{"id":3082,"date":"2011-06-01T12:00:57","date_gmt":"2011-06-01T16:00:57","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=3082"},"modified":"2015-05-18T11:18:37","modified_gmt":"2015-05-18T15:18:37","slug":"jeanne-vanasse-%e2%80%a2-espoir-et-tendresse-au-bout-des-doigts","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=3082","title":{"rendered":"Jeanne Vanasse \u2022 Espoir et tendresse au bout des doigts"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/Jeanne-Vanasse.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"  wp-image-3085 alignleft\" src=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/Jeanne-Vanasse.jpg\" alt=\"Jeanne Vanasse\" width=\"85\" height=\"87\" \/><\/a>En retra\u00e7ant la vie de Jeanne Vanasse, on saisit que dans son \u00e2me et dans son coeur, deux grandes amours ont tr\u00e8s t\u00f4t cohabit\u00e9es : Dieu et l\u2019art. Celle qui allait devenir l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve de Jean-Paul Lemieux et l&rsquo;une des fondatrices du d\u00e9partement des Beaux-arts du C\u00e9gep de Trois-Rivi\u00e8res est aussi celle qui, \u00e0 9 ans, dessinait et copiait des images, \u00e0 plat ventre sur un plancher de cuisine. Mais sans faire de bruit, l\u2019appel \u00e0 la vie religieuse se dessinait tout doucement. Dieu \u00e9crit droit entre des lignes courbes, dit-on chez les soeurs. Parall\u00e8lement \u00e0 l\u2019amour des arts, la semence d\u2019une vie consacr\u00e9e a pris racine et a fleuri.<\/span><!--more--><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">D\u00e8s leur bas \u00e2ge , les enfants Vanasse \u2013 dont six sur sept ont vu le jour \u00e0 Saint-Germain-de- Grantham \u2013, ont \u00e9t\u00e9 sensibilis\u00e9s \u00e0 la musique, au dessin et aux arts de la sc\u00e8ne. \u00ab D\u00e8s ma jeunesse, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 orient\u00e9e vers les a rts, confie Jeanne. Dans ma famille, on avait tous le go\u00fbt des arts \u00bb. Les Clercs de Saint-Viateur, \u00e9tablis \u00e0 Joliette o\u00f9 demeurait \u00e0 l\u2019\u00e9poque sa famille, participeront d&rsquo;ailleurs au d\u00e9veloppement de cet int\u00e9r\u00eat bient\u00f4t mu\u00e9 en talent. L\u2019artiste en elle se dessine de plus en plus alors que Dieu, dans son silence, l\u2019appelle \u00e0 le suivre.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Des arts de la sc\u00e8ne surgit un jour le premier appel \u00e0 la vie consacr\u00e9e. Soeur Jeanne se souvient encore, comme si c\u2019\u00e9tait hier, non seulement de la pi\u00e8ce qui en est porteuse, mais aussi de cette phrase sortie de la bouche de J\u00e9sus rencontrant la Samaritaine: \u00ab \u00ab\u00a0C\u2019est bien la pauvre humanit\u00e9 qui fr\u00f4le le bonheur et qui passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9\u00a0\u00bb . [\u2026] Cette phrase-l\u00e0 m\u2019a d\u00e9chir\u00e9e \u00bb, t\u00e9moigne-t-elle. Son auteur, le p\u00e8re Gustave Lamarche, venait sans le savoir d\u2019allumer une flamme qui aujourd\u2019hui brille encore.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">L\u2019appel \u00e0 la vie religieuse s\u2019enracine de plus en plus. La JEC (Jeunesse \u00e9tudiante catholique), dans laquel le la jeune femme est engag\u00e9e, devient alors un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur de sa vocation. \u00c2g\u00e9e de 19 ans, un baccalaur\u00e9at \u00e8s arts en mains, Jeanne Vanasse prononce enfin son Ecce. Elle fera ainsi son entr\u00e9e, en 1941, comme postulante au couvent des Soeurs de l\u2019Assomption de la Sainte Vierge, \u00e0 Nicolet. Par un heureux hasard \u2013 mais en est-ce bien un? \u2013 cette congr\u00e9gation o\u00f9 Jeanne est pensionnaire depuis quelques ann\u00e9es est particuli\u00e8rement ouverte \u00e0 la culture et aux arts.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">VOIX \u00c9TOUFF\u00c9E, VOIE ALLUM\u00c9E<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Si la vocation surgit d\u2019un appel, \u00eatre artiste est un \u00e9tat, note soeur Jeanne. Mais dans son cas, celui-ci ne prendra tout son espace qu\u2019apr\u00e8s quelques ann\u00e9es d\u2019enseignement. Comme la majorit\u00e9 des religieuses dans ces ann\u00e9es d\u2019apr\u00e8s-guerre, Jeanne enseigne aux jeunes filles du coll\u00e8ge, non pas encore l\u2019art, mais bien les mati\u00e8res acad\u00e9miques. Le travail d\u2019artiste dans lequel elle se r\u00e9alisera le plus ne viendra que plus tard.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">De fait, une voix \u00e9touff\u00e9e par des cordes vocales trop serr\u00e9es l\u2019oblige, en 1956, \u00e0 r\u00e9orienter sa carri\u00e8re. Apr\u00e8s huit ans d\u2019enseignement g\u00e9n\u00e9ral, Jeanne retourne sur les bancs d\u2019\u00e9cole. Pendant quatre ans, elle sera l\u2019\u00e9l\u00e8ve de Jean-Paul Lemieux \u00e0 l\u2019\u00c9cole des beaux-arts de Qu\u00e9bec o\u00f9 l\u2019artistepeintre la remarque. De ce dernier, elle gardera, \u00ab avant toute influence stylistique, l\u2019int\u00e9riorit\u00e9 des personnages \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Sa pr\u00e9sence aux beaux-arts surprend et d\u00e9tonne. Le ma\u00eetre Lemieux va jusqu\u2019\u00e0 lui demander de mettre en images le texte imposant de l\u2019Apocalypse, \u00e9crit par l\u2019ap\u00f4tre Jean. Soeur Jeanne, alors trentenaire, se sent trop jeune pour se lancer dans pareil projet. \u00ab \u00c0 trente ans, expliquet- elle, l\u2019Apocalypse me paraissait comme \u00e9tant un livre de monstres qui nous \u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9s \u00bb. Aujourd\u2019hui, par contre, avec la sagesse de ses 89 ans, et surtout baign\u00e9e dans la contemplation du \u00ab Je suis le Je suis \u00bb, la religieuse pense enfin \u00eatre pr\u00eate pour le d\u00e9fi.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Ses \u00e9tudes \u00e0 Qu\u00e9bec lui ouvrent ainsi la voie sur une carri\u00e8re d\u2019enseignement de l\u2019art, au Coll\u00e8ge de sa congr\u00e9gation. \u00c0 travers ses huit ann\u00e9es d\u2019enseignement, elle con\u00e7oit les vitraux de la chapelle de la Maison-M\u00e8re, ainsi que ceux de la nonciature apostolique \u00e0 Ottawa.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Vient ensuite un second mandat en enseignement des arts, cette fois-ci au C\u00e9gep de Trois-Rivi\u00e8res. Non seulement soeur Jeanne y enseignera pendant 20 ans, mais elle y fondera le d\u00e9partement des arts plastiques. En 2009, on donne en son honneur le nom d\u2019Espace Jeanne-Vanasse \u00e0 une salle d\u2019exposition du C\u00e9gep destin\u00e9e aux arts visuels.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Sans vouloir faire de jeu de mots, soeur Vanasse avoue aujourd\u2019hui que sa voix lui a ouvert la voie. \u00ab C\u2019aurait \u00e9clos un jour o\u00f9 l\u2019autre, estime-t-elle, parce que c\u2019est trop fort en moi ce besoin que j\u2019ai d\u2019exprimer ce que je vis. Ma peinture, c\u2019est vraiment l\u2019expression de ma vie int\u00e9rieure \u2026 \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Avec l&rsquo;enseignement des arts, soeur Jeanne s\u2019est inscrite dans la tradition des Soeurs de l\u2019Assomption. D\u00e8s le d\u00e9but de la congr\u00e9gation, beaucoup de ces femmes ont occup\u00e9 des postes d\u2019enseignement de l\u2019art: broderie, musique, peinture, dessin. Malgr\u00e9 les consid\u00e9rations de certains cur\u00e9s pour qui, \u00e0 cette \u00e9poque, ces disciplines repr\u00e9sentaient des \u00ab arts d\u2019agr\u00e9ment \u00bb, voire du superflu, les Soeurs de l\u2019Assomption ont poursuivi leur qu\u00eate du beau dans un monde qui, selon les mots de sainte M\u00e8re Teresa \u00ab a faim, non seulement pour la nourriture, mais aussi pour la beaut\u00e9 \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Et justement, un prix prestigieux portant le nom de la sainte sera d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 Jeanne Vanasse, en 2005, par l\u2019Institut d\u2019Art sacr\u00e9e Sainte-Bernadette, aux \u00c9tats-Unis. Soeur Vanasse est mise en nomination au Prix m\u00e8re Teresa pour son r\u00f4le comme artiste contemporaine canadienne, notamment dans le domaine de l\u2019imagerie sacr\u00e9e. Elle si\u00e8ge ainsi aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019imposants r\u00e9cipiendaires dont, entre autres, le pape Jean-Paul II (\u00e0 titre posthume), le pr\u00e9sident Jimmy Carter, Mel Gibson et Oprah Winfrey. Ce prix reconna\u00eet les r\u00e9alisations de ceux et celles qui embellissent le monde, en particulier dans l\u2019art religieux, la justice sociale et les arts en g\u00e9n\u00e9ral. Un tr\u00e8s grand honneur qu&rsquo;elle accueille en toute humilit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00c0 LA SOURCE DE L&rsquo;OEUVRE<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Si on se donne le temps de le faire, on arrivera \u00e0 lire Jeanne Vanasse dans toutes ses oeuvres. Comme l\u2019\u00e9crivain s\u2019inspire de sa vie pour \u00e9crire, l\u2019octog\u00e9naire puise son inspiration \u00e0 la source de sa vie int\u00e9rieure.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Soeur Vanasse ne se cache pas d\u2019\u00eatre une grande amoureuse de Dieu. Au m\u00eame titre qu\u2019elle admet sans g\u00eane avoir besoin de silence, et parfois ne pas vouloir en sortir. \u00ab Je pourrais rester dans mon atelier jusqu\u2019\u00e0 minuit si je n\u2019\u00e9tais pas raisonnable \u00bb, avouet- elle. Dans ce petit sanctuaire habit\u00e9 de silence, elle se terre d\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019apr\u00e8smidi, moment o\u00f9 son \u00e9nergie et son inspiration sont \u00e0 leurs meilleurs. \u00ab Se recueillir, c\u2019est se cueillir encore, explique-t-elle. J\u2019ai besoin de silence pour me recueillir \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00c0 reconna\u00eetre ce si grand besoin d\u2019int\u00e9riorit\u00e9, on pourrait ici se demander si la vie monastique aurait pu lui plaire. Des liens peuvent facilement se faire entre sa vie actuelle et la vie contemplative. Mais la principale int\u00e9ress\u00e9e ne regrette rien: \u00ab Le clo\u00eetre n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 ma place \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">N\u2019en demeure pas moins que dans le silence du soir, berc\u00e9e par la pri\u00e8re d\u2019\u00c9lizabeth de la Trinit\u00e9 \u2013 Mon Dieu, Trinit\u00e9 que j\u2019adore \u2013, soeur Jeanne s\u2019est appropri\u00e9, pendant plus de 20 ans, le Cantique des Cantiques sous forme de po\u00e8mes. \u00ab Pour l\u2019artiste, ce dernier repr\u00e9sente l\u2019amour, tout comme l\u2019amour entre deux \u00e9poux, entre chaque \u00eatre humain et Dieu, au m\u00eame titre qu\u2019entre l\u2019\u00c9glise et Dieu. Mes images repr\u00e9sentent deux \u00eatre anxieux ou sereins qui jouent \u00e0 cache-cache, se perdent, se cherchent et se retrouvent \u00bb. Depuis 1978, le Cantique des Cantiques a \u00e9t\u00e9 son principal sujet d\u2019inspiration. \u00ab C\u2019est facile dans ce po\u00e8me-l\u00e0 d\u2019exprimer la tendresse \u00bb, partage la peintre.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Soeur Jeanne peint pour dire autrement, \u00e0 travers des personnages qui flottent. \u00ab Dans mes peintures depuis le d\u00e9but, ce sont toujours des personnages qui volent, qui ne sont situ\u00e9s nulle part \u00bb, pr\u00e9cise-t-elle. Pareils \u00e0 des corps glorieux, font-ils peut-\u00eatre office de ce besoin qu\u2019a la religieuse de se lib\u00e9rer de la mati\u00e8re?<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Jamais non plus le contenu d\u2019une toile n\u2019est connu d\u2019avance. \u00ab Dans la cr\u00e9ation, on ne dit pas \u00ab\u00a0je vais peindre un ange\u00a0\u00bb. Je commence en g\u00e9n\u00e9ral avec des taches \u00bb. De ces taches de couleurs na\u00eetront des oeuvres qui porteront une pr\u00e9sence sacr\u00e9e jusque dans ses natures mortes. Comme l\u2019art est vivant, la religieuse laissera chacun de nous y d\u00e9couvrir un visage diff\u00e9rent du message qui est transmis. \u00ab Un tableau vit, confirme l\u2019artiste. Il continue \u00e0 vivre comme la Parole parce que je souhaite que Dieu parle \u00e0 travers mes toiles \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">UNE OEUVRE INCLASSABLE<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">De Lausanne en Suisse, pour un stage \u00e0 l\u2019atelier Prolitho en passant par La Maurini\u00e9 quatre ans plus tard pour un stage \u00e0 l\u2019atelier de Nicola\u00ef et de Marie- Th\u00e9r\u00e8se Greschny, soeur Jeanne Vanasse compte \u00e0 son actif une dizaine d\u2019expositions individuelles et une vingtaine d\u2019expositions collectives, tant au Qu\u00e9bec qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tranger. En cherchant \u00e0 qualifier l&rsquo;ensemble de son oeuvre, on a dit que la religieuse se rangeait parmi les surr\u00e9alistes inclassables. En d\u00e9pit de ces r\u00e9alisations et reconnaissances, l\u2019artiste admet bien humblement qu\u2019en cinquante ans de carri\u00e8re, il lui soit arriv\u00e9 de demeurer sans mot devant une toile blanche. \u00ab Il y a eu plusieurs p\u00e9riodes dans ma vie sans inspiration, avoue-t-elle. Depuis octobre dernier, j\u2019\u00e9tais incapable de prendre le pinceau \u00bb. Mais le travail reprend tranquillement avec les bourgeons qui \u00e9closent. \u00c0 l\u2019entr\u00e9e de son atelier, \u00e0 quelques m\u00e8tres \u00e0 peine d\u2019un Christ glorieux inachev\u00e9, un canevas tout gris sur chevalet rappelle \u00e0 l\u2019artiste le terrifiant projet port\u00e9 dans le secret de son \u00e2me depuis son passage \u00e0 l\u2019\u00c9cole des beauxarts: le projet de mettre en images le livre de l\u2019Apocalypse.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Son professeur, le d\u00e9funt peintre Jean-Paul Lemieux, aura sem\u00e9, il y a 50 ans, une graine dans la terre sacr\u00e9e d\u2019un immense talent. \u00ab Je me sens vraiment pouss\u00e9e \u00e0 le faire puisque \u00e7a ne m\u2019a jamais quitt\u00e9e \u00bb, dit soeur Jeanne, faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 son projet comme \u00e0 un appel incessant. Cette oeuvre en devenir devrait nous faire d\u00e9couvrir toute la tendresse et l\u2019espoir du Christ, r\u00e9v\u00e9l\u00e9s \u00e0 travers l\u2019\u00e2me et les yeux d\u2019une grande artiste.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Cela se d\u00e9ploiera en une vingtaine de tableaux au centre desquels l\u2019ic\u00f4ne du Christ Pandokr\u00e1tor, commenc\u00e9 il y a 20 ans, devrait figurer comme pi\u00e8ce ma\u00eetresse. \u00ab Il s\u2019agit du Christ pr\u00e9sent dans presque tous les chapitres \u00bb , ajoute soeur Jeanne. Dans l\u2019Apocalypse, compl\u00e8te-telle, il y a toujours l\u2019\u00c9glise et le Christ r\u00e9unis par l\u2019amour. \u00ab J\u2019aimerais pr\u00e9senter de ce livre une perspective diff\u00e9rente de celle du cin\u00e9ma, c\u2019est-\u00e0 dire une perspective d\u2019esp\u00e9rance. Le livre de l\u2019Apocalypse n\u2019est pas un livre d\u2019horreurs, bien qu\u2019existe l\u2019horreur tout au long de l\u2019Histoire de l\u2019humanit\u00e9 \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Les lectures dont Jeanne Vanasse s\u2019est nourrie, depuis toutes ces ann\u00e9es, lui font d\u2019ailleurs mieux comprendre \u00e0 quel point le livre de l\u2019Apocalypse est beaucoup moins effrayant qu\u2019on ne pourrait le croire. \u00ab Les proph\u00e8tes parlent pour les gens de leur temps, r\u00e9sume-t-elle. Ils vocif\u00e8rent contre les injustices, notamment le pouvoir, l\u2019argent et l\u2019\u00e9go\u00efsme, et ce, dans l\u2019espoir que certains comprennent \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Pour Soeur Jeanne, le d\u00e9fi est maintenant d\u2019arriver au texte et non de partir de ce dernier. Ce qui lui incombe, c\u2019est d\u2019exprimer \u00ab beaucoup de tendresse \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">UN H\u00c9RITAGE<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Que retiendrons-nous de l\u2019oeuvre grandiose de cette artiste mystique? Bien audel\u00e0 de ce que nos yeux peuvent voir, se dessine un amour pour Dieu qui n\u2019a pas de mot. \u00ab J\u2019aimerais que les gens ressentent que c\u2019est la joie d\u2019aimer Dieu dont je souhaite t\u00e9moigner \u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Devant l\u2019oeuvre de cette femme, nous faut-il \u00e0 pr\u00e9sent prendre le temps de nous arr\u00eater pour \u00eatre en mesure de lire, jusqu\u2019au fond, le bonheur d\u00e9gag\u00e9 \u00e0 l\u2019exprimer? Comme l&rsquo;assure saint Jean, l\u2019auteur de l\u2019Apocalypse: \u00ab C\u2019est Lui qui vaincra \u00e0 la fin des temps \u00bb,<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Et c&rsquo;est aussi \u00ab Lui \u00bb qu\u2019elle veut mettre en avant \u00e0 chaque rencontre qu\u2019elle fait\u2026 pareil au tressaillement qu\u2019ont ressenti \u00c9lisabeth et Marie, quelque part dans le temps.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><strong><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 8pt;\">Texte publi\u00e9 dans la revue Pr\u00e9sence magazine de juin-juillet-ao\u00fbt 2011 et reproduit avec les permissions requises.<\/span><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En retra\u00e7ant la vie de Jeanne Vanasse, on saisit que dans son \u00e2me et dans son coeur, deux grandes amours ont tr\u00e8s t\u00f4t cohabit\u00e9es : Dieu et l\u2019art. Celle qui allait devenir l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve de Jean-Paul Lemieux et l&rsquo;une des fondatrices &hellip; <a href=\"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=3082\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":45,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[],"ppma_author":[225],"class_list":["post-3082","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-portraits","author-chantal-larochelle"],"authors":[{"term_id":225,"user_id":45,"is_guest":0,"slug":"Chantal Larochelle","display_name":"Chantal Larochelle","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f8f6588bdd34294366bd8d01f417c9f95f49ec646c9300c80189cbf91bc91bf2?s=96&d=wp_user_avatar&r=g","user_url":"","last_name":"Larochelle","first_name":"Chantal","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3082","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/45"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3082"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3082\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3082"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3082"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3082"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fppma_author&post=3082"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}