{"id":1830,"date":"2014-04-30T09:37:47","date_gmt":"2014-04-30T13:37:47","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=1830"},"modified":"2014-05-14T14:55:01","modified_gmt":"2014-05-14T18:55:01","slug":"des-mots-et-des-hommes-le-partenariat-piege-a-sa-source","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=1830","title":{"rendered":"Des mots et des hommes, le partenariat pi\u00e9g\u00e9 \u00e0 sa source"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/Micheline-Lague.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-894\" src=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/Micheline-Lague.jpg\" alt=\"Micheline Lague\" width=\"69\" height=\"91\" \/><\/a>Pour \u00e9clairer les enjeux du d\u00e9bat, il m\u2019a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 de d\u00e9finir le partenariat entre femmes et hommes, et de pr\u00e9senter les pi\u00e8ges que cela comporte. Si d\u2019aventure d\u00e9finir s\u2019av\u00e8re une t\u00e2che difficile, cette t\u00e2che devient plus ardue encore lorsque le recours \u00e0 des mots ambigus est in\u00e9vitable.<\/span><!--more--><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"> En effet, les termes dignit\u00e9, \u00e9galit\u00e9, parit\u00e9, diff\u00e9rence sont des mots-cl\u00e9s pour d\u00e9crire le partenariat homme-femme, tous, pourtant, renferment des pi\u00e8ges. Aussi, l\u2019objectif vis\u00e9 dans cette communication est-il d\u2019identifier les emb\u00fbches cach\u00e9es derri\u00e8re ces expressions, afin de porter \u00e0 son vrai niveau de signification le concept de partenariat homme-femme. D\u2019entr\u00e9e de jeu, la r\u00e9flexion sur le fondement du partenariat homme-femme ouvre sur cette voie. Elle est le passage oblig\u00e9 si l\u2019on veut battre en br\u00e8che les pr\u00e9jug\u00e9s entretenus par une conception anthropologique des r\u00f4les, fond\u00e9e sur la sp\u00e9cificit\u00e9 de chacun des sexes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>Partenariat\u00a0: un th\u00e8me \u00e0 la mode, une r\u00e9alit\u00e9 humaine fondatrice<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Le mot \u00ab\u00a0partenariat\u00a0\u00bb (<em>partnership<\/em> en anglais) n\u2019appara\u00eet dans les dictionnaires de langue fran\u00e7aise que depuis 1984. Par contre, le terme \u00ab\u00a0partenaire\u00a0\u00bb plonge ses racines dans le bas-latin et le vieux fran\u00e7ais. Bien que l\u2019expression \u00ab\u00a0partenaire\u00a0\u00bb vienne de l\u2019anglais <em>partner<\/em><a href=\"#doc1\" name=\"ret1\"> <sup>1<\/sup> <\/a>, elle est, comme un certain nombre de mots emprunt\u00e9s \u00e0 cette langue, une expression ayant d\u2019abord appartenu \u00e0 l\u2019ancien fran\u00e7ais sous la forme de \u00ab\u00a0par\u00e7onnier<a href=\"#doc2\" name=\"ret2\"> <sup>2<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb (de <em>par\u00e7on<\/em>, \u00ab\u00a0partage\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0butin\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0part\u00a0\u00bb; en latin <em>partitionem<\/em>) qui signifiait \u00ab\u00a0copartageant\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0coh\u00e9ritier<a href=\"#doc3\" name=\"ret3\"> <sup>3<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb. Pass\u00e9 en anglais, le mot \u00e9tait devenu <em>parcener<\/em>, puis sous l\u2019influence de part avait pris la forme de <em>partener<\/em> avant de s\u2019\u00e9crire <em>partner<\/em>, celui qui participe \u00e0, qui est associ\u00e9\u00a0\u00bb. En fran\u00e7ais contemporain, le terme \u00ab\u00a0partenaire\u00a0\u00bb est employ\u00e9 surtout dans le domaine sportif pour d\u00e9signer \u00ab\u00a0celui ou celle qui est du m\u00eame c\u00f4t\u00e9\u00a0\u00bb. Aussi est-ce le r\u00e9sultat d\u2019une \u00e9volution r\u00e9cente du contenu s\u00e9mantique que le mot en soit venu \u00e0 d\u00e9signer \u00ab\u00a0l\u2019autre dans le couple<a href=\"#doc4\" name=\"ret4\"> <sup>4<\/sup> <\/a>. Actuellement, le terme s\u2019emploie aussi pour parler de la femme ou de l\u2019homme comme \u00ab\u00a0l\u2019autre\u00a0\u00e0 part \u00e9gale\u00a0\u00bb dans le couple humain, sans n\u00e9cessairement d\u00e9signer un couple particulier d\u2019individus.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Ce bref excursus \u00e9tymologique pour \u00e9clairer le sens du mot partenaire conduit tout de go \u00e0 poser la question\u00a0: qu\u2019entend-on par partenariat? <em>Le Nouveau Petit Robert<\/em> le d\u00e9finit en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0association d\u2019entreprises, d\u2019institutions en vue de mener<a href=\"#doc5\" name=\"ret5\"> <sup>5<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb. Si la poursuite d\u2019une action commune explique en partie le succ\u00e8s actuel que remporte la mise en \u0153uvre de diverses formes de partenariat (social, \u00e9conomique, financier), la raison profonde de sa r\u00e9ussite r\u00e9siderait plut\u00f4t dans son intention\u00a0: refuser \u2013 ou renoncer \u00e0 \u2013 des relations d\u2019exploitation ou de domination. Il y a l\u00e0 l\u2019expression d\u2019une sensibilit\u00e9 nouvelle qui traduit \u00ab\u00a0une prise de conscience de plus en plus large que nous appartenons tous \u00e0 des syst\u00e8mes d\u2019interd\u00e9pendance, qui nous lient et qui cr\u00e9ent des alliances entre personnes, entre pays, entre cultures ou religions, et m\u00eame avec la nature (d\u2019o\u00f9 le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9cologie) [\u2026]<a href=\"#doc6\" name=\"ret6\"> <sup>6<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Or la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019<em>interd\u00e9pendance<\/em> ne se manifeste-t-elle pas d\u2019abord dans la relation primordiale existant entre homme et femme ? La condition existentielle de l\u2019humanit\u00e9 n\u2019est-elle pas tout enti\u00e8re rattach\u00e9e au fait que \u00ab\u00a0l\u2019un ne va pas sans l\u2019autre<a href=\"#doc7\" name=\"ret7\"> <sup>7<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb ? \u00c0 l\u2019\u00e9vidence, ces questions appellent des r\u00e9ponses affirmatives qui prennent appui sur la donn\u00e9e fondamentale et originelle suivante\u00a0: femme et homme <em>sont faits partenaires<\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Sur cet horizon de pens\u00e9e anthropologique, le texte de Gen\u00e8se 2, 18-24 prend un relief particulier et tr\u00e8s significatif. En d\u00e9pit d\u2019une structure fortement patriarcale, le r\u00e9cit d\u00e9voile un point de vue peu commun pour son \u00e9poque en d\u00e9peignant la cr\u00e9ation de la femme comme \u00ab\u00a0un vis-\u00e0-vis de l\u2019homme\u00a0\u00bb. La femme (<em>isha<\/em>), est-il \u00e9crit, surgit de l\u2019Adam (<em>adamah<\/em><a href=\"#doc8\" name=\"ret8\"> <sup>8<\/sup> <\/a>) pour \u00eatre devant l\u2019homme (<em>ish<\/em>) comme \u00ab\u00a0son partenaire\u00a0\u00bb (2, 19<a href=\"#doc9\" name=\"ret9\"> <sup>9<\/sup> <\/a>), \u00ab\u00a0c\u2019est-\u00e0-dire regard \u00e0 regard, conscience \u00e0 conscience, \u00e0 m\u00eame hauteur d\u2019humanit\u00e9<a href=\"#doc10\" name=\"ret10\"> <sup>10<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb. Aucune hi\u00e9rarchie n\u2019est exprim\u00e9e l\u00e0. Au contraire, le fait originel de la diff\u00e9renciation des sexes suscite \u00ab\u00a0l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 relationnelle, source de reconnaissance mutuelle d\u2019une commune et \u00e9gale dignit\u00e9<a href=\"#doc11\" name=\"ret11\"> <sup>11<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">La donn\u00e9e cr\u00e9ationnelle constitue, par cons\u00e9quent, le fondement naturel du partenariat homme-femme, lequel, on l\u2019aura compris, ne se limite pas \u00e0 la relation de couple. Il en ressort que le partenariat pens\u00e9 avec la double modalit\u00e9 des existences sexu\u00e9es se singularise par rapport aux autres partenariats. En effet, l\u2019existence du partenariat homme-femme ne r\u00e9sulte pas d\u2019une entente convenue entre les parties, comme cela se pr\u00e9sente pour les partenariats commerciaux, financiers, politiques. Son existence est de l\u2019ordre du <em>factuel originel<\/em>, et non pas de l\u2019<em>ordre contractuel<\/em> \u00e0 l\u2019exemple des autres partenariats.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Pourtant, n\u2019est-ce pas sous \u00ab\u00a0une forme contractuelle\u00a0\u00bb qu\u2019Alice Gombault entrevoit un futur pour le partenariat entre homme et femme ? Il y a l\u00e0, \u00e9crit-elle, \u00ab\u00a0un mod\u00e8le \u00e0 inventer et \u00e0 \u00e9laborer ensemble, en mixit\u00e9<a href=\"#doc12\" name=\"ret12\"> <sup>12<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb. Un nouveau mod\u00e8le, puisque des relations dissym\u00e9triques ont marqu\u00e9 l\u2019histoire commune des hommes et des femmes. En effet, l\u2019une des parties ayant dict\u00e9 \u00e0 l\u2019autre comment elle devait agir et \u00eatre a transgress\u00e9 la loi premi\u00e8re du partenariat, celle de la mutualit\u00e9, de la r\u00e9ciprocit\u00e9. Aussi, concevoir le partenariat homme-femme sous le mode contractuel appara\u00eet comme une concession \u00e0 ce qui devrait \u00eatre l\u2019expression d\u2019un processus naturel d\u2019un vivre-ensemble. Autrement dit, il y a quelque chose d\u2019anormal dans le fait de penser les rapports entre les hommes et les femmes en termes de moyen strat\u00e9gique. Comme si la dignit\u00e9 humaine n\u2019\u00e9tablissait pas d\u2019embl\u00e9e dans une relation sym\u00e9trique d\u2019\u00e9galit\u00e9 femmes et hommes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Or, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment les concepts de dignit\u00e9 et d\u2019\u00e9galit\u00e9 qui font \u00e9clater dans toutes les directions les discours sur la diff\u00e9rence des sexes et leur parit\u00e9. Clarifier chacun de ces concepts s\u2019impose comme une condition <em>sine qua non<\/em> pour \u00eatre en mesure de d\u00e9finir ad\u00e9quatement le partenariat homme-femme. Commen\u00e7ons par le concept fondamental de dignit\u00e9 humaine sur lequel repose une vision anthropologique des rapports \u00e9gaux entre les personnes en g\u00e9n\u00e9ral, et entre les femmes et les hommes en particulier.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>Clarification des concepts<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>Dignit\u00e9 et pi\u00e8ge de la dignification<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">La notion de dignit\u00e9 va de pair avec celles de \u00ab\u00a0respect\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0droit\u00a0\u00bb. Elle \u00e9voque d\u2019abord le \u00ab\u00a0respect que m\u00e9rite (une cat\u00e9gorie d\u2019\u00eatres, de personnes<a href=\"#doc13\" name=\"ret13\"> <sup>13<\/sup> <\/a>)\u00a0\u00bb. Un respect inh\u00e9rent \u00e0 la personne lorsqu\u2019il s\u2019agit de la dignit\u00e9 humaine. Cela signifie que le respect m\u00e9rit\u00e9 ne provient pas d\u2019une quelconque qualit\u00e9 du temp\u00e9rament de la personne, ou d\u2019un titre, ou encore d\u2019une charge qu\u2019elle peut avoir, mais lui appartient en propre en tant qu\u2019\u00eatre raisonnable. Sa dignit\u00e9 est d\u00e8s lors inali\u00e9nable. En clair, cela signifie que la dignit\u00e9 humaine est \u00ab\u00a0le principe selon lequel un \u00eatre humain ne doit jamais \u00eatre trait\u00e9 comme un moyen, mais comme une fin en soi<a href=\"#doc14\" name=\"ret14\"> <sup>14<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">En se refusant \u00e0 \u00eatre trait\u00e9 comme objet, l\u2019\u00eatre humain ob\u00e9it \u00e0 sa structure essentielle qui le fait s\u2019\u00e9prouver comme sujet. Aussi, revendiquer \u00ab\u00a0le droit, vis-\u00e0-vis des autres et de lui-m\u00eame, \u00e0 l\u2019attention, \u00e0 la conservation et \u00e0 la r\u00e9alisation de son \u00eatre<a href=\"#doc15\" name=\"ret15\"> <sup>15<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb appara\u00eet-il comme une r\u00e9alit\u00e9 directement li\u00e9e au respect de la dignit\u00e9 humaine.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">En somme, la r\u00e9alit\u00e9 dynamique que comporte la reconnaissance de l\u2019\u00eatre humain comme sujet montre comment la dignit\u00e9 de la personne est inh\u00e9rente \u00e0 la vocation humaine fondamentale, celle d\u2019un \u00eatre appel\u00e9 \u00e0 la libert\u00e9. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un <em>caract\u00e8re absolu<\/em> de la dignit\u00e9, laquelle acquiert \u00ab\u00a0une qualit\u00e9 essentielle plus haute encore du fait que l\u2019homme [l\u2019\u00eatre humain] est appel\u00e9 le partenaire imm\u00e9diat de Dieu, de l\u2019Absolu et de l\u2019Infini tout court<a href=\"#doc16\" name=\"ret16\"> <sup>16<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Or, ce double aspect du respect et du droit rattach\u00e9 au concept de dignit\u00e9 peut entra\u00eener une pr\u00e9tention et une r\u00e9duction \u00e0 son sujet, et tomber dans le pi\u00e8ge de la <em>dignification<\/em>. Qu\u2019est-ce \u00e0 dire? Simplement ceci.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Les personnes deviennent captives du <em>pi\u00e8ge de la dignification<\/em> lorsqu\u2019elles croient \u00eatre en mesure de procurer de la dignit\u00e9 \u00e0 un \u00eatre humain. Une pr\u00e9tention qui se traduit d\u2019abord par l\u2019emploi du verbe <em>dignifier<\/em> signifiant \u00ab\u00a0donner de la dignit\u00e9\u00a0\u00bb. Un exemple r\u00e9cent permet de mieux comprendre le sens de ce pi\u00e8ge. Le texte provisoire du Programme d\u2019Action de l\u2019ONU pour la Conf\u00e9rence mondiale des femmes \u00e0 Beijing soutenait qu\u2019\u00ab\u00a0il faut donner aux fillettes la dignit\u00e9 humaine d\u00e8s maintenant, si l\u2019on veut que les femmes de demain soient, dans les conditions d\u2019\u00e9galit\u00e9, des partenaires des hommes<a href=\"#doc17\" name=\"ret17\"> <sup>17<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb. Si l\u2019intention est juste et honorable, l\u2019action qu\u2019elle suppose renvoie toutefois \u00e0 une impossibilit\u00e9. Car la dignit\u00e9 humaine est intrins\u00e8que \u00e0 la personne et donc ne d\u00e9pend d\u2019aucun vouloir humain. Si, malheureusement, la dignit\u00e9 humaine peut \u00eatre bafou\u00e9e, elle ne peut cependant ni \u00eatre enlev\u00e9e ni donn\u00e9e. Pour toutes sortes de raisons, le sentiment de perte de dignit\u00e9 se rattache au non-respect de la personne. Aussi bless\u00e9e que puisse \u00eatre la personne, sa dignit\u00e9 ne saurait lui \u00eatre enlev\u00e9e puisque cette derni\u00e8re est constitutive d\u2019elle-m\u00eame en tant qu\u2019\u00eatre humain. C\u2019est donc de <em>reconnaissance<\/em> qu\u2019il faut parler et non d\u2019acte de donation de la dignit\u00e9. Le texte corrig\u00e9 de l\u2019ONU rend compte de cette perspective en affirmant que \u00ab\u00a0c\u2019est d\u00e8s cet \u00e2ge qu\u2019il faut reconna\u00eetre la dignit\u00e9\u00a0\u00bb. Une modification heureuse qui permet ainsi d\u2019\u00e9viter le pi\u00e8ge de la dignification.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Le pi\u00e8ge de la dignification se cache aussi derri\u00e8re l\u2019expression \u00ab\u00a0dignit\u00e9 sp\u00e9cifique\u00a0\u00bb. L\u2019expression, abondamment employ\u00e9e dans le langage officiel de l\u2019\u00c9glise sert \u00e0 d\u00e9signer la vocation de la femme \u00e0 la maternit\u00e9, entendue soit dans sa dimension biologique, soit dans sa dimension spirituelle<a href=\"#doc18\" name=\"ret18\"> <sup>18<\/sup> <\/a>. L\u2019insistance presque \u00e0 outrance sur le devenir m\u00e8re devient un pi\u00e8ge de la dignification quand \u00ab\u00a0l\u2019honneur d\u00fb \u00e0 la m\u00e8re\u00a0\u00bb est pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00ab\u00a0le culte de la maternit\u00e9\u00a0\u00bb, suivant les affirmations m\u00eames de Jean-Paul II<a href=\"#doc19\" name=\"ret19\"> <sup>19<\/sup> <\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">La dignit\u00e9 de l\u2019\u00eatre-femme ne saurait \u00eatre r\u00e9duite \u00e0 sa capacit\u00e9 d\u2019engendrer la vie, si belle et importante que soit cette capacit\u00e9. Aussi la <em>dignification<\/em> de la maternit\u00e9 devient-elle un pi\u00e8ge, puisqu\u2019en glorifiant la femme au nom d\u2019une <em>dignit\u00e9 sp\u00e9cifique<\/em>, elle conduit \u00e0 l\u00e9gitimer des pratiques socioculturelles et religieuses contrastant de fa\u00e7on singuli\u00e8re avec des affirmations solennelles au sujet du respect int\u00e9gral de la dignit\u00e9 humaine. La dignit\u00e9 de la femme lui vient de sa r\u00e9alit\u00e9 d\u2019\u00eatre humain et n\u2019a donc pas \u00e0 \u00eatre associ\u00e9e particuli\u00e8rement \u00e0 une fonction biologique. La dignification de la femme repr\u00e9sente un pi\u00e8ge profond. Elle mine \u00e0 sa source le partenariat et atteint par le fait m\u00eame la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les hommes et les femmes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>\u00c9galit\u00e9 et pi\u00e8ge de la copie conforme<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">De toute \u00e9vidence, le terme \u00ab\u00a0\u00e9galit\u00e9\u00a0\u00bb n\u2019\u00e9voque pas la m\u00eame chose pour tout le monde. Les passions que soul\u00e8vent les discussions sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 des \u00eatres humains, notamment sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les hommes et les femmes, n\u2019en sont-elles pas une preuve irr\u00e9futable ? Le mot serait ambigu. Il re\u00e7oit alors des interpr\u00e9tations diff\u00e9rentes suivant l\u2019emploi qui en est fait. Pour sortir de l\u2019impasse dans laquelle plongerait ce mot, des tentatives de remplacement voient le jour pr\u00e9sentement. Le recours aux notions d\u2019\u00ab\u00a0\u00e9quit\u00e9\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0parit\u00e9\u00a0\u00bb est propos\u00e9 tant pour la formulation des textes l\u00e9gislatifs que pour des conventions de travail et des lois sociales et religieuses. N\u2019y a-t-il pas l\u00e0 anguille sous roche ? Au nom de quelle r\u00e9alit\u00e9 faudrait-il opter en faveur de l\u2019un ou l\u2019autre de ces termes ? Et faut-il vraiment opter ? Ces questions apparaissent d\u2019autant plus pertinentes qu\u2019elles touchent \u00e0 l\u2019un des concepts majeurs du partenariat.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">L\u2019id\u00e9e de rapport existant entre deux r\u00e9alit\u00e9s de m\u00eame grandeur, de m\u00eame valeur, se retrouve au c\u0153ur de la notion d\u2019\u00e9galit\u00e9. Cette derni\u00e8re signifie, lorsqu\u2019elle concerne les personnes,<\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">le principe suivant selon lequel tous les membres d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 sont soumis sans distinction \u00e0 la loi, jouissant des m\u00eames droits et ayant les m\u00eames obligations<a href=\"#doc20\" name=\"ret20\"> <sup>20<\/sup> <\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">La r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019\u00e9galit\u00e9 appelle le respect vis-\u00e0-vis de ce qui appartient <em>de droit<\/em> \u00e0 la condition existentielle des personnes. \u00c0 l\u2019instar de ce qui a \u00e9t\u00e9 dit au sujet de la dignit\u00e9 humaine, l\u2019\u00e9galit\u00e9 des \u00eatres humains ne rel\u00e8ve pas d\u2019un pouvoir poss\u00e9d\u00e9 par quelques-uns qui gratifient les autres du droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9. Ce dont il s\u2019agit, c\u2019est de reconnaissance de ce qui est, et non de donation d\u2019un droit. La reconnaissance s\u2019identifie ici au mouvement qui noue une relation de v\u00e9rit\u00e9 entre les \u00eatres humains, mouvement de r\u00e9ciprocit\u00e9 o\u00f9 se trouve assur\u00e9 le respect mutuel de l\u2019autonomie et de la libert\u00e9 de chacun<a href=\"#doc21\" name=\"ret21\"> <sup>21<\/sup> <\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Suivant cette perspective, l\u2019\u00e9galit\u00e9 appellerait naturellement l\u2019\u00ab\u00a0\u00e9quit\u00e9\u00a0\u00bb. Cette notion d\u00e9signe le \u00ab\u00a0sentiment s\u00fbr et spontan\u00e9 du juste et de l\u2019injuste; en tant qu\u2019il se manifeste dans l\u2019appr\u00e9ciation d\u2019un cas concret et particulier<a href=\"#doc22\" name=\"ret22\"> <sup>22<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb. Toutefois, la notion d\u2019\u00e9quit\u00e9 n\u2019est pas synonyme d\u2019\u00e9galit\u00e9. Cela est si vrai que cette notion peut s\u2019accommoder de \u00ab\u00a0justes \u00e9galit\u00e9s\u00a0\u00bb au nom de coutumes et de lois, sans toutefois, semble-t-il, mettre en cause \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9galit\u00e9 des femmes dans leur dignit\u00e9\u00a0\u00bb. Les \u00c9tats islamiques et l\u2019\u00c9tat du Vatican \u00e0 la Conf\u00e9rence de Beijing de 1995 soutenaient avec vigueur ce point de vue. Rien d\u2019\u00e9tonnant alors qu\u2019ils aient privil\u00e9gi\u00e9 dans les discussions le terme \u00e9quit\u00e9, plut\u00f4t que celui d\u2019\u00e9galit\u00e9 ! Heureusement que les femmes veillaient au grain; le terme \u00e9galit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9 dans la majeure partie des textes issus de cette Conf\u00e9rence.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Pour ne pas en rester \u00e0 l\u2019id\u00e9e de principe, l\u2019\u00e9galit\u00e9 doit se v\u00e9rifier dans les faits. Les synonymes identit\u00e9, \u00e9quivalence, parit\u00e9 \u00e9clairent \u00e0 cet \u00e9gard la port\u00e9e du concept d\u2019\u00e9galit\u00e9. Une triade qui fait les beaux comme les mauvais jours des discussions sur la diff\u00e9rence des sexes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>Identit\u00e9<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">L\u2019expression famili\u00e8re \u00ab\u00a0mon semblable\u00a0\u00bb renvoie \u00e0 cette exp\u00e9rience universelle de \u00ab\u00a0soi-m\u00eame comme un autre \u00bb, exp\u00e9rience ressentie d\u2019une<em> identit\u00e9 commune<\/em> \u00e0 toutes les personnes en vertu de leur appartenance \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019essence humaine\u00a0\u00bb, \u00e0 supposer, bien entendu, que l\u2019on s\u2019accorde sur l\u2019id\u00e9e \u00e0 laquelle renvoie cette appellation. Il s\u2019ensuit que femmes et hommes sont identiques et \u00e9gaux, l\u00e0 o\u00f9 ils sont semblables, \u00e0 l\u2019image de l\u2019animal rationnel comme l\u2019enseigne la philosophie, \u00e0 l\u2019image de Dieu comme l\u2019affirme la Bible. \u00c0 bon droit, l\u2019on peut parler d\u2019\u00ab\u00a0\u00e9galit\u00e9 identique\u00a0\u00bb pour bien faire ressortir les similitudes entre les deux sexes. Cette v\u00e9rit\u00e9 fondamentale implique tout aussi bien le fait incontournable que \u00ab\u00a0nul ne poss\u00e8de \u00e0 lui seul la totalit\u00e9 de l\u2019essence humaine. Celle-ci est toujours v\u00e9cue soit au masculin, soit au f\u00e9minin<a href=\"#doc23\" name=\"ret23\"> <sup>23<\/sup> <\/a>.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Cette pr\u00e9cision \u00e0 elle seule devrait suffire \u00e0 \u00e9carter tout doute relatif \u00e0 l\u2019emploi du terme \u00ab\u00a0identit\u00e9\u00a0\u00bb dans le contexte des discussions sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 des hommes et des femmes. Mais non, le d\u00e9bat sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes reprend de plus belle actuellement. On brandit les r\u00e9alit\u00e9s d\u2019\u00ab\u00a0identit\u00e9 masculine\u00a0\u00bb et d\u2019\u00ab\u00a0identit\u00e9 f\u00e9minine\u00a0\u00bb comme une arme pour bien montrer l\u2019impossible \u00e9galit\u00e9 entre les hommes et les femmes. Car, soutient un auteur, \u00ab\u00a0du point de vue psychologique, l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes n\u2019existe pas puisque nous sommes diff\u00e9rents<a href=\"#doc24\" name=\"ret24\"> <sup>24<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0nous ne sommes pas tous pareils<a href=\"#doc25\" name=\"ret25\"> <sup>25<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb. En plus de semer le doute dans les esprits, ce glissement de sens trouve du m\u00eame coup \u00e0 apparenter \u00ab\u00a0identit\u00e9\u00a0\u00bb \u00e0 \u00ab\u00a0uniformit\u00e9\u00a0\u00bb, et \u00e0 faire basculer ainsi la notion d\u2019\u00ab\u00a0\u00e9galit\u00e9\u00a0\u00bb dans le <em>pi\u00e8ge de la copie conforme<\/em>. Ce pi\u00e8ge se rencontre, au moins, en deux situations.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">La premi\u00e8re est celle qui confond, nous venons de le dire, \u00e9galit\u00e9 avec \u00ab\u00a0uniformit\u00e9\u00a0\u00bb. On peut reconna\u00eetre l\u00e0 une forme d\u2019\u00ab\u00a0\u00e9galitarisme\u00a0\u00bb qui, au nom d\u2019un principe universel, r\u00e9clame un traitement identique pour les \u00eatres humains, sans \u00e9gard pour leur condition particuli\u00e8re. Or reconna\u00eetre l\u2019\u00e9galit\u00e9 d\u2019identit\u00e9 aux \u00eatres humains, \u00ab\u00a0ce n\u2019est pas nier leur diversit\u00e9, les uniformiser, les ramener tous au m\u00eame mod\u00e8le\u00a0: le faire serait les consid\u00e9rer comme interchangeables<a href=\"#doc26\" name=\"ret26\"> <sup>26<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Ce serait l\u00e0 contredire la proclamation de la valeur irrempla\u00e7able de chaque personne, valeur inh\u00e9rente \u00e0 l\u2019\u00e9gale dignit\u00e9 humaine; ce serait tomber d\u00e8s lors dans<em> le pi\u00e8ge de la copie conforme<\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Une variante de ce pi\u00e8ge s\u2019exprime lorsqu\u2019on insinue que l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes incite \u00e0 traiter les femmes <em>comme<\/em> des hommes. Une telle insinuation conduit in\u00e9vitablement \u00e0 l\u2019impasse en plus d\u2019exprimer une pr\u00e9somption. En effet, si la diff\u00e9rence entre les \u00eatres humains doit \u00eatre honor\u00e9e, <em>a fortiori<\/em> la diff\u00e9rence des sexes doit-elle l\u2019\u00eatre. Celle-ci poss\u00e8de quelque chose de fondamental auquel nul\/nulle n\u2019\u00e9chappe et qui recoupe les autres types de diff\u00e9rences, tels que l\u2019\u00e2ge, la race, la classe sociale, la culture, la religion, etc.<a href=\"#doc27\" name=\"ret27\"> <sup>27<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Est-ce cette incapacit\u00e9 de penser l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans la diff\u00e9rence qui fait croire qu\u2019une femme en remplissant une t\u00e2che traditionnellement r\u00e9serv\u00e9e aux hommes se masculiniserait ? Insister, comme on le fait si souvent, sur le sp\u00e9cifique des mani\u00e8res d\u2019agir des hommes et des femmes induit la pens\u00e9e suivante\u00a0: ce que l\u2019on fait d\u00e9pend de l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e. Ainsi, il y aurait une mani\u00e8re masculine de conduire un autobus, de g\u00e9rer une entreprise. Il importe de rappeler que \u00ab\u00a0 ce que l\u2019on appelle sensibilit\u00e9 masculine ou sensibilit\u00e9 f\u00e9minine ne peut jamais \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 sans tomber dans le st\u00e9r\u00e9otype qui disqualifie la fa\u00e7on d\u2019\u00eatre et d\u2019agir d\u2019un homme ou d\u2019une femme<a href=\"#doc28\" name=\"ret28\"> <sup>28<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">On le voit, la confusion entre l\u2019identit\u00e9 sexu\u00e9e et la t\u00e2che \u00e0 accomplir m\u00e8ne tout droit au <em>pi\u00e8ge de la copie conforme<\/em>. Chacun des partenaires humains cherche \u00e0 modeler sur l\u2019autre pour r\u00e9aliser un travail qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0f\u00e9minin\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0masculin\u00a0\u00bb selon des normes socioculturelles. Suivant cette vue des choses, l\u2019acc\u00e8s des femmes \u00e0 des professions et \u00e0 des postes dits \u00ab\u00a0masculin\u00a0\u00bb repr\u00e9sente un danger pour elles, celui de perdre leur \u00ab\u00a0identit\u00e9 f\u00e9minine\u00a0\u00bb. Une mise en garde qui ne date pas d\u2019aujourd\u2019hui, d\u2019ailleurs\u00a0: \u00ab\u00a0Les femmes n\u2019\u00e9taient-elles pas menac\u00e9es au XVIIIe si\u00e8cle de perdre leurs cheveux si elles s\u2019adonnaient \u00e0 l\u2019\u00e9tude et faisaient fonctionner leur intelligence<a href=\"#doc29\" name=\"ret29\"> <sup>29<\/sup> <\/a> ?\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Ce niveau de r\u00e9flexion a-t-il vraiment \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9 de nos jours ? Question oiseuse ? On aimerait pouvoir le dire, mais les r\u00e9sistances manifest\u00e9es face \u00e0 la reconnaissance int\u00e9grale de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes montrent jusqu\u2019\u00e0 quel point demeure actuelle cette interrogation. Disons-le tout net, des capacit\u00e9s humaines ne sauraient \u00eatre monopolis\u00e9es par des hommes ou par des femmes. Dit en d\u2019autres termes\u00a0: femmes et hommes sont appel\u00e9s \u00e0 d\u00e9ployer des capacit\u00e9s intellectuelles et manuelles en accomplissant des actions similaires et en assumant des t\u00e2ches communes. Toutes et tous le font cependant selon leur personnalit\u00e9 singuli\u00e8re. Nul besoin de copier l\u2019autre pour r\u00e9aliser cela.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Cette mani\u00e8re de voir d\u00e9coule de l\u2019<em>\u00e9quivalence des sexes,<\/em> cat\u00e9gorie qu\u2019il faut maintenant introduire dans la discussion, car elle permet, non seulement d\u2019\u00e9viter le pi\u00e8ge de la copie conforme, mais de clarifier les liens existant entre les mots identit\u00e9, \u00e9galit\u00e9 et diff\u00e9rence.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>\u00c9quivalence<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Il est int\u00e9ressant de constater que les mots \u00ab\u00a0\u00e9galit\u00e9\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0identit\u00e9\u00a0\u00bb sont des synonymes du terme \u00ab\u00a0\u00e9quivalence<a href=\"#doc30\" name=\"ret30\"> <sup>30<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb. Celui-ci est d\u00e9fini comme \u00ab\u00a0qualit\u00e9 de ce qui est \u00e9quivalent, d\u2019\u00e9galit\u00e9 de valeur<a href=\"#doc31\" name=\"ret31\"> <sup>31<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Est \u00e9quivalent\u00a0\u00bb ce qui est comparable \u00e0 quelque chose. On le voit, l\u2019\u00e9l\u00e9ment distinctif ressort avec nettet\u00e9 dans ces d\u00e9finitions. Aussi peut-on dire que l\u2019id\u00e9e de diff\u00e9rence \u00e9merge avec plus de force avec le terme \u00e9quivalence qu\u2019avec ceux d\u2019identit\u00e9 et d\u2019\u00e9galit\u00e9, bien qu\u2019elle y soit implicite, il va sans dire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Par sa capacit\u00e9 \u00e0 recouper chacun des termes de la triade, identit\u00e9, diff\u00e9rence et \u00e9galit\u00e9, le terme \u00e9quivalence est appropri\u00e9 pour exprimer la r\u00e9alit\u00e9 homme-femme; on peut alors parler de l\u2019\u00e9quivalence des sexes. Celle-ci indique la valeur identique des sexes, dans leur diff\u00e9rence, la valeur identique de l\u2019homme et de la femme en tant que personnes humaines et, cons\u00e9quemment, signifie leur \u00e9galit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Toutefois, cet entrecroisement du vocabulaire se complique de nouveau puisque la notion de <em>diff\u00e9rence<\/em> peut devenir \u00e0 son tour source d\u2019ambigu\u00eft\u00e9. En effet, le mot <em>in\u00e9galit\u00e9<\/em> n\u2019est-il pas le synonyme de diff\u00e9rence? Comment alors le contraire d\u2019\u00e9galit\u00e9 pourrait-il servir \u00e0 bien d\u00e9finir le partenariat homme-femme? Question pi\u00e8ge s\u2019il en est une! Aussi doit-elle \u00eatre abord\u00e9e sans d\u00e9tour.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><em>Parit\u00e9 et pi\u00e8ge de la discrimination<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">D\u2019embl\u00e9e, acceptons de dire que des <em>in\u00e9galit\u00e9s<\/em> existent. Cette donn\u00e9e est difficilement contestable. Nous le savons, tous les \u00eatres humains ne viennent pas en ce monde avec le m\u00eame potentiel ni avec les m\u00eames capacit\u00e9s. Cela se v\u00e9rifie au sein d\u2019une m\u00eame famille, les quotients intellectuels et les habilit\u00e9s manuelles et artistiques de ses membres varient de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre. Les in\u00e9galit\u00e9s dont il est ici question renvoient aux modalit\u00e9s diversifi\u00e9es d\u2019\u00eatre-au-monde. Faire r\u00e9f\u00e9rence aux disparit\u00e9s individuelles ne met nullement en cause la dignit\u00e9 et l\u2019\u00e9galit\u00e9 des \u00eatres humains. Sinon, il faudrait conclure \u00e0 l\u2019existence d\u2019\u00ab\u00a0une hi\u00e9rarchie naturelle\u00a0\u00bb comme le professent, au nom du \u00ab\u00a0droit \u00e0 la diff\u00e9rence\u00a0\u00bb, certains groupes de droite<a href=\"#doc32\" name=\"ret32\"> <sup>32<\/sup> <\/a>. Ces derniers sont alors aux prises avec le <em>pi\u00e8ge de la hi\u00e9rarchisation des \u00eatres humains<\/em> qui est, en fait, une variante du <em>pi\u00e8ge de la discrimination<\/em>. Un pi\u00e8ge dangereux et mortel pour l\u2019existence du respect int\u00e9gral de la dignit\u00e9 humaine.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Or quand les femmes revendiquent \u00e0 leur tour le \u00ab\u00a0droit \u00e0 la diff\u00e9rence\u00a0\u00bb, elles sont \u2013 et bien des hommes avec elles \u2013 \u00e0 mille lieues d\u2019une vision inf\u00e9riorisante des personnes. Au contraire. Elles parlent de \u00ab\u00a0parit\u00e9\u00a0\u00bb constitutive des \u00eatres humains qui d\u2019embl\u00e9e exclut toute discrimination, nomm\u00e9ment celle fond\u00e9e sur le sexe. Appliqu\u00e9e \u00e0 la relation homme-femme, la notion de \u00ab\u00a0parit\u00e9\u00a0\u00bb exprime \u00e0 la fois les r\u00e9alit\u00e9s de l\u2019identit\u00e9 de l\u2019essence humaine et de la diff\u00e9rence des sexes. De plus, cette notion repr\u00e9sente un concept-cl\u00e9 pour d\u00e9masquer <em>le pi\u00e8ge de la discrimination sexuelle<\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">En son sens litt\u00e9ral, \u00ab\u00a0parit\u00e9\u00a0\u00bb se rapporte \u00e0 \u00ab\u00a0deux choses qui pr\u00e9sentent une parfaite similitude\u00a0\u00bb. Cet aspect de la signification du mot rejoint les propos tenus sur la dimension du \u00ab\u00a0pareil\u00a0\u00bb contenue dans l\u2019expression \u00ab\u00a0identit\u00e9\u00a0\u00bb. Outre l\u2019id\u00e9e de similitude, le terme parit\u00e9 \u00e9voque, en m\u00eame temps, celle de dissimilitude. Le terme renvoie alors \u00ab\u00a0\u00e0 la notion de paire. Une paire est, de fait, compos\u00e9e de deux \u00e9l\u00e9ments semblables comportant des diff\u00e9rences<a href=\"#doc33\" name=\"ret33\"> <sup>33<\/sup> <\/a>.\u00a0\u00bb En cette double dimension de semblable et de dissemblable, la notion de parit\u00e9 devient un concept important pour mieux cerner la r\u00e9alit\u00e9 du partenariat homme-femme. \u00c9videmment, pour que la parit\u00e9 porte tous ses fruits, elle ne peut \u00eatre r\u00e9duite \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9ment de pourcentage qu\u2019implique la notion de \u00ab\u00a0parit\u00e9 num\u00e9rique\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Il faut autant de femmes que d\u2019hommes dans les divers secteurs de l\u2019existence sous peine d\u2019engendrer des disfonctionnements sociaux et psychologiques. Il y a certes l\u00e0 un moyen d\u2019engendrer l\u2019\u00e9galit\u00e9 recherch\u00e9e, mais il n\u2019est pas suffisant<a href=\"#doc34\" name=\"ret34\"> <sup>34<\/sup> <\/a>.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">\u00c0 premi\u00e8re vue, la parit\u00e9 num\u00e9rique peut para\u00eetre \u00e9quitable, \u00ab\u00a0mais elle ne change rien \u00e0 la mentalit\u00e9 habituelle qui conserve en crit\u00e8re premier le sexe<a href=\"#doc35\" name=\"ret35\"> <sup>35<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb. Or, pour \u00e9viter l\u2019emb\u00fbche du nombre, il faut se tourner vers une autre composante de la parit\u00e9, celle de l\u2019<em>accessibilit\u00e9<\/em>. En effet, \u00ab\u00a0d\u2019apr\u00e8s son \u00e9tymologie latine, le terme parit\u00e9 porte l\u2019id\u00e9e de la situation des coureurs sur la ligne de d\u00e9part. Individuellement, chaque coureur est diff\u00e9rent des autres, diff\u00e9remment constitu\u00e9, diff\u00e9remment pr\u00e9par\u00e9, mais devant le point de d\u00e9part, sur la ligne, il ne doit y avoir pour aucun d\u2019eux ni privil\u00e8ge, ni handicap<a href=\"#doc36\" name=\"ret36\"> <sup>36<\/sup> <\/a>.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">L\u2019acc\u00e8s \u00e0 la course repr\u00e9sente donc la condition premi\u00e8re pour rendre effective la parit\u00e9. L\u2019interdire en raison du facteur sexuel serait entra\u00eener in\u00e9vitablement la chute dans le <em>pi\u00e8ge de discrimination sexuelle<\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">En clair, on peut parler de \u00ab\u00a0discrimination sexuelle radicale\u00a0\u00bb quand, sur la base du facteur biologique, une femme ou un homme se voit refuser l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un poste ou \u00e0 une profession. L\u2019exclusion atteint alors la racine (<em>radix<\/em>) de l\u2019humanit\u00e9 en sa forme duelle, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0partenariale\u00a0\u00bb. Faut-il insister de nouveau ? \u00ab\u00a0L\u2019homme et la femme sont vraiment, d\u2019origine et sans d\u00e9tour, des pairs devant la \u00ab\u00a0vie humaine<a href=\"#doc37\" name=\"ret37\"> <sup>37<\/sup> <\/a>\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb et, cons\u00e9quemment, ils sont \u00e9gaux. La disparit\u00e9 sexuelle ne saurait, pour aucun motif et en aucune occasion, l\u00e9gitimer une discrimination.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Pourtant, n\u2019est-ce pas le pi\u00e8ge dans lequel se retrouve l\u2019\u00c9glise catholique romaine? En effet, en refusant l\u2019acc\u00e8s des femmes au minist\u00e8re ordonn\u00e9, le Magist\u00e8re atteint de plein fouet le principe de la parit\u00e9 totale. On peut dire, pour reprendre pertinemment l\u2019image de la course, que les chr\u00e9tiennes sont disqualifi\u00e9es, avant m\u00eame de prendre le d\u00e9part, du seul fait qu\u2019elles sont des femmes. Comment ne pas voir en cette exclusion sans appel la forme radicale de la discrimination sexuelle?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Une lecture que ne partagent pas les autorit\u00e9s eccl\u00e9siales, \u00e0 l\u2019exception de quelques-unes. En fait, lors des derniers synodes romains, des voix se sont \u00e9lev\u00e9es pour reconna\u00eetre que le refus des femmes au minist\u00e8re ordonn\u00e9 repr\u00e9sentait une forme de discrimination. Toutefois, cet aveu n\u2019a pas encore modifi\u00e9 la pratique actuelle de l\u2019\u00c9glise. Au contraire, le ton a durci en cette mati\u00e8re. Si bien que cela donne l\u2019impression qu\u2019au lieu d\u2019\u00e9viter le<em> pi\u00e8ge de la discrimination sexuelle<\/em>, le Magist\u00e8re s\u2019y laisse prendre de plus en plus.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Le recours \u00e0 la typologie de l\u2019\u00c9glise-\u00c9pouse donne d\u2019illustrer ce point de vue. On reconna\u00eet que le genre f\u00e9minin convient pour symboliser l\u2019\u00c9glise comme \u00c9pouse. C\u2019est dire qu\u2019il englobe hommes et femmes puisqu\u2019ils sont ensemble l\u2019\u00c9glise de Dieu. Par contre, seul le genre masculin est apte \u00e0 repr\u00e9senter l\u2019\u00c9poux qui est le Christ. En sa dimension exclusive, la symbolique de la \u00ab\u00a0sponsalit\u00e9\u00a0\u00bb deviendra-t-elle \u00e0 son tour un pi\u00e8ge ? La question est pos\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Au terme de cette clarification des concepts et apr\u00e8s en avoir d\u00e9busqu\u00e9 les pi\u00e8ges qu\u2019ils comportent, s\u2019impose la n\u00e9cessit\u00e9 de les garder tous pour d\u00e9finir le partenariat homme-femme en ses diff\u00e9rentes composantes. Tenant pour acquis que femmes et hommes sont faits <em>partenaires en humanit\u00e9<\/em>,<\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">le partenariat est l\u2019association naturelle et essentielle pour l\u2019existence d\u2019une humanit\u00e9 duelle o\u00f9 le vivre-ensemble hommes-femmes donne lieu \u00e0 des relations de r\u00e9ciprocit\u00e9 exprimant la richesse de leur diff\u00e9rence, richesse fond\u00e9e sur la dignit\u00e9 humaine et l\u2019\u00e9quivalence des sexes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Le partenariat est donc par d\u00e9finition une r\u00e9alit\u00e9 dynamique qui appelle constamment \u00e0 faire advenir l\u2019\u00e9galit\u00e9 paritaire dans la \u00ab\u00a0concr\u00e9tude\u00a0\u00bb des faits. Qu\u2019il soit alors saisi comme un d\u00e9fi \u00e0 relever et une voie \u00e0 inventer, faut-il s\u2019en \u00e9tonner ? N\u2019est-il pas, depuis le d\u00e9but du monde, donn\u00e9 comme une t\u00e2che \u00e0 accomplir, comme une marche aventureuse, cr\u00e9atrice d\u2019une civilisation de l\u2019amour qui ne se paie pas de mots?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><span style=\"color: #373737;\">Tir\u00e9 de\u00a0<\/span><i style=\"color: #373737;\">Pleins feux sur le partenariat en \u00c9glise\u00a0; Actes du symposium\u00a0; Le partenariat hommes et femmes en \u00c9glise<\/i><span style=\"color: #373737;\">\u00a0(1997), (p.<\/span><\/span>161\u2011176). Montr\u00e9al\u00a0: \u00c9ditions Paulines et reproduit avec les permissions requises.<\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>NOTES<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret1\" name=\"doc1\"> 1- <\/a> En 1767, Mme Du Deffand \u00e9crit \u00ab\u00a0partner\u00a0\u00bb alors qu\u2019\u00e0 partir de 1864, Beaumarchais lui donne sa forme actuelle. Voir le <em>Grand Larousse de la langue fran\u00e7aise<\/em>, t. V, Paris, Librairie Larousse, 1976, p. 4007.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret2\" name=\"doc2\"> 2- <\/a> Le terme se retrouve dans la <em>Chanson de Roland<\/em>, 1080, cf. \u00ab\u00a0Partenaire\u00a0\u00bb dans le <em>Grand Larousse<\/em>, p, 4007; le <em>Grand Robert de la langue fran\u00e7aise, dictionnaire alphab\u00e9tique et analogique de la langue fran\u00e7aise<\/em>, 2e \u00e9d. Enti\u00e8rement revue et enrichie par Alain Rey, t. VII, Paris Le Robert, 1986, p. 122.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"> <a href=\"#ret3\" name=\"doc3\"> 3- <\/a><em>Dictionnaire de l\u2019ancien fran\u00e7ais jusqu\u2019au XIVe si\u00e8cle<\/em>, par A. J. GREIMAS, Librairie Larousse, Paris, 1982, p. 472.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret4\" name=\"doc4\"> 4- <\/a> Cf. Paul DUPR\u00c9, <em>Encyclop\u00e9die du bon fran\u00e7ais dans l\u2019usage contemporain<\/em>, t. III, Paris, Tr\u00e9vise, 1972, p. 1865.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret5\" name=\"doc5\"> 5- <\/a> Paris, Dictionnaire\u00a0<em>Le Robert<\/em>, 1993, p. 1595.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret6\" name=\"doc6\"> 6- <\/a> Alice GOMBAULT, <em>F\u00e9minisme et\/ou partenariat? Recherche d\u2019\u00e9quilibre entre hommes et femmes<\/em>, Suppl\u00e9ment au bulletin <em>Femmes et Hommes en \u00c9glise<\/em> (no 58, juin 1994), Paris 1994, p. 26-27. Cette th\u00e9ologienne fran\u00e7aise revient constamment sur le th\u00e8me du partenariat. Chaque fois qu\u2019elle publie un \u00e9crit, elle apporte des \u00e9l\u00e9ments qui \u00e9clairent sous un jour nouveau la probl\u00e9matique en cause. \u00c0 quelques reprises sa pens\u00e9e a inspir\u00e9 la pr\u00e9sente r\u00e9flexion.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret7\" name=\"doc7\"> 7- <\/a> Allusion au d\u00e9bat qui a entour\u00e9 la sortie du livre d\u2019\u00c9lisabeth BADINTER, <em>L\u2019un est l\u2019autre. Des relations entre hommes et femmes,<\/em> Paris, Odile JACOB, 1986. La th\u00e8se de l\u2019auteure a provoqu\u00e9 des remous et fait des vagues dans les milieux intellectuels. On a reproch\u00e9 \u00e0 la philosophe, de fa\u00e7on cavali\u00e8re quelquefois, d\u2019avoir banalis\u00e9 la signification de la diff\u00e9rence sexuelle qui \u00e0 l\u2019\u00e9vidence montre que \u00ab\u00a0l\u2019un n\u2019est pas l\u2019autre\u00a0\u00bb. Mais est-ce bien cela que soutient l\u2019auteure? N\u2019est-ce pas surtout sur les ressemblances entre les humains plut\u00f4t que sur les dissemblances que l\u2019auteure, avec sa formule bien frapp\u00e9e, admettons-le sans ambages, a voulu insister en d\u00e9crivant le futur des nouveaux rapports entre femmes et hommes en cette fin de mill\u00e9naire?<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret8\" name=\"doc8\"> 8- <\/a> La traduction litt\u00e9rale du mot <em>adamah<\/em> est rendue par le \u00ab\u00a0gl\u00e9beux\u00a0\u00bb dans Andr\u00e9 CHOURAQUI,<em> La Bible<\/em>, Paris, Descl\u00e9e De Brouwer, 1985. Cf. Gen\u00e8se 2, 7.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret9\" name=\"doc9\"> 9- <\/a> C\u2019est l\u00e0 la traduction la plus proche de <em>ezer kenegd\u00f4<\/em>. Car la traduction d\u2019ezer par \u00ab\u00a0aide\u00a0\u00bb est inexacte puisque le mot h\u00e9breu est masculin. De plus, \u00ab\u00a0l\u2019expression \u00ab\u00a0qui l\u2019accompagne\u00a0\u00bb\u00a0: <em>kenegd\u00f4<\/em>, traduit par la LXX par \u00ab\u00a0homoios\u00a0\u00bb,\u00a0<\/span><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">signifie litt\u00e9ralement\u00a0: en face de lui, son vis-\u00e0-vis, son partenaire, son correspondant\u00a0\u00bb, Marie de M\u00c9RODE, \u00ab\u00a0Une aide qui lui corresponde. L\u2019ex\u00e9g\u00e8se de Gen\u00e8se 2, 18-24 dans les \u00e9crits de L\u2019Ancien Testament, du juda\u00efsme et du Nouveau Testament\u00a0\u00bb, dans <em>Revue th\u00e9ologique de Louvain<\/em>, 8 (1977), p. 332.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret10\" name=\"doc10\"> 10- <\/a> Marie-Jeanne B\u00c9R\u00c8RE, \u00ab\u00a0Deux en une seule chair\u00a0\u00bb, dans <em>Lumi\u00e8re et Vie<\/em>, 38\/194 (1989), p. 73.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret11\" name=\"doc11\"> 11- <\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret12\" name=\"doc12\"> 12- <\/a> A. GOMBAULT, <em>F\u00e9minisme et\/ou partenariat?<\/em>, p.38.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret13\" name=\"doc13\"> 13- <\/a> <em>Le Grand Robert de la langue fran\u00e7aise, dictionnaire alphab\u00e9tique et analogique de la langue fran\u00e7aise<\/em>, 2e \u00e9d. enti\u00e8rement revue et enrichie par Alain Rey, t. III, Paris, Le Robert, 1986, p. 535<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret14\" name=\"doc14\"> 14- <\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret15\" name=\"doc15\"> 15- <\/a> Karl RAHNER, \u00ab\u00a0Dignit\u00e9 et libert\u00e9 de l\u2019homme\u00a0\u00bb, dans <em>\u00c9crits th\u00e9ologiques<\/em>, t. coll. Textes et \u00e9tudes th\u00e9ologiques\u00a0\u00bb, Bruges, Descl\u00e9e De Brouwer, 1966, p. 167-168.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret16\" name=\"doc16\"> 16- <\/a> <em>Ibid<\/em>., p. 179.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret17\" name=\"doc17\"> 17- <\/a> No 41 du document E\/CN.6\/1995\/L.17\/add. 1, 3 avril 1995, cit\u00e9 dans Lucienne SALL\u00c9, \u00ab\u00a0La Conf\u00e9rence Beijing\u00a0: pour quel d\u00e9veloppement, pour quelle \u00e9galit\u00e9 ? (4-15 septembre 1995)\u00a0\u00bb, dans <em>Nouvelle revue th\u00e9ologique<\/em>, 118 (1996), p.333. L\u2019auteure \u00e9tait membre de la d\u00e9l\u00e9gation du Vatican \u00e0 cette conf\u00e9rence.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret18\" name=\"doc18\"> 18- <\/a> La vocation \u00e0 la virginit\u00e9 \u00e9tant, en effet, l\u2019autre volet de la vocation \u00e0 la maternit\u00e9. Le Pape actuel continue de d\u00e9signer le choix du c\u00e9libat pour le Royaume en terme \u00ab\u00a0d\u2019excellence\u00a0\u00bb par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9tat du mariage. Parce que le Christ a choisi le c\u00e9libat, \u00ab\u00a0la vie consacr\u00e9e se situe <em>objectivement \u00e0 un niveau d\u2019excellence<\/em>, car elle refl\u00e8te la mani\u00e8re dont le Christ a v\u00e9cu\u00a0\u00bb. Exhortation apostolique post-synodale <em>Vita consecrata<\/em>, Sur la vie consacr\u00e9e et sa mission dans l\u2019\u00c9glise et dans le monde, Cit\u00e9 du Vatican, Libreria Editrice Vaticana, no 32. Cf. aussi no 18.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret19\" name=\"doc19\"> 19- <\/a> \u00ab\u00a0Hom\u00e9lie \u00e0 Saint-Denis\u00a0\u00bb, 31 mai 1980, dans <em>La femme dans l\u2019enseignement des papes<\/em>. Introduction, choix &amp; ordonnance des textes, index &amp; tables par les moines de Solesmes, Solesmes, 1982, p.69.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret20\" name=\"doc20\"> 20- <\/a> <em>Grand Larousse de la langue fran\u00e7aise<\/em>, t. Paris, Librairie Larousse, 1972, p. 1505.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret21\" name=\"doc21\"> 21- <\/a> Cf. Pierre-Jean LABARRI\u00c8RE, \u00ab\u00a0Ambigu\u00eft\u00e9 du droit \u00e0 la diff\u00e9rence\u00a0\u00bb, dans <em>\u00c9tudes<\/em>, 351\/5 (1979), p. 474.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret22\" name=\"doc22\"> 22- <\/a> \u00ab\u00a0\u00c9quit\u00e9\u00a0\u00bb, dans Andr\u00e9 LALANDE, <em>Vocabulaire technique et critique de la philosophie<\/em>, 15e \u00e9d., Paris, Presses Universitaires de France, 1985, p.295.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret23\" name=\"doc23\"> 23- <\/a> Marcel NEUSCH, <em>Les rivages de l\u2019homme. Introduction \u00e0 une anthropologie chr\u00e9tienne<\/em>, Paris, Bayard \u00c9ditions\/Centurion, 1995, p. 6.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret24\" name=\"doc24\"> 24- <\/a> Tony ANATRELLA, \u00ab\u00a0Les enjeux psychologiques dans la relation homme\/femme\u00a0\u00bb, dans <em>Pr\u00eatres dioc\u00e9sains<\/em>, 1335 (1995), p. 265.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret25\" name=\"doc25\"> 25- <\/a> <em>Ibid<\/em>, p. 268.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret26\" name=\"doc26\"> 26- <\/a> Nicole CHOPELIN, <em>Hommes et femmes. L\u2019identit\u00e9 relationnelle de l\u2019\u00eatre humain,<\/em> Lyon, Universit\u00e9 catholique, Facult\u00e9 de th\u00e9ologie, PROFAC, 1994, p. 66.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret27\" name=\"doc27\"> 27- <\/a> A. GOMBAULT, <em>F\u00e9minisme et\/ou partenariat?<\/em>, p. 28.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret28\" name=\"doc28\"> 28- <\/a> A. GOMBAULT, \u00ab\u00a0\u00c9galit\u00e9, parit\u00e9, partenariat\u00a0\u00bb, dans <em>Femmes et hommes en \u00c9glise<\/em>, 63 (octobre 1995), p. 9.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret29\" name=\"doc29\"> 29- <\/a> <em>Ibid<\/em>., p.8.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret30\" name=\"doc30\"> 30- <\/a> <em>Le Grand Robert de la langue fran\u00e7aise<\/em>, t. IV, p. 93.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret31\" name=\"doc31\"> 31- <\/a> <em>Grand Larousse de la langue fran\u00e7aise<\/em>, t. II, p. 1714.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret32\" name=\"doc32\"> 32- <\/a> Voir P. -J. LABARRI\u00c8RE \u00ab\u00a0Ambigu\u00eft\u00e9 du droit \u00e0 la diff\u00e9rence\u00a0\u00bb, p. 479-480.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret33\" name=\"doc33\"> 33- <\/a> A. GOMBAULT, \u00ab\u00a0\u00c9galit\u00e9, parit\u00e9, partenariat\u00a0\u00bb. p. 9.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret34\" name=\"doc34\"> 34- <\/a> <em>Ibid<\/em>., p.10.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret35\" name=\"doc35\"> 35- <\/a> Marie-Jeanne B\u00c9R\u00c8RE, \u00ab\u00a0Radicale parit\u00e9 humaine devant l\u2019existence\u00a0\u00bb, dans <em>Trajets<\/em>, 2 (1995), p. 6.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret36\" name=\"doc36\"> 36- <\/a> <em>Ibid<\/em>., p. 6.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a href=\"#ret37\" name=\"doc37\"> 37- <\/a> <em>Ibid<\/em>., p.8.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour \u00e9clairer les enjeux du d\u00e9bat, il m\u2019a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 de d\u00e9finir le partenariat entre femmes et hommes, et de pr\u00e9senter les pi\u00e8ges que cela comporte. 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D en th\u00e9ologie de l'Universit\u00e9 d'Ottawa et d'un doctorat en th\u00e9ologie, grade canonique, de l'Universit\u00e9 Saint-Paul, Micheline Lagu\u00eb, m.i.c., est professeure retrait\u00e9e de th\u00e9ologie de l'Universit\u00e9 Saint-Paul. Ses recherches portent sur la spiritualit\u00e9, les minist\u00e8res, le partenariat hommes et femmes dans l'\u00c9glise. Membre active du r\u00e9seau Femmes et minist\u00e8res, elle est coauteure de \u00ab Voix de femmes, voies de passage \u00bb (\u00c9ditions Paulines, 1995) et auteure de nombreux articles."}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1830","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/43"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1830"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1830\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1830"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1830"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1830"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fppma_author&post=1830"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}