{"id":2774,"date":"2015-03-03T15:52:11","date_gmt":"2015-03-03T20:52:11","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=2774"},"modified":"2015-03-05T16:18:24","modified_gmt":"2015-03-05T21:18:24","slug":"marguerite-prophete-recension","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=2774","title":{"rendered":"Marguerite, proph\u00e8te &#8211; recension"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><span lang=\"fr-FR\"><a href=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/COUV-Marguerite-proph\u00e8te.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"  wp-image-2782 alignleft\" src=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/COUV-Marguerite-proph\u00e8te.jpg\" alt=\"COUV Marguerite, proph\u00e8te\" width=\"83\" height=\"121\" \/><\/a><span style=\"font-size: 10pt;\">Une recension du roman\u00a0de\u00a0<\/span><\/span><span style=\"font-size: 10pt;\">Rita Amabili-Rivet,<strong>\u00a0<i>Marguerite, proph\u00e8te,\u00a0<\/i><\/strong>Montr\u00e9al, Carte blanche, 2014, 274 p.<\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 10pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"> par <em>Gis\u00e8le Turcot<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 10pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Rita Amabili-Rivet avait donn\u00e9, chez Novalis en 2007, la mesure de ses connaissances biblico-historiques en publiant <i>Saffia, femme de Smyrne<\/i>, histoire d\u2019une convertie au christianisme. Avec <i>Marguerite, proph\u00e8te<\/i>, publi\u00e9 aux \u00e9ditions Carte blanche en 2014, elle fait le saut dans l\u2019univers s\u00e9culier contemporain tr\u00e8s moderne et qu\u00e9b\u00e9cois.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"> <!--more--><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Marguerite, octog\u00e9naire r\u00e9aliste et audacieuse, est au centre de la dizaine de personnages de ce roman qui se d\u00e9roule dans un immeuble \u00e0 logements situ\u00e9 \u00e0 Montr\u00e9al, pr\u00e8s du grand parc et de la station de m\u00e9tro Angrignon. Le soir, avant de fermer l\u2019\u0153il, elle passe en revue ce qu\u2019elle a compris des luttes et impasses de Julie, m\u00e8re du petit Pascal, ou du couple Christiane et Jean-S\u00e9bastien, elle, designer de mode et lui, l\u2019enseignant atteint d\u2019un cancer; elle s\u2019interroge sur l\u2019avenir de Dyela venue se r\u00e9fugier chez elle pour terminer une grossesse afin d\u2019\u00eatre moins seule, et sur les all\u00e9es et venues d\u2019un nouveau couple en formation.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 10pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">L\u2019auteure a touch\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre et cela se voit dans la structure du roman en trois parties. Le rideau se l\u00e8ve doucement sur l\u2019histoire de chacun, comme on fait connaissance avec ses voisins de palier; l\u2019action prend son envol au fur et \u00e0 mesure que les individus d\u00e9voilent leurs besoins et leurs questions visc\u00e9rales; puis le lecteur assiste \u00e0 un d\u00e9nouement \u00e0 saveur dramatique dans la troisi\u00e8me partie. L\u2019h\u00e9ro\u00efne Marguerite s\u2019en explique\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai bien \u00e9tudi\u00e9 mon entourage. Non pas pour juger mais plut\u00f4t pour me permettre d\u2019accompagner ceux qui cherchent plus que la vacuit\u00e9 d\u2019une existence consommatrice (p. 28).\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 10pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">La dynamique des personnages se r\u00e9v\u00e8le au fur et \u00e0 mesure qu\u2019ils affrontent les d\u00e9fis ou probl\u00e8mes de la vie courante. Les fils se d\u00e9nouent quand de vraies relations commencent \u00e0 se tisser autour de la table, chez Marguerite. D\u2019une conversation \u00e0 l\u2019autre, ils apprennent \u00e0 \u00ab\u00a0dire\u00a0\u00bb une parole plus authentique. Ils acceptent timidement la proposition que l\u2019h\u00f4tesse ose leur pr\u00e9senter\u00a0: lire ensemble le r\u00e9cit de la rencontre de J\u00e9sus avec la Samaritaine (Jean 4, 4-42) &#8211; r\u00e9cit qui ouvre la premi\u00e8re partie du livre. Petit \u00e0 petit, chacun est confront\u00e9 \u00e0 l\u2019image de soi et \u00e0 une d\u00e9marche de v\u00e9rit\u00e9. Recommencer \u00e0 parler de la foi devient un sujet de tension chez le couple Alexandre et Julie. Jean-S\u00e9bastien revient partager seul \u00e0 seul ses interrogations sur le croire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 10pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Un soir, pour faire face aux doutes et aux angoisses de chacun, le groupe se familiarise avec le r\u00e9cit du p\u00e8re prodigue (Luc 15, 11-32) qui ouvre la seconde partie du roman. Errances et cheminements d\u00e9crits dans le chapitre intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Tandis que je suis en route\u00a0\u00bb mettent en lumi\u00e8re le ressort de ce roman\u00a0: la compassion aux couleurs de Marguerite \u2013 et de l\u2019auteure \u2013 qui nous fait cette confidence\u00a0: \u00ab\u00a0Certains soirs, j\u2019imagine presque la cha\u00eene humaine que nous formons. Elle s\u2019allonge, d\u00e9passant les guerres fratricides\u2026 L\u2019unique voie pour aller au-del\u00e0 de toute animosit\u00e9 est celle de la compassion. Avoir un r\u00e9el souci de l\u2019autre\u2026 qui \u00e0 son tour, cherchera \u00e0 semer l\u2019entraide\u2026\u00a0\u00bb (p. 130) Le marocain musulman Zakaria, qui a demand\u00e9 de prier avec le groupe, sera un personnage embl\u00e9matique de l\u2019ouverture et de la compassion.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 10pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">La troisi\u00e8me partie est pleine de rebondissements \u00e9clair\u00e9s par la rencontre inattendue des disciples d\u2019Emma\u00fcs (Luc 24, 13-35). Pour mieux traverser l\u2019\u00e9preuve de la maladie de son conjoint, la designer de mode organise un d\u00e9fil\u00e9 au profit d\u2019une \u0153uvre charitable. Magali, l\u2019infirmi\u00e8re, vit le retour inattendu de Josip, un fr\u00e8re adoptif dont elle devient amoureuse et qu\u2019elle ira retrouver \u00e0 Sarajevo, m\u00eame apr\u00e8s avoir appris qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 victime d\u2019une mine antipersonnel d\u00e8s son arriv\u00e9e. Marguerite elle-m\u00eame d\u00e9cide d\u2019affronter \u00ab\u00a0Lui\u00a0\u00bb, myst\u00e9rieux personnage anonyme, un homme tourment\u00e9 par d\u2019\u00e9tranges pulsions apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 le pr\u00eatre rigide et autoritaire qui repr\u00e9sente \u00ab\u00a0la religion\u00a0\u00bb \u00e0 laquelle elle a tourn\u00e9 le dos. Puis le retour de son petit-fils, apr\u00e8s des ann\u00e9es de drogue pour gu\u00e9rir d\u2019une enfance malheureuse, vient mettre une fleur sur la table de cette Marguerite, aux allures f\u00e9ministes et progressistes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 10pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Un peu d\u00e9routant \u00e0 premi\u00e8re vue, ce roman de la solidarit\u00e9 au quotidien permet d\u2019entrer dans les ressorts profonds de la lib\u00e9ration des prisons int\u00e9rieures qui emp\u00eachent la vie d\u2019\u00e9clater. Rita Amabili-Rivet est th\u00e9ologienne et ne s\u2019en cache pas; elle nous donne acc\u00e8s \u00e0 toutes les sources qui nourrissent sa pens\u00e9e, depuis Leonardo Boff et Tariq Ramadan, en passant par Elisabeth Schussler-Fiorenza, Andr\u00e9 Myre et Anne Soupa. Elle croit au pouvoir de gu\u00e9rison par l\u2019\u00e9coute compatissante assortie d\u2019une proposition judicieuse du message \u00e9vang\u00e9lique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 10pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">En parcourant ce roman, on se prend \u00e0 souhaiter qu\u2019il soit lu par un large public, entre autres par des gens qui exercent une fonction pastorale, ou par des cr\u00e9ateurs qui y trouveraient les \u00e9l\u00e9ments d\u2019une mise en sc\u00e8ne. Le style alerte int\u00e8gre les personnages dans le d\u00e9cor rythm\u00e9 des saisons. La sensibilit\u00e9 de l\u2019auteure, son immense capacit\u00e9 d\u2019empathie que trahissent les r\u00e9flexions de Marguerite, nous rendent solidaires de ce voisinage si semblable \u00e0 ceux des condos et des appartements urbains. En refermant le livre, on est pr\u00eat \u00e0 entrer dans le mouvement de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 sans na\u00efvet\u00e9 qui fait dire\u00a0: partagez, <i>au suivant<\/i>!<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 10pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Montr\u00e9al, le 3 mars 2015<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 10pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><a name=\"_GoBack\"><\/a> Blogue de l\u2019auteure\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.ritaamabili.com\/\">http:\/\/www.ritaamabili.com\/<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une recension du roman\u00a0de\u00a0Rita Amabili-Rivet,\u00a0Marguerite, proph\u00e8te,\u00a0Montr\u00e9al, Carte blanche, 2014, 274 p. par Gis\u00e8le Turcot Rita Amabili-Rivet avait donn\u00e9, chez Novalis en 2007, la mesure de ses connaissances biblico-historiques en publiant Saffia, femme de Smyrne, histoire d\u2019une convertie au christianisme. 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Elle a particip\u00e9 \u00e0 la fondation du r\u00e9seau Femmes et Minist\u00e8res et elle est associ\u00e9e aux Antennes de la paix, groupe montr\u00e9alais membre de Pax Christi International."}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2774","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/76"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2774"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2774\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2774"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2774"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2774"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fppma_author&post=2774"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}