{"id":1411,"date":"2014-02-27T14:07:54","date_gmt":"2014-02-27T19:07:54","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=1411"},"modified":"2014-03-03T09:19:40","modified_gmt":"2014-03-03T14:19:40","slug":"la-femme-a-t-elle-une-vocation-particuliere-dans-leglise-une-reponse-feministe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=1411","title":{"rendered":"\u00ab La femme a-t-elle une vocation particuli\u00e8re dans l\u2019\u00c9glise ? \u00bb Une r\u00e9ponse f\u00e9ministe"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-size: small;\"><a href=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Denise-Couture.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\" wp-image-1390 alignleft\" alt=\"Denise Couture\" src=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Denise-Couture.jpg\" width=\"108\" height=\"108\" srcset=\"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Denise-Couture.jpg 180w, https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Denise-Couture-150x150.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 108px) 100vw, 108px\" \/><\/a>Le comit\u00e9 \u00e9ditorial de la revue me demande de r\u00e9pondre \u00e0 la question\u00a0: \u00ab La femme a-t-elle une vocation particuli\u00e8re dans l\u2019\u00c9glise? \u00bb Question int\u00e9ressante! Je voudrais y r\u00e9pondre \u00e0 partir d\u2019une perspective f\u00e9ministe en me basant sur des recherches universitaires r\u00e9alis\u00e9es dans le domaine de la th\u00e9ologie, mais aussi sur mon exp\u00e9rience de femme spirituelle, membre de la collective f\u00e9ministe et chr\u00e9tienne <i>L\u2019autre Parole<\/i>.<!--more--><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Les termes de la question soul\u00e8vent en eux-m\u00eames quelques autres interrogations. J\u2019en retiens trois.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><em>Premi\u00e8re question<\/em>\u00a0: <strong>d\u2019o\u00f9 vient que l\u2019on parle de la femme et de sa vocation au singulier?<\/strong> Le singulier semble nous orienter vers une analyse de la \u00ab nature \u00bb de la femme ou, autrement dit, de qualit\u00e9s que toutes les femmes dans leur immense diversit\u00e9 poss\u00e8deraient en commun. Mais une telle \u00ab nature \u00bb de la femme existe-t-elle? Et, si oui, de quelles mani\u00e8res peut-on la penser et \u00e0 partir de quelles m\u00e9thodes? Qu\u2019en est-il de la \u00ab vocation \u00bb? On peut la comprendre comme ce \u00e0 quoi des personnes sont appel\u00e9es afin de r\u00e9aliser leur \u00eatre profond. Y aurait-il une \u00ab vocation particuli\u00e8re \u00bb pour toutes les femmes? Que serait cette vocation\/femme? Quelle parole f\u00e9ministe peut-on tenir \u00e0 ce sujet?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><em>Deuxi\u00e8me question<\/em>\u00a0: <strong>d\u2019o\u00f9 provient qu\u2019une telle pr\u00e9occupation demeure centr\u00e9e sur la femme?<\/strong> Autrement dit, comment se fait-il que l\u2019on ne pose pas la m\u00eame question pour l\u2019homme? Car on ne la pose pas pour lui. Je ne l\u2019ai pas vu pos\u00e9e. Je ne connais pas de discours universitaire, citoyen ou eccl\u00e9sial qui s\u2019attarde \u00e0 chercher la vocation particuli\u00e8re de l\u2019homme qui le distinguerait de la femme. Un tel discours n\u2019existe tout simplement pas. Il en est ainsi parce que le discours sur l\u2019homme occupe la position de la normativit\u00e9. Il nous parle de l\u2019humain universel. Mais remarquons que cela t\u00e9moigne d\u2019un traitement dissym\u00e9trique entre les deux sexes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><em>Troisi\u00e8me question<\/em>\u00a0: <strong><i>qui<\/i> pose la question? <i>Qui<\/i> sont les agents du discours qui formulent l\u2019interrogation en ces termes pr\u00e9cis?<\/strong> Elle renvoie, dans les faits, au discours des instances de l\u2019\u00c9glise catholique romaine. Ces mots exacts et cette mani\u00e8re sp\u00e9cifique d\u2019aborder la question de \u00ab la femme \u00bb s\u2019inscrivent dans le cadre d\u2019une th\u00e9ologie de la femme que le Vatican a d\u00e9velopp\u00e9e depuis le milieu les ann\u00e9es 1980 et, plus particuli\u00e8rement, depuis les \u00e9crits abondants du pape Jean-Paul II sur le f\u00e9minin et sur les r\u00f4les des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9 et dans l\u2019\u00c9glise.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Puisqu\u2019il s\u2019agit de la formulation romaine, je propose de l\u2019\u00e9tudier selon la logique interne du Vatican dans le but de bien en comprendre les tenants et aboutissants. \u00c0 partir de l\u00e0, je tenterai une reformulation f\u00e9ministe, ce qui demandera de faire subir un certain d\u00e9placement \u00e0 la question.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>La position du Vatican sur la vocation de la femme dans l\u2019\u00c9glise<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Selon Rome, la femme poss\u00e8de effectivement une vocation particuli\u00e8re dans l\u2019\u00c9glise. Avant de la d\u00e9tailler, cependant, il me semble important de situer le contexte de cette position. \u00c0 mon avis, la th\u00e9ologie de la femme du Vatican demeure g\u00e9n\u00e9ralement mal comprise \u00e0 cause de sa complexit\u00e9 et de son \u00e9tranget\u00e9 par rapport aux modes de pens\u00e9e devenus les n\u00f4tres. En effet, elle se d\u00e9ploie sous la forme d\u2019une th\u00e9ologie de l\u2019histoire du salut qui distingue trois ordres\u00a0: l\u2019ordre premier (dans le paradis, Adam et \u00c8ve), l\u2019ordre de la chute (apr\u00e8s le p\u00e9ch\u00e9 des premiers parents Adam et \u00c8ve) et l\u2019ordre de la r\u00e9demption (apr\u00e8s la venue de J\u00e9sus-Christ, dans l\u2019\u00c9glise et l\u2019eschatologie). Selon la logique interne de ce discours, la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00c9glise ne vise pas d\u2019abord une diff\u00e9renciation de la soci\u00e9t\u00e9 comme on pourrait le penser spontan\u00e9ment. Elle renvoie plut\u00f4t \u00e0 l\u2019ordre de la r\u00e9demption en contraste \u00e0 l\u2019ordre d\u00e9chu. Ainsi, la vocation de la femme \u00ab dans l\u2019\u00c9glise \u00bb \u00e9nonce les caract\u00e9ristiques de la \u00ab femme sauv\u00e9e \u00bb par opposition \u00e0 celles de la \u00ab femme d\u00e9chue \u00bb<a href=\"#doc1\" name=\"ret1\"> <sup>1<\/sup> <\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Il importe de noter que, pour les th\u00e9ologiens romains, la r\u00e9f\u00e9rence au paradis terrestre et \u00e0 la chute se situe sur le plan symbolique. Cela veut dire que la distinction entre les trois ordres ne r\u00e9f\u00e8re pas \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements historiques survenus. Cela n\u2019enl\u00e8ve pas son poids \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation symbolique, car elle a la force de fournir une v\u00e9rit\u00e9 th\u00e9ologique immuable, voulue par Dieu et valable pour toutes les cultures et tous les temps. C\u2019est ainsi que les auteurs fondent sur une lecture symbolique de la Bible ce qu\u2019ils appellent des caract\u00e9ristiques \u00e9ternelles de la nature de la femme selon les trois ordres de l\u2019histoire du salut.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Un deuxi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment, non habituel pour nous, complique l\u2019interpr\u00e9tation de la th\u00e9ologie de la femme du Saint-Si\u00e8ge. On y distingue deux niveaux de discours\u00a0: d\u2019une part, le signe de la femme (le mot \u00ab femme \u00bb est alors plac\u00e9 entre guillemets) et, d\u2019autre part, les femmes concr\u00e8tes. Le signe de la \u00ab femme \u00bb correspond \u00e0 \u00ab l\u2019\u00e9ternel f\u00e9minin \u00bb voulu par Dieu. On d\u00e9couvre sa signification par une lecture du paradigme biblique de la \u00ab femme \u00bb depuis \u00c8ve jusqu\u2019\u00e0 Marie et la femme de l\u2019Apocalypse.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><em>Que signifie le signe de la \u00ab femme\u00bb\u00a0 ou le f\u00e9minin selon le Vatican?<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Les auteurs romains \u00e9crivent qu\u2019en \u00ab son \u00eatre le plus profond et le plus originaire \u00bb, la femme \u00ab existe \u2018\u2018pour l\u2019autre\u2019\u2019 \u00bb<a href=\"#doc2\" name=\"ret2\"> <sup>2<\/sup> <\/a>. Le principe d\u2019aide est inscrit dans la \u00ab femme \u00bb, celle-ci a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e comme une \u00ab autre \u00bb de l\u2019homme. En ce qui concerne les femmes concr\u00e8tes, \u00ab\u00a0les saintes femmes [les femmes sauv\u00e9es, les femmes \u2018dans l\u2019\u00c9glise\u2019] sont une incarnation de l\u2019id\u00e9al f\u00e9minin \u00bb<a href=\"#doc3\" name=\"ret3\"> <sup>3<\/sup> <\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">D\u2019un point de vue f\u00e9ministe, le b\u00e2t blesse\u00a0pr\u00e9cis\u00e9ment dans cette application automatique de l\u2019\u00e9ternel f\u00e9minin \u00e0 la vocation des femmes concr\u00e8tes. Elle a pour effet d\u2019enfermer toutes les femmes dans un m\u00eame mod\u00e8le d\u00e9fini par des hommes\u00a0: ceux-ci ne demandent pas l\u2019avis des femmes \u00e0 propos de ce qu\u2019elles sont ou de ce qu\u2019elles vivent. Ils assignent de surcro\u00eet aux femmes des t\u00e2ches de service aux hommes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><em>Poursuivons avec le deuxi\u00e8me aspect, celui qui concerne non plus seulement le f\u00e9minin, mais les femmes concr\u00e8tes.<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">La \u00ab vocation particuli\u00e8re de la femme dans l\u2019\u00c9glise \u00bb consiste \u00e0 \u00eatre \u00e9pouse et m\u00e8re, physique ou spirituelle. En tant qu\u2019\u00e9pouse et m\u00e8re, elle existe en effet\u00a0 \u00ab pour l\u2019autre \u00bb et ses r\u00f4les et fonctions en d\u00e9coulent\u00a0: servir, prendre soin, d\u00e9fendre la vie (et le caract\u00e8re sacr\u00e9 de la vie), comprendre l\u2019autre, \u00eatre sensible aux autres, \u00e9couter, compatir, aider, \u00e9duquer (en particulier \u00e0 la foi). Lorsque les femmes travaillent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du foyer, il leur est demand\u00e9 d\u2019y incarner leur vocation particuli\u00e8re de sorte qu\u2019elles contribuent \u00e0 la construction d\u2019un monde de paix. Elles n\u2019ont pas acc\u00e8s \u00e0 l\u2019ordination pour des raisons symboliques li\u00e9es au f\u00e9minin. Essentiellement, l\u2019argument romain contre l\u2019ordination des femmes repose sur leur nature sp\u00e9cifique et sur le fait qu\u2019elles ne peuvent repr\u00e9senter J\u00e9sus qui \u00e9tait un homme.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">D\u2019un point de vue f\u00e9ministe, cette vocation\/femme d\u00e9peint une politique injuste des relations entre une moiti\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9 et l\u2019autre moiti\u00e9. Elle subordonne les femmes aux hommes en les enfermant dans le seul mod\u00e8le, celui \u00ab d\u2019exister pour l\u2019autre \u00bb, pour l\u2019homme, et elle leur impose des t\u00e2ches de service. Cette politique n\u2019a d\u2019autre fondement qu\u2019elle-m\u00eame, que sa propre implantation, que ses propres pratiques inculqu\u00e9es en nous. Le f\u00e9minisme vise \u00e0 briser cette injustice et \u00e0 cr\u00e9er des relations justes. Du point de vue f\u00e9ministe, le choix par le Vatican d\u2019adopter une telle vision de la femme constitue une situation dramatique. Elle suscite de l\u2019indignation, une d\u00e9ception et une tristesse profondes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><em>R\u00e9ponses \u00e0 une objection<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">On objecte souvent \u00e0 cette lecture f\u00e9ministe de la th\u00e9ologie de la femme du Vatican d\u2019exag\u00e9rer la subordination des femmes aux hommes dans la pens\u00e9e romaine. On souligne qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, le Saint-Si\u00e8ge s\u2019est distanci\u00e9 des conceptions patriarcales et qu\u2019il propose plut\u00f4t une vision de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes dans la diff\u00e9rence des fonctions. On explique qu\u2019il est bien normal de reconna\u00eetre une diff\u00e9rence entre les hommes et les femmes dans l\u2019\u00e9galit\u00e9 des deux sexes, que le fait de mettre en avant la diff\u00e9rence ne veut pas dire n\u00e9cessairement qu\u2019on se situe dans un cadre patriarcal qui subordonne les femmes aux hommes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><em>Cette objection est courante et importante et je d\u00e9sire y r\u00e9pondre de trois mani\u00e8res.<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Premi\u00e8rement, il existe pourtant une r\u00e9elle dissym\u00e9trie (une non-\u00e9galit\u00e9, une subordination) entre les sexes dans la th\u00e9ologie de la femme. Elle se d\u00e9voile entre autres dans le fait que les hommes sont appel\u00e9s \u00e0 incarner les versants masculin et f\u00e9minin de leur \u00eatre, tandis que les femmes doivent se r\u00e9aliser uniquement dans le f\u00e9minin. Cette diff\u00e9rence entre les sexes occupe une fonction cruciale dans les pens\u00e9es patriarcales ou phallocentriques. Ce discours porte sur les hommes \u00e0 partir du point de vue des hommes. Ils s\u2019approprient le f\u00e9minin. Ce f\u00e9minin existe en tant qu\u2019une ombre de l\u2019homme, en tant qu\u2019une qualit\u00e9 f\u00e9minine \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019homme, moindre que la qualit\u00e9 masculine. Marie (entendons la \u00ab\u00a0femme \u00bb, le f\u00e9minin) agit \u00ab d\u2019une mani\u00e8re diff\u00e9rente, mais toujours subordonn\u00e9e \u00bb<a href=\"#doc4\" name=\"ret4\"> <sup>4<\/sup> <\/a>. \u00c0 cette \u00e9tape, celle de l\u2019\u00e9tude de \u00ab l\u2019\u00e9ternel f\u00e9minin \u00bb, les vies des femmes concr\u00e8tes ne sont pas encore consid\u00e9r\u00e9es, le discours est centr\u00e9 sur les hommes. Ceux-ci incarnent le masculin et le f\u00e9minin.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Lorsque les femmes concr\u00e8tes apparaissent, la logique patriarcale\/phallocentrique construit une homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 du groupe des femmes. Elle cr\u00e9e une distanciation du groupe des femmes, ce qui permet leur subordination dans des r\u00f4les de service. Pour que l\u2019op\u00e9ration fonctionne, la logique patriarcale\/phallocentrique exige que les femmes ne puissent se r\u00e9aliser que dans le f\u00e9minin. C\u2019est bien ce sch\u00e9ma que nous trouvons dans la th\u00e9ologie de la femme\u00a0: on nous explique que la \u00ab femme d\u00e9chue \u00bb, celle qui se situe dans l\u2019ordre du p\u00e9ch\u00e9, cherche \u00e0 s\u2019approprier les qualit\u00e9s masculines. Elle refuse sa vocation propre. La femme doit au contraire \u00ab envisager son \u00e9panouissement personnel, sa dignit\u00e9 et sa vocation [\u2026] selon la richesse de la f\u00e9minit\u00e9 qu\u2019elle a re\u00e7ue le jour de la cr\u00e9ation et [\u2026] qui lui est particuli\u00e8re \u00bb<a href=\"#doc5\" name=\"ret5\"> <sup>5<\/sup> <\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">On constate qu\u2019il n\u2019y a pas une \u00e9galit\u00e9 entre les sexes sous cet aspect, pas de r\u00e9ciprocit\u00e9. Les hommes sont masculins et f\u00e9minins, tandis que les femmes sont uniquement f\u00e9minines. Voil\u00e0 une premi\u00e8re r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019objection qui soutient que le Vatican pr\u00f4nerait une v\u00e9ritable mutualit\u00e9 entre l\u2019homme et la femme, mais dans la diff\u00e9rence.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Deuxi\u00e8mement, comment comprendre le principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes? Car le Vatican accorde une importance immense \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9 de l\u2019\u00e9galit\u00e9 en dignit\u00e9 de l\u2019homme et de la femme. Dans tous ses textes sur la vocation de la femme, il \u00e9nonce, il redit, il r\u00e9it\u00e8re cette pierre angulaire de sa pens\u00e9e, qu\u2019il formule ainsi\u00a0: \u00ab Tous les deux sont des \u00eatres humains, l\u2019homme et la femme \u00e0 un degr\u00e9 \u00e9gal \u00bb<a href=\"#doc6\" name=\"ret6\"> <sup>6<\/sup> <\/a>. Ils sont humains, l\u2019homme et la femme. Remarquons qu\u2019on a peine \u00e0 imaginer que le Vatican soutiendrait que la femme n\u2019est pas humaine ou qu\u2019elle le serait \u00e0 un degr\u00e9 moindre que l\u2019homme. Tout compte fait, l\u2019\u00e9nonc\u00e9 dit tr\u00e8s peu de choses. Il se situe \u00e0 un niveau \u00e9lev\u00e9 d\u2019abstraction anthropologique. Il signifie que la femme est humaine \u00e0 un m\u00eame degr\u00e9 que l\u2019homme. Il ne r\u00e9f\u00e8re pas \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 sociale \u00e0 laquelle nous pensons spontan\u00e9ment dans les soci\u00e9t\u00e9s de droit. L\u2019\u00e9nonc\u00e9 de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes, quand il est prononc\u00e9 par le Vatican, se situe \u00e0 un tel niveau de g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s qu\u2019il s\u2019accorde avec la position de la subordination sociale des femmes aux hommes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Mais, troisi\u00e8mement, le Vatican emploie tr\u00e8s rarement le terme de <i>subordination<\/i>. Ce mot ne passe pas. Il ne serait pas re\u00e7u. Imaginons un seul instant une repr\u00e9sentante officielle du Saint-Si\u00e8ge parlant de la subordination des femmes dans le cadre d\u2019une allocution \u00e0 une commission sur les droits des femmes \u00e0 l\u2019ONU. Inimaginable! Ce discours serait tout simplement irrecevable!<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Non seulement le Saint-Si\u00e8ge \u00e9vite-t-il ce type de discours, mais, au contraire, il demande aux femmes catholiques de faire la promotion d\u2019un \u00ab nouveau f\u00e9minisme \u00bb qu\u2019il pr\u00e9sente comme un f\u00e9minisme de l\u2019\u00e9galit\u00e9 en dignit\u00e9 humaine dans la diff\u00e9rence des fonctions qui se distingue du \u00ab f\u00e9minisme occidental radical \u00bb. Ce dernier est dangereux, selon le Vatican, pour plusieurs raisons\u00a0: il veut lib\u00e9rer les femmes de leur vocation d\u2019\u00e9pouse et de m\u00e8re, il veut faire des femmes des copies des hommes, il brise l\u2019harmonie entre les hommes et les femmes, et il refuse l\u2019id\u00e9e d\u2019une nature immuable de la femme. Au contraire, le \u00ab nouveau f\u00e9minisme \u00bb d\u00e9fend la vraie dignit\u00e9 des femmes. Il met en valeur leur nature et leur vocation propres. Il fait l\u2019\u00e9loge du \u00ab g\u00e9nie \u00bb de la femme comme \u00e9pouse et m\u00e8re physique ou spirituelle qui agit dans la perspective d\u2019un service d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9<a href=\"#doc7\" name=\"ret7\"> <sup>7<\/sup> <\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Il est notable que le Vatican emploie abondamment des termes f\u00e9ministes\u00a0: l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes, le \u00ab nouveau f\u00e9minisme \u00bb, la lib\u00e9ration de la femme vers sa vraie vocation, la lutte contre la discrimination faite aux femmes lorsqu\u2019on l\u2019emp\u00eache de r\u00e9aliser leur propre nature. Chaque fois, il s\u2019agit de faire valoir la dignit\u00e9 de la nature immuable de la femme comme \u00e9pouse et m\u00e8re physique ou spirituelle, d\u2019un \u00eatre\/femme \u00ab qui existe pour l\u2019autre \u00bb, dans le service. Le Saint-Si\u00e8ge fait ainsi subir aux concepts f\u00e9ministes une inversion de sens. Les mots en viennent \u00e0 signifier le contraire de ce qu\u2019ils veulent dire dans la formation f\u00e9ministe.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Ma troisi\u00e8me r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019objection est que le Vatican emploie des termes f\u00e9ministes pour \u00e9noncer sa position patriarcale\/phallocentrique de la subordination des femmes aux hommes. Cela a pour effet d\u2019adoucir sa position dans le discours et de la camoufler en partie. \u00c0 mes yeux, cela explique aussi pourquoi il demeure ardu de comprendre la th\u00e9ologie de la femme dans sa logique propre.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>Reformulation f\u00e9ministe<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Pour conclure cette analyse sur une ouverture, je voudrais tenter une reformulation f\u00e9ministe de la question de d\u00e9part. Pos\u00e9e dans les termes du Vatican, elle prend la forme\u00a0: \u00ab La femme a-t-elle une vocation particuli\u00e8re dans l\u2019\u00c9glise ? \u00bb Je propose la nouvelle formulation\u00a0qui suit : \u00ab Comment des personnes f\u00e9ministes changent-elles les relations dans l\u2019\u00c9glise ? \u00bb Cette nouvelle interrogation suppose quelques d\u00e9placements.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">D\u2019abord, les termes \u00ab des personnes f\u00e9ministes \u00bb se substituent \u00e0 \u00ab la femme \u00bb. Cela op\u00e8re un passage (1) du singulier au pluriel, (2) de la qu\u00eate de la nature immuable de la femme \u00e0 une recherche sur le devenir (sur le comment) de subjectivit\u00e9s qui optent pour d\u00e9faire les rouages du patriarcat\/phallocentrisme et (3) de la limitation \u00e0 un sexe, la femme, \u00e0 la r\u00e9f\u00e9rence possible aux deux sexes, \u00e0 toutes personnes, femmes ou hommes, qui s\u2019identifient comme f\u00e9ministes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Ensuite, la suite de mots \u00ab changent-elles les relations \u00bb prend la place de \u00ab a-t-elle une vocation particuli\u00e8re \u00bb, car un enjeu principal du f\u00e9ministe est <i>la relation<\/i>. Le patriarcat\/phallocentrisme cr\u00e9e une politique relationnelle de subordination entre les deux sexes et enferme les femmes dans des r\u00f4les normatifs de service. Cette politique des relations suppose un contr\u00f4le de l\u2019autre. Elle nous vient de loin dans l\u2019histoire humaine. Inscrite dans la philosophie, dans la pens\u00e9e et dans le langage, elle est incrust\u00e9e dans notre peau, dans notre subjectivit\u00e9, femmes et hommes, sous ces deux versants pour tout le monde, domination ou subordination dans les relations. Le f\u00e9minisme vise \u00e0 changer cette logique de la relation entre les humains sous toutes les formes complexes par lesquelles elle s\u2019exprime dans le langage et dans la vie. En utilisant l\u2019expression de \u00ab\u00a0vocation particuli\u00e8re \u00bb de la femme, la pens\u00e9e du Saint-Si\u00e8ge syst\u00e9matise de mani\u00e8re originale \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de sa propre tradition une telle organisation des rapports humains. Le f\u00e9minisme r\u00e9pond \u00e0 cela par des actions multiples qui changent les relations en cr\u00e9ant, dans la diversit\u00e9, des relations justes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">D\u2019un point de vue f\u00e9ministe, la reconnaissance de la diversit\u00e9 entre les femmes est essentielle. On ne d\u00e9finirait pas une vocation\/femme unique pour toutes les femmes au sens d\u2019une nature immuable, valable pour toutes les femmes de toutes les \u00e9poques et de toutes les cultures. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 un tel savoir universel ne para\u00eet pas accessible. On con\u00e7oit cependant que les femmes partagent des \u00e9l\u00e9ments d\u2019une m\u00eame position subordonn\u00e9e en r\u00e9gime de patriarcat\/phallocentrisme, et qu\u2019elles ont une t\u00e2che commune, dans la diversit\u00e9 et la solidarit\u00e9, de construire de nouvelles relations.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Enfin, dans la nouvelle formulation, j\u2019ai conserv\u00e9 l\u2019expression \u00ab dans l\u2019\u00c9glise \u00bb. Je le prends au sens des communaut\u00e9s de foi vivantes auxquelles nous appartenons dans la perspective o\u00f9 \u00ab l\u2019\u00c9glise, c\u2019est nous! \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">On aura entendu souvent l\u2019opinion que les femmes catholiques n\u2019ont qu\u2019\u00e0 sortir de l\u2019\u00c9glise si elles veulent \u00eatre libres. Cependant, d\u2019un point de vue f\u00e9ministe, il n\u2019existe pas de place sociale libre du patriarcat\/phallocentrisme. Les diff\u00e9rents espaces, pensons \u00e0 l\u2019universit\u00e9, lieu de production du savoir, \u00e0 la politique, au sens des partis et de l\u2019exercice du pouvoir, \u00e0 la finance et \u00e0 la direction d\u2019entreprises, \u00e0 la vie familiale et autres, tous ces domaines rec\u00e8lent divers d\u00e9fis sp\u00e9cifiques en ce qui concerne la place qu\u2019y occupent les femmes et la cr\u00e9ation de relations justes. De plus, les \u00c9glises qui ordonnent des femmes ou qui int\u00e8grent des femmes pasteures n\u2019ont pas non plus accompli une \u00e9galit\u00e9 effective entre les femmes et les hommes. Quels que soient les lieux ou les domaines o\u00f9 des femmes et des hommes choisissent de mener des parties de leur vie, la t\u00e2che demeure de changer les relations et de construire cr\u00e9ativement des relations justes. Cela implique une transformation de soi, car le changement est \u00e0 la fois personnel et politique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>Cl\u00f4ture d\u2019ouvertures<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">En somme, la question qui se pose d\u2019un point de vue f\u00e9ministe est la suivante\u00a0: comment des subjectivit\u00e9s f\u00e9ministes construisent-elles des relations justes dans la diversit\u00e9 de leurs exp\u00e9riences et de leurs positions ainsi que dans les divers espaces de cr\u00e9ation de la vie que constituent les multiples domaines et communaut\u00e9s ? Comment cela se passe-t-il dans les communaut\u00e9s de foi auxquelles nous appartenons ? Comment participons-nous, contribuons-nous \u00e0 cette transformation ? Comment cela nous change-t-il concr\u00e8tement dans notre peau, dans notre vie ? Comment l\u2019Esprit inspire-t-il cette cr\u00e9ation personnelle, commune et mutuelle de nouvelles relations justes ?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Denise Couture<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: small;\"> Le 4 f\u00e9vrier 2013<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>Ce texte a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans la revue <em>Pr\u00eatre et Pasteur<\/em>, 116\/67, juin 2013, p. 349-356 et est reproduit avec les permissions requises<\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"font-size: small;\">NOTES<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><a href=\"#ret1\" name=\"doc1\"> 1) <\/a>\u00a0Pour plus de d\u00e9tails, voir Denise Couture, <a href=\"http:\/\/www.lautreparole.org\/articles\/751\">\u00ab La th\u00e9ologie de la femme du Saint-Si\u00e8ge \u00bb<\/a>, <a href=\"http:\/\/www.lautreparole.org\/articles\/745\">\u00ab La femme d\u00e9chue selon Jean-Paul II \u00bb<\/a>, et autres capsules, dans <a href=\"http:\/\/www.lautreparole.org\/revues\/131\"><i>L\u2019autre Parole<\/i>, n<sup>o<\/sup>\u00a0 131<\/a> (automne 2011), p. 41-42; p. 19-20; p. 63-64; p. 76-77.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><a href=\"#ret2\" name=\"doc2\"> 2) <\/a>\u00a0Congr\u00e9gation pour la doctrine de la foi (Joseph Ratzinger, pr\u00e9fet), \u00ab <a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/roman_curia\/congregations\/cfaith\/documents\/rc_con_cfaith_doc_20040731_collaboration_fr.html\">Lettre aux \u00c9v\u00eaques de l\u2019\u00c9glise catholique sur la collaboration de l\u2019homme et de la femme dans l\u2019\u00c9glise et dans le monde<\/a> \u00bb, le 31 mai 2004, n. 6.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><a href=\"#ret3\" name=\"doc3\"> 3) <\/a>\u00a0Jean-Paul II, <i><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/holy_father\/john_paul_ii\/apost_letters\/1988\/documents\/hf_jp-ii_apl_19880815_mulieris-dignitatem_fr.html\">Mulieris dignitatem<\/a>\u00a0: lettre apostolique sur la dignit\u00e9 et la vocation de la femme \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019Ann\u00e9e mariale, <\/i>le 15 ao\u00fbt 1988, n. 27.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><a href=\"#ret4\" name=\"doc4\"> 4) <\/a>\u00a0Jean-Paul II, <i><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/holy_father\/john_paul_ii\/encyclicals\/documents\/hf_jp-ii_enc_25031987_redemptoris-mater_fr.html\">Redemptoris mater<\/a>\u00a0: lettre encyclique sur la Bienheureuse Vierge Marie dans la vie de l\u2019\u00c9glise en marche<\/i>, le 25 mars 1987, n. 38, voir les n. 38 \u00e0 41.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><a href=\"#ret5\" name=\"doc5\"> 5) <\/a>\u00a0Jean-Paul II, <i><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/holy_father\/john_paul_ii\/apost_letters\/1988\/documents\/hf_jp-ii_apl_19880815_mulieris-dignitatem_fr.html\">Mulieris dignitatem<\/a>, op. cit., <\/i>n. 10.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><a href=\"#ret6\" name=\"doc6\"> 6) <\/a>\u00a0Jean-Paul II, <i><a href=\"http:\/\/www.vatican.va\/holy_father\/john_paul_ii\/apost_letters\/1988\/documents\/hf_jp-ii_apl_19880815_mulieris-dignitatem_fr.html\">Mulieris dignitatem<\/a>, op. cit., <\/i>n. 10.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><a href=\"#ret7\" name=\"doc7\"> 7) <\/a>\u00a0Pour plus de d\u00e9tails et pour les r\u00e9f\u00e9rences, voir Denise Couture, \u00ab L\u2019antif\u00e9minisme du \u2018\u2018nouveau f\u00e9minisme\u2019\u2019 pr\u00e9conis\u00e9 par le Saint-Si\u00e8ge \u00bb, dans le num\u00e9ro conjoint des <i>Cahiers du genre<\/i>, vol. 52 (2012), p. 23-49 et<i> Recherches F\u00e9ministes,\u00a0<\/i> vol. 25, n<sup>o<\/sup> 1 (2012), p. 23-49.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> il existe pourtant une r\u00e9elle dissym\u00e9trie (une non-\u00e9galit\u00e9, une subordination) entre les sexes dans la th\u00e9ologie de la femme. Elle se d\u00e9voile entre autres dans le fait que les hommes sont appel\u00e9s \u00e0 incarner les versants masculin et f\u00e9minin de leur \u00eatre, tandis que les femmes doivent se r\u00e9aliser uniquement dans le f\u00e9minin. Cette diff\u00e9rence entre les sexes occupe une fonction cruciale dans les pens\u00e9es patriarcales ou phallocentriques. <a href=\"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=1411\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":19,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"ppma_author":[229],"class_list":["post-1411","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-femmes-en-eglise","author-denise-couture"],"authors":[{"term_id":229,"user_id":19,"is_guest":0,"slug":"denise-couture","display_name":"Denise Couture","avatar_url":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Denise-Couture-150x150.jpg","user_url":"http:\/\/auteur","last_name":"Couture","first_name":"Denise","description":"Professeure titulaire retrait\u00e9e et professeure associ\u00e9e \u00e0 l\u2019Institut d'\u00e9tudes religieuses de l'Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, Denise Couture, Ph D. (th\u00e9ologie), est pr\u00e9sidente de la la Soci\u00e9t\u00e9 canadienne de th\u00e9ologie, cofondatrice du Centre de th\u00e9ologie et d\u2019\u00e9thique contextuelles qu\u00e9b\u00e9coises [CETECQ] et membre de la collective L\u2019autre Parole. 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