{"id":1540,"date":"2008-07-15T12:00:52","date_gmt":"2008-07-15T16:00:52","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=1540"},"modified":"2014-03-22T16:00:58","modified_gmt":"2014-03-22T20:00:58","slug":"appelees-aux-ministeres-ordonnes-recension-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=1540","title":{"rendered":"Appel\u00e9es aux minist\u00e8res ordonn\u00e9s &#8211; recension"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\"><a href=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Appel\u00e9es.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\" wp-image-1530 alignleft\" alt=\"Appel\u00e9es\" src=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Appel\u00e9es-190x300.jpg\" width=\"114\" height=\"180\" srcset=\"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Appel\u00e9es-190x300.jpg 190w, https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Appel\u00e9es.jpg 239w\" sizes=\"(max-width: 114px) 100vw, 114px\" \/><\/a>Une recension du livre de Pauline Jacob<\/span><br \/>\n<em><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Appel\u00e9es aux minist\u00e8res ordonn\u00e9s<\/span><\/em><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Ottawa, Novalis, 2007, 275 p.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">par Marie Gratton,\u00a0Myriam\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">\u00abRome a parl\u00e9, la cause est entendue \u00bb, ainsi le voudrait l&rsquo;adage antique et solennel. Mais les femmes, elles, n&rsquo;ont que faire de ce silence d\u00e9finitif qu&rsquo;on a voulu leur imposer \u00e0 la fin du si\u00e8cle dernier, esp\u00e9rant ainsi clore le d\u00e9bat sur l&rsquo;ordination des femmes aux minist\u00e8res ordonn\u00e9s. Les militantes de la cause, faisant fi des interdictions, ont montr\u00e9, avec une courageuse constance et un aplomb toujours\u00a0 plus vigoureusement affirm\u00e9, qu&rsquo;elles n&rsquo;auraient de cesse aussi longtemps que le Vatican camperait sur ses positions, sous le pr\u00e9texte qu&rsquo;elles seraient l&rsquo;expression de la volont\u00e9 divine, et non pas le fait d&rsquo;un patriarcat imp\u00e9nitent.<!--more--><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">La th\u00e8se doctorale que Pauline Jacob a consacr\u00e9e \u00e0 ce sujet et le livre qu&rsquo;elle en a tir\u00e9, et dont il sera ici question, illustrent admirablement une incontournable r\u00e9alit\u00e9 : les femmes qui s&rsquo;estiment \u00ab appel\u00e9es \u00bb aux minist\u00e8res ordonn\u00e9s du diaconat ou du sacerdoce cherchent \u00e0 se faire entendre, mais surtout, et c&rsquo;est le plus difficile, elles veulent \u00eatre \u00e9cout\u00e9es. Les victimes d&rsquo;injustice et d&rsquo;exclusion int\u00e9ressent notre auteure, elle qui a d&rsquo;abord travaill\u00e9 comme psycho\u00e9ducatrice dans des centres pour jeunes en difficult\u00e9, puis comme agente de pastorale au dioc\u00e8se de Montr\u00e9al.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Lise Baroni Dansereau, qui en a sign\u00e9 la pr\u00e9face, pr\u00e9sente l&rsquo;ouvrage de Pauline Jacob comme \u00ab l&rsquo;une des meilleures \u00e9tudes publi\u00e9es en th\u00e9ologie pratique \u00bb, et son expertise en ce domaine est bien connue depuis longtemps.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Le livre comporte quatre chapitres et une conclusion. Dans le premier, l&rsquo;auteure se met \u00ab \u00c0 l&rsquo;\u00e9coute des femmes et de leurs communaut\u00e9s \u00bb. Dans le deuxi\u00e8me, elle \u00e9labore \u00ab Une probl\u00e9matique dans un contexte en \u00e9bullition \u00bb. Dans le troisi\u00e8me, elle analyse \u00ab Les fondements th\u00e9ologiques du discernement minist\u00e9riel\u00bb. Dans le quatri\u00e8me, elle nous expose ce que peut devenir \u00ab La tradition r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9e par les femmes \u00bb. Pour ce qui est de la conclusion, elle ouvre sur une vision renouvel\u00e9e d&rsquo;une \u00ab ekkl\u00e8sia libre et sans exclusion \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Au premier chapitre, nous entendons la voix des femmes qui se disent \u00ab appel\u00e9es \u00bb aux minist\u00e8res ordonn\u00e9s. Elles sont quinze, ont entre trente deux et soixante-neuf ans, d\u00e9tiennent toutes des grades universitaires. Treize d&rsquo;entre elles sont impliqu\u00e9es dans des activit\u00e9s de pastorale dans diff\u00e9rents milieux, une enseigne au secondaire et une autre r\u00e9dige une th\u00e8se de doctorat. Elles sont toutes francophones et oeuvrent dans six dioc\u00e8ses catholiques du Qu\u00e9bec. Quelques-unes sont les \u00e9pouses de diacres permanents, et per\u00e7oivent d&rsquo;une mani\u00e8re bien particuli\u00e8re la discrimination qui les frappe. Soixante-treize \u00ab t\u00e9moins \u00bb de leur \u00ab vocation \u00bb, des coll\u00e8gues de travail engag\u00e9s en pastorale, des amies et amis, des soeurs, un conjoint viennent exprimer leur conviction que les femmes qui disent avoir entendu l&rsquo;appel de l&rsquo;Esprit ont les qualit\u00e9s requises pour devenir de bonnes pasteures.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Il est beaucoup question, dans ces r\u00e9cits de vie, d&rsquo;enfance pieuse, d&rsquo;attrait pr\u00e9coce pour le travail pastoral et d&rsquo;engagement d\u00e9vou\u00e9 au service de l&rsquo;\u00c9glise. Ces femmes trouvent injuste le fait que, parce qu&rsquo;elles sont femmes, on refuse de reconna\u00eetre l&rsquo;authenticit\u00e9 de l&rsquo;appel qu&rsquo;elles disent avoir entendu. Elles n&rsquo;en continuent pas moins \u00e0 consacrer leur temps, leur intelligence, leur savoir-\u00eatre, leurs comp\u00e9tences professionnelles et leur savoir-faire au service du Christ qui les fait vivre et de l&rsquo;\u00c9glise qu&rsquo;elles aiment envers et contre tout. Il n&rsquo;est jamais question de la r\u00e9mun\u00e9ration de ces personnes. Sont-elles toutes b\u00e9n\u00e9voles ? Certaines touchent-elles un salaire convenable ou plut\u00f4t symbolique? Il aurait \u00e9t\u00e9 int\u00e9ressant de trouver des r\u00e9ponses \u00e0 ces l\u00e9gitimes questions. Pour analyser le s\u00e9rieux de l&rsquo;appel que toutes disent avoir entendu, Pauline Jacob a scrut\u00e9 le discours de ces femmes \u00e0 partir de trois points de vue : \u00ab l&rsquo;appel int\u00e9rieur, l&rsquo;appel manifest\u00e9 dans leur engagement social et eccl\u00e9sial et l&rsquo;appel des communaut\u00e9s \u00bb. Dans tout ce qu&rsquo;elles disent d&rsquo;elles-m\u00eames et dans tout ce qu&rsquo;on dit d&rsquo;elles, on voit s&rsquo;inscrire en lettres majuscules l&rsquo;esprit de service. C&rsquo;est ce que l&rsquo;\u00c9glise attend de toutes les femmes, c&rsquo;est ce qu&rsquo;elle juge digne de sacraliser et de sacramentaliser chez certains hommes, en l&rsquo;assortissant du pouvoir de l&rsquo;Ordre. Aussi longtemps que les femmes besogneront, aussi longtemps qu&rsquo;elles permettront de pallier la p\u00e9nurie de pr\u00eatres, n&rsquo;est-il pas illusoire d&rsquo;esp\u00e9rer des changements structuraux, s&rsquo;il m&rsquo;est permis de poser une question dont il me semble, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, conna\u00eetre la r\u00e9ponse? J&rsquo;exprime ici, vous l&rsquo;avez compris, mon \u00e9valuation personnelle de la situation. Les femmes qui rendent compte de leurs exp\u00e9riences voient, dans leur infinie patience et leur z\u00e8le ardent, les choses d&rsquo;une autre fa\u00e7on. Le temps leur donnera-t-il un jour raison ?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">J&rsquo;ai pris un immense plaisir \u00e0 la lecture du deuxi\u00e8me chapitre. Il y est question de la r\u00e9volution f\u00e9ministe, et de l&rsquo;impact de ce mouvement social et politique sur la prise de conscience des femmes face aux in\u00e9galit\u00e9s et aux injustices dont elles souffrent dans l&rsquo;\u00c9glise catholique. L&rsquo;auteure salue au passage le travail du groupe Femmes et Minist\u00e8res comme celui de L&rsquo;autre Parole. La r\u00e9volution enclench\u00e9e dans l&rsquo;\u00c9glise anglicane a encore ajout\u00e9 de la pression sur les autorit\u00e9s vaticanes, mais sans les faire changer d&rsquo;id\u00e9e, nous le savons. Elles se sont juste un peu plus agit\u00e9es pour dire et redire : \u00ab Non !\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Pauline Jacob a eu la brillante id\u00e9e de comparer les arguments utilis\u00e9s par la hi\u00e9rarchie catholique pour refuser aux Qu\u00e9b\u00e9coises le droit de vote &#8211; un gain qui ne date que de 1940 -, et ceux qui continuent, pr\u00e9tendument, de justifier l&rsquo;exclusion des femmes des minist\u00e8res ordonn\u00e9s. Je r\u00e9sume en quelques mots la d\u00e9monstration fort convaincante de l&rsquo;auteure. D&rsquo;abord, une certaine conception anthropologique de la femme, h\u00e9rit\u00e9e d&rsquo;Aristote, revue par Thomas d\u2019Aquin, qui juge le sexe f\u00e9minin imparfait, et de ce fait devant \u00eatre, par nature, soumis et subordonn\u00e9 au sexe masculin. Hier, comme aujourd&rsquo;hui, on continue \u00e0 expliquer aux femmes qui elles sont, ce qui est bon pour elles et ce qui ne l&rsquo;est pas, \u00e0 cause de leur nature particuli\u00e8re. Ce qu&rsquo;elles ont \u00e0 dire d&rsquo;elles-m\u00eames n&rsquo;int\u00e9resse pas, non plus que leurs exp\u00e9riences. Dans le discours actuel, on parle volontiers de leur \u00e9gale dignit\u00e9, mais leur maternit\u00e9 est cens\u00e9e marquer leur existence d&rsquo;un sceau qui d\u00e9termine leur destin. La sph\u00e8re priv\u00e9e est leur zone d\u00e9sign\u00e9e; le reste du monde est le domaine des hommes, et le sacr\u00e9 leur chasse gard\u00e9e. Hier comme aujourd&rsquo;hui, on persiste \u00e0 croire que les femmes ne veulent que gagner du pouvoir et accro\u00eetre leur prestige social quand elles s&rsquo;estiment \u00ab appel\u00e9es \u00bb. Leurs engagements politiques et religieux, m\u00eame les plus d\u00e9vou\u00e9s, deviennent ais\u00e9ment suspects.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Hier, les femmes n&rsquo;avaient pas besoin de voter, disait-on, pour exercer une influence b\u00e9n\u00e9fique dans la soci\u00e9t\u00e9, via la famille. Aujourd&rsquo;hui, elles n&rsquo;ont nul besoin d&rsquo;acc\u00e9der aux minist\u00e8res pour se mettre corps et \u00e2me au service du Christ et de l&rsquo;\u00c9glise.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Pauline Jacob \u00e9num\u00e8re et explique bri\u00e8vement \u00ab les cl\u00e9s de compr\u00e9hension apport\u00e9es par le f\u00e9minisme \u00bb : \u00ab le genre \u00bb qui est une construction sociale ; \u00ab l&rsquo;occultation \u00bb de leur place et de leur r\u00f4le dans l&rsquo;histoire, de leur travail et de son impact \u00e9conomique ; \u00ab le corps \u00bb, celui des femmes sp\u00e9cifiquement, et les contr\u00f4les que la soci\u00e9t\u00e9 et l&rsquo;\u00c9glise ont cherch\u00e9 \u00e0 lui imposer ; et finalement \u00ab le quotidien \u00bb, tiss\u00e9 de joies, de souffrances, d&rsquo;aspirations, d&rsquo;esp\u00e9rances, et qui accorde une juste place \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience des femmes. Cette grille d&rsquo;analyse du mouvement f\u00e9ministe a guid\u00e9 et \u00e9clair\u00e9 les revendications que celles-ci ont faites dans l&rsquo;\u00c9glise.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Le troisi\u00e8me chapitre traite des \u00ab fondements th\u00e9ologiques du discernement minist\u00e9riel \u00bb. Les femmes rencontr\u00e9es par l&rsquo;auteure se disent appel\u00e9es aux minist\u00e8res ordonn\u00e9s du diaconat ou du presbyt\u00e9rat. La constance de leur engagement z\u00e9l\u00e9 au service de l&rsquo;\u00c9glise, malgr\u00e9 tous les obstacles rencontr\u00e9s, t\u00e9moigne, hors de tout doute raisonnable, du fait qu&rsquo;elles semblent bien avoir entendu un \u00ab appel int\u00e9rieur \u00bb. Pour ce qui est de \u00ab l&rsquo;appel ext\u00e9rieur \u00bb, on pourrait croire \u00e0 tort qu&rsquo;il ne peut venir que des autorit\u00e9s hi\u00e9rarchiques, mais elles refusent de le lancer, puisqu&rsquo;elles ont d\u00e9cid\u00e9 que Dieu n&rsquo;appelait pas les femmes. Point \u00e0 la ligne. Elles ont compt\u00e9 sans l&rsquo;Esprit pr\u00e9sent au sein des communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes. Or celles-ci reconnaissent dans certaines femmes les qualit\u00e9s de c\u0153ur et d&rsquo;esprit qui font les bonnes pasteures.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Puisqu&rsquo;elles croient en Dieu, manifestent de la libert\u00e9 int\u00e9rieure, de la maturit\u00e9 et un bon \u00e9quilibre, et que de plus elles sont pr\u00e9sentes \u00e0 la vie de leurs communaut\u00e9s et en per\u00e7oivent les besoins, elles devraient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es ipso facto comme des candidates de choix aux minist\u00e8res ordonn\u00e9s. Elles savent rassembler, animer et faciliter la compr\u00e9hension du message \u00e9vang\u00e9lique. Qui dit mieux ? Que leur manque-t-il donc ? Il leur manque d&rsquo;appartenir au sexe masculin. Pauline Jacob nous rappelle pourtant, dans des pages qu&rsquo;il est bon de relire, que dans les premiers si\u00e8cles chr\u00e9tiens, la reconnaissance de l&rsquo;appel aux minist\u00e8res ne tenait pas aussi mesquinement \u00e0 un seul crit\u00e8re aussi tristement \u00e9triqu\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Dans le quatri\u00e8me chapitre, nous voyons comment la Tradition peut \u00eatre r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9e par les femmes. Leur arriv\u00e9e en pastorale a d\u00e9j\u00e0 eu un impact qu&rsquo;on ne peut nier. Plusieurs ont abord\u00e9 leur travail sur le terrain et l&rsquo;ont nourri par des \u00e9tudes th\u00e9ologiques et ex\u00e9g\u00e9tiques. Cela laisse des traces. Leur accession aux minist\u00e8res ne pourrait qu&rsquo;accro\u00eetre leur influence. Un bon pasteur nourrit les \u00eatres qui lui sont confi\u00e9s, spirituellement, psychologiquement, intellectuellement et physiquement. Il veut les renforcer, leur donner du pouvoir, il se met en qu\u00eate de leurs besoins, cherche \u00e0 les combler en utilisant toutes les ressources de la communaut\u00e9. Il fait preuve de compassion et d\u00e9veloppe l&rsquo;autonomie. En J\u00e9sus de Nazareth des femmes ont vu un mod\u00e8le du pasteur selon le c\u0153ur de Dieue, et elles s&rsquo;y sont attach\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Quand les femmes ont eu acc\u00e8s aux \u00e9tudes th\u00e9ologiques et ex\u00e9g\u00e9tiques, elles ont mis la t\u00eate dans la porte&#8230; D&rsquo;autres, en travaillant sur le terrain, y ont mis et la t\u00eate et le pied et le c\u0153ur, et se sont rendues indispensables ! Rien n&rsquo;est plus tout \u00e0 fait comme avant. Une nouvelle grille de lecture et d&rsquo;interpr\u00e9tation de l&rsquo;\u00c9criture et de la Tradition s&rsquo;est dessin\u00e9e. Mieux, elle est aujourd&rsquo;hui partie int\u00e9grante de la Tradition vivante du christianisme.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Pauline Jacob conclut son ouvrage sur une note d&rsquo;esp\u00e9rance. Elle croit qu&rsquo;\u00ab un jour des chr\u00e9tiennes et des chr\u00e9tiens se l\u00e8veront pour dire: \u00ab\u00a0C&rsquo;est assez!\u00a0\u00bb, et montreront la route \u00e0 prendre aux d\u00e9cideurs \u00bb de l&rsquo;\u00c9glise. Mais ce cri, est-ce qu&rsquo;il ne retentit pas d\u00e9j\u00e0 ? La hi\u00e9rarchie catholique ne lui fait-elle pas obstin\u00e9ment la sourde oreille ? L&rsquo;ekkl\u00e8sia \u00ab libre et sans exclusion \u00bb dont elle r\u00eave avec les autres f\u00e9ministes chr\u00e9tiennes existe d\u00e9j\u00e0 et grandit dans l&rsquo;esprit et le c\u0153ur d&rsquo;un nombre toujours croissant de femmes et d&rsquo;hommes de bonne volont\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Il me semble que c&rsquo;est l\u00e0, et nulle part ailleurs, qu&rsquo;il faut placer son esp\u00e9rance.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Les femmes que nous pr\u00e9sente Pauline Jacob sont d\u00e9chir\u00e9es : elles souffrent des obstacles qu&rsquo;on dresse sur leur route, et trouvent leur joie \u00e0 marcher&#8230;<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Allez donc les rencontrer.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: x-small;\"><strong><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Publi\u00e9 dans la revue <em>L&rsquo;autre Parole<\/em>, no 118, \u00e9t\u00e9 2008 et reproduit avec les permissions requises<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une recension du livre de Pauline Jacob Appel\u00e9es aux minist\u00e8res ordonn\u00e9s Ottawa, Novalis, 2007, 275 p. par Marie Gratton,\u00a0Myriam\u00a0 \u00abRome a parl\u00e9, la cause est entendue \u00bb, ainsi le voudrait l&rsquo;adage antique et solennel. 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