{"id":254,"date":"2010-10-15T12:00:47","date_gmt":"2010-10-15T16:00:47","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=254"},"modified":"2013-08-13T16:01:33","modified_gmt":"2013-08-13T20:01:33","slug":"le-poids-du-genre-dans-les-fondements-bibliques-de-lexclusion-des-femmes-du-sacerdoce-ministeriel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=254","title":{"rendered":"Le poids du \u00ab genre \u00bb dans les fondements bibliques de l\u2019exclusion des femmes du sacerdoce minist\u00e9riel"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Dans ses circonvolutions, le titre ci-dessus ressemble \u00e0 la fa\u00e7on de cr\u00e9er les mots dans la langue allemande savante. Il s\u2019\u00e9claire si on le lit \u00e0 rebours en d\u00e9composant ses \u00e9l\u00e9ments.<\/span><\/span><\/p>\n<p><i>Sacerdoce minist\u00e9riel<\/i>\u00a0: Comme tous les baptis\u00e9s, les femmes poss\u00e8dent le sacerdoce commun, dit royal d\u2019apr\u00e8s la formulation de la premi\u00e8re \u00e9p\u00eetre de Pierre (1 Pi 2, 9). Il ne s\u2019agira donc pas d\u2019une r\u00e9clamation de participation aux minist\u00e8res en g\u00e9n\u00e9ral, qui leur est d\u00e9j\u00e0 acquise, mais au minist\u00e8re ordonn\u00e9.<\/p>\n<p><i>Exclusion des femmes<\/i>\u00a0: Dans les documents officiels du magist\u00e8re, le sacerdoce est dit \u00ab\u00a0r\u00e9serv\u00e9 aux hommes\u00a0\u00bb. Ce qui est privil\u00e8ge exclusif pour les uns devient exclusion pour les autres. La chr\u00e9tienne serait-elle diff\u00e9rente du chr\u00e9tien\u00a0?<\/p>\n<p><i>Fondements bibliques<\/i>\u00a0: L\u2019argumentation des textes pontificaux justifiant la diff\u00e9rence pos\u00e9e s\u2019appuie sur un recours constant \u00e0 la Bible, Ancien et Nouveau Testament, y compris dans la discussion du registre de la tradition et de l\u2019anthropologie.<\/p>\n<p><i>Le poids du genre<\/i>\u00a0: La cat\u00e9gorie du genre structure et les passages bibliques convoqu\u00e9s comme pr\u00e9misses et la lecture qui en est donn\u00e9e. Double poids, poids redoubl\u00e9. Pour l\u2019\u00c9glise, pour la lectrice et le lecteur, double normativit\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>Les r\u00e9flexions suivantes portent sur ce double niveau d\u2019interpr\u00e9tation et de normativit\u00e9. Elles sont propos\u00e9es du point de vue de l\u2019ex\u00e9g\u00e8se biblique, \u00e0 titre exploratoire et dans cet ordre\u00a0:<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">1.\u00a0\u00a0\u00a0 Les fondements bibliques du NON \u00e0 l\u2019ordination sacerdotale des femmes;<br \/>\n2.\u00a0\u00a0\u00a0 Le poids des arguments bibliques de la position pontificale;<br \/>\n3.\u00a0\u00a0\u00a0 Le poids du genre dans l\u2019argumentation et la conclusion magist\u00e9rielles.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><!--more--><br \/>\n<b>1. Les fondements bibliques du non \u00e0 l\u2019ordination sacerdotale des femmes<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>Comme espace d\u2019observation de ce non, l\u2019\u00e9tude pr\u00e9sente se limite aux\u00a0<i>Documents pontificaux<\/i>\u00a0pertinents, \u00e0 l\u2019exclusion d\u2019autres \u00e9crits, comme par exemple la transcription de discours prononc\u00e9s pendant les audiences papales et les voyages de Jean-Paul\u00a0II. Ce corpus ainsi d\u00e9limit\u00e9 comprend, avec leurs cotes canoniques respectives :<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">1976, 15 octobre, Paul\u00a0VI,\u00a0<i>Inter insigniores<\/i>. D\u00e9claration de la Sacr\u00e9e Congr\u00e9gation pour la Doctrine de la Foi.<\/span><\/span><\/p>\n<p>1988, 15 ao\u00fbt, Jean-Paul\u00a0II,\u00a0<i>Mulieris dignitatem<\/i>, Lettre apostolique sur la dignit\u00e9 et la vocation de la femme, \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019ann\u00e9e mariale. Dans le texte, le Pape \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0M\u00e9ditation biblique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>1988, 30 d\u00e9cembre,\u00a0<i>Christifideles la\u00efci<\/i>, \u00c9laboration apostolique sur la vocation et la mission des la\u00efcs dans l\u2019\u00c9glise et dans le monde.<\/p>\n<p>1994, 22 mai,\u00a0<i>Ordinatio sacerdotalis<\/i>, Lettre aux \u00e9v\u00eaques.<\/p>\n<p>1995, 10 juillet,\u00a0<i>Lettre aux femmes<\/i>.<\/p>\n<p>J\u2019y ajoute comme textes \u00e9troitement apparent\u00e9s et ins\u00e9parables de la trajectoire de l\u2019argumentation \u00e0 travers les ann\u00e9es\u00a0:<\/p>\n<p>1995, novembre,\u00a0<i>Note de la Congr\u00e9gation pour la doctrine de la foi<\/i>. En r\u00e9ponse \u00e0 un \u00ab\u00a0Dubium\u00a0\u00bb \u00e0 propos du mot \u00ab\u00a0d\u00e9finitif\u00a0\u00bb dans\u00a0<i>Ordinatio sacerdotalis<\/i>\u00a0et son texte d\u2019explication officiel. Note d\u2019une congr\u00e9gation de la Curie romaine.<\/p>\n<p>1998, mai,\u00a0<i>Ad tuendam fidem<\/i>, Lettre apostolique sous forme de\u00a0<i>Motu proprio<\/i>. Avec sa\u00a0<i>Note doctrinale de la Congr\u00e9gation pour la doctrine de la foi<\/i>, sign\u00e9e de son pr\u00e9fet, le cardinal Ratzinger le 29 juin.<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><br \/>\nLa note de 1995 a port\u00e9 dangereusement la controverse dans le voisinage de la question de l\u2019infaillibilit\u00e9 pontificale. Le\u00a0<i>Motu proprio<\/i>\u00a0de 1998 va plus loin encore. Il vise \u00e0 compl\u00e9ter la derni\u00e8re refonte du\u00a0<i>Droit canonique<\/i>\u00a0et range \u00ab\u00a0la doctrine sur l\u2019ordination sacerdotale exclusivement r\u00e9serv\u00e9e aux hommes\u00a0\u00bb (<i>Documentation catholique<\/i>, 1998, no 2186, p. 656) dans la deuxi\u00e8me cat\u00e9gorie des v\u00e9rit\u00e9s \u00e0 tenir, soit celles qui \u00ab\u00a0sont n\u00e9cessairement li\u00e9es \u00e0 la R\u00e9v\u00e9lation en vertu d\u2019un rapport historique [\u2026], celles qui ont un lien intrins\u00e8que avec la v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00bb et qu\u2019on doit tenir \u00ab\u00a0sous peine de n\u2019\u00eatre plus en pleine communion avec l\u2019\u00c9glise catholique\u00a0\u00bb (p. 654).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Le souverain Pontife, tout en ne voulant pas arriver jusqu\u2019\u00e0 une d\u00e9finition dogmatique, a eu l\u2019intention de r\u00e9affirmer qu\u2019il faut consid\u00e9rer cette doctrine comme d\u00e9finitive (r\u00e9f\u00e9rence \u00e0\u00a0<i>Ordinatio sacerdotalis<\/i>) dans la mesure o\u00f9, fond\u00e9e sur la Parole de Dieu \u00e9crite, elle est transmise constamment par la Tradition de l\u2019\u00c9glise et enseign\u00e9e par le Magist\u00e8re ordinaire et universel (r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la note de 1995). Il n\u2019emp\u00eache que, comme le d\u00e9montre l\u2019exemple pr\u00e9c\u00e9dent, la conscience de l\u2019\u00c9glise ne puisse progresser dans le futur, au point de d\u00e9finir cette doctrine comme divinement r\u00e9v\u00e9l\u00e9e. (p.656)<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><br \/>\nIl existe une vingtaine de cotes canoniques diff\u00e9rentes, indicatives du degr\u00e9 de normativit\u00e9 de tels documents; ils vont de la simple note pour la g\u00e9rance de l\u2019institution dans ses trois fonctions de gouvernement, d\u2019enseignement et de sanctification jusqu\u2019\u00e0 l\u2019encyclique, le document conciliaire et la promulgation d\u2019un dogme o\u00f9 entre en jeu, dans les deux derniers cas, le privil\u00e8ge de l\u2019infaillibilit\u00e9 en mati\u00e8re de doctrine. Aucun des documents r\u00e9pertori\u00e9s n\u2019atteint celle de l\u2019encyclique et des suivantes. Cependant, les citations ci-haut autour d\u2019<i>Ad tuendam fidem\u00a0<\/i>semblent placer la discussion de l\u2019ordination des femmes au-del\u00e0 de ces rep\u00e8res officiels.<\/span><\/span><\/p>\n<p>Le genre litt\u00e9raire des documents \u00e0 l\u2019\u00e9tude est par tradition truff\u00e9 de citations bibliques, directes ou indirectes. Leur liste exhaustive, avec les raisons de leur choix, leur r\u00e9partition et leur traitement en contexte, serait trop lourde \u00e0 manier ici. Pour des raisons pratiques \u00e9videntes, j\u2019op\u00e9rerai une \u00ab\u00a0r\u00e9duction alchimique\u00a0\u00bb du corpus \u00e9tabli et je me concentrerai sur un passage de la\u00a0<i>Lettre aux femmes<\/i>\u00a0de 1995 qui r\u00e9sume bien la dialectique pontificale.<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00ab\u00a0Si le Christ \u2013 par un choix libre et souverain, bien attest\u00e9 dans l\u2019\u00c9vangile et dans la tradition constante de l\u2019\u00c9glise \u2013 a confi\u00e9 seulement aux hommes le devoir d\u2019\u00eatre\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>ic\u00f4ne de son visage de pasteur et d\u2019\u00e9poux de l\u2019\u00c9glise \u00e0 travers l\u2019exercice du sacerdoce minist\u00e9riel<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0[\u2026][1]\u00a0.\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Nous retrouvons dans ces quelques lignes les trois ordres de raisons invoqu\u00e9s depuis Paul\u00a0VI pour le refus oppos\u00e9 \u00e0 l\u2019ordination des femmes\u00a0:<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">&#8211; \u00a0\u00a0\u00a0 Le choix du Christ = les raisons bibliques.<br \/>\n&#8211; \u00a0\u00a0\u00a0 La pratique constante de l\u2019\u00c9glise = les raisons de l\u2019ordre de la Tradition.<br \/>\n&#8211; \u00a0\u00a0\u00a0 La repr\u00e9sentation du Christ impossible \u00e0 une femme = les raisons dites ou de convenances ou symboliques.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><br \/>\nOr, l\u2019argument biblique se retrouve \u00e0 la base des trois ordres dans les contextes qui les explicitent.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i><b>1er ordre<\/b><\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><b>\u00a0\u2014 \u00ab\u00a0Si le Christ \u2013 par un choix libre et souverain\u2026\u00a0\u00bb<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>De\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Inter insigniores<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0\u00e0\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Ordinatio sacerdotalis<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, la r\u00e9f\u00e9rence aux \u00e9vangiles nourrit ligne par ligne ce type de raisons. Jamais auparavant le magist\u00e8re universel et local ne s\u2019\u00e9tait int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sence de femmes autres que Marie et Marie-Madeleine dans les textes fondateurs. Le r\u00e9sultat marque un net progr\u00e8s du c\u00f4t\u00e9 des r\u00e9dacteurs et assur\u00e9ment de multiples d\u00e9couvertes chez maints lecteurs et maintes lectrices, m\u00eame si ces documents sont malheureusement peu lus par des fid\u00e8les qui savent lire pourtant depuis quelques si\u00e8cles. Mais la r\u00e9daction de ces progr\u00e8s et d\u00e9couvertes est coul\u00e9e sur le mod\u00e8le de ce passage d\u2019<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Inter insigniores<\/i><\/span><\/span><code><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/span><\/code><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">: \u00ab\u00a0ce sont pourtant des femmes qui, les premi\u00e8res, ont eu le privil\u00e8ge de voir le Christ ressuscit\u00e9 et ce sont elles que J\u00e9sus charge de porter le premier message pascal aux onze eux-m\u00eames (cf. Mt 28, 7-10; Lc 24, 9-10; Jn 20, 11-18)\u00a0\u00bb. Mais, apr\u00e8s l\u2019avanc\u00e9e \u00e9tonnante de la lecture, l\u2019\u00e9tonnante retomb\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0pour pr\u00e9parer ceux-ci \u00e0 devenir les t\u00e9moins officiels de la R\u00e9surrection[2]\u00a0.\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>bien attest\u00e9 dans l\u2019\u00c9vangile\u00a0<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00bb\u00a0 Devant ce membre de phrase, je quitte l\u2019analyse pour laisser place \u00e0 l&rsquo;expression du malaise de l&rsquo;analyste face \u00e0 ladite clart\u00e9 de l\u2019attestation. Des ex\u00e9g\u00e8tes on peut se demander, comme Edmond Jab\u00e8s \u00e0 propos des rabbins : \u00ab\u00a0Ont-ils lu le livre ? \u00bb et r\u00e9pondre avec lui : \u00ab Ils le lisent[3]\u00a0.\u00a0\u00bb Non pas\u00a0: ils l\u2019ont lu, mais\u00a0: ils sont toujours en train de le lire; c\u2019est leur m\u00e9tier de scribe, voyez-vous. Or, en le lisant se multiplient mes perplexit\u00e9s d\u2019ex\u00e9g\u00e8te devant, d\u2019une part, les textes sur les femmes dans la Bible et leur fonctionnement en ce contexte d\u2019origine et, d\u2019autre part, les m\u00eames textes transport\u00e9s dans le discours pontifical et leur fonctionnement dans ce deuxi\u00e8me contexte. Les\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Notes<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0de 1995 et de 1998 sign\u00e9es du cardinal Ratzinger ne laissent percer, elles, aucune trace de perplexit\u00e9. Au contraire, elles annoncent plut\u00f4t un mouvement de cristallisation de la position officielle au rang de v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e.<\/span><\/span><\/p>\n<p>La v\u00e9rification de ma lecture inqui\u00e8te devra tenir compte des deux p\u00f4les bien marqu\u00e9s qui d\u00e9finissent les contours du probl\u00e8me. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, la th\u00e9orie du texte et de l\u2019interpr\u00e9tation qui fait place \u00e0 des ex\u00e9g\u00e8ses diff\u00e9rentes, issues d\u2019herm\u00e9neutiques, voire d\u2019\u00e9pist\u00e9mologies, diff\u00e9rentes; de l\u2019autre, l\u2019identit\u00e9 d\u2019une \u00c9glise \u00e0 magist\u00e8re, lui-m\u00eame lecteur officiel de la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne et d\u00e9tenteur, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des limites de certaines r\u00e8gles, du pouvoir d\u2019imposer sa lecture. C\u2019est dans cette aire de man\u0153uvre que se situera mon examen des documents pontificaux, men\u00e9 comme toute analyse de texte selon ses lois et ses outils, incluant au premier chef la particularit\u00e9 de ce corpus d\u2019\u00eatre r\u00e9dig\u00e9 en intertextualit\u00e9 constante avec le texte biblique.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats qui seront effleur\u00e9s ici \u00e0 titre exp\u00e9rimental peuvent surprendre. Car, de mon angle de vision, la formule de conclusion chez Paul\u00a0VI et Jean-Paul\u00a0II\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9glise ne peut se permettre d\u2019ordonner des femmes\u00a0\u00bb trouve sa solution lib\u00e9rante. Si elle le veut et quand elle le voudra, bibliquement parlant l\u2019\u00c9glise le pourra.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i><b>2e ordre<\/b><\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><b>\u00a0\u2014 \u00ab\u00a0\u2026 dans la tradition constante de l\u2019\u00c9glise\u2026\u00a0\u00bb<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement de cet ordre de la tradition s\u2019appuie sur les nombreux renvois \u00e0 la pratique des ap\u00f4tres et des premi\u00e8res \u00c9glises dans les Actes et les \u00e9p\u00eetres. Il inclut les allusions aux minist\u00e8res exerc\u00e9s par les chr\u00e9tiennes, les textes de Paul sur les femmes, les passages de la lettre aux H\u00e9breux sur le sacerdoce chr\u00e9tien et, plus largement, la conception du minist\u00e8re dans le Nouveau Testament. Pour prendre la mesure de l\u2019argument dit de tradition, il faudrait encore consid\u00e9rer, outre son volet biblique, la notion th\u00e9ologique de tradition et l\u2019information venue de l\u2019histoire de l\u2019\u00c9glise auxquelles notre corpus r\u00e9f\u00e8re peu.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>a confi\u00e9 seulement aux hommes<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u2026\u00a0\u00bb \u00c0 ce chapitre, le lecteur retrouve sans surprise la question de coll\u00e8ge masculin des Douze, de l\u2019appel \u00e0 suivre J\u00e9sus et de l\u2019envoi en mission qui n\u2019auraient \u00e9t\u00e9 adress\u00e9s qu\u2019aux disciples m\u00e2les et, enfin, de l\u2019absence des femmes \u00e0 la C\u00e8ne. N\u2019est jamais abord\u00e9 directement, ni pour s\u2019en pr\u00e9valoir ni pour y mettre un terme, le fait r\u00e9el, dans les trois grands monoth\u00e9ismes d\u2019ailleurs, de l\u2019\u00e9loignement des femmes des espaces sacr\u00e9s et du soup\u00e7on latent d\u2019impuret\u00e9 sexuelle tous deux pr\u00e9sents dans les textes bibliques.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i><b>3e ordre<\/b><\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><b>\u00a0\u2014 \u00ab\u00a0\u2026 le devoir d\u2019\u00eatre ic\u00f4ne de son visage\u2026\u00a0\u00bb<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>Le vocabulaire de l\u2019ic\u00f4ne, de l\u2019image et de la ressemblance, et du visage appartient \u00e0 Gen\u00e8se 1, 26-27; 5, 1-3 et \u00e0 sa reprise par Paul. Le Fils r\u00e9alise l\u2019image de Dieu par excellence et \u00ab\u00a0la gloire divine rayonne sur le visage du Christ\u00a0\u00bb (2 Co 3, 18), car \u00ab\u00a0ceux que d\u2019avance il a connus, il les a aussi pr\u00e9destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre conformes \u00e0 l\u2019image de son Fils\u00a0\u00bb (Rm 8, 29).<\/p>\n<p>La Gen\u00e8se est on ne peut plus claire au sujet de la femme cr\u00e9\u00e9e \u00e0 l\u2019image de Dieu au m\u00eame titre que l\u2019homme; \u00ab\u00a0Dieu cr\u00e9a l\u2019humain[4]\u00a0\u00e0 son image, \u00e0 l\u2019image de Dieu il les cr\u00e9a, homme et femme il les cr\u00e9a.\u00a0\u00bb Pour Paul \u00e9galement, le destin pr\u00e9vu pour nous tous d\u2019\u00eatre transfigur\u00e9s en l\u2019image du Fils, qui est, lui, l\u2019image par excellence de Dieu n\u2019est donc pas r\u00e9serv\u00e9 qu\u2019aux hommes. Ou bien ses lettres elles-m\u00eames \u00e9taient r\u00e9serv\u00e9es aux hommes de la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne. \u00c9tonnamment, il a fallu des si\u00e8cles d\u2019h\u00e9sitations th\u00e9ologiques et philosophiques avant que P\u00e8res et Docteurs de l\u2019\u00c9glise n\u2019admettent les femmes \u00e0 la qualit\u00e9 d\u2019image de Dieu et selon la nature et selon la gr\u00e2ce. En 1952, Pie\u00a0XII mit fin \u00e0 la controverse dans un discours \u00e0 peu pr\u00e8s pass\u00e9 inaper\u00e7u lors d\u2019une audience accord\u00e9e aux sages-femmes d\u2019Italie. En 1965, dans la Constitution conciliaire\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Gaudium et Spes<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, aux paragraphes 12, 29, 34, il allait de soi de parler de la femme image de Dieu. Dans les textes qui nous occupent, la femme enfin ic\u00f4ne de Dieu ne pourrait \u00eatre celle du Fils, soit celle de l\u2019ic\u00f4ne par excellence du m\u00eame Dieu ?<\/span><\/span><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>ic\u00f4ne de son visage de pasteur<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u2026\u00a0\u00bb pr\u00e9cise\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>La lettre aux femmes.<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0Derri\u00e8re ce court syntagme se profilent \u00e0 nouveau les nombreux passages des \u00e9vangiles, des Actes et des \u00e9p\u00eetres concernant l\u2019appel \u00e0 suivre J\u00e9sus, l\u2019envoi en mission, les activit\u00e9s au service des communaut\u00e9s, la notion m\u00eame de minist\u00e8re chr\u00e9tien et les habitudes d\u2019interpr\u00e9tation qui en excluent les femmes. Or, une r\u00e9vision rigoureuse de la lecture des textes et de l\u2019angle d\u2019approche du mat\u00e9riau n\u00e9otestamentaire permet d\u2019apercevoir les charismes de l\u2019Esprit \u00e9gar\u00e9s chez les femmes, puis de leur accorder le nom de minist\u00e8re. Au t\u00e9moignage du Nouveau Testament, des femmes ont d\u00e9j\u00e0 port\u00e9 dignement la ressemblance du Christ pasteur.<\/span><\/span><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>et de son visage d\u2019\u00e9poux de l\u2019\u00c9glise<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u2026\u00a0\u00bb Non, une femme ne peut symboliser un \u00e9poux. Elle n\u2019est pas du bon \u00ab\u00a0genre\u00a0\u00bb grammatical; elle n\u2019a pas le bon \u00ab\u00a0genre\u00a0\u00bb biologique[5]\u00a0. Donc, elle ne peut pas repr\u00e9senter le Christ-\u00e9poux. Cet argument dit de convenance repose sur la m\u00e9taphore nuptiale plusieurs fois attest\u00e9e dans l\u2019Ancien et le Nouveau Testament pour exprimer la relation de Yahv\u00e9 avec Isra\u00ebl et du Christ avec l\u2019\u00c9glise. Il va sans dire qu\u2019il soul\u00e8ve le probl\u00e8me d\u2019une lecture litt\u00e9rale des m\u00e9taphores et de leur application directe \u00e0 des personnes concr\u00e8tes.<\/span><\/span><\/p>\n<p>Plus largement encore, notre corpus enracine l\u2019incapacit\u00e9 de la femme \u00e0 repr\u00e9senter, en situation sacramentelle, le Christ dans la particularit\u00e9 historique de la masculinit\u00e9 biologique de J\u00e9sus. Paul\u00a0VI a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 lui accorder une valeur th\u00e9ologique et symbolique. \u00ab Car le Christ lui-m\u00eame fut et demeure un homme.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0[\u2026] on ne peut n\u00e9gliger ce fait que le Christ est un homme [\u2026] \u00e0 moins de m\u00e9conna\u00eetre l\u2019importance de ce symbolisme pour l\u2019\u00e9conomie de la R\u00e9v\u00e9lation [\u2026][6]\u00a0\u00a0\u00bb. Les \u00e9tudes qui \u00e9claireraient cette affirmation tardent encore.<\/p>\n<p>En effet, c\u2019est le mot Christ qu\u2019emploient les citations ci-haut. Or, le genre masculin appartient \u00e0 J\u00e9sus, l\u2019homme de Nazareth, selon le Nouveau Testament. Mais selon la proclamation du m\u00eame texte, ce J\u00e9sus en tant que Christ a valeur universelle r\u00e9capitulant en lui, l\u2019homme et la femme. Dans la ligne de la distinction \u00e9tablie par le vocabulaire grec de ce texte pour dire \u00ab\u00a0homme\u00a0\u00bb, J\u00e9sus est un\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>aner<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">(l\u2019homme au masculin ou l\u2019\u00e9poux dans le couple humain) et le Christ est l\u2019<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>anthr\u00f4pos<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, l\u2019humain aussi bien que l\u2019homme.<\/span><\/span><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>\u00e0 travers l\u2019exercice du sacerdoce minist\u00e9riel<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u2026\u00a0\u00bb Jean-Paul\u00a0II avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit dans\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Mulieris dignitatem<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0du 15 ao\u00fbt 1988, no 26\u00a0: \u00ab\u00a0Dans l\u2019Eucharistie s\u2019exprime avant tout sacramentellement l\u2019acte r\u00e9dempteur du Christ-\u00e9poux envers l\u2019\u00c9glise-\u00e9pouse. Cela devient transparent et sans \u00e9quivoque, lorsque le service sacramentel de l\u2019Eucharistie, o\u00f9 le pr\u00eatre agit \u00ab\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>in persona Christi<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0\u00bb est accompli par l\u2019homme.\u00a0\u00bb Le Pape avait maintenu la m\u00eame argumentation dans\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Christifideles la\u00efci<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0du 30 d\u00e9cembre suivant, au no 51. Il faudrait y ajouter de nombreux passages des Messages du Jeudi saint adress\u00e9s aux pr\u00eatres o\u00f9 l\u2019Eucharistie est devenue alliance nuptiale. Ils ont en commun la m\u00eame trajectoire conceptuelle\u00a0: r\u00e9duction du sacerdoce minist\u00e9riel \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration de l\u2019Eucharistie, de l\u2019Alliance nouvelle de la C\u00e8ne \u00e0 l\u2019acception d\u2019alliance nuptiale, de la relation du Christ et de l\u2019\u00c9glise \u00e0 la m\u00e9taphore de l\u2019\u00c9poux et de l\u2019\u00c9pouse. Cette concentration s\u2019op\u00e8re \u00e0 partir d\u2019une autre s\u00e9rie de textes bibliques, ceux qui concernent la C\u00e8ne, l\u2019eucharistie des chr\u00e9tiens, la nature de la Nouvelle Alliance et, de nouveau, la m\u00e9taphore nuptiale appliqu\u00e9e \u00e0 Yahv\u00e9 et au Christ dans les deux Testaments.<\/span><\/span><\/p>\n<p>Bref, quelques lignes caract\u00e9ristiques de la\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Lettre aux femmes<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0et de la probl\u00e9matique de l\u2019ordination reposent sur une somme impressionnante de r\u00e9f\u00e9rences bibliques en citation directe, indirecte, int\u00e9gr\u00e9e au texte ou identifi\u00e9e en notes. Cette trame biblique m\u00e9rite d\u2019\u00eatre regard\u00e9e de plus pr\u00e8s dans son point d\u2019origine et, pour notre propos, dans son point d\u2019arriv\u00e9e au terme de l\u2019op\u00e9ration d\u2019interpr\u00e9tation magist\u00e9rielle. J\u2019en retiendrai deux exemples o\u00f9 \u00ab\u00a0l\u2019attestation claire\u00a0\u00bb des \u00e9vangiles et des \u00e9p\u00eetres comporte quelques \u00e9nigmes\u00a0: 1) La pr\u00e9sence\/absence des femmes \u00e0 la C\u00e8ne; 2) \u00c9ph\u00e9siens 5, 21-33 et le Christ-\u00e9poux qu\u2019une femme ne peut repr\u00e9senter \u00ab\u00a0sacramentellement\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0dans l\u2019\u00e9conomie sacramentelle\u00a0\u00bb. \u00c9ph\u00e9siens 5 recevra une attention plus d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 cause de son importance dans ce paragraphe 11 de\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>La lettre<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0qui marque une brusque retomb\u00e9e par rapport aux dix sections pr\u00e9c\u00e9dentes si prometteuses dans leur r\u00e9flexion sur la situation des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><b>2. Le poids des arguments bibliques de la position pontificale<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>Omnipr\u00e9sent dans les documents officiels, l\u2019argument biblique est certes pertinent. Il appartient \u00e0 la question. Mais dans quelle mesure et \u00e0 quelles conditions est-il probant\u00a0? Son poids peut varier d\u2019un passage \u00e0 l\u2019autre et il n\u2019est surtout pas \u00e0 confondre avec celui de la normativit\u00e9 de la Bible elle-m\u00eame. Il peut se r\u00e9v\u00e9ler fragile comme dans les deux cas retenus.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><b>&#8211; L\u2019absence des femmes \u00e0 la C\u00e8ne<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>L\u2019\u00c9glise catholique romaine place l\u2019institution du sacrement de l\u2019Ordre \u00e0 la derni\u00e8re C\u00e8ne. Or, les femmes disciples \u00e9taient absentes de la salle haute au soir du Jeudi saint. Donc, l\u2019ordination sacerdotale ne leur \u00e9tait pas destin\u00e9e. Qu\u2019en est-il de ce syllogisme\u00a0?<\/p>\n<p>Une premi\u00e8re mise en garde\u00a0: le Nouveau Testament ne s\u2019int\u00e9resse pas \u00e0 la nomenclature des acteurs d\u2019un \u00e9pisode \u00e0 la fa\u00e7on de nos biographies modernes. En Luc 24, 6-8, par exemple, deux hommes en v\u00eatements \u00e9blouissants se pr\u00e9sentent aux femmes venues au tombeau au matin de P\u00e2que, \u00ab\u00a0ces femmes qui avaient accompagn\u00e9 J\u00e9sus depuis la Galil\u00e9e\u00a0\u00bb et ils leur r\u00e9citent ce que nous nommons les annonces solennelles de la Passion. \u00ab\u00a0Alors, elles se rappel\u00e8rent ses paroles.\u00a0\u00bb Mais si nous remontons en 9, 22.43b et 18, 31-34, leur pr\u00e9sence parmi les auditeurs n\u2019est pas mentionn\u00e9e. J\u00e9sus est dit s\u2019y adresser aux disciples et aux Douze au chapitre 18. Or, elles y \u00e9taient, sauf \u00e0 la troisi\u00e8me annonce, et cet exemple nous rappelle du m\u00eame coup que le mot disciple ne d\u00e9signait pas que des hommes.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me remarque\u00a0: qui est entr\u00e9 dans la salle de la derni\u00e8re C\u00e8ne\u00a0? Je ne poserai la question qu\u2019aux trois \u00e9vangiles synoptiques, puisque la soir\u00e9e d\u2019adieu en Jean ne comporte pas les gestes et les paroles sur le pain et le vin, soit le r\u00e9cit dit de l\u2019institution des sacrements de l\u2019Eucharistie et de l\u2019Ordre.<\/p>\n<p>Au stade des pr\u00e9paratifs, les disciples (Mt 26, 17), ses disciples (Mc 14, 12) sollicitent les instructions de J\u00e9sus pour le repas de la P\u00e2que. En Lc 22, 8, c\u2019est lui qui charge\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Pierre<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0et\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Jean<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0de tout pr\u00e9voir pour un programme narratif tr\u00e8s clair\u00a0: faire ou manger la P\u00e2que \u00ab\u00a0avec\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>mes disciples<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0\u00bb. Et\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>les disciples<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">,\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Pierre<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0et\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Jean<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0en Luc, suivent les indications du Ma\u00eetre. L\u2019appellation disciple recouvre encore des hommes et des femmes.<\/span><\/span><\/p>\n<p>Le soir venu, J\u00e9sus arrive avec les\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Douze<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0(Mc 14, 17), se trouve \u00e0 table avec\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>les douze disciples<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0(Mt 26, 20), se met \u00e0 table et les\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>ap\u00f4tres avec lui<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0(Lc 22, 14). L\u2019insistance de l\u2019\u00e9nonciation se d\u00e9place des disciples vers les Douze, m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas \u00e9vident \u00e0 la premi\u00e8re lecture qu\u2019ap\u00f4tre soit synonyme de Douze. Il suffit de garder \u00e0 la m\u00e9moire pour le moment que l\u2019acception du terme dans le Nouveau Testament est sujette \u00e0 des variations selon les diff\u00e9rents livres et que la qualification d\u2019ap\u00f4tre peut \u00eatre appliqu\u00e9e \u00e0 une femme d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e par sa communaut\u00e9 pour une mission d\u2019\u00e9vang\u00e9lisation[7]\u00a0\u00a0.<\/span><\/span><\/p>\n<p>Narrativement, l\u2019arriv\u00e9e des Douze avec J\u00e9sus a-t-elle signifi\u00e9 la sortie simultan\u00e9e ou ant\u00e9rieure des disciples ind\u00e9termin\u00e9s qui avaient pr\u00e9par\u00e9 la P\u00e2que, y compris les femmes qui pouvaient faire partie du groupe\u00a0? Aucun personnage en v\u00eatements lumineux n\u2019est encore venu r\u00e9pondre \u00e0 la curiosit\u00e9 de g\u00e9n\u00e9rations de lecteurs et de lectrices. Nous sommes r\u00e9duits \u00e0 notre tour \u00e0 deux hypoth\u00e8ses plausibles\u00a0: ou bien des femmes disciples non mentionn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 convives de tout le repas en toutes ses dimensions inattendues, ce que nul indice textuel ne nous permet ni d\u2019affirmer ni d\u2019infirmer; ou bien les Douze sont rest\u00e9s seuls avec l\u2019h\u00f4te J\u00e9sus. Je suivrai cette piste, la plus difficile dans cette question de la pr\u00e9sence\/absence des femmes.<\/p>\n<p>Il n\u2019y avait pas de femmes parmi les Douze, m\u00eame si plusieurs d\u2019entre elles faisaient route avec eux dans le noyau le plus intime des disciples de J\u00e9sus. Nous le savons par la liste de leurs noms, tous masculins. Dans \u00e9vangiles et Actes, d\u2019autres personnes accomplissaient exactement le m\u00eame minist\u00e8re que ces Douze, dont ces 72 disciples mandat\u00e9s par J\u00e9sus (Lc 10, 1-20) qui voyageaient deux par deux, donc par couples qui rendaient possible la participation itin\u00e9rante des femmes. M\u00eame si 72 est un multiple de 12, il reste que dans le groupe des Douze, il n\u2019y avait pas de femmes.<\/p>\n<p>Cependant, ils sont douze, ni onze, ni treize. Ce nombre les rattache \u00e0 un r\u00e9seau figuratif important dans le Nouveau Testament et ses racines v\u00e9t\u00e9ro-testamentaires. Lors du renouvellement de toutes choses, ils si\u00e9geront sur douze tr\u00f4nes pour juger (au sens d\u2019exercer la justice et de r\u00e9gner) les douze tribus d\u2019Isra\u00ebl (Mt 19, 28; Lc 22, 30). Leurs noms seront grav\u00e9s sur les douze assises de la J\u00e9rusalem c\u00e9leste (Ap 21, 14.21), dans ce monde parfait aux douze portes de perle gard\u00e9es par douze anges, aux douze r\u00e9coltes annuelles des fruits de l\u2019arbre de vie. Douze, le nombre symbolique de la totalit\u00e9, de la pl\u00e9nitude du peuple de Dieu (Ap7, 4; 14, 1.3\u00a0: 12 000 x 12 = 144 000 marqu\u00e9s du sceau et rachet\u00e9s de la terre).<\/p>\n<p>Les Douze ne sont pas \u00e0 la C\u00e8ne que pour eux-m\u00eames et ce qui les constitue en groupe, ce ne sont pas leurs particularit\u00e9s individuelles \u2013 ethnie, \u00e9tat de vie, m\u00e9tiers, diff\u00e9renciation sexuelle \u2013 mais la valeur d\u2019universalit\u00e9 qu\u2019ensemble ils repr\u00e9sentent. Auraient-ils \u00e9t\u00e9 les seuls convives quand le repas pascal se mue en ratification de l\u2019Alliance nouvelle, le pain et le vin identifi\u00e9s \u00e0 J\u00e9sus sont tendus, \u00e0 travers eux, \u00e0 la \u00ab\u00a0multitude\u00a0\u00bb. Et elle comprend hommes et femmes. Il serait temps que Dina prenne sa place \u00e0 la table parmi ses fr\u00e8res des douze tribus d\u2019Isra\u00ebl\u00a0: le patriarche Jacob avait engendr\u00e9 non pas douze mais treize descendants.<\/p>\n<p>Cela dit, la v\u00e9rification de la pr\u00e9sence\/absence des femmes \u00e0 ce repas unique en r\u00e9ponse \u00e0 la question de leur accession \u00e0 l\u2019ordination sacerdotale me semble un probl\u00e8me mal pos\u00e9. Cette question est beaucoup plus largement qu\u2019une affaire de th\u00e9ologie des minist\u00e8res chr\u00e9tiens, qu\u2019une th\u00e9ologie en mal de r\u00e9vision, parvenue \u00e0 un moment du d\u00e9veloppement de la Tradition o\u00f9 s\u2019impose un besoin urgent de refaire sa propre critique. La consultation des textes fondateurs devrait commencer par une triple remise en contexte, celle des paroles dites de l\u2019institution d\u2019abord, souvent th\u00e9ologis\u00e9es hors du r\u00e9cit de la C\u00e8ne, puis de ce r\u00e9cit lui-m\u00eame dans la syntagmatique des \u00e9vangiles, enfin des rapports de J\u00e9sus avec les femmes dans le r\u00e9cit englobant des synoptiques. Est sugg\u00e9r\u00e9e ici la remise en perspective de phrases si souvent ass\u00e9n\u00e9es hors contexte par les camps du oui et du non.<\/p>\n<p>La C\u00e8ne restitu\u00e9e \u00e0 son cadre d\u2019appartenance textuelle avait-elle pour but l\u2019institution des sacrements de l\u2019Eucharistie et de l\u2019Ordre\u00a0? Ou ces deux sacrements ne d\u00e9coulent-ils pas plut\u00f4t de la r\u00e9alit\u00e9 propre \u00e0 la C\u00e8ne et de son am\u00e9nagement dans la vie concr\u00e8te de l\u2019\u00c9glise\u00a0? Elle a \u00e9t\u00e9 le repas qui accomplissait l\u2019Alliance nouvelle et qui instituait sa propre suite dans celui de l\u2019Eucharistie qui r\u00e9alise au fil du temps l\u2019identification des baptis\u00e9s au Christ et entre eux, et l\u2019\u00e9dification du Corps du Christ total (1 Co 10, 16-17; 11, 23-30; Ep 4, 12-13) compos\u00e9 d\u2019hommes et de femmes.<\/p>\n<p>C\u2019est la communaut\u00e9 qui c\u00e9l\u00e8bre et fait eucharistie. C\u2019est \u00e0 elle que Paul s\u2019adresse quand il veut rappeler s\u00e9v\u00e8rement la nature du \u00ab\u00a0repas du Seigneur\u00a0\u00bb (1 Co, 11, 17-34) et non \u00e0 ses ministres. Nous n\u2019avons pas \u00e0 en conclure que liturgie et pr\u00e9sident d\u2019assembl\u00e9es n\u2019existaient pas, mais \u00e0 nous inqui\u00e9ter du fait historique que des minist\u00e8res diversifi\u00e9s \u00e0 la naissance du christianisme ont \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0sacerdotalis\u00e9s\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire concentr\u00e9s dans la personne des pr\u00eatres et des \u00e9v\u00eaques, voire \u00ab\u00a0douzifi\u00e9s\u00a0\u00bb dans la hi\u00e9rarchie institutionnelle clercs\/la\u00efques, o\u00f9 l\u2019exclusion des femmes du sacerdoce bloque leur acc\u00e8s au plein exercice des minist\u00e8res beaucoup plus que leur pr\u00e9sence\/absence \u00e0 la C\u00e8ne.<\/p>\n<p>Qui \u00e9taient pr\u00e9sents \u00e0 la C\u00e8ne, selon la lecture la plus \u00e9troite des textes\u00a0? Un groupe de douze hommes, Juifs, mari\u00e9s, de condition sociale plut\u00f4t modeste; du point de vue religieux, ni rabbins, ni chefs de synagogue, ni l\u00e9vites, ni pr\u00eatres. Qui leur a succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 travers l\u2019histoire\u00a0? Il ne manque \u00e0 l\u2019heure actuelle que des femmes parmi la foule bigarr\u00e9e de leurs successeurs.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><b>&#8211; \u00c9ph\u00e9siens 5, 21-33<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>La r\u00e9f\u00e9rence majeure au Christ-\u00e9poux de l&rsquo;\u00c9glise d&rsquo;o\u00f9 les documents pontificaux tirent l&rsquo;incapacit\u00e9 de la femme \u00e0 le repr\u00e9senter sacramentellement m\u00e9rite un examen attentif et chez Paul et dans la l\u00e9gislation eccl\u00e9siale qui en d\u00e9coule. Ep 5, 21-33 fonctionne \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;une comparaison terme \u00e0 terme\u00a0: comme le Christ, chef de l&rsquo;\u00c9glise, a aim\u00e9 I&rsquo;\u00c9glise et en est le sauveur et le pourvoyeur, ainsi le mari, chef de sa femme, doit l&rsquo;aimer et pourvoir \u00e0 ses besoins; en contrepartie, comme l&rsquo;\u00c9glise envers le Christ&#8230; ainsi la femme envers son mari.<\/p>\n<p>Ce raisonnement se d\u00e9roule au prix d&rsquo;entorses \u00e0 la comparaison \u00e9tablie, la plus flagrante \u00e9tant que le mari n&rsquo;est pas le sauveur de son \u00e9pouse comme le Christ l&rsquo;est de l&rsquo;\u00c9glise, et des femmes. Au prix d&rsquo;une torsion de la comparaison elle-m\u00eame\u00a0: les rapports du Christ et de l&rsquo;\u00c9glise sont pr\u00e9sent\u00e9s comme \u00e9clairage de ceux du mariage humain, c&rsquo;est-\u00e0-dire comme p\u00f4le le plus connu \u00e9clairant le moins connu. Or, le \u00ab\u00a0myst\u00e8re\u00a0\u00bb des rapports du Christ et de l&rsquo;\u00c9glise (v. 32) est lui-m\u00eame calqu\u00e9 sur les rapports hommes-femmes du mariage de type patriarcal.<\/p>\n<p>De plus, l&rsquo;argumentation proc\u00e8de par l\u2019homologation de deux couples\u00a0: Christ-\u00c9glise (image de celui de Yahv\u00e9-Isra\u00ebI, non \u00e9nonc\u00e9 ici mais enracin\u00e9 dans la tradition h\u00e9bra\u00efque de Paul) et mari-femme. Mais un glissement s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9 chez Paul. L\u2019\u00e9pouse \u00c9glise comprend et des hommes et des femmes, or, il les s\u00e9pare; les humains biologiquement sexu\u00e9s au masculin migrent, et eux seuls, dans la colonne du Christ (et de Yahv\u00e9). La conclusion surgit automatiquement \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage de I&rsquo;application concr\u00e8te au mariage chr\u00e9tien. La soumission revient en apanage \u00e0 la femme homologu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise (et \u00e0 Isra\u00ebl) dans son rapport au p\u00f4le \u00e9minemment transcendant du Christ (et de Dieu). Cela en contradiction avec l&rsquo;en-t\u00eate du v. 21\u00a0: \u00ab\u00a0Vous qui craignez le Christ, soumettez-vous les uns aux autres.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En effet, Ep 5, 21-33 appartient \u00e0 une unit\u00e9 discursive bien d\u00e9limit\u00e9e qui s&rsquo;\u00e9tend de 5, 21 \u00e0 6, 9. Elle est form\u00e9e d&rsquo;exhortations \u00e0 trois couples de relations\u00a0: mari\/femme, parents\/enfants, ma\u00eetres\/esclaves. On en retrouve un parall\u00e8le exact, quant \u00e0 ces destinataires, en Col 3, 18 \u00e0 4, 1, mais sans l&rsquo;\u00e9quivalent du v. 21 en introduction ni la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 I&rsquo;union du Christ et de l&rsquo;\u00c9glise que, par contraste, elle met en \u00e9vidence. Les traducteurs titrent souvent le passage d&rsquo;\u00c9ph\u00e9siens : \u00ab\u00a0Les relations nouvelles\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0La vie nouvelle dans le Christ\u00a0\u00bb. La soumission mutuelle du v. 21 est nouvelle, mais le d\u00e9tail des recommandations rappelle les codes domestiques en vigueur dans l&#8217;empire romain o\u00f9 la soumission est \u00e0 sens unique. Paul les \u00e9claire d&rsquo;ajouts du style\u00a0: \u00ab\u00a0ob\u00e9issez comme vous ob\u00e9iriez au Seigneur\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0parents, commandez \u00e0 vos enfants selon les conseils venus du Seigneur\u00a0\u00bb, mais de neuf il n&rsquo;y aura que les adoucissements demand\u00e9s aux dominants, ce que les sto\u00efciens, surtout latins, avaient d\u00e9j\u00e0 pr\u00f4n\u00e9. L\u2019abolition \u00ab\u00a0dans le Seigneur\u00a0\u00bb (si ce n\u2019est dans le tout-puissant empire romain) de la cat\u00e9gorie dominants\/domin\u00e9s ne sera pas affirm\u00e9e\u2026 et la soumission demeurera le partage des domin\u00e9s, femmes, enfants et esclaves.<\/p>\n<p>De nombreux commentaires invoquent aussi la nouveaut\u00e9 de la r\u00e9ciprocit\u00e9 dans les exhortations. Paul distribue \u00e9galement les imp\u00e9ratifs, il est vrai, mais leurs contenus, eux, ne sont pas r\u00e9ciproques\u00a0: soumission et crainte r\u00e9v\u00e9rencielle chez l&rsquo;\u00e9pouse, les enfants et les esclaves contre amour, indulgence, mansu\u00e9tude chez les maris, les parents et les ma\u00eetres. Autre opinion fr\u00e9quente, il n&rsquo;y aurait pas d\u00e9claration d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 des femmes mais distribution de r\u00f4les selon les sexes dans le mariage. La soumission, m\u00eame noblement accept\u00e9e, et l&rsquo;amour compr\u00e9hensif sont-ils des r\u00f4les, des fonctions, des vertus sp\u00e9cifiques \u00e0 certains humains et pas \u00e0 d&rsquo;autres, et r\u00e9partis selon les genres masculin et f\u00e9minin\u00a0? Nouveaut\u00e9 il y aurait eu si Paul avait demand\u00e9 \u00e0 la femme, d\u00e9j\u00e0 en position sociale de soumission, l&rsquo;amour de son mari plut\u00f4t que la crainte respectueuse et au mari, d\u00e9j\u00e0 en position de domination, la soumission de l&rsquo;amour. Les m\u0153urs de l&rsquo;\u00e9poque rendaient-elles impossible un tel discours au mari\u00a0? Que Paul n\u2019ait pu culturellement le tenir ne change pas la nature de ses \u00e9nonc\u00e9s et \u00e0 sa suite les \u00c9glises les ont lus, de fa\u00e7on litt\u00e9rale et absolue, comme normes des rapports hommes-femmes. Et la nouveaut\u00e9 du mariage \u00ab\u00a0dans le Christ\u00a0\u00bb s&rsquo;en est trouv\u00e9e \u00e9vacu\u00e9e d&rsquo;Ep 5.<\/p>\n<p>Pendant des si\u00e8cles cette nouveaut\u00e9 s&rsquo;est r\u00e9duite \u00e0 recommander aux dominants de doser avec justice la soumission prescrite aux domin\u00e9es. \u00ab Que tout se passe dans la dignit\u00e9\u00a0\u00bb, la dignit\u00e9 des encycliques sur le mariage. Il aura fallu attendre Jean-Paul\u00a0II pour que la r\u00e9flexion th\u00e9ologique se porte jusqu&rsquo;\u00e0 la relation dominant\/domin\u00e9e elle-m\u00eame pour la contester. Sa lecture de Gn 3, 16 marque un tournant historique dans la position du magist\u00e8re, un tournant curieusement fort peu salu\u00e9.<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00ab\u00a0Lui dominera sur toi\u00a0\u00bb. \u00ab Cette \u00ab\u00a0domination\u00a0\u00bb d\u00e9signe la perturbation et la perte de stabilit\u00e9 de l\u2019\u00e9galit\u00e9 fondamentale que poss\u00e8dent l&rsquo;homme et la femme dans l&rsquo;\u00ab\u00a0unit\u00e9 des deux\u00a0\u00bb, et cela surtout au d\u00e9triment de la femme, alors que seule l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 qui r\u00e9sulte de la dignit\u00e9 des deux en tant que personnes peut donner aux rapports r\u00e9ciproques le caract\u00e8re d&rsquo;une authentique \u00ab\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>communio personarum<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0\u00bb. Si la violation de cette \u00e9galit\u00e9, qui est \u00e0 la fois un don et un droit venant de Dieu Cr\u00e9ateur lui-m\u00eame, comporte un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9favorable \u00e0 la femme, par le fait m\u00eame elle diminue aussi la vraie dignit\u00e9 de l&rsquo;homme. ( &#8230; )\u00a0 La femme ne peut devenir un \u00ab objet \u00bb de \u00ab domination \u00bb et de \u00ab possession \u00bb\u00a0de l&rsquo;homme[8]\u00a0\u00a0.\u00a0\u00bb\u00a0<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><br \/>\nSi nous avons bien lu, ces phrases marquent la fin dudit devoir de soumission de la femme envers son mari. Et encore mieux, la citation suivante, m\u00eame si elle refl\u00e8te I&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 r\u00e9elle qui persiste dans et autour d&rsquo;Ep 5\u00a0:<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[&#8230;] \u00ab\u00a0les femmes doivent se soumettre \u00e0 leurs maris, comme au Seigneur; en effet, pour la femme, le mari est la t\u00eate\u00a0\u00bb (cf. 5, 22-23). L\u2019auteur (Paul) sait que cette attitude, si profond\u00e9ment enracin\u00e9e dans les m\u0153urs et la tradition religieuse du temps, doit \u00eatre comprise et v\u00e9cue d&rsquo;une mani\u00e8re nouvelle, comme une \u00ab\u00a0soumission mutuelle dans la crainte du Christ\u00a0\u00bb (cf. Ep 5, 21); d&rsquo;autant plus que le mari est dit \u00ab\u00a0chef\u00a0\u00bb de la femme\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>comme<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0le Christ est chef de l&rsquo;\u00c9glise; il l&rsquo;est pour \u00ab\u00a0se livrer pour elle\u00a0\u00bb (Ep 5, 25), et se livrer pour elle c&rsquo;est donner jusqu&rsquo;\u00e0 sa vie. Mais, tandis que dans la relation Christ-\u00c9glise, la seule soumission est celle de l&rsquo;\u00c9glise, dans la relation mari-femme, la soumission n&rsquo;est pas unilat\u00e9rale, mais bien r\u00e9ciproque\u00a0[9]\u00a0\u00a0!<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><br \/>\n\u00ab\u00a0L\u2019auteur sait&#8230;\u00a0\u00bb (et encore jusqu&rsquo;\u00e0 quel point des implications concr\u00e8tes de son savoir sait-il, comme nous le d\u00e9montre le corpus de ses \u00e9p\u00eetres si riche de ses \u00e9volutions constantes\u00a0?), mais ce n&rsquo;est pas ce qu\u2019<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>il dit<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0dans l&rsquo;espace de texte cit\u00e9. Ce que dit son argumentation men\u00e9e \u00e0 travers l&rsquo;homologation de trois cat\u00e9gories imbriqu\u00e9es\u00a0: femmes\/maris, elle-m\u00eame homologu\u00e9e \u00e0 \u00c9glise\/Christ; enfants\/parents; esclaves\/ma\u00eetres. La soumission annonc\u00e9e comme mutuelle dans la phrase d&rsquo;introduction (v. 21) ne se retrouve qu&rsquo;\u00e0 un des p\u00f4les des trois cat\u00e9gories. La r\u00e9ciprocit\u00e9 est oubli\u00e9e, m\u00eame contredite par le contenu des prescriptions \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9ratif distribu\u00e9es \u00e0 chacun des six p\u00f4les. Loin d&rsquo;abandonner les cat\u00e9gories pos\u00e9es ou de les corriger, elles s&rsquo;y adaptent. Paul ne dit pas ici \u00ab\u00a0Rectifiez les rapports hommes-femmes, faites dispara\u00eetre cette hi\u00e9rarchie qui n\u2019existe plus dans le Seigneur \u00bb (Gn 3, 28). Ainsi \u00e9crivait Paul en son lieu discursif d&rsquo;Ep 5; chercher \u00e0 travestir ou \u00e0 exon\u00e9rer sa pens\u00e9e n&rsquo;aiderait en rien la cause de l&rsquo;interpr\u00e9tation. Ainsi \u00e9crivait Jean-Paul\u00a0II en son lieu discursif de\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Mulieris dignitatem<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">; si le Pape n&rsquo;y consid\u00e8re que le cas des femmes et des maris, le probl\u00e8me du v. 21 n&rsquo;en demeure pas moins.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p>Il faudrait pousser plus loin l&rsquo;analyse de discours dans les deux textes, ceux de Paul et de Jean-Paul\u00a0II lisant Paul, et dans le troisi\u00e8me, c&rsquo;est-\u00e0-dire le discours magist\u00e9riel qui statue \u00e0 leur suite sur la non-ordination des femmes. Il faudrait surtout que ces analyses rendent compte du fait textuel qui r\u00e9git les trois\u00a0: la comparaison \u00ab comme&#8230; ainsi\u00a0\u00bb articul\u00e9e par Paul \u00e0 plusieurs niveaux a sa source dans la m\u00e9taphore de la nuptialit\u00e9, qu&rsquo;elle n&rsquo;arrive d&rsquo;ailleurs pas \u00e0 rendre correctement et c&rsquo;est pourquoi elle boite. Cette m\u00e9taphore parcourt toute la Bible, de l&rsquo;Ancien Testament \u00e0 l&rsquo;Apocalypse; elle tente d&rsquo;exprimer la relation Yahv\u00e9-Isra\u00ebI, Christ-\u00c9glise en des passages saisissants \u00e9tant donn\u00e9 toute la distance entre Dieu et l&rsquo;humanit\u00e9, des passages de grande qualit\u00e9 litt\u00e9raire de surcro\u00eet.<\/p>\n<p>Les conclusions d&rsquo;Ep 5, 22-33 sur les rapports maris et femmes reposent sur une homologation avec le rapport Christ et \u00c9glise \u2013 qualifi\u00e9 de grand myst\u00e8re au v. 32 \u2013 sur une m\u00e9taphore, que d&rsquo;autres types d&rsquo;analyse nommeraient symbolique nuptiale. O\u00f9 Yahv\u00e9 n\u2019est pas affect\u00e9 de diff\u00e9renciation sexuelle et le Christ non plus en tant que Christ assumant l&rsquo;humanit\u00e9 enti\u00e8re, hommes et femmes; le Christ n\u2019est pas un \u00e9poux. O\u00f9 ni Isra\u00ebl ni l&rsquo;\u00c9glise ne sont des personnes; l&rsquo;\u00c9glise n&rsquo;est pas une \u00e9pouse. Dans une Bible o\u00f9 la relation de filiation surclasse, et de beaucoup, celle de la nuptialit\u00e9, r\u00e9serv\u00e9e dans son emploi \u00e0 l\u2019expression de l&rsquo;intensit\u00e9 de l&rsquo;intimit\u00e9 avec Dieu et de l&rsquo;engagement de ce dernier envers la cr\u00e9ature humaine fa\u00e7onn\u00e9e \u00e0 sa ressemblance. Dans ce livre, en effet, histoire et histoires, symboles et ombres de concepts, promesses et accomplissement, tout aboutit \u00e0 la naissance d&rsquo;un Fils en qui les humains deviendront fils et filles de Dieu avec droit d&rsquo;h\u00e9ritage (Gn 4, 1-7; Ep 2, 19). Sur ce fond de sc\u00e8ne global, domin\u00e9 par le d\u00e9veloppement de la relation filiale, l&rsquo;inflation de la m\u00e9taphore nuptiale d\u00e8s qu&rsquo;il est question d&rsquo;alliance reprend de plus justes proportions.<\/p>\n<p>Le parcours descendant qui va d&rsquo;un \u00ab\u00a0grand myst\u00e8re\u00a0\u00bb \u00e0 une l\u00e9gislation concr\u00e8te calibre la repr\u00e9sentation sacramentelle du Christ. Il a pour effet de poser sur les femmes, qui, elles, ne sont pas des m\u00e9taphores, une exclusion fond\u00e9e sur le genre biologique et grammatical. Elle soul\u00e8ve une cascade de questions, dont les femmes attendent l\u00e9gitimement la r\u00e9ponse, sur la valeur th\u00e9ologique du sexe masculin de l&rsquo;homme J\u00e9sus et de celui de l&rsquo;homme pr\u00eatre, sur l&rsquo;identification des chr\u00e9tiens au Christ ou \u00e0 l&rsquo;homme J\u00e9sus, sur la communion sacramentelle au Christ ou \u00e0 J\u00e9sus, sur la notion de repr\u00e9sentation sacramentelle. Et nous voil\u00e0 ramen\u00e9s \u00e0 la premi\u00e8re page de la Gen\u00e8se, \u00e0 l&rsquo;image de Dieu homme\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>et<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0femme.<\/span><\/span><\/p>\n<p>Une derni\u00e8re remarque sur ce que j&rsquo;ai appel\u00e9 plus haut le troisi\u00e8me texte, c&rsquo;est-\u00e0-dire :\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>La Lettre aux femmes<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0de Jean-Paul II qui est l&rsquo;ici de notre lecture, texte \u00e0 travers lequel nous remontons aux deux premiers. La m\u00e9taphore nuptiale abstraite de son contexte biblique y est transpos\u00e9e terme \u00e0 terme sur homme et sur femme au moyen d&rsquo;Ep 5, 21-33, pour en tirer une conclusion en th\u00e9ologie des minist\u00e8res. Une mise en discours d&rsquo;ordre m\u00e9taphorique est lue et d\u00e9cod\u00e9e de fa\u00e7on litt\u00e9rale. Au-del\u00e0 des int\u00e9r\u00eats hommes-femmes, cette d\u00e9marche nous place devant un probl\u00e8me plus large, celui de la lecture des textes bibliques. Les dimensions \u00e0 peine entrevues de ce probl\u00e8me d&rsquo;herm\u00e9neutique majeur peuvent effrayer. Pourtant, son identification courageuse et sa solution progressive pourraient ouvrir \u00e0 un tel renouvellement de la th\u00e9ologie et de la vie eccl\u00e9siale.<\/span><\/span><\/p>\n<p>Aux deux exemples retenus, la pr\u00e9sence\/absence des femmes \u00e0 la C\u00e8ne et Ep 5, 22-33, posons maintenant la question du poids des arguments bibliques dans la position pontificale sur l&rsquo;ordination r\u00e9serv\u00e9e aux hommes. Une fois \u00e9cart\u00e9e la confusion de leur importance en tant que textes bibliques et d&rsquo;une normativit\u00e9\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>de facto<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, ils se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s bien fragiles pour soutenir un refus \u00ab\u00a0d\u00e9finitif\u00a0\u00bb adress\u00e9 aux femmes, un refus par ailleurs grev\u00e9 par le poids du \u00ab\u00a0genre\u00a0\u00bb pr\u00e9sent et dans la Bible et dans les documents du magist\u00e8re. Repr\u00e9sentatifs de la masse de r\u00e9f\u00e9rences r\u00e9pertori\u00e9es en premi\u00e8re partie, pour leur part probl\u00e9matiques dans leurs zones d&rsquo;ombre si nombreuses, ils ne font justement pas le poids, \u00e0 mon avis. Pour un enjeu si lourd, on leur souhaiterait un suppl\u00e9ment d&rsquo;\u00e9clairage ex\u00e9g\u00e9tique et plus encore la clarification de la position herm\u00e9neutique du lecteur magist\u00e9riel devant le texte biblique.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><b>3. Le poids du genre dans l&rsquo;argumentation et la conclusion magist\u00e9rielles<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>Un court extrait de la\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Lettre aux femmes<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 jusqu&rsquo;ici comme rampe d&rsquo;acc\u00e8s aux passages bibliques invoqu\u00e9s. Il est temps de le rendre \u00e0 son articulation syntaxique imm\u00e9diate et au contexte de son unit\u00e9 discursive propre, soit\u00a0LA SECTION NO 11\u00a0du document. \u00c0 fleur-de-texte, marge \u00e0 marge, il y est manifestement question de masculin et de f\u00e9minin. Relu selon les cat\u00e9gories du genre, comme tout autre texte pr\u00e9sentant ce figuratif de surface, quel \u00e9clairage en recevons-nous du \u00ab\u00a0a confi\u00e9 seulement aux hommes\u00a0\u00bb consid\u00e9r\u00e9 d\u2019abord exclusivement dans son rapport \u00e0 I&rsquo;arri\u00e8re-plan biblique[10]\u00a0?<\/span><\/span><\/p>\n<p>Les dix sections pr\u00e9c\u00e9dentes de cette lettre adress\u00e9e \u00ab\u00a0aux femmes du monde entier\u00a0\u00bb, donc aux chr\u00e9tiennes et aux non-chr\u00e9tiennes, aux croyantes et aux non-croyantes, ont pour titres, \u00e0 partir de la deuxi\u00e8me\u00a0: Un merci pour ce que les femmes repr\u00e9sentent pour l&rsquo;humanit\u00e9; Les conditions h\u00e9rit\u00e9es de l&rsquo;histoire; L\u2019\u00e9galit\u00e9 effective des droits partout dans le monde; Les abus dans le domaine de la sexualit\u00e9; Pers\u00e9v\u00e9rer dans la voie du plein respect de la dignit\u00e9 f\u00e9minine; Dans la cr\u00e9ation est inscrit le principe de l&rsquo;aide r\u00e9ciproque[11]; Le progr\u00e8s de la dimension \u00e9thique; Marie, la plus haute expression du \u00ab\u00a0g\u00e9nie de la femme\u00a0\u00bb. Et la d\u00e9marche et le contenu t\u00e9moignent d&rsquo;un acquiescement au rajustement de la place des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9. On y trouve m\u00eame un hommage aux f\u00e9ministes\u00a0:<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Je ne puis m&#8217;emp\u00eacher de manifester mon admiration pour les femmes de bonne volont\u00e9 qui se sont consacr\u00e9es \u00e0 la d\u00e9fense de la dignit\u00e9 de la condition f\u00e9minine par la conqu\u00eate de droits fondamentaux sur le plan social, \u00e9conomique et politique, et qui ont pris courageusement cette initiative en des temps o\u00f9 cet engagement de leur part \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un acte de transgression, un signe de manque de f\u00e9minit\u00e9, une manifestation d&rsquo;exhibitionnisme, voire un p\u00e9ch\u00e9[12]\u00a0!<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00c0 plusieurs reprises, un \u00ab\u00a0et dans l&rsquo;\u00c9glise\u00a0\u00bb s&rsquo;ajoute au rappel d&rsquo;injustices d\u00e9plor\u00e9es dans la soci\u00e9t\u00e9, couronn\u00e9 par un d\u00e9saveu\u00a0: \u00ab Mais si, dans ce domaine, on ne peut nier, surtout dans certains contextes historiques, la responsabilit\u00e9 objective de nombreux fils de l&rsquo;\u00c9glise, je le regrette sinc\u00e8rement[13].<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p>Les num\u00e9ros 7 et 8 d\u00e9montrent une heureuse int\u00e9gration de certains progr\u00e8s de l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se r\u00e9cente dans la lecture des r\u00e9cits de la cr\u00e9ation. Elle \u00e9tait d&rsquo;ailleurs perceptible \u00e0 partir de\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Mulieris dignitatem<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0de 1988, mais jumel\u00e9e avec la m\u00eame retomb\u00e9e abrupte d\u00e8s que la discussion aborde la question des fonctions dans l&rsquo;\u00c9glise.\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>La Lettre<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0y vient \u00e0 travers la notion de service, du service \u00ab\u00a0royal\u00a0\u00bb de Marie, et titre la section 11\u00a0: \u00ab\u00a0Parmi la diversit\u00e9 des fonctions\u00a0: le sacerdoce minist\u00e9riel\u00a0\u00bb. Du groupe des destinataires universelles du message, de ces \u00ab\u00a0femmes du monde entier\u00a0\u00bb, cette section distingue les femmes catholiques romaines. Peut-\u00eatre faudrait-il tenter d&rsquo;expliquer aussi aux non-catholiques et aux non-chr\u00e9tiennes la rupture inattendue du fil de la r\u00e9flexion pr\u00e9c\u00e9dente, de son ton tout d&rsquo;estime, d&rsquo;admiration, de volont\u00e9 de contribuer au plein \u00e9panouissement longtemps refus\u00e9 de leurs immenses possibilit\u00e9s\u00a0?<\/span><\/span><\/p>\n<p>Les deux derniers paragraphes de la section reprenant les consid\u00e9rations th\u00e9oriques sur le service et le pan\u00e9gyrique de l&rsquo;apport de certaines femmes remarquables dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;\u00c9glise, les deux premiers[14], eux, se d\u00e9tachent comme une unit\u00e9 construite autour de la question du sacerdoce[15]. C&rsquo;est cette unit\u00e9 que nous lirons sous l&rsquo;angle du \u00ab\u00a0genre\u00a0\u00bb du \u00ab\u00a0genr\u00e9\u00a0\u00bb et du \u00ab\u00a0genrant\u00a0\u00bb. C&rsquo;est-\u00e0-dire de ce qu&rsquo;une autorit\u00e9 ou une collectivit\u00e9 \u00ab\u00a0genre\u00a0\u00bb (du n\u00e9ologisme genrer) en r\u00e9partissant caract\u00e9ristiques, fonctions et r\u00f4les selon les genres masculins et f\u00e9minins consid\u00e9r\u00e9s comme donn\u00e9 biologique \u00e0 des degr\u00e9s variables.<\/p>\n<p>Cette cat\u00e9gorisation d\u00e9limite et cr\u00e9e ainsi le \u00ab\u00a0genr\u00e9\u00a0\u00bb. En parcourant le dictionnaire fran\u00e7ais, par exemple, on d\u00e9couvrira rapidement dans ses d\u00e9finitions et ses citations quelles sont les qualit\u00e9s propres aux hommes, les vertus et les faiblesses typiquement f\u00e9minines. Assimil\u00e9es avec l&rsquo;apprentissage de la langue, elles deviennent \u00e0 leur tour \u00ab genrantes\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire crit\u00e8res de masculinit\u00e9 et de f\u00e9minit\u00e9 auxquels hommes et femmes apprennent \u00e0 se conformer. Dans la Bible, un Dieu proclam\u00e9 comme transcendant la diff\u00e9renciation sexuelle n&rsquo;\u00e9chappe pourtant pas au genre\u00a0: il est narrativis\u00e9 et figurativis\u00e9 majoritairement au moyen des qualit\u00e9s dites masculines, modul\u00e9es parfois par des traits d\u2019un amour de type maternel envers ses cr\u00e9atures.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><b>Premi\u00e8re lecture: la structuration de surface<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>Le premier paragraphe pose au d\u00e9part une affirmation d&rsquo;ordre g\u00e9n\u00e9ral soci\u00e9tal\u00a0: dans la perspective du service, il y a place pour une \u00ab certaine diversit\u00e9 de fonctions\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0sans cons\u00e9quences d\u00e9savantageuses pour la femme\u00a0\u00bb. Suit une application, d&rsquo;ordre sp\u00e9cifique, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;\u00c9glise\u00a0: si le Christ \u00ab\u00a0 a confi\u00e9 seulement aux hommes\u00a0\u00bb et non aux femmes l&rsquo;exercice du sacerdoce minist\u00e9riel (diversit\u00e9 de fonctions), cela n&rsquo;enl\u00e8ve rien aux femmes, comme du reste \u00e0 l&rsquo;homme qui ne serait pas investi du minist\u00e8re sacr\u00e9, tous \u00e9tant \u00e9galement dot\u00e9s de la dignit\u00e9 du sacerdoce commun enracin\u00e9 dans le bapt\u00eame. Une phrase de conclusion boucle le paragraphe avec un retour aux soci\u00e9t\u00e9s humaines\u00a0: leurs canons de fonctionnement ne peuvent interpr\u00e9ter la distinction des \u00ab\u00a0r\u00f4les\u00a0\u00bb dans l&rsquo;\u00c9glise. Seuls y sont aptes les crit\u00e8res sp\u00e9cifiques de l&rsquo;\u00e9conomie sacramentelle, eux-m\u00eames englob\u00e9s dans les crit\u00e8res g\u00e9n\u00e9raux de l&rsquo;\u00e9conomie des signes. Du g\u00e9n\u00e9ral au particulier au g\u00e9n\u00e9ral qui doit s&rsquo;effacer devant les conditions propres de la r\u00e9alit\u00e9 \u00c9glise. \u00c0 cette derni\u00e8re phrase, le paragraphe se r\u00e9v\u00e8le construit autour de l&rsquo;\u00e9conomie sacramentelle. \u00ab L&rsquo;\u00e9conomie des signes\u00a0\u00bb sert de transition vers le deuxi\u00e8me paragraphe.<\/p>\n<p>Le premier s&rsquo;ouvrait dans la ligne du service, le deuxi\u00e8me dans celle de l&rsquo;\u00e9conomie des signes \u00ab\u00a0hors du domaine sacramentel\u00a0\u00bb. Affirmation initiale suivie de sa discussion\u00a0: \u00ab\u00a0la f\u00e9minit\u00e9 [. . . ] est loin d&rsquo;\u00eatre n\u00e9gligeable\u00a0\u00bb. En effet, il y a dans la f\u00e9minit\u00e9 de la femme croyante, et sp\u00e9cialement de la femme consacr\u00e9e, \u00ab\u00a0une sorte de \u00ab\u00a0proph\u00e9tie\u00a0\u00bb immanente, un symbolisme fortement \u00e9vocateur, on pourrait dire un \u00ab\u00a0caract\u00e8re iconique\u00a0\u00bb pr\u00e9gnant\u00a0\u00bb. Ce dernier \u00ab\u00a0se r\u00e9alise pleinement en Marie et exprime bien l&rsquo;\u00eatre m\u00eame de l&rsquo;\u00c9glise en tant que communaut\u00e9 consacr\u00e9e, dans la pl\u00e9nitude d&rsquo;un c\u0153ur \u00ab\u00a0vierge\u00a0\u00bb&lsquo; pour \u00eatre \u00ab\u00a0\u00e9pouse\u00a0\u00bb du Christ et \u00ab\u00a0m\u00e8re des croyants\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 travers les acteurs homologu\u00e9s ici, mais \u00e0 des degr\u00e9s diff\u00e9rents, appara\u00eet la configuration du caract\u00e8re iconique f\u00e9minin\u00a0: femmes-Marie-\u00c9glise et les figures communes de vierge-\u00e9pouse-m\u00e8re pr\u00e9diqu\u00e9es des trois. En r\u00e9tro-lecture et par contraste, on per\u00e7oit mieux dans la construction du premier paragraphe la pr\u00e9sence du caract\u00e8re iconique masculin avec ses acteurs propres\u00a0: hommes-Christ-Dieu, et quant aux hommes et au Christ les figures de pasteur, \u00e9poux et d\u00e9tenteur du sacerdoce. De par \u00ab\u00a0un choix libre et souverain du Christ, aux hommes seulement a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 le devoir d&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0ic\u00f4ne\u00a0\u00bb de son visage de \u00ab\u00a0pasteur\u00a0\u00bb et d\u00a0\u00bb&lsquo;\u00e9poux\u00a0\u00bb de l\u2019\u00c9glise [\u2026] et selon I&rsquo;\u00e9conomie des \u00ab\u00a0signes\u00a0\u00bb librement choisis par Dieu pour se rendre pr\u00e9sent au milieu des hommes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La phrase de conclusion confirme cette correspondance instaur\u00e9e par l\u2019\u00e9nonciation. Elle parle de \u00ab\u00a0compl\u00e9mentarit\u00e9 \u00ab\u00a0iconique\u00a0\u00bb des r\u00f4les masculin et f\u00e9minin\u00a0\u00bb et la jumelle avec \u00ab\u00a0deux dimensions ins\u00e9parables de l\u2019\u00c9glise\u00a0\u00bb \u00e9nonc\u00e9es comme \u00ab\u00a0le principe \u00ab\u00a0marial\u00a0\u00bb et le principe\u00a0 \u00ab\u00a0apostolique et p\u00e9trinien\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb. Nous sommes en pr\u00e9sence d\u2019une unit\u00e9 discursive hautement construite, coul\u00e9e dans une structure stylistique au balancement rigoureux et que d\u00e9j\u00e0, \u00e0 la simple surface de la manifestation, nous pouvons sch\u00e9matiser ainsi\u00a0:<\/p>\n<table style=\"width: 713px;\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"2\">\n<colgroup>\n<col width=\"354\" \/>\n<col width=\"350\" \/> <\/colgroup>\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"354\">\n<p align=\"RIGHT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">1er PARAGRAPHE<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"RIGHT\"><span style=\"font-size: small;\">Dans le domaine sacramentel<br \/>\n\u00c9conomie sacramentelle :<br \/>\nHommes = ic\u00f4nes du Christ<br \/>\nChrist = ic\u00f4ne de Dieu<\/span><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"350\">\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">2e PARAGRAPHE<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">Hors du domaine sacramentel<br \/>\n\u00c9conomie des signes :<br \/>\nFemme = quasi-ic\u00f4ne de Marie<br \/>\nMarie = ic\u00f4ne de l\u2019\u00c9glise<\/span><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"354\">\n<p align=\"RIGHT\"><span style=\"font-size: small;\">Caract\u00e8re iconique masculin<\/span><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"350\">\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">Caract\u00e8re iconique f\u00e9minin<\/span><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"354\">\n<p align=\"RIGHT\"><span style=\"font-size: small;\">Compl\u00e9mentarit\u00e9<br \/>\nmasculin<br \/>\nr\u00e9alis\u00e9e par l\u2019\u00c9glise<br \/>\np\u00e9trinien<\/span><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"350\">\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">iconique des deux r\u00f4les<br \/>\n+ f\u00e9minin<br \/>\nen ses deux principes<br \/>\n+ marial<\/span><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p>Le miroir de ce sch\u00e9ma met en lumi\u00e8re la r\u00e9partition constante du masculin et du f\u00e9minin. Le texte est, dans sa \u00ab\u00a0texture\u00a0\u00bb m\u00eame, cette op\u00e9ration de classification et encore plus dans le d\u00e9tail de ses phrases. Mais que dit-il des hommes et des femmes \u00e0 travers cette classification\u00a0? C&rsquo;est l&rsquo;observation de la cat\u00e9gorie du genre et de son maniement qui nous le dira \u00e0 son tour, \u00e0 travers le figuratif choisi, son \u00e9volution sous le travail de l&rsquo;\u00e9nonciation et la construction des r\u00f4les th\u00e9matiques.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><b>Deuxi\u00e8me lecture\u00a0: la mise en discours de la cat\u00e9gorie du genre<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>Des fonctions genr\u00e9es<\/p>\n<p>Selon la th\u00e8se de d\u00e9part et les mots du texte, dans l&rsquo;optique du service accompli avec libert\u00e9, r\u00e9ciprocit\u00e9, amour, il est aussi possible d&rsquo;accueillir (je lis\u00a0: d&rsquo;accepter, d&rsquo;admettre l&rsquo;existence de) une certaine diversit\u00e9 de fonctions, sans cons\u00e9quences d\u00e9savantageuses pour la femme. Il sera question dans cette section 11, d&rsquo;ailleurs titr\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Parmi la diversit\u00e9 des fonctions\u00a0: le sacerdoce minist\u00e9riel \u00bb, d&rsquo;une diversit\u00e9 des fonctions \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du service. Cependant, si la phrase pr\u00e9cise que ce fait est sans pr\u00e9judice pour la femme, c&rsquo;est que certaines fonctions ne sont d\u00e9volues ci-apr\u00e8s qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;homme, que certaines fonctions sont genr\u00e9es au masculin exclusivement. Donc, il ne s&rsquo;agira pas ici de la diversit\u00e9 des fonctions en g\u00e9n\u00e9ral, mais de la diversit\u00e9 dans leur attribution aux hommes ou aux femmes, attribution variable l\u00e9gitime, poursuit le texte, dans la mesure o\u00f9 elle d\u00e9coule des caract\u00e8res de l&rsquo;\u00eatre masculin et f\u00e9minin et non d&rsquo;un ordre arbitraire.<\/p>\n<p>R\u00e9partition genr\u00e9e de fonctions vues comme genr\u00e9es. De soi, en effet, la diversit\u00e9 des fonctions ne signifie pas in\u00e9galit\u00e9s entre les personnes qui les exercent, sauf, ajoutons-nous, si les fonctions en question sont elles-m\u00eames d\u00e9j\u00e0 hi\u00e9rarchis\u00e9es, comme ce sera ici le cas. De soi aussi on s&rsquo;attendrait \u00e0 ce que l&rsquo;attribution de la fonction d\u00e9coule de sa nature et de la nature des besoins du groupe qui l&rsquo;a institu\u00e9e, beaucoup plus que de la diff\u00e9renciation sexuelle des ex\u00e9cutants et des \u00ab\u00a0caract\u00e8res de l&rsquo;\u00eatre masculin et f\u00e9minin\u00a0\u00bb, ces derniers pos\u00e9s comme tous imm\u00e9diatement \u00e9vidents, universels, stables et sans liens aux circonstances contingentes dont ils sont n\u00e9s. La premi\u00e8re phrase de cette section est donc d\u00e9j\u00e0 teint\u00e9e de la forte masculinisation de l&rsquo;application sp\u00e9cifique qu&rsquo;elle annonce et \u00e9nonce en un parall\u00e9lisme stylistique exact.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;\u00c9glise, si le sacerdoce minist\u00e9riel a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 seulement aux hommes (diversit\u00e9 de fonctions), cela n&rsquo;enl\u00e8ve rien au r\u00f4le des femmes (diversit\u00e9 sans pr\u00e9judice) ni \u00e0 celui des autres membres de l&rsquo;\u00c9glise, donc \u00e0 des hommes, qui ne sont pas investis du minist\u00e8re sacr\u00e9. La non-discrimination se justifie par l&rsquo;existence de la dignit\u00e9 du sacerdoce commun enracin\u00e9 dans le bapt\u00eame et dont tous sont \u00e9galement dot\u00e9s. Cette pr\u00e9cision destin\u00e9e \u00e0 traduire le respect pour tous les \u00e9tats de vie dans l&rsquo;\u00c9glise ouvre la porte \u00e0 la controverse\u00a0: elle est r\u00e9versible. Si le sacerdoce minist\u00e9riel des uns n\u2019enl\u00e8ve rien aux autres, il ajoute cependant un plus \u00e0 ceux qui en sont investis, car ils poss\u00e8dent d\u00e9j\u00e0 eux aussi le sacerdoce commun. De toute fa\u00e7on, les ministres ordonn\u00e9s auront du mal \u00e0 ne pas para\u00eetre avantag\u00e9s devant l&rsquo;inconnu de ce sacerdoce commun jamais valoris\u00e9 par ailleurs[16].<\/p>\n<p>Une s\u00e9rie de figures[17]\u00a0apparent\u00e9es conduit au m\u00eame type de raisonnement dont le texte s&rsquo;efforce d&rsquo;\u00e9carter le soup\u00e7on d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9. Sur l&rsquo;arri\u00e8re-fond du\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>service<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, les hommes ont re\u00e7u une\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>fonction<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0exclusive, soit I&rsquo;exercice du sacerdoce minist\u00e9riel, qui n\u2019enl\u00e8ve rien au\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>r\u00f4le<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0des femmes et au\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>r\u00f4le<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0des hommes non-pr\u00eatres, car tous sont dot\u00e9s de la\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>dignit\u00e9<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0particuli\u00e8re du sacerdoce commun. Du service \u00e0 la fonction, au r\u00f4le, \u00e0 la dignit\u00e9. Donc les hommes ont une fonction excluant les femmes (en tant que femmes) et certains hommes (non pas en tant qu&rsquo;hommes), mais tous n\u00e9anmoins poss\u00e8dent un r\u00f4le et une dignit\u00e9; les hommes \u00ab\u00a0investis du minist\u00e8re sacr\u00e9\u00a0\u00bb poss\u00e8dent, eux, \u00e0 la fois r\u00f4le, dignit\u00e9 et fonction.<\/span><\/span><\/p>\n<p>La mesure des degr\u00e9s d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 exacerbe et masque parfois des enjeux sous-jacents, comme le glissement s\u00e9mantique de la fonction au r\u00f4le. Leur d\u00e9finition et relation r\u00e9ciproque varient dans divers types de discours, en sciences humaines par exemple. Ici une analyse plus pouss\u00e9e devra les demander \u00e0 leur usage particulier dans le contexte imm\u00e9diat et m\u00e9diat du corpus pontifical pertinent. D&rsquo;abord en vertu de ce qui s&rsquo;appelle le travail de l&rsquo;\u00e9nonciation sur la langue de tout texte, puis de l&rsquo;existence de parall\u00e8les dans les documents ant\u00e9rieurs o\u00f9 l&rsquo;on constate la m\u00eame dichotomie. S&rsquo;il est question de fonctions \u00e0 propos des hommes, les femmes se voient attribuer au nom de leur diff\u00e9rence\u00a0: r\u00f4les, mission, id\u00e9al et, comme \u00ab\u00a0vocation profonde de [leur] vie[18]\u00a0\u00bb, le don de soi aux autres dans la vie de tous les jours. Or, r\u00f4le, mission, id\u00e9al, voire saintet\u00e9, dans la perspective chr\u00e9tienne appartiennent aussi aux hommes baptis\u00e9s. Comme celui de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9, le discours de la diff\u00e9rence a ses impasses\u00a0: au nom de sa diff\u00e9rence, la femme se retrouve ainsi sans sp\u00e9cificit\u00e9.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre pourrons-nous \u00eatre \u00e9clair\u00e9s un jour par la comparaison, contenu \u00e0 contenu, d&rsquo;une\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Lettre aux hommes<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, aux hommes au masculin et non plus \u00e0 I&rsquo;homme universel, arch\u00e9type du genre humain\u00a0? Pour le moment, si nous continuons \u00e0 nous en tenir le plus rigoureusement possible au texte d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u, la conclusion du premier paragraphe pr\u00e9cise que \u00ab\u00a0ces distinctions de r\u00f4les (au pluriel[19]) ne doivent pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es \u00e0 la lumi\u00e8re des canons de fonctionnement propres aux soci\u00e9t\u00e9s humaines\u00a0\u00bb. \u00c0 I&rsquo;application sp\u00e9cifique de l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral de d\u00e9part sur la diversit\u00e9 des fonctions, crit\u00e8res sp\u00e9cifiques d&rsquo;interpr\u00e9tation. \u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;\u00c9glise, la diversit\u00e9 de fonctions\u00a0 \u00ab\u00a0n&rsquo;est pas le r\u00e9sultat d&rsquo;un ordre arbitraire\u00a0\u00bb mais d&rsquo;un ordre th\u00e9ologique. Si nous verrons plus loin que cet ordre sp\u00e9cifique \u00ab\u00a0d\u00e9coule\u00a0\u00bb lui aussi \u00ab\u00a0des caract\u00e8res de l&rsquo;\u00eatre masculin et f\u00e9minin\u00a0\u00bb, le texte I&rsquo;enracine d&rsquo;abord fortement dans le \u00ab\u00a0choix libre et souverain\u00a0\u00bb du Christ et dans les \u00ab\u00a0signes librement choisis par Dieu pour se rendre pr\u00e9sent au milieu des hommes\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment encore, les crit\u00e8res d&rsquo;interpr\u00e9tation propres \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00c9glise dans la diversification de ses fonctions internes sont ceux de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9conomie sacramentelle\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9conomie des signes\u00a0\u00bb de la pr\u00e9sence de Dieu et du Christ. Que seuls les hommes soient aptes \u00e0 signifier cette pr\u00e9sence n&rsquo;enl\u00e8ve certes rien aux hommes non ordonn\u00e9s\u00a0: le sacerdoce minist\u00e9riel est affaire de vocation, d&rsquo;adaptation aux conditions concr\u00e8tes de la fonction et de d\u00e9cision des responsables de l&rsquo;institution. Quant aux femmes, exclues par la clause \u00ab\u00a0seulement aux hommes\u00a0\u00bb,\u00a0 ce qu&rsquo;elles ont de par leur r\u00f4le, et non ce que leur enl\u00e8ve le sacerdoce r\u00e9serv\u00e9 aux hommes, est renvoy\u00e9 au deuxi\u00e8me paragraphe. L\u2019argumentation remonte aux caract\u00e8res de l\u2019\u00eatre masculin et f\u00e9minin, aux deux p\u00f4les de la cat\u00e9gorie du genre, apr\u00e8s avoir pourtant fortement insist\u00e9 sur la primaut\u00e9 des crit\u00e8res d&rsquo;ordre th\u00e9ologique. Or, ce qui ressort \u00e0 l&rsquo;analyse, c&rsquo;est que ces derniers sont eux-m\u00eames largement enracin\u00e9s dans cette cat\u00e9gorie. Le premier paragraphe est enti\u00e8rement polaris\u00e9 au masculin, le deuxi\u00e8me au f\u00e9minin. La mise en discours des acteurs, par exemple, traduit clairement cette r\u00e9alit\u00e9 textuelle.<\/p>\n<p>Des acteurs genr\u00e9s<\/p>\n<p>L\u2019application \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;\u00c9glise met en discours trois acteurs. Elle nous les \u00ab\u00a0donne\u00a0\u00bb \u00e0 travers quelques traits figuratifs r\u00e9duits en nombre, ce qui fait ressortir l&rsquo;importance de chacun. Par ordre d&rsquo;apparition, le Christ (et non J\u00e9sus ou J\u00e9sus-Christ) au visage de pasteur et d&rsquo;\u00e9poux de l&rsquo;\u00c9glise. Dans la logique du paragraphe, les figures de pasteur et d\u2019\u00e9poux sont des fonctions du Christ, puisqu&rsquo;elles sont repr\u00e9sent\u00e9es par celle du sacerdoce minist\u00e9riel. En analyse s\u00e9miotique greimassienne, on les identifierait plut\u00f4t comme des r\u00f4les th\u00e9matiques. La terminologie du texte pr\u00e9vaut, mais \u00e0 ce stade de l&rsquo;\u00e9tude nous ne poss\u00e9dons pas la cl\u00e9 des acceptions r\u00e9ciproques de fonction et de r\u00f4le et de leur emploi au singulier ou au pluriel dans ce texte-ci et dans son corpus tel que nous I&rsquo;avons d\u00e9limit\u00e9 au d\u00e9part. L\u2019ambigu\u00eft\u00e9 signal\u00e9e plus haut doit donc demeurer pour le moment.<\/p>\n<p>Toujours d&rsquo;apr\u00e8s le contexte, pasteur et \u00e9poux sont des fonctions consid\u00e9r\u00e9es comme masculines. Pasteur admettrait facilement une attribution \u00e0 des femmes, \u00e0 partir de la bien-aim\u00e9e du Cantique des Cantiques jusqu\u2019\u00e0 Phoeb\u00e9 de Cenchr\u00e9es (Rm 16, 1), alors qu\u2019\u00e9poux par d\u00e9finition n\u2019appartient qu\u2019au sexe masculin. Cependant, de l&rsquo;utilisation de la figure Christ-\u00e9poux, privil\u00e9gi\u00e9e parmi tant d&rsquo;autres titres christologiques plus fondamentaux, il r\u00e9sulte qu\u2019une l\u00e9gislation institutionnelle tr\u00e8s concr\u00e8te repose sur un \u00e9nonc\u00e9 purement m\u00e9taphorique. Enfin, le plan narratif articule les autres figures actantielles de l\u2019acteur Christ et le circonscrit comme sujet op\u00e9rateur du programme choisir et confier \u00e0.<\/p>\n<p>Le second acteur\u00a0: les hommes, un acteur collectif sans autre d\u00e9termination que la masculinit\u00e9 implicite de son nom. Il est doublement singularis\u00e9 comme p\u00f4le masculin de la cat\u00e9gorie du genre par le syntagme\u00a0: \u00ab\u00a0seulement les hommes\u00a0\u00bb, \u00e0 l&rsquo;exclusion des femmes. Cependant, il ne comprend pas tous les hommes\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>de facto<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, puisque tous ne seront pas investis du minist\u00e8re sacr\u00e9. S&rsquo;ajoute au plan narratif une modalit\u00e9 de I&rsquo;ordre du devoir-\u00eatre qui accordera \u00e0 cet acteur, au stade de la performance du sacerdoce minist\u00e9riel, la figure d\u2019ic\u00f4ne du Christ.<\/span><\/span><\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me acteur\u00a0: Dieu, et non P\u00e8re, figure qu&rsquo;on aurait pu attendre dans la lign\u00e9e masculine qui se dessine de l&rsquo;homme au Christ-\u00e9poux. Des figures d\u00e9duites de l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9conomie des signes nous le pr\u00e9sentent comme le ma\u00eetre, la source et l&rsquo;aboutissement aussi de cette \u00e9conomie, puisque les signes choisis par lui le signifient lui \u00ab\u00a0pour\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>se<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0rendre pr\u00e9sent au milieu des hommes\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p>Ces trois acteurs sont litt\u00e9rairement construits en interrelation \u00e0 travers les figures\u00a0: ic\u00f4ne, visage, \u00e9conomie sacramentelle, \u00e9conomie des signes. Situ\u00e9s par l\u00e0 en th\u00e9matique de la repr\u00e9sentation, ils sont \u00e0 tour de r\u00f4le repr\u00e9sent\u00e9s et repr\u00e9sentant. La cha\u00eene qui va des hommes au Christ \u00e0 Dieu conna\u00eet son propre d\u00e9passement dans la r\u00e9alisation de la pr\u00e9sence de Dieu lui-m\u00eame parmi les humains. Si les trois acteurs se signifient l&rsquo;un l&rsquo;autre, c&rsquo;est qu\u2019en tant que signifiant ils disent quelque chose du signifi\u00e9. Le signifiant \u00e0 la base de la cha\u00eene est express\u00e9ment d\u00e9fini par son s\u00e8me masculinit\u00e9; il pr\u00e9suppose et projette donc chez le Christ, qui ne pourrait \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 par une femme dans l&rsquo;exercice du sacerdoce minist\u00e9riel, cette masculinit\u00e9. Finalement, il la suppose en Dieu origine de la cha\u00eene sacramentelle, de la cha\u00eene des repr\u00e9sentations. Une lecture descendante \u2013 Dieu, Christ, hommes \u2013 donne le m\u00eame r\u00e9sultat. L\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du paragraphe, de la manifestation aux structures de surface et aux structures profondes, tient sur I&rsquo;isotopie de la masculinit\u00e9 et, en termes de cat\u00e9gorie du genre, loge au p\u00f4le de la masculinit\u00e9.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><b>Le p\u00f4le de la f\u00e9minit\u00e9<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cela n&rsquo;enl\u00e8ve rien au r\u00f4le des femmes\u00a0\u00bb que cette affirmation du masculin et de son appropriation du \u00ab\u00a0minist\u00e8re sacr\u00e9\u00a0\u00bb, rien \u00e0 leur r\u00f4le non, puisqu\u2019il s&rsquo;agit jusqu&rsquo;ici de fonctions et que le rapport entre les fonctions et r\u00f4les nous \u00e9chappe. Mais quand on conna\u00eet la valeur supr\u00eame accord\u00e9e au sacerdoce minist\u00e9riel dans l&rsquo;\u00c9glise-institution, il est permis de laisser aux femmes le temps et l&rsquo;espace et l&rsquo;audace d&rsquo;une interrogation. \u00ab\u00a0Cela n&rsquo;enl\u00e8ve rien aux femmes\u00a0\u00bb, mais, plus grave, cela les enl\u00e8ve de cette lign\u00e9e iconique d&rsquo;elles au Christ et \u00e0 Dieu. Le champ de la christologie d\u00e9borde infiniment les deux fonctions genr\u00e9es au masculin qui leur sont refus\u00e9es, cependant aucune autre fonction iconique d&rsquo;aucun autre titre christologique ne leur est offerte. Car \u00ab\u00a0la \u00ab\u00a0f\u00e9minit\u00e9\u00a0\u00bb [\u2026] est loin d&rsquo;\u00eatre n\u00e9gligeable\u00a0\u00bb encha\u00eene le deuxi\u00e8me paragraphe enti\u00e8rement situ\u00e9, lui, au p\u00f4le f\u00e9minin de la cat\u00e9gorie du genre. Sa polarisation au f\u00e9minin est si compl\u00e8te qu&rsquo;elle met en vive lumi\u00e8re par contraste la masculinit\u00e9 du premier.<\/p>\n<p>Une sym\u00e9trie \u00e9vidente aligne trois acteurs au f\u00e9minin cette fois. Le premier\u00a0: la f\u00e9minit\u00e9, et non la femme ou les femmes d&rsquo;apr\u00e8s la formulation employ\u00e9e. Figure du discours abstrait, d\u00e9signation m\u00eame du p\u00f4le f\u00e9minin de la cat\u00e9gorie du genre, la f\u00e9minit\u00e9 est dite de valeur non n\u00e9gligeable quand v\u00e9cue sur le mod\u00e8le de Marie et sp\u00e9cifi\u00e9e comme celle de la femme croyante, sp\u00e9cialement de la femme consacr\u00e9e. Dans ce cas, elle constitue une sorte de proph\u00e9tie immanente de, un symbolisme fortement \u00e9vocateur de, un caract\u00e8re iconique pr\u00e9gnant du sens de l&rsquo;\u00eatre m\u00eame de l&rsquo;\u00c9glise. Au rythme imprim\u00e9 \u00e0 la lecture, on remarque que les figures proph\u00e9tie, symbolisme et caract\u00e8re iconique sont modul\u00e9es par une s\u00e9rie de s\u00e8mes aspectuels\u00a0: sorte de, immanente, \u00e9vocateur, pr\u00e9gnant, c&rsquo;est-\u00e0-dire plein d&rsquo;un sens implicite pas encore enti\u00e8rement \u00e9nonc\u00e9. La f\u00e9minit\u00e9 est entour\u00e9e de conditions et de b\u00e9mols qui la situent dans une inchoativit\u00e9 qui ne trouve elle-m\u00eame sa pleine r\u00e9alisation qu&rsquo;en Marie o\u00f9 elle pourra vraiment signifier l&rsquo;\u00eatre de l&rsquo;\u00c9glise.<\/p>\n<p>En tant que deuxi\u00e8me acteur, Marie ne recevra d&rsquo;ailleurs ici que ces deux qualificatifs de mod\u00e8le sublime pour la f\u00e9minit\u00e9 et de r\u00e9alisation pl\u00e9ni\u00e8re de la nature signifiante de la f\u00e9minit\u00e9. Une analyse plus fine pourrait d\u00e9celer la pr\u00e9sence des connotations non exprim\u00e9es mais port\u00e9es par ce nom \u00ab\u00a0sublime\u00a0\u00bb dans l\u2019univers chr\u00e9tien, dont surtout la source \u00e9vang\u00e9lique de cet alliage des figures vierge-\u00e9pouse-m\u00e8re.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me acteur, l\u2019\u00c9glise, figure abstraite, devenue nom propre \u00e0 majuscule, d&rsquo;un acteur collectif pr\u00e9sent\u00e9 en registre f\u00e9minin. Le texte l&rsquo;abordera au niveau de son \u00ab\u00a0\u00eatre m\u00eame\u00a0\u00bb un \u00eatre f\u00e9minin, et de son expression en Marie, \u00e0 travers une s\u00e9rie de figures pr\u00e9diqu\u00e9es des deux acteurs (sauf celle de communaut\u00e9 propre \u00e0 l\u2019\u00c9glise)\u00a0: la pl\u00e9nitude d&rsquo;un c\u0153ur \u00ab\u00a0vierge\u00a0\u00bb, pour \u00eatre\u00a0 \u00ab\u00a0\u00e9pouse\u00a0\u00bb du Christ et \u00ab\u00a0m\u00e8re\u00a0\u00bb des croyants. Les signes typographiques des guillemets attirent l\u2019attention sur vierge-\u00e9pouse-m\u00e8re sans doute pour \u00e9viter l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 bien pr\u00e9sente de faire de la m\u00e8re de J\u00e9sus l\u2019\u00e9pouse de son Fils.<\/p>\n<p>Comme les hommes, le Christ et Dieu du premier paragraphe, la f\u00e9minit\u00e9, Marie et l&rsquo;\u00c9glise sont construites en th\u00e9matique de la repr\u00e9sentation. Elles sont rattach\u00e9es par des figures relationnelles qui les rendent r\u00e9ciproquement repr\u00e9sent\u00e9es et repr\u00e9sentantes les unes des autres\u00a0: mod\u00e8le de, proph\u00e9tie de, symbolisme, \u00e9vocateur de, pr\u00e9gnant de, r\u00e9alisation pl\u00e9ni\u00e8re de la pr\u00e9gnance, expression de. La cha\u00eene iconique des \u00ab\u00a0r\u00f4les f\u00e9minins\u00a0\u00bb fonctionne comme celle des r\u00f4les masculins. La f\u00e9minit\u00e9 se r\u00e9alise pleinement en Marie et Marie exprime, elle, l\u2019\u00eatre m\u00eame de l&rsquo;\u00c9glise. Dans certains membres de phrase, les trois acteurs s\u2019homologuent au point o\u00f9 on pourrait aussi \u00e9crire la s\u00e9quence\u00a0: f\u00e9minit\u00e9, \u00c9glise, Marie, ou encore\u00a0: Marie, f\u00e9minit\u00e9, \u00eatre de l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>Cependant, la d\u00e9personnalisation des femmes au profit du concept de f\u00e9minit\u00e9 et, par contre, la personnalisation de l&rsquo;\u00c9glise sous les traits d&rsquo;une \u00e9pouse rompent l&rsquo;harmonie de l\u2019encha\u00eenement iconique. Le choix de l&rsquo;\u00e9pouse parmi les autres m\u00e9taphores de l\u2019\u00c9glise disponibles dans le m\u00eame corpus paulinien (\u00c9glise et corps humain en tant qu&rsquo;organisme, et corps du Christ-t\u00eate, et corps du\u00a0 Christ total, entre autres) illustre d&rsquo;ailleurs la polarisation \u00ab genr\u00e9e\u00a0\u00bb de la discussion des fonctions minist\u00e9rielles. Le choix e\u00fbt \u00e9t\u00e9 autre qu&rsquo;il aurait produit un discours autre sur les femmes et peut-\u00eatre, qui sait\u00a0? une r\u00e9partition autre des fonctions.<\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><b>La compl\u00e9mentarit\u00e9 iconique<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>La derni\u00e8re phrase de l&rsquo;unit\u00e9 discursive \u00e9tudi\u00e9e r\u00e9unit ses volets masculin et f\u00e9minin sous le nom de \u00ab\u00a0compl\u00e9mentarit\u00e9 iconique\u00a0\u00bb, l&rsquo;un par rapport \u00e0 l&rsquo;autre et dans leur symbiose. Ainsi confirme-t-elle, par la f\u00e9minisation \u00e9vidente du deuxi\u00e8me, la masculinisation moins clairement manifest\u00e9e du premier, des hommes au Christ et \u00e0 Dieu reli\u00e9s par des r\u00f4les masculins. L\u2019articulation de l&rsquo;ensemble est dite refl\u00e9ter \u00e0 son tour les deux dimensions ins\u00e9parables de l&rsquo;\u00c9glise\u00a0: le principe apostolique et p\u00e9trinien, masculin donc, et le principe (?) marial, f\u00e9minin.<\/p>\n<p>En lecture syntagmatique comme en r\u00e9tro-lecture (c&rsquo;est-\u00e0-dire de Dieu et de l&rsquo;\u00c9glise vers les hommes et les femmes \u00e0 la base des deux gradations parall\u00e8les) se d\u00e9ploie sous les yeux des destinataires de la\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Lettre aux femmes<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0une unit\u00e9 litt\u00e9raire bien d\u00e9limit\u00e9e en aval (passage \u00e0 la question de la fonction) et en amont (retour \u00e0 la notion de service), d&rsquo;une structuration rigoureuse dans la sym\u00e9trie de ses deux parties et dans un balancement stylistique constant. Son analyse d\u00e9taill\u00e9e montrerait ais\u00e9ment qu&rsquo;elle est \u00ab\u00a0genr\u00e9e\u00a0\u00bb \u00e0 tous les niveaux de texte\u00a0: manifestation, structures de surface, discursivisation et structures profondes. La discussion de la diversit\u00e9 des fonctions dans un groupe ne l&rsquo;exigeait pas en elle-m\u00eame. Ce r\u00e8gne de la cat\u00e9gorie du genre rel\u00e8ve directement de I&rsquo;instance d&rsquo;\u00e9nonciation dans son effort de justification d&rsquo;une disparit\u00e9 qui est, elle, affaire de genre\u00a0: la fonction majeure, supr\u00eame dans la soci\u00e9t\u00e9 \u00c9glise est \u00ab\u00a0confi\u00e9e seulement aux hommes\u00a0\u00bb. Affaire de genre au sens o\u00f9, quelles que soient les raisons apport\u00e9es, un genre est privil\u00e9gi\u00e9 et I&rsquo;autre exclu.<\/span><\/span><\/p>\n<p>La \u00ab\u00a0perspective de compl\u00e9mentarit\u00e9 iconique\u00a0\u00bb introduite pour d\u00e9signer la construction textuelle offerte est une formule heureuse et intellectuellement stimulante. Mais existe-t-elle vraiment sous la compl\u00e9mentarit\u00e9 stylistique des volets masculin et f\u00e9minin\u00a0? De nombreux et rigoureux travaux f\u00e9ministes en sciences humaines ont montr\u00e9 les difficult\u00e9s du maniement du langage de ces premi\u00e8res notions qui viennent \u00e0 l&rsquo;esprit quand il est question des rapports hommes-femmes, soit \u00e9galit\u00e9, diff\u00e9rence et compl\u00e9mentarit\u00e9. On en reconna\u00eet ici les pi\u00e8ges, car, sous une sym\u00e9trie formelle prononc\u00e9e, des asym\u00e9tries ont d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 poindre en premi\u00e8re et en deuxi\u00e8me lecture. Ce passage de la\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Lettre aux femmes\u00a0<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">repr\u00e9sente, en ce sens comme en beaucoup d&rsquo;autres, un cas int\u00e9ressant d&rsquo;analyse de texte o\u00f9 une sym\u00e9trie s\u00e9miotique de surface recouvre une production de signification asym\u00e9trique.<\/span><\/span><\/p>\n<p>En effet, les deux volets pos\u00e9s c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, relus en lecture verticale individuelle et horizontale crois\u00e9e ne r\u00e9alisent pas vraiment une compl\u00e9mentarit\u00e9 iconique. Terme \u00e0 terme, f\u00e9minit\u00e9-Marie-\u00c9glise ne correspond pas \u00e0 hommes-Christ-Dieu. L&rsquo;instance d&rsquo;\u00e9nonciation n&rsquo;a peut-\u00eatre pas recherch\u00e9 une correspondance exacte mais, en soudant les deux volets sous la compl\u00e9mentarit\u00e9, elle l&rsquo;annonce comme \u00e9tablie; l&rsquo;analyse aurait du mal \u00e0 la d\u00e9montrer sinon sous l&rsquo;op\u00e9ration de masculinisation\/f\u00e9minisation qui, pr\u00e9cis\u00e9ment, bouscule les \u00e9quivalences.<\/p>\n<p>R\u00f4le \u00e0 r\u00f4le, la disparit\u00e9 est encore plus accentu\u00e9e. En l&rsquo;absence d&rsquo;une \u00e9tude plus large sur les acceptions de r\u00f4le et de fonction utilis\u00e9es dans les documents pontificaux, les quelques observations suivantes sont propos\u00e9es sous toutes r\u00e9serves d&rsquo;un meilleur \u00e9clairage ult\u00e9rieur. Aux hommes sont attribu\u00e9s les r\u00f4les de pasteur et d&rsquo;\u00e9poux, \u00e0 la f\u00e9minit\u00e9 ceux de vierge, \u00e9pouse et m\u00e8re. Que ces r\u00f4les soient \u00e9minemment genr\u00e9s va de soi dans la ligne de la discussion ouverte sur la diversit\u00e9 de fonctions qui d\u00e9coulerait des \u00ab\u00a0caract\u00e8res de l&rsquo;\u00eatre masculin et f\u00e9minin\u00a0\u00bb. Cependant, ils ne sont pas genr\u00e9s de la m\u00eame fa\u00e7on au masculin et au f\u00e9minin. \u00c0 la f\u00e9minit\u00e9, des r\u00f4les de I&rsquo;ordre biologique, mais dans la donne de la masculinit\u00e9 absence de la paternit\u00e9 et chez l&rsquo;homme et en Dieu. \u00c0 la f\u00e9minit\u00e9, un caract\u00e8re d&rsquo;\u00e9vocation du \u00ab\u00a0mod\u00e8le sublime de Marie\u00a0\u00bb, une caract\u00e9ristique d&rsquo;inchoativit\u00e9 qui ne trouve sa r\u00e9alisation qu&rsquo;en une seule femme, soit en Marie figure parfaite de l&rsquo;\u00c9glise. La masculinit\u00e9, elle, poss\u00e8de en elle-m\u00eame l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;image du Christ pasteur et \u00e9poux de l&rsquo;\u00c9glise, et la possibilit\u00e9 de r\u00e9pondre au devoir d&rsquo;exercice du sacerdoce minist\u00e9riel qui lui est confi\u00e9. Quant \u00e0 ce sacerdoce, fonction plut\u00f4t que r\u00f4le puisqu\u2019il illustre la d\u00e9claration pr\u00e9liminaire sur la diversit\u00e9 des fonctions dans l&rsquo;\u00c9glise-institution, il appara\u00eet hors compl\u00e9mentarit\u00e9, sans correspondant dans le volet f\u00e9minin. Il ressort comme un exc\u00e9dent dans le volet masculin, d\u00e9clar\u00e9 d&#8217;embl\u00e9e revenir \u00ab\u00a0seulement aux hommes \u00bb. Du c\u00f4t\u00e9 masculin, des r\u00f4les + une fonction exclusive; du c\u00f4t\u00e9 f\u00e9minin, des r\u00f4les mais pas de fonction propre, qu\u2019elle soit ou ne soit pas \u00e9quivalente \u00e0 celle du \u00ab\u00a0minist\u00e8re sacr\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>De plus, ce qu&rsquo;on pourrait appeler le fonctionnement iconique, soit l&rsquo;ordre de la repr\u00e9sentation, n&rsquo;est pas identique d&rsquo;un volet \u00e0 l&rsquo;autre. D&rsquo;apr\u00e8s la formulation des deux paragraphes, les hommes sont ic\u00f4nes du visage de pasteur et d&rsquo;\u00e9poux de l&rsquo;\u00c9glise, de deux aspects du Christ donc, deux aspects proprement masculins puisque irr\u00e9productibles par les femmes d&rsquo;apr\u00e8s notre texte. Il faudrait prendre en compte cependant l&rsquo;\u00e9volution genr\u00e9e du r\u00f4le de pasteur dans la Bible. La repr\u00e9sentation par les hommes s&rsquo;\u00e9largit encore jusqu&rsquo;au niveau divin. Les r\u00f4les de pasteur et d&rsquo;\u00e9poux ne sont pas port\u00e9s en Dieu, mais ce sacerdoce minist\u00e9riel masculin fait partie des signes sacramentels par lesquels \u00ab Dieu se rend pr\u00e9sent au milieu des humains\u00a0\u00bb. La repr\u00e9sentation passe donc lin\u00e9airement des hommes au Christ \u00e0 Dieu.<\/p>\n<p>Par contre, les r\u00f4les de vierge, d&rsquo;\u00e9pouse et de m\u00e8re emprunt\u00e9s \u00e0 la f\u00e9minit\u00e9, \u00e0 sa notion d\u00e9finie par eux (la masculinit\u00e9, elle, n&rsquo;est jamais d\u00e9finie), consid\u00e9r\u00e9e comme imm\u00e9diatement connaissable et connue, ces r\u00f4les circulent entre les trois paliers du deuxi\u00e8me volet. C&rsquo;est le dosage de leur caract\u00e8re iconique qui \u00e9tablit une gradation\u00a0: \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;amorce et de promesse chez la femme croyante et sp\u00e9cialement chez la consacr\u00e9e, de r\u00e9alisation pl\u00e9ni\u00e8re en Marie, d&rsquo;expression de l&rsquo;\u00eatre m\u00eame de l&rsquo;\u00c9glise, communaut\u00e9 consacr\u00e9e, \u00e9pouse du Christ et m\u00e8re des croyants. La boucle se referme et recommence le cycle avec cette \u00c9glise qui emprunte son \u00eatre \u00e0 la notion de f\u00e9minit\u00e9. Or, cette belle construction propos\u00e9e comme valorisante pour la f\u00e9minit\u00e9 exclue de la fonction supr\u00eame du sacerdoce ne subsiste qu\u2019au prix de sauts qualitatifs non critiqu\u00e9s; ils m\u00e8nent de l&rsquo;abstrait d&rsquo;une notion \u00e0 un acteur collectif dont sont pr\u00e9diqu\u00e9s des r\u00f4les individuels, \u00e0 une repr\u00e9sentation m\u00e9taphorique de l\u2019\u00c9glise choisie parmi d&rsquo;autres dans le Nouveau Testament et absolutis\u00e9e comme son \u00eatre m\u00eame.<\/p>\n<p>D&rsquo;un volet \u00e0 l&rsquo;autre, on peut noter la m\u00eame ambigu\u00eft\u00e9 dans le maniement de la m\u00e9taphore. \u00c0 l&rsquo;\u00c9glise-\u00e9pouse correspond le Christ-\u00e9poux\u00a0: la compl\u00e9mentarit\u00e9 logique des deux p\u00f4les de la m\u00e9taphore nuptiale est r\u00e9alis\u00e9e. Mais c&rsquo;est la pertinence m\u00eame du choix de cette m\u00e9taphore qui est contestable dans un texte qui articule des personnes, homme-Christ-Dieu, au p\u00f4le masculin et des r\u00f4les hypostasi\u00e9s, vierge-\u00e9pouse-m\u00e8re, au p\u00f4le f\u00e9minin. Certes, l&rsquo;analyse devrait tenir compte du fait que le texte a adopt\u00e9 par endroit un registre po\u00e9tique, spirituel, myst\u00e9rique. Et qui d\u00e9plorerait de rencontrer de la qualit\u00e9 litt\u00e9raire dans un document officiel\u00a0? L\u2019enjeu imm\u00e9diat demeure plut\u00f4t la non-r\u00e9alisation de la compl\u00e9mentarit\u00e9 iconique contrairement \u00e0 son affirmation et \u00e0 la sym\u00e9trie multiforme des deux paragraphes.<\/p>\n<p>Terme \u00e0 terme, r\u00f4le \u00e0 r\u00f4le, repr\u00e9sentation \u00e0 repr\u00e9sentation, cette compl\u00e9mentarit\u00e9 \u00e9chappe par quelque \u00e9l\u00e9ment \u00e0 son intentionnalit\u00e9. Ce qui est avant tout sensible dans la comparaison des axiologies mises en place. Les deux gradations d&rsquo;image en image, qu\u2019elles soient lin\u00e9aire ou cyclique, sont diff\u00e9remment valoris\u00e9es dans leur point d&rsquo;arriv\u00e9e par ce qu&rsquo;on pourrait appeler le texte chr\u00e9tien global. Malgr\u00e9 la position unique de Marie et l&rsquo;importance de la communion eccl\u00e9siale, l&rsquo;identification parfaite \u00e0 Marie et \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise ne sont pas du m\u00eame ordre, ni t\u00e9l\u00e9ologique, ni th\u00e9ologique, que l&rsquo;identification au Christ et \u00e0 Dieu. La connotation symbolique d\u00e9cern\u00e9e en partage \u00e0 la f\u00e9minit\u00e9 n&rsquo;est pas non plus l&rsquo;\u00e9quivalence du privil\u00e8ge r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la masculinit\u00e9 dans la r\u00e9alisation sacramentelle de la pr\u00e9sence de Dieu chez les humains.<\/p>\n<p>Avec l&rsquo;attribution du minist\u00e8re sacr\u00e9 \u00ab\u00a0seulement aux hommes\u00a0\u00bb, l\u2019op\u00e9ration de signification des r\u00e9alit\u00e9s spirituelles est divis\u00e9e et gradu\u00e9e selon la cat\u00e9gorie du genre r\u00e9partie dans des couloirs \u00e9tanches d&rsquo;in\u00e9gale valeur. Vraiment \u00ab\u00a0cela n&rsquo;enl\u00e8ve rien au r\u00f4le des femmes\u00a0\u00bb, \u00ab est sans cons\u00e9quences d\u00e9savantageuses pour la femme\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0la f\u00e9minit\u00e9 est loin d\u2019\u00eatre n\u00e9gligeable\u00a0\u00bb\u00a0? Cela n\u2019enl\u00e8ve\u00a0 rien \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise qui r\u00e9duit la collaboration des chr\u00e9tiennes au triple r\u00f4le de vierge-\u00e9pouse-m\u00e8re (qu\u2019elles jouent biologiquement de toute fa\u00e7on) et au reflet de son accomplissement pl\u00e9nier \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur d&rsquo;elle-m\u00eame\u00a0? Sous la r\u00e9daction de ces deux paragraphes de la\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Lettre aux femmes<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, je cherche en vain le lien avec le ma\u00eetre-texte de l&rsquo;univers biblique sur la relation iconique. En Gn 1, 27, l&rsquo;homme et la femme sont cr\u00e9\u00e9s image de Dieu, et non en tandem, et non selon chacun-chacune son aspect compl\u00e9mentaire de celui du partenaire. La formulation laborieuse de l&rsquo;\u00e9p\u00eetre pontificale n&rsquo;est-elle pas, elle, \u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;un malaise plus profond au sujet du sacerdoce minist\u00e9riel\u00a0? De deux malaises, en fait, dont on peut se demander lequel est le plus profond, de la christianisation inachev\u00e9e de la perception des genres ou de la r\u00e9vision de la th\u00e9ologie des minist\u00e8res\u00a0?<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><b>Pour la suite de la r\u00e9flexion<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>\u00c0 partir d&rsquo;un titre qui \u00e9tait une interrogation, un parcours analytique sous l&rsquo;angle de la cat\u00e9gorie du genre a men\u00e9 lectrices-lecteurs et ex\u00e9g\u00e8tes \u00e0 une lecture attentive d&rsquo;un extrait-type du corpus pontifical sur la non-admissibilit\u00e9 des femmes au sacerdoce minist\u00e9riel. De l&rsquo;exercice ainsi cibl\u00e9 se d\u00e9gagent quelques conclusions applicables \u00e0 l&rsquo;ensemble de la controverse sur le sujet.<\/p>\n<p>La mise en situation discursive des deux paragraphes choisis dans la\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Lettre aux femmes<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0de Jean-Paul\u00a0II en 1995 a fait appara\u00eetre l&rsquo;omnipr\u00e9sence du recours \u00e0 la Bible dans l&rsquo;argumentation. L\u00e9gitimes, attendues, les raisons bibliques retenues n\u2019en sont pas moins des appuis vuln\u00e9rables \u00e0 la critique m\u00eame bienveillante. Elles relancent surtout la question de la position du magist\u00e8re devant la Bible. L\u2019usage fait d&rsquo;\u00c9ph\u00e9siens 5, 21-33, par exemple, pose un probl\u00e8me herm\u00e9neutique majeur. La m\u00e9taphore nuptiale, certes famili\u00e8re \u00e0 l&rsquo;univers biblique et m\u00eame appliqu\u00e9e \u00e0 Yahv\u00e9 dans sa relation \u00e0 Isra\u00ebl, y est transpos\u00e9e terme \u00e0 terme sur le Christ-\u00e9poux et l\u2019\u00c9glise-\u00e9pouse, \u00e0 l\u2019instar du texte paulinien d\u2019ailleurs, puis sur le mari et sa femme pour en tirer une conclusion en th\u00e9ologie des minist\u00e8res. C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;une mise en discours d&rsquo;ordre m\u00e9taphorique est d\u00e9cod\u00e9e de fa\u00e7on litt\u00e9rale et devient l\u00e9gislation.<\/span><\/span><\/p>\n<p>La d\u00e9marche m\u00e9taphorique de Paul justifie-t-elle l&rsquo;aboutissement de cette trajectoire\u00a0? Or, la correspondance du m\u00eame Paul offre aussi plusieurs autres m\u00e9taphores de l\u2019\u00c9glise. Donc, une m\u00e9taphore parmi d\u2019autres, f\u00fbt-elle la plus sublime \u2013 et les grands mystiques la consid\u00e9raient telle, eux qui l\u2019ont pr\u00e9cis\u00e9ment emprunt\u00e9e pour arriver \u00e0 balbutier leur relation \u00e0 Dieu \u2013 peut-elle \u00eatre privil\u00e9gi\u00e9e au point d\u2019\u00eatre dite exprimer \u00ab\u00a0l\u2019\u00eatre m\u00eame\u00a0\u00bb de l\u2019\u00c9glise vierge-\u00e9pouse-m\u00e8re\u00a0? Peut-elle \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e comme un discours direct du premier degr\u00e9, un \u00e9nonc\u00e9 unique, univoque et un fondement absolu de dispositions statuant sur des destin\u00e9es humaines\u00a0?<\/p>\n<p>La m\u00e9taphore de l\u2019\u00c9pouse a l\u2019avantage d\u2019\u00eatre genr\u00e9e, en synergie parfaite avec l\u2019omnipr\u00e9sence de la cat\u00e9gorie du genre qui r\u00e9git le document et ne saurait en \u00eatre d\u00e9cant\u00e9e \u00e0 partir du moment o\u00f9 la fonction du sacerdoce minist\u00e9riel est d\u00e9clar\u00e9e \u00ab\u00a0confi\u00e9e seulement aux hommes\u00a0\u00bb. Ce qu\u2019en ce si\u00e8cle il faut justifier face \u00e0 la promotion des femmes au statut de personnes. C\u2019est la t\u00e2che post\u00e9rieure de l\u2019analyse d\u2019\u00e9valuer les raisons tir\u00e9es de la Bible, de la tradition chr\u00e9tienne et de la non-convenance symbolique. Soutiennent-elles ce qu\u2019elles maintiennent\u00a0?<\/p>\n<p>Quant aux passages bibliques abord\u00e9s, ils ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s honn\u00eatement selon le comment de leur mat\u00e9rialit\u00e9 textuelle et non selon le pourquoi des motivations du l\u00e9gislateur. Cependant, comme dans tous les textes, ce qu\u2019ils disent passe dans la mani\u00e8re de le dire. Et le r\u00e9sultat de la mani\u00e8re adopt\u00e9e r\u00e9v\u00e8le dans les distinctions de genre un poids de signification plus marquant que la valeur proprement biblique des arguments. Le renversement ne s&rsquo;explique pas par une d\u00e9viation des priorit\u00e9s chez l\u2019\u00e9nonciateur mais par la mise en lumi\u00e8re, dans l&rsquo;\u00e9talement du texte, de la faiblesse de l&rsquo;argument scripturaire. La Bible elle-m\u00eame est fortement genr\u00e9e au masculin; sa lecture traditionnelle de m\u00eame. Le discours magist\u00e9riel produit \u00e0 partir des deux pr\u00e9c\u00e9dents donne par addition un r\u00e9sultat tout naturellement genr\u00e9 au masculin et baignant dans la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 d&rsquo;habitudes s\u00e9culaires. Or, il ne ressemble gu\u00e8re \u00e0 ce que la Bible a de plus fondamental que le cadre socio-anthropologique de son \u00e9poque de r\u00e9daction. Ainsi, malgr\u00e9 la sym\u00e9trie litt\u00e9raire et argumentative de sa pr\u00e9sentation, la \u00ab compl\u00e9mentarit\u00e9 iconique\u00a0\u00bb des p\u00f4les masculin et f\u00e9minin expos\u00e9e \u00e0 la section 11 de la\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Lettre aux femmes<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0ne r\u00e9pond plus \u00e0 la parit\u00e9 iconique de Gn 1, 27\u00a0: \u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;image de Dieu il cr\u00e9a l&rsquo;humain, m\u00e2le\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>et<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>femelle<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0il les cr\u00e9a\u00a0\u00bb et \u00e0 l&rsquo;identification au Fils ic\u00f4ne de Dieu par excellence promise aux baptis\u00e9s\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>et<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>baptis\u00e9es<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0en 2 Co 3, 18; 4, 4.6; Rm 8, 9; Col 3, 10; He 1, 3.<\/span><\/span><\/p>\n<p>Si la cat\u00e9gorie du genre fait appara\u00eetre des faits discursifs non rep\u00e9r\u00e9s avant les travaux des f\u00e9ministes, quand tout texte au masculin \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme neutre et universel, l&rsquo;\u00e9clairage obtenu par son rep\u00e9rage ne dispense d&rsquo;une op\u00e9ration herm\u00e9neutique cons\u00e9cutive ni l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se biblique ni la r\u00e9flexion magist\u00e9rielle ni l&rsquo;acte de lecture en g\u00e9n\u00e9ral. La distribution des caract\u00e9ristiques et des espaces du f\u00e9minin et du masculin dans une soci\u00e9t\u00e9 donn\u00e9e, f\u00fbt-elle biblique, ne participe pas des v\u00e9rit\u00e9s \u00e9ternelles. L\u2019attitude envers les femmes dans la Bible est ant\u00e9rieure \u00e0 l&rsquo;Alliance du Sina\u00ef et n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 revue \u00e0 sa lumi\u00e8re, pas plus qu&rsquo;\u00e0 celle de la Nouvelle Alliance, dont on n&rsquo;a pas, \u00e0 mon avis, encore vraiment pris toute la mesure en cette mati\u00e8re.<\/p>\n<p>Cette op\u00e9ration inclut l&rsquo;\u00e9tablissement et l&rsquo;\u00e9clairage critique de plusieurs balises indispensables. En t\u00eate de liste, le genre lui-m\u00eame \u00e0 retirer de l&rsquo;ordre de l&rsquo;\u00e9vidence premi\u00e8re, de la d\u00e9finition essentialiste et naturiste o\u00f9 le d\u00e9terminisme biologique n\u2019est pas distingu\u00e9 de la construction sociale. Sexe anatomique, sexuation par le groupe des genres masculin et f\u00e9minin, sexuation des r\u00f4les et des activit\u00e9s, sexage ou appropriation des femmes dans les domaines de la famille, du travail et des \u00c9glises, activit\u00e9 sexuelle, pr\u00e9f\u00e9rences sexuelles ne sont pas des \u00e9quivalences. Nous devons aux f\u00e9ministes ces pr\u00e9cieuses avanc\u00e9es dans la r\u00e9flexion syst\u00e9matique et la cr\u00e9ation d&rsquo;instruments in\u00e9dits, et maintenant \u00e9prouv\u00e9s, pour les analyser.<\/p>\n<p>Une seconde balise provient des sciences du langage et du texte. Bible et documents magist\u00e9riels sont des textes, comme d&rsquo;ailleurs la prise de parole institutionnelle. Or, les m\u00e9canismes de la signification n\u2019empruntent pas les m\u00eames parcours dans les r\u00e9cits bibliques factuels ou mythiques, les d\u00e9veloppements m\u00e9taphoriques, le langage proph\u00e9tique, la r\u00e9flexion sapientielle, l&rsquo;\u00e9laboration de notions et de pr\u00e9-concepts. La production de th\u00e9ologoum\u00e8nes \u00e0 partir de cette diversit\u00e9 connue en typologie des discours ne saurait proc\u00e9der par d\u00e9duction directe, sous peine de sauts herm\u00e9neutiques p\u00e9rilleux et d&rsquo;entorses au sens. Le p\u00e9ril majeur menace moins la\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>disputatio<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">th\u00e9ologique, toujours mouvante par d\u00e9finition, que l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;\u00c9glise quand le nouvel \u00e9nonc\u00e9 se retrouve ins\u00e9r\u00e9 dans le droit canon, avec sanction p\u00e9nale. C&rsquo;est le cas du \u00ab r\u00e9cent enseignement sur la doctrine sur l&rsquo;ordination sacerdotale exclusivement r\u00e9serv\u00e9e aux hommes[20]\u00bb. Quiconque ne lui accorderait pas un assentiment ferme et d\u00e9finitif \u00ab\u00a0ne serait plus en pleine communion avec l&rsquo;\u00c9glise catholique[21]\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p>Il a manqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;histoire de la cause des femmes l&rsquo;\u00e9pisode de la vision de Jopp\u00e9 (Ac 10, 9-16) accord\u00e9e au b\u00e9n\u00e9fice des animaux enferm\u00e9s depuis le d\u00e9luge dans la discrimination puret\u00e9\/impuret\u00e9 alimentaire et sacrificielle, et \u00e0 celui des Gentils coup\u00e9s pour les m\u00eames raisons des relations avec les Juifs. \u00c0 quand l&rsquo;arriv\u00e9e au stade d&rsquo;intelligence des r\u00e9alit\u00e9s chr\u00e9tiennes qui invitera Dina, s\u0153ur des douze fils de Jacob, \u00e0 la table de la C\u00e8ne\u00a0?<\/p>\n<hr \/>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><br \/>\n<b>Annexe<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p><i>Lettre du Pape aux femmes<\/i>\u00a0(extrait)<\/p>\n<p>Le l0 juillet 1995<\/p>\n<p><i>La Documentation catholique<\/i>, 6 et 20 ao\u00fbt 1995, no 2121, p. 721.<\/p>\n<p>11. Dans cette perspective de \u00ab\u00a0service\u00a0\u00bb \u2013 qui exprime la v\u00e9ritable \u00ab royaut\u00e9\u00a0\u00bb de l\u2019\u00eatre humain, s&rsquo;il est accompli avec libert\u00e9, r\u00e9ciprocit\u00e9 et amour \u2013, il est aussi possible d\u2019accueillir\u00a0<i>une certaine diversit\u00e9 de fonctions<\/i>, sans cons\u00e9quences d\u00e9savantageuses pour la femme, dans la mesure o\u00f9 cette diversit\u00e9 n&rsquo;est pas le r\u00e9sultat d&rsquo;un ordre arbitraire, mais d\u00e9coule des caract\u00e8res de l&rsquo;\u00eatre masculin et f\u00e9minin. C&rsquo;est une affirmation qui a aussi une application sp\u00e9cifique \u00e0 I&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;\u00c9glise. Si le Christ \u2013 par un choix libre et souverain, bien attest\u00e9 dans l&rsquo;\u00c9vangile et dans la tradition constante de l&rsquo;\u00c9glise \u2013 a confi\u00e9 seulement aux hommes le devoir d&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0ic\u00f4ne\u00a0\u00bb de son visage de \u00ab pasteur\u00a0\u00bb et d&rsquo; \u00ab\u00a0\u00e9poux\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00c9glise \u00e0 travers l&rsquo;exercice du sacerdoce minist\u00e9riel, cela n&rsquo;enl\u00e8ve rien au r\u00f4le des femmes, comme du reste \u00e0 celui des autres membres de l&rsquo;\u00c9glise qui ne sont pas investis du minist\u00e8re sacr\u00e9, \u00e9tant cependant tous \u00e9galement dot\u00e9s de la dignit\u00e9 particuli\u00e8re du \u00ab\u00a0<i>sacerdoce commun\u00a0<\/i>\u00bb enracin\u00e9 dans le bapt\u00eame. En effet, ces distinctions de r\u00f4les ne doivent pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es \u00e0 la lumi\u00e8re des canons de fonctionnement propres aux soci\u00e9t\u00e9s humaines, mais selon les crit\u00e8res sp\u00e9cifiques de l&rsquo;<i>\u00e9conomie sacramentelle<\/i>, c&rsquo;est-\u00e0-dire de l&rsquo;\u00e9conomie des \u00ab\u00a0signes\u00a0\u00bb librement choisis par Dieu, pour se rendre pr\u00e9sent au milieu des hommes.<\/p>\n<p>En outre, pr\u00e9cis\u00e9ment dans la ligne de cette \u00e9conomie des signes, m\u00eame hors du domaine sacramentel, la \u00ab\u00a0f\u00e9minit\u00e9\u00a0\u00bb, v\u00e9cue sur le mod\u00e8le sublime de Marie, est loin d&rsquo;\u00eatre n\u00e9gligeable. En effet, il y a dans la \u00ab\u00a0f\u00e9minit\u00e9\u00a0\u00bb de la femme croyante, et sp\u00e9cialement de la femme \u00ab consacr\u00e9e\u00a0\u00bb, une sorte de \u00ab\u00a0proph\u00e9tie\u00a0\u00bb immanente (cf.\u00a0<i>Mulieris dignitatem<\/i>, 29), un symbolisme fortement \u00e9vocateur, on pourrait dire un \u00ab\u00a0caract\u00e8re iconique\u00a0\u00bb pr\u00e9gnant, qui se r\u00e9alise pleinement en Marie et qui exprime bien l&rsquo;\u00eatre m\u00eame de l&rsquo;\u00c9glise en tant que communaut\u00e9 consacr\u00e9e, dans la pl\u00e9nitude d&rsquo;un c\u0153ur \u00ab\u00a0<i>vierge<\/i>\u00a0\u00bb, pour \u00eatre \u00ab\u00a0<i>\u00e9pouse<\/i>\u00a0\u00bb du Christ et \u00ab\u00a0<i>m\u00e8re<\/i>\u00a0\u00bb des croyants. Dans cette perspective de compl\u00e9mentarit\u00e9 \u00ab\u00a0iconique\u00a0\u00bb des r\u00f4les masculin et f\u00e9minin, deux dimensions ins\u00e9parables de l&rsquo;\u00c9glise sont davantage mises en lumi\u00e8re\u00a0: le principe \u00ab\u00a0marial\u00a0\u00bb et le principe \u00ab\u00a0apostolique et p\u00e9trinien\u00a0\u00bb (cf.\u00a0<i>Ibid.<\/i>, 27).<\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><strong>Olivette Genest est\u00a0ex\u00e9g\u00e8te et professeure \u00e9m\u00e9rite de la facult\u00e9 de th\u00e9ologie\u00a0<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: small;\"><strong>et de sciences des religions de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al<\/strong><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">NOTES\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[1]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00ab<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Lettre du Pape aux femmes\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00bb\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">La Documentation catholique<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, 6 et 20 ao\u00fbt 1995, no 2121, p. 721, 11. Les italiques dans la citation appartiennent au texte.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[2]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">L\u2019admission des femmes au sacerdoce minist\u00e9riel<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, D\u00e9claration de la Sacr\u00e9e Congr\u00e9gation pour la Doctrine de la Foi, 15 octobre 1976, Montr\u00e9al, Fides, coll. \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9glise aux quatre vents\u00a0\u00bb, 1977, p. 7.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[3]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Le livre des questions,<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Paris, Gallimard, coll. \u00ab L\u2019imaginaire\u00a0\u00bb, 1963, p. 18.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[4]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Litt\u00e9ralement\u00a0: le\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">adam<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">ou la cr\u00e9ature tir\u00e9e du sol, vocable qui englobe et l\u2019homme et la femme. Il n\u2019acquerra la majuscule du nom propre et son attribution au m\u00e2le de l\u2019esp\u00e8ce qu\u2019\u00e0 l\u2019expulsion des deux humains du Jardin d\u2019Eden, alors que la femelle se voit nomm\u00e9e \u00c8ve ou \u00ab\u00a0m\u00e8re de tous les vivants\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[5]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">La logique grammaticale et biologique ne joue cependant pas dans le cas de l\u2019homme pr\u00eatre qui repr\u00e9sente l\u2019\u00c9glise.\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Inter insigniores\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">de Paul\u00a0VI devance l\u2019objection\u00a0: \u00ab\u00a0dans la nouvelle P\u00e2que, c\u2019est l\u2019\u00c9glise qui immole le Christ sacramentellement par l\u2019interm\u00e9diaire du pr\u00eatre. Ainsi puisque le pr\u00eatre repr\u00e9sente aussi l\u2019\u00c9glise, ne serait-il pas possible de penser que cette repr\u00e9sentation p\u00fbt \u00eatre assur\u00e9e par une femme, selon le symbolisme d\u00e9j\u00e0 expos\u00e9\u00a0? C\u2019est vrai que le pr\u00eatre repr\u00e9sente l\u2019\u00c9glise qui est le corps du Christ. Mais s\u2019il le fait, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment parce que d\u2019abord, il repr\u00e9sente le Christ lui-m\u00eame, qui est la T\u00eate et le Pasteur de l\u2019\u00c9glise, formule employ\u00e9e par le IIe Concile du Vatican qui pr\u00e9cise et compl\u00e8te l\u2019expression\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">in persona Christi<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">.\u00a0\u00bb (<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">L\u2019admission des femmes au sacerdoce minist\u00e9riel<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">,<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Montr\u00e9al, Fides, coll. \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9glise aux quatre vents\u00a0\u00bb, 1977, p. 15)<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[6]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Ibid.<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, p.13-14.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[7]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Pour une remarquable mise au point et une bibliographie\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">ad hoc<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, voir Raymond E. Brown, \u00ab\u00a0The Twelve and the Apostolate\u00a0\u00bb dans \u00ab\u00a0Aspects of the New Testament Thought\u00a0\u00bb, no 81,\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">The New Jerome Biblical Commentary<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, p. 135-187.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[8]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Jean-Paul\u00a0II,\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Mulieris dignitatem<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">. Citation tir\u00e9e de\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">La dignit\u00e9 et la vocation de la femme<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, Montr\u00e9al, Fides, coll. \u00ab L\u2019\u00c9glise aux quatre vents\u00a0\u00bb, 1988, p. 38-39. Les italiques et les guillemets \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des phrases appartiennent au texte pontifical.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[9]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Ibid<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">., p. 94. Le point d&rsquo;exclamation appartient \u00e9galement au texte de Jean-Paul\u00a0II.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[10]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Pr\u00e9cision m\u00e9thodologique \u00e0 l&rsquo;adresse de qui s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 cet aspect du travail de r\u00e9flexion\u00a0: dans le discours f\u00e9ministe, il existe plusieurs approches de la cat\u00e9gorie du genre et une abondante bibliographie \u00e0 ce sujet. Pour des raisons d&rsquo;efficacit\u00e9 instrumentale, je la transpose en terminologie s\u00e9miotique greimassienne et traite le genre \u00e0 la fois comme isotopie et comme axe s\u00e9mantique s\u2019articulant en masculin et f\u00e9minin. Sans imposer aux lectrices et aux lecteurs les lourdeurs de la technicit\u00e9 sous-jacente.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[11]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Les sections 8 et 12 ne portent pas de titre.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[12]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Ibid<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">., section no 6, premier paragraphe.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[13]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Ibid<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">., section no 3, premier paragraphe.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[14]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Voir leur reproduction en annexe \u00e0 la fin de l&rsquo;article.\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[15]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">La distribution en quatre paragraphes est celle de la traduction fran\u00e7aise officielle de la\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Lettre<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">publi\u00e9e dans\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">La Documentation catholique<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, 6 et 20 ao\u00fbt 1995, no 2121, p. 721. L\u2019usage des guillemets \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de citations elles-m\u00eames entre guillemets appartient au texte original fran\u00e7ais.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[16]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Par d\u00e9finition, I&rsquo;exp\u00e9rience personnelle comporte de grandes limites, mais j&rsquo;ai du mal \u00e0 croire que je suis seule dans la vie eccl\u00e9siale qu\u00e9b\u00e9coise \u00e0 n&rsquo;avoir jamais entendu une allusion \u00e0 son existence, seule dans le parcours de la vie professorale en facult\u00e9 de th\u00e9ologie \u00e0 n&rsquo;avoir jamais rencontr\u00e9 un \u00e9tudiant ou une \u00e9tudiante qui pouvait identifier et commenter sa source scripturaire en 1 Pierre 2, 9.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[17]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">R\u00e9duite \u00e0 sa d\u00e9finition minimale, la figure d\u00e9signe en s\u00e9miotique greimassienne tout mot pass\u00e9 de son \u00e9tat de lex\u00e8me dans le dictionnaire de sa langue d&rsquo;appartenance \u00e0 celui de son utilisation dans un texte. D\u00e9j\u00e0 articul\u00e9es en configurations discursives par les structures linguistiques, les figures seront r\u00e9organis\u00e9es par l&rsquo;\u00e9nonciation en parcours figuratifs, r\u00f4les th\u00e9matiques, isotopies et axiologies au service de la production de significations par le texte.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[18]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Lettre aux femmes<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, section 12, 1er paragraphe.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[19]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00ab\u00a0R\u00f4les\u00a0\u00bb semble englober ici les fonctions en g\u00e9n\u00e9ral, l&rsquo;exercice du sacerdoce minist\u00e9riel, l&rsquo;investiture du minist\u00e8re sacr\u00e9, le r\u00f4le propre aux femmes, celui des hommes non ordonn\u00e9s, l&rsquo;exercice (?) du sacerdoce commun.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[20]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Voir le d\u00e9but du no 1.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[21]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Cet enseignement est class\u00e9 parmi les doctrines\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">de<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">fide tenenda<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">et le verdict de rupture de communion est \u00e0 distinguer de la situation d&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie qui sanctionne l\u2019\u00e9cart par rapport aux v\u00e9rit\u00e9s de l&rsquo;ordre de la R\u00e9v\u00e9lation \u00e9crite ou transmise qui sont\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">de<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">fide credenda<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">.<\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Cette conf\u00e9rence a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e dans le cadre du 38e congr\u00e8s de la Soci\u00e9t\u00e9 canadienne de th\u00e9ologie tenu \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Laval (Qu\u00e9bec) du 19 au 21 octobre 2001. Le texte a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Franchir le miroir patriarcal<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0sous la direction de Monique Dumais aux \u00c9ditions Fides (2007).<br \/>\nIl a \u00e9t\u00e9 revu et corrig\u00e9 par l&rsquo;auteure en novembre 2010 et est publi\u00e9 avec les permissions requises.<\/span><\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab &#8230;Dans les documents officiels du magist\u00e8re, le sacerdoce est dit \u00ab r\u00e9serv\u00e9 aux hommes \u00bb. Ce qui est privil\u00e8ge exclusif pour les uns devient exclusion pour les autres. La chr\u00e9tienne serait-elle diff\u00e9rente du chr\u00e9tien ? &#8230;L\u2019argumentation des textes pontificaux justifiant la diff\u00e9rence pos\u00e9e s\u2019appuie sur un recours constant \u00e0 la Bible, Ancien et Nouveau Testament, y compris dans la discussion de l\u2019ordre de la tradition et de l\u2019anthropologie. &#8230;La cat\u00e9gorie du genre structure et les passages bibliques convoqu\u00e9s comme pr\u00e9misses et la lecture qui en est donn\u00e9e. Double poids, poids redoubl\u00e9. Pour l\u2019\u00c9glise, pour la lectrice et le lecteur, double normativit\u00e9 ?<\/p>\n<p>Les r\u00e9flexions suivantes portent sur ce double niveau d\u2019interpr\u00e9tation et de normativit\u00e9. Elles sont propos\u00e9es du point de vue de l\u2019ex\u00e9g\u00e8se biblique, \u00e0 titre exploratoire et dans cet ordre :<\/p>\n<p>1.    Les fondements bibliques du NON \u00e0 l\u2019ordination sacerdotale des femmes;<br \/>\n2.    Le poids des arguments bibliques de la positon pontificale;<br \/>\n3.    Le poids du genre dans l\u2019argumentation et la conclusion magist\u00e9rielles. \u00bb<br \/>\nCe texte a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans Franchir le miroir patriarcal sous la direction de Monique Dumais, Fides 2007.<br \/>\nIl a \u00e9t\u00e9 revu et corrig\u00e9 par l&rsquo;auteure en octobre 2010 et est publi\u00e9 avec les permissions requises.<br \/>\n <a href=\"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=254\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":106,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"ppma_author":[110],"class_list":["post-254","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ordination_des_femmes","author-olivette-genest"],"authors":[{"term_id":110,"user_id":106,"is_guest":0,"slug":"olivette-genest","display_name":"Olivette Genest","avatar_url":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/Olivette-Genest.jpg","user_url":"","last_name":"Genest","first_name":"Olivette","description":"Olivette Genest, ex\u00e9g\u00e8te de renomm\u00e9e internationale, est professeure \u00e9m\u00e9rite de la facult\u00e9 de th\u00e9ologie et de sciences des religions de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al. Ses champs de recherche : la sot\u00e9riologie, la s\u00e9miotique et la lecture f\u00e9ministe. Elle est une sp\u00e9cialiste reconnue pour la question des minist\u00e8res des femmes en lien avec le Second Testament. Elle est l\u2019auteure de \u00ab Le discours du Nouveau Testament sur la mort de J\u00e9sus \u00bb (PUL, 1995) et de nombreux articles."}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/254","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/106"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=254"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/254\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=254"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=254"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=254"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fppma_author&post=254"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}