{"id":1803,"date":"1997-05-15T12:00:15","date_gmt":"1997-05-15T16:00:15","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=1803"},"modified":"2015-05-16T11:30:26","modified_gmt":"2015-05-16T15:30:26","slug":"le-symposium-au-miroir-des-observateurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=1803","title":{"rendered":"Le symposium au miroir des observateurs"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Yvonne-Bergeron.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1805\" src=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Yvonne-Bergeron.jpg\" alt=\"Yvonne Bergeron\" width=\"81\" height=\"87\" \/><\/a>Il convient tout d&rsquo;abord de remercier les responsables qui ont organis\u00e9 ce symposium et qui ont pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 son d\u00e9roulement. Ce fut un lieu de parole libre. Ce fut un lieu de recherche \u00e9clairante en sciences humaines et en th\u00e9ologie. Sur un sujet vital, tant pour la soci\u00e9t\u00e9 que pour l&rsquo;\u00c9glise\u00a0: la mutualit\u00e9 homme-femme, ce qu&rsquo;on appelle aujourd&rsquo;hui d&rsquo;un mot devenu un peu passe-partout mais qui dit bien une aspiration profonde de notre temps, le partenariat.<!--more--><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Ce sujet inclut un volet difficile et douloureux. En tout cas, tr\u00e8s largement per\u00e7u comme tel. Celui de la place des femmes en \u00c9glise. Pour dire cette r\u00e9alit\u00e9, nous avons utilis\u00e9 des mots parfois savants et le langage des approches dites scientifiques. Nous avons vu d\u00e9filer successivement ce que l&rsquo;histoire, l&rsquo;anthropologie, l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se, la sociologie, la th\u00e9ologie ont charri\u00e9 au sujet de la place des femmes au cours des si\u00e8cles. Ces interventions furent comme autant de rivi\u00e8res apportant leurs alluvions, leurs eaux troubles, leurs gravats. Des mots sont revenus fr\u00e9quemment\u00a0: inf\u00e9riorit\u00e9, suj\u00e9tion, domination, revendication d&rsquo;\u00e9galit\u00e9&#8230; Des mots r\u00e9p\u00e9t\u00e9s depuis des si\u00e8cles et des si\u00e8cles. Des mots \u00e0 rendre triste, \u00e0 mettre mal \u00e0 l&rsquo;aise. Soup\u00e7onne-t-on assez la souffrance qu&rsquo;ils recouvrent? Tout cela fait mal \u00e0 entendre, \u00e0 voir, \u00e0 lire. \u00c0 donner la peur que \u00e7a continue&#8230; \u00c0 donner la peur que \u00e7a reprenne&#8230;<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Avant m\u00eame de noter les points communs qui se d\u00e9gagent de ce symposium, il convient que tous et toutes nous restions un temps muets, silencieux, comme interdits, devant ce fait massif et d\u00e9chirant de la s\u00e9culaire in\u00e9galit\u00e9 de traitement des femmes. Nous en avons not\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises le poids culturel. Peut-\u00eatre n&rsquo;avons-nous pas mesur\u00e9 suffisamment son lourd poids affectif. Comme il doit \u00eatre dur pour des oreilles f\u00e9minines d&rsquo;entendre ainsi deviser pendant trois jours sur tout ce que l&rsquo;histoire a charroy\u00e9 \u00e0 leur sujet! Et, de leur c\u00f4t\u00e9, les hommes sont-ils assez partenaires pour sentir cette douleur?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Tout au long de la session, nous avons vu des consensus \u00e9merger, des pistes d&rsquo;avenir se d\u00e9gager et quelques impasses se pointer. Sans ajouter un long d\u00e9veloppement, nous croyons important de revenir sur ces \u00e9l\u00e9ments dans le but d&rsquo;alimenter ou de relancer les d\u00e9bats.<\/span><\/p>\n<p class=\"gras\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>Des consensus assez \u00e9vidents<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Au nombre des consensus figure d&rsquo;abord <span class=\"italique\">la <strong><em>n\u00e9cessit\u00e9 du changement<\/em><\/strong>. <\/span> Exprim\u00e9e par plusieurs en des termes non \u00e9quivoques de vie ou de mort, la n\u00e9cessit\u00e9 se double d&rsquo;une <span class=\"italique\"> urgence <\/span>pour l&rsquo;\u00c9glise. Traduite par d&rsquo;autres dans un vocabulaire qui \u00e9voque davantage la \u00ab\u00a0strat\u00e9gie des petits pas\u00a0\u00bb, l&rsquo;exigence du changement se fait pressante du d\u00e9but \u00e0 la fin.\u00a0 Pouvions-nous en attendre moins\u00a0? S\u00fbrement pas s&rsquo;il est vrai &#8211; comme nous en portons la conviction &#8211; que le partenariat int\u00e9gral entre les femmes et les hommes demeure une \u00ab pouss\u00e9e majeure \u00bb de J\u00e9sus-Christ, un signe d&rsquo;inculturation que l&rsquo;\u00c9glise ne saurait ignorer sans trahison. Cr\u00e9\u00e9s partenaires en humanit\u00e9, les femmes et les hommes voient leur dignit\u00e9 et leur \u00e9galit\u00e9 authentifi\u00e9es par le Ressuscit\u00e9. Cette bonne nouvelle questionne les rapports de supr\u00e9matie masculine canonis\u00e9e au cours des temps et elle devient un projet \u00e0 r\u00e9aliser pour qu&rsquo;advienne l&rsquo;humanit\u00e9 transform\u00e9e. Aussi, op\u00e9rer des changements rel\u00e8ve \u00e0 la fois de la justice, de la cr\u00e9dibilit\u00e9 de l&rsquo;institution eccl\u00e9siale, des motifs d&rsquo;ordre th\u00e9ologique et de la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00c9vangile.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Comme deuxi\u00e8me consensus, il faut nommer <span class=\"italique\"><strong><em>la conscience de la complexit\u00e9 de la question<\/em><\/strong>. <\/span>Parler de partenariat int\u00e9gral entre les femmes et les hommes dans l&rsquo;\u00c9glise oblige \u00e0 prendre en compte l&rsquo;histoire et la culture puisque c&rsquo;est au c\u0153ur de la vie que la Parole de Dieu devient vivante et que les vraies transformations sont provoqu\u00e9es. Il ne s&rsquo;agit pas ici d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la remorque du monde contemporain, mais bien plut\u00f4t de r\u00e9entendre et de r\u00e9interpr\u00e9ter la Parole \u00e0 partir d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Tendre vers ce partenariat implique \u00e9galement une r\u00e9vision en profondeur de l&rsquo;anthropologie sous-jacente aux d\u00e9cisions romaines et de la place accord\u00e9e \u00e0 la mission des personnes baptis\u00e9es dans l&rsquo;\u00c9glise. Enfin d\u00e9cider de vivre des relations partenariales exige une remise en cause de l&rsquo;ordre traditionnel en renouvelant non seulement le discours th\u00e9ologique sur les minist\u00e8res (en lien avec les th\u00e9ologies de l&rsquo;appel et de la mission), mais aussi l&rsquo;eccl\u00e9siologie de communion, les rapports cr\u00e9ation\/eschatologie, la question de la repr\u00e9sentation du Christ et de l&rsquo;\u00c9glise&#8230; Bref cela nous conduit \u00e0 revisiter notre h\u00e9ritage en ramenant \u00e0 l&rsquo;attention des communaut\u00e9s et de l&rsquo;\u00c9glise enti\u00e8re des r\u00e9alit\u00e9s oubli\u00e9es ou ignor\u00e9es de notre histoire chr\u00e9tienne.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Un troisi\u00e8me consensus est apparu : <span class=\"italique\"><strong><em> la possibilit\u00e9 et la n\u00e9cessit\u00e9 de continuer de parler de l&rsquo;acc\u00e8s des femmes au minist\u00e8re ordonn\u00e9<\/em><\/strong>. <\/span>Le Symposium a notamment servi \u00e0 bien \u00e9clairer le sens et la port\u00e9e qu&rsquo;il convient de donner \u00e0 la lettre du pape Jean-Paul II sur l&rsquo;ordination exclusivement r\u00e9serv\u00e9e aux hommes, <em><span class=\"italique\"> Ordinatio sacerdotalis <\/span><\/em> (22 mai 1994), et \u00e0 la R\u00e9ponse de la Congr\u00e9gation pour la doctrine de la foi sur le m\u00eame sujet, parue le 28 octobre 1995. Nous pouvons sp\u00e9cialement nous appuyer sur l&rsquo;examen minutieux de cette question qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e au cours de la rencontre par le th\u00e9ologien Andr\u00e9 Naud, et aussi sur l&rsquo;analyse tr\u00e8s fouill\u00e9e, respectueuse et courageuse, qu&rsquo;il a faite dans son livre r\u00e9cent intitul\u00e9<em> <span class=\"italique\"> Un aggiornamento et son \u00e9clipse. La libert\u00e9 de la pens\u00e9e dans la foi et dans l&rsquo;\u00c9glise <\/span><\/em>(Fides, 1996).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Il est possible et l\u00e9gitime de continuer de parler de cette question entre chr\u00e9tiens et chr\u00e9tiennes, et de continuer d&rsquo;en parler avec nos \u00e9v\u00eaques. Sans effronterie et sans esquive. Parmi les raisons graves qui nous autorisent \u00e0 ce faire et qu&rsquo;a soulign\u00e9es Andr\u00e9 Naud, il faut relever les deux suivantes. Tout d&rsquo;abord la justice due aux femmes puisque nombre d&rsquo;entre elles nous disent, en conscience, qu&rsquo;elles per\u00e7oivent et vivent cette exclusion comme une r\u00e9elle discrimination et une injustice. Et aussi la justice due \u00e0 la m\u00e9moire de J\u00e9sus : cette m\u00e9moire serait en effet gravement ternie si lui, qui n&rsquo;a cess\u00e9 de le lutter contre toute forme d&rsquo;exclusion, devenait aujourd\u2019hui la cause m\u00eame de l&rsquo;exclusion.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Comment continuer d&rsquo;approfondir la question dans le contexte pr\u00e9sent? Il importe avant tout de pr\u00e9server l&rsquo;espace de dialogue<b> <\/b>qui a \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9 dans l&rsquo;\u00c9glise qu\u00e9b\u00e9coise et canadienne, depuis une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es, sur l&rsquo;ensemble de la question du partenariat homme-femme aussi bien dans la communaut\u00e9 civile que dans la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale. Il y a l\u00e0 une mani\u00e8re de faire propre \u00e0 notre \u00c9glise locale, une pratique du dialogue qu&rsquo;il faut maintenir Cette pratique s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e pr\u00e9cieuse, elle a maintenu des ponts\u00a0; il serait tragique de la rompre subitement.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Il convient aussi de g\u00e9rer le pr\u00e9sent de notre vie eccl\u00e9siale avec discernement\u00a0: sans chercher \u00e0 le brusquer, ce qui provoquerait des durcissements et des blocages suppl\u00e9mentaires ; sans le fermer non plus, c&rsquo;est-\u00e0-dire sans aller plus loin, au sein de notre \u00c9glise locale, dans le sens d&rsquo;une pression pour souligner un enseignement d\u00e9finitif exigeant l&rsquo;adh\u00e9sion de tous et toutes.<\/span><\/p>\n<p class=\"gras\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>Des pistes d&rsquo;avenir \u00e0 explorer<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Pour faire advenir le partenariat int\u00e9gral entre les femmes et les hommes dans l&rsquo;\u00c9glise, il importe de distinguer o\u00f9 se situent les r\u00e9sistances. Nous identifions ici des obstacles \u00e0 six niveaux particuliers et nous indiquons quelques orientations susceptibles de conduire \u00e0 des changements r\u00e9els.<\/span><\/p>\n<p class=\"italique\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>G\u00e9rer nos ant\u00e9c\u00e9dents affectifs<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Nous avons toutes et tous des ant\u00e9c\u00e9dents affectifs \u00e0 conscientiser et \u00e0 g\u00e9rer : relations parentales, v\u00e9cu familial. images et st\u00e9r\u00e9otypes, malaises et peurs, pr\u00eats-\u00e0-penser tenaces et nourris par l&rsquo;inconscient collectif&#8230; Or ces r\u00e9sistances sont souvent occult\u00e9es dans les pratiques eccl\u00e9siales. Pourtant elles sont profondes et, nous le savons, les arguments raisonnables, malgr\u00e9 leur poids et leur \u00e9loquence, ne peuvent souvent pas grand-chose contre l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 et la peur. Aussi demeure <span class=\"italique\"> le besoin de nous lib\u00e9rer <\/span> de tout ce qui nous enferme dans des sch\u00e9mas scl\u00e9rosants et ali\u00e9nants.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Si, pour y arriver, la patience et le temps s&rsquo;av\u00e8rent de pr\u00e9cieux atouts, le changement en profondeur exige n\u00e9anmoins certaines <span class=\"italique\"> conditions <\/span>qui se traduisent par des attitudes et des comportements. En voici quelques-unes : favoriser le dialogue par le respect de l&rsquo;autre dans son identit\u00e9 et sa complexit\u00e9; \u00e9viter de crisper le rapport homme-femme sur \u00ab la \u00bb diff\u00e9rence sexuelle en n\u00e9gligeant les autres diff\u00e9rences<a title=\"\" href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\">[1]<\/a>\u00a0: accueillir et consid\u00e9rer les femmes (et les hommes) comme des personnes d&rsquo;abord; clarifier les symboles f\u00e9minins et combler les lacunes d&rsquo;une \u00e9ducation d\u00e9ficiente; instaurer des pratiques nouvelles qui permettent de reformuler les \u00e9vidences et de secouer les lassitudes ; soutenir les personnes dans ce processus lib\u00e9rateur et savoir entretenir l&rsquo;humour.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">La liste pourrait s&rsquo;allonger. Chose certaine, comme \u00c9glise, nous avons avantage \u00e0 ne pas ignorer ou refouler sous le tapis de l&rsquo;inconscience les multiples r\u00e9sistances qu&rsquo;il est possible d&rsquo;identifier \u00e0 cet \u00e9gard. D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;\u00c9glise ne perdra-t-elle pas une bonne partie de sa peur de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 homme-femme le jour o\u00f9 elle aura consenti \u00e0 son identit\u00e9 en int\u00e9grant sa propre f\u00e9minit\u00e9?<\/span><\/p>\n<p class=\"italique\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>V\u00e9rifier les rouages du fonctionnement partenarial<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">C&rsquo;est g\u00e9n\u00e9ralement dans ce domaine que les obstacles sont le plus rapidement et le plus facilement observ\u00e9s. Toute une gamme de r\u00e9sistances logent \u00e0 cette enseigne\u00a0: incompr\u00e9hensions, tensions, conflits, rapports de domination subordination, luttes de pouvoir&#8230; Comment, par exemple, un fonctionnement ax\u00e9 sur le r\u00f4le du clerg\u00e9 peut-il favoriser un r\u00e9el partenariat avec des la\u00efques et particuli\u00e8rement avec des femmes? R\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la fois fondamentale et complexe, le partenariat implique une relation <span class=\"italique\">d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 <\/span>qui s&rsquo;enracine dans le respect des <span class=\"italique\">diff\u00e9rences. <\/span>Nier celles-ci ou les grossir rend impossible la relation vraie.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">\u00c0 cet effet, il importe de nous m\u00e9fier de l&rsquo;argument de <span class=\"italique\">sp\u00e9cificit\u00e9 <\/span>fr\u00e9quemment arbor\u00e9 dans le discours officiel de l&rsquo;\u00c9glise o\u00f9 la femme est magnifi\u00e9e, sublim\u00e9e, admir\u00e9e. Si la recherche de sp\u00e9cificit\u00e9 reste l\u00e9gitime, elle devient une strat\u00e9gie de d\u00e9fense d&rsquo;une id\u00e9ologie quand elle survalorise les diff\u00e9rences. Et dans l&rsquo;\u00c9glise, il existe une forme d&rsquo;exaltation des vertus et des charismes dits f\u00e9minins qui para\u00eet destin\u00e9e \u00e0 marginaliser les femmes, \u00e0 les maintenir dans des r\u00f4les traditionnels d&rsquo;assistance, d&rsquo;\u00e9ducation, de services et \u00e0 l\u00e9gitimer leur exclusion des v\u00e9ritables instances d\u00e9cisionnelles. Comme il reste large le foss\u00e9 creus\u00e9 entre les enseignements de l&rsquo;\u00c9glise concernant la dignit\u00e9 f\u00e9minine et le peu d&rsquo;importance accord\u00e9e \u00e0 l&rsquo;opinion, \u00e0 la parole, \u00e0 la pratique des femmes !<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Aussi, pour \u00e9viter la domination d&rsquo;un sexe sur l&rsquo;autre, il faut changer la logique en instaurant concr\u00e8tement dans nos pratiques quotidiennes des rapports de partenariat. Or ceux-ci continueront de s&rsquo;av\u00e9rer impossibles aussi longtemps que le masculin, se prenant pour le prototype, restera ali\u00e9nant et ali\u00e9n\u00e9. Refusant ce mod\u00e8le relationnel androcentrique (encore tr\u00e8s pr\u00e9sent dans la pratique de l&rsquo;\u00c9glise et dans son discours de <em><span class=\"italique\">compl\u00e9mentarit\u00e9<\/span><\/em> o\u00f9 la femme est relative \u00e0 l&rsquo;homme, les rapports de partenariat parlent essentiellement d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 dans la mutualit\u00e9 ou la r\u00e9ciprocit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"italique\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>Avoir le courage des changements structurels<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">De plus en plus les croyantes et les croyants poussent l&rsquo;analyse des r\u00e9sistances jusqu&rsquo;au <span class=\"italique\"><em>plan des structures<\/em>. <\/span>Et c&rsquo;est heureux. Car s&rsquo;en tenir aux deux approches pr\u00e9c\u00e9dentes risque de laisser croire que le blocage essentiel vient de l&rsquo;absence de conscience ou du manque de vertus des personnes. Or la saintet\u00e9 personnelle en elle-m\u00eame ne suffit pas pour op\u00e9rer des changements structurels. De plus, cela peut facilement conduire \u00e0 individualiser les questions plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 les situer dans l&rsquo;ensemble du r\u00e9seau eccl\u00e9sial. Aussi, toucher au syst\u00e8me devient un imp\u00e9ratif\u00a0:<\/span><\/p>\n<p class=\"tab_tab\" style=\"padding-left: 30px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Il y a urgence avant qu&rsquo;il ne soit trop tard; plus les choses tarderont \u00e0 \u00e9voluer dans la structure eccl\u00e9siale, plus la violence des femmes sera grande et r\u00e9duite la possibilit\u00e9 de mutuellement se comprendre, chacun\/e dans ses difficult\u00e9s, ses souffrances, mais \u00e9galement ses espoirs. Nous ne sommes pas <span class=\"italique\">a priori <\/span>responsables de la situation dans laquelle l&rsquo;histoire nous a plac\u00e9s; en revanche, il nous appartient de tout faire pour l\u00e9guer \u00e0 celles et ceux qui viendront apr\u00e8s nous une histoire un peu moins injuste &#8211; s&rsquo;il se peut. Et l&rsquo;\u00c9glise a elle aussi une histoire, et partant, un devenir<a title=\"\" href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\">[2]<\/a>&#8230;<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Tout changement v\u00e9ritable et effectif doit rejoindre les structures. Conscients et conscientes de la fragilit\u00e9 des acquis qui ne s&rsquo;inscrivent pas dans de nouveaux m\u00e9canismes, nous devons \u00e9viter de confondre les signes du partenariat avec son av\u00e8nement. La somme des petites victoires, malgr\u00e9 sa tr\u00e8s grande importance, n&rsquo;assure pas la venue des changements syst\u00e9miques.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Par ailleurs, pour que le principe d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 homme-femme prenne corps dans l&rsquo;organisation de l&rsquo;\u00c9glise jusqu&rsquo;aux fonctions minist\u00e9rielles, il faut cesser de confondre la \u00abconstitution divine\u00bb de l&rsquo;institution eccl\u00e9siale avec ses modes de r\u00e9alisation historiques. Il faut mettre au clair ce qui appartient \u00e0 des consid\u00e9rations anthropologiques d\u00e9pass\u00e9es, des normes conjoncturelles, des mesures disciplinaires pr\u00e9sent\u00e9es comme fondamentales, des pratiques eccl\u00e9siales \u00ab canonis\u00e9es \u00bb et ce qui rel\u00e8ve de la foi au Ressuscit\u00e9. Il faut savoir rompre avec des r\u00f4les traditionnels et inventer des mod\u00e8les capables de traduire la relation partenariale. Pousser le plus loin ce qui est possible et nous rappeler que la d\u00e9viance peut aussi conduire au changement organisationnel. \u00c9videmment ces transformations seront v\u00e9ritablement cr\u00e9dibles quand elles s&rsquo;inscriront dans le cadre juridique du <span class=\"italique\"><em> Code de droit canonique<\/em>. <\/span>Alors dispara\u00eetra le vice institutionnel qui maintient l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 homme-femme et laisse perdurer le statut d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 des femmes, pi\u00e9geant fondamentalement la r\u00e9alit\u00e9 du partenariat.<\/span><\/p>\n<p class=\"italique\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>Refaire ensemble les jour du pouvoir<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Le partenariat homme-femme ne deviendra r\u00e9alit\u00e9 que si nous consentons <span class=\"italique\"><em>\u00e0 refaire ensemble les jeux du pouvoir<\/em>. <\/span>Jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant, la culture du pouvoir est propre aux hommes d&rsquo;\u00c9glise: ils en \u00e9tablissent les cadres du partage, la fa\u00e7on de l&rsquo;exercer et les lois de transmission. Or, les relations partenariales entra\u00eenent un assouplissement des r\u00f4les et montrent leur interchangeabilit\u00e9, les m\u00eames fonctions \u00e9tant remplies par des femmes et par des hommes selon des fa\u00e7ons et des caract\u00e9ristiques sp\u00e9cifiques aux unes et aux autres. Cela conduit \u00e0 de nouveaux \u00e9quilibres qui remettent en cause l&rsquo;organisation pyramidale centralis\u00e9e, la conception et l&rsquo;exercice du pouvoir. Red\u00e9fini en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;\u00c9vangile, le pouvoir n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec un privil\u00e8ge personnel impartageable ou avec la mainmise d&rsquo;un groupe entra\u00eenant chez d&rsquo;autres l&rsquo;absence de participation, la perte d&rsquo;autonomie, de dignit\u00e9 et de libert\u00e9. Au contraire. Pour tous les baptis\u00e9s (femmes et hommes), le pouvoir est relatif \u00e0 la mission eccl\u00e9siale et, comme elle, il vient de l&rsquo;Esprit. Rendant possible l&rsquo;affirmation de soi comme croyant et croyante, il ouvre un espace d&rsquo;intervention et il renvoie chaque \u00eatre humain \u00e0 ses propres capacit\u00e9s, \u00e0 ses projets, \u00e0 ses fonctions. Compris dans son rapport \u00e0 la communaut\u00e9, le pouvoir se partage, privil\u00e9giant la collaboration et surtout le consensus. Source de prise en charge et dynamisme de communion, il lib\u00e8re les originalit\u00e9s et la cr\u00e9ativit\u00e9 pour le service de la mission.<\/span><\/p>\n<p class=\"italique\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>Questionner le discours officiel de l\u2019institution<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">S&rsquo;il est un domaine o\u00f9 les r\u00e9sistances s&rsquo;av\u00e8rent fortes et tenaces en regard du partenariat int\u00e9gral, c&rsquo;est bien celui des <span class=\"italique\"><em>justifications th\u00e9ologiques<\/em>. <\/span>Pour l\u00e9gitimer le syst\u00e8me en place, le discours officiel reprend les th\u00e9ories soigneusement \u00e9labor\u00e9es et les explications subtiles que des g\u00e9n\u00e9rations de chr\u00e9tiens et de chr\u00e9tiennes ont int\u00e9rioris\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Encore assujetties \u00e0 une ex\u00e9g\u00e8se masculinisante<a title=\"\" href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\">[3]<\/a>, \u00e0 une compr\u00e9hension fixiste de la Tradition et \u00e0 une conception ambigu\u00eb de la nature humaine, ces justifications tentent de concilier les inconciliables, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;exigence \u00e9vang\u00e9lique de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des humains et les pratiques eccl\u00e9siales discriminatoires \u00e0 l&rsquo;endroit des femmes. Il s&rsquo;agit en effet d&rsquo;arguments fort discutables dont le principal concerne le \u00abchoix des Douze<a title=\"\" href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\">[4]<\/a>\u00a0\u00bb, les autres \u00e9tant plut\u00f4t compl\u00e9mentaires et explicatifs.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Or, c&rsquo;est au nom m\u00eame de la pratique lib\u00e9ratrice de J\u00e9sus, au nom de la souveraine libert\u00e9 de l&rsquo;Esprit, que ces arguments doivent \u00eatre mis en lumi\u00e8re (r\u00e9v\u00e9l\u00e9s), r\u00e9fut\u00e9s et d\u00e9sarticul\u00e9s comme cela fut d&rsquo;ailleurs fait, une fois encore, au cours du symposium.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Comment en effet l&rsquo;Esprit du Ressuscit\u00e9 pourrait-il \u00eatre li\u00e9 par tel geste du pass\u00e9, tel fait accompli, tel choix relatif \u00e0 la conjoncture d&rsquo;un temps et d&rsquo;une culture ? Nous devons \u00e9viter de rendre le Christ responsable de nos propres d\u00e9cisions. Et donc responsable de l&rsquo;exclusion des femmes de certaines fonctions minist\u00e9rielles. Ce qui est normatif pour les croyants et les croyantes, rappelons-le, c&rsquo;est <span class=\"italique\"><em>l&rsquo;attitude fondamentale de J\u00e9sus<\/em>, <\/span>c&rsquo;est essentiellement l&rsquo;h\u00e9ritage qu&rsquo;il a laiss\u00e9 pour que l&rsquo;humanit\u00e9 parvienne \u00e0 sa pl\u00e9nitude. Aussi la question de la condition des femmes dans l&rsquo;\u00c9glise, la question de leur accession au minist\u00e8re ordonn\u00e9, ne trouvera pas sa r\u00e9ponse en allant chercher des mod\u00e8les pr\u00e9cis dans le Nouveau Testament ou ailleurs. Cela nous renvoie \u00e0 toute l&rsquo;herm\u00e9neutique que nous privil\u00e9gions. Ultimement, cela nous renvoie \u00e0 l&rsquo;accueil de l&rsquo;Esprit du Vivant qui invite aujourd&rsquo;hui son \u00c9glise \u00e0 entrer dans la v\u00e9rit\u00e9 et la libert\u00e9. Plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 demeurer \u00aben ce temps-l\u00e0\u00bb, la Parole nous conduit \u00e0 exprimer de nouvelles possibilit\u00e9s, humaines et divines, en notre temps.<\/span><\/p>\n<p class=\"italique\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>Privil\u00e9gier des zones de changement<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Les r\u00e9sistances, nous le savons, se font sentir en diverses zones de la vie de l&rsquo;\u00c9glise. Comme pistes d&rsquo;avenir, nous indiquons <span class=\"italique\"><em>trois zones de changement \u00e0 privil\u00e9gier<\/em> : <\/span>le service du monde au nom de l&rsquo;\u00c9vangile, la vie des communaut\u00e9s et le leadership eccl\u00e9sial.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Tout au long du symposium, des personnes, \u00e0 titre d&rsquo;expertes ou de participantes, ont insist\u00e9 sur une mutation du rapport homme-femme non pas d&rsquo;abord pour une interface intra-eccl\u00e9siale plus harmonieuse, mais avant tout pour le service du monde au nom de l&rsquo;\u00c9vangile. C&rsquo;est la mission, a-t-on dit et redit, qui commande en premier lieu la red\u00e9finition du rapport homme-femme. On trouve un bel exemple de cette priorit\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 la mission dans l&rsquo;op\u00e9ration \u00ab\u00a0violence en h\u00e9ritage\u00a0\u00bb, qui a \u00e9t\u00e9 conduite par le R\u00e9seau des r\u00e9pondantes dioc\u00e9saines \u00e0 la condition des femmes et qui visait \u00e0 sensibiliser les gens au drame trop fr\u00e9quent et encore souvent cach\u00e9 de la violence faite aux femmes. En \u00e9tant ainsi pr\u00e9sents et pr\u00e9sentes sur les chantiers o\u00f9 les humains se construisent, ou se d\u00e9truisent, nous d\u00e9couvrirons mieux les modes et les pratiques d&rsquo;une mutualit\u00e9 f\u00e9conde entre les hommes et les femmes. Ces projets de <span class=\"italique\"><em>service au monde<\/em>, <\/span>dans lesquels les croyants et les croyantes s&rsquo;investissent au nom de l&rsquo;\u00c9vangile avec leurs concitoyens et leurs concitoyennes, permettent aux uns et aux autres de faire des apprentissages pr\u00e9cieux comme, par exemple, la d\u00e9couverte des avanc\u00e9es et des retards de la mutualit\u00e9 dans les divers r\u00e9seaux de la vie sociale, ainsi que les divers modes d&rsquo;exercice de l&rsquo;autorit\u00e9 et du partage des r\u00f4les entre hommes et femmes. Il arrive aussi que ces exp\u00e9riences de collaboration dans les secteurs d&rsquo;activit\u00e9 dite profane conduisent \u00e0 red\u00e9couvrir, d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent dans notre \u00c9glise, un esprit de convivialit\u00e9 et de communion parfois sous-estim\u00e9. On ne va jamais chercher trop loin le plaisir de rentrer chez soi.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Dans la vie des <span class=\"italique\"><em>communaut\u00e9s croyantes<\/em>, <\/span>il convient d&rsquo;explorer et d&rsquo;exploiter toutes les avenues qui ouvrent \u00e0 la r\u00e9ciprocit\u00e9 homme-femme. Citons les chantiers de l&rsquo;interpr\u00e9tation de la Parole et du commentaire sur les \u00c9critures. \u00c0 ce jour, les essais de lecture f\u00e9ministe de la Parole sont plut\u00f4t demeur\u00e9s le fait de tr\u00e8s petits groupes. Ces essais sont \u00e0 poursuivre, \u00e0 diffuser et \u00e0 faire progresser dans le sens d&rsquo;une authentique mutualit\u00e9 homme-femme. Citons encore le chantier des sacrements, notamment du bapt\u00eame et de l&rsquo;eucharistie, deux sacrements o\u00f9 la transmission de la foi et de la vie appelle une profonde mutualit\u00e9. Nommons enfin le domaine de la charit\u00e9 et de la justice, o\u00f9 les points de vue f\u00e9minin et masculin peuvent manifestement se combiner et se renforcer.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Il y a une troisi\u00e8me zone o\u00f9 les changements peuvent et doivent se poursuivre, celle de l&rsquo;animation des communaut\u00e9s et du <span class=\"italique\"><em>leadership eccl\u00e9sial<\/em>. <\/span>Pour que le partenariat entre hommes et femmes en \u00c9glise soit pris au s\u00e9rieux, redisons-le, de nouvelles figures eccl\u00e9siales sont \u00e0 faire appara\u00eetre dans la prise en charge des communaut\u00e9s, ainsi qu&rsquo;aux divers lieux et dans les divers organismes o\u00f9 se prennent les d\u00e9cisions, \u00e0 tous les niveaux\u00a0: local, dioc\u00e9sain, national, international. Pour ce faire, on doit tirer pleinement parti des possibilit\u00e9s qu&rsquo;offrent d\u00e9j\u00e0 le <em><span class=\"italique\">Code de droit canonique <\/span><\/em>et la tradition. Mais cela sera insuffisant. Il faudra, sur la voie de l&rsquo;innovation, se laisser inspirer et guider par la vision en partie neuve de la mutualit\u00e9 homme-femme.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Ainsi donc, c\u2019est \u00e0 partir de la mission eccl\u00e9siale, de la vocation des baptis\u00e9s (hommes et femmes) \u00a0et de leurs pratiques pastorales actuelles que la th\u00e9ologie des minist\u00e8res doit \u00eatre renouvel\u00e9e et que le partenariat doit \u00eatre v\u00e9cu et pens\u00e9. La recherche devra \u00e9largir encore ses perspectives en \u00e9coutant davantage ce qui vient des autres \u00c9glises. Nous enfermer sur nos propres vues ne serait-il pas un signe de profonde suffisance et un grave manque de foi en l&rsquo;Esprit? Enfin, \u00e9voquer des pistes d&rsquo;avenir, c&rsquo;est r\u00e9affirmer l&rsquo;obligation de prendre en compte les nouvelles \u00e9tudes sur ces questions, l&rsquo;importance de consolider les alliances d\u00e9j\u00e0 existantes et d&rsquo;en cr\u00e9er d&rsquo;autres, sp\u00e9cialement en regard des questions relatives au minist\u00e8re ordonn\u00e9. Avec audace, multiplier les lieux de pratiques alternatives qui donnent ses chances \u00e0 l&rsquo;esp\u00e9rance.<\/span><\/p>\n<p class=\"gras\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>Des impasses \u00e0 \u00e9viter<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Au regard attentif n&rsquo;\u00e9chappe pas que certaines r\u00e9alit\u00e9s se pr\u00e9sentent comme des impasses. Nous en relevons quelques-unes dans l&rsquo;espoir que le dialogue rebondisse. Et que tombent des barri\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p class=\"italique\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>La tentation de l&rsquo;impatience<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Ce symposium rassemblait un bon nombre de chr\u00e9tiens et de chr\u00e9tiennes \u00ab\u00a0fatigu\u00e9s\u00a0\u00bb. Fatigu\u00e9s de parler et de d\u00e9battre de cette question du partenariat homme-femme. Un peu comme dans l&rsquo;interminable d\u00e9bat constitutionnel canadien, il arrive que des gens, d\u00e9\u00e7us de voir les changements sans cesse report\u00e9s, se d\u00e9clarent des f\u00e9d\u00e9ralistes ou des souverainistes \u00ab\u00a0fatigu\u00e9s\u00a0\u00bb. Il y a ainsi des chr\u00e9tiens et des chr\u00e9tiennes fatigu\u00e9s et las d&rsquo;un d\u00e9bat qui n&rsquo;en finit plus et qui, loin de progresser, semble plut\u00f4t stagner ou m\u00eame r\u00e9gresser.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">On peut comprendre la tentation de l&rsquo;impatience de voir changer les choses. Que \u00e7a aille plus vite! demandent plus d&rsquo;un. \u00ab\u00a0Nous venons de loin, disait un participant, mais nous n&rsquo;avons pas envie de pi\u00e9tiner ind\u00e9finiment\u00a0.\u00bb \u00ab\u00a0Je veux voir l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 homme-femme&#8230; avant la Parousie\u00a0\u00bb, disait une autre. Fatigu\u00e9s, oui. D\u00e9sireux d&rsquo;avancer, oui. D\u00e9cid\u00e9s \u00e0 le faire, oui. Mais souhaitons que ce soit avec la patience de ceux et celles qui croient que rien, ni le pass\u00e9, ni le pr\u00e9sent, ni les pouvoirs ne peuvent arr\u00eater la puissance irradiante et transformante du Ressuscit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Il faut bien s\u00fbr se m\u00e9fier de notre mentalit\u00e9 nord-am\u00e9ricaine port\u00e9e sur le pragmatisme et l&#8217;empirisme. L&rsquo;impatience conduit souvent \u00e0 la solution rapide, le <span class=\"italique\">quick fix <\/span>comme disent les Am\u00e9ricains, c&rsquo;est-\u00e0-dire la solution plaqu\u00e9e qui ne dure pas. Ce qui n&rsquo;est pas profond\u00e9ment inscrit dans une culture, dans la lente \u00e9volution des mentalit\u00e9s et des groupes, ne r\u00e9siste pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve du temps. Il suffit de regarder ce qui arrive pr\u00e9sentement aux acquis sociaux de la R\u00e9volution tranquille ou de l&rsquo;\u00c9tat providence.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Certes, l&rsquo;impatience est compr\u00e9hensible mais, \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence, nous sommes devant un fait nouveau. Les travaux de ce symposium ont montr\u00e9 que poser la r\u00e9alit\u00e9 du partenariat homme-femme, c&rsquo;est ouvrir une fen\u00eatre, jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9cemment inconnue, pour regarder sous un angle neuf la condition f\u00e9minine et la condition masculine, ainsi que la possibilit\u00e9 de l&rsquo;acc\u00e8s des femmes au minist\u00e8re ordonn\u00e9. Cela fait \u00e0 peine vingt ans que la question est agit\u00e9e. \u00a0Or, aux yeux des historiens, des historiennes et des anthropologues, vingt ans c&rsquo;est comme un jour d\u00e8s qu&rsquo;il s&rsquo;agit de changement culturel.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Il y a aussi des \u00e9v\u00eaques \u00ab\u00a0fatigu\u00e9s\u00a0\u00bb d&rsquo;une coll\u00e9gialit\u00e9 et d&rsquo;une synodalit\u00e9 qu&rsquo;on arrive mal \u00e0 articuler. Pas n\u00e9cessaire d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 dans les coulisses du pouvoir pour pressentir que, derri\u00e8re la solidarit\u00e9 minist\u00e9rielle et la solidarit\u00e9 \u00e9piscopale -solidarit\u00e9 n\u00e9cessaire, aussi bien dans le gouvernement civil que dans l&rsquo;\u00c9glise-, derri\u00e8re \u00e9galement la discr\u00e9tion qui sied aux responsables, les messages passent et le malaise s&rsquo;exprime&#8230; m\u00eame si ce n&rsquo;est pas \u00e0 haute voix, m\u00eame si on en voit peu ou pas l&rsquo;effet. \u00a0Pourquoi continuer? Pourquoi m\u00eame rester dans l&rsquo;\u00c9glise? se demandent certains chr\u00e9tiens et chr\u00e9tiennes. Parce qu&rsquo;il y va de l&rsquo;avenir de la foi en ce pays, et de la cr\u00e9dibilit\u00e9 du message chr\u00e9tien aux yeux des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9sentes et futures.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Par ailleurs, aux r\u00e9sistances et aux lenteurs des autorit\u00e9s s&rsquo;ajoutent les h\u00e9sitations et les ambigu\u00eft\u00e9s au sein du peuple chr\u00e9tien lui-m\u00eame. Car, nous le soulignons plus loin, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;unanimit\u00e9 au sein du peuple chr\u00e9tien \u00e0 ce sujet. Pourquoi penser que dans le cheminement du peuple de Dieu nous serions \u00e0 l&rsquo;abri des retards et des d\u00e9tours de l&rsquo;histoire? Il ne nous a pas \u00e9t\u00e9 promis que nous aurions une nu\u00e9e lumineuse la nuit et une nu\u00e9e protectrice le jour&#8230;<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">En ce qui concerne l&rsquo;avenir de cette question, il importe de garder l&rsquo;esp\u00e9rance <span class=\"italique\"><em>sans na\u00efvet\u00e9 ni passivit\u00e9<\/em>. <\/span>Attendre donc, mais activement. Pendant combien de temps&rsquo;? Nul ne le sait. Mieux vaut se pr\u00e9parer \u00e0 la longue attente: elle pr\u00e9vient de la d\u00e9ception et permet parfois d&rsquo;\u00eatre surpris par l&rsquo;Esprit plus t\u00f4t que pr\u00e9vu. Un journaliste demandait un jour \u00e0 une compagne de lutte de Nelson Mandela, au temps o\u00f9 ce dernier \u00e9tait en prison et alors que le pouvoir blanc sud-africain ne donnait aucun signe de d\u00e9gel : \u00ab\u00a0Mais verrez-vous l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 un jour?\u00a0\u00bb La femme r\u00e9pondit : \u00ab\u00a0Si je ne la vois pas de mes yeux, mes fils la verront.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Et si vos fils ne la voient pas?\u00a0\u00bb objecte le journaliste. \u00abCe sont mes petits-fils qui la verront\u00bb r\u00e9pondit la femme, avec l&rsquo;ent\u00eatement typique de l&rsquo;esp\u00e9rance.<\/span><\/p>\n<p class=\"italique\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>Le double discours sur l&rsquo;\u00e9galit\u00e9<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Ce qu&rsquo;il faut ici questionner, c&rsquo;est le glissement qui s&rsquo;op\u00e8re constamment dans le discours de l&rsquo;\u00c9glise concernant l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 homme-femme. Ainsi le texte de Galates 3,28<a title=\"\" href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\">[5]<\/a>, qui se pr\u00e9sente comme un langage universaliste, est limit\u00e9 dans ses effets par un autre langage, de telle sorte qu&rsquo;on ne tire pas du discours universaliste les cons\u00e9quences institutionnelles qui pourraient et devraient en d\u00e9couler. Comme le souligne avec justesse Christian Duquoc, ce langage<\/span><\/p>\n<p class=\"tab_tab\" style=\"padding-left: 30px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">est limit\u00e9 [&#8230;] par celui de la symbolique hi\u00e9rarchique justifiant, notamment, de par leur insertion biocosmique, une place originale pour les femmes. Cette place originale a une sanction: elles sont exclues de toute participation \u00e0 la g\u00e9rance eccl\u00e9siastique. Mais les \u00e9v\u00eaques qui parlent ainsi pr\u00e9cisent aussit\u00f4t que ce double jeu de langage ne s&rsquo;applique pas \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de l&rsquo;\u00c9glise. Seul s&rsquo;y applique l\u00e9gitimement celui de l&rsquo;universalit\u00e9<a title=\"\" href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\">[6]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Et cette contradiction est g\u00e9r\u00e9e par l&rsquo;autorit\u00e9 de la fa\u00e7on suivante: d&rsquo;une part, la dignit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 sont associ\u00e9es \u00e0 la saintet\u00e9 et non au partage du pouvoir et, d&rsquo;autre part, les minist\u00e8res correspondent \u00e0 un appel (non pas \u00e0 un droit) dont le cadre est l&rsquo;expression de la volont\u00e9 de Dieu. Mais, faut-il le redire, le discours eccl\u00e9sial explicatif ne r\u00e9ussit pas \u00e0 exorciser les effets pervers d&rsquo;une telle contradiction. Qui oserait croire en un Dieu qui consacrerait l&rsquo;exclusion des chr\u00e9tiennes (parce que femmes) du minist\u00e8re ordonn\u00e9? Quant \u00e0 la justification que, dans l&rsquo;exercice des minist\u00e8res, il s&rsquo;agit seulement d&rsquo;une fonction, il faut la questionner \u00e9galement car, \u00e0 ce niveau, le jugement doit porter sur la comp\u00e9tence et non sur le sexe. C&rsquo;est <span class=\"italique\">dans la parit\u00e9, <\/span>\u00e0 la fois au plan de l&rsquo;\u00eatre et de l&rsquo;agir, que doit se traduire l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 ou le partenariat int\u00e9gral. Sinon l&rsquo;impasse demeure.<\/span><\/p>\n<p class=\"italique\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>Le rapport unit\u00e9-diversit\u00e9<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">\u00c9voquer la possibilit\u00e9 que des \u00c9glises particuli\u00e8res consentent \u00e0 l&rsquo;accession des femmes au minist\u00e8re ordonn\u00e9 fait rapidement lever la crainte de briser l&rsquo;unit\u00e9 eccl\u00e9siale.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Or, l&rsquo;unit\u00e9 chr\u00e9tienne n&rsquo;est-elle pas une r\u00e9alit\u00e9 <span class=\"italique\"><em>\u00e0 faire en \u00c9glise<\/em>? <\/span>Ne vient-elle pas du dynamisme qui habite les personnes baptis\u00e9es et les investit d&rsquo;une m\u00eame mission? Caract\u00e9ristique d&rsquo;une \u00c9glise en marche, cette unit\u00e9 ne peut se r\u00e9aliser en marge de l&rsquo;histoire et des diverses cultures. Exigeant un accord sur la foi et les questions qui lui sont essentielles, l&rsquo;unit\u00e9 eccl\u00e9siale n&rsquo;impose absolument pas l&rsquo;unanimit\u00e9 des perceptions et des opinions sur toutes les questions. Au contraire. C&rsquo;est au coeur des diversit\u00e9s que l&rsquo;unit\u00e9 s&rsquo;exprime, se d\u00e9ploie et advient dans la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Esprit qui valorise les diff\u00e9rences.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">L&rsquo;unit\u00e9 (et donc l&rsquo;universalit\u00e9) n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec l&rsquo;uniformit\u00e9 et l&rsquo;\u00c9glise ne peut \u00eatre catholique que si elle permet aux \u00c9glises, enracin\u00e9es en de multiples cultures, de vivre l&rsquo;\u00c9vangile selon \u00ab a couleur particuli\u00e8re\u00bb de chacune. Prendre au s\u00e9rieux la vie des \u00c9glises locales devient une urgence\u00a0: il faut cesser de vouloir \u00abcontr\u00f4ler\u00bb l&rsquo;inculturation. Aller plut\u00f4t de la p\u00e9riph\u00e9rie vers le centre en laissant les \u00c9glises particuli\u00e8res \u00abr\u00e9v\u00e9ler\u00bb en elles le myst\u00e8re de l&rsquo;unique \u00c9glise. Pour sortir de l&rsquo;impasse unit\u00e9-diversit\u00e9, ne faudrait-il pas <span class=\"italique\">inverser<\/span> le rapport en vivant en pensant diversit\u00e9-unit\u00e9?<\/span><\/p>\n<p class=\"italique\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>L\u2019unanimit\u00e9 attendue ou estim\u00e9e acquise<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Il faut \u00e9viter une double impasse concernant <span class=\"italique\">l&rsquo;interpr\u00e9tation \u00e0 <\/span>faire des points de vue et des opinions concernant le partenariat homme-femme. Certains et certaines pourraient \u00eatre tent\u00e9s d&rsquo;attendre que l&rsquo;unanimit\u00e9 se fasse \u00e0 tous les niveaux avant de bouger et de proc\u00e9der aux changements entrevus comme opportuns ou n\u00e9cessaires. Cette attente illusoire risquerait de nous figer dans le <span class=\"italique\">statu quo <\/span>et de creuser le foss\u00e9 culturel dans la soci\u00e9t\u00e9 et dans l&rsquo;\u00c9glise<a title=\"\" href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\">[7]<\/a>. \u00c0 l&rsquo;inverse, ce serait \u00e9galement un leurre de croire que l&rsquo;unanimit\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 acquise et que tous attendent les changements comme des fruits m\u00fbrs.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Dans notre soci\u00e9t\u00e9, il est possible de miser sur des acquis majeurs et tr\u00e8s largement accept\u00e9s en ce qui concerne la condition f\u00e9minine, par exemple l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des droits et l&rsquo;acc\u00e8s inconditionnel \u00e0 toutes les fonctions et responsabilit\u00e9s. Tout r\u00e9cemment, cependant, le d\u00e9bat autour de l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 salariale a montr\u00e9 qu&rsquo;il y a encore des seuils \u00e0 franchir et que les avanc\u00e9es demeurent difficiles. Quant \u00e0 l&rsquo;acc\u00e8s des femmes au minist\u00e8re ordonn\u00e9, selon toute vraisemblance, l&rsquo;opinion publique s&rsquo;y montrerait largement favorable. Mais, dans chacun de nos milieux d\u2019origine, nous savons tr\u00e8s bien que, sur ce point, il y aurait des r\u00e9sistances dont il est difficile d&rsquo;\u00e9valuer l&rsquo;ampleur et la force. Nous l&rsquo;avons reconnu, tous les citoyens et toutes les citoyennes ne pensent pas la m\u00eame chose sur le partenariat homme-femme. Tous les chr\u00e9tiens et toutes les chr\u00e9tiennes ne pensent pas non plus la m\u00eame chose sur le rapport homme-femme en \u00c9glise.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Il importe donc de tenir compte de cette absence d&rsquo;unanimit\u00e9 et d&rsquo;apprendre <span class=\"italique\">\u00e0 g\u00e9rer <\/span>cette diversit\u00e9 d&rsquo;opinion dans la communaut\u00e9 croyante, un peu comme les d\u00e9mocraties tentent de g\u00e9rer la pr\u00e9sence des minorit\u00e9s en leur sein, par la voie de la n\u00e9gociation, du d\u00e9bat et des compromis pratiques.Une attente de l&rsquo;unanimit\u00e9 \u00e0 venir ou l&rsquo;illusion de l&rsquo;unanimit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 faite engendreraient la polarisation et la division. Il est faux de dire que le probl\u00e8me est tout entier ailleurs, \u00e0 Rome et dans les rangs de la hi\u00e9rarchie.\u00a0 Le probl\u00e8me est, \u00e0 la fois, ici et l\u00e0. Il reste encore un important travail d&rsquo;\u00e9volution des mentalit\u00e9s \u00e0 op\u00e9rer et \u00e0 promouvoir. \u00c0 la fois dans nos milieux et \u00e0 tous les paliers d&rsquo;autorit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"gras\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>Conclusion<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Dans son plus r\u00e9cent disque, le po\u00e8te Gilles Vigneault chante le refrain suivant : \u00ab\u00a0Chacun porte son \u00e2ge, sa pierre et ses outils, pour b\u00e2tir son village, sa ville et son pays.\u00a0\u00bb C&rsquo;est une invitation \u00e0 la convivialit\u00e9 et au partenariat entre les divers groupes culturels qui forment aujourd&rsquo;hui nos villes et notre pays.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Sur la question du partenariat homme-femme en \u00c9glise, nous portons tous et toutes notre \u00e2ge\u00a0: c&rsquo;est notre h\u00e9ritage, notre fatigue de la question, notre exp\u00e9rience. Nous portons aussi notre pierre : c&rsquo;est notre inspiration, la conviction que le r\u00e9cit de la Gen\u00e8se et surtout l&rsquo;\u00c9vangile de J\u00e9sus fondent une mutualit\u00e9 essentielle et n\u00e9cessaire entre les hommes et les femmes. Ce symposium nous a sugg\u00e9r\u00e9 des outils pour la promouvoir et la mettre en oeuvre. \u00c0 chacun, \u00e0 chacune de se mettre au travail dans son village, sa ville et son pays.<\/span><\/p>\n<p class=\"droite\" style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Yvonne Bergeron.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"> th\u00e9ologienne, coordonnatrice du<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"> Service de la pastorale du dioc\u00e8se de Sherbrooke<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"> Paul Tremblay,<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"> Service de formation pastorale de Chicoutimi.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p class=\"gras\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>Notes<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a title=\"\" href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\">[1]<\/a> Souvent la sexualit\u00e9 surd\u00e9termine les autres diff\u00e9rences et emp\u00eache d&rsquo;accueillir l&rsquo;\u00eatre humain (masculin ou f\u00e9minin) dans sa totalit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a title=\"\" href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\">[2]<\/a> Isabelle Chareire, \u00a0\u00abUn d\u00e9ni d&rsquo;humanit\u00e9 sur l&rsquo;ordination des femmes, encore!\u00bb. <i>Lumi\u00e8re et Vie <\/i>224 (septembre 1995), p. 99. Sans diminuer l&rsquo;importance des structures mentales quand nous parlons de changement, nous n&rsquo;y insisterons pas. Signalons seulement \u00e0 cet \u00e9gard<b> <\/b>que d&rsquo;heureux d\u00e9placements sont d\u00e9j\u00e0 op\u00e9r\u00e9s et que le mouvement continue.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a title=\"\" href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\">[3]<\/a> Nous le savons, les \u00c9critures peuvent malheureusement \u00eatre<b> <\/b>\u00abutilis\u00e9es\u00bb de mani\u00e8re \u00e0 emp\u00eacher ou \u00e0 ralentir le mouvement<b> <\/b>de lib\u00e9ration des femmes (et des hommes).\u00a0 Elles peuvent aussi heureusement nous inspirer pour d\u00e9noncer l\u2019esclavage, le sexisme, la pauvret\u00e9&#8230;<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a title=\"\" href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\">[4]<\/a> Rappelons ici que de plus en plus d\u2019ex\u00e9g\u00e8tes, de th\u00e9ologiennes et de th\u00e9ologiens catholiques s\u2019accordent pour dire que l&rsquo;on ne peut tirer de la d\u00e9cision de J\u00e9sus des raisons d\u00e9terminantes pour \u00abr\u00e9gler\u00bb la question de l&rsquo;ordination des femmes.\u00a0 Ils reconnaissent plut\u00f4t dans ce geste l&rsquo;action symbolique de J\u00e9sus signifiant qu\u2019il venait rassembler les douze tribus d&rsquo;Isra\u00ebl.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a title=\"\" href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\">[5]<\/a> \u00abIl n&rsquo;y a plus ni Juif, ni Grec; il n&rsquo;y a plus ni esclave, ni homme libre, il n&rsquo;y a plus l&rsquo;homme et la femme; car tous vous n&rsquo;\u00eates qu&rsquo;un en J\u00e9sus Christ.\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a title=\"\" href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\">[6]<\/a> <i>La femme, le clerc et le la\u00efc, oecum\u00e9nisme et minist\u00e8re, <\/i>coll. \u00abEntr\u00e9e libre\u00bb 4, Gen\u00e8ve, \u00c9ditions Labor et Fides, 1989, p. 13-14.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a title=\"\" href=\"#_ednref7\" name=\"_edn7\">[7]<\/a> Pr\u00e9cis\u00e9ment en regard du partenariat eccl\u00e9sial int\u00e9gral, pourquoi faudrait-il attendre l&rsquo;unanimit\u00e9 pour op\u00e9rer des changements? Plusieurs d\u00e9cisions importantes dans l&rsquo;\u00c9glise n&rsquo;ont jamais b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;un tel accord&#8230;<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Tir\u00e9 de <i>Pleins feux sur le partenariat en \u00c9glise\u00a0; Actes du symposium\u00a0; Le partenariat hommes et femmes en \u00c9glise<\/i> (1997), (p. 203-219). Montr\u00e9al\u00a0: \u00c9ditions Paulines.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il convient tout d&rsquo;abord de remercier les responsables qui ont organis\u00e9 ce symposium et qui ont pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 son d\u00e9roulement. Ce fut un lieu de parole libre. 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