{"id":1738,"date":"2006-09-15T12:00:48","date_gmt":"2006-09-15T16:00:48","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=1738"},"modified":"2014-04-16T15:15:12","modified_gmt":"2014-04-16T19:15:12","slug":"une-communaute-de-partenaires-leglise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=1738","title":{"rendered":"Une communaut\u00e9 de partenaires: l&rsquo;\u00c9glise"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/Micheline-Lague.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-894 alignleft\" alt=\"Micheline Lague\" src=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/Micheline-Lague.jpg\" width=\"88\" height=\"119\" \/><\/a><\/p>\n<p><meta http-equiv=\"content-type\" content=\"text\/html; charset=ISO-8859-1\" \/>Le concept \u00ab partenariat \u00bb a le vent en poupe. On a recours \u00e0 lui pour exprimer les termes d&rsquo;une collaboration pour des projets de nature diverse : sociaux, \u00e9conomiques, communautaires, ou encore gouvernementaux. En sciences humaines, quelques disciplines se sont d\u00e9j\u00e0 empar\u00e9es de lui, notamment la sociologie et la psychologie. De plus, le n\u00e9ologisme<i> partenarial ou partenariale <\/i>est souvent accol\u00e9 au terme <i>culture<\/i>. La notion de partenariat implique au moins deux choses\u00a0: le choix et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des partenaires. L&rsquo;\u00e9galit\u00e9 comprise dans le sens o\u00f9 chacun des partenaires prend part \u00e0 la d\u00e9cision d\u00e9finissant le type de collaboration r\u00e9clam\u00e9e de l&rsquo;un et de l&rsquo;autre, \u00e0 la suite d&rsquo;une entente mutuelle. Autrement dit, la part de chacun des partenaires dans le projet est d\u00e9cid\u00e9e ensemble.<!--more--><\/p>\n<div id=\"conteneur\">\n<div id=\"texte\">La reconnaissance effective de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des partenaires suffit-elle \u00e0 expliquer la faveur de la notion \u00ab partenariat \u00bb dans le monde eccl\u00e9sial ? Peut-\u00eatre bien. Toutefois, pour saisir l&rsquo;importance qu&rsquo;elle rev\u00eat aux yeux des chr\u00e9tiennes nomm\u00e9ment, il faut s&rsquo;interroger sur les fondements anthropo-th\u00e9ologiques de la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale. Cette condition est premi\u00e8re si l&rsquo;on veut d\u00e9montrer la pertinence du recours \u00e0 une notion non biblique pour exprimer une vision de l&rsquo;\u00c9glise. C&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;objet du premier point de l&rsquo;article. Quant au second, il s&rsquo;attache \u00e0 d\u00e9montrer qu\u2019homme et femme, chr\u00e9tien et chr\u00e9tienne <i>sont faits partenaires<\/i>. Finalement, la sp\u00e9cificit\u00e9 du <i>partenariat en \u00c9glise<\/i> trouve son fondement dans le Christ qui fait sourdre une communaut\u00e9 de soeurs et de fr\u00e8res. C&rsquo;est l&rsquo;occasion, dans le troisi\u00e8me point, de renouer avec le titre \u00c9glise-<i>Fraternit\u00e9. <\/i>Un titre, mis sous le boisseau depuis le Moyen \u00c2ge, qui \u00e0 maints \u00e9gards exprime <i>la nature partenariale<\/i> de l&rsquo;\u00c9glise.<\/p>\n<p class=\"gras\"><strong>Partenariat : une r\u00e9alit\u00e9 eccl\u00e9siale?<\/strong><\/p>\n<p>Entrons de plain-pied<b> <\/b>dans la probl\u00e9matique en posant la question : le terme partenariat est-il appropri\u00e9 pour d\u00e9finir l&rsquo;\u00c9glise ? Tout d\u00e9pend de notre conception du partenariat. Si on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 une association s\u00e9lective de personnes, \u00ab association d&rsquo;entreprises, d&rsquo;institutions en vue de mener une action commune\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, il faut d\u00e8s lors r\u00e9pondre par la n\u00e9gative : l&rsquo;\u00c9glise n&rsquo;est pas un partenariat. L&rsquo;initiative de convoquer des hommes et des femmes \u00e0 former l&rsquo;<i>eccl\u00e8sia de Dieu<\/i> revient \u00e0 l&rsquo;Esprit saint et non pas \u00e0 la volont\u00e9 arbitraire des \u00eatres humains. Les chr\u00e9tiens et les chr\u00e9tiennes ne sont pas choisis, ils ont \u00ab \u00e9t\u00e9 choisis, \u00e9lus \u00bb, pour le dire ici \u00e0 la mani\u00e8re de saint Paul. En d&rsquo;autres termes, c&rsquo;est l&rsquo;Esprit qui met ensemble hommes et femmes. Une fois le principe premier de la formation de l&rsquo;\u00c9glise rappel\u00e9, il faut ajouter que tous les baptis\u00e9s sont les partenaires de l&rsquo;unique mission de l&rsquo;\u00c9glise. Serions-nous en pr\u00e9sence de vues paradoxales ? Malgr\u00e9 l&rsquo;apparente contradiction, il est possible de les concilier, \u00e0 condition de revoir la terminologie employ\u00e9e, pour ensuite d\u00e9crire en quoi consiste<i> la nature partenariale<\/i> de l&rsquo;\u00c9glise.<\/p>\n<p class=\"gras\"><strong>Partenaire et partenariat<\/strong> <a title=\"\" href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/p>\n<p>Le terme partenaire plonge ses racines dans le bas-latin et le vieux fran\u00e7ais. Bien que l&rsquo;expression vienne de l&rsquo;anglais <i> partner,<\/i> <a title=\"\" href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> elle est, comme un certain nombre de mots emprunt\u00e9s \u00e0 l&rsquo;anglais, une expression ayant d&rsquo;abord appartenu \u00e0 l&rsquo;ancien fran\u00e7ais sous la forme de <i>par\u00e7onnier<\/i> <a title=\"\" href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> (de <i>par\u00e7on<\/i>, \u00ab partage, butin, part, en latin <i>partitionem<\/i> \u00bb) qui signifiait \u00ab copartageant, coh\u00e9ritier \u00bb <a title=\"\" href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Pass\u00e9 en anglais, le mot est devenu <i>parcener,<\/i> puis sous l&rsquo;influence de la particule <i>part <\/i>a pris la forme de <i>partener<\/i> avant de s&rsquo;\u00e9crire <i>partner,<\/i> \u00ab celui qui participe \u00e0, qui est associ\u00e9 \u00bb. En fran\u00e7ais contemporain, le terme partenaire est employ\u00e9 surtout dans le domaine sportif pour d\u00e9signer celui ou celle qui est du m\u00eame c\u00f4t\u00e9. Aussi est-ce le r\u00e9sultat d&rsquo;une \u00e9volution r\u00e9cente du contenu s\u00e9mantique qui fait que partenaire d\u00e9signe maintenant la femme ou l&rsquo;homme dans le couple <a title=\"\" href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a> et, par extension, d\u00e9crit la figure du couple humain, homme-femme, sans faire r\u00e9f\u00e9rence n\u00e9cessairement \u00e0 la relation conjoint-conjointe. Ce bref <i>excursus<\/i> \u00e9tymologique et historique fait apercevoir la richesse des significations de ce mot et il nous permet d&rsquo;aborder avec plus de profondeur cette notion r\u00e9cente de partenariat (<i>partnership<\/i>, en anglais) apparue en 1984 dans les dictionnaires de langue fran\u00e7aise. Le plus souvent, dans le jeu, dans les affaires ou dans l&rsquo;existence, le partenariat est pr\u00e9sent\u00e9 comme une solidarit\u00e9 dans l&rsquo;action. Il d\u00e9crit \u00ab un mode typique de relation entre des personnes. Il indique une forme particuli\u00e8re d&rsquo;\u00e9change entre des individus ou des collectivit\u00e9s \u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. Susciter des partenariats se pr\u00e9sente aujourd&rsquo;hui comme une n\u00e9cessit\u00e9, \u00ab le signe d&rsquo;une prise de conscience de plus en plus large que nous appartenons tous \u00e0 des syst\u00e8mes d&rsquo;interd\u00e9pendance \u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. Or, le fait de l&rsquo;<i>interd\u00e9pendance<\/i> n&rsquo;est-il pas inscrit d\u00e8s l&rsquo;av\u00e8nement du premier couple humain ? Homme et femme, l&rsquo;un ne va pas sans l&rsquo;autre. N&rsquo;est-ce pas l\u00e0 la condition originelle et structurelle de l&rsquo;humanit\u00e9 et, en cons\u00e9quence, de sa p\u00e9rennit\u00e9 ?<\/p>\n<p class=\"gras\"><strong>Partenariats d&rsquo;origine<\/strong><\/p>\n<p>Les r\u00e9alit\u00e9s de la dignit\u00e9 des personnes et de leur \u00e9galit\u00e9 sont constitutives de l&rsquo;\u00eatre humain. La foi jud\u00e9o-chr\u00e9tienne, bien longtemps avant la D\u00e9claration universelle des droits de l&rsquo;homme [de la personne] (1948), le proclame haut et fort. Toutefois, autre est l&rsquo;histoire de son application concr\u00e8te dans l&rsquo;existence des communaut\u00e9s juive et chr\u00e9tienne. Ce n&rsquo;est pas le lieu d&rsquo;en faire le r\u00e9cit et le proc\u00e8s. Il s&rsquo;agit plut\u00f4t d&rsquo;\u00e9tablir la base sur laquelle repose le partenariat en \u00c9glise. Ce dernier plonge d&rsquo;abord ses racines dans le <i>fait partenarial<\/i> de la cr\u00e9ation : femme et homme <i>sont faits partenaires<\/i> en humanit\u00e9. Puis, en tant que chr\u00e9tienne et chr\u00e9tien, la mission \u00e9vang\u00e9lique les <i>faits partenaires<\/i>. En droit fil avec l&rsquo;enseignement biblique, le partenariat en \u00c9glise en exprime les harmoniques.<\/p>\n<p class=\"gras\"><strong>\u00catres partenaires : condition originelle de l&rsquo;humanit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Prendre en compte le double r\u00e9cit biblique de la cr\u00e9ation du couple humain, c&rsquo;est y recueillir les \u00e9l\u00e9ments fondamentaux d\u00e9finissant le partenariat homme-femme. Commen\u00e7ons par le plus ancien, dat\u00e9 du milieu x<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et qui s&rsquo;inscrit dans la tradition yahviste. Il n&rsquo;appara\u00eet qu&rsquo;au chapitre deux de Gen\u00e8se (2,18-24). En d\u00e9pit d&rsquo;une culture hautement patriarcale, l&rsquo;auteur du r\u00e9cit manifeste une largeur de vue, peu commune pour son \u00e9poque, en d\u00e9peignant la cr\u00e9ation de la femme comme un vis-\u00e0-vis de l&rsquo;homme. La femme (<i>isha<\/i>) surgit de l&rsquo;Adam (<i>adamah<\/i>) pour \u00eatre devant l&rsquo;homme (<i>ish) <\/i>comme \u00ab son partenaire \u00bb (2,18)<a title=\"\" href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>, \u00ab c&rsquo;est-\u00e0-dire regard \u00e0 regard, conscience \u00e0 conscience, \u00e0 m\u00eame hauteur d&rsquo;humanit\u00e9 \u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. Dans ce r\u00e9cit, aucune hi\u00e9rarchie n&rsquo;est exprim\u00e9e. Au contraire, \u00ab l&rsquo;homme et la femme se trouvent en position de vis-\u00e0-vis tout en demeurant la m\u00eame chair et les m\u00eames os. Ainsi, la femme n&rsquo;est pas un compl\u00e9ment qui s&rsquo;ajouterait \u00e0 l&rsquo;homme du dehors. Elle n&rsquo;est pas non plus un prolongement de l&rsquo;homme \u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. Le fait originel de la diff\u00e9renciation des sexes suscite plut\u00f4t \u00ab l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 relationnelle, source de reconnaissance mutuelle d&rsquo;une commune et \u00e9gale dignit\u00e9 \u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. Le texte ne raconte pas la cr\u00e9ation de la femme, qui viendrait apr\u00e8s l&rsquo;homme et, tir\u00e9e de lui, lui serait inf\u00e9rieure. Ce qu&rsquo;il dit, c&rsquo;est une d\u00e9finition de l&rsquo;\u00eatre humain comme \u00ab animal social \u00bb, comme \u00eatre de relation et de parole. Il n&rsquo;y pas d&rsquo;humanit\u00e9 heureuse sans le vis-\u00e0-vis de son semblable, sans un \u00e9change de parole<a title=\"\" href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>. L&rsquo;humanit\u00e9 est r\u00e9ussie.<i> Ish-isha,<\/i> humain-humaine sont pos\u00e9s l&rsquo;un en face de l&rsquo;autre, non comme deux entit\u00e9s s\u00e9par\u00e9es, mais comme des <i>vis-\u00e0-vis. <\/i>L&rsquo;\u00e9quivalence des sexes s&rsquo;y trouve exprim\u00e9e de fa\u00e7on magnifique en posant les deux p\u00f4les de la relation homme-femme : <i>identit\u00e9 <\/i>et<i> alt\u00e9rit\u00e9<\/i> ou, si l&rsquo;on veut, <i>similitude<\/i> et <i>diff\u00e9rence<\/i>. La d\u00e9claration admirative de l&rsquo;homme qui consid\u00e8re la femme comme, \u00ab l&rsquo;os de ses os, la chair de sa chair \u00bb a une port\u00e9e interpersonnelle : un <i>alter ego<\/i> qui en m\u00eame temps<i> n&rsquo;est pas l&rsquo;autre <\/i>(l&rsquo;homme). \u00ab L&rsquo;un et l&rsquo;autre sont diff\u00e9rents, ind\u00e9pendants, autosuffisants, et toutefois homog\u00e8nes \u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>. Ce dont t\u00e9moigne le premier r\u00e9cit de la cr\u00e9ation du couple humain en insistant sur la constitution ontologique de l&rsquo;humanit\u00e9 :<i> homme et femme sont faits partenaires<\/i><a title=\"\" href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>. Le deuxi\u00e8me r\u00e9cit dit sacerdotal, datant du v<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, appara\u00eet d\u00e8s le premier chapitre de Gen\u00e8se 1,26-27. La cr\u00e9ation du couple humain est pr\u00e9sent\u00e9e comme le sommet de la cr\u00e9ation, l\u2019oeuvre achev\u00e9e sortie des mains du Cr\u00e9ateur. L&rsquo;\u00e9gale dignit\u00e9 de l&rsquo;homme et de la femme s&rsquo;y trouve illustr\u00e9e sans \u00e9quivoque. C&rsquo;est dans un m\u00eame souffle, dans un m\u00eame mouvement, que Dieu, \u00e0 son image ressemblante cr\u00e9e, \u00ab m\u00e2le et femelle \u00bb pour le dire ici \u00e0 la mani\u00e8re de l&rsquo;auteur du r\u00e9cit qui, faut-il le signaler, n&#8217;emploie pas les termes \u00ab homme et femme \u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>. \u00ab Le texte ne dit aucune hi\u00e9rarchie entre eux, alors que celle-ci domine la vie sociale au temps o\u00f9 le texte est \u00e9crit \u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>. Ce double r\u00e9cit biblique montre que la cr\u00e9ation repr\u00e9sente la donn\u00e9e incontournable pour affirmer le fondement de l&rsquo;\u00e9gale dignit\u00e9 de l&rsquo;homme et de la femme. Ce partenariat en humanit\u00e9 fonde en quelque sorte le partenariat en \u00c9glise. L&rsquo;\u00e9gale dignit\u00e9 de l&rsquo;homme et de la femme se refl\u00e8te dans le statut \u00e9galitaire du baptis\u00e9 et de la baptis\u00e9e. La nouveaut\u00e9 chr\u00e9tienne d\u00e9voile dans sa profondeur la dignit\u00e9 de la cr\u00e9ature humaine : hommes et femmes sont fils et filles de Dieu, fr\u00e8res et soeurs du Christ. Il s&rsquo;ensuit que les uns et les autres peuvent \u00eatre appel\u00e9s \u00e0 repr\u00e9senter de fa\u00e7on sacramentelle la pr\u00e9sence du Christ au milieu de la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne en g\u00e9n\u00e9ral et de l&rsquo;assembl\u00e9e eucharistique en particulier. Cependant une loi de l&rsquo;\u00c9glise prescrit que seul l&rsquo;homme baptis\u00e9, en raison de \u00ab sa ressemblance naturelle \u00bb avec l&rsquo;homme J\u00e9sus peut recevoir le sacrement de l&rsquo;Ordre. Difficile de justifier cette restriction que la femme n&rsquo;est pas apte \u00e0 symboliser le Christ au moment de la c\u00e9l\u00e9bration des sacrements<a title=\"\" href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>. \u00c9trange position qui, au nom d&rsquo;une ressemblance naturelle, fait passer en second le fait premier de la ressemblance \u00e0 Dieu, fondement de la dignit\u00e9 personnelle et de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des \u00eatres humains entre eux ! Pourtant, la ressemblance \u00e0 Dieu devrait trouver une forme achev\u00e9e dans l&rsquo;\u00c9glise puisque le chr\u00e9tien et la chr\u00e9tienne sont appel\u00e9s \u00e0 la m\u00eame vocation : \u00ab rev\u00eatir le Christ \u00bb (Ga 3,27). Engag\u00e9s dans un mode d&rsquo;\u00eatre et une mani\u00e8re de vivre li\u00e9s \u00e0 leur confession de foi au Dieu de J\u00e9sus Christ, tout deux sont \u00e9galement responsables d&rsquo;annoncer l&rsquo;\u00c9vangile<i>.<\/i><\/p>\n<p class=\"gras\"><strong>La mission fait partenaires chr\u00e9tiens et chr\u00e9tiennes<\/strong><\/p>\n<p>Depuis le concile Vatican II, il a \u00e9t\u00e9 maintes fois affirm\u00e9 que tous les baptis\u00e9s sont responsables de la mission du Christ<a title=\"\" href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>. Chr\u00e9tiens et chr\u00e9tiennes remplissent cette responsabilit\u00e9 selon les appels entendus, les talents, les comp\u00e9tences et les disponibilit\u00e9s. \u00c0 ce titre, les femmes assument leur responsabilit\u00e9 d&rsquo;annoncer l&rsquo;\u00c9vangile et d&rsquo;en t\u00e9moigner par leur vie. En cela, elles s&rsquo;acquittent de la t\u00e2che propre \u00e0 tous les disciples du Christ. Bref, l&rsquo;unique mission <i>fait partenaires<\/i> hommes et femmes dans l&rsquo;\u00c9glise Il n&rsquo;y a donc pas lieu de parler de <i>la mission des femmes dans l&rsquo;\u00c9glise <\/i>comme on l&rsquo;a fait et comme on continue de le faire dans certains milieux. Il faut plut\u00f4t parler <i>des femmes dans la mission de l&rsquo;\u00c9glise.<\/i> En effet, il n&rsquo;y pas de r\u00f4le sp\u00e9cial r\u00e9serv\u00e9 aux femmes dans l&rsquo;\u00c9glise, et encore moins l&rsquo;exercice de<i> minist\u00e8res f\u00e9minins<\/i>. Seuls existent les <i>minist\u00e8res eccl\u00e9siaux<\/i> assum\u00e9s par des chr\u00e9tiennes et des chr\u00e9tiens, se mettant au service de leur communaut\u00e9 dans les divers services requis pour nourrir sa vie de foi et assurer son bon fonctionnement. Car, \u00ab toute fonction dans l&rsquo;\u00c9glise est une fonction de l&rsquo;\u00c9glise \u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>.<\/p>\n<p class=\"gras\"><strong>Partenariats factuels et non pas contractuels<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;anthropologie de la Gen\u00e8se invite \u00e0 consid\u00e9rer la notion de partenariat sous un angle particulier. Tant l&rsquo;av\u00e8nement de la cr\u00e9ation du premier couple humain que l&rsquo;av\u00e8nement de la communaut\u00e9 des disciples du Christ mettent en perspective la r\u00e9alit\u00e9 de partenariats<i> factuels, <\/i>lesquels sont des partenariats<i> d&rsquo;origine.<\/i> En humanit\u00e9 et en \u00c9glise, homme et femme sont faits partenaires. Ces partenariats <i>de fait <\/i>se singularisent par rapport aux autres types de partenariat qui rel\u00e8vent de <i>l&rsquo;ordre contractuel<\/i>. En effet, le partenariat homme-femme ne r\u00e9sulte pas d&rsquo;une entente convenue entre les parties en cause \u00e0 l&rsquo;instar des partenaires commerciaux, financiers, politiques : il est <i>un fait de cr\u00e9ation.<\/i> Quant au partenariat chr\u00e9tien-chr\u00e9tienne, il t\u00e9moigne du choix de l&rsquo;Esprit. C&rsquo;est Lui qui convoque hommes et femmes \u00e0 former l&rsquo;\u00c9glise et leur donne ainsi d&rsquo;\u00eatre partenaires de l&rsquo;unique mission confi\u00e9e par le Christ. Le processus de la formation de l&rsquo;\u00c9glise fait percevoir de fa\u00e7on tr\u00e8s nette qu&rsquo;accueillir le message du Christ non seulement appelle \u00e0 en vivre et en t\u00e9moigner dans son existence, mais encore met ensemble femmes et hommes qui partagent la responsabilit\u00e9 commune de transmettre la Bonne Nouvelle du Ressuscit\u00e9. Participer <i>avec d&rsquo;autres<\/i> \u00e0 une m\u00eame <i>r\u00e9alit\u00e9<\/i> o\u00f9 l&rsquo;on <i>a part ensemble<\/i> est le sens premier du terme grec <i>koin\u00f4nia <\/i>(communion)<a title=\"\" href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>. Ainsi en est-il de l&rsquo;expression latine <i>communio<\/i> (<i>cum <\/i>et<i> munus<\/i>) : une <i>t\u00e2che<\/i> accomplie <i>avec<\/i> d&rsquo;autres. Ces donn\u00e9es \u00e9tymologiques contribuent \u00e0 mettre en lumi\u00e8re la r\u00e9alit\u00e9 eccl\u00e9siale suivante : la t\u00e2che qui met ensemble chr\u00e9tiennes et chr\u00e9tiens c&rsquo;est la mission, et la mission est le fondement de l&rsquo;eccl\u00e9siologie de communion.<\/p>\n<p class=\"gras\"><strong>Eccl\u00e9siologie de communion de type missionnaire, eccl\u00e9siologie du partenariat <\/strong><\/p>\n<p>Soutenir que la mission est le fondement de la communion, c&rsquo;est du m\u00eame souffle affirmer que cette eccl\u00e9siologie du m\u00eame nom est celle du partenariat entre chr\u00e9tiennes et chr\u00e9tiens. De type missionnaire, cette eccl\u00e9siologie ne souffre aucune exception en ce qui a trait \u00e0 l&rsquo;\u00e9gale dignit\u00e9 des femmes et des hommes. Ce que ne peuvent revendiquer les eccl\u00e9siologies de <i>type trinitaire<\/i> des Catholiques romains et<i> de type eucharistique<\/i> des Orthodoxes<a title=\"\" href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a>. Toutes deux privil\u00e9gient la figure de l&rsquo;homme (m\u00e2le) dans leur interpr\u00e9tation des myst\u00e8res trinitaire et eucharistique. On y justifie l&rsquo;exclusion des femmes du minist\u00e8re ordonn\u00e9 tout en pr\u00e9tendant que cela ne porte pas atteinte \u00e0 leur dignit\u00e9 de chr\u00e9tienne. Une pr\u00e9tention qui ne tient pas la route. La possibilit\u00e9 que des femmes puissent \u00eatre appel\u00e9es \u00e0 remplir ce minist\u00e8re est r\u00e9elle. Le refus de discerner leur appel \u00e0 remplir cette<i>fonction<\/i>, r\u00e9serv\u00e9e exclusivement aux hommes, est un acte de discrimination qui atteint leur dignit\u00e9 de femme et de chr\u00e9tienne<a title=\"\" href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a>. Elles n&rsquo;ont pas voix au chapitre : ce sont des hommes qui d\u00e9cident qu&rsquo;elles ne sont pas aptes \u00e0 symboliser la pr\u00e9sence du Christ au milieu de l&rsquo;assembl\u00e9e eucharistique. Cette attitude enfreint la loi premi\u00e8re du partenariat : chr\u00e9tiens et chr\u00e9tiennes sont \u00ab coh\u00e9ritiers \u00bb de la foi au Christ et \u00ab copartageants \u00bb l&rsquo;unique mission constituant ainsi une communaut\u00e9 de partenaires<a title=\"\" href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>. La mission comme fondement de l&rsquo;eccl\u00e9siologie de communion ne donne lieu \u00e0 aucune forme de discrimination. Par contre, l&rsquo;appellation \u00ab \u00c9glise-communion \u00bb ne se trouve pas dans les \u00c9critures. \u00ab Nulle part il n&rsquo;est dit <i>explicitement <\/i>que l&rsquo;\u00c9glise se d\u00e9finit comme <i>koin\u00f4nia<\/i> \u00bb, constate Jean-Marie Tillard<a title=\"\" href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a>. Toutefois, \u00ab le nom de l&rsquo;\u00c9glise correspondant \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9 de <i>koin\u00f4nia<\/i> est pr\u00e9cis\u00e9ment celui de \u00ab\u00a0Fraternit\u00e9\u00a0\u00bb \u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a>. En d\u00e9pit de son caract\u00e8re apparemment non inclusif, ce titre contribue \u00e0 renouveler notre vision de l&rsquo;\u00c9glise et, en cons\u00e9quence, notre compr\u00e9hension de la <i>nature partenariale<\/i> de l&rsquo;\u00c9glise.<\/p>\n<p class=\"gras\"><strong>Communaut\u00e9 des fr\u00e8res et des soeurs : \u00e9galit\u00e9 des disciples-partenaires<\/strong><\/p>\n<p>D&rsquo;entr\u00e9e de jeu, pr\u00e9cisons en quoi consiste la nouveaut\u00e9 apport\u00e9e par le christianisme en cr\u00e9ant le n\u00e9ologisme \u00ab fraternit\u00e9 \u00bb (<i>adolphot\u00e8<\/i>s, en grec) pour nommer la communaut\u00e9 des chr\u00e9tiens et des chr\u00e9tiennes afin de mettre en relief sa valeur th\u00e9ologique.<\/p>\n<p class=\"gras\"><strong>Fraternit\u00e9 : communaut\u00e9 distingu\u00e9e de vertu<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est vers la fin du I<sup>er <\/sup>si\u00e8cle qu&rsquo;appara\u00eet dans la <i>Premi\u00e8re lettre de Pierre<\/i> le mot fraternit\u00e9 pour parler de l&rsquo;\u00c9glise. D&rsquo;ailleurs, ce terme n&rsquo;est jamais utilis\u00e9 par l&rsquo;auteur de la lettre. Pour d\u00e9signer le groupe de chr\u00e9tiens et de chr\u00e9tiennes, l&rsquo;ap\u00f4tre Pierre n&rsquo;utilise pas <i>ekkl\u00e8sia <\/i>(assembl\u00e9e, \u00e9glise), mais <i>adelphot\u00e8s,<\/i> qui signifie \u00ab fraternit\u00e9 \u00bb. Ce terme ne d\u00e9signe pas la vertu d&rsquo;amour fraternel \u2013 qui, en grec, se dit <i>philadelphia <\/i>(amour du fr\u00e8re) \u2013 mais \u00ab la communaut\u00e9 des fr\u00e8res et des s\u0153urs \u00bb (<i>I Pierre<\/i> 2,17, et 5,9)<a title=\"\" href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>. Le terme grec distingue ici la communaut\u00e9 et la vertu, contrairement au latin qui exprime cette double r\u00e9alit\u00e9 par un seul et m\u00eame mot : <i>fraternitas. <\/i>Il en de m\u00eame en fran\u00e7ais, lorsque l&rsquo;on parle de fraternit\u00e9, on pense davantage \u00e0 la vertu d&rsquo;amour et l&rsquo;on oublie que le terme sert \u00e0 d\u00e9signer l&rsquo;\u00c9glise. Et, comme le constate Michel Dujarier jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent ce titre Fraternit\u00e9 \u00ab n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 par les eccl\u00e9siologues \u00bb <a title=\"\" href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a>.<\/p>\n<p class=\"gras\"><strong>Fraternit\u00e9 : nom propre de l&rsquo;\u00c9glise<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Chez les P\u00e8res des huit premiers si\u00e8cles, le mot \u00ab\u00a0Fraternit\u00e9\u00a0\u00bb est l&rsquo;un des noms de l&rsquo;\u00c9glise et c&rsquo;est m\u00eame son nom sp\u00e9cifique, c&rsquo;est son nom propre\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a>. Ce titre s&rsquo;applique \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9glise locale comme l&rsquo;indique un texte d&rsquo;Ir\u00e9n\u00e9e de Lyon (+ vers 202). Cet \u00e9v\u00eaque y rapporte que des r\u00e9surrections ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 la pri\u00e8re des chr\u00e9tiens, puis il pr\u00e9cise : \u00ab Comme cela est arriv\u00e9 souvent dans la \u00ab\u00a0Fraternit\u00e9\u00a0\u00bb ; car, en cas de n\u00e9cessit\u00e9, \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00c9glise locale\u00a0\u00bb le demandait avec beaucoup de je\u00fbnes et de supplications \u00bb. Le terme Fraternit\u00e9 d\u00e9signe \u00e9galement l&rsquo;\u00c9glise universelle, comme en t\u00e9moigne un texte \u00e9crit de l\u2019Angleterre par B\u00e8de le V\u00e9n\u00e9rable (+ 735) : \u00abLa Sainte Fraternit\u00e9 est unie de r\u00e9ciprocit\u00e9 et elle forme, sur l&rsquo;ensemble de la terre, une seule maison du Christ \u00bb. L&rsquo;auteur constate que certains fr\u00e8res, par leur jalousie, \u00ab attaquent la Fraternit\u00e9 \u00bb et que \u00ab beaucoup de gens, [&#8230;] ne sont pas encore entr\u00e9s dans la communion de la Sainte Fraternit\u00e9 \u00bb. Ces deux exemples suffisent pour t\u00e9moigner que jusqu&rsquo;au viii<sup>e<\/sup> si\u00e8cle l&rsquo;\u00c9glise a eu pour nom a<i>delphot\u00e8<\/i>s, en grec et en latin <i>fraternitas<\/i>. Peu \u00e0 peu l&#8217;emploi de cette appellation diminuera sans toutefois dispara\u00eetre. Elle r\u00e9appara\u00eet dans quelques documents de Vatican II. Les P\u00e8res conciliaires, comme d&rsquo;ailleurs les P\u00e8res de l&rsquo;\u00c9glise, ne tirent pas cependant toutes les cons\u00e9quences pratiques rattach\u00e9es \u00e0 ce titre<a title=\"\" href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\">[30]<\/a>. La mise entre parenth\u00e8ses de l&rsquo;\u00e9gale dignit\u00e9 du fr\u00e8re et de la s\u0153ur illustre bien la difficult\u00e9 de sortir du cadre de l&rsquo;anthropologie socioculturelle de type patriarcal. Celle-ci interpr\u00e8te et am\u00e9nage la diff\u00e9rence sexuelle en in\u00e9galit\u00e9 entre homme et femme et, de l\u00e0, elle l&rsquo;applique aussi \u00e0 la relation fr\u00e8re-soeur. Force alors est de constater que le rapport chr\u00e9tien-chr\u00e9tienne repr\u00e9sente \u00ab le lieu le plus significatif de la non-inculturation de l&rsquo;\u00c9vangile \u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\">[31]<\/a>. D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;urgence de revenir aux sources n\u00e9otestamentaires pour ressaisir l&rsquo;enseignement du Christ \u00e0 la lumi\u00e8re des recherches contemporaines et de l&rsquo;\u00e9volution de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p class=\"gras\"><strong>Le Christ nous fait fr\u00e8res et soeurs<\/strong><\/p>\n<p>Aux interlocuteurs venus l&rsquo;avertir que les membres de sa famille l&rsquo;attendaient dehors, J\u00e9sus leur r\u00e9torque : \u00ab Quiconque fait la volont\u00e9 de Dieu, voil\u00e0 mon fr\u00e8re, ma s\u0153ur et ma m\u00e8re \u00bb (Mc<i> <\/i>3,35 ; Mt 12, 46-50). Fr\u00e8re, s\u0153ur et m\u00e8re parce qu&rsquo;ils \u00ab \u00e9coutent la parole de Dieu et la mettent en pratique \u00bb (Lc<i> <\/i>8,21). Voil\u00e0 sa famille ! Ceux et celles qui remplissent les conditions pour \u00eatre ses disciples. Appel\u00e9s \u00e0 suivre le Christ, homme et femme acc\u00e8dent donc \u00e0 une forme nouvelle d&rsquo;existence o\u00f9 la diff\u00e9renciation sexuelle n&rsquo;est pas d\u00e9terminante. \u00ab Ils s&rsquo;appellent fr\u00e8res et soeurs sans faire de diff\u00e9rence \u00bb, d\u00e9clare le personnage pa\u00efen du livre <i>Octavius<\/i><a title=\"\" href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\">[32]<\/a>. Vivre les enseignements du Christ et se mettre au service de la mission concernent les hommes et les femmes en tant qu&rsquo;\u00eatres humains. Aussi le Christ repr\u00e9sente-t-il le fondement et la source de la communaut\u00e9 des fr\u00e8res et des soeurs qu&rsquo;il suscite. Nombreuses sont les citations des P\u00e8res de l&rsquo;\u00c9glise en ce sens. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, ces citations \u00e9voquent l&rsquo;incarnation : le Fils de Dieu a voulu prendre notre fraternit\u00e9 humaine. De l&rsquo;autre, elles ne cessent de redire que cette fraternit\u00e9 nous rend participants et participantes \u00e0 la filiation divine. Le Christ est notre Fr\u00e8re \u00e0 ce double titre. Nous sommes en lui, fils et filles du P\u00e8re, et donc, fr\u00e8res et soeurs entre nous. Deux passages illustrent ce double aspect de la pens\u00e9e patristique. Dans une hom\u00e9lie sur la lettre aux H\u00e9breux, Jean Chrysostome (iv<sup>e<\/sup> s.) d\u00e9clare qu&rsquo;\u00ab en rev\u00eatant la chair, [le Fils] a rev\u00eatu aussi la fraternit\u00e9, et la fraternit\u00e9 est venue en m\u00eame temps avec la chair [&#8230;]. Il nous a fait l&rsquo;honneur de devenir notre fr\u00e8re ; il nous a honor\u00e9s de cette fraternit\u00e9 \u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\">[33]<\/a>. En effet, si le Fils de Dieu a pris notre fraternit\u00e9, c&rsquo;est pour nous communiquer sa fraternit\u00e9. Nous sommes \u00ab appel\u00e9s \u00e0 la fraternit\u00e9 avec le Christ \u00bb, \u00e9crit Cyrille d&rsquo;Alexandrie (iv<sup>e<\/sup> s.). Par le bapt\u00eame nous recevons \u00ab la dignit\u00e9 de sa fraternit\u00e9 \u00bb, nous sommes \u00ab enrichis de la fraternit\u00e9 du Christ \u00bb. Aussi, \u00ab cette fraternit\u00e9 est d\u00e9natur\u00e9e si l&rsquo;un de ses membres se place au-dessus des autres et s&rsquo;impose comme celui qui commande ou celui qui sait \u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn34\" name=\"_ftnref34\">[34]<\/a>. Car, dans la communaut\u00e9 des disciples, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul P\u00e8re, le P\u00e8re c\u00e9leste, et un seul ma\u00eetre, le Christ. \u00ab Vous \u00eates tous des fr\u00e8res \u00bb (voir Mt 23, 8-10). Et pourtant !&#8230; L&rsquo;\u00c9glise catholique romaine ne parvient pas encore \u00e0 reconna\u00eetre, dans toutes les sph\u00e8res de sa vie et de son fonctionnement, l&rsquo;\u00e9gale dignit\u00e9 des chr\u00e9tiennes et des chr\u00e9tiens. Alors que par le pass\u00e9 l&rsquo;\u00c9glise de Dieu est venue \u00e0 bout des r\u00e9sistances pour combattre l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 entre Juifs et Grecs, de m\u00eame est-elle parvenue, apr\u00e8s quelques si\u00e8cles, \u00e0 mettre fin \u00e0 l&rsquo;esclavage (voir<i> <\/i>Ga 3,28). Contrairement \u00e0 toutes les \u00e9volutions provoqu\u00e9es par le ferment \u00e9vang\u00e9lique, soit dans l&rsquo;\u00c9glise, soit dans la soci\u00e9t\u00e9 civile, l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 homme-femme reste solide, parce que plus ancr\u00e9e dans la profondeur des cultures. Ici encore, l&rsquo;\u00c9glise est en retard sur la soci\u00e9t\u00e9 civile. Mais nous en viendrons \u00e0 bout, comme des autres, si nous savons \u00e9chapper \u00e0 la lettre pour nous laisser vivifier par l&rsquo;Esprit<i> <\/i>(2 Co<i> <\/i>3,6)<a title=\"\" href=\"#_ftn35\" name=\"_ftnref35\">[35]<\/a>.<\/p>\n<p class=\"gras\"><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Parler aujourd&rsquo;hui de partenariat ne serait-ce pas d\u00e9j\u00e0 reconna\u00eetre que l&rsquo;Esprit fait signe \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise de Dieu pour la revivifier ? L&rsquo;id\u00e9e de partenariat introduit celle de r\u00e9ciprocit\u00e9 et d&rsquo;\u00e9galit\u00e9, comme on s&rsquo;attend \u00e0 les retrouver dans la communaut\u00e9 des fr\u00e8res et des soeurs du Christ. \u00ab Une fraternit\u00e9 structur\u00e9e, o\u00f9 tous collaborent \u00e0 la m\u00eame t\u00e2che, apportant chacun ce qu&rsquo;il peut apporter \u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn36\" name=\"_ftnref36\">[36]<\/a>, sans toutefois que l&rsquo;un d\u00e9cide pour l&rsquo;autre ce qu&rsquo;il ou elle peut donner. Cette vue des choses nous conduit \u00e0 la question : est-il pertinent, dans la structure hi\u00e9rarchique actuelle de l&rsquo;\u00c9glise catholique romaine, de parler d&rsquo;un partenariat clercs-la\u00efques ? Non, si l&rsquo;on consid\u00e8re le fait suivant : comment trouver appropri\u00e9e l&rsquo;expression quand tout le pouvoir d\u00e9cisionnel repose dans les mains d&rsquo;un seul partenaire, le clerg\u00e9 ? Toutefois, la r\u00e9ponse pourrait \u00eatre autre dans l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 d&rsquo;un renouvellement de la th\u00e9ologie des minist\u00e8res. C&rsquo;est dire alors que l&rsquo;articulation entre l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de la dignit\u00e9 baptismale et la distinction des minist\u00e8res aura \u00e9t\u00e9 pens\u00e9e \u00e0 partir de la mission de l&rsquo;\u00c9glise. Dans ce cas la r\u00e9ponse \u00e0 la question court la chance d&rsquo;\u00eatre affirmative, mais encore faudra-t-il auparavant avoir consenti \u00e0 transformer l&rsquo;expression premi\u00e8re pour cet autre <i>partenariat ministres-la\u00efques.<\/i> Ce changement de nom est majeur : il indique que l&rsquo;acc\u00e8s aux diverses fonctions minist\u00e9rielles serait devenu une r\u00e9alit\u00e9 pour les femmes, il exprimerait donc une bonne nouvelle toute \u00e9vang\u00e9lique, en plus de t\u00e9moigner que le partenariat entre chr\u00e9tiens-chr\u00e9tiennes aura alors trouv\u00e9 la pl\u00e9nitude de son expression.<\/p>\n<p class=\"droite\"><span style=\"font-size: x-small;\"><strong>Article paru dans <i>Cahiers de spiritualit\u00e9 ignatienne<\/i>, 30\/117 (2006), p. 15-28.<\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p class=\"gras\"><strong>NOTES<\/strong><\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> <i>Le Nouveau dictionnaire Le Robert<\/i>, Paris, 1993, p. 1595.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Voir mon article \u00ab Des mots et des hommes, le partenariat pi\u00e9g\u00e9 \u00e0 sa source \u00bb, dans <i>Pleins feux sur le partenariat en \u00c9glise<\/i>. <i>Actes du Symposium. Le partenariat hommes et femmes en \u00c9glise<\/i>, coll. F, Montr\u00e9al, Paulines, 1997, p. 161-173, en particulier p. 161-162.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> En 1767, Du Deffand \u00e9crit \u00ab partner \u00bb alors qu&rsquo;\u00e0 partir de 1864, Beaumarchais lui donne sa forme actuelle. Voir <i>Le Grand Larousse<\/i> <i>de la langue fran\u00e7aise<\/i>, t. v, Paris, Librairie Larousse, 1976, p. 4007.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Le terme se retrouve dans la <i>Chanson de Roland<\/i>, 1080, voir \u00ab Partenaire \u00bb, dans <i>Grand Larousse de la langue fran\u00e7aise<\/i>, t. v, Paris, Larousse, 1976, p. 4007 ; <i>Le Grand Robert de la langue fran\u00e7aise<\/i>, dictionnaire alphab\u00e9tique et analogique de la langue fran\u00e7aise, 2<sup>e<\/sup> \u00e9d. t. vii, Paris, Robert, 1986, p. 122.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a>A. J. Greimas, <i>Dictionnaire de l&rsquo;ancien fran\u00e7ais jusqu&rsquo;au xiv<sup>e<\/sup> si\u00e8cle,<\/i> Paris, Librairie Larousse, 1982, p. 472.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Voir Paul Dupr\u00e9,<i> Encyclop\u00e9die du bon fran\u00e7ais dans l&rsquo;usage contemporain<\/i>, t. 3, Paris, Tr\u00e9vise, 1972, p. 1865.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Gilles Routhier, \u00ab Le partenariat entre les chr\u00e9tiennes et les chr\u00e9tiens en regard des eccl\u00e9siologies actuelles \u00bb, dans<i> Pleins feux sur le partenariat en \u00c9glise,<\/i> p. 128.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Alice Gombault, <i>F\u00e9minisme et\/ou partenariat ?<\/i> <i>Recherches d&rsquo;\u00e9quilibre entre hommes et femmes<\/i>, Paris, Femmes et Hommes en \u00c9glise, 1994, p. 26.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Traduction la plus proche de e<i>zer kenegd\u00f4<\/i>. Traduire e<i>zer<\/i> par \u00ab aide \u00bb s&rsquo;av\u00e8re inexact car le mot h\u00e9breu est masculin. De plus, \u00ab l&rsquo;expression qui l&rsquo;accompagne : <i>kenegd\u00f4<\/i>, traduit par la LXX par <i>homoios<\/i>, signifie litt\u00e9ralement : en face de lui, son vis-\u00e0-vis, son partenaire, son correspondant \u00bb, Marie de M\u00e9rode, \u00ab Une aide qui lui corresponde. L&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se de Gen 2,18-24 dans les \u00e9crits de l&rsquo;Ancien Testament, du juda\u00efsme et du Nouveau Testament \u00bb, <i>Revue th\u00e9ologique de Louvain<\/i>, 8 (1977), p. 332. Jean-Louis Ska avance que \u00ab pour \u00eatre \u00e0 m\u00eame de fournir \u00e0 l&rsquo;homme le soutien n\u00e9cessaire, la femme doit \u00eatre [\u2026] \u00ab\u00a0\u00e0 la hauteur \u00a0\u00bb de son partenaire. [Ainsi, est-elle] pour l&rsquo;homme l&rsquo;e<i>zer,<\/i> parce qu&rsquo;elle est une personne du m\u00eame \u00ab\u00a0genre\u00a0\u00bb que lui \u00bb, \u00ab Je vais lui faire un alli\u00e9 qui soit son homologue \u00bb (Gn 2,18). \u00ab \u00c0 propos du terme<i> <\/i>e<i>zer <\/i>&#8211; \u00ab\u00a0aide\u00a0\u00bb \u00bb, dans <i>Biblica,<\/i> 65 (1984), p. 238. Voir aussi W. Vogels, \u00ab Cette aide mutuelle est <i>kenegd\u00f4<\/i>, son vis-\u00e0-vis, ajust\u00e9e, assortie, impliquant la similitude et la compl\u00e9mentarit\u00e9 entre l&rsquo;homme et la femme \u00bb, dans<i> Nos origines<\/i>. <i>Gen\u00e8se 1-11<\/i>, Ottawa, Novalis, 1992, p. 85.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Marie-Jeanne B\u00e9r\u00e8re, \u00ab Deux en une seule chair \u00bb, <i>Lumi\u00e8re et vie<\/i>, 38\/194 (1989), p. 73.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Karin Heller, \u00ab Homme et femme, un et diff\u00e9rents \u00bb, <i>Nouvelle revue th\u00e9ologique<\/i>, 126 (2004), p. 58.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> M.-J. B\u00e9r\u00e8re, \u00ab Deux en une seule chair \u00bb, <i>Lumi\u00e8re et vie<\/i>, p. 73.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Jacques Vermeylen, \u00ab Les harmoniques bibliques du partenariat en \u00c9glise \u00bb, <i>M\u00e9langes de science religieuse<\/i>, 57\/1 (2000) p. 15.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> K. Heller, \u00ab Homme et femme, un et diff\u00e9rents \u00bb, <i>Nouvelle revue th\u00e9ologique<\/i> p. 59.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a>15On peut interpr\u00e9ter en ce sens les propos de l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8te Maurice Gilbert : \u00ab La d\u00e9claration appelle un accord interpersonnel entre l&rsquo;homme et la femme, elle exprime m\u00eame la raison de cet accord qui doit rapprocher les \u00eatres : cette communion n&rsquo;a pas pour origine une initiative de l&rsquo;homme : celui-ci constate un fait qui ne d\u00e9pend pas de lui, mais de Dieu seul<b> <\/b>\u00bb, \u00ab \u00ab\u00a0Une seule chair\u00a0\u00bb (Gn 2,24) \u00bb, <i>Nouvelle revue th\u00e9ologique<\/i>, 100 (1998), p. 69.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Voir W. Wogels, <i>Nos origines<\/i>, p. 59.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> J. Vermeylen, \u00ab Les harmoniques bibliques du partenariat en \u00c9glise \u00bb, <i>M\u00e9langes de science religieuse<\/i>. p. 14.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> \u00ab Il n&rsquo;y aurait pas cette \u00ab\u00a0ressemblance naturelle\u00a0\u00bb qui doit exister entre le Christ et son ministre si le r\u00f4le du Christ n&rsquo;\u00e9tait pas tenu par un homme : autrement, on verrait difficilement dans le ministre l&rsquo;image du Christ \u00bb, dans Congr\u00e9gation pour la doctrine de la foi,<i> L&rsquo;admission des femmes au sacerdoce<\/i>, <i>Inter insigniores<\/i>, coll<i>. <\/i>L&rsquo;\u00c9glise aux quatre vents, Montr\u00e9al, Fides, n<sup>o<\/sup> 5, p. 13. C&rsquo;est l&rsquo;application de la th\u00e9orie des signes sacramentels lesquels doivent, selon Thomas d&rsquo;Aquin, repr\u00e9senter ce qu&rsquo;ils signifient par une ressemblance naturelle.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> \u00ab L&rsquo;\u00c9glise est tout enti\u00e8re missionnaire ; l\u2019\u0153uvre d&rsquo;\u00e9vang\u00e9lisation est un devoir fondamental du Peuple de Dieu \u00bb, <i>Ad gentes<\/i>, n<sup>o<\/sup> 35. Ce qui fait dire \u00e0 Jean-Paul II, \u00ab C&rsquo;est un devoir et un droit fond\u00e9s sur la dignit\u00e9 conf\u00e9r\u00e9e par le bapt\u00eame \u00bb, dans <i>La mission du Christ r\u00e9dempteur<\/i>, Montr\u00e9al, Fides, n<sup>o<\/sup> 7, p. 121.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> Jean Rigal, \u00ab Partenariat et identit\u00e9 relationnelle \u00bb, <i>Bulletin de litt\u00e9rature eccl\u00e9siastique<\/i>, 90 (1998), p. 363.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> C&rsquo;est dans le sens de part active prise \u00e0 l&rsquo;\u00c9vangile que Paul emploie le mot <i>koin\u00f4nia<\/i> en<i> <\/i>Ph 1,5. La <i>koin\u00f4nia<\/i> est l&rsquo;une des composantes de la communaut\u00e9 primitive telle que d\u00e9crite dans les trois sommaires des Actes des Ap\u00f4tres dont 2,41-42 (voir 4,32-35 ; 5,12-16). Dans ce cas, l&rsquo;autre aspect du terme communion qui est vis\u00e9, est celui de <i>cum et unio,<\/i> l&rsquo;union des c\u0153urs. \u00ab La multitude des croyants n&rsquo;avait qu&rsquo;un coeur et qu&rsquo;une \u00e2me \u00bb (4,32).<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> C&rsquo;est l\u00e0 une question d&rsquo;accent puisque les dimensions trinitaire et eucharistique sont pr\u00e9sentes dans les deux approches. Par ailleurs, on sait l&rsquo;importance accord\u00e9e \u00e0 l&rsquo;eccl\u00e9siologie de communion depuis le Synode extraordinaire de 1985 au point d&rsquo;\u00e9clipser celle du Peuple de Dieu du concile Vatican II.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> Jean-Paul II justifie ce refus : \u00ab nous sommes dans le concept de la <i>fonction<\/i><b>,<\/b> et non de la dignit\u00e9 et de la saintet\u00e9 \u00bb, dans <i>Christifideles la\u00efci<\/i><b>, <\/b>Ottawa, Conf\u00e9rence des \u00e9v\u00eaques catholiques du Canada, 1988, n<sup>o<\/sup> 51, p. 154.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> Cette double expression renvoie \u00e0 des termes d\u00e9finissant la notion de partenaire, voir p. 2-3 du pr\u00e9sent article.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> Jean-Marie Tillard, <i>\u00c9glise d&rsquo;\u00c9glises<\/i>. <i>L&rsquo;eccl\u00e9siologie de communion<\/i>, coll. Cogitatio fidei 143, Paris, Cerf, 1987, p. 35, note 54. \u00ab Jamais explicitement d\u00e9finie comme<i> koin\u00f4nia<\/i>, l&rsquo;\u00c9glise est per\u00e7ue comme porteuse de celle-ci en son sens englobant, et donc sous ses diverses formes, toutes actualisatrices (<i>sic<\/i>) de Salut \u00bb, p. 34-35.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> Michel Dujarier, <i>L&rsquo;\u00c9glise-Fraternit\u00e9<\/i> I. Les origines de l&rsquo;expression \u00ab <i>adelphot\u00e8s<\/i>&#8211;<i>fraternitas<\/i> \u00bb aux trois premiers si\u00e8cles du christianisme \u00bb, coll.<i> <\/i>Th\u00e9ologies, Paris, Cerf, 1991, p. 15 note 10.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> M. Dujarier, \u00ab L&rsquo;\u00c9glise, \u00ab\u00a0Fraternit\u00e9 en Christ\u00a0\u00bb \u00bb,<i> Esprit-Saint<\/i>, n<sup>o<\/sup> 215 (2005), p. 8. L&rsquo;auteur n&rsquo;indique pas quelle traduction de la Bible il emploie. Cependant, il nous semble proche de la <i>Bible<\/i> traduite par \u00c9. Osty et J. Trinquet (Paris, Seuil, 1973). I P 2,17 : \u00ab Honorez tout le monde, aimez la Fraternit\u00e9 \u00bb ; 5,9 : \u00ab R\u00e9sistez-lui [Satan], solides dans la foi, sachant que les m\u00eames souffrances sont impos\u00e9es \u00e0 votre Fraternit\u00e9 qui est dans le monde \u00bb. \u00c9tonnamment, la <i>Traduction oecum\u00e9nique de la Bible<\/i> <i>(TOB<\/i>) et la <i>Bible de J\u00e9rusalem<\/i> traduisent <i>adelphot\u00e8s<\/i> par \u00ab fr\u00e8res \u00bb, terme qui pourtant se dit <i>adelphois<\/i> en grec.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> \u00ab L&rsquo;\u00c9glise-Fraternit\u00e9 chez P\u00e8res de l&rsquo;\u00c9glise \u00bb, <i>Mission de l&rsquo;\u00c9glise<\/i>, n<sup>o<\/sup> 111 (1996), p. 50. Un titre privil\u00e9gi\u00e9 par Joseph Ratzinger, dans <i>Fr\u00e8res dans le Christ<\/i>, Paris, Cerf, 1962 et \u00ab Fraternit\u00e9 \u00bb, dans <i>Dictionnaire de spiritualit\u00e9<\/i>, t. 5, Paris, Beauchesne, 1964, col. 1141-1167. Les textes de Dujarier constituent la source principale de notre r\u00e9flexion sur le sujet. \u00ab L&rsquo;\u00c9glise-Fraternit\u00e9 chez les P\u00e8res de l&rsquo;\u00c9glise \u00bb dans<i> \u00c9glise-Famille ; \u00c9glise-Fraternit\u00e9<\/i>, Facult\u00e9s catholiques de Kinshasa, Kinshasa, 1997, p. 213-221 ; \u00ab Vers une Mission de Fraternit\u00e9 \u00bb, dans Association des th\u00e9ologiens du B\u00e9nin, <i>Christianisme et humanisme en Afrique. M\u00e9langes en hommage au Cardinal Bernardin Gantin<\/i>, coll.<i> <\/i>M\u00e9moires d&rsquo;\u00c9glise, Paris, Karthala, 2003, p. 223-235 ; \u00ab L&rsquo;\u00c9glise est Fraternit\u00e9 en Christ \u00bb, dans<i> Connaissance des P\u00e8res de l&rsquo;\u00c9glise<\/i>, n<sup>o<\/sup> 96 (2004), p. 6-14.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a> M. Dujarier, \u00ab L&rsquo;\u00c9glise est \u00ab\u00a0Fraternit\u00e9 en Christ\u00a0\u00bb \u00bb, dans <i>Connaissance des P\u00e8res de l&rsquo;\u00c9glise<\/i>, p. 7. De m\u00eame les citations qui suivent, p. 7-9.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a> Voir Giuseppe Ruggieri, \u00ab L&rsquo;\u00c9glise refait sienne la fraternit\u00e9 \u00e9vang\u00e9lique \u00bb, <i>Concilium<\/i>, 166 (1981), p. 41-53. \u00ab L&#8217;emploi du mot \u00ab\u00a0fraternit\u00e9\u00a0\u00bb dans les texte de Vatican II n&rsquo;est pas univoque et est repris 26 fois \u00bb (p. 42). Trois servent \u00e0 d\u00e9signer l&rsquo;\u00c9glise en tant que communaut\u00e9. Deux signifient \u00ab la famille de Dieu, en tant que Fraternit\u00e9 qui n&rsquo;a qu&rsquo;une \u00e2me \u00bb ; et lorsqu&rsquo;elle c\u00e9l\u00e8bre l&rsquo;Eucharistie, c&rsquo;est pour que \u00ab soit ciment\u00e9e toute la Fraternit\u00e9 \u00bb. (<i>Lumen gentium,<\/i> n<sup>o<\/sup> 29 et 26). 14 fois, \u00ab la fraternit\u00e9 sert \u00e0 d\u00e9signer l&rsquo;id\u00e9al de convivence (<i>sic<\/i>) humaine en tant que telle, en dehors de toute sp\u00e9cification eccl\u00e9siale \u00bb (p. 42). Neuf fois, le terme fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la fraternit\u00e9 eccl\u00e9siale, \u00ab \u00e0 la nature du lien qui unit les chr\u00e9tiens entre eux : amour de fraternit\u00e9 \u00bb (p. 42).<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a> Ren\u00e9 Jaouen, \u00ab Le point de vue de l&rsquo;anthropologie \u00bb, dans<i> Pleins feux sur le partenariat<\/i>, p. 102.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\">[32]<\/a> Oeuvre du d\u00e9but du iii<sup>e<\/sup> si\u00e8cle \u00e9crit par l&rsquo;apolog\u00e8te Minucius Felix, <i>Octavius,<\/i> 9,2, trad. de Jean Beaujeu, Paris, Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e9dition \u00ab Les Belles Lettres \u00bb, 1964, cit\u00e9 par Gerhard Lohfink, <i>L&rsquo;\u00c9glise que voulait J\u00e9sus<\/i>. Trad. de l&rsquo;allemand, coll. Th\u00e9ologies-\u00ab Apologique \u00bb, Paris, Cerf, 1985, p. 161.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\">[33]<\/a> Cit\u00e9 par M. Dujarier, \u00ab L&rsquo;\u00c9glise-Fraternit\u00e9 chez les P\u00e8res de l&rsquo;\u00c9glise \u00bb, dans <i>Mission de l&rsquo;\u00c9glise<\/i>, p. 52. Les citations qui suivent sont aussi tir\u00e9es de cet article, p. 52-53.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref34\" name=\"_ftn34\">[34]<\/a> J. Vermeylen, \u00ab Les harmoniques bibliques du partenariat en \u00c9glise \u00bb, <i>M\u00e9langes de science religieuse<b>,<\/b><\/i> p. 23.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref35\" name=\"_ftn35\">[35]<\/a> R. Jaouen, \u00ab Le point de vue anthropologique \u00bb, dans <i>Pleins feux sur le partenariat<\/i>, p. 99.<\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref36\" name=\"_ftn36\">[36]<\/a> J. Vermeylen, \u00ab Les harmoniques bibliques du partenariat en \u00c9glise \u00bb, <i>M\u00e9langes de science religieuse,<\/i> p. 35.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le concept \u00ab partenariat \u00bb a le vent en poupe. On a recours \u00e0 lui pour exprimer les termes d&rsquo;une collaboration pour des projets de nature diverse : sociaux, \u00e9conomiques, communautaires, ou encore gouvernementaux. En sciences humaines, quelques disciplines se &hellip; <a href=\"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=1738\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":43,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[43],"tags":[],"ppma_author":[149],"class_list":["post-1738","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-partenariat","author-micheline-lague"],"authors":[{"term_id":149,"user_id":43,"is_guest":0,"slug":"micheline-lague","display_name":"Micheline Lagu\u00eb","avatar_url":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/Micheline-Lague.jpg","user_url":"","last_name":"Lagu\u00eb","first_name":"Micheline","description":"D\u00e9tentrice d'un Ph. D en th\u00e9ologie de l'Universit\u00e9 d'Ottawa et d'un doctorat en th\u00e9ologie, grade canonique, de l'Universit\u00e9 Saint-Paul, Micheline Lagu\u00eb, m.i.c., est professeure retrait\u00e9e de th\u00e9ologie de l'Universit\u00e9 Saint-Paul. Ses recherches portent sur la spiritualit\u00e9, les minist\u00e8res, le partenariat hommes et femmes dans l'\u00c9glise. Membre active du r\u00e9seau Femmes et minist\u00e8res, elle est coauteure de \u00ab Voix de femmes, voies de passage \u00bb (\u00c9ditions Paulines, 1995) et auteure de nombreux articles."}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1738","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/43"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1738"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1738\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1738"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1738"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1738"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fppma_author&post=1738"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}