{"id":3026,"date":"1995-01-01T10:00:20","date_gmt":"1995-01-01T15:00:20","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=3026"},"modified":"2016-07-27T09:03:50","modified_gmt":"2016-07-27T13:03:50","slug":"le-deploiement-du-concept-de-reception","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=3026","title":{"rendered":"Le d\u00e9ploiement du concept de r\u00e9ception"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Extrait 3, p. 203\u00a0\u00e0 221 de <em><strong>Voix de femmes, voies de passage<\/strong><br \/>\n<\/em>par <strong><em>Lise Baroni, Yvonne Bergeron,<\/em> <\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 10pt;\"> <em><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>Pierrette Daviau<\/strong> et<\/span> <strong>Micheline Lagu\u00eb<\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/COUV-Voix-de-femmes-e1431613832981.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\" wp-image-3012 alignleft\" src=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/COUV-Voix-de-femmes-e1431613832981.jpg\" alt=\"COUV Voix de femmes\" width=\"79\" height=\"111\" \/><\/a>Loin de nous la pr\u00e9tention de vouloir traiter <span class=\"italique\">ex professo<\/span> du concept de r\u00e9ception. II s\u2019agit plut\u00f4t ici de livrer quelques r\u00e9flexions susceptibles de faire percevoir \u00e0 quelle profondeur se situe la r\u00e9alit\u00e9 eccl\u00e9siologique de la r\u00e9ception<a href=\"#note4\"><sup>4<\/sup><\/a> <a name=\"ret4\"><\/a>. Et d\u2019abord un mot sur la red\u00e9couverte de ce th\u00e8me en eccl\u00e9siologie.<\/span><!--more--><\/p>\n<p class=\"gras\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La red\u00e9couverte du concept<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Le th\u00e8me de la r\u00e9ception pr\u00e9sent dans plusieurs disciplines (l\u2019histoire litt\u00e9raire, la sociologie et le droit, entre autres) est revenu avec force dans la litt\u00e9rature th\u00e9ologique r\u00e9cente<a href=\"#note5\"><sup>5<\/sup><\/a> <a name=\"ret5\"><\/a>. Pratiquement occult\u00e9 de la r\u00e9flexion, le concept ancien de la r\u00e9ception refait surface durant les ann\u00e9es 70. Deux situations eccl\u00e9siales contemporaines expliquent sa soudaine \u00e9mergence : la tenue du Second Concile du Vatican <span class=\"italique\">(1962-1965)<\/span> et l\u2019avanc\u00e9e de l\u2019oecum\u00e9nisme dans l\u2019\u00c9glise<a href=\"#note6\"><sup>6<\/sup><\/a> <a name=\"ret6\"><\/a>. Aussi parler de la red\u00e9couverte du concept plut\u00f4t que de sa nouveaut\u00e9 s\u2019av\u00e8re-t-il beaucoup plus exact<a href=\"#note7\"><sup>7<\/sup><\/a> <a name=\"ret7\"><\/a>. Cela est d\u2019ailleurs confirm\u00e9 par le fait que l\u2019on puisse \u00e9voquer son histoire dans la tradition th\u00e9ologico-canonique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">D\u00e8s les premiers si\u00e8cles, le concept de r\u00e9ception d\u00e9signe le processus par lequel les diff\u00e9rentes communaut\u00e9s eccl\u00e9siales accueillent, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019envoi de lettres synodales, les d\u00e9cisions d\u2019un synode local ou r\u00e9gional. La r\u00e9ception implique donc le proc\u00e9d\u00e9 d\u2019\u00e9changes entre les \u00c9glises, lequel exprime \u00e9loquemment leur souci d\u2019eccl\u00e9sialit\u00e9. Car une \u00c9glise particuli\u00e8re n\u2019est authentiquement \u00c9glise qu\u2019en communion avec les autres \u00c9glises locales. Puis, avec l\u2019av\u00e8nement des conciles oecum\u00e9niques au IVe si\u00e8cle, le terme sert davantage \u00e0 d\u00e9crire le processus par lequel l\u2019autorit\u00e9 s\u2019assure, apr\u00e8s de longues et parfois p\u00e9nibles discussions, de la r\u00e9ception des d\u00e9cisions d\u2019un concile par un autre, et ensuite de la r\u00e9ception des d\u00e9cisions conciliaires par le peuple de Dieu<a href=\"#note8\"><sup>8<\/sup><\/a> <a name=\"ret8\"><\/a>. Dans ce contexte, et durant tout le premier mill\u00e9naire de l\u2019\u00e8re chr\u00e9tienne, le sens technique du mot r\u00e9ception vise surtout \u00abl\u2019exercice de l\u2019autorit\u00e9 en mati\u00e8re de doctrine de foi, surtout quand il s\u2019agit d\u2019accueillir des expressions nouvelles de la tradition<a href=\"#note9\"><sup>9<\/sup><\/a> <a name=\"ret9\"><\/a>\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Toutefois, c\u2019est dans le domaine du droit canonique que l\u2019on fera un usage plus large de ce concept. La doctrine au sujet de la r\u00e9ception du droit a sa premi\u00e8re formulation claire dans le <span class=\"italique\">D\u00e9cret de Gratien<\/span> (1140). Si des lois sont institu\u00e9es lors de leur promulgation, leur confirmation d\u00e9pend de leur approbation par les membres du peuple de Dieu qui les mettent en pratique. On le voit, une sorte d\u2019autorit\u00e9 extrins\u00e8que, celle du peuple, est reconnue \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019autorit\u00e9 intrins\u00e8que d\u00e9tenue par les l\u00e9gislateurs. Pour \u00eatre efficace, la l\u00e9gislation doit composer avec la r\u00e9alit\u00e9 de la r\u00e9ception. En faire l\u2019\u00e9conomie \u00e9quivaudrait \u00e0 risquer l\u2019\u00e9chec. Dans une telle optique, la non-r\u00e9ception appara\u00eet comme \u00abun signe \u00e9ventuel d\u2019inad\u00e9quation de la loi<a href=\"#note10\"><sup>10<\/sup><\/a> <a name=\"ret10\"><\/a>\u00bb. L\u2019importance reconnue \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 du peuple expliquerait-elle la disparition, d\u00e8s la fin du XVIIe si\u00e8cle, de la r\u00e9ception dans la discussion canonique? Toujours est-il que la r\u00e9ception r\u00e9appara\u00eet dans le nouveau <span class=\"italique\">Code de Droit canonique<\/span> \u00e0 la suite de son utilisation par le Concile Vatican II, mais c\u2019est au seul profit de la fonction du Pape qu\u2019elle est officiellement retenue. La Constitution sur l\u2019\u00c9glise <span class=\"italique\">Lumen gentium<\/span> affirme \u00abqu\u2019il ne peut y avoir de concile oecum\u00e9nique qui comme tel ne soit confirm\u00e9 ou au moins re\u00e7u par le Successeur de Pierre\u00bb (no 22). De m\u00eame, le pape peut appeler les \u00e9v\u00eaques \u00e0 exercer une action coll\u00e9giale et ainsi <span class=\"italique\">recevoir librement<\/span> l\u2019action conjointe des \u00e9v\u00eaques. Le nouveau Code passe sous silence la question d\u2019un concile oecum\u00e9nique et ne retient que l\u2019action coll\u00e9giale \u00ablibrement re\u00e7ue\u00bb par le Pape (can. 341, \u00a7 2).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Pourtant, la m\u00eame Constitution ouvre sur une perspective plus large la r\u00e9alit\u00e9 de la r\u00e9ception et ce, \u00e0 l\u2019avantage de l\u2019ensemble du peuple de Dieu :<\/span><\/p>\n<p class=\"tab_tab\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">II s\u2019agit du n\u00b012 qui traite du <span class=\"italique\">sensus fidei<\/span> et des charismes de l\u2019ensemble du peuple de Dieu. Rappelons-en le passage central \u00abL\u2019universalit\u00e9 des fid\u00e8les qui ont l\u2019onction du Saint-Esprit ne peut faillir dans l\u2019acte de croire; ce don particulier qu\u2019elle poss\u00e8de, elle le manifeste par le moyen du sens surnaturel de la foi qui est celui du peuple tout entier, lorsque \u201cdes \u00e9v\u00eaques jusqu\u2019aux derniers des fid\u00e8les la\u00efcs\u201d, elle apporte aux v\u00e9rit\u00e9s concernant la foi et les moeurs un consentement universel<a href=\"#note11\"><sup>11<\/sup><\/a> <a name=\"ret11\"><\/a>.\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">D\u2019autres textes conciliaires viendront d\u2019ailleurs renforcer la perspective d\u2019un peuple de Dieu sujet de la r\u00e9ception. Perspective m\u00eame de l\u2019eccl\u00e9siologie de communion qui sera reprise comme constitutive de la th\u00e9ologie actuelle de la r\u00e9ception. Quant au <span class=\"italique\">Code de Droit canonique<\/span>, il ne semble aucunement retenir le concept de r\u00e9ception par l\u2019ensemble du peuple de Dieu. M\u00eame \u00ables mots \u201csensus fidei\u201d qui sont \u00e0 la racine de la r\u00e9ception ne se trouvent nulle part dans ce m\u00eame code. Sur ce point donc le Code de 1983 n\u2019a pas \u201cre\u00e7u\u201d Vatican II<a href=\"#note12\"><sup>12<\/sup><\/a><a name=\"ret12\"><\/a>\u00bb. Affirmation lourde de cons\u00e9quences, il va sans dire. Heureusement la th\u00e9ologie actuelle, poursuivant la r\u00e9flexion, met sp\u00e9cialement en lumi\u00e8re le r\u00f4le actif des chr\u00e9tiens et des chr\u00e9tiennes dans le processus de la r\u00e9ception. De plus, elle s\u2019enrichit de la contribution novatrice qui d\u00e9coule des dialogues oecum\u00e9niques.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">En effet, depuis quelques ann\u00e9es, le terme r\u00e9ception est devenu le mot-cl\u00e9 de l\u2019oecum\u00e9nisme contemporain, un mot \u00absacr\u00e9\u00bb, \u00e9crit Thomas Ryan<a href=\"#note13\"><sup>13<\/sup><\/a> <a name=\"ret13\"><\/a>. La publication d\u2019accords survenus entre diverses commissions oecum\u00e9niques<a href=\"#note14\"><sup>14<\/sup><\/a> <a name=\"ret14\"><\/a>soul\u00e8ve l\u2019importante question de leur r\u00e9ception par les diff\u00e9rentes confessions chr\u00e9tiennes. En plus du probl\u00e8me d\u2019autorit\u00e9 que sous-tendent ces accords et dont on n\u2019a pas \u00e0 traiter ici se trouve pos\u00e9 celui de la m\u00e9thodologie.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Ainsi, la pratique oecum\u00e9nique oblige \u00e0 penser autrement le processus de la r\u00e9ception. Si autrefois celle-ci exprimait l\u2019unit\u00e9 eccl\u00e9siale, aujourd\u2019hui le processus met en pr\u00e9sence des partenaires de traditions diff\u00e9rentes en qu\u00eate pr\u00e9cis\u00e9ment de cette unit\u00e9. S\u2019impose alors la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019inventer une m\u00e9thodologie. Car, press\u00e9es par le souci imp\u00e9rieux de garder intacte la foi apostolique re\u00e7ue, les \u00c9glises interrogent leurs interpr\u00e9tations de la Tradition. Dans ce contexte, on parle d\u2019\u00abune m\u00e9thode de l\u00e9gitimation\u00bb qui est aussi \u00abune m\u00e9thode de confrontation<a href=\"#note15\"><sup>15<\/sup><\/a> <a name=\"ret15\"><\/a>\u00bb. Nous le voyons, l\u2019interpellation r\u00e9ciproque des \u00c9glises au moyen de cette m\u00e9thode devient chemin de conversion. Chaque \u00c9glise est invit\u00e9e \u00e0 revoir ses interpr\u00e9tations en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00c9vangile et \u00e0 relativiser certaines de ses traditions, lesquelles sont plus redevables au contexte historique qui les a suscit\u00e9es qu\u2019au message \u00e9vang\u00e9lique lui-m\u00eame. Enfin, il faut encore souligner que la r\u00e9surgence du concept de r\u00e9ception va de pair avec la red\u00e9couverte de 1\u2019eccl\u00e9siologie de communion. Pourrait-il en \u00eatre autrement puisque l\u2019\u00c9vangile se retrouve au coeur de ces deux ph\u00e9nom\u00e8nes interreli\u00e9s? Le premier conditionne le second : la communion en \u00c9glise passe par la r\u00e9ception de 1\u2019Evangile du Christ. Cette affirmation nous conduit d\u2019embl\u00e9e au prochain d\u00e9veloppement.<\/span><\/p>\n<p class=\"gras\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Th\u00e9ologie actuelle de la r\u00e9ception<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Vivre en coh\u00e9rence avec l\u2019\u00c9vangile re\u00e7u, telle est bien la logique qui sous-tend l\u2019eccl\u00e9siologie de communion, laquelle cherche \u00e0 rendre compte de l\u2019accueil de la Parole de Dieu dans la vie de la communaut\u00e9 croyante. Nous pouvons d\u00e9j\u00e0 entrevoir que la r\u00e9ception comme concept eccl\u00e9sial renvoie \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 complexe que nous pr\u00e9senterons sous trois angles : elle est un fait constitutif de communion, un processus et l\u2019acte-d\u2019un-peuple. Voil\u00e0 ce que les pratiques des femmes nous ont aussi donn\u00e9 de v\u00e9rifier.<\/span><\/p>\n<p class=\"italique\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La r\u00e9ception: un fait constitutif de communion<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La r\u00e9ception d\u00e9crit autant le ph\u00e9nom\u00e8ne de la naissance de l\u2019\u00c9glise que sa consolidation \u00e0 travers le temps et l\u2019espace. En effet, de la r\u00e9ception de l\u2019enseignement et de la pratique de J\u00e9sus est n\u00e9e la communaut\u00e9 des disciples du Christ. Mais si l\u2019\u00c9glise vient du Galil\u00e9en, elle est aussi n\u00e9e de l\u2019\u00e9v\u00e9nement pascal, c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019accueil de l\u2019Esprit du Christ glorifi\u00e9. Et on ne peut parler r\u00e9ellement d\u2019\u00c9glise qu\u2019\u00e0 partir de ce moment o\u00f9 la communaut\u00e9 r\u00e9unie se voit aussi mandat\u00e9e pour annoncer le R\u00e8gne du Christ et, \u00e0 travers cette proclamation, poursuivre l\u2019annonce du R\u00e8gne de Dieu inaugur\u00e9 par J\u00e9sus au coeur de son action lib\u00e9ratrice (<span class=\"italique\">Luc<\/span> 4, 18; <span class=\"italique\">Matthieu<\/span> 25, 31-46)<a href=\"#note16\"><sup>16<\/sup><\/a> <a name=\"ret16\"><\/a>. Ainsi ce qui pr\u00e9side \u00e0 la naissance de l\u2019\u00c9glise et la maintient dans l\u2019\u00eatre, ce n\u2019est pas l\u2019application d\u2019une doctrine, mais une structure de tradition et de r\u00e9ception: \u00abC\u2019est sous cette forme de relation qu\u2019est constitu\u00e9e l\u2019\u00c9glise<a href=\"#note17\"><sup>17<\/sup><\/a> <a name=\"ret17\"><\/a>.\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Or, par <span class=\"italique\">la cat\u00e9gorie de l\u2019appel<\/span> notamment, nous voyons comment les femmes engag\u00e9es en \u00c9glise illustrent concr\u00e8tement le processus de la r\u00e9ception. Nous l\u2019avons abondamment soulign\u00e9, c\u2019est J\u00e9sus le Christ et son Esprit qu\u2019elles re\u00e7oivent \u00e0 nouveau aujourd\u2019hui. Cette re-r\u00e9ception, pour reprendre une expression employ\u00e9e dans le milieu oecum\u00e9nique, se v\u00e9rifie de fa\u00e7on existentielle dans leur souci de la mission eccl\u00e9siale et de son accomplissement authentique. N\u2019est-ce pas d\u2019ailleurs ce primat de la mission qui ressort des pratiques pastorales des femmes? Et parce que la r\u00e9ception d\u00e9crit l\u2019\u00ab\u00eatre et la mission de l\u2019\u00c9glise\u00bb, elle est un fait de communion.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Pour comprendre cette affirmation, il faut remonter \u00e0 la source de la communion: la mission re\u00e7ue de l\u2019Esprit. Le mot communion, comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 rappel\u00e9, ne vient pas d\u2019abord des termes <span class=\"italique\">cum<\/span> (avec) et <span class=\"italique\">unio<\/span> (union), mais bien de <span class=\"italique\">cum<\/span> et <span class=\"italique\">munus<\/span> (t\u00e2che). La communion signifie en premier lieu: prendre part \u00e0 la t\u00e2che. Ce sens du mot rejoint la signification du terme grec <span class=\"italique\">koin\u00f4nia<\/span>: action d\u2019avoir en commun, de participer. Que l\u2019union des coeurs s\u2019ensuive, rien de plus normal, de plus d\u00e9sirable! Mais cette union des coeurs ne pr\u00e9c\u00e8de pas la t\u00e2che, elle en exprime une cons\u00e9quence. Force est de constater que c\u2019est la t\u00e2che, donc la mission, qui met ensemble des personnes et fonde ainsi la communion. Le fait d\u2019avoir accueilli la Bonne Nouvelle du Ressuscit\u00e9 rend donc femmes et hommes partenaires d\u2019une m\u00eame t\u00e2che et les constitue en \u00abcommunaut\u00e9 de r\u00e9ception\u00bb, suivant l\u2019expression de Michael J. Scanlon<a href=\"#note18\"><sup>18<\/sup><\/a> <a name=\"ret18\"><\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Ici encore, une autre cat\u00e9gorie, celle de l\u2019<span class=\"italique\">interd\u00e9pendance<\/span>, vient illustrer l\u2019affirmation pr\u00e9c\u00e9dente. Elle le fait en rendant compte de la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019un NOUS eccl\u00e9sial responsable d\u2019une unique mission. Les femmes, avons-nous montr\u00e9 largement, comprennent que la communion ne peut s\u2019accomplir que dans le processus des rapports d\u2019interd\u00e9pendance. Interd\u00e9pendance inscrite dans l\u2019\u00eatre eccl\u00e9sial lui-m\u00eame et qui renvoie au partenariat comme une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre et de vivre en \u00c9glise. Voil\u00e0 ce que les pratiques pastorales des femmes entendent \u00e0 la fois traduire et revendiquer. Aussi pouvons-nous affirmer que le partenariat, loin d\u2019\u00eatre une concession \u00e0 la mentalit\u00e9 contemporaine, trouve dans la mission son fondement th\u00e9ologico-eccl\u00e9siologique. L\u2019eccl\u00e9siologie du partenariat est l\u2019eccl\u00e9siologie de communion. Et seule une eccl\u00e9siologie de communion de type missionnaire peut respecter en tous points l\u2019\u00e9galit\u00e9 des chr\u00e9tiens et des chr\u00e9tiennes. Car les eccl\u00e9siologies de communion de types eucharistique et trinitaire, command\u00e9es par une vision hi\u00e9rarchique de l\u2019\u00c9glise, ne peuvent le pr\u00e9tendre. Pour cette raison, entre autres, l\u2019eccl\u00e9siologie de communion de type missionnaire a de l\u2019<span class=\"italique\">avenir<\/span>. Plus encore, elle est celle de l\u2019avenir. D\u2019o\u00f9 l\u2019urgence de la faire <span class=\"italique\">advenir<\/span>.<a href=\"#note19\"><sup>19<\/sup><\/a><a name=\"ret19\"><\/a><\/span><\/p>\n<p class=\"italique\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La r\u00e9ception: un processus<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Fait constitutif de communion, la r\u00e9ception n\u2019a rien d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 statique. Elle est un processus continuel qui touche la Tradition, les rapports Monde\/\u00c9glise et, ultimement, elle devient un processus de conversion.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Nous l\u2019avons vu, la r\u00e9ception implique non seulement l\u2019accueil de la Bonne Nouvelle de J\u00e9sus Christ, mais aussi sa transmission tout au long de l\u2019histoire. Et c\u2019est \u00e0 cette source que l\u2019\u00c9glise puise sa notion de Tradition. Aussi souscrivons-nous au point de vue de la th\u00e9ologienne am\u00e9ricaine, Letty Russell, qui soutient que \u00ab<span class=\"italique\">la Tradition est la Mission<\/span><a href=\"#note20\"><sup>20<\/sup><\/a> <a name=\"ret20\"><\/a>\u00bb. Tradition qui d\u00e9signe essentiellement l\u2019accueil continu de l\u2019\u00e9v\u00e9nement J\u00e9sus ressuscit\u00e9 dans l\u2019histoire. En d\u2019autres termes, la Tradition n\u2019est-elle pas \u00abce mouvement incessant de transmission de l\u2019\u00c9vangile \u00e0 travers les \u00e2ges, par lequel l\u2019\u00c9glise ne cesse de recevoir et de donner<a href=\"#note21\"><sup>21<\/sup><\/a> <a name=\"ret21\"><\/a>\u00bb? Et parce qu\u2019un processus se vit toujours au pr\u00e9sent, il n\u2019y a pas de transmission fix\u00e9e sur un pass\u00e9: la Tradition est fondamentalement vivante. En cons\u00e9quence, elle exige une r\u00e9interpr\u00e9tation tout au long de l\u2019histoire, l\u2019interpr\u00e9tation de la foi n\u2019\u00e9tant jamais achev\u00e9e. Sous l\u2019action de l\u2019Esprit qui conduit l\u2019\u00c9glise vers la v\u00e9rit\u00e9 (<span class=\"italique\">Jean<\/span> 16, 13), la Tradition ouvre sans cesse un espace de nouveaut\u00e9 et de cr\u00e9ativit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Sur cet horizon de la Tradition s\u2019ins\u00e8rent des traditions particuli\u00e8res, c\u2019est-\u00e0-dire des pratiques concr\u00e8tes, circonstanci\u00e9es selon les \u00e9poques, que le magist\u00e8re \u00e9tablit en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Tradition vivante et pour mieux r\u00e9aliser la mission historique de l\u2019Eglise. Ces traditions peuvent et doivent \u00eatre modifi\u00e9es, et m\u00eame dispara\u00eetre au nom d\u2019une plus grande fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9vangile Qu\u2019on se souvienne, par exemple, de Paul qui rejetait l\u2019obligation d\u2019observer les prescriptions rituelles juives pour les non-Juifs. Pierre, de son c\u00f4t\u00e9, voulait les maintenir comme une condition d\u2019entr\u00e9e dans la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne. J\u00e9sus lui-m\u00eame ne les avait-il pas observ\u00e9es? Devant la gravit\u00e9 de la question, la communaut\u00e9 de J\u00e9rusalem fut convoqu\u00e9e et donna raison \u00e0 Paul (cf. <span class=\"italique\">Actes<\/span> 15, 28). Qu\u2019on se souvienne \u00e9galement, plus pr\u00e8s de nous, de la suppression, par les autorit\u00e9s eccl\u00e9siales, de la loi de l\u2019abstinence du vendredi. On le voit, c\u2019est dans une fid\u00e9lit\u00e9 cr\u00e9atrice \u00e0 sa mission et dans une recherche de v\u00e9rit\u00e9 plus totale<a href=\"#note22\"><sup>22<\/sup><\/a> <a name=\"ret22\"><\/a>que 1\u2019\u00c9glise est constamment appel\u00e9e \u00e0 r\u00e9interpr\u00e9ter ses traditions. L\u2019innovation est donc inh\u00e9rente \u00e0 la vitalit\u00e9 de 1\u2019Eglise. N\u2019est-ce pas d\u2019ailleurs la logique de la loi de l\u2019incarnation ?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">N\u2019est-ce pas \u00e9galement pour entrer dans cette logique que les femmes interview\u00e9es font \u00e9tat des d\u00e9fis pos\u00e9s par la rencontre entre la culture contemporaine et l\u2019\u00c9vangile? La cat\u00e9gorie de l\u2019<span class=\"italique\">acculturation<\/span> montre concr\u00e8tement que les femmes mettent en corr\u00e9lation l\u2019exp\u00e9rience chr\u00e9tienne fondamentale pr\u00e9sent\u00e9e dans le Nouveau Testament et l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue par les humains d\u2019aujourd\u2019hui. Elles r\u00e9alisent aussi, parfois douloureusement, l\u2019inad\u00e9quation de certaines traditions : disciplines, lois, structures&#8230; Rien d\u2019\u00e9tonnant alors que l\u2019urgence d\u2019une r\u00e9interpr\u00e9tation ressorte avec autant de force non seulement dans leurs discours mais aussi de leurs pratiques. Ne pas recevoir leur interpellation, c\u2019est risquer de trahir la mission, qui consiste \u00e0 \u00abtransmettre la r\u00e9alit\u00e9 vivante de la Parole divine, destin\u00e9e \u00e0 des hommes [et \u00e0 des femmes] de contextes historiques diff\u00e9rents<a href=\"#note23\"><sup>23<\/sup><\/a> <a name=\"ret23\"><\/a>\u00bb. Telle est ultimement la port\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9 de la r\u00e9ception dans l\u2019\u00c9glise. Ces affirmations nous conduisent directement \u00e0 la question suivante: qui est sujet de la r\u00e9ception?<\/span><\/p>\n<p class=\"italique\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La r\u00e9ception: acte-d\u2019un-peuple<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Nous avons affirm\u00e9 que la r\u00e9ception est un fait constitutif de communion. Et, parce que les femmes et les hommes qui accueillent l\u2019\u00c9vangile sont mis ensemble pour une m\u00eame mission, il faut en conclure que <span class=\"italique\">tout le Peuple de Dieu, anim\u00e9 d\u2019un m\u00eame Esprit, est sujet de la r\u00e9ception<\/span><a href=\"#note24\"><sup>24<\/sup><\/a> <a name=\"ret24\"><\/a>. Cela implique qu\u2019il ait une part active dans l\u2019interpr\u00e9tation de la Parole de Dieu, laquelle, comme l\u2019a rappel\u00e9 Vatican II, est confi\u00e9e avant tout \u00e0 l\u2019\u00c9glise tout enti\u00e8re, \u00e0 la catholica, comme Corps du Seigneur, comme Peuple de Dieu \u00e0 travers le temps et l\u2019espace<a href=\"#note25\"><sup>25<\/sup><\/a><a name=\"ret25\"><\/a>. Cela implique aussi qu\u2019il soit tout autant actif dans la mise en oeuvre des d\u00e9cisions conciliaires et des enseignements du magist\u00e8re ordinaire. La m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 peut d\u2019ailleurs jouer dans les cas d\u2019une non-r\u00e9ception, rendant ainsi inop\u00e9rantes les lois formul\u00e9es. La th\u00e9ologie actuelle de la r\u00e9ception, nous le voyons, insiste davantage sur la part active prise par les la\u00efques dans l\u2019interpr\u00e9tation de ce qui leur est propos\u00e9. Ce faisant, elle rompt avec une compr\u00e9hension qui r\u00e9duisait la r\u00e9ception \u00e0 une attitude plut\u00f4t passive des baptis\u00e9s: ob\u00e9ir aux directives des autorit\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Or, <span class=\"italique\">parties prenantes du Peuple de Dieu, les femmes sont de droit et de fait des sujets \u00e0 part enti\u00e8re<\/span>. Dans l\u2019\u00c9glise, \u00abc\u2019est par le bapt\u00eame qu\u2019on obtient la personnalit\u00e9 juridique<a href=\"#note26\"><sup>26<\/sup><\/a> <a name=\"ret26\"><\/a>\u00bb. Rien ne justifie que les femmes soient consid\u00e9r\u00e9es comme un cas d\u2019esp\u00e8ce ainsi que le sous-tend \u00abla th\u00e9ologie de la femme<a href=\"#note27\"><sup>27<\/sup><\/a> <a name=\"ret27\"><\/a>\u00bb pr\u00e9conis\u00e9e par les autorit\u00e9s eccl\u00e9siales. Le v\u00e9cu eccl\u00e9sial des femmes s\u2019av\u00e8re porteur de signification pour toute l\u2019\u00c9glise. Aussi doivent-elles \u00eatre entendues afin que le service de la Parole soit mieux accompli. Afin \u00e9galement que soient tir\u00e9es les cons\u00e9quences des d\u00e9clarations conciliaires sur la vocation baptismale comme source de toutes les vocations, sur l\u2019\u00e9galit\u00e9, la dignit\u00e9, la saintet\u00e9 et la mission. Ces derni\u00e8res affirmations, en exprimant d\u00e9j\u00e0 les interpellations qui montent du v\u00e9cu des femmes engag\u00e9es en \u00c9glise, nous obligent \u00e0 pousser plus loin la r\u00e9flexion en \u00e9tablissant le bien-fond\u00e9 du droit de ces chr\u00e9tiennes \u00e0 \u00eatre entendues.<\/span><\/p>\n<p class=\"gras centre\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">LE FONCTIONNEMENT INVERS\u00c9 DE LA R\u00c9CEPTION:<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"> LE D\u00c9FI DE LA CONFRONTATION<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">L\u2019accueil r\u00e9serv\u00e9 pr\u00e9sentement dans l\u2019\u00c9glise \u00e0 la notion de r\u00e9ception indique que l\u2019on assiste \u00e0 de profonds changements dans la mani\u00e8re de comprendre 1\u2019Eglise comme communion<a href=\"#note28\"><sup>28<\/sup><\/a> <a name=\"ret28\"><\/a>. Sans pr\u00e9tendre que les femmes sont au fait des th\u00e9ories portant sur la r\u00e9ception, nous constatons qu\u2019elles vivent au quotidien la r\u00e9alit\u00e9 vis\u00e9e par le concept. Leurs engagements d\u00e9coulent de l\u2019\u00c9vangile re\u00e7u. Tout est l\u00e0! Toujours revenir \u00e0 la Parole de Dieu, la r\u00e9entendre, la r\u00e9actualiser, la dire <span class=\"italique\">autrement<\/span>. Voil\u00e0 ce que les travailleuses en \u00c9glise affirment sur tous les tons. Femmes de Tradition, elles interpellent les autorit\u00e9s eccl\u00e9siales car, entre les exigences \u00e9vang\u00e9liques et leurs r\u00e9alisations dans le temps, entre le contenu des discours officiels et les pratiques concr\u00e8tes de l\u2019institution, un large \u00e9cart existe toujours. Faut-il alors s\u2019\u00e9tonner que les pratiques des femmes questionnent certaines interpr\u00e9tations de la Tradition? L\u2019<span class=\"italique\">interpellation<\/span> prendra toute sa place dans la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale si on l\u2019accepte comme un acte l\u00e9gitime de l\u2019autorit\u00e9 reconnue aux chr\u00e9tiens et aux chr\u00e9tiennes. Qu\u2019est-ce que cela suppose?<\/span><\/p>\n<p class=\"gras\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Le fondement de l\u2019autorit\u00e9 du peuple chr\u00e9tien<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La structure pyramidale de l\u2019\u00c9glise romaine masque une donn\u00e9e importante du vivre-ensemble eccl\u00e9sial, \u00e0 savoir: \u00able peuple catholique est le sujet actif et autoris\u00e9 de la foi exprim\u00e9e<a href=\"#note29\"><sup>29<\/sup><\/a> <a name=\"ret29\"><\/a>\u00bb. <span class=\"italique\">En effet<\/span>, aussi bien chez ses responsables que chez les autres membres de l\u2019\u00c9glise, perdure l\u2019id\u00e9e que seul le clerg\u00e9, notamment les \u00e9v\u00eaques en communion avec le pape, est habilit\u00e9 \u00e0 interpr\u00e9ter les donn\u00e9es de la foi. Pourtant, la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019une autorit\u00e9 des croyantes et des croyants en cette mati\u00e8re est bien fond\u00e9e. Reconna\u00eetre une part active aux fid\u00e8les dans l\u2019interpr\u00e9tation de la Tradition d\u00e9coule de la <span class=\"italique\">r\u00e9ception<\/span> du bapt\u00eame, qui est le sacrement du don de l\u2019Esprit et de l\u2019incorporation \u00e0 1\u2019Eglise. D\u2019o\u00f9 l\u2019affirmation que le peuple a une autorit\u00e9 d\u2019enseignement. Cette autorit\u00e9 exprime une harmonique du \u00absens de la foi\u00bb<span class=\"italique\">(sensus fidei)<\/span>, lequel s\u2019entend comme \u00abune capacit\u00e9 de percevoir la v\u00e9rit\u00e9 de la foi et de discerner son contraire<a href=\"#note30\"><sup>30<\/sup><\/a> <a name=\"ret30\"><\/a>\u00bb. II s\u2019agit<\/span><\/p>\n<p class=\"tab_tab\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">[d\u2019] un libre charisme appartenant \u00e0 tous les membres de l\u2019\u00c9glise, charisme d\u2019accord int\u00e9rieur avec l\u2019objet de la foi, en vertu duquel l\u2019\u00c9glise dans sa totalit\u00e9, qui s\u2019exprime dans le consensus de la foi, conna\u00eet l\u2019objet de foi et le confesse dans le concret de la vie, en consonance constante avec le magist\u00e8re eccl\u00e9sial<a href=\"#note31\"><sup>31<\/sup><\/a> <a name=\"ret31\"><\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Cette sorte de jugement instinctif concernant le contenu de la foi, qui pourtant n\u2019est pas un instinct mais bien un mode particulier de connaissance<a href=\"#note32\"><sup>32<\/sup><\/a> <a name=\"ret32\"><\/a>, appartient \u00e0 toute personne qui croit \u00e0 la r\u00e9v\u00e9lation de Dieu.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Cet ensemble d\u2019affirmations globales et valables pour toute la communaut\u00e9 croyante ne d\u00e9nie pas cependant l\u2019existence de fonctions particuli\u00e8res dans l\u2019\u00c9glise. Fonctions minist\u00e9rielles diversifi\u00e9es dont l\u2019objectif consiste \u00e0 accompagner le peuple de Dieu dans sa mani\u00e8re de comprendre et de vivre l\u2018\u00c9vangile. Trouve ici sa place et sa raison d\u2019\u00eatre, par exemple, la fonction magist\u00e9rielle de l\u2019Eglise assum\u00e9e par le pape et les \u00e9v\u00eaques<a href=\"#note33\"><sup>33<\/sup><\/a> <a name=\"ret33\"><\/a>. Celle-ci toutefois ne doit jamais s\u2019exercer comme un monopole: elle doit, au contraire, toujours composer avec le \u00absens des fid\u00e8les\u00bb <span class=\"italique\">(sensus fidelium)<\/span>. Ce \u00ab sens \u00bb rel\u00e8ve de \u00abl\u2019exp\u00e9rience de l\u2019\u00c9vangile dont il repr\u00e9sente comme le commentaire par la vie<a href=\"#note34\"><sup>34<\/sup><\/a> <a name=\"ret34\"><\/a>\u00bb. Ne l\u2019oublions pas, ce qui est fondamentalement normatif dans l\u2019\u00c9glise, ce n\u2019est pas l\u2019autorit\u00e9 magist\u00e9rielle, mais le d\u00e9p\u00f4t confi\u00e9<a href=\"#note35\"><sup>35<\/sup><\/a> <a name=\"ret35\"><\/a>, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019\u00c9vangile :<\/span><\/p>\n<p class=\"tab_tab\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">le fondement tant de la vie rev\u00eatue d\u2019autorit\u00e9 de la communaut\u00e9 croyante que de l\u2019autorit\u00e9 minist\u00e9rielle qui s\u2019y exerce est la Seigneurie de J\u00e9sus Christ qui gouverne l\u2019\u00c9glise par son Pneuma, qui est le Pneuma de Dieu<a href=\"#note36\"><sup>36<\/sup><\/a> <a name=\"ret36\"><\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">C\u2019est dire que tout pouvoir-autorit\u00e9 s\u2019inscrit dans la vis\u00e9e m\u00eame de l\u2019action de J\u00e9sus: la lib\u00e9ration int\u00e9grale de l\u2019\u00eatre humain. Resitu\u00e9 dans la perspective n\u00e9o-testamentaire, le pouvoir-autorit\u00e9 se con\u00e7oit d\u2019abord et avant tout comme un \u00abservice de la vie\u00bb. Nous rejoignons en cela ce que les femmes expriment quand elles parlent de minist\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Or, parce que n\u2019existe pas ce rapport d\u2019interd\u00e9pendance entre l\u2019autorit\u00e9 du magist\u00e8re et l\u2019autorit\u00e9 du peuple dans l\u2019\u00c9glise, certaines d\u00e9cisions prises par les dirigeants apparaissent souvent d\u00e9connect\u00e9es des r\u00e9alit\u00e9s concr\u00e8tes v\u00e9cues par les femmes et les hommes. De ce fait, des malaises surgissent, des voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent, des protestations se multiplient, des r\u00e9sistances s\u2019accentuent jusqu\u2019\u00e0 en arriver \u00e0 la non-r\u00e9ception, c\u2019est-\u00e0-dire au refus de faire sien un enseignement venu d\u2019en haut. En ces diverses manifestations, les dirigeants des communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes se voient interpell\u00e9s au nom m\u00eame de l\u2019\u00c9vangile re\u00e7u. N\u2019est-ce pas d\u2019ailleurs dans ce sens que les travailleuses demandent \u00e0 \u00eatre entendues? Ce faisant, elles exercent un droit rattach\u00e9 au processus m\u00eame de la r\u00e9ception \u2014 processus dont la dimension bidirectionnelle doit \u00eatre soulign\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p class=\"gras\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La bidirectionnalit\u00e9 du processus de la r\u00e9ception<a href=\"#note37\"><sup>37<\/sup><\/a><a name=\"ret37\"><\/a><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La r\u00e9alit\u00e9 m\u00eame de la <span class=\"italique\">r\u00e9ception<\/span> dans l\u2019\u00c9glise, rappelons-le, engage de par sa nature tous les membres de l\u2019\u00c9glise, la\u00efques et clercs, \u00e0 se mettre \u00e0 <span class=\"italique\">l\u2019\u00e9coute<\/span> des uns et des autres afin de garder vivante la Parole du Ressuscit\u00e9. La communaut\u00e9 chr\u00e9tienne repr\u00e9sentant le lieu de la pr\u00e9sence de l\u2019Esprit de v\u00e9rit\u00e9, le magist\u00e8re se doit de saisir \u00abce que croient et professent les fid\u00e8les<a href=\"#note38\"><sup>38<\/sup><\/a> <a name=\"ret38\"><\/a>\u00bb. Le processus de la r\u00e9ception comporte, en effet, une \u00abbidirectionnalit\u00e9\u00bb: l\u2019\u00e9change du bien \u00e0 recevoir emprunte une voie \u00e0 double sens. En clair cela signifie que le processus de r\u00e9ception joue dans les deux sens ; la\u00efques\u2194pasteurs. C\u2019est ainsi que :<\/span><\/p>\n<p class=\"tab_tab\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">sensus fidelium et magist\u00e8re hi\u00e9rarchique sont en consonance, en \u00e9coute mutuelle, dans le respect des comp\u00e9tences r\u00e9ciproques, chacun \u00e9tant \u00e0 sa fa\u00e7on normatif pour l\u2019autre. C\u2019est l\u00e0 la forme fondamentale de communion<a href=\"#note39\"><sup>39<\/sup><\/a> <a name=\"ret39\"><\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Cette \u00abforme fondamentale de <span class=\"italique\">communion<\/span>\u00bb, faut-il s\u2019empresser de dire, reste encore \u00e0 venir puisque l\u2019\u00e9coute caract\u00e9rise presque exclusivement l\u2019attitude des la\u00efques. L\u2019incapacit\u00e9 des autorit\u00e9s eccl\u00e9siales \u00e0 simplement entendre l\u2019exp\u00e9rience chr\u00e9tienne des fid\u00e8les demeure, malheureusement, un constat trop r\u00e9pandu pour le taire ici. A trop vouloir insister sur le fait que \u00abtout le corps eccl\u00e9sial agit suivant la structure hi\u00e9rarchique sacramentelle donn\u00e9e par le Seigneur<a href=\"#note40\"><sup>40<\/sup><\/a> <a name=\"ret40\"><\/a>\u00bb, les autorit\u00e9s laissent dans l\u2019ombre l\u2019obligation qu\u2019elles ont de se montrer attentives aux d\u00e9sirs des fid\u00e8les<a href=\"#note41\"><sup>41<\/sup><\/a> <a name=\"ret41\"><\/a>. Non seulement elles entretiennent sous une forme tautologique le rapport qui les lie au reste de l\u2019\u00c9glise, \u00ables fid\u00e8les attestent ce qui leur a \u00e9t\u00e9 enseign\u00e9 par leurs pasteurs<a href=\"#note42\"><sup>42<\/sup><\/a> <a name=\"ret42\"><\/a>\u00bb, mais elles laissent entendre que le processus de la r\u00e9ception fonctionne suivant <span class=\"italique\">une seule direction : de haut en bas<\/span>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">En somme, la r\u00e9ception est comprise et expliqu\u00e9e selon l\u2019eccl\u00e9siologie adopt\u00e9e, en l\u2019occurrence une eccl\u00e9siologie de peuple hi\u00e9rarchis\u00e9<a href=\"#note43\"><sup>43<\/sup><\/a> <a name=\"ret43\"><\/a>: c\u2019est la communaut\u00e9 croyante qui re\u00e7oit de ses autorit\u00e9s les enseignements. Quant \u00e0 l\u2019eccl\u00e9siologie de communion entrevue dans ces pages, elle \u00e9quilibre cette vision du processus de la r\u00e9ception en montrant que \u00able bien \u00e0 recevoir\u00bb vient aussi \u00abde la base\u00bb. Se trouve ici inclus le mouvement <span class=\"italique\">ascendant: de bas en haut<\/span>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">On le pressent, ce n\u2019est qu\u2019en sauvegardant la bidirectionnalit\u00e9 du processus de la r\u00e9ception que le passage d\u2019une \u00c9glise hi\u00e9rarchique \u00e0 une Communaut\u00e9 de disciples \u00e9gaux pourra s\u2019effectuer. Alors le mouvement r\u00e9ciproque de la r\u00e9ception fonctionnerait non plus sur le mode vertical, mais bien sur le mode horizontal. D\u00e9j\u00e0, par leurs pratiques, les femmes se sont mises \u00e0 la t\u00e2che pour modeler autrement la vie de l\u2019\u00c9glise, mais elles se heurtent continuellement \u00e0 des r\u00e9sistances qui retardent la r\u00e9alisation du vivre ensemble communionnel. Voil\u00e0 pourquoi, au nom m\u00eame d\u2019une \u00abautorit\u00e9 d\u2019interpellation\u00bb propre au processus de la r\u00e9ception, elles r\u00e9clament que leurs pratiques pastorales soient re\u00e7ues comme l\u2019expression d\u2019un <span class=\"italique\">v\u00e9cu eccl\u00e9sial<\/span> accord\u00e9 aux exigences \u00e9vang\u00e9liques, un <span class=\"italique\">v\u00e9cu<\/span> qui soit signe du Royaume dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui.<\/span><\/p>\n<p class=\"gras\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">L\u2019autorit\u00e9 d\u2019interpellation et l\u2019exigence de la conversion<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Parler maintenant d\u2019<span class=\"italique\">autorit\u00e9 d\u2019interpellation<\/span><a href=\"#note44\"><sup>44<\/sup><\/a> <a name=\"ret44\"><\/a>, c\u2019est d\u00e9signer le pouvoir que poss\u00e8de la communaut\u00e9 croyante de questionner l\u2019autorit\u00e9 institutionnelle en l\u2019occurrence. Ce pouvoir d\u00e9coule de l\u2019autorit\u00e9 d\u2019enseignement du peuple et en l\u2019exer\u00e7ant, la communaut\u00e9 s\u2019acquitte d\u2019un r\u00f4le de vigilance, de gardienne, qui lui est imparti en tant que sujet du t\u00e9moignage port\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9vangile. Le pouvoir de l\u2019<span class=\"italique\">autorit\u00e9 d\u2019interpellation<\/span>n\u2019a donc pas \u00e0 se r\u00e9clamer de l\u2019\u00abautorit\u00e9 d\u2019opinion publique\u00bb, pratiqu\u00e9e dans les d\u00e9mocraties, pour exercer la fonction de r\u00e9gulation<a href=\"#note45\"><sup>45<\/sup><\/a> <a name=\"ret45\"><\/a>, il lui vient de l\u2019\u00c9vangile re\u00e7u et de la responsabilit\u00e9 de garder vivante la Tradition. II n\u2019en demeure pas moins cependant que l\u2019expression de \u00abl\u2019opinion publique\u00bb compte parmi les droits des fid\u00e8les. Les chr\u00e9tiennes et les chr\u00e9tiens,<\/span><\/p>\n<p class=\"tab_tab\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">selon le devoir, la comp\u00e9tence et le prestige dont ils jouissent, ont le droit et m\u00eame parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacr\u00e9s leur opinion sur ce qui touche le bien de l\u2019\u00c9glise et de la faire conna\u00eetre aux autres fid\u00e8les, restant sauves l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de la foi et des moeurs et la r\u00e9v\u00e9rence due aux pasteurs, et en tenant compte de l\u2019utilit\u00e9 commune et de la dignit\u00e9 des personnes (can. 212, \u00a7 3).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">En d\u00e9pit de l\u2019\u00e9nonciation \u00ab pr\u00e9cautionneuse \u00bb de ce canon \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019exercice d\u2019un tel droit, \u00abl\u2019opinion publique\u00bb appartient bel et bien \u00e0 une dynamique de communication n\u00e9cessaire pour la r\u00e9alisation d\u2019un dialogue f\u00e9cond au sein de l\u2019\u00c9glise. D\u2019ailleurs le Pape Jean-Paul II reconna\u00eet que \u00abla v\u00e9rit\u00e9 est indissolublement li\u00e9e \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression, et qu\u2019elle est le facteur principal du progr\u00e8s dans tous les domaines de la vie humaine&#8230;<a href=\"#note46\"><sup>46<\/sup><\/a> <a name=\"ret46\"><\/a>\u00bb. Malheureusement, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019\u00c9glise, le silence impos\u00e9 aux voix dissidentes en dit long sur ce beau principe recommandable pour les institutions civiles, mais dont l\u2019application conna\u00eet des entorses dans l\u2019institution eccl\u00e9siale m\u00eame. C\u2019est l\u00e0 une autre illustration de l\u2019\u00e9cart entre un enseignement officiel et sa mise en pratique. Un autre paradoxe d\u00e9nonc\u00e9 maintes fois par les travailleuses en \u00c9glise.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">C\u2019est au nom de ce droit reconnu \u00e0 la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale que les femmes engag\u00e9es en pastorale brisent un silence trop longtemps gard\u00e9 pour interpeller les dirigeants de l\u2019\u00c9glise. En questionnant <span class=\"italique\">une th\u00e9ologie de l\u2019appel<\/span>, les travailleuses en \u00c9glise demandent aux repr\u00e9sentants de cette institution de respecter le fait \u00abprioritaire et m\u00eame d\u00e9cisif\u00bb de l\u2019action de Dieu qui prend l\u2019initiative d\u2019appeler qui II veut et, par l\u00e0 m\u00eame, de bannir de l\u2019\u00c9glise la discrimination exerc\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes. En d\u00e9non\u00e7ant le primat accord\u00e9 \u00e0 certaines pratiques et disciplines eccl\u00e9siales au d\u00e9triment des personnes et des communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes, les croyantes engag\u00e9es incitent les autorit\u00e9s eccl\u00e9siales \u00e0 r\u00e9viser le maintien de certaines traditions, \u00e0 changer des lois et des structures inad\u00e9quates afin de promouvoir des<span class=\"italique\">pratiques accultur\u00e9es<\/span> inh\u00e9rentes \u00e0 la \u00abr\u00e9ception\u00bb de la Bonne Nouvelle du Royaume. Finalement, en questionnant la structure pyramidale et masculine de l\u2019\u00c9glise, les femmes r\u00e9clament de ses dirigeants qu\u2019ils fassent en sorte que l\u2019institution eccl\u00e9siale refl\u00e8te la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019<span class=\"italique\">interd\u00e9pendance<\/span> pour faire advenir <span class=\"italique\">dans les faits<\/span> la communaut\u00e9 des disciples \u00e9gaux du Christ.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Voil\u00e0 les interpellations qui demandent \u00e0 \u00eatre \u00abre\u00e7ues\u00bb par les dirigeants de l\u2019\u00c9glise. Si l\u2019autorit\u00e9 et le pouvoir reconnus aux baptis\u00e9s d\u00e9coulent de la r\u00e9ception de l\u2019\u00c9vangile, il s\u2019ensuit que le droit d\u2019interpeller appara\u00eet comme une forme d\u2019expression de cette autorit\u00e9, de ce pouvoir. Les femmes entendent exercer ce droit<a href=\"#note47\"><sup>47<\/sup><\/a> <a name=\"ret47\"><\/a>. C\u2019est alors que nous voyons le processus de la r\u00e9ception fonctionner dans le sens inverse : de bas en haut. De <span class=\"italique\">bas en haut<\/span>, faut-il continuer de dire, puisque la structure hi\u00e9rarchique demeure bien implant\u00e9e dans 1\u2019\u00c9glise.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Il n\u2019y a pas l\u00e0 une utilisation indue du processus de la r\u00e9ception, mais sa mise en application int\u00e9grale. Loin de porter un pr\u00e9judice \u00e0 la compr\u00e9hension de la r\u00e9ception, cette mani\u00e8re de s\u2019exprimer, au contraire, fait ressortir son aspect bidirectionnel. Parler de <span class=\"italique\">fonctionnement invers\u00e9<\/span> montre que la r\u00e9ception ne se restreint pas au mouvement descendant, des autorit\u00e9s vers les la\u00efques, mais qu\u2019elle inclut \u00e9galement le mouvement <span class=\"italique\">ascendant<\/span>, des la\u00efques vers les autorit\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Il s\u2019ensuit que l\u2019exercice de l\u2019\u00abautorit\u00e9 d\u2019interpellation\u00bb comporte une in\u00e9vitable confrontation, laquelle consiste \u00e0 comparer des disciplines, des pratiques, des lois eccl\u00e9siales toujours en vigueur, avec l\u2019esprit du message \u00e9vang\u00e9lique. De ce point de vue, la confrontation occasionn\u00e9e par les pratiques des femmes est loin d\u2019\u00eatre n\u00e9gative, elle conduit plut\u00f4t \u00e0 une plus grande fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la Tradition. Nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 dit, il existe trop souvent une confusion entre des traditions et la Tradition; la confrontation oblige ainsi \u00e0 mettre au clair ce qui appartient \u00e0 des pratiques eccl\u00e9siales \u00abcanonis\u00e9es\u00bb et ce qui rel\u00e8ve v\u00e9ritablement de la foi au Ressuscit\u00e9. La confrontation met sur la voie de la conversion: ne pas s\u2019enfermer dans une certitude qui refuse la remise en question, mais au contraire s\u2019ouvrir aux changements n\u00e9cessaires au renouvellement de l\u2019\u00c9glise. C\u2019est \u00e0 cette condition que la Tradition demeure vivante, elle qui invite a une continuelle \u00abre-r\u00e9ception\u00bb de la Bonne Nouvelle du Royaume sous l\u2019action de l\u2019Esprit. N\u2019est-ce pas la le sens et la port\u00e9e des interpellations qui surgissent des pratiques pastorales des femmes ? Chose certaine, c\u2019est ce que veulent, \u00e0 leur tour, faire entendre et illustrer les enjeux formul\u00e9s dans le chapitre suivant.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p class=\"gras\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">NOTES<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret4\"><sup>4<\/sup><\/a> <a name=\"note4\"><\/a>Cf. Y. CONGAR \u00ab La \u201cr\u00e9ception\u201d comme r\u00e9alit\u00e9 eccl\u00e9siologique \u00bb, dans Revue des Sciences philosophique et th\u00e9ologique, 56, 1972, p.363-403.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret5\"><sup>5<\/sup><\/a> <a name=\"note5\"><\/a>G. ROUTHIER donne plus de deux cents titres d\u2019ouvrages, livres et articles dans la bibliographie de son livre La r\u00e9ception d\u2019un concile, Paris, Les \u00c9ditions du Cerf, p.243-261. Le concept de r\u00e9ception qui concerne d\u2019abord la sociologie de la culture est aussi consid\u00e9r\u00e9 comme un concept majeur par les historiens du droit en Allemagne. De m\u00eame, dans ce pays, l\u2019\u00e9cole de Constance compte parmi ses th\u00e9oriciens de l\u2019histoire litt\u00e9raire Hans Robert JAUSS reconnu pour ses travaux portant sur l\u2019esth\u00e9tique de la r\u00e9ception. Une traduction fran\u00e7aise livre l\u2019essentiel de ses \u00e9tudes sur cette question, Pour une esth\u00e9tique de la r\u00e9ception, Paris, Gallimard, 1990. D\u2019ailleurs G. ROUTHIER reconna\u00eet que la th\u00e9ologie gagnerait \u00e0 fr\u00e9quenter cette \u00e9cole litt\u00e9raire, laquelle pourrait l\u2019aider \u00e0 mieux d\u00e9finir les m\u00e9canismes de la r\u00e9ception dans la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale (cf. p. 235-236). Un article r\u00e9cent d\u2019Ormond RUSH vient illustrer cette possible contribution dans la mani\u00e8re de comprendre le d\u00e9veloppement du dogme, \u00ab R\u00e9ception Hermeneutics and the \u201cDevelopment\u201d of Doctrine \u00bb, dans Pacifica, 6, 1993, P. 125-140.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret6\"><sup>6<\/sup><\/a> <a name=\"note6\"><\/a>Dans le contexte de l\u2019oecum\u00e9nisme, la r\u00e9\u00e9mergence de l\u2019id\u00e9e de r\u00e9ception comme concept de base appara\u00eet lors des consultations (Oxford en Angleterre, Badgastein en Autriche) sur les conciles de l\u2019\u00c9glise primitive et lors des recherches provoqu\u00e9es par Foi et Constitution dans les ann\u00e9es 1965-1966. L\u2019id\u00e9e aurait perc\u00e9 officiellement lors de la r\u00e9union de la commission Foi et Constitution \u00e0 Louvain en 1971, cf. Jean-Marie R TILLARD, \u00c9glise d\u2019\u00c9glises, Paris, Cerf, 1987, p. 156, note 106.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret7\"><sup>7<\/sup><\/a> <a name=\"note7\"><\/a>G. ROUTHIER rapporte des opinions qui font la preuve d\u2019une ignorance au sujet de l\u2019usage du concept dans le pass\u00e9 \u00abLa \u201cr\u00e9ception\u201d au sens th\u00e9ologique et eccl\u00e9siologique est \u00ab\u00a0un concept extr\u00eamement jeune\u00bb, d\u00e9clare Hermann Fischer; ou encore Johannes Bauer: \u00abLe terme \u201cr\u00e9ception\u201d est aussi nouveau que le processus qu\u2019il d\u00e9crit est ancien\u00bb, La r\u00e9ception d\u2019un concile, op cit.., p. 16.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret8\"><sup>8<\/sup><\/a> <a name=\"note8\"><\/a>Cf. Ulrich KUHN, \u00abReception: An Imperative and Opportunity \u00bb, dans Ecumenical Perspectives on Baptism, Eucharist and Ministry. \u00c9dit\u00e9 par Max THURIAN, (coll. \u00abWorld Council Churches Studies\u00bb, 116), Gen\u00e8ve, World Council Churches, 1983, p. 166-167. C\u2019est une histoire complexe que celle de la r\u00e9ception des conciles. \u00abLa foi de Nic\u00e9e n\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0re\u00e7ue\u00a0\u00bb et totalement qu\u2019apr\u00e8s 56 ans de d\u00e9m\u00eal\u00e9s ponctuels de synodes, d\u2019excommunications, d\u2019exils, d\u2019interventions et de violences imp\u00e9riales. [&#8230;] Le concile de Constantinople de 381 a marqu\u00e9 la fin des querelles\u00bb, Y. CONGAR, \u00abLa \u00ab\u00a0r\u00e9ception\u00a0\u00bb comme r\u00e9alit\u00e9 eccl\u00e9siologique\u00bb, loc. cit., p.372.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret9\"><sup>9<\/sup><\/a> <a name=\"note9\"><\/a>Ion BRIA, \u00ab La \u201cr\u00e9ception\u201d des r\u00e9sultats des dialogues \u00bb, dans Les dialogues oecum\u00e9niques hier et aujourd\u2019hui, (coll. \u00ab \u00c9tudes th\u00e9ologiques \u00bb, 5), Chamb\u00e9ry-Gen\u00e8ve, \u00c9ditions du Centre orthodoxe du Patriarcat oecum\u00e9nique, 1985, p. 289.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret10\"><sup>10<\/sup><\/a> <a name=\"note10\"><\/a>La non-r\u00e9ception repr\u00e9sente alors un aspect positif puisqu\u2019elle ne signifie pas en soi une opposition \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 intrins\u00e8que comme le fait remarquer Geoffrey King dans son article \u00ab R\u00e9ception, consensus et droit eccl\u00e9siastique\u00bb, dans Concilium, 243, 1992, p. 50. Faut-il pr\u00e9ciser que la validit\u00e9 ne d\u00e9pend pas totalement du consensus ou de la volont\u00e9 du peuple, par contre sans ce consensus une loi n\u2019a pas \u00e0 \u00eatre gard\u00e9e. Ce principe est m\u00eame reconnu dans le Droit canonique romain, cf. Anton HOUTEPEN, \u00ab R\u00e9ception, Tradition, Communion \u00bb, dans Ecumenical Perspectives on Baptism, Eucharist and Ministry, op. cit., p. 145. Il existe des exemples contemporains de non r\u00e9ception : la Constitution apostolique de JEAN XXIII Veterum sapientia (1962) pour le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9tude du latin; l\u2019Encyclique de PAUL VI Humanae vitae (1968) sur les moyens artificiels de contraception; plus pr\u00e8s de nous, la directive contenue dans le Motu proprio Ministrae quaedam (1972) interdisant aux femmes d\u2019\u00eatre pr\u00e9pos\u00e9es \u00e0 l\u2019autel lors de c\u00e9l\u00e9brations eucharistiques. A l\u2019occasion de la visite du Pape Jean-Paul II au Canada, le monde entier a pu constater, gr\u00e2ce aux images t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es, la non-r\u00e9ception de cette directive par l\u2019\u00c9glise canadienne.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret11\"><sup>11<\/sup><\/a> <a name=\"note11\"><\/a>Emmanuel LANNE, \u00ab La notion eccl\u00e9siologique de r\u00e9ception \u00bb, dans Revue th\u00e9ologique de Louvain, 25, 1994, p. 35 [30-45.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret12\"><sup>12<\/sup><\/a> <a name=\"note12\"><\/a>Ibid., p. 36<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret13\"><sup>13<\/sup><\/a> <a name=\"note13\"><\/a>Th. RYAN, \u00abD\u00e9mystifier ce nouveau mot sacr\u00e9: r\u00e9ception \u00bb, dans \u0152cum\u00e9nisme, 72, 1983, p. 28.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret14\"><sup>14<\/sup><\/a> <a name=\"note14\"><\/a>A cet \u00e9gard, le texte de Lima, Le Bapt\u00eame, l\u2019Eucharistie et le Minist\u00e8re \u2014 d\u00e9sign\u00e9 le plus souvent par les lettres BEM\u2014 de la COMMISSION FOI ET CONSTITUTION du Conseil oecum\u00e9nique des \u00c9glises, appara\u00eet comme une belle r\u00e9ussite au point de dire qu\u2019il \u00ab se pr\u00e9sente lui-m\u00eame comme le moment actuel de la foi apostolique, commun\u00e9ment re\u00e7ue et proclam\u00e9e \u00bb, comme le reconna\u00eet Th. RYAN, \u00ab D\u00e9mystifier ce nouveau mot sacr\u00e9 r\u00e9ception\u00bb, loc. cit., p. 31.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret15\"><sup>15<\/sup><\/a> <a name=\"note15\"><\/a>Cf. I. BRIA, \u00ab La \u201cr\u00e9ception\u201d des r\u00e9sultats des dialogues \u00bb, op. cit., p. 287-288. L\u2019auteur soutient qu\u2019il faut cr\u00e9er une m\u00e9thodologie th\u00e9ologique de convergences qui cherche \u00e0 exprimer la foi commune de l\u2019\u00c9glise une et catholique, p. 291.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret16\"><sup>16<\/sup><\/a> <a name=\"note16\"><\/a>Y. BERGERON synth\u00e9tise tr\u00e8s bien les recherches sur la double origine de l\u2019\u00c9glise dans Partenaires en \u00c9glise, Montr\u00e9al, \u00c9ditions Paulines, 1991, p. 44-49.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret17\"><sup>17<\/sup><\/a> <a name=\"note17\"><\/a>La r\u00e9ception d\u2019un concile, op. cit., p. 210.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret18\"><sup>18<\/sup><\/a> <a name=\"note18\"><\/a>Michael J. SCANLON, \u00abCatholicism and Living Tradition: The Church as a Community of Reception \u00bb, dans Patrick.J.Hewell et Gary Chamberlin (ed.), Empowering Authority. The charism of Episcopacy and Primacy in the Churchh today, Kansas City Sheed and Ward, 1990, p. 1-16.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret19\"><sup>19<\/sup><\/a> <a name=\"note19\"><\/a>Voir Yvonne BERGERON, Micheline LAGU\u00cb, \u00abPartenariat int\u00e9gral: l\u2019\u00e0-venir d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 \u00bb, dans Femmes et Hommes en \u00c9glise. Partenaires autrement, Colloque oecum\u00e9nique international 1991, Livre des communications, Paris, 1992, p. 32-41.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret20\"><sup>20<\/sup><\/a> <a name=\"note20\"><\/a>L\u2019auteure continue et pr\u00e9cise sa pens\u00e9e : \u00abL\u2019origine de la tradition remonte \u00e0 l\u2019action missionnaire de Dieu envoyant le Christ. L\u2019objet de cette action est le Christ 1ui-m\u00eame. Le moyen par lequel tous participent \u00e0 la tradition consiste pour chacun \u00e0 recevoir et accueillir le Christ \u00bb, Letty RUSSELL, Th\u00e9ologie f\u00e9ministe de la lib\u00e9ration, Paris, Cerf, 1976, p. 91-92.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret21\"><sup>21<\/sup><\/a> <a name=\"note21\"><\/a>Bernard SESBO\u00dc\u00c9, \u00ab Tradition et traditions \u00bb, dans Nouvelle Revue Th\u00e9ologique, 112, 1990, p. 574.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret22\"><sup>22<\/sup><\/a> <a name=\"note22\"><\/a>Cf. B. SESBO\u00dc\u00c9, \u00abTradition et traditions \u00bb, loc. cit., p. 583.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret23\"><sup>23<\/sup><\/a> <a name=\"note23\"><\/a>Jean-Marie AUBERT, L\u2019exil f\u00e9minin, Paris, Cerf, 1988, p. 231.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret24\"><sup>24<\/sup><\/a> <a name=\"note24\"><\/a>Cf. Hermann J. POTFMEYER, \u00abVers une nouvelle phase de r\u00e9ception de Vatican II. Vingt ans d\u2019herm\u00e9neutique du Concile \u00bb, dans La r\u00e9ception de Vatican II, \u00e9dit\u00e9 par Giuseppe ALBERIGO et Jean-Pierre JOSSUA, Paris, Cerf, 1985, p. 46. William G. RUSH \u00e9crit : \u00abAll stages of reception involve the who baptised people of God with their sense of faith (sensus fidelium), the \u201csense of the faithful believers\u201d \u00bb, \u00ab Reception. An Ecumenical Opportunity \u00bb, dans Lutherian World Federation Report, 22, 1988, p. 60.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret25\"><sup>25<\/sup><\/a> <a name=\"note25\"><\/a>Cf. La Constitution dogmatique La R\u00e9v\u00e9lation divine, Dei verbum, n\u00b0 10. D\u2019ailleurs G. ROUTHIER reconna\u00eet que la th\u00e9ologie gagnerait \u00e0 fr\u00e9quenter cette \u00e9cole litt\u00e9raire, laquelle pourrait l\u2019aider \u00e0 mieux d\u00e9finir les m\u00e9canismes de la r\u00e9ception dans la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale (cf. p. 235-236). Un article r\u00e9cent d\u2019Ormond RUSH vient illustrer cette possible contribution dans la mani\u00e8re de comprendre le d\u00e9veloppement du dogme, \u00ab R\u00e9ception Hermeneutics and the \u201cDevelopment\u201d of Doctrine \u00bb, dans Pacifica, 6, 1993, p. 125-140.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret26\"><sup>26<\/sup><\/a> <a name=\"note26\"><\/a>Joseph RATZINGER, \u00abD\u00e9mocratisation de l\u2019\u00c9glise?\u00bb, dans Joseph RATZINGER et Hans MAIER, D\u00e9mocratisation de l\u2019\u00c9glise. Possibilit\u00e9s, limites, risques, Paris\/Montr\u00e9al, Apostolat des \u00c9ditions\/\u00c9ditions Paulines, 1971, p. 44.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret27\"><sup>27<\/sup><\/a> <a name=\"note27\"><\/a>L\u2019\u00e9laboration d\u2019une \u00ab th\u00e9ologie de la femme \u00bb par des th\u00e9ologiens commence avec les ann\u00e9es 50. Une th\u00e9ologie discourant sur la nature de la femme se concentre sur un point pr\u00e9cis : la femme est faite pour \u00eatre m\u00e8re. C\u2019est l\u00e0 sa dignit\u00e9, sa vocation, sa mission. Il nous semble que le courant \u00abspiritualiste\u00bb qui traverse actuellement les \u00e9crits de certaines femmes prend le relais de cette th\u00e9ologie. Au nom d\u2019une anthropologie diff\u00e9rentielle, fond\u00e9e toutefois sur la reconnaissance d\u2019une unique nature humaine, la f\u00e9minit\u00e9 est exalt\u00e9e au point d\u2019\u00abaffirmer que la femme, dans sa relation \u00e0 Dieu sp\u00e9cialement, est \u00e9tablie dans un rapport de sup\u00e9riorit\u00e9 vis-\u00e0-vis de l\u2019homme\u00bb. Faut-il alors se surprendre que l\u2019auteure de cette citation, Janine HOURCADE, ait intitul\u00e9 le chapitre 3 de son volume: \u00abLe sexe f\u00e9minin, le sexe religieux\u00bb, dans Pourquoi la femme?, Paris, Descl\u00e9e, 1992, p. 57-74. La citation se retrouve \u00e0 la p.58. Dans le cas pr\u00e9sent, l\u2019expression \u00abd\u00e9rive de la f\u00e9minit\u00e9\u00bb employ\u00e9e par Suzanne TUNC s\u2019applique tr\u00e8s bien. Cf. F\u00e9minit\u00e9 et minist\u00e8re, Paris, Femmes et Hommes en \u00c9glise, 1994.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret28\"><sup>28<\/sup><\/a> <a name=\"note28\"><\/a>Cf. Michael J. HIMES, \u00abThe ecclesiological significance of the reception of doctrine\u00bb, dans Heytrop Journal, 23, 1992, p.156.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret29\"><sup>29<\/sup><\/a> <a name=\"note29\"><\/a>Christian DUQUOC, \u00abLe peuple de Dieu, sujet actif de la foi dans l\u2019\u00c9glise , dans Concilium, 200, 1985, p. 95.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret30\"><sup>30<\/sup><\/a> <a name=\"note30\"><\/a>Salvador PI\u00c9-NIN0T, \u00abSens de la foi\u00bb, dans Ren\u00e9 LATOURELLE et Rino Fisichella (dir.), Dictionnaire de th\u00e9ologie fondamentale, Montr\u00e9al\/Paris, Bellarmin\/Cerf, 1992, p. 1248. L\u2019expression \u00absens de la foi\u00bb a \u00e9t\u00e9 forg\u00e9e par la scolastique du XIIIe si\u00e8cle.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret31\"><sup>31<\/sup><\/a> <a name=\"note31\"><\/a>D\u00e9finition de W. Beinert et cit\u00e9e par Herbert VORGRIMLER, \u00abDu \u201csensus fidei\u201d au \u201cconsensus fidelium\u201d\u00bb, dans Concilium, 200, 1985, p. 14.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret32\"><sup>32<\/sup><\/a> <a name=\"note32\"><\/a>Point de vue de M. Seckler repris par Henrich Fries dans son article \u00abExiste-t-il un magist\u00e8re des fid\u00e8les?\u00bb, dans Concilium, 200, 1985, p. 107.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret33\"><sup>33<\/sup><\/a> <a name=\"note33\"><\/a>Il va sans dire que, pour nous, le fait de reconna\u00eetre le bien-fond\u00e9 du magist\u00e8re n\u2019implique aucunement que cette autorit\u00e9 pastorale officielle doive prendre la forme pyramidale. L\u2019eccl\u00e9siologie de communion telle qu\u2019entrevue dans ces pages a d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 comment la r\u00e9alit\u00e9 du \u00ab partenariat\u00bb donnerait de concevoir autrement la structure de l\u2019\u00c9glise.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret34\"><sup>34<\/sup><\/a> <a name=\"note34\"><\/a>Jean-Marie R. TILLARD, \u00abTh\u00e9ologie et vie eccl\u00e9siale\u00bb, dans Initiation \u00e0 la pratique de la th\u00e9ologie. Introduction, t. 1, Paris, Cerf, 1982, p.163. La notion de \u00absensus fidelium\u00bb appara\u00eet chez les th\u00e9ologiens de la moiti\u00e9 du XVIe si\u00e8cle comme \u00abfruit d\u2019une \u00e9tude de la crit\u00e9riologie doctrinale\u00bb, S. PI\u00c9-NINOT, \u00abSens de la foi\u00bb, op. cit., p. 1248.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret35\"><sup>35<\/sup><\/a> <a name=\"note35\"><\/a>Cf. 1 Timoth\u00e9e 6, 20; 2 Timoth\u00e9e 1, 14.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret36\"><sup>36<\/sup><\/a> <a name=\"note36\"><\/a>Edward SCHILLEBEECKX, L\u2019histoire des hommes, r\u00e9cit de Dieu, Paris, Cerf, 1992, p. 326.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret37\"><sup>37<\/sup><\/a> <a name=\"note37\"><\/a>G. ROUTHIER remarque que l\u2019aspect de la bidirectionnalit\u00e9 de la r\u00e9ception est peu \u00e9tudi\u00e9, cf. La r\u00e9ception d\u2019un concile, op. cit., p. 230-233, voir aussi p.123, note 156.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret38\"><sup>38<\/sup><\/a> <a name=\"note38\"><\/a>S. PI\u00c9-NIN0T, \u00abSens de la foi\u00bb, op. cit., p. 1248.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret39\"><sup>39<\/sup><\/a> <a name=\"note39\"><\/a>J.-M. R. TILLARD, \u00c9glise d\u2019\u00c9glises, op.cit., p. 145.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret40\"><sup>40<\/sup><\/a> <a name=\"note40\"><\/a>Card. Johannes WILLEBRANDS, \u00abThe Ecumenical Dialogue and its Reception\u00bb, dans One in Christ, 21, 1985, p. 222.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret41\"><sup>41<\/sup><\/a> <a name=\"note41\"><\/a>Cf. La Constitution dogmatique sur l\u2019\u00c9glise, n\u00b0 37.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret42\"><sup>42<\/sup><\/a> <a name=\"note42\"><\/a>H. FRIES, \u00abExiste-t-il un magist\u00e8re des fid\u00e8les?\u00bb, loc. cit., p. 112. L\u2019auteur- caract\u00e9rise ainsi une tendance de la th\u00e9ologie de l\u2019\u00e9cole romaine au XIXe si\u00e8cle.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret43\"><sup>43<\/sup><\/a> <a name=\"note43\"><\/a>La Constitution dogmatique sur l\u2019\u00c9glise parle de l\u2019\u00c9glise comme \u00e9tant \u00abune soci\u00e9t\u00e9 organis\u00e9e hi\u00e9rarchiquement\u00bb, n\u00b0 8.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret44\"><sup>44<\/sup><\/a> <a name=\"note44\"><\/a>L\u2019expression est utilis\u00e9e par J.-M. R. TILLARD dans le cadre d\u2019une r\u00e9flexion sur l\u2019autorit\u00e9 reconnue aux commissions d\u2019experts appel\u00e9es \u00e0 soumettre des accords survenus entre partenaires de dialogues oecum\u00e9niques. \u00abL\u2019autorit\u00e9 en question n\u2019a donc pas le poids d\u2019un \u201cmagist\u00e8re\u201d. Ses vues ne peuvent qu\u2019interpeller chaque groupe en lui demandant de s\u2019interroger devant l\u2019\u00c9vangile et sa propre tradition. Il s\u2019agit d\u2019une autorit\u00e9 d\u2019interpellation, non de d\u00e9cision\u00bb, \u00c9glise d\u2019\u00c9glises, op. cit., p. 158.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret45\"><sup>45<\/sup><\/a> <a name=\"note45\"><\/a>\u00abL\u2019autorit\u00e9 reconnue \u00e0 l\u2019opinion publique dans les d\u00e9mocraties s\u2019inscrit sur l\u2019horizon d\u2019un consensus: la volont\u00e9 de vivre ensemble, volont\u00e9 qui postule qu\u2019aucun groupe n\u2019impose sa loi particuli\u00e8re. Ce vouloir vivre ensemble implique la tol\u00e9rance, l\u2019opinion publique joue en ce sens un r\u00f4le de r\u00e9gulation\u00bb, C. DUQUOC, \u00abLe peuple de Dieu, sujet actif de la foi dans l\u2019\u00c9glise\u00bb, loc. cit., p. 100.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret46\"><sup>46<\/sup><\/a> <a name=\"note46\"><\/a>Propos tenus en f\u00e9vrier 1986 devant un millier de journalistes, cit\u00e9 par Jan KERKHOFS, \u00abLe Peuple de Dieu est-il infaillible? L\u2019importance du sensum fidelium dans l\u2019\u00c9glise postconciliaire\u00bb, dans Freiburger Zeitschrift f\u00fcr Philosophie und Theologie, 35, 1988, p. 15.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#ret47\"><sup>47<\/sup><\/a> <a name=\"note47\"><\/a>Cf. E. Sch\u00fcssler FIORENZA, \u00abRevendiquer notre autorit\u00e9 et notre pouvoir. L\u2019eccl\u00e9sia des femmes et le patriarcat eccl\u00e9siastique\u00bb, Concilium, 200, 1985, p. 61-71.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Extrait 3, p. 203\u00a0\u00e0 221 de Voix de femmes, voies de passage par Lise Baroni, Yvonne Bergeron, Pierrette Daviau et Micheline Lagu\u00eb Loin de nous la pr\u00e9tention de vouloir traiter ex professo du concept de r\u00e9ception. 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