{"id":301,"date":"2007-06-15T12:00:03","date_gmt":"2007-06-15T16:00:03","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=301"},"modified":"2022-04-26T10:24:31","modified_gmt":"2022-04-26T14:24:31","slug":"la-liberte-que-jesus-a-donnee-aux-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=301","title":{"rendered":"La  libert\u00e9 que J\u00e9sus a donn\u00e9e aux femmes"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-size: x-small;\">Ce texte a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans la revue\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lautreparole.org\/revues\/114\"><i><b>L&rsquo;autre Parole<\/b><\/i><i>, no 114, \u00e9t\u00e9 2007<\/i><\/a>\u00a0et est reproduit avec les permissions requises.<span style=\"line-height: 1.714285714;\">\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Quand la mort ravit un \u00eatre tendrement aim\u00e9, qui a marqu\u00e9 notre vie, nous aimons\u00a0 en faire m\u00e9moire. Des souvenirs ressass\u00e9s, il \u00e9merge souvent ce qui, de\u00a0 lui, a le plus contribu\u00e9 \u00e0 nous faire grandir. La mise en sc\u00e8ne fictive que voici rassemble\u00a0 des femmes dont le destin a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 par le passage de J\u00e9sus. Elles sont l\u00e0,\u00a0 Marie de Magdala , la femme \u00ab\u00a0adult\u00e8re\u00a0\u00bb, la Samaritaine, la femme h\u00e9morro\u00efsse, Marthe\u00a0 et sa soeur Marie, chacune cherchant les mots pour dire le don le plus pr\u00e9cieux re\u00e7u\u00a0 de lui. \u00c9coutons-les se souvenir[1].\u00a0<!--more--><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0\u2014 Moi, dit l\u2019H\u00e9morro\u00efsse[2], j\u2019ai tellement\u00a0 souffert de mon isolement. Pendant\u00a0 douze ans! Imaginez! Douze ans \u00e0 \u00eatre\u00a0 coup\u00e9e du monde. Douze ans \u00e0 rendre\u00a0 impur quiconque me touchait. Quelle\u00a0 humiliation! J\u2019ai tant de fois souhait\u00e9\u00a0 mourir pour de bon puisque, de toute fa\u00e7on,\u00a0 je n\u2019avais plus de v\u00e9ritable vie.\u00a0 C\u2019est bien le cas de le dire, la vie se vidait\u00a0 de mon corps au rythme de l\u2019\u00e9coulement\u00a0 de mon sang. Ma blessure \u00e9tait\u00a0 telle que j\u2019en venais moi-m\u00eame, comme\u00a0 le reste du peuple d\u2019ailleurs, \u00e0 oublier\u00a0 pourquoi le contact avec le sang provoque\u00a0 l\u2019impuret\u00e9. Il y a effectivement tellement\u00a0 de confusion \u00e0 ce sujet que, dans\u00a0 l\u2019esprit de plusieurs, c\u2019est comme si le\u00a0 sang \u00e9tait sale. Moi, n\u2019en pouvant plus,\u00a0 j\u2019ai fini par consulter un savant scribe,\u00a0 \u2014 si bon et si compatissant, dont je tairai\u00a0 le nom, vous comprendrez bien \u2014, et\u00a0 me faire expliquer le v\u00e9ritable sens du\u00a0 sang. Mais oui, malheureusement, les\u00a0 gens l\u2019ignorent.<br \/>\n\u2014 Moi, je crois le conna\u00eetre, risque Marie\u00a0 de Magdala, mais je veux entendre\u00a0 ce que t\u2019a dit ce scribe.<br \/>\n\u2014 \u00ab\u00a0Le sang, c\u2019est la vie! La vie de toute\u00a0 chair, c\u2019est son sang![3]\u00a0\u00bb s\u2019est-il exclam\u00e9.\u00a0 \u00ab\u00a0Ma pauvre dame, tout le monde devrait\u00a0 savoir cela puisque c\u2019est l\u00e0 en toutes let-\u00a0\u00a0\u00a0 tres dans les \u00c9critures!\u00a0\u00bb Puis il a expliqu\u00e9\u00a0 : \u00ab\u00a0La vie vient de Dieu; elle appartient\u00a0 \u00e0 Dieu. Elle est, par le fait m\u00eame,\u00a0 sacr\u00e9e. Comme le sang c\u2019est la vie, le\u00a0 sang est donc sacr\u00e9. Or, il ne faut pas\u00a0 toucher \u00e0 ce qui est sacr\u00e9. Le fait d\u2019entrer\u00a0 en contact avec le sang n\u2019est pas en\u00a0 soi p\u00e9ch\u00e9; mais le cas advenant, il faut\u00a0 se purifier pour revenir au monde\u00a0 \u2018profane\u2019. Si on omet d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment de\u00a0 se purifier, c\u2019est l\u00e0 que \u00e7a devient p\u00e9ch\u00e9;\u00a0 justement pour avoir m\u00eal\u00e9 le sacr\u00e9\u00a0 au profane.\u00a0\u00bb J\u2019ai alors compris pourquoi\u00a0 ma tradition me demandait de rester \u00e0\u00a0 l\u2019\u00e9cart du monde[4]: quelqu\u2019un aurait pu\u00a0 me toucher et \u00eatre devenu impur sans le\u00a0 savoir.<br \/>\n\u2014 Mais sachant tout cela, comment\u00a0 alors as-tu os\u00e9 toucher J\u00e9sus? s\u2019\u00e9cria\u00a0 Marthe.<br \/>\n\u2014 Oui, oui, je sais bien; mon geste ne\u00a0 semble pas tr\u00e8s coh\u00e9rent avec ce que je\u00a0 viens de dire. Comment expliquer mon\u00a0 audace? (L\u2019h\u00e9morro\u00efsse cherchait ses\u00a0 mots, incertaine de se rendre convaincante.)\u00a0 D\u2019un c\u00f4t\u00e9, j\u2019ai senti une petite\u00a0 ouverture de la part de ce bon scribe. Il\u00a0 ne voulait pas trop s\u2019avancer, mais il\u00a0 m\u2019a quand m\u00eame dit : \u00ab\u00a0\u00c9coutez : il y a\u00a0 la loi et il y a la vie. La loi est stricte,\u00a0 c\u2019est bien s\u00fbr, mais dans la vie de tous\u00a0 les jours, ce n\u2019est pas toujours facile de\u00a0 s\u2019y conformer dans tous les d\u00e9tails.<br \/>\nL\u2019important, c\u2019est que vous fassiez toujours\u00a0 votre possible. Il ne faudrait donc\u00a0 pas trop vous torturer l\u2019esprit.\u00a0\u00bb Puis,\u00a0 comme se parlant \u00e0 lui-m\u00eame, il a ajout\u00e9\u00a0 : \u00ab\u00a0Yahv\u00e9 est si bon. Je ne peux pas\u00a0 croire que\u2026\u00a0\u00bb Il n\u2019en a pas dit plus,\u00a0 mais c\u2019\u00e9tait la br\u00e8che qu\u2019il me fallait.\u00a0 D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, je connaissais la r\u00e9putation\u00a0 de J\u00e9sus. Je l\u2019ai vu tant de fois\u00a0 faire des encoches \u00e0 la loi quand il s\u2019agissait\u00a0 d\u2019aider les gens. Combien de\u00a0 gens a-t-il gu\u00e9ri le jour du sabbat alors\u00a0 que la loi l\u2019interdit? Il ne cessait de clamer\u00a0 : \u00ab\u00a0L\u2019homme n\u2019est pas fait pour le\u00a0 sabbat, mais le sabbat pour l\u2019homme\u00a0\u00bb.\u00a0 Il avait pour son dire que si le sabbat est\u00a0 fait pour l\u2019\u00eatre humain, c\u2019est donc une\u00a0 journ\u00e9e id\u00e9ale pour lui faire du bien. Et\u00a0 J\u00e9sus, comme le scribe, \u00e9tait si bon.\u00a0 Tous les deux voulaient tellement faire\u00a0 les oeuvres de Yahv\u00e9. Quoique J\u00e9sus\u00a0 prenait encore beaucoup plus de libert\u00e9,\u00a0 bien \u00e9videmment! Il me semblait que\u00a0 Yahv\u00e9 devait aimer et approuver ce que\u00a0 faisaient ces deux hommes.<br \/>\n\u2014 De toute mani\u00e8re, en ce qui concerne\u00a0 J\u00e9sus, depuis que Dieu l\u2019a relev\u00e9 d\u2019entre\u00a0 les morts, cela ne fait plus aucun doute,\u00a0 s\u2019exclame Marie de Magdala.<br \/>\n\u2014 J\u2019\u00e9tais donc dans un v\u00e9ritable dilemme\u00a0 : d\u2019un c\u00f4t\u00e9, j\u2019avais la nette\u00a0 conviction qu\u2019\u00e0 seulement toucher J\u00e9sus\u00a0 je serais gu\u00e9rie, tout en sachant tr\u00e8s bien\u00a0 que je n\u2019avais pas le droit de le faire; de\u00a0 l\u2019autre, j\u2019\u00e9tais certaine que J\u00e9sus m\u2019accorderait\u00a0 la gu\u00e9rison si je la lui demandais.\u00a0 Mais allez donc demander une telle\u00a0 chose devant tout le monde! Imaginez si\u00a0 les gens qui le suivaient avaient su! Je\u00a0 me suis dit que si, en le touchant, j\u2019\u00e9tais\u00a0 instantan\u00e9ment gu\u00e9rie, ma situation\u00a0 d\u2019impuret\u00e9 serait aussi instantan\u00e9ment\u00a0 annihil\u00e9e, vous comprenez, et que, par\u00a0 cons\u00e9quent, je ne le rendrais pas impur.\u00a0 Vous savez la suite. Quelle d\u00e9livrance!\u00a0 Il m\u2019a redonn\u00e9 la vie, quoi! J\u2019ai depuis\u00a0 une vie normale avec mon mari, ma famille,\u00a0 avec tous ceux et celles que je c\u00f4toie.\u00a0 Il a d\u00e9fait les liens qui me gardaient\u00a0 prisonni\u00e8re, me redonnant la libert\u00e9 de\u00a0 vivre. De vivre comme tout le monde,\u00a0 enfin!<br \/>\n\u2014 Je t\u2019\u00e9coute raconter cela, reprend Marie\u00a0 de Magdala, toute songeuse, et je\u00a0 suis \u00e9tonn\u00e9e de voir comment toute vie\u00a0 est pr\u00e9cieuse pour J\u00e9sus. Et encore plus\u00a0 frappant, la vie d\u2019une femme a autant\u00a0 d\u2019importance que celle d\u2019un homme.\u00a0 Hommes et femmes sont \u00e9gaux devant\u00a0 lui.<br \/>\n\u2014 Oui, en effet, les hommes et les femmes\u00a0 sont \u00e9gaux pour J\u00e9sus, s\u2019exclame\u00a0 Marie. Ce qu\u2019il a fait pour moi en est un\u00a0 exemple criant. La chance qu\u2019il m\u2019a\u00a0 donn\u00e9e est compl\u00e8tement renversante\u00a0 dans le monde o\u00f9 nous vivons.<br \/>\n\u2014 Je t\u2019en prie Marie, ne recommence\u00a0 pas avec cette histoire[5]\u00a0s\u2019impatiente\u00a0 Marthe, sa soeur. Ton attitude m\u2019a tellement\u00a0 irrit\u00e9e, ce jour-l\u00e0. On invite J\u00e9sus \u00e0\u00a0 la maison, et voil\u00e0 que Madame me\u00a0 laisse tous les pr\u00e9paratifs sur les bras,\u00a0 sous pr\u00e9texte de s\u2019instruire!\u2026<br \/>\n\u2014 Voyons, Marthe! Tu ne vas pas encore\u00a0 faire la mauvaise t\u00eate. Si ma propre\u00a0 soeur ne comprend pas, soupire Marie,\u00a0 comment faire accepter au monde ce\u00a0 droit que j\u2019ai re\u00e7u de J\u00e9sus?<br \/>\n\u2014 J\u2019avoue Marie, que moi non plus, la\u00a0 dite \u00ab\u00a0femme adult\u00e8re\u00a0\u00bb, je ne saisis pas\u00a0 tr\u00e8s bien de quel droit tu parles.<br \/>\n\u2014 Le droit de s\u2019asseoir aux pieds de J\u00e9sus\u00a0 et de ne rien faire, ironise Marthe.<br \/>\n\u2014 Bien Marie, il semble que nous ayons\u00a0 vraiment besoin que tu expliques, reprend\u00a0 avec s\u00e9rieux \u00ab\u00a0la femme adult\u00e8re\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 Vous savez tr\u00e8s bien que le droit de\u00a0 s\u2019asseoir aux pieds d\u2019un ma\u00eetre pour recevoir\u00a0 l\u2019instruction[6]\u00a0est r\u00e9serv\u00e9 aux\u00a0 hommes. Ce droit leur conf\u00e8re, par le\u00a0 fait m\u00eame, les privil\u00e8ges d\u2019interpr\u00e9ter,\u00a0 d\u2019enseigner, de diriger, etc. La soci\u00e9t\u00e9\u00a0 ne reconnaissant aucun de ces privil\u00e8ges\u00a0 aux femmes, nos chefs jugent prudent\u00a0 de nous garder dans l\u2019ignorance. Mais\u00a0 J\u00e9sus, lui, m\u2019a enseign\u00e9 exactement\u00a0 comme il l\u2019a fait \u00e0 ses disciples. Il m\u2019a\u00a0 fait comprendre que si Dieu m\u2019a donn\u00e9\u00a0 une intelligence j\u2019avais le droit de l\u2019\u00e9clairer.\u00a0 R\u00e9alisez-vous ce que \u00e7a implique?\u00a0 Consid\u00e9rant justement les implications,\u00a0 je qualifierais son geste de prise\u00a0 de position radicale \u00e0 l\u2019encontre d\u2019une\u00a0 tradition tr\u00e8s ancr\u00e9e dans notre culture.<br \/>\n\u2014 Moi, je continue \u00e0 croire que tu t\u2019enfles\u00a0 la t\u00eate, ma ch\u00e8re soeur.<br \/>\n\u2014 Attention Marthe! Marie est en train\u00a0 de me faire r\u00e9aliser des choses en ce qui\u00a0 me concerne personnellement; des choses\u00a0 que je n\u2019avais encore jamais vues\u00a0 avec autant d\u2019acuit\u00e9, dit Marie de Magdala\u00a0 d\u2019un air tr\u00e8s songeur. C\u2019est effectivement\u00a0 grave et plein d\u2019implications ce\u00a0 que tu dis, Marie.<br \/>\n\u2014 C\u2019est tout simplement \u00e9blouissant!\u00a0 rench\u00e9rit Marie. J\u2019avais souvent entendu\u00a0 J\u00e9sus s\u2019entretenir avec mon fr\u00e8re Lazare.\u00a0 J\u2019\u00e9tais fascin\u00e9e par l\u2019enseignement\u00a0 qu\u2019il lui livrait. Je mourais d\u2019envie de\u00a0 me joindre \u00e0 eux. Je d\u00e9couvrais avec\u00a0 \u00e9merveillement que je comprenais tout\u00a0 ce que J\u00e9sus lui apprenait. C\u2019est fou,\u00a0 mais je d\u00e9couvrais en m\u00eame temps que,\u00a0 moi, une femme, je devais pouvoir assouvir\u00a0 mon incommensurable soif d\u2019apprendre.\u00a0 Puis, j\u2019avais d\u2019ailleurs entendu\u00a0 parler de la fameuse parabole des talents\u00a0 que J\u00e9sus avait racont\u00e9e un jour. Alors,\u00a0 tout se bousculait dans ma t\u00eate : Avaisje\u00a0 le droit d\u2019\u00e9touffer mon intelligence?\u00a0 Mais comment la d\u00e9velopper? Pour la\u00a0 faire fructifier o\u00f9? Aupr\u00e8s de qui? Puis,\u00a0 \u00e0 bout d\u2019\u00e9nergie, je finissais par me dire\u00a0 que la parabole des talents[7], c\u2019\u00e9tait s\u00fbrement\u00a0 pour les hommes. Je savais, certes,\u00a0 qu\u2019il y avait des femmes qui suivaient\u00a0 J\u00e9sus[8], mais je croyais que c\u2019\u00e9tait uniquement\u00a0 pour servir les hommes. \u2014 Pardonne-\u00a0 moi, Marie (de Magdala)\u2014. J\u2019avais\u00a0 beau me raisonner; ma lutte int\u00e9rieure\u00a0 me reprenait de plus belle. Or,\u00a0 j\u2019avais bien remarqu\u00e9 que J\u00e9sus traitait\u00a0 les femmes avec autant de respect qu\u2019il\u00a0 traitait les hommes. \u00c7a, j\u2019avoue que \u00e7a\u00a0 m\u2019intriguait. C\u2019est ce qui m\u2019a donn\u00e9\u00a0 l\u2019audace\u2026<br \/>\n\u2014 Et Marie a saut\u00e9 sur la premi\u00e8re occasion.\u00a0 Nous avions invit\u00e9 J\u00e9sus \u00e0 venir\u00a0 manger chez nous et d\u00e8s qu\u2019il est arriv\u00e9,\u00a0 elle l\u2019a accapar\u00e9.<br \/>\n\u2014 Pauvre Marthe! Je n\u2019arriverai certainement\u00a0 pas \u00e0 te convaincre. Mais enfin,\u00a0 d\u00e8s qu\u2019il est arriv\u00e9, oui effectivement, je\u00a0 l\u2019ai interpell\u00e9. Je me suis mise \u00e0 lui poser\u00a0 des questions. \u00c7a d\u00e9ferlait. Et quel\u00a0 accueil J\u00e9sus m\u2019a r\u00e9serv\u00e9! Il me souriait\u00a0 d\u2019un air ravi. Sans trop m\u2019en rendre\u00a0 compte, je m\u2019\u00e9tais tout bonnement retrouv\u00e9e\u00a0 assise \u00e0 ses pieds. Eh oui! Dans\u00a0 la position de l\u2019\u00e9l\u00e8ve devant son ma\u00eetre!\u00a0\u00a0\u00a0 Et lui, n\u2019en a m\u00eame pas fait la remarque.\u00a0 Tout avait l\u2019air si naturel pour lui.\u00a0 Plus tard, quand je me suis ressaisie, en\u00a0 repassant la sc\u00e8ne, j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que pour\u00a0 J\u00e9sus, c\u2019\u00e9tait normal qu\u2019une femme\u00a0 s\u2019instruise. Or, sachez-le bien, mesdames,\u00a0 s\u2019exclame Marie dans une feinte\u00a0 d\u2019orgueil enjou\u00e9e, le savoir conf\u00e8re l\u2019influence\u00a0 et le pouvoir!<br \/>\n\u2014 Oh, Marie! dit la dame de Magdala,\u00a0 en riant aux \u00e9clats, avant que les hommes\u00a0 n\u2019acceptent une telle r\u00e9alit\u00e9, il s\u2019en\u00a0 \u00e9coulera des si\u00e8cles! Des mill\u00e9naires\u00a0 m\u00eame!<br \/>\n\u2014 Tr\u00e8ves de plaisanterie, je n\u2019ai pas encore\u00a0 fini de mesurer l\u2019ampleur du don\u00a0 que J\u00e9sus a fait aux femmes \u00e0 travers\u00a0 son geste \u00e0 mon \u00e9gard. La libert\u00e9 de\u00a0 s\u2019instruire, r\u00e9alisez-vous? C\u2019est s\u00fbr qu\u2019il\u00a0 me faudra lutter pour me pr\u00e9valoir de ce\u00a0 droit. On pourra toujours me faire obstruction,\u00a0 mais on ne pourra jamais\u00a0 m\u2019enlever du coeur la conviction que\u00a0 Dieu veut que ce droit soit reconnu aux\u00a0 femmes, puisqu\u2019Il a donn\u00e9 raison en\u00a0 tout \u00e0 J\u00e9sus en le ressuscitant.<br \/>\n\u2014 Tu sais, Marie, ta fa\u00e7on d\u2019exprimer\u00a0 avec autant de lucidit\u00e9 les cons\u00e9quences\u00a0 pour les femmes du geste de J\u00e9sus \u00e0 ton\u00a0 \u00e9gard me fait encore mieux saisir ma\u00a0 propre exp\u00e9rience, reprend Marie de\u00a0 Magdala[9]. L\u2019enseignement priv\u00e9 que J\u00e9sus\u00a0 a bien voulu te donner, je l\u2019ai re\u00e7u\u00a0 au fil des jours en le suivant. Car tu sais,\u00a0 ce qui m\u2019est arriv\u00e9 est tout aussi inou\u00ef.\u00a0 Si je commen\u00e7ais par le commencement!\u00a0 Tout d\u2019abord, j\u2019ai toujours senti\u00a0 que j\u2019avais en-dedans de moi\u2026\u2014 je ne\u00a0 sais pas trop comment dire sans avoir\u00a0 l\u2019air pr\u00e9tentieuse\u2014 que j\u2019avais du\u00a0 \u00ab\u00a0leadership\u00a0\u00bb. Oui, c\u2019est \u00e7a, je me sentais\u00a0 capable de rassembler, d\u2019organiser,\u00a0 de diriger\u2026 Eh bien! J\u00e9sus s\u2019en est vite\u00a0 rendu compte. Aussi, il n\u2019a jamais cess\u00e9\u00a0 de me confier des responsabilit\u00e9s. Nous\u00a0 discutions beaucoup ensemble. Il savait\u00a0 tr\u00e8s bien qu\u2019il ne pouvait pas m\u2019envoyer\u00a0 en mission comme il le faisait avec les\u00a0 hommes; \u00e7a aurait \u00e9t\u00e9 me jeter dans la\u00a0 gueule du loup. Il disait que notre soci\u00e9t\u00e9\u00a0 ne le permettrait jamais et que ce serait\u00a0 trop dangereux pour moi; puis que\u00a0 de toute fa\u00e7on, on ne recevrait pas l\u2019enseignement\u00a0 d\u2019une femme, ajoutait-il.\u00a0 Mais il me laissait prendre une foule\u00a0\u00a0\u00a0 d\u2019initiatives dans son entourage. Il souhaitait\u00a0 surtout que j\u2019aide les femmes \u00e0\u00a0 d\u00e9velopper leur estime personnelle et\u00a0 que je les encourage \u00e0 se tenir debout.\u00a0 Au d\u00e9but, ses compagnons \u2014 et m\u00eame\u00a0 les femmes!\u2014 me regardaient de travers.\u00a0 \u00c0 la fin, ses plus proches collaborateurs\u00a0 avaient appris \u00e0 respecter mon opinion et\u00a0 \u00e0 me faire confiance. Ah! il y avait encore\u00a0 des r\u00e9ticences \u00e0 l\u2019occasion. Le naturel\u00a0 a toujours tendance \u00e0 refaire surface,\u00a0 mais J\u00e9sus r\u00e9p\u00e9tait sans cesse :\u00a0 \u00ab\u00a0Pourquoi le souffle de Dieu, qui fait vivre\u00a0 et qui inspire, serait-il de moindre\u00a0 valeur dans les femmes que dans les\u00a0 hommes?\u00a0\u00bb Que vouliez-vous que les\u00a0 hommes r\u00e9pliquent \u00e0 une telle sagesse?\u00a0 Comme toi, Marie, je me bute aux entraves\u00a0 sociales quand j\u2019ai le go\u00fbt d\u2019exercer\u00a0 la libert\u00e9 que J\u00e9sus m\u2019a donn\u00e9e. Mais je\u00a0 sais qu\u2019elle est l\u00e0, invuln\u00e9rable endedans\u00a0 de moi, et j\u2019ose esp\u00e9rer qu\u2019elle\u00a0 soit une semence. Si Dieu a su vaincre la\u00a0 mort en faveur de J\u00e9sus, il saura bien\u00a0 \u00e9galement faire triompher la libert\u00e9 qu\u2019Il\u00a0 a donn\u00e9e aux femmes par ce m\u00eame J\u00e9sus.<br \/>\n\u2014 \u00c9coutez les amies, si vous \u00eates \u00e9tonn\u00e9es\u00a0 de ce que J\u00e9sus a os\u00e9 faire pour\u00a0 vous, en terre purement juive, en d\u00e9fiant\u00a0 les interdits, imaginez donc ce qu\u2019il a\u00a0 fait pour moi \u00ab\u00a0La Samaritaine![10]\u00a0\u00bb Dans le\u00a0 monde juif, \u00e7a d\u00e9passe l\u2019entendement.\u00a0 Quand j\u2019y pense, je suis m\u00eame surprise\u00a0 qu\u2019il n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9 sur le champ[11]!\u00a0 Depuis quand un Juif a-t-il le droit de\u00a0 s\u2019adresser \u00e0 une femme, comme \u00e7a, en\u00a0 public? \u00c0 une Samaritaine, par-dessus le\u00a0 march\u00e9! M\u00eame ses disciples, quand ils\u00a0 sont revenus de leurs courses, en \u00e9taient\u00a0 tout simplement scandalis\u00e9s! Pourtant,\u00a0 ils en ont vu d\u2019autres \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s!<br \/>\n\u2014 Ah oui, cette fois-l\u00e0, sa libert\u00e9 d\u00e9passait\u00a0 toutes les bornes. M\u00eame moi, qui, en\u00a0 le suivant, ai vu tant d\u2019entorses de sa\u00a0 part, j\u2019ai encore du mal \u00e0 m\u2019habituer \u00e0\u00a0 celle-l\u00e0, dit Marie de Magdala.<br \/>\n\u2014 Qu\u2019il me parle en public, \u00e0 moi,\u00a0 femme samaritaine, c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 inadmissible,\u00a0 mais qu\u2019il l\u2019ait fait en d\u00e9pit de\u00a0 mon lourd pass\u00e9 libertin, c\u2019est renversant!<br \/>\n\u2014 L\u00e0, je t\u2019arr\u00eate, dit la femme\u00a0 \u00ab\u00a0adult\u00e8re\u00a0\u00bb. J\u00e9sus ne s\u2019est jamais emp\u00each\u00e9\u00a0 de c\u00f4toyer les p\u00e9cheurs (excusemoi!),\u00a0 m\u00eame si la religion le lui interdisait.\u00a0 Il avait pour son dire que ce n\u2019est\u00a0 pas en les m\u00e9prisant et en les gardant\u00a0 loin qu\u2019on peut leur faire comprendre\u00a0 que Dieu les aime. Il n\u2019a d\u2019ailleurs jamais cru que le contact avec qui que ce\u00a0 soit \u2013homme, femme, \u00e9tranger, l\u00e9preux,\u00a0 p\u00e9cheur- pouvait rendre impur.<br \/>\n\u2014 Mais plus encore, c\u2019est par une\u00a0 femme, une samaritaine indigne, que J\u00e9sus\u00a0 a fait entrer la foi en Samarie[12],\u00a0 ajoute la Samaritaine.<br \/>\n\u2014 Sans compter que J\u00e9sus \u00e9tait en train\u00a0 de dire au monde qu\u2019aux yeux de Dieu,\u00a0 les Samaritains valent autant que les\u00a0 Juifs. \u00c7a ce n\u2019est pas pr\u00e8s d\u2019\u00eatre gob\u00e9\u00a0 par les autorit\u00e9s juives! Les impacts politiques\u00a0 et religieux sont tout simplement\u00a0 trop grands. On ne peut pas voir l\u2019immensit\u00e9\u00a0 d\u2019une montagne en se tenant \u00e0\u00a0 son pied; il faut prendre du recul.<br \/>\n\u2014 N\u2019emp\u00eache qu\u2019au plus profond de\u00a0 mon coeur, moi, la c\u00e9l\u00e8bre Samaritaine,\u00a0 je suis une femme libre. J\u00e9sus m\u2019a rendu\u00a0 l\u2019estime de moi-m\u00eame. Il m\u2019a montr\u00e9\u00a0 que mon t\u00e9moignage \u00e9tait digne. Un\u00a0 seul probl\u00e8me : avec toute la fougue qui\u00a0 m\u2019habite, j\u2019ai peine \u00e0 accepter que les\u00a0 choses bougent si lentement.<br \/>\n\u2014 Moi, risque timidement la \u00ab\u00a0Femme\u00a0 adult\u00e8re\u00a0\u00bb[13], en t\u2019\u00e9coutant, ch\u00e8re soeur de\u00a0 Samarie, toi qui sembles si \u00e0 l\u2019aise de\u00a0 parler de ton cas, m\u00eame si tu as eu cinq\u00a0 maris, \u00e7a me donne de l\u2019audace de parler\u00a0 \u00e0 mon tour. J\u2019ai tra\u00een\u00e9 ma honte longtemps\u00a0 apr\u00e8s que J\u00e9sus m\u2019ait sauv\u00e9 la vie.\u00a0 Que dis-je? je la tra\u00eene encore. Vous savez,\u00a0 on m\u2019avait surprise en flagrant d\u00e9lit\u00a0 avec cet homme\u2026 J\u2019\u00e9tais s\u00fbre que j\u2019allais\u00a0 mourir, qu\u2019ils allaient me lapider,\u00a0 comme le prescrit la loi.[14]<br \/>\n\u2014 Et l\u2019homme, lui? s\u2019indigne la Samaritaine.<br \/>\nHaussant les \u00e9paules et hochant la t\u00eate,\u00a0 la pauvre \u00ab\u00a0Femme adult\u00e8re\u00a0\u00bb semblait\u00a0 incapable de donner plus de pr\u00e9cision.<br \/>\n\u2014 Ah, mais J\u00e9sus a bien d\u00fb penser que\u00a0 tu n\u2019avais pas commis l\u2019adult\u00e8re toute seule, ricane la Samaritaine.<br \/>\n\u2014 Mais enfin, moi qui me sentais si\u00a0 souill\u00e9e, si sale, si indigne\u2026 Moi qui,\u00a0 toute tremblante, n\u2019osais m\u00eame pas redresser\u00a0 la t\u00eate quand J\u00e9sus m\u2019a interpell\u00e9e. J\u2019entends encore la douceur de sa\u00a0 voix- : \u00ab\u00a0Femme, o\u00f9 sont-ils donc ceux-l\u00e0\u00a0 qui t\u2019ont amen\u00e9e \u00e0 moi? Ils ne t\u2019ont\u00a0 pas condamn\u00e9e?\u00a0\u00bb J\u2019ai lev\u00e9 la t\u00eate et j\u2019ai\u00a0 lu tellement de bont\u00e9, de mis\u00e9ricorde\u00a0 dans son regard. J\u2019ai alors compris que\u00a0 j\u2019\u00e9tais sauv\u00e9e.<br \/>\nElle essuya une larme, tandis que les autres,\u00a0 \u00e9mues, baissaient la t\u00eate en silence.<br \/>\n\u2014 Mon histoire est peut-\u00eatre plus personnelle,\u00a0 mais je voulais quand m\u00eame\u00a0 en parler parce que, en dedans de moi,\u00a0 je me sens grandie face \u00e0 Dieu; parce\u00a0 que J\u00e9sus a montr\u00e9, que, oui, pour Dieu,\u00a0 homme et femme sont \u00e9gaux. Pourquoi,\u00a0 lui, il aurait \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la mort et moi\u00a0 pas? L\u2019attitude de J\u00e9sus a suscit\u00e9 en moi\u00a0 un tel bien-\u00eatre int\u00e9rieur, une telle lib\u00e9ration.\u00a0 Mais jamais je ne recommencerai!\u00a0 Oh non! s\u2019\u00e9crie-t-elle avec conviction.<br \/>\nMarthe, s\u2019approche par derri\u00e8re, posant\u00a0 les mains sur ses \u00e9paules, elle\u00a0 dit affectueusement :<br \/>\n\u2014 Ton histoire est loin d\u2019\u00eatre banale.\u00a0 Elle est un baume pour les femmes bafou\u00e9es.\u00a0 Elle clame l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans l\u2019exercice\u00a0 de la justice. Elle est garante de l\u2019amour\u00a0 de Dieu pour les femmes. Elle est\u00a0 promesse qu\u2019un jour, on nous respectera\u00a0 et nous reconna\u00eetra pleinement, nous\u00a0 aussi, les femmes.<br \/>\nLes autres, la regardant avec tendresse,\u00a0 se taisaient toujours. Marthe reprit:<br \/>\n\u2014 \u00c0 moi aussi, J\u00e9sus a donn\u00e9 quelque\u00a0 chose, et ce quelque chose est tr\u00e8s pr\u00e9cieux.\u00a0 Ah, bien s\u00fbr, ce n\u2019est pas comme\u00a0 \u00e0 ma soeur, la possibilit\u00e9 de m\u2019instruire;\u00a0 il savait que, de toute fa\u00e7on, \u00e7a ne m\u2019int\u00e9ressait\u00a0 pas. Mais ce qu\u2019il m\u2019a donn\u00e9,\u00a0 je le ch\u00e9ris presque \u00e9go\u00efstement : une\u00a0 amiti\u00e9 personnelle. Il a \u00e9t\u00e9 mon ami, lui,\u00a0 un homme juif, \u00e0 moi, une femme!<br \/>\n\u2014 Dans ce cas, \u00e0 moi aussi, dit sa soeur.<br \/>\n\u2014 Laisse-moi donc ce qui m\u2019appartient,\u00a0 veux-tu Marie! Oui, il a \u00e9t\u00e9 mon ami.\u00a0 Au d\u00e9but, je craignais les jugements;\u00a0 mais pour J\u00e9sus, c\u2019\u00e9tait tellement naturel.<br \/>\n\u2014 Ce que tu dis n\u2019est pas banal, Marthe,\u00a0 reprend Marie de Magdala. Tu sais,\u00a0 dans notre groupe, J\u00e9sus voulait vraiment\u00a0 que les hommes et les femmes\u00a0 aient ce type de relation, sans jugement.\u00a0 Il \u00e9tait aussi \u00e0 l\u2019aise avec les femmes\u00a0 qu\u2019avec les hommes. Ah, ce n\u2019est s\u00fbrement\u00a0 pas le m\u00eame type d\u2019amiti\u00e9 qu\u2019il a\u00a0 eu pour toi, se rattrape Marie de Magdala,\u00a0 soucieuse de ne pas d\u00e9plaire \u00e0 Marthe.\u00a0 Mais au del\u00e0 de toutes les r\u00e9ticences\u00a0 que son attitude engendrait, c\u2019\u00e9tait\u00a0 une semence de lib\u00e9ration sociale que\u00a0 J\u00e9sus jetait en faveur des femmes. J\u2019oserais\u00a0 dire que la relation d\u2019amiti\u00e9 qu\u2019il\u00a0 a eue avec toi \u2026 et avec ta soeur aussi,\u00a0 peut-\u00eatre?\u2026 est une sorte de cons\u00e9cration\u00a0 de rapports nouveaux entre les\u00a0 hommes et les femmes. Il osait vous rencontrer\u00a0 m\u00eame si Lazare n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0,\u00a0 tout simplement parce qu\u2019il attachait\u00a0 beaucoup de valeur \u00e0 votre compagnie.\u00a0 J\u00e9sus franchissait l\u00e0 un seuil important.\u00a0 C\u2019est encore une libert\u00e9 nouvelle qu\u2019il\u00a0 octroyait aux femmes<br \/>\n\u2014 Mes ch\u00e8res soeurs, J\u00e9sus a sem\u00e9 un\u00a0 vent de libert\u00e9 dans le coeur des femmes,\u00a0 et cela, d\u2019une multitude de mani\u00e8res.\u00a0 L\u2019histoire de chacune d\u2019entre nous en est\u00a0 un t\u00e9moignage vivant. Il y aurait encore\u00a0 bien d\u2019autres exemples \u00e0 citer. Si seulement\u00a0 le message de J\u00e9sus pouvait \u00eatre\u00a0 entendu, re\u00e7u, mis en pratique, le monde\u00a0 entier serait transform\u00e9! Car apr\u00e8s tout, &#8211;\u00a0 je ne le r\u00e9p\u00e8terai jamais assez- Dieu lui a\u00a0 donn\u00e9 raison, puisqu\u2019il l\u2019a ressuscit\u00e9.\u00a0 Mais vivons dans l\u2019esp\u00e9rance et dans la\u00a0 foi. Dieu est le Ma\u00eetre de l\u2019univers. Il\u00a0 peut vaincre toutes les r\u00e9sistances. La\u00a0 libert\u00e9 que J\u00e9sus a donn\u00e9e aux femmes,\u00a0 un jour, s\u2019\u00e9panouira pleinement pour le\u00a0 plus grand bien de l\u2019humanit\u00e9!<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: x-small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Odette Mainville <\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>est<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"> bibliste <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">et<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"> professeure retrait\u00e9e Facult\u00e9 de th\u00e9ologie et de sciences des religions <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">de l&rsquo;<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Universit\u00e9 de Montr\u00e9al.<br \/>\n<\/span><\/span><\/span><span style=\"font-size: x-small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00ab\u00a0Je d\u00e9die cet article \u00e0 Andr\u00e9 Myre en reconnaissance pour son travail lib\u00e9rateur aupr\u00e8s des groupes\u00a0 marginalis\u00e9s. L\u2019article \u00e9tait, au d\u00e9part, destin\u00e9 \u00e0 un collectif en son honneur, lequel n\u2019a malheureusement\u00a0 pas \u00e9t\u00e9 achev\u00e9.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/span><\/span><br \/>\n<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: small;\">NOTES<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[1]\u00a0\u00a0 Sans malice aucune, on garde ici, pour certaines femmes, les pseudonymes par lesquels la tradition\u00a0 chr\u00e9tienne les a identifi\u00e9es, cela en raison du pouvoir \u00e9vocateur du type d\u2019intervention de J\u00e9sus \u00e0 leur\u00a0 \u00e9gard.\u00a0\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[2]\u00a0\u00a0 L\u2019\u00e9pisode concernant l\u2019h\u00e9morro\u00efsse se retrouve dans les synoptiques : Mc 5,25-34 ; Mt 9,20-22 ; Lc\u00a0 8,43-48.\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[3]\u00a0\u00a0 Lv 17,11.14 ; Dt 12,23 ; aussi Gn 9,4 ; Ex 24,8\u00a0\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[4]\u00a0\u00a0 Lv 15,25-30.\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[5]\u00a0\u00a0 Voir l\u2019\u00e9pisode de Lc 10,38-42 relatant la visite de J\u00e9sus chez Marthe et Marie.\u00a0\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[6]\u00a0\u00a0 Les \u00e9l\u00e8ves s\u2019assoyaient effectivement par terre aux pieds de leur ma\u00eetre pour se faire instruire. Ainsi,\u00a0 selon Ac 22,3, Paul re\u00e7oit sa formation \u00e0 la loi aux pieds de Gamaliel.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[7]\u00a0\u00a0 Voir Mt 25,14-30 ; Lc 19,12-27.\u00a0\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[8]\u00a0\u00a0 Lc 8,1.\u00a0\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[9]\u00a0\u00a0 Il ne faut pas confondre Marie de Magdala et la p\u00e9cheresse non identifi\u00e9e de Lc 7,36-50. La traditionnelle\u00a0 confusion vient sans doute du fait qu\u2019elle soit nomm\u00e9e, en Lc 8,2, imm\u00e9diatement apr\u00e8s l\u2019\u00e9pisode\u00a0 de la p\u00e9cheresse, alors qu\u2019on dit de Marie de Magdala qu\u2019il \u00e9tait sorti sept d\u00e9mons. En raison\u00a0 de ce dernier d\u00e9tail, la possession de Marie a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e \u00e0 la situation de p\u00e9ch\u00e9 de l\u2019autre femme.\u00a0 Pourtant, les d\u00e9mons des \u00e9vangiles ne suscitent pas le p\u00e9ch\u00e9 mais sont cause ou explication de la maladie\u00a0 physique ou mentale. Or, dire que Marie de Magdala a \u00e9t\u00e9 d\u00e9livr\u00e9e de sept d\u00e9mons peut signifier\u00a0 qu\u2019elle ait \u00e9t\u00e9 gu\u00e9rie d\u2019une maladie incurable, consid\u00e9rant la valeur du chiffre sept, symbole de la pl\u00e9nitude.\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[10]\u00a0\u00a0 Jn 4,1-42 \u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[11]\u00a0\u00a0 Il importe de rappeler ici la profonde division qui existait entre Juifs et Samaritains. Les Samaritains\u00a0 \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme un peuple b\u00e2tard du fait qu\u2019il \u00e9tait compos\u00e9 d\u2019un m\u00e9lange d\u2019Isra\u00e9lites et\u00a0 de colons \u00e9trangers. En effet, lors de l\u2019invasion assyrienne en Samarie, en 722 av. J., les conqu\u00e9rants avaient,\u00a0 d\u2019un c\u00f4t\u00e9, d\u00e9port\u00e9 en terre \u00e9trang\u00e8re une partie de la population samaritaine, mais ils avaient,\u00a0 de l\u2019autre, amen\u00e9 en Samarie des \u00e9trangers (dits \u00ab\u00a0pa\u00efens\u00a0\u00bb, du fait qu\u2019ils adoraient plusieurs divinit\u00e9s).\u00a0 Le m\u00e9tissage raciale avait aussi entra\u00een\u00e9 une sorte de syncr\u00e9tisme religieux, carr\u00e9ment d\u00e9cri\u00e9 par les\u00a0 Juifs de race pure. Bref, les deux groupes, Juifs et Samaritains, se d\u00e9testaient mutuellement. On saisit\u00a0 alors l\u2019ampleur de la provocation, dans l\u2019\u00e9pisode du bon Samaritain (Lc 10,29-36), quand J\u00e9sus propose\u00a0 justement le Samaritain comme mod\u00e8le, alors que deux Juifs de la plus haute orthodoxie, un l\u00e9vite\u00a0 et un pr\u00eatre, n\u2019ont pas su adopter le comportement charitable qui pla\u00eet \u00e0 Dieu. (Voir aussi en Lc 17,11-\u00a0 19, le r\u00e9cit de la gu\u00e9rison de dix l\u00e9preux dont seul le Samaritain revient remercier J\u00e9sus).<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[12]\u00a0 Jn 4,39-42<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[13]\u00a0\u00a0 Jn 8,1-11<\/span><\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">\u00a0\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[14]\u00a0\u00a0 Lv 20,10 ; Dt 22,22-24 \u00a0<\/span><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab La mise en sc\u00e8ne fictive que voici rassemble  des femmes dont le destin a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 par le passage de J\u00e9sus. Elles sont l\u00e0,  Marie de Magdala , la femme \u00ab adult\u00e8re \u00bb, la Samaritaine, la femme h\u00e9morro\u00efsse, Marthe  et sa soeur Marie, chacune cherchant les mots pour dire le don le plus pr\u00e9cieux re\u00e7u  de lui. \u00c9coutons-les se souvenir. \u00bb<br \/>\nCe texte a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans la revue L&rsquo;autre Parole, no 114, \u00e9t\u00e9 2007 et est reproduit avec les permissions requises.<br \/>\n <a href=\"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=301\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":114,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"ppma_author":[170],"class_list":["post-301","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la_bible_et_les_femmes","author-odette-mainville"],"authors":[{"term_id":170,"user_id":114,"is_guest":0,"slug":"odette-mainville","display_name":"Odette Mainville","avatar_url":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/Odette-Mainville-2.jpg","user_url":"","last_name":"Mainville","first_name":"Odette","description":"Odette Mainville est bibliste et professeure retrait\u00e9e de la facult\u00e9 de th\u00e9ologie et de sciences des religions de l'Universit\u00e9 de Montr\u00e9al. Sp\u00e9cialiste du Nouveau Testament, elle s'int\u00e9resse particuli\u00e8rement aux recherches sur le J\u00e9sus historique et au th\u00e8me de la r\u00e9surrection. 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