innocent, du statut d\u2019ambigu\u00eft\u00e9 f\u00e9minine? Nous l\u2019\u00e9prouvons tous les jours : un grand \u00e9cart entre sup\u00e9riorit\u00e9 et inf\u00e9riorit\u00e9 ne cr\u00e9e pas l\u2019\u00e9galit\u00e9.<br \/>\nFaut-il pr\u00e9ciser que de nombreuses femmes restent satisfaites du portait trac\u00e9 et y rench\u00e9rissent parfois (8).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 30px;\">&#8211; Enfin, on ne saurait taire le plus grave : cette accentuation sur le mod\u00e8le f\u00e9minin\/marial s\u2019accompagne d\u2019un renforcement du mod\u00e8le masculin\/christique et, cette polarisation vient r\u00e9activer la repr\u00e9sentation\u00a0sacralis\u00e9e\u00a0d\u2019une diff\u00e9rence sexuelle en termes de primaut\u00e9 et r\u00e9ception, activit\u00e9 et soumission : le Christ aime et sauve l\u2019\u00c9glise,\u00a0<em>Il s\u2019est livr\u00e9 pour elle<\/em>; l\u2019\u00c9glise, est f\u00e9minine, \u00e9pouse et m\u00e8re, et re\u00e7oit tout de Lui. Non, ce mod\u00e8le christique n\u2019est pas explicitement propos\u00e9 aux seuls hommes mais, par une belle p\u00e9tition de principe, aux pr\u00eatres; et ceux-ci, comme chacun sait, ne peuvent \u00eatre que des hommes. Ce double mod\u00e8le christique et marial, masculin et f\u00e9minin, est donn\u00e9 en tant que lecture symbolique d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 fondatrice \u00e0 la fois anthropologique et th\u00e9ologique; il pose comme\u00a0essentiel\u00a0le choix d\u2019incarnation masculine du Christ, comme si la masculinit\u00e9 s\u2019int\u00e9grait dans les conditions m\u00eame du salut (9).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Sur le sacerdoce et sur le pr\u00eatre<\/strong>, on voit donc fleurir des affirmations ancr\u00e9es dans une eccl\u00e9siologie pr\u00e9-conciliaire qui met \u00e0 mal la th\u00e9ologie communautaire en m\u00eame temps que la parit\u00e9 entre hommes et femmes : en effet, la polarisation excessive et litt\u00e9rale sur le masculin, seul pleinement capable et \u00ab habilitable \u00bb ne peut que redire en filigrane, pour cause d\u2019incapacit\u00e9 f\u00e9minine et d\u2019exclusion des femmes, l\u2019infirmit\u00e9 de ce qui est pr\u00e9sent\u00e9 comme communaut\u00e9 eccl\u00e9siale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De ce genre de propos, nous donnerons deux exemples :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est d\u2019abord un d\u00e9bat rendu en page enti\u00e8re par le journal belge\u00a0<em>La Libre Belgique<\/em>\u00a0du 24 mai 2005 :\u00a0<em>Pourquoi pas de femmes pr\u00eatres?<\/em>\u00a0Sont mis en confrontation l\u2019opinion d\u2019une femme engag\u00e9e en pastorale et du porte-parole des \u00e9v\u00eaques de Belgique, pr\u00e9cisant qu\u2019il s\u2019exprime \u00e0 titre personnel :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 30px;\"><em>\u00ab Fid\u00e8le \u00e0 une tradition qui remonte \u00e0 J\u00e9sus lui-m\u00eame, pareille pratique invite \u00e0 une r\u00e9flexion sur la compl\u00e9mentarit\u00e9 entre les sexes, symboliquement manifest\u00e9e par le mode de fonctionnement dans l\u2019\u00c9glise. Soit on conclut que cela est th\u00e9ologiquement non pertinent; qu\u2019il fallait bien que Dieu opte pour un des deux sexes en devenant homme. Soit on juge qu\u2019il est signifiant que le Sauveur soit masculin car le Christ r\u00e9v\u00e8le en pl\u00e9nitude le rapport entre Dieu et la cr\u00e9ation. Dieu a un rapport symboliquement masculin \u00e0 l\u2019humanit\u00e9. Il l\u2019ensemence de son esprit pour la rendre f\u00e9conde&#8230; \u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis nous vient un opuscule tout r\u00e9cent sur \u00ab<em>\u00a0Le c\u00e9libat, un chemin de vie<\/em>\u00a0\u00bb, actes d\u2019un colloque tenu du 6 au 8 mai \u00e0 Lourdes pour 150 membres des\u00a0<em>Services Dioc\u00e9sains des Vocations<\/em>. Celui qui s\u2019exprime est \u00ab promoteur des vocations pour les J\u00e9suites de France \u00bb. Il qualifie le pr\u00eatre de \u00ab\u00a0<em>t\u00e9moin de l\u2019amour sponsal, nuptial du Christ pour l\u2019\u00c9glise<\/em>\u00a0\u00bb mais sans pr\u00e9ciser que le pr\u00eatre n\u2019est t\u00e9moin du Christ qu\u2019<strong>avec, dans et par la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale<\/strong>.\u00a0Il poursuit : \u00ab\u00a0<em>le pr\u00eatre est appel\u00e9 \u00e0 \u00eatre l\u2019image vivante de J\u00e9sus-Christ, \u00e9poux de l\u2019\u00c9glise<\/em>\u00a0\u00bb.Et de citer Charles Bonnet : \u00ab\u00a0<em>Ne pourrait-on pas dire qu\u2019il est le sacrement du Christ \u00c9poux comme le concile a dit qu\u2019il \u00e9tait sacrement du Christ t\u00eate?\u00a0<\/em>\u00bb(9). Cependant que, lors d\u2019une table ronde finale, Mgr Herv\u00e9 Giraud, \u00e9v\u00eaque auxiliaire de Lyon et pr\u00e9sident de la\u00a0Commission \u00e9piscopale pour les ministres ordonn\u00e9s et les la\u00efcs en mission eccl\u00e9siale\u00a0eut l\u2019heureuse initiative de conclure ainsi :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 30px;\">\u00ab\u00a0<em>Le P.Paul Legavre a parl\u00e9 des diff\u00e9rentes images du Christ, notamment le Christ \u00c9poux \u00e0 partir de l\u2019article de Charles Bonnet. Je voudrais attirer votre attention sur le fait qu\u2019il peut y avoir quelques difficult\u00e9s si on continue \u00e0 multiplier ces images : le Christ T\u00eate, le Christ \u00c9poux, le Christ Grand pr\u00eatre, le Christ berger. Saint Thomas d\u2019Aquin lui-m\u00eame parlait toujours de configuration au Christ, mais pas au Christ Pr\u00eatre, pas au Christ Serviteur, pas au Christ ceci ou cela&#8230; au Christ lui-m\u00eame. C\u2019est important parce que si on multiplie trop des images, on va avoir des confusions dans la sacramentalit\u00e9, dans la signification que l\u2019on veut donner au pr\u00eatre<\/em>\u00a0\u00bb (10).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est clair qu\u2019au regard des nouvelles r\u00e9f\u00e9rences de valeurs et normes de droit, les trois monoth\u00e9ismes sont mis au d\u00e9fi de reformuler le rapport entre les sexes et de lui rendre sens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e9j\u00e0 l\u2019institution romaine se trouve plac\u00e9e sur une triple ligne de tension :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 30px;\">&#8211; Elle contredit ce qui est d\u00e9sormais reconnu tr\u00e8s majoritairement comme valeurs et droit dans la soci\u00e9t\u00e9 civile et, ce faisant, elle rejoint d\u2019autres fondamentalismes, notamment ceux qui invoquent leur Charia.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 30px;\">&#8211; Elle se d\u00e9tourne de l\u2019exemple oecum\u00e9nique donn\u00e9 par d\u2019autres confessions chr\u00e9tiennes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 30px;\">&#8211; Elle ne prend pas acte de la parit\u00e9 entre fr\u00e8res et s\u0153urs telle qu\u2019elle se manifeste \u00e0 l\u2019\u0153uvre sur le terrain pastoral dans des r\u00e9alisations qui font l\u2019espoir de nombreux membres de la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale et auxquelles participent certains ministres. Elle veut ignorer que pour un nombre croissant de pratiquant\/e\/s ou non, la parit\u00e9 rejoint le message \u00e9vang\u00e9lique ; qu\u2019elle r\u00e9pond aujourd\u2019hui non seulement \u00e0 une possibilit\u00e9 mais \u00e0 une qu\u00eate ; qu\u2019elle permet les \u00e9changes cr\u00e9atifs, l\u2019habilitation r\u00e9ciproque et la d\u00e9l\u00e9gation mutuelle d\u2019autorit\u00e9; qu\u2019elle est devenue indispensable \u00e0 toute communaut\u00e9, son absence d\u00e9figurant d\u00e9j\u00e0 l\u2019autorit\u00e9 qui s\u2019exprime \u00e0 Rome.<\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: medium;\">Notes<\/span><\/strong><br \/>\n1-\u00a0To Anglicans in Episcopal Ordination of Women\u00a0, agence de presse du Vatican Z\u00e9nit, 16-06-2006<br \/>\n2- Kari Elisabeth B\u00f8rresen,\u00a0Subordination et Equivalence, Mame 1968<br \/>\n3-\u00a0Lettre apostolique de Jean-Paul II sur la dignit\u00e9 de la femme et sa vocation,\u00a01988, n\u00b014<br \/>\nCf van Lunen in\u00a0La maternit\u00e9, exp\u00e9rience, institution et th\u00e9ologie , Concilium\u00a01989-22<br \/>\n4- \u00ab\u00a0La collaboration de l\u2019homme et de la femme dans l\u2019\u00c9glise et dans le monde\u00a0\u00bb Lettre de la congr\u00e9gation pour la doctrine de la Foi et aux \u00e9v\u00eaques de l\u2019\u00c9glise catholique, 31-07-2004.<br \/>\nCf van Lunen in\u00a0La part des femmes, N\u00b0503, juillet-septembre 2004, Paris, \u00c9d de l\u2019atelier, 112 p.<br \/>\n5-\u00a0Lettre du pape Jean-Paul II aux femmes, 29 juin I995, n\u00b012<br \/>\n6-\u00a0La dignit\u00e9 de la femme et sa vocation, lettre apostolique de Jean-Paul II, 1987, n\u00b018<br \/>\n7- id, n\u00b05<br \/>\nOn trouvera une analyse pr\u00e9cieuse et d\u00e9taill\u00e9e in Patrick Snyder,\u00a0La femme selon Jean-Paul II, Qu\u00e9bec, Fides, 1999<br \/>\n8- Janine Hourcade,\u00a0Des femmes pr\u00eatres ?\u00a0Paris, \u00c9d Parole et silence, 2006.<br \/>\n9- Suzanne Tunc,\u00a0La masculinisation de J\u00e9sus, article 2005, site FHE : www.fhe.asso.fr<br \/>\n10-\u00a0Le c\u00e9libat, un chemin de vie,\u00a0La revue pastorale des vocations, n\u00b0 122, Ao\u00fbt 2006, P. Legavre pp 47-73, Mgr Giraud, p. 95.<\/p>\n<p>Montr\u00e9al, octobre 2006<\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Texte d&rsquo;une conf\u00e9rence pr\u00e9sent\u00e9e lors du colloque<strong>\u00a0L\u2019acc\u00e8s des femmes aux minist\u00e8res ordonn\u00e9s dans l\u2019\u00c9glise catholique : une question r\u00e9gl\u00e9e<\/strong>\u00a0organis\u00e9 en octobre 2006 par le\u00a0<em>Centre justice et foi<\/em>\u00a0en partenariat avec le\u00a0<em>Centre St-Pierre<\/em>, la collective\u00a0<em>L&rsquo;autre Parole<\/em>\u00a0et le r\u00e9seau\u00a0<em>Femmes et Minist\u00e8res<\/em>.\u00a0<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marie-Th\u00e9r\u00e8se van Lunen Chenu, cofondatrice de Femmes et Hommes en \u00c9glise (France) interroge l\u2019\u00c9glise catholique en fonction de la parit\u00e9 entre les sexes reconnue comme valeur et norme de droit dans la soci\u00e9t\u00e9 civile <a href=\"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=130\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":77,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"ppma_author":[178],"class_list":["post-130","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ordination_des_femmes","author-marie-therese-van_lunen_chenu"],"authors":[{"term_id":178,"user_id":77,"is_guest":0,"slug":"marie-therese-van_lunen_chenu","display_name":"Marie-Th\u00e9r\u00e8se van Lunen Chenu","avatar_url":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Marie-T-Van-Lunen-Chenu-2-96x96.jpeg","user_url":"","last_name":"van Lunen Chenu","first_name":"Marie-Th\u00e9r\u00e8se","description":"F\u00e9ministe reconnue, cofondatrice de Femmes et Hommes en \u00c9glise (France), du Centre Genre en Christianisme (France) et de l\u2019Unit\u00e9 de Recherches et Documentation Genre en Christianisme [GC], Marie-Th\u00e9r\u00e8se van Lunen Chenu est une auteure et une conf\u00e9renci\u00e8re reconnue pour ses analyses rigoureuses. 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