{"id":3043,"date":"1997-05-15T08:00:37","date_gmt":"1997-05-15T12:00:37","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=3043"},"modified":"2015-05-16T10:53:17","modified_gmt":"2015-05-16T14:53:17","slug":"la-portee-de-la-tradition-dans-le-debat-sur-le-partenariat-entre-chretiens-et-chretiennes-dans-leglise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=3043","title":{"rendered":"La port\u00e9e de la tradition dans le d\u00e9bat sur le partenariat entre chr\u00e9tiens et chr\u00e9tiennes dans l\u2019\u00c9glise"},"content":{"rendered":"<p class=\"petit\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/1997\/01\/Herve-Legrand.jpeg\"><img decoding=\"async\" class=\"  wp-image-3046 alignleft\" src=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/1997\/01\/Herve-Legrand.jpeg\" alt=\"Herve Legrand\" width=\"80\" height=\"93\" \/><\/a>Ce bref expos\u00e9 comportera trois parties, selon un plan tr\u00e8s simple. On commencera par une br\u00e8ve mais n\u00e9cessaire exploration historique de la mani\u00e8re dont les chr\u00e9tiens se sont expliqu\u00e9 \u00e0 eux-m\u00eames les diff\u00e9rences hommes\u2013femmes dans leur espace social et religieux. Sans ce regard historique minimal, on court un double danger\u00a0: ou bien on sacralisera des formes historiques pass\u00e9es en leur accordant une dignit\u00e9 de traditions qu\u2019elles ne sauraient avoir l\u00e9gitimement; ou bien, l\u2019on \u00e9prouvera g\u00eane et peut-\u00eatre m\u00eame culpabilit\u00e9, fort mal \u00e0 propos, vis-\u00e0-vis notre histoire chr\u00e9tienne qui ne m\u00e9rite ni cet exc\u00e8s d\u2019honneur, ni cet exc\u00e8s d\u2019indignit\u00e9<a class=\"tres_petit\" href=\"#note1\" name=\"ret1\">[1]<\/a>. En ce domaine, comme en beaucoup d\u2019autres, l\u2019histoire, comme Jean XXIII aimait \u00e0 le r\u00e9p\u00e9ter, est \u00ab\u00a0ma\u00eetresse de v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb et, partant, facteur de lib\u00e9ration dans notre pr\u00e9sent.<\/span><br \/>\n<!--more--><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Ensuite, suivra une r\u00e9flexion th\u00e9orique. Elle essaiera de montrer le plus clairement possible que la tradition au sens th\u00e9ologique n\u2019est pas et ne peut pas \u00eatre l\u2019histoire de l\u2019\u00c9glise; elle essaiera donc de pr\u00e9ciser ce qu\u2019est la tradition comme contenu et comme processus.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Au terme de cet expos\u00e9, on verra comment la tradition, qui a une dimension eschatologique, loin d\u2019\u00eatre synonyme de r\u00e9p\u00e9tition, est exigence de cr\u00e9ativit\u00e9, et l\u2019on s\u2019efforcera d\u2019en fournir quelques crit\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">L\u2019HISTOIRE\u00a0: L\u2019APPR\u00c9HENSION DES RELATIONS<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"> ENTRE HOMMES ET FEMMES DANS L\u2019OCCIDENT CHR\u00c9TIEN<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Avant de commencer, il nous faut une d\u00e9finition op\u00e9rationnelle du terme partenariat pour \u00eatre au clair avec les termes des d\u00e9bats du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent. Le partenariat \u2013 dans le jeu, les affaires ou l\u2019existence \u2013 est d\u2019abord une solidarit\u00e9 dans l\u2019action, o\u00f9 chacun ajuste son r\u00f4le et son agir au b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019autre, autant dire de lui-m\u00eame, puisque les r\u00e9sultats de l\u2019action, pertes et profits, seront communs. Le partenariat n\u2019exige pas l\u2019\u00e9galit\u00e9 des partenaires quant \u00e0 leurs moyens (ainsi dans les investissements initiaux dans une affaire, pourtant men\u00e9e en partenariat, peuvent diff\u00e9rer), ou quant \u00e0 leurs performances ou leur statut; mais le partenariat exige souplesse dans la r\u00e9partition des r\u00f4les\u00a0: chacun pouvant engager l\u2019autre, et s\u2019engageant avec lui dans une solidarit\u00e9 positive inconditionnelle, au moins en ce qui concerne l\u2019objet du partenariat. Si ces conditions ne se v\u00e9rifient pas, on est en pr\u00e9sence, non pas de partenaires, mais de subordonn\u00e9s ou d\u2019employ\u00e9s par rapport \u00e0 un chef d\u2019entreprise.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Comme dans toutes les cultures humaines, les chr\u00e9tiens et les chr\u00e9tiennes ont \u00e9t\u00e9 bien entendu des partenaires au cours de l\u2019histoire de l\u2019\u00c9glise\u00a0: ce qu\u2019il convient de pr\u00e9ciser, c\u2019est la figure prise concr\u00e8tement par ce partenariat.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">On ne conna\u00eet, en effet, aucune culture qui ne se fonde sur la diff\u00e9rence entre hommes et femmes, quoique ces diff\u00e9rences puissent \u00eatre tr\u00e8s diversement distribu\u00e9es selon les contextes. L\u2019ethnologie nous r\u00e9serve de grandes surprises \u00e0 ce sujet<a class=\"tres_petit\" href=\"#note2\" name=\"ret2\">[2]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Si nous en venons au cas particulier des cultures chr\u00e9tiennes, on constate que, tout au cours de son histoire, l\u2019\u00c9glise a tenu un double langage sur les femmes, au sens pr\u00e9cis o\u00f9 l\u2019on y trouve en m\u00eame temps un oui sans r\u00e9serve \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre hommes et femmes devant Dieu, ce qui am\u00e8nera \u00e0 une indubitable promotion des femmes dans les soci\u00e9t\u00e9s que le christianisme a influenc\u00e9es, et en m\u00eame temps une r\u00e9ticence \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre hommes et femmes dans la famille et la soci\u00e9t\u00e9. Ce qui para\u00eet d\u2019abord une \u00e9nigme irritante se dissipe si nous comprenons que le christianisme est n\u00e9 et a d\u00fb traverser jusqu\u2019\u00e0 nos jours des soci\u00e9t\u00e9s qui toutes \u00e9taient androcentriques. L\u2019androcentrisme est un syst\u00e8me de repr\u00e9sentations et de valeurs dans lequel les femmes sont toujours d\u00e9finies comme relatives aux hommes, sans que la r\u00e9ciproque soit vraie au m\u00eame degr\u00e9. Le christianisme a donc d\u00fb faire son chemin dans des cultures o\u00f9 les hommes ne sont jamais d\u00e9finis comme relatifs aux femmes, parce que l\u2019homme est vu comme le r\u00e9f\u00e9rent central de l\u2019humanit\u00e9. La premi\u00e8re t\u00e2che qui s\u2019impose \u00e0 nous est donc de comprendre pourquoi et comment pendant tant de si\u00e8cles le christianisme a consid\u00e9r\u00e9 les femmes, tant\u00f4t comme les \u00e9gales de l\u2019homme, tant\u00f4t comme leurs subordonn\u00e9es. Pour trouver les clefs de cette \u00e9quivalence et de cette subordination, nous d\u00e9tournant des esprits m\u00e9diocres, nous allons interroger les deux plus grands esprits de l\u2019Occident chr\u00e9tien<a class=\"tres_petit\" href=\"#note3\" name=\"ret3\">[3]<\/a>\u00a0: saint Augustin et saint Thomas d\u2019Aquin<a class=\"tres_petit\" href=\"#note4\" name=\"ret4\">[4]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Saint Augustin et les r\u00e9cits de la cr\u00e9ation<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Saint Augustin se trouvait face \u00e0 deux r\u00e9cits de la cr\u00e9ation, dont il ignorait qu\u2019ils repr\u00e9sentaient deux traditions diff\u00e9rentes, comme nous le savons depuis le XIXe si\u00e8cle<a class=\"tres_petit\" href=\"#note5\" name=\"ret5\">[5]<\/a>. Gn 1, 27 exprime une v\u00e9ritable \u00e9quivalence entre hommes et femmes\u00a0: \u00ab\u00a0Dieu cr\u00e9a l\u2019homme \u00e0 son image, \u00e0 l\u2019image de Dieu il le cr\u00e9a, homme et femme il les cr\u00e9a.\u00a0\u00bb Mais selon le r\u00e9cit du chapitre 2, Dieu cr\u00e9a d\u2019abord Adam de la glaise du sol (v. 7) et peu apr\u00e8s il lui adjoint \u00c8ve (vv. 18-24)\u00a0: \u00ab\u00a0Il n\u2019est pas bon que l\u2019homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie [\u2026]. Il prit une de ses c\u00f4tes, referma la chair et de la c\u00f4te qu\u2019il avait tir\u00e9e de l\u2019homme, Dieu fa\u00e7onna une femme.\u00a0\u00bb De ces r\u00e9cits, Augustin tirera trois cons\u00e9quences\u00a0: la finalit\u00e9 auxiliaire d\u2019\u00c8ve, sa position subordonn\u00e9e et n\u00e9anmoins son \u00e9quivalence avec Adam.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-style: italic;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00c8ve auxiliaire<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Dieu veut donc donner une aide \u00e0 Adam. Mais dans quel but? se demande Augustin. \u00c0 la lumi\u00e8re de la Gn 1, 28 (\u00ab\u00a0Dieu les b\u00e9nit\u00a0: soyez f\u00e9conds, multipliez-vous et emplissez la terre\u00a0\u00bb), il r\u00e9pond qu\u2019\u00c8ve est cr\u00e9\u00e9e pour aider Adam \u00e0 procr\u00e9er\u00a0: telle est sa finalit\u00e9 auxiliaire. Aucun doute \u00e0 ce sujet. \u00c8ve pourrait-elle avoir \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour aider Adam dans son travail? S\u00fbrement pas, il y aurait \u00e9t\u00e9 bien mieux aid\u00e9 par un autre homme, r\u00e9pond-il. Lui serait-elle donn\u00e9e comme compagne dans sa solitude? Selon le contexte culturel de l\u2019\u00e9poque, il r\u00e9pond que non avec conviction\u00a0: \u00ab\u00a0Dans sa solitude un autre homme l\u2019aurait bien mieux soulag\u00e9 qu\u2019une femme; deux amis conviennent bien plus parfaitement pour vivre ensemble et parler l\u2019un avec l\u2019autre que l\u2019homme et la femme<a class=\"tres_petit\" href=\"#note6\" name=\"ret6\">[6]<\/a>.\u00a0\u00bb D\u2019ailleurs, \u00ab\u00a0sans cette n\u00e9cessit\u00e9 de la procr\u00e9ation, Dieu aurait pu cr\u00e9er de la c\u00f4te d\u2019Adam un autre homme aussi bien qu\u2019une femme<a class=\"tres_petit\" href=\"#note7\" name=\"ret7\">[7]<\/a> \u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-style: italic;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00c8ve subordonn\u00e9e<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00c8ve provient de la c\u00f4te d\u2019Adam, au sens litt\u00e9ral, selon les ressources de l\u2019ex\u00e9g\u00e8se de l\u2019\u00e9poque. Ce fait interpr\u00e9t\u00e9 symboliquement, indique bien la subordination d\u2019\u00c8ve, form\u00e9e apr\u00e8s lui, \u00e0 partir de lui, et pour lui, autant de raisons pour qu\u2019elle lui soit subordonn\u00e9e. Son r\u00f4le dans la procr\u00e9ation est \u00e9galement secondaire selon la biologie de l\u2019\u00e9poque\u00a0: elle re\u00e7oit la semence d\u2019Adam dans une sorte de couveuse, l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re d\u00e9rivant du seul Adam et non de nos deux premiers parents. Il faut se souvenir que la premi\u00e8re description de l\u2019embryologie humaine remonte seulement \u00e0 1850-1885, avec les travaux de His!<\/span><\/p>\n<p style=\"font-style: italic;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00c8ve \u00e9quivalente<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Cependant si \u00c8ve re\u00e7oit son corps d\u2019Adam, elle ne re\u00e7oit pas son \u00e2me par son interm\u00e9diaire. Elle la re\u00e7oit directement de Dieu<a class=\"tres_petit\" href=\"#note8\" name=\"ret8\">[8]<\/a>. Comme Adam, elle poss\u00e8de une \u00e2me rationnelle, \u00e9quivalente \u00e0 la sienne; \u00e0 vrai dire, ce n\u2019est pas aussi vrai de toutes ses capacit\u00e9s naturelles, car la raison des femmes est, selon Augustin, inf\u00e9rieure \u00e0 celle des hommes<a class=\"tres_petit\" href=\"#note9\" name=\"ret9\">[9]<\/a>. Mais l\u2019\u00e9galit\u00e9 est assur\u00e9e dans les capacit\u00e9s surnaturelles.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-style: italic;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00c9quivalence et subordination\u00a0: la clef d\u2019un double discours<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Ainsi \u00c8ve est l\u2019\u00e9quivalente d\u2019Adam quant \u00e0 son \u00e2me; c\u2019est seulement dans sa condition charnelle, en tant que femme, qu\u2019elle lui est subordonn\u00e9e\u00a0: \u00e9tant son aide dans la procr\u00e9ation, elle y joue un r\u00f4le inf\u00e9rieur puisque c\u2019est le p\u00e8re qui engendre l\u2019enfant; \u00e9tant son aide dans la vie sociale, elle lui est \u00e9galement subordonn\u00e9e \u00e0 cause de sa faiblesse physique comme de sa faiblesse psychique. Augustin en conclut\u00a0: \u00ab\u00a0Selon l\u2019ordre de la nature, il convient que la femme soit au service de l\u2019homme, car ce n\u2019est que justice que le moins dou\u00e9 serve le plus dou\u00e9<a class=\"tres_petit\" href=\"#note10\" name=\"ret10\">[10]<\/a>.\u00a0\u00bb Cette conception influencera l\u2019ensemble de l\u2019Occident jusqu\u2019au XXe si\u00e8cle, car elle passera dans le d\u00e9cret de Gratien, sous forme de citation, l\u00e9gitimant ainsi le statut juridique subordonn\u00e9 des femmes dans le droit canonique<a class=\"tres_petit\" href=\"#note11\" name=\"ret11\">[11]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Concluons ce survol de saint Augustin par deux remarques utiles \u00e0 notre propos.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 40px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">On voit bien ainsi la constitution de cette attitude paradoxale qui est \u00e0 l\u2019origine de la position des femmes en christianisme\u00a0: hommes et femmes sont \u00e9quivalents spirituellement et, en m\u00eame temps, sur le registre biologique et social, on maintient une diff\u00e9rence sur le mode de l\u2019in\u00e9galit\u00e9; on dit donc un non \u00e0 la promotion des femmes.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 40px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">On voit \u00e9galement que si le partenariat n\u2019est pas exclu dans le christianisme traditionnel, il n\u2019est pas celui de notre attente moderne, car ce partenariat exclut, d\u2019une part, la souplesse dans la r\u00e9partition des r\u00f4les et, d\u2019autre part, la possibilit\u00e9 m\u00eame qu\u2019une femme se substitue pleinement \u00e0 un homme dans bien des r\u00f4les sociaux, comme on va le voir avec saint Thomas d\u2019Aquin.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Saint Thomas d\u2019Aquin<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Saint Thomas \u00e9tant le docteur commun de l\u2019\u00c9glise, il conviendrait de lui pr\u00eater une particuli\u00e8re attention. On devra pourtant se borner ici \u00e0 parcourir la <span style=\"font-style: italic;\">Somme th\u00e9ologique<\/span>\u00a0: on v\u00e9rifiera ainsi qu\u2019il op\u00e8re avec les m\u00eames cat\u00e9gories androcentriques qu\u2019Augustin.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-style: italic; font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Androcentrisme<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Comme pour Augustin, la finalit\u00e9 de la femme est d\u2019\u00eatre une auxiliaire de la procr\u00e9ation (<span style=\"font-style: italic;\">Ia<\/span>, q. 92, a, 1). De cette mani\u00e8re, l\u2019homme est lib\u00e9r\u00e9 pour les activit\u00e9s intellectuelles\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019homme, lui, est ordonn\u00e9 \u00e0 une activit\u00e9 vitale encore plus noble, \u00e0 savoir la connaissance intellectuelle, et c\u2019est pourquoi dans l\u2019homme il y avait une raison plus forte de distinguer ces deux vertus et de produire la femme \u00e0 l\u2019\u00e9cart du m\u00e2le tout en les unissant charnellement pour l\u2019\u0153uvre de la procr\u00e9ation\u00a0\u00bb (<span style=\"font-style: italic;\">Ia<\/span>, q. 92, a. 1).<\/span><\/p>\n<p style=\"font-style: italic;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Inf\u00e9riorit\u00e9 physique et intellectuelle de la femme<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Tout le monde conna\u00eet l\u2019expression de saint Thomas, reprise \u00e0 la meilleure biologie de son temps, qu\u2019il connaissait \u00e0 travers Aristote et saint Albert son ma\u00eetre, selon laquelle la femme est quelque chose de d\u00e9fectueux (<span style=\"font-style: italic;\">mas occasionatum, Ia<\/span>, q. 92, a. 1, ad 1um), mais on conna\u00eet moins les fondements qu\u2019il donne \u00e0 la subordination des femmes aux hommes\u00a0: \u00ab\u00a0La femme est par nature soumise \u00e0 l\u2019homme, car l\u2019homme jouit avec plus d\u2019abondance du discernement de la raison\u00a0\u00bb (<span style=\"font-style: italic;\">Ia<\/span>, q. 92, a. 1, ad 2um); ce qui a pour cons\u00e9quence une comparaison intol\u00e9rable pour nous modernes\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 cause de la d\u00e9ficience de leur raison, on ne recevra pas le t\u00e9moignage des femmes devant les tribunaux, pas plus qu\u2019on ne re\u00e7oit celui des enfants et des fous\u00a0\u00bb<span style=\"font-style: italic;\"> (Ia IIa oe<\/span>, q. 70, a. 3).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Telle est \u00e9galement la raison pour laquelle il croit impossible que les chr\u00e9tiennes puissent \u00eatre ordonn\u00e9es \u2013 elles sont dans un statut de subordination par rapport aux hommes (toutes les femmes par rapport \u00e0 tous les hommes). Or, un ministre de l\u2019\u00c9glise ne peut \u00eatre dans un \u00e9tat de subordination, il doit y avoir en lui une certaine \u00e9minence qui fait d\u00e9faut \u00e0 la femme. Ainsi, si un \u00e9v\u00eaque ordonnait, par erreur, un esclave et une femme, seul l\u2019esclave serait validement ordonn\u00e9, parce qu\u2019il est esclave par accident, tandis que la femme ne le serait pas, \u00e9tant assujettie par nature (<span style=\"font-style: italic;\">IV Sent<\/span>., d. 25 q. 2, a. 2, ad 4um; \u00c9d. De Parme, p. 908-909).<\/span><\/p>\n<p style=\"font-style: italic;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00c9quivalence<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Cependant au plan de son statut personnel, pour saint Thomas comme pour saint Augustin, la femme est l\u2019\u00e9quivalente de l\u2019homme\u00a0: le salut chr\u00e9tien lib\u00e8re la femme de sa suj\u00e9tion naturelle. On retrouve ici la m\u00eame cl\u00e9 du oui et du non simultan\u00e9s aux femmes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Le but de ce bref parcours historique n\u2019\u00e9tait pas, gr\u00e2ce \u00e0 quelques citations bien choisies, de provoquer une vertueuse indignation ou de tourner en ridicule le docteur commun de l\u2019\u00c9glise, mais de faire percevoir, si besoin \u00e9tait, l\u2019\u00e9paisseur historique de notre probl\u00e8me. Aussi g\u00e9niaux furent-ils, aussi saints furent-ils, ni Augustin ni Thomas d\u2019Aquin n\u2019ont transcend\u00e9 la culture de leur \u00e9poque o\u00f9 tous, les g\u00e9nies comme les esprits les plus m\u00e9diocres, les femmes comme les hommes, ont partag\u00e9 cette m\u00eame anthropologie.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00c8ve et Marie<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Une information historique est encore n\u00e9cessaire avant de passer \u00e0 la r\u00e9flexion th\u00e9ologique. En effet, on pourrait objecter\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Est-il possible de faire silence sur le fait que la v\u00e9ritable image de la femme \u00e0 ces \u00e9poques est celle de la Vierge Marie?\u00a0\u00bb Il faut ajouter, en effet, que les cat\u00e9gories androcentriques vont encore jouer un r\u00f4le dans la compr\u00e9hension de l\u2019histoire du salut, dans la chute et la R\u00e9demption; l\u00e0, on retrouve dans le Nouvel Adam (le Christ) et la Nouvelle \u00c8ve (Marie), en parall\u00e8le avec Adam et \u00c8ve.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-style: italic;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La chute<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">L\u2019androcentrisme, que l\u2019on a vu \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la compr\u00e9hension de la cr\u00e9ation, joue aussi comme grille d\u2019interpr\u00e9tation de la chute de nos premiers parents\u00a0: le p\u00e9ch\u00e9 s\u2019empare d\u2019Adam par l\u2019interm\u00e9diaire de sa femme; celle-ci se laisse s\u00e9duire consciemment (puisqu\u2019elle rappelle l\u2019interdiction au serpent) et entra\u00eene son mari<a class=\"tres_petit\" href=\"#note12\" name=\"ret12\">[12]<\/a>. Sa punition, dans la ligne de l\u2019androcentrisme, sera donc plus grave\u00a0: alors qu\u2019Adam voit seulement s\u2019aggraver la peine li\u00e9e au travail n\u00e9cessaire pour nourrir les siens, elle sera frapp\u00e9e dans son r\u00f4le d\u2019auxiliaire, dans la domination de son mari sur elle et la douleur de l\u2019enfantement<a class=\"tres_petit\" href=\"#note13\" name=\"ret13\">[13]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-style: italic;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La R\u00e9demption<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">De m\u00eame que dans la chute il y a un p\u00f4le masculin et un p\u00f4le f\u00e9minin, de m\u00eame dans la R\u00e9demption. L\u2019\u00e9l\u00e9ment principal et masculin est le Christ, le Nouvel Adam; l\u2019\u00e9l\u00e9ment secondaire et f\u00e9minin est Marie, la Nouvelle \u00c8ve. Mais ici une question s\u00e9rieuse doit \u00eatre pos\u00e9e \u00e0 la tradition des commentateurs, sans d\u00e9valoriser le th\u00e8me paulinien du Nouvel Adam ou le th\u00e8me patristique de la Nouvelle \u00c8ve\u00a0: parle-t-on vraiment de la R\u00e9demption en d\u00e9veloppant ce parall\u00e9lisme (parfois assez loin\u00a0: Marie \u00ab\u00a0m\u00e9diatrice\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0cor\u00e9demptrice\u00a0\u00bb), ou bien se trouve-t-on devant la projection de la bipolarit\u00e9 humaine, si pr\u00e9gnante dans notre condition, l\u00e0 o\u00f9 elle n\u2019a que faire? Laissons cette question \u00e0 la libre discussion, mais non pas celle-ci\u00a0: cette mani\u00e8re de circonscrire le destin f\u00e9minin entre les deux figures d\u2019\u00c8ve et de Marie ne permet-elle pas de situer les femmes r\u00e9elles \u00e0 la fois tr\u00e8s haut, sur un pi\u00e9destal (la Vierge Marie), et tr\u00e8s bas, comme instrument de perdition (\u00c8ve)? N\u2019est-ce pas l\u00e0 une mani\u00e8re pour les hommes d\u2019\u00e9chapper au partenariat avec les femmes r\u00e9elles? Ces derni\u00e8res ne sont ni des \u00ab\u00a0Sainte Vierge\u00a0\u00bb ni des instruments de perdition. Elles sont tout simplement aussi humaines que les hommes, aussi ambivalentes, ni meilleures ni pires. Et bien loin que la femme soit capable de \u00ab\u00a0tout perdre ou de tout sauver\u00a0\u00bb, dans un mariage c\u2019est l\u2019un et l\u2019autre qui perdent ou sauvent ensemble leur vie de couple.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Oui, l\u2019histoire chr\u00e9tienne, \u00e0 travers une certaine spiritualit\u00e9, une certaine pr\u00e9dication, a pu v\u00e9hiculer non seulement l\u2019androcentrisme mais la sacralisation, la plupart du temps inconsciente, de l\u2019ambivalence des hommes \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Mais une telle remarque ne donnerait-elle pas raison aux f\u00e9ministes les plus radicales selon lesquelles l\u2019histoire chr\u00e9tienne a rigidifi\u00e9 les relations entre hommes et femmes et s\u2019en trouve d\u00e9valoris\u00e9e? Th\u00e9ologiquement non, car on doit \u00eatre attentif au fait que l\u2019histoire des chr\u00e9tiens ne peut pas \u00eatre confondue avec la tradition chr\u00e9tienne. Il faut absolument clarifier ce point avant de se tourner vers le pr\u00e9sent et l\u2019avenir.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">LA TRADITION N\u2019EST PAS L\u2019HISTOIRE DES CHR\u00c9TIENS<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">L\u2019histoire change<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Sans \u00eatre historien, on peut appr\u00e9hender ce qu\u2019est l\u2019histoire en se r\u00e9f\u00e9rant au seul dernier demi-si\u00e8cle, au cours duquel la figure des relations entre hommes et femmes a profond\u00e9ment chang\u00e9. Les id\u00e9es ne m\u00e8nent pas le monde\u00a0: ces relations n\u2019ont pas tant chang\u00e9 \u00e0 cause du f\u00e9minisme qu\u2019\u00e0 cause des facteurs beaucoup plus objectifs, largement non id\u00e9ologiques, comme les progr\u00e8s de la m\u00e9decine et du travail salari\u00e9 des femmes dans les soci\u00e9t\u00e9s postindustrielles. Ce sont ces progr\u00e8s qui ont permis au f\u00e9minisme d\u2019avoir l\u2019\u00e9cho qu\u2019il a eu et non l\u2019inverse.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Voyons de plus pr\u00e8s. En cinquante ans, les progr\u00e8s de la m\u00e9decine ont permis de ma\u00eetriser la mortalit\u00e9 des femmes en couches et celle des nourrissons. Pensons qu\u2019elle est encore de 458\u2030 dans telle r\u00e9gion d\u2019Afrique Occidentale. Ils ont permis \u00e9galement l\u2019exercice d\u2019une paternit\u00e9 responsable. Aujourd\u2019hui, il suffit d\u2019avoir deux ou trois enfants, et on est s\u00fbr de les conserver. Ainsi, l\u2019Europ\u00e9enne type aura 32 ans lorsqu\u2019elle mettra son dernier enfant \u00e0 l\u2019\u00e9cole maternelle. Comme la m\u00e9decine va la faire vivre jusqu\u2019\u00e0 81 ans et 3 mois en moyenne, si elle est fran\u00e7aise (tandis que son mari n\u2019aura que 73 ans), comment ne voudrait-elle pas travailler?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Tel est le deuxi\u00e8me levier historique\u00a0: le travail salari\u00e9 des femmes introduit leur ind\u00e9pendance financi\u00e8re par rapport \u00e0 leur mari et, en m\u00eame temps, l\u2019\u00e9largissement de leurs relations sociales au-del\u00e0 du r\u00e9seau familial, et d\u2019abord la n\u00e9cessit\u00e9 de partager les t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res et \u00e9ducatives au sein du foyer.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Qu\u2019en r\u00e9sulte-t-il? Les femmes, mari\u00e9es ou c\u00e9libataires, vont se sentir de plus en plus partenaires des hommes et non d\u00e9pendantes d\u2019eux. L\u2019instauration d\u2019un nouvel \u00e9quilibre, social et psychologique, entre hommes et femmes s\u2019ensuit; de nouvelles valeurs naissent\u00a0: quasi n\u00e9cessairement celles du partenariat, sans quoi le foyer deviendra trop fragile. L\u2019histoire change ainsi, non \u00e0 partir des id\u00e9es, mais \u00e0 partir de l\u2019histoire biologique de l\u2019\u00eatre humain et de son histoire \u00e9conomique. La biologie et l\u2019\u00e9conomie font l\u2019histoire r\u00e9elle. C\u2019en est fini de cet univers, social et mental, dans lequel les femmes \u00e9taient relatives aux hommes, sans que la r\u00e9ciproque soit vraie au m\u00eame degr\u00e9. C\u2019en est fini de l\u2019androcentrisme qui met l\u2019\u00eatre masculin au centre; un nouveau monde, o\u00f9 l\u2019existence r\u00e9ellement humaine est con\u00e7ue comme un partenariat en r\u00e9ciprocit\u00e9 entre hommes et femmes, na\u00eet peu \u00e0 peu, non pas sans t\u00e2tonnements, ni sans douleurs, ni sans \u00e9checs (fragilit\u00e9 du mariage en particulier).<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La tradition\u00a0: un ferment, non un mod\u00e8le<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Que nous soyons chr\u00e9tiens ou non, nous sommes des pionniers dans ce nouveau monde. Ce ne sont pas les mod\u00e8les \u00e9labor\u00e9s par Augustin et Thomas d\u2019Aquin dans une culture si \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la n\u00f4tre qui pourront y servir de crit\u00e8res. D\u2019ailleurs, l\u2019histoire de l\u2019\u00c9glise n\u2019est pas la tradition\u00a0: aucun th\u00e9ologien n\u2019a jamais soutenu cela. La Tradition est un concept th\u00e9ologique beaucoup plus pr\u00e9cis et plus retreint. On peut en trouver une d\u00e9finition indiscutable dans un manuel de th\u00e9ologie, qui a pour auteur un pr\u00e9lat allemand, Mgr Bartmann\u00a0:<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 40px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La tradition divine remonte soit \u00e0 la \u00ab\u00a0bouche du Christ\u00a0\u00bb, soit \u00ab\u00a0aux communications du Saint-Esprit faites aux ap\u00f4tres apr\u00e8s l\u2019Ascension du Seigneur\u00a0\u00bb [\u2026] seule la tradition divine est source dogmatique; tout ce qui est d\u2019origine humaine, m\u00eame si on peut le faire remonter aux Ap\u00f4tres en tant que chefs et organisateurs de l\u2019\u00c9glise (<span style=\"font-style: italic;\">traditio mere apostolica<\/span>) ou bien aux chefs post\u00e9rieurs de l\u2019\u00c9glise (<span style=\"font-style: italic;\">traditio ecclesiastica<\/span>) n\u2019entre pas en ligne de compte, quelle que soit l\u2019importance de cette tradition pour la discipline, le culte et le droit [\u2026]. Aussi nous comprenons sous le nom de tradition dogmatique les v\u00e9rit\u00e9s que les Ap\u00f4tres ont re\u00e7ues du Christ ou du Saint-Esprit et que l\u2019\u00c9glise, depuis ce temps, a transmis sans alt\u00e9ration<a class=\"tres_petit\" href=\"#note14\" name=\"ret14\">[14]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Dans les \u00e9vangiles, J\u00e9sus s\u2019est adress\u00e9 aux femmes comme \u00e0 des \u00eatres humains \u00e0 part enti\u00e8re. Il les a souvent prises en exemple de la condition humaine, comme dans ses paraboles. Rien ne laisse entendre, dans ses paroles, que l\u2019appartenance au sexe f\u00e9minin serait un cas plus particulier d\u2019humanit\u00e9 que l\u2019appartenance au sexe masculin; aucune allusion n\u2019est faite \u00e0 la figure d\u2019\u00c8ve. Surtout, dans son attitude envers les femmes, il s\u2019est franchement d\u00e9marqu\u00e9 de ses contemporains. Il a inclus des femmes parmi ses disciples (Lc 8, 1-13; Mt 27, 55; Mc 15, 41); il leur parlait en public, ce qu\u2019un Juif pieux ne se permettait pas. L\u2019\u00e9pisode de la femme adult\u00e8re est dans toutes les m\u00e9moires. Les quatre \u00e9vangiles notent, de fa\u00e7on concordante, que J\u00e9sus a pris comme premiers t\u00e9moins de sa R\u00e9surrection des femmes, alors m\u00eame que leur t\u00e9moignage \u00e9tait l\u00e9galement invalide, et il les envoie \u00ab\u00a0\u00e0 tous les fr\u00e8res\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">De plus, J\u00e9sus a relev\u00e9 leur statut \u00e0 l\u2019\u00e9gal de celui de l\u2019homme dans le mariage, au point que les disciples s\u2019exclament que, dans ce cas, \u00ab\u00a0mieux vaut ne pas se marier\u00a0\u00bb (Mt 19, 10)\u00a0: interdiction de la polygamie; sanction identique pour l\u2019adult\u00e8re de l\u2019homme et de la femme; libre choix de l\u2019\u00e9poux; indissolubilit\u00e9 du mariage; singuli\u00e8re s\u00e9curit\u00e9 pour les femmes \u00e2g\u00e9es ou sans enfants; enfin libert\u00e9 de ne pas se marier.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Certes, aujourd\u2019hui, on laisse entendre que le choix qu\u2019il a fait des Douze serait un choix d\u2019hommes \u00e0 l\u2019exclusion d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e des femmes disciples; c\u2019est interroger l\u2019action de J\u00e9sus \u00e0 partir d\u2019un pr\u00e9occupation qui lui est \u00e9trang\u00e8re\u00a0: d\u2019une part, ces douze doivent symboliser les chefs des douze tribus; quant \u00e0 la mission qui serait la leur, d\u2019autre part, la plausibilit\u00e9 qu\u2019il y aurait eu \u00e0 mandater des juives de cette \u00e9poque pour ce type de mission ne peut pas \u00eatre \u00e9tay\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Quant au patriarcalisme, J\u00e9sus en est \u00e9tonnamment exempt. J\u00e9sus au temple, \u00e0 12 ans, est-il le bon fils de ses parents (Lc 2, 41-51)? Le chapitre 3 de Marc montre qu\u2019il entre en conflit s\u00e9rieux avec sa famille qui l\u2019accuse d\u2019\u00eatre hors de sens (3, 21), ce qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 r\u00e9cuser les liens du sang quand les gens de sa parent\u00e9 viennent le chercher\u00a0: \u00ab\u00a0Qui est ma m\u00e8re, et qui sont mes fr\u00e8res?\u00a0\u00bb\u00a0Quiconque fait la volont\u00e9 de Dieu, celui-l\u00e0 est pour moi, fr\u00e8re, s\u0153ur et m\u00e8re\u00a0\u00bb (Mc 3, 31-35). Pour le suivre, il faut quitter \u00ab\u00a0maison, femme, fr\u00e8res, parents, enfants\u00a0\u00bb (Lc 18, 29-30 et par.; Mt 19, 27-29; Lc 18, 28-30). Il dit lui-m\u00eame \u00eatre venu apporter la division \u00ab\u00a0p\u00e8re contre fils, fille contre m\u00e8re, bru contre belle-m\u00e8re\u00a0\u00bb (Mt 19, 34-36; Lc 15, 51-53). Celui qui est appel\u00e9 ne doit pas dire au revoir \u00e0 son p\u00e8re (Lc 9, 61), ni m\u00eame enterrer son p\u00e8re mort (Mt 8, 21-22; Lc 9, 50-60).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Cette radicalit\u00e9 antipatriarcale de J\u00e9sus explique aussi celle de Paul en Galates 3, 28\u00a0: \u00ab\u00a0Il n\u2019y a ni Juif, ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni l\u2019homme ni la femme.\u00a0\u00bb Comment donc expliquer l\u2019attitude restrictive des \u00e9crits n\u00e9o-testamentaires tardifs \u00e0 l\u2019\u00e9gard des chr\u00e9tiennes et la restauration de codes domestiques o\u00f9 l\u2019\u00e9pouse doit \u00eatre soumise \u00e0 son mari, comme les enfants aux parents et les esclaves \u00e0 leurs ma\u00eetres? On pense g\u00e9n\u00e9ralement que c\u2019est l\u00e0 une attitude apolog\u00e9tique et un souci missionnaire pour rassurer les pa\u00efens sur les effets de la conversion des femmes et des esclaves pour gagner le respect de la soci\u00e9t\u00e9 ambiante, et c\u2019est aussi la raison de l\u2019interdiction de tout minist\u00e8re public aux chr\u00e9tiennes<a class=\"tres_petit\" href=\"#note15\" name=\"ret15\">[15]<\/a>. C\u2019est la raison pour laquelle l\u2019auteur de la premi\u00e8re \u00e9p\u00eetre \u00e0 Timoth\u00e9e interdit aux femmes de prendre la parole en public et d\u2019exercer l\u2019autorit\u00e9 sur l\u2019homme (2, 11-15). Dans cette interdiction, il doit se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la Gen\u00e8se.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Pouvons-nous aujourd\u2019hui avoir d\u2019autres crit\u00e8res pour un partenariat entre chr\u00e9tiens et chr\u00e9tiennes dans l\u2019\u00c9glise?<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">LA TRADITION CHR\u00c9TIENNE N\u2019EST PAS R\u00c9P\u00c9TITION<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"> MAIS EXIGENCE D\u2019INNOVATION. QUELQUES CRIT\u00c8RES<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Jusqu\u2019\u00e0 une date somme toute r\u00e9cente (moins d\u2019un demi-si\u00e8cle!), le discours sur la diff\u00e9rence hommes et femmes avait un point fixe, le masculin instaur\u00e9 en r\u00e9f\u00e9rent central. Certes, quelques privil\u00e9gi\u00e9s avaient \u00e9t\u00e9 en mesure d\u2019anticiper, comme Poullain de la Barre, professeur \u00e0 la Sorbonne qui, encore catholique, \u00e9crivit il y a plus de trois si\u00e8cles le premier plaidoyer en faveur de l\u2019ordination des chr\u00e9tiennes \u00ab\u00a0De l\u2019\u00e9galit\u00e9 des deux sexes, discours physique et moral o\u00f9 l\u2019on voit l\u2019importance de se d\u00e9faire des pr\u00e9jug\u00e9s\u00a0\u00bb (1673). Mais d\u00e9sormais c\u2019est toute la soci\u00e9t\u00e9 occidentale qui s\u2019interroge sur ce que constitue l\u2019\u00eatre humain, \u00e0 la fois masculin et f\u00e9minin. Interrogation d\u2019autant plus ouverte que la diff\u00e9rence, suppos\u00e9e jusqu\u2019alors immuable, appara\u00eet largement historique, dans ce que l\u2019histoire a de plus mat\u00e9riel (la biologie et l\u2019\u00e9conomie).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La t\u00e2che n\u2019est pas facile. On peut clairement prendre conscience que l\u2019\u00eatre humain est masculin et f\u00e9minin sans hi\u00e9rarchisation, comme l\u2019expliquent remarquablement deux dictionnaires parus l\u2019an dernier, l\u2019un en Allemagne, l\u2019autre en France, tr\u00e8s \u00e9rudit l\u2019un\u00a0: la <span style=\"font-style: italic;\">Theologische Realenzyklopadie<\/span>, tr\u00e8s repr\u00e9sentatif l\u2019autre\u00a0: le <span style=\"font-style: italic;\">Dictionnaire du protestantisme<\/span>, et pourtant ne proposer aucun article \u00ab\u00a0homme\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0virilit\u00e9\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Mann\u00a0\u00bb, qui examinerait, soit les aptitudes religieuses sp\u00e9cifiques, soit les probl\u00e8mes particuliers, symboliques ou \u00e9thiques, que les hommes rencontreraient dans le domaine religieux, ou dans leurs relations aux femmes. La simple incongruit\u00e9, v\u00e9rifiable dans ces deux dictionnaires, d\u2019avoir un article \u00ab\u00a0femme\u00a0\u00bb, sans un article \u00ab\u00a0homme\u00a0\u00bb parall\u00e8le, prouve bien que les circonstances historiques et culturelles actuelles, la femme reste \u00ab\u00a0sp\u00e9ciale\u00a0\u00bb \u2013 mais par rapport \u00e0 qui dans un ensemble qui ne comportant que deux \u00e9l\u00e9ments? Cela va sans dire puisque l\u2019article \u00ab\u00a0homme\u00a0\u00bb reste introuvable. Dans la structure du discours organis\u00e9 \u00ab\u00a0homme\u00a0\u00bb reste le r\u00e9f\u00e9rent central, m\u00eame s\u2019il a cess\u00e9 de l\u2019\u00eatre dans les \u00e9nonc\u00e9s particuliers!<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Nous entrons donc dans un espace inexplor\u00e9. Y allons-nous sans crit\u00e8res? Ce n\u2019est pas le cas.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a name=\"er1\"><\/a>Des interrogations pr\u00e9alables sur la non-ordination des chr\u00e9tiennes<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Les chr\u00e9tiennes sont actuellement exclues du sacrement de l\u2019ordre (CIC, c.\u00a01024), si bien qu\u2019elles ne peuvent exercer un pouvoir de plein gouvernement dans l\u2019\u00c9glise (c. 129, \u00a7\u00a01), ni recevoir des offices qui requi\u00e8rent le pouvoir de l\u2019ordre (c.\u00a0150). Elles ne peuvent non plus, mais c\u2019est conditionn\u00e9 par ce qui pr\u00e9c\u00e8de, \u00eatre institu\u00e9es acolytes et lectrices (c.\u00a0230).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Deux remarques sont utiles \u00e0 ce sujet.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-style: italic;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">1. Ce point n\u2019est pas de foi d\u00e9finie<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La derni\u00e8re intervention de Jean-Paul II sur le sujet, <span style=\"font-style: italic;\">Ordinatio Sacerdotalis<\/span> (1994), est d\u2019ordre th\u00e9ologique et pastoral, et non pas dogmatique au sens de la d\u00e9finition. Son but essentiel est de mettre un terme \u00e0 la discussion publique. La Congr\u00e9gation pour la doctrine de la foi a pris soin de pr\u00e9ciser que cette intervention n\u2019\u00e9tait pas infaillible\u00a0:<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 40px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Le pontife romain, compte tenu des circonstances actuelles, a confirm\u00e9 cette doctrine d\u00e9non\u00e7ant \u00ab\u00a0ce qui doit \u00eatre tenu toujours, partout et par tous, en tant que cela appartient au d\u00e9p\u00f4t de la foi\u00a0\u00bb. Dans le cas pr\u00e9sent, un acte de magist\u00e8re pontifical ordinaire, en soi non infaillible, atteste le caract\u00e8re non infaillible de l\u2019enseignement d\u2019une doctrine d\u00e9j\u00e0 en possession de l\u2019\u00c9glise<a class=\"tres_petit\" href=\"#note16\" name=\"ret16\">[16]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Ainsi donc on n\u2019a pas affaire \u00e0 une doctrine bien d\u00e9finie. De mani\u00e8re non infaillible, dans les circonstances pr\u00e9sentes, par un acte de son magist\u00e8re ordinaire, le pape rappelle que la non-ordination des femmes appartient au d\u00e9p\u00f4t de la foi, aux conditions \u00e9nonc\u00e9es par Vincent de L\u00e9rins (ce qui est enseign\u00e9 toujours, partout, par tous). Mais une plus grande finesse dans les \u00e9tudes historiques pourrait montrer que la question qu\u2019on se pose aujourd\u2019hui est enti\u00e8rement renouvel\u00e9e, apr\u00e8s l\u2019effacement ou le recul de l\u2019androcentrisme, et qu\u2019ainsi l\u2019unanimit\u00e9 du pass\u00e9 ne serait pas contraignante parce qu\u2019elle r\u00e9pondait \u00e0 une question pos\u00e9e en de tout autres termes.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-style: italic;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">2. L\u2019ordination des seuls hommes n\u2019emp\u00eache pas, \u00e0 titre principiel du moins, le partenariat de se d\u00e9velopper dans l\u2019\u00c9glise<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Au plan symbolique, une atteinte est port\u00e9e au partenariat id\u00e9al entre tous et toutes par cette non-ordination actuelle des chr\u00e9tiennes \u00e0 l\u2019\u00e9piscopat et au presbyt\u00e9rat. Mais deux observations r\u00e9alistes doivent \u00eatre faites qui emp\u00eachent de se sentir paralys\u00e9e sur ce chemin\u00a0:<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 40px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">D\u2019une part, m\u00eame quand des chr\u00e9tiennes sont ordonn\u00e9es, cela n\u2019entra\u00eene pas automatiquement le partenariat; l\u2019on n\u2019a pas non plus attendu qu\u2019il soit v\u00e9rifi\u00e9 avant d\u2019ordonner des chr\u00e9tiennes dans les \u00c9glises protestantes. Le partenariat a bien d\u2019autres cl\u00e9s et des cl\u00e9s plus d\u00e9cisives que le principe de l\u2019appel des chr\u00e9tiennes \u00e0 l\u2019ordination.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin-left: 40px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">D\u2019autre part, il faut bien voir que les femmes la\u00efques acc\u00e8dent au partenariat dans les m\u00eames conditions que les hommes la\u00efques.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Autrement dit, il est probablement trop restrictif de ne donner \u00e0 la faiblesse du partenariat qu\u2019une seule cause et qu\u2019une issue\u00a0: l\u2019absence de l\u2019ordination des chr\u00e9tiennes. Avant d\u2019en arriver \u00e0 cette ordination \u2013 mais chacun sait que l\u2019\u00e9ch\u00e9ance en est \u00e9loign\u00e9e, si jamais on y arrive \u2013, la tradition nous ouvre la voie en proposant divers crit\u00e8res; l\u2019un est n\u00e9gatif, les autres positifs.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Un crit\u00e8re n\u00e9gatif<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">L\u2019androcentrisme des cultures qui nous ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s n\u2019a rien de sp\u00e9cifiquement chr\u00e9tien. Il n\u2019y a pas d\u2019anthropologie r\u00e9v\u00e9l\u00e9e. L\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 de la femme (de toute femme) par rapport \u00e0 l\u2019homme (\u00e0 tout homme) n\u2019a rien \u00e0 voir avec la foi chr\u00e9tienne. <span style=\"font-style: italic;\">Gaudium et Spes<\/span> 9 (apr\u00e8s <span style=\"font-style: italic;\">Pacem in terris<\/span> 41 de Jean XXIII) voit au contraire un signe des temps dans la situation nouvelle des femmes et d\u00e9nonce \u00ab\u00a0toute discrimination fond\u00e9e sur le sexe comme contraire au dessein de Dieu\u00a0\u00bb (GS 29 et 60). Jean-Paul II dans <span style=\"font-style: italic;\">Mulieris dignitatem<\/span> r\u00e9affirme ces positions, avec une particuli\u00e8re rigueur.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Ces prises de position invitent \u00e0 reconna\u00eetre que l\u2019\u00c9glise s\u2019est trouv\u00e9e confront\u00e9e, non seulement au mal, mais aussi au p\u00e9ch\u00e9 de son histoire. Il serait trop simple d\u2019attribuer toutes les responsabilit\u00e9s au contexte culturel des si\u00e8cles pass\u00e9s ou de l\u2019\u00e9poque contemporaine. Nous sommes ainsi convi\u00e9s \u00e0 appeler le mal et le p\u00e9ch\u00e9 par leur nom. Bien s\u00fbr, lorsqu\u2019on parle chr\u00e9tiennement du mal et du p\u00e9ch\u00e9, ce ne peut \u00eatre qu\u2019en annon\u00e7ant en m\u00eame temps la gr\u00e2ce, c\u2019est-\u00e0-dire la possibilit\u00e9 de la conversion personnelle. Sans pouvoir nous vanter d\u2019\u00eatre meilleurs que nos p\u00e8res et nos m\u00e8res, reconnaissons au moins que les changements historiques, dont nous prenons la mesure en nos g\u00e9n\u00e9rations, font peser sur nous une plus grande responsabilit\u00e9, \u00e0 partir du moment o\u00f9 nous voyons ce que nous voyons et qui restait, sinon cach\u00e9, du moins plus obscur aux g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Des crit\u00e8res positifs<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La tradition par essence est tourn\u00e9e vers l\u2019avenir.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La tradition n\u2019est pas r\u00e9p\u00e9tition. Comme sa d\u00e9signation en grec (<span style=\"font-style: italic;\">paradosis<\/span>) et en latin (<span style=\"font-style: italic;\">traditio<\/span>) le dit bien, la tradition est une transmission qui implique traduction avec un risque de trahison. Pour transmettre fid\u00e8lement, il ne faut pas r\u00e9p\u00e9ter, il faut traduire, jusqu\u2019\u00e0 ce que le Seigneur revienne. Autrement dit la traduction est toute tourn\u00e9e vers l\u2019avenir\u00a0: l\u2019avenir historique, dans le cas pr\u00e9sent des soci\u00e9t\u00e9s qui ont cess\u00e9 d\u2019\u00eatre androcentriques; et l\u2019avenir eschatologique entrevu dans Ga 3, 28\u00a0: \u00ab\u00a0 Il n\u2019y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni l\u2019homme ni la femme.\u00a0\u00bb L\u2019eschatologie est, certes, un ferment dans l\u2019histoire, mais elle n\u2019est pas une utopie, c\u2019est dire qu\u2019elle ne donne pas de mod\u00e8les fixes tout faits qu\u2019il n\u2019y aurait qu\u2019\u00e0 reproduire quelles que soient les circonstances. Il est \u00e9clairant de constater que le statut accord\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 chr\u00e9tienne aux Juifs et aux esclaves a connu les m\u00eames difficult\u00e9s que celui accord\u00e9 aux femmes. Tous les trois n\u2019ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9vis\u00e9s en profondeur que r\u00e9cemment et pour les m\u00eames raisons. Il en va de m\u00eame pour le soutien donn\u00e9 \u00e0 la d\u00e9mocratie par les chr\u00e9tiens\u00a0: qui voudra se scandaliser qu\u2019au temps de Louis XIV il ne se soit pas trouv\u00e9 m\u00eame une poign\u00e9e de militants en faveur de la d\u00e9mocratie chr\u00e9tienne car, tout de m\u00eame, libert\u00e9, \u00e9galit\u00e9, fraternit\u00e9 sont des valeurs \u00e9vang\u00e9liques! Certes, l\u2019eschatologie chr\u00e9tienne est un ferment dans tout contexte culturel et social (monarchie absolue ou d\u00e9mocratie), mais elle inspirera des formes chaque fois singuli\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">S\u2019il n\u2019y a pas de mod\u00e8les fixes, il n\u2019y a pas non plus de limitations pos\u00e9s \u00e0 ce partenariat\u00a0: l\u2019existence du minist\u00e8re ordonn\u00e9, loin de constituer un obstacle, repr\u00e9sente plut\u00f4t une requ\u00eate en ce sens, car l\u2019ordination est d\u00e9j\u00e0 une articulation entre la responsabilit\u00e9 de tous et celle de quelques-uns. Innombrables en sont les attestations en provenance de la tradition\u00a0: la premi\u00e8re parole prononc\u00e9e dans toute ordination est toujours une requ\u00eate en provenance de l\u2019\u00c9glise adress\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00eaque; le droit g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019\u00c9glise pr\u00e9voyait l\u2019\u00e9lection d\u2019un \u00e9v\u00eaque par son \u00c9glise jusqu\u2019au Code de 1917; les listes de succession \u00e9piscopale ne s\u2019\u00e9tablissent jamais selon l\u2019imposition des mains, mais selon la succession \u00e0 la t\u00eate d\u2019une \u00c9glise; et l\u2019on pourrait continuer.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Sans doute ne peut-on pas reprendre m\u00e9caniquement aujourd\u2019hui ces mod\u00e8les du pass\u00e9. Mais il est essentiel de rep\u00e9rer les apprentissages de partenariat que notre \u00c9glise est en train de faire ou qu\u2019elle est appel\u00e9e \u00e0 faire. Le plus \u00e9vident est celui des \u00e9quipes pastorales qui comprennent des chr\u00e9tiennes et qui n\u2019ont pas attendu le canon 517, \u00a7\u00a02 pour se mettre en place, mais que ce dernier officialise. Il en va de m\u00eame des conseils et des synodes n\u00e9s dans la foul\u00e9e de Vatican\u00a0II et dont les r\u00e9alisations, m\u00eame dans le cadre du droit en vigueur, restent encore modestes. Pourtant, il y a l\u00e0 des perspectives qui sont \u00e9galement d\u2019importance pour le rapprochement \u0153cum\u00e9nique, comme le document de Foi et Constitution <span style=\"font-style: italic;\">Bapt\u00eame Eucharistie Minist\u00e8re<\/span> l\u2019a soulign\u00e9 (Lima 1982) en y citant d\u00e9j\u00e0 Lausanne 1927<a class=\"tres_petit\" href=\"#note17\" name=\"ret17\">[17]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Ces derniers terrains d\u2019apprentissage semblent peu sp\u00e9cifiques. Pourtant ils sont d\u2019un grand r\u00e9alisme\u00a0: rien n\u2019interdit et tout recommande que l\u2019on s\u2019engage dans cette direction. Il y a l\u00e0 une perspective d\u00e9cisive\u00a0: une \u00c9glise ne se r\u00e9forme ni ne grandit seulement par discours ou par d\u00e9crets, mais avant tout par des apprentissages qui font vivre ces valeurs m\u00eames, qu\u2019on ne pourra rendre normatives avant d\u2019avoir appris quelque peu \u00e0 les pratiquer. Pourrions-nous transmettre ce que nous n\u2019aurions pas appris?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Herv\u00e9 Legrand, o.p.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"> Professeur \u00e0 l\u2019Institut Catholique de Paris<\/span><\/p>\n<hr style=\"width: 100%; height: 2px;\" \/>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">NOTES\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret1\" name=\"note1\">[1]<\/a>\u00a0 On lira avec int\u00e9r\u00eat la mise au point de Paul McKechnie, \u00ab\u00a0Women\u2019s Religion et Second-Century Christianity\u00a0\u00bb, <span style=\"font-style: italic;\">Journal of Ecclesiastical History<\/span> 47 (1996), 409-431; il d\u00e9montre le parti-pris non fond\u00e9 consistant \u00e0 exalter les \u00e9crits gnostiques par rapport aux \u00e9crits canoniques. Il y a d\u2019autres lectures biais\u00e9es de l\u2019histoire de l\u2019\u00c9glise.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret2\" name=\"note2\">[2]<\/a>\u00a0 On peut voir les classiques de Margaret Mead, <span style=\"font-style: italic;\">Sex and temperament in three primitive societies<\/span>, New York, 1935, et <span style=\"font-style: italic;\">Male and female<\/span>, New York, 1948 (tr. Fr.,<span style=\"font-style: italic;\"> L\u2019un et l\u2019autre sexe. Les r\u00f4les d\u2019homme et de femme dans la soci\u00e9t\u00e9<\/span>, Paris, 1966). Ou, tout r\u00e9cemment, Fran\u00e7oise H\u00e9ritier, <span style=\"font-style: italic;\">Masculin\/f\u00e9minin. La pens\u00e9e de la diff\u00e9rence<\/span>, Paris, Odile Jacob, 1966, o\u00f9 le premier et le dernier essai sont particuli\u00e8rement \u00e9clairants.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret3\" name=\"note3\">[3]<\/a>\u00a0 L\u2019Orient byzantin fait preuve du m\u00eame androcentrisme, cf. Jo\u00eblle Beaucamp, <span style=\"font-style: italic;\">Le statut de la femme \u00e0 Byzance (IVe-VIIe\u00a0s.)<\/span>, Paris, de Boccard, t.I, 1990; t. II, 1992.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret4\" name=\"note4\">[4]<\/a>\u00a0 On en trouve une \u00e9tude remarquablement claire dans l\u2019ouvrage classique de Kari E. B\u00d8rresen, <span style=\"font-style: italic;\">Subordination et \u00e9quivalence. Nature et r\u00f4le de la femme d\u2019apr\u00e8s Augustin et Thomas d\u2019Aquin<\/span>, Paris-Oslo, Mame-Uniniversitetsvorlaget, 1968.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret5\" name=\"note5\">[5]<\/a>\u00a0 H, B. Witter est le premier, au XVIIIe\u00a0 si\u00e8cle, \u00e0 avancer l\u2019hypoth\u00e8se que le r\u00e9cit combinait deux sources.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret6\" name=\"note6\">[6]<\/a>\u00a0 Gen. Ad litt. IX, 5.CSEL. 28, 1, p. 273.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret7\" name=\"note7\">[7]<\/a>\u00a0 <span style=\"font-style: italic;\">Ibid<\/span>. Il en conclut donc\u00a0: \u00ab\u00a0Si on fait abstraction de la reproduction, je ne vois pas en quoi la femme aurait pu constituer une aide pour l\u2019homme.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret8\" name=\"note8\">[8]<\/a>\u00a0 Gen. Ad litt. X. 10.CSEL. 28, 1, p. 307.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret9\" name=\"note9\">[9]<\/a>\u00a0 Selon l\u2019ordre naturel chez les \u00eatres humains, les femmes doivent \u00eatre soumises aux hommes et les enfants aux parents, car il n\u2019est que juste que le plus faible quant \u00e0 la raison soit soumis au plus fort.\u00a0\u00bb, quaest. In Hept.1153. CC 33, p. 59. Dans le m\u00eame registre, on note une certaine h\u00e9sitation chez les P\u00e8res \u00e0 consid\u00e9rer que la femme est image de Dieu exactement au m\u00eame titre que l\u2019homme. Cf. K. E. B\u00f8rresen, \u00ab\u00a0Imago Dei, privilege masculine? Interpr\u00e9tation augustinienne et pseudo-augustinienne de Gn 1, 27 et 1 Co 11,7\u00a0\u00bb, dans <span style=\"font-style: italic;\">Augustinianum<\/span> 25, 1985, p. 213-234.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret10\" name=\"note10\">[10]<\/a> Cf. citation \u00e0 la note pr\u00e9c\u00e9dente.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret11\" name=\"note11\">[11]<\/a>\u00a0 Pour l\u2019histoire du droit canonique, cf. Ida Raming, <span style=\"font-style: italic;\">Der Auschluss der Frau vom priesterlichen Amt. Gottgewollte Tradition oder Diskriminierung ? Eine rechtshistorisch-dogmatische Untersuchung von Kanon 968 \u00a7 1 des Codex luris Canoni<\/span>, Cologne-Vienne, B hlau Verlag, 1973. La suj\u00e9tion par nature de la femme \u00e0 l\u2019homme est l\u2019argument explicite et constant justifiant l\u2019impossibilit\u00e9 de l\u2019ordonner.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret12\" name=\"note12\">[12]<\/a>\u00a0 \u00ab\u00a0Si Adam a c\u00e9d\u00e9, c\u2019est par affection pour \u00c8ve, son unique compagne, sa semblable, son \u00e9pouse.\u00a0\u00bb (Augustin, Civ. Dei 11, 2. CC 48, p. 433).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret13\" name=\"note13\">[13]<\/a>\u00a0 Pour Augustin, il s\u2019ensuit une aggravation et un raidissement de la subordination primitivement exig\u00e9e, cf. Op. Impert. Jul, VI, 26, PL. 45, 1566.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret14\" name=\"note14\">[14]<\/a>\u00a0 On cite ici la traduction fran\u00e7aise (t. I, Mulhouse, p. 45) de 1935 (faite sur la 8e \u00e9d. Allemande de 1932).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret15\" name=\"note15\">[15]<\/a>\u00a0 C\u2019est la th\u00e8se d\u2019E. Sch\u00fcssler Fiorenza, <span style=\"font-style: italic;\">En m\u00e9moire d\u2019elle<\/span>, Paris, Cerf, 1986; pour une d\u00e9monstration historiquement plus technique, et R. N\u00fcrnberg, \u00ab\u00a0Non decet neque necessarium est, ut mulieres doceant\u00a0\u00bb, Ueberlegungen zum altkirchlichen Lehrverbot f\u00fcr\u00a0 Frauen. Jahrbuch f\u00fcr Antike und Christentum 31, 1988, 57-73.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret16\" name=\"note16\">[16]<\/a> <span style=\"font-style: italic;\">La Documentation catholique<\/span> 77, 1995, 1081.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a class=\"tres_petit\" href=\"#ret17\" name=\"note17\">[17]<\/a>\u00a0 Foi et Constitution du Conseil \u0152cum\u00e9nique des \u00c9glises, <span style=\"font-style: italic;\">Bapt\u00eame Eucharistie Minist\u00e8re. Convergence de la foi<\/span>, Paris, Centurion\/Presses de Taiz\u00e9, 1982. Au no 26 (chapitre sur le minist\u00e8re) on lit que le minist\u00e8re ordonn\u00e9 devrait \u00eatre exerc\u00e9 selon un mode personnel, coll\u00e9gial et communautaire. On d\u00e9veloppe ce point en insistant sur l\u2019articulation de ces trois aspects, et on ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0La reconnaissance de ces trois dimensions est sous-jacente \u00e0 une recommandation faite par la premi\u00e8re conf\u00e9rence mondiale de Foi et Constitution \u00e0 Lausanne en 1927\u00a0: \u00ab\u00a0Dans la constitution de l\u2019\u00c9glise primitive, on retrouve et la charge \u00e9piscopale, et les Conseils des Anciens, et la communaut\u00e9 des fid\u00e8les. Chacun de ces trois syst\u00e8mes d\u2019organisation eccl\u00e9siastique (\u00e9piscopalisme, presbyt\u00e9rianisme, congr\u00e9gationalisme) a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 dans le pass\u00e9 durant des si\u00e8cles, et est encore pratiqu\u00e9 aujourd\u2019hui par d\u2019importantes fractions de la chr\u00e9tient\u00e9. Chacun d\u2019eux est consid\u00e9r\u00e9 par ces tenants comme essentiel au bon ordre de l\u2019\u00c9glise. En cons\u00e9quence, nous estimons que, sous certaines conditions \u00e0 pr\u00e9ciser, ils devront prendre simultan\u00e9ment leur place respective dans l\u2019organisation de l\u2019\u00c9glise r\u00e9unie.\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Tir\u00e9 de\u00a0<a href=\"..\/..\/publications.html#pub6\"><span class=\"italique\">Pleins feux sur le partenariat en \u00c9glise * Actes du symposium * Le partenariat hommes et femmes en \u00c9glise<\/span><\/a> (p. 105-123). Montr\u00e9al, \u00c9ditions Paulines, 1997.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce bref expos\u00e9 comportera trois parties, selon un plan tr\u00e8s simple. 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