{"id":342,"date":"2011-05-12T12:00:01","date_gmt":"2011-05-12T16:00:01","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=342"},"modified":"2015-04-15T10:00:58","modified_gmt":"2015-04-15T14:00:58","slug":"la-bible-et-les-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=342","title":{"rendered":"La Bible et les femmes"},"content":{"rendered":"<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Il y aura bient\u00f4t 33 ans, Jean Paul 1<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><sup><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">er<\/span><\/sup><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, ce pape au court pontificat, avait os\u00e9 \u00e9voquer Dieu\/e comme notre m\u00e8re. \u00ab\u00a0Il est notre p\u00e8re; m\u00eame plus, il est notre m\u00e8re[1]\u00a0\u00bb, avait-il \u00e9nonc\u00e9 lors de l\u2019ang\u00e9lus \u00e0 Saint Pierre de Rome. Une telle affirmation avait d\u00fb en surprendre plusieurs. Pourtant, le\/la Dieu\/e[2]\u00a0 de la Bible n\u2019est ni homme ni femme. Il est le Tout-Autre. Et il prend souvent le visage d\u2019un p\u00e8re. Mais, dans plusieurs versets, Dieu\/e prend \u00e9galement le visage d\u2019une femme.<!--more--> Il se pr\u00e9sente, entre autres, sous les traits d\u2019une sage femme (Is 66, 9), d\u2019une m\u00e8re en train d\u2019accoucher (Is 42, 14), d\u2019une m\u00e8re qui allaite (Is 66, 12). J\u00e9sus se compare m\u00eame \u00e0 une m\u00e8re poule qui veut rassembler ses poussins (Mt 23, 37; Lc 13, 34). Paul compare son travail de pasteur \u00e0 celui d\u2019une m\u00e8re qui nourrit ses enfants et leur prodigue tous ses soins (1 Th 2, 7b.11 12a). Et il vous fera sans doute plaisir d\u2019apprendre, vous Amis de Saint-Beno\u00eet, qu\u2019une d\u00e9votion \u00e0 J\u00e9sus notre m\u00e8re, a \u00e9t\u00e9 cultiv\u00e9e par des moines cisterciens du XIIe si\u00e8cle et qu\u2019un moine b\u00e9n\u00e9dictin, Anselme de Canterbury (1033-1109), a \u00e9crit une pri\u00e8re o\u00f9 il pr\u00e9sente J\u00e9sus comme une m\u00e8re pour l\u2019\u00e2me\u00a0:<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Mais vous, J\u00e9sus, Seigneur bon, n\u2019\u00eates-vous pas aussi une m\u00e8re? N\u2019\u00eates-vous pas aussi cette m\u00e8re qui, comme une poule, rassemble ses poussins sous son aile? Vraiment, ma\u00eetre, vous \u00eates une m\u00e8re. [\u2026] Vous m\u2019avez donn\u00e9 naissance [\u2026] par l\u2019enseignement qui vient de vous [\u2026]. (Bynum, 1982; cit\u00e9e par Dumais, 1989, p. 139 140)<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Comme vous pouvez le constater, le th\u00e8me \u00ab\u00a0femme\u00a0\u00bb est tr\u00e8s pr\u00e9sent dans la Tradition de l\u2019\u00c9glise et je dois dire que, de mon c\u00f4t\u00e9, il a occup\u00e9 plusieurs heures de travail, de recherches et de r\u00e9flexion tant dans mon engagement pastoral que dans mes \u00e9tudes en th\u00e9ologie. Car il est presqu\u2019impossible, comme femme, d\u2019\u0153uvrer en pastorale sans s\u2019interroger sur la place et le r\u00f4le des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9 et dans l\u2019\u00c9glise. Et on se tourne in\u00e9vitablement vers la Bible pour y chercher un \u00e9clairage. Pendant mes \u00e9tudes, j\u2019ai appris \u00e0 lire la Bible autrement et je me suis, d\u2019une certaine fa\u00e7on, r\u00e9concili\u00e9e avec le peu de place qui y \u00e9tait faite aux femmes. Ces \u00e9tudes comme mes nombreuses lectures m\u2019ont permis de d\u00e9velopper une compr\u00e9hension des textes bibliques qui rende davantage justice aux femmes. Vous comprendrez pourquoi le langage utilis\u00e9 pour nommer Dieu\/e et les textes qui \u00e9voquent des femmes dans la Bible me sont chers. Aujourd\u2019hui, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ce moment de rencontre qui nous est allou\u00e9, je m\u2019arr\u00eaterai avec vous au contexte \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur duquel la Bible a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite, puis je vous pr\u00e9senterai certaines femmes importantes de la Bible.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">1- Contexte de la Bible<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Jusqu\u2019au concile Vatican II, dans l\u2019\u00c9glise catholique, la Bible \u00e9tait peu accessible aux la\u00efcs, hommes et femmes. Seuls les clercs \u00e9taient encourag\u00e9s \u00e0 lire la Bible. Et on en faisait le plus souvent une lecture litt\u00e9rale. Ce qui \u00e9tait \u00e9crit devait \u00eatre accept\u00e9 au sens strict comme la parole directe de Dieu\/e. Par contre, au milieu du XIXe si\u00e8cle, certains sp\u00e9cialistes de la Bible ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier le contexte et le style de r\u00e9daction de la Bible et ont tent\u00e9 diff\u00e9rentes interpr\u00e9tations qui leur apparaissaient plus ad\u00e9quates. Mais \u00e0 la fin de ce si\u00e8cle, la crise du modernisme a mis fin, dans l\u2019\u00c9glise catholique, \u00e0 toute recherche scientifique au plan biblique. Ce n\u2019est qu\u2019en 1943 que le pape Pie XII a ouvert \u00e0 nouveau les portes \u00e0 l\u2019ex\u00e9g\u00e8se moderne. (L\u2019ex\u00e9g\u00e8se, c\u2019est l\u2019\u00e9tude approfondie et critique d&rsquo;un texte \u00e0 partir de m\u00e9thodes reconnues; elle vise une bonne interpr\u00e9tation du sens du texte). Le concile Vatican II a approuv\u00e9 les m\u00e9thodes ex\u00e9g\u00e9tiques pour \u00e9tudier la Bible (Brisebois, 1983). Il a aussi permis aux la\u00efcs, hommes et femmes d\u2019avoir acc\u00e8s aux \u00e9tudes bibliques et th\u00e9ologiques. C\u2019est ce qui me permet d\u2019ailleurs d\u2019\u00eatre ici aujourd\u2019hui pour vous parler de la Bible et des femmes.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Aujourd\u2019hui, la Bible, ne peut plus \u00eatre lue de fa\u00e7on litt\u00e9rale dans l\u2019\u00c9glise catholique. Rome met en garde contre une lecture fondamentaliste de la Bible (Commission biblique pontificale, 1994, p. 6). Oui, la Bible est la Parole de Dieu, mais une parole qui passe par des r\u00e9dacteurs humains. Elle a besoin d\u2019\u00e9coute et d\u2019analyse approfondie pour bien saisir et comprendre le sens du message v\u00e9hicul\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Pour les personnes qui seraient moins famili\u00e8res avec la fa\u00e7on dont la Bible a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite, je prendrai quelques moments pour apporter un certain \u00e9clairage. Puis, je montrerai l\u2019apport des femmes \u00e0 une compr\u00e9hension plus juste, plus \u00ab\u00a0\u00e9quitable\u00a0\u00bb de ce qui les concerne dans les \u00e9crits bibliques en mettant l\u2019accent sur leur contribution \u00e0 l\u2019ex\u00e9g\u00e8se et \u00e0 la th\u00e9ologie. Car les femmes ont elles aussi \u00e9t\u00e9 des agentes importantes du changement dans ces domaines.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">1.1 Sa r\u00e9daction<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Prenons quelques instants pour regarder comment la Bible est organis\u00e9e, pour conna\u00eetre le contexte dans lequel \u00e9voluent ses auteurs et les situer.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">1.1.1 Organisation<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Vous savez s\u00fbrement que, contrairement \u00e0 ce qu\u2019on en per\u00e7oit dans un premier coup d\u2019\u0153il, la Bible n\u2019est pas un livre avec plusieurs chapitres, mais le regroupement de plusieurs livres. La Bible, c\u2019est une biblioth\u00e8que; \u00ab\u00a0ta biblia\u00a0\u00bb, en grec veut effectivement dire \u00ab biblioth\u00e8que\u00a0\u00bb. Et cette biblioth\u00e8que comprend des livres de diff\u00e9rents genres litt\u00e9raires et de longueurs vari\u00e9es. Il y a des lettres, des po\u00e8mes, des r\u00e9cits, des contes\u2026\u00a0 Ils sont \u00e9crits \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9poques et n\u2019apparaissent pas n\u00e9cessairement dans l\u2019ordre qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits. Leurs styles diff\u00e9rents r\u00e9pondaient \u00e0 des objectifs diff\u00e9rents. \u00c0 travers ces livres, on voulait transmettre ce qu\u2019on percevait comme passage de Dieu.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">1.1.2 L\u2019auteur<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">On dit de la Bible qu\u2019elle est un livre inspir\u00e9 par Dieu\/e. Mais Dieu\/e n\u2019a pas tenu la main de ses auteurs, ni souffl\u00e9 les mots dans leurs oreilles. L\u2019Esprit a permis que des gens relisent leur vie ou celle de leur peuple pour en comprendre le sens et qu\u2019ils en viennent \u00e0 se dire : \u00ab\u00a0Dieu\/e est l\u00e0-dedans\u00a0\u00bb.\u00a0 Ce qu\u2019ils ont compris, ils ont voulu le transmettre, oralement d\u2019abord; puis ils ont souhait\u00e9 le fixer dans quelque chose de tangible qui pourrait traverser le temps. Les auteurs de la Bible \u00e9taient des \u00eatres humains de sexe masculin qui vivaient dans une soci\u00e9t\u00e9 domin\u00e9e par les hommes. Eux seuls avaient acc\u00e8s au savoir. Il est normal qu\u2019ils aient transmis des histoires d\u2019hommes, normal \u00e9galement qu\u2019ils aient peu parl\u00e9 des histoires de femmes\u2026 Si on y parle peu des femmes, il ne faut pas en d\u00e9duire qu\u2019elles en \u00e9taient absentes. C\u2019est important de se le rappeler quand on lit la Bible.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">1.1.3 Le contexte patriarcal<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">La Bible a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite dans un contexte o\u00f9 le petit gar\u00e7on apprenait d\u00e8s son tout jeune \u00e2ge qu\u2019il \u00e9tait le chef de la femme, son sup\u00e9rieur, et qu\u2019il deviendrait l\u2019autorit\u00e9. Et la femme apprenait la soumission comme une attitude inscrite dans sa nature. Et cette id\u00e9e s\u2019est organis\u00e9e dans un syst\u00e8me, syst\u00e8me qu\u2019on nomme patriarcal. Les soci\u00e9t\u00e9s, les religions se sont construites sur ce mod\u00e8le, le prenant pour une v\u00e9rit\u00e9 de base en oubliant la pr\u00e9sence sournoise de cette tradition patriarcale dans son organisation comme dans ses \u00e9crits. Ainsi des pr\u00e9jug\u00e9s culturels rel\u00e9guant la femme \u00e0 un r\u00f4le passif dans l\u2019\u00c9glise en sont venus \u00e0 se confondre avec la volont\u00e9 de Dieu\/e. Ils se sont infiltr\u00e9s dans les r\u00e9f\u00e9rences th\u00e9ologiques, s\u2019y incorporant et parfois les supplantant en laissant croire qu\u2019ils \u00e9taient la v\u00e9rit\u00e9. Et, au fil de l\u2019histoire, des normes sociales bas\u00e9es sur la suppos\u00e9e sup\u00e9riorit\u00e9 de l\u2019homme sur la femme ont de plus en plus influenc\u00e9 la vie de la chr\u00e9tient\u00e9 (Wijngaards, 2001\/2005).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">1.2 L\u2019apport des ex\u00e9g\u00e8tes et des th\u00e9ologiennes f\u00e9ministes<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Lorsque des femmes ont pu avoir acc\u00e8s aux \u00e9tudes en th\u00e9ologie, elles ont voulu, comme dans d\u2019autres secteurs, pousser plus loin leurs r\u00e9flexions concernant leur place et leur r\u00f4le, avoir des r\u00e9ponses \u00e0 leurs interrogations, comprendre le statut inf\u00e9rieur qu\u2019elles avaient dans l\u2019\u00c9glise. Certaines sont devenues sp\u00e9cialistes de la Bible et de la th\u00e9ologie. Elles se sont mises \u00e0 poser des questions sur ce qui les concernait. Elles se sont rendu compte que l\u2019ignorance fr\u00e9quente de leurs paroles et de leurs gestes dans les textes ne voulait pas n\u00e9cessairement dire leur absence dans les enjeux importants de la vie de la communaut\u00e9, que ce silence n\u2019\u00e9tait pas le signe de la volont\u00e9 de Dieu\/e. Il fallait apprendre \u00e0 lire leur pr\u00e9sence \u00e0 travers des petits signes, des traces et rappeler que Dieu\/e avait cr\u00e9\u00e9 hommes et femmes en toute \u00e9galit\u00e9, tel qu\u2019il est \u00e9crit d\u00e8s les premi\u00e8res pages du livre de la Gen\u00e8se.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">1.2.1 Pourquoi une th\u00e9ologie et une ex\u00e9g\u00e8se f\u00e9ministes?<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Les femmes ont transform\u00e9 la fa\u00e7on de faire de la th\u00e9ologie. Elles ont agi de telle sorte que ce ne soit plus uniquement une affaire d\u2019hommes, une affaire de clercs. Des femmes d\u00e9tiennent maintenant des doctorats dans le champ de la th\u00e9ologie et des sciences religieuses. J\u2019en ai r\u00e9pertori\u00e9 113 au Qu\u00e9bec et au Canada fran\u00e7ais. Des femmes sont devenues tr\u00e8s comp\u00e9tentes dans la th\u00e9orie comme dans la pratique de la th\u00e9ologie et de l\u2019ex\u00e9g\u00e8se. Elles ont apport\u00e9 une fa\u00e7on diff\u00e9rente de travailler les textes \u00e0 cause des questions qu\u2019elles se posaient. Elles se disaient en lisant certains textes bibliques\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c7a ne se peut pas que Dieu\/e inf\u00e9riorise ainsi les femmes!\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre form\u00e9es en th\u00e9ologie et en \u00e9tudes bibliques, elles se sont mises au travail pour traduire et interpr\u00e9ter des textes. Certaines biblistes ont d\u00e9velopp\u00e9 des strat\u00e9gies de travail dans leur recherche de sens de certains \u00e9crits bibliques.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">1.2.2 Comment s\u2019articulent-elles?<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Comment tout ceci s\u2019est-il articul\u00e9? Les femmes chercheures dans ces domaines se sont mises \u00e0 porter une attention particuli\u00e8re au fait que les auteurs des textes bibliques pouvaient avoir eu des id\u00e9es pr\u00e9con\u00e7ues, que ces pr\u00e9suppos\u00e9s avaient pu influencer leur fa\u00e7on d\u2019\u00e9crire ce qu\u2019ils voulaient transmettre et qu\u2019il fallait les d\u00e9celer pour comprendre le sens du texte. Elles ont \u00e9galement cherch\u00e9 \u00e0 conna\u00eetre l\u2019influence qu\u2019avaient eue les textes bibliques sur la l\u00e9gitimation de l\u2019inf\u00e9riorisation des femmes. Elles ont ainsi pris conscience que certains textes bibliques \u00e9taient sources de discrimination envers les femmes et que \u00e7a ne devrait pas exister si la Bible est parole de Dieu\/e (Schneiders, 1991\/1995). Car ceux qui ont \u00e9crit la Bible, comme par la suite les ex\u00e9g\u00e8tes, les biblistes, les professeurs et les pr\u00e9dicateurs, \u00e9taient jusqu\u2019\u00e0 tr\u00e8s r\u00e9cemment des hommes et peu d\u2019entre eux \u00e9taient sensibles \u00e0 la question des femmes; ils avaient des pr\u00e9suppos\u00e9s induisant la sup\u00e9riorit\u00e9 des hommes. Les pr\u00e9dicateurs n\u2019h\u00e9sitaient pas, par exemple, \u00e0 s\u2019adresser \u00e0 un groupe de femmes en disant\u00a0: \u00ab\u00a0Mes bien chers fr\u00e8res\u2026\u00a0\u00bb. Et ceux qui reconnaissaient l\u2019\u00e9galit\u00e9 des hommes et des femmes se centraient sur une compl\u00e9mentarit\u00e9 mal comprise qui, dans les faits, limitait les possibilit\u00e9s des femmes. On retrouve dans cette cat\u00e9gorie les nombreux textes figeant le r\u00f4le de la femme dans une fonction maternelle physique, psychologique et\/ou spirituelle, fonction qui limite l\u2019ouverture possible \u00e0 l\u2019ensemble des responsabilit\u00e9 dans l\u2019institution eccl\u00e9siale.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Les femmes th\u00e9ologiennes et ex\u00e9g\u00e8tes ont donc peu \u00e0 peu d\u00e9velopp\u00e9 une attitude de soup\u00e7on devant les traductions des textes bibliques et ont adopt\u00e9 des strat\u00e9gies pour provoquer des changements et faire \u00e9voluer la question. Elles se sont mises \u00e0 l\u2019\u0153uvre pour retracer les mauvaises traductions ou les mauvaises interpr\u00e9tations issues du contexte patriarcal dans lequel elles avaient \u00e9t\u00e9 produites.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Elle ont ainsi adopt\u00e9 des strat\u00e9gies visant \u00e0 \u00e9purer le sens qui avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 jusque-l\u00e0 aux textes sans tenir compte alors du param\u00e8tre \u00ab femme\u00a0\u00bb. Elles souhaitaient rejoindre la v\u00e9rit\u00e9 des textes et en offrir une interpr\u00e9tation plus juste. J\u2019en \u00e9voque quelques-unes (Schneiders, 1991\/1995). Il s\u2019agit d\u2019abord de bien traduire le texte. Parfois, le texte original a un sens qui inclut les femmes et les hommes et les traductions privil\u00e9gient le masculin; c\u2019est souvent le cas lorsqu\u2019on traduit du grec au fran\u00e7ais, par exemple. Cette situation contribue ainsi \u00e0 rendre les femmes invisibles des textes, ce qui est une mani\u00e8re de les rendre invisibles dans la soci\u00e9t\u00e9 et dans l\u2019\u00c9glise. Il est donc n\u00e9cessaire d\u2019\u00eatre vigilants en ce qui a trait aux traductions. Il est \u00e9galement important de mettre l\u2019accent sur les textes au pouvoir lib\u00e9rateur pour les femmes. Certains textes, par exemple, permettent de montrer le r\u00f4le important jou\u00e9 par des femmes \u00e0 l\u2019origine de la chr\u00e9tient\u00e9. Il est donc utile d\u2019aller chercher ces textes et d\u2019attirer l\u2019attention sur ces passages o\u00f9 les femmes sont repr\u00e9sent\u00e9es de fa\u00e7on dynamique; que l\u2019on pense aux passages qui \u00e9voquent la Samaritaine, Marie de Magdala, Ph\u0153b\u00e9, par exemple. Rendre les femmes visibles l\u00e0 o\u00f9 elles sont sous-entendues dans les textes bibliques est une autre des strat\u00e9gies \u00e0 utiliser pour rendre justice aux femmes. Quand on parle de l\u2019humanit\u00e9, par exemple, on se doit de pr\u00e9ciser s\u2019il s\u2019agit d\u2019hommes et de femmes. Une autre strat\u00e9gie consiste \u00e0 voir au-del\u00e0 de ce que le texte livre dans une premi\u00e8re lecture, \u00e0 le situer dans son contexte. Ainsi, l\u2019ordre des noms a son importance dans la Bible et le fait que Prisca, collaboratrice de Paul, soit nomm\u00e9e avant son mari Aquila peut indiquer qu\u2019elle aurait jou\u00e9 un r\u00f4le plus important que lui dans l\u2019animation de la communaut\u00e9. Il importe \u00e9videmment d\u2019\u00eatre vigilants pour \u00e9viter les interpr\u00e9tations fausses; par exemple, Marie Madeleine, n\u2019\u00e9tait pas une femme de mauvaise vie, telle qu\u2019on nous l\u2019a g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9sent\u00e9e. J\u2019y reviendrai plus loin.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Comme vous pouvez le constater, cette fa\u00e7on de faire de la th\u00e9ologie et de l\u2019ex\u00e9g\u00e8se en se pr\u00e9occupant des femmes permet une meilleure compr\u00e9hension des \u00e9crits bibliques. Conna\u00eetre la fa\u00e7on dont la Bible a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite est d\u00e9terminant pour sa compr\u00e9hension.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><b>2- Des femmes importantes de la Bible<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Apr\u00e8s avoir situ\u00e9 bri\u00e8vement le contexte de r\u00e9daction de la Bible, je vous pr\u00e9senterai maintenant certaines femmes importantes qu\u2019on y retrouve et qui m\u2019apparaissent particuli\u00e8rement inspirantes. Les situer, vous donner un bref aper\u00e7u de qu\u2019on sait d\u2019elles et vous communiquer comment elles me rejoignent particuli\u00e8rement sera ma fa\u00e7on de les sortir de l\u2019ombre. Je vous parlerai de trois femmes du Premier Testament et de quelques autres du Second Testament. J\u2019utilise ici, comme dans plusieurs milieux chr\u00e9tiens, les expressions Premier et Second Testament plut\u00f4t qu\u2019Ancien et Nouveau Testament par respect pour nos soeurs et fr\u00e8res juifs qui n\u2019ont qu\u2019un Premier Testament qu\u2019ils ne consid\u00e8rent pas du tout ancien.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">2.1 Dans le Premier Testament<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Dans le Premier Testament, \u00e9crit durant la longue p\u00e9riode qui pr\u00e9c\u00e8de la venue de J\u00e9sus de Nazareth, trois femmes me touchent particuli\u00e8rement, soit Sara, l\u2019\u00e9pouse d\u2019Abraham, Miryam, la s\u0153ur de Mo\u00efse, et D\u00e9bora, cette femme juge en Isra\u00ebl. Nous entendons rarement parler de ces anc\u00eatres dans la foi, puisque peu de pages leur sont consacr\u00e9es dans la Bible. De plus, on nous les a tr\u00e8s rarement, sinon jamais, mentionn\u00e9es dans les cat\u00e9ch\u00e8ses et l\u2019enseignement religieux que nous avons re\u00e7us.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">2.1.1 Sara (Gn 11-12; 16-21)<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Sara, nous la connaissons comme l\u2019\u00e9pouse d\u2019Abraham que les trois grandes religions monoth\u00e9istes, soit le juda\u00efsme, l\u2019islam et le christianisme, reconnaissent comme leur p\u00e8re dans la foi. Mais il ne faut pas oublier que Sara est notre \u00ab\u00a0M\u00e8re dans la foi\u00a0\u00bb. Cette belle femme st\u00e9rile \u00e9tait du voyage avec Abram et Loth\u00a0 lorsque T\u00e8rah, le p\u00e8re d\u2019Abram, d\u00e9cida de quitter la ville d\u2019Our en Chald\u00e9e (l\u2019Irak d\u2019aujourd\u2019hui) avec les siens pour aller au pays de Canaan. L\u2019auteur de la Gen\u00e8se reconna\u00eet \u00e0 Sara un r\u00f4le important; mais encore faut-il le voir. Dans le chapitre 16, on la nomme sept fois, ce qui est significatif. Le chiffre sept dans la Bible a le sens d\u2019une pl\u00e9nitude. Comme Abram qui deviendra Abraham lorsque Yawh lui indique un changement de mission, Sara\u00ef, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0ma princesse\u00a0\u00bb, deviendra Sara, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0princesse\u00a0\u00bb. Sara ne sera plus la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019Abraham. Elle a une mission que Dieu\/e lui confie en partenariat avec Abraham. \u00ab\u00a0Je la b\u00e9nirai m\u00e8re de nations et de rois.\u00a0\u00bb (Gn 17, 16), dira le Seigneur \u00e0 Abraham. On annonce donc tr\u00e8s clairement qu\u2019elle sera m\u00e8re d\u2019une multitude malgr\u00e9 sa st\u00e9rilit\u00e9 reconnue. Elle rira \u00e0 l\u2019annonce de ce qui semblait \u00e0 ses yeux une impossible promesse. D\u2019ailleurs elle nommera son fils, Isaac, ce qui veut dire \u00ab\u00a0Il rit\u00a0\u00bb. Isaac, c\u2019est l\u2019enfant du rire, l\u2019enfant de l\u2019impossible (Lacaille, 2003).\u00a0 Dieu\/e lui promet la f\u00e9condit\u00e9 et sera fid\u00e8le \u00e0 sa promesse. Elle doutera de l\u2019action de Dieu\/e lorsqu\u2019elle apprendra sa possible maternit\u00e9. Combien de fois avez-vous entendu raconter que Sara serait m\u00e8re d\u2019une multitude comme Abraham en sera le p\u00e8re? Le texte est moins long qu\u2019il ne l\u2019est pour Abraham, mais il est l\u00e0. Dans un milieu androcentrique, c\u2019est-\u00e0-dire qui tourne autour de l\u2019homme, cette mention est tr\u00e8s importante.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">J\u2019aime bien m\u2019arr\u00eater \u00e0 la mission de Sara. Premi\u00e8rement, si elle n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 l\u00e0, nous ne serions pas rassembl\u00e9s ici aujourd\u2019hui. Elle a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant dans notre histoire religieuse avec trois autres matriarches\u00a0: Rebecca, L\u00e9a et Rachel. Et elle a le sens de l\u2019humour. J\u2019aime son rire. Son incr\u00e9dulit\u00e9 rejoint la mienne \u00e0 certaines heures, et probablement la v\u00f4tre. Elle finira par croire que \u00ab\u00a0rien n\u2019est impossible \u00e0 Dieu\/e\u00a0\u00bb, comme il est dit ailleurs (Lc 1, 37). Elle fera cette exp\u00e9rience, \u00e0 savoir qu\u2019au moment o\u00f9 Dieu\/e a un projet pour nous, il n\u2019a pas toujours notre logique\u2026<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Bref, Sara me rejoint par sa grande foi, son\u00a0 humour. Comme Abraham et comme Marie plus tard, elle a dit oui. Et elle a ri de bon c\u0153ur \u00e0 l\u2019annonce d\u2019une impossible naissance.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">2.1.2 Miryam (Ex 2, 2-10; Nb 12, 1-15; Ex 15, 20; Mi 6, 4; Nb 26, 59; 1\u00a0Ch 5, 29)<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Miryam, c\u2019est la s\u0153ur a\u00een\u00e9e de Mo\u00efse. On entend tr\u00e8s rarement mentionner son existence. Qui conna\u00eet le nom de cette Miryam dans la lib\u00e9ration du peuple h\u00e9breu du joug des \u00c9gyptiens? C\u2019est pourtant elle qui a permis que Mo\u00efse soit sauv\u00e9. Quand sa m\u00e8re Yok\u00e8v\u00e8d s\u2019est d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 d\u00e9poser son b\u00e9b\u00e9 de trois mois sur l\u2019eau, il est \u00e9crit que sa s\u0153ur veillait plus loin pour savoir ce qu\u2019on lui ferait (Ex 2, 4). Elle \u00e9tait rus\u00e9e et d\u00e9termin\u00e9e cette petite Miryam qui devint une grande Miryam. Elle va jusqu\u2019\u00e0 proposer \u00e0 la princesse qui le trouve de lui chercher une nourrice chez les H\u00e9breux, nourrice qui sera sa m\u00e8re biologique, Yok\u00e8v\u00e8d.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Miryam est un personnage important de l\u2019histoire du peuple juif. Malgr\u00e9 le fait qu\u2019elle soit une femme, on la mentionne dans la g\u00e9n\u00e9alogie (Mi 6, 4; 1 Ch 5, 29; Nb 26, 59), ce qui est exceptionnel dans le contexte d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 patriarcale\u00a0: \u00ab\u00a0Je t\u2019ai fait sortir d\u2019\u00c9gypte, de la maison des esclaves je t\u2019ai rachet\u00e9, je t\u2019ai envoy\u00e9 Mo\u00efse, Aaron et Myriam\u00a0\u00bb, peut-on lire dans le proph\u00e8te Mich\u00e9e au chapitre 6 (Mi 6, 4). Sa filiation est \u00e9voqu\u00e9e comme celle de ses fr\u00e8res Aaron et Mo\u00efse dans le livre des Nombres (Nb 26, 59).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Miryam est reconnue et nomm\u00e9e comme proph\u00e8te dans le livre de l\u2019Exode (15, 20). C\u2019est tr\u00e8s significatif. Elle est la premi\u00e8re femme de la Tora (nom donn\u00e9 au regroupement des cinq premier livres de la Bible) \u00e0 se voir d\u00e9cerner ce titre, de m\u00eame qu\u2019Abraham est le seul homme \u00e0 y \u00eatre reconnu comme proph\u00e8te (Gn 20, 7). Le saviez-vous? Il y a de bonnes chances que non, m\u00eame si vous \u00eates une lectrice ou un lecteur assidu de la Bible. Si on ne s\u2019y attarde pas, comme l\u2019ont fait les premi\u00e8res femmes qui ont pu faire des \u00e9tudes bibliques, on ne le voit pas.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Miryam est une rassembleuse, une meneuse, une semeuse de joie et d\u2019espoir. Et le peuple le reconna\u00eet. On ne l\u2019aurait pas rapport\u00e9 apr\u00e8s toutes ces ann\u00e9es, si on n\u2019avait pas conserv\u00e9 ces donn\u00e9es dans la m\u00e9moire du peuple. Apr\u00e8s la travers\u00e9e de la Mer Rouge, elle prend un tambourin dans sa main et entra\u00eene les femmes derri\u00e8re elle pour une danse au rythme d\u2019un chant de louange\u00a0:<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Chantez pour Yhwh,<br \/>\nCar pour triompher il a triomph\u00e9,<br \/>\nCheval et cavalier, il flanque \u00e0 la mer\u00a0\u00bb(Ex 15, 20 21)<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Ce fut la premi\u00e8re p\u00e2que, la premi\u00e8re f\u00eate de la travers\u00e9e et du passage de Dieu\/e, le point de d\u00e9part d\u2019une\u00a0 longue route pour le peuple h\u00e9breu.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Miryam est une femme consciente que Dieu\/e parle \u00e0 travers elle comme \u00e0 travers Mo\u00efse. C\u2019est une femme au franc-parler qui prend la parole et ose intervenir avec Aaron pour contester un choix de Mo\u00efse (Nb 12, 2). Elle se retrouvera avec la l\u00e8pre apr\u00e8s cette contestation. Mais, \u00e9v\u00e9nement significatif son peuple ne veut pas repartir sans elle. On l\u2019aimait beaucoup\u00a0: le peuple n&rsquo;a pas repris sa marche avant qu\u2019elle ne soit gu\u00e9rie et ait r\u00e9int\u00e9gr\u00e9 la communaut\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">J\u2019aime la ruse, la d\u00e9termination, la t\u00e9nacit\u00e9 de cette Miryam comme ses qualit\u00e9s de rassembleuse d\u2019ailleurs. Elle est de la m\u00eame envergure que cette D\u00e9bora dont je vais maintenant vous parler.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>2.1.3 D\u00e9bora<\/i>\u00a0(Jg 4-5)<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Qui parmi vous connaissez D\u00e9bora?&#8230; D\u00e9bora, l\u2019\u00ab\u00a0abeille\u00a0\u00bb, comme son nom l\u2019indique, \u00e9voque sans doute un esprit d&rsquo;initiative et un bon sens d&rsquo;organisation (L\u00e9pine, 1990, p. 18). Mais ce nom rappellerait aussi l\u2019harmonie, par sa racine h\u00e9bra\u00efque qui est la m\u00eame que celle des verbes \u00ab\u00a0parler\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0communiquer\u00a0\u00bb (<i>L\u2019\u00c9glise au f\u00e9minin<\/i>).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">D\u00e9bora est proph\u00e8te et juge d&rsquo;Isra\u00ebl \u00e0 qui le peuple reconna\u00eet l\u2019intelligence et la capacit\u00e9 de discerner et d\u2019\u00e9clairer.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Elle est la seule femme mentionn\u00e9e comme juge dans la Bible (Jg 4,\u00a05). \u00c0 ce titre, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une rassembleuse charg\u00e9e de lib\u00e9rer, de gouverner, de nourrir, de g\u00e9rer des conflits, de juger les habitants de son petit territoire qui lui font confiance (Myre,\u00a0<i>NTB<\/i>, intro et notes, p. 2277). C\u2019est le sens donn\u00e9 au mot \u00ab\u00a0juge\u00a0\u00bb dans le contexte biblique. D\u00e9bora y inclut m\u00eame une fonction maternelle qu\u2019elle \u00e9voque dans un hymne de reconnaissance qu\u2019elle chante avec le chef des arm\u00e9es apr\u00e8s la victoire (Jg\u00a05,\u00a07).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">D\u00e9bora est aussi consid\u00e9r\u00e9e comme proph\u00e8te. Le proph\u00e8te en Isra\u00ebl est quelqu\u2019un qui parle au nom de Dieu\/e, secoue les individus et les groupes pour leur rappeler le chemin qu\u2019ils doivent prendre quand ils se sont fourvoy\u00e9s. Et c&rsquo;est ce que fait D\u00e9bora. Dieu\/e la choisit pour faire conna\u00eetre son projet \u00e0 son peuple, Isra\u00ebl, pour l&rsquo;encourager \u00e0 le r\u00e9aliser et \u00e0 d\u00e9noncer aussi tout ce qui pouvait l&rsquo;entraver. \u2026 \u00c0 travers elle et Ya\u00ebl, une autre femme, Dieu\/e vient au secours de son peuple (L\u00e9pine, 1990, p. 18).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">D\u00e9bora avait un leadership et un r\u00f4le assez important pour avoir une sorte d\u2019ascendant sur Baraq, le chef des arm\u00e9es. Elle le rappelle \u00e0 l\u2019ordre pour aller au combat (Jg 4, 6). Et il n\u2019acceptera que si elle accompagne les troupes. Ils partent donc ensemble combattre l\u2019arm\u00e9e ennemie. Sisera, le chef de l\u2019arm\u00e9e rivale, s\u2019enfuit. Et c\u2019est une autre femme, Ya\u00ebl, qui lui tendra un pi\u00e8ge et sauvera son peuple.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Je vous ai pr\u00e9sent\u00e9 des figures d\u00e9terminantes de l\u2019histoire d\u2019Isra\u00ebl\u00a0: Sara, Miryam et D\u00e9bora. Il y en a d\u2019autres. Malheureusement, nous en entendons tr\u00e8s rarement parler. Nous connaissons davantage les femmes du Second Testament, plus proches de nous; mais le discours qu\u2019on tient sur elles est parfois\u00a0 d\u00e9form\u00e9 ou incomplet.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">2.2\u00a0 Dans le Second Testament<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Nous allons maintenant nous arr\u00eater \u00e0 quelques femmes tr\u00e8s proches de J\u00e9sus et de son message\u00a0: tout d\u2019abord Marie, la m\u00e8re de J\u00e9sus, puis Marie de Magdala, l\u2019\u00ab\u00a0ap\u00f4tre des ap\u00f4tres\u00a0\u00bb, de m\u00eame que la Samaritaine et quelques autres.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">2.2.1 Marie, m\u00e8re de J\u00e9sus (Lc 1, 26-56; Ac 1, 12-14; 2, 2-4)<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Marie, m\u00e8re de J\u00e9sus, on en parle peu dans les \u00c9vangiles. Nous la connaissons comme celle qui a dit oui, une femme plus que soumise et dans l\u2019ombre de son fils. Mais on n\u2019a pas toujours insist\u00e9 sur le sens r\u00e9el de sa soumission, soit \u00ab\u00a0\u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9coute de\u00a0\u00bb ce que Dieu\/e a comme d\u00e9sir pour elle \u00e0 travers son projet pour l\u2019humanit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Marie, c\u2019est une femme qui s\u2019affirme, qui se tient debout, qui dit oui au projet de Dieu\/e et ne se contente pas de paroles doucereuses. C\u2019est par elle que J\u00e9sus a \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9, rappelons-nous. Soumise \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu\/e, oui elle l\u2019est, mais sa soumission implique des prises de position et des actions tr\u00e8s engageantes. Rappelons-nous que c\u2019est dans sa bouche qu\u2019on a mis les audacieuses paroles du Magnificat qu\u2019Anne, la m\u00e8re \u00ab\u00a0st\u00e9rile\u00a0\u00bb de Samuel, avait prononc\u00e9es plusieurs si\u00e8cles auparavant (1\u00a0Sm\u00a02,\u00a01-10)\u00a0:<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Je reconnais la grandeur du Seigneur, par Dieu qui me sauve , je jubile. [\u2026] De son bras, il fait \u0153uvre de puissance et disperse les c\u0153urs arrogants. Il d\u00e9tr\u00f4ne les souverains et \u00e9l\u00e8ve ceux qu\u2019ils ont pi\u00e9tin\u00e9s. Les affam\u00e9s sont combl\u00e9s; les riches sont cong\u00e9di\u00e9s les mains vides. (Lc 1, 47; 51-53)<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">On reconna\u00eet dans ces paroles un parti pris pour les opprim\u00e9s, \u00e9l\u00e9ment essentiel du message de J\u00e9sus.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Marie, c\u2019est une m\u00e8re. Elle contribue \u00e0 l\u2019\u00e9ducation religieuse et humaine de J\u00e9sus. Elle l\u2019accompagne et le supporte, au quotidien dans ses premi\u00e8res ann\u00e9es de vie, puis \u00e0 distance pendant la courte vie publique de celui-ci. Elle agit comme bien des m\u00e8res, l\u2019encourageant dans ses projets, esp\u00e9rant qu\u2019il s\u2019\u00e9panouisse et mette ses talents au service de Dieu\/e et de l\u2019humanit\u00e9. Elle a foi en la mission de son fils qu\u2019elle d\u00e9couvre davantage au fil des jours, des semaines, des ans et elle le suit jusqu\u2019au bout.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Marie est aussi une partenaire de la fondation de l\u2019\u00c9glise, pr\u00e9sente \u00e0 ses origines. Elle \u00e9tait l\u00e0 dans la grande salle \u00e0 la Pentec\u00f4te avec les disciples r\u00e9unis qui ont accueilli l\u2019Esprit. Ils \u00e9taient environ 120 personnes, comme les Actes des ap\u00f4tres le mentionnent; et des femmes faisaient partie du groupe (Ac\u00a01,\u00a012-14; 2,\u00a02-4). Marie, comme les femmes et les hommes pr\u00e9sents, a re\u00e7u le dynamisme de l\u2019Esprit qui les a propuls\u00e9s en avant pour travailler \u00e0 la construction de la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">C\u2019est cette Marie active, dynamique, \u00e9nergique tout en \u00e9tant d\u2019une grande int\u00e9riorit\u00e9 et soucieuse des autres qui me rejoint. Elle prend la parole et assume personnellement cette parole. Elle est le plus souvent bien loin des images pieuses de mon enfance.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">2.2.2 Marie de Magdala\u00a0(Mt 27, 56.61; 28, 1; Mc 15, 40.47; 16, 1.9; Lc 8, 2; 24, 10; Jn 20, 1-2; 11-18)<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Et l\u2019autre personnage du Second Testament dont j\u2019ai assez souvent entendu parler \u00e0 l\u2019\u00e9glise comme sur les bancs de l\u2019\u00e9cole est Marie de Magdala, mieux connue sous le nom de Marie Madeleine, une d\u00e9formation probable du mot \u00ab\u00a0Magdal\u00e9enne\u00a0\u00bb. On l\u2019a longtemps consid\u00e9r\u00e9e comme la \u00ab prostitu\u00e9e repentie\u00a0\u00bb. Mais le r\u00e9cit biblique nous en pr\u00e9sente un portrait bien diff\u00e9rent. Nulle part dans l&rsquo;\u00c9criture elle est identifi\u00e9e comme une p\u00e9cheresse publique ou une prostitu\u00e9e. Elle avait \u00e9t\u00e9 gu\u00e9rie d\u2019esprits mauvais, c\u2019est vrai. On parle de \u00ab\u00a0d\u00e9mons\u00a0\u00bb. Mais, dans la Bible, on \u00e9voque des d\u00e9mons quand on n\u2019est pas capable d\u2019expliquer l\u2019origine du mal. Les \u00ab\u00a0d\u00e9mons\u00a0\u00bb seraient responsables de nombreuses maladies tant psychiques que physiques. S\u2019il \u00e9tait sorti sept d\u00e9mons de Marie la Magdal\u00e9enne, c\u2019est le signe qu\u2019elle \u00e9tait, non pas une grande p\u00e9cheresse, mais une grande malade (NTB, 1348). Le nombre sept, symbole de la pl\u00e9nitude, pouvait vouloir dire que sa maladie \u00e9tait tr\u00e8s grave ou incurable. Mais au fil des si\u00e8cles, on a transform\u00e9 Marie de Magdala en convertie repentante du \u00ab\u00a0p\u00e9ch\u00e9 de la chair\u00a0\u00bb \u00e0 cause de l\u2019image de tentatrice, de s\u00e9ductrice attribu\u00e9e \u00e0 la femme; ce qui n\u2019est pas dans le texte. On a confondu trois femmes\u00a0: une femme de mauvaise vie non identifi\u00e9e qui r\u00e9pandait du parfum sur les pieds de J\u00e9sus en Lc 7, 37, Marie de Magdala lib\u00e9r\u00e9e de son mal au chapitre suivant en Lc 8, 2 et Marie de B\u00e9thanie, la s\u0153ur de Marthe et de Lazare, qui r\u00e9pandait elle aussi du parfum sur les pieds de J\u00e9sus en Jn 12, 3. On en a fait un seul personnage. Augustin, dans les ann\u00e9es 400 (354-430), serait \u00e0 l\u2019origine d\u2019une telle confusion et le pape Gr\u00e9goire le Grand, dans les ann\u00e9es 600 (595 apr. J. C.), aurait contribu\u00e9 \u00e0 fixer cette image dans ses hom\u00e9lies. (K\u00fcnstle, 1962, cit\u00e9 par Moltmann-Wendell, 1983\/1984, p. 27)<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Pourtant l&rsquo;\u00c9criture pr\u00e9sente Marie de Magdala comme la principale t\u00e9moin de la R\u00e9surrection, \u00e9v\u00e9nement au c\u0153ur\u00a0 de la foi chr\u00e9tienne.\u00a0 Elle est nomm\u00e9e comme telle dans chacun des quatre \u00e9vangiles r\u00e9dig\u00e9s par des auteurs diff\u00e9rents s\u2019adressant \u00e0 des communaut\u00e9s diff\u00e9rentes. Ce qui laisse sous-entendre qu\u2019il \u00e9tait impossible de l\u2019exclure des r\u00e9cits de r\u00e9surrection. C\u2019est pour \u00e7a, qu\u2019en d\u00e9pit du fait qu\u2019elle ait \u00e9t\u00e9 une femme, on ne l\u2019a pas oubli\u00e9e.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Preuve de son importance, elle est toujours nomm\u00e9e en premier quand on l\u2019\u00e9voque, sauf une fois en Jean alors qu\u2019elle est avec Marie, m\u00e8re de J\u00e9sus (Jn 19, 25). Et dans la fa\u00e7on d\u2019\u00e9crire les textes bibliques, l\u2019ordre de personnages est une fa\u00e7on d\u2019indiquer l\u2019importance qu\u2019on accorde \u00e0 quelqu\u2019un au sein du groupe, comme on l\u2019a vu pr\u00e9c\u00e9demment. Ce peut \u00eatre ici une fa\u00e7on de manifester le leadership\u00a0 reconnu de Marie la\u00a0 Magdal\u00e9enne.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Marie de Magdala avait r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019appel du Ma\u00eetre \u00e0 le suivre avec Jeanne, Suzanne et beaucoup d\u2019autres. Et elle sera fid\u00e8le \u00e0 cet appel, faisant route avec lui jusqu\u2019\u00e0 la fin, comme Luc le rapporte (Lc 8, 4). Elle cherchera alors \u00e0 conna\u00eetre l\u2019endroit o\u00f9 on mettra le corps et pr\u00e9parera avec d\u2019autres femmes les aromates et ce qu\u2019il faut pour envelopper le corps. Et lorsque J\u00e9sus se manifestera \u00e0 elle, elle r\u00e9pondra \u00e0 l\u2019invitation d\u2019aller annoncer aux disciples qu\u2019il \u00e9tait vivant\u00a0: \u00ab\u00a0Va dire \u00e0 mes fr\u00e8res que je monte vers mon P\u00e8re, votre P\u00e8re, et mon Dieu, votre Dieu\u00a0\u00bb (Jn 20, 17). Exceptionnel pour une femme de cette \u00e9poque! L\u2019appel re\u00e7u d\u00e9passait ce qu\u2019on anticipait comme possible pour une femme et sa r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 bien diff\u00e9rente des r\u00f4les traditionnels assum\u00e9s par les femmes. Il n\u2019y avait pas de mission plus grande. J\u00e9sus a confirm\u00e9 sa mission d\u2019\u00ab\u00a0ap\u00f4tre des ap\u00f4tres\u00a0\u00bb, comme on la nommera au d\u00e9but de la chr\u00e9tient\u00e9.\u00a0 Marie de Magdala a jou\u00e9 un r\u00f4le majeur dans la transmission du message du Christ. Elle est une \u00ab\u00a0cheffe\u00a0\u00bb de file que nous connaissons peu en tant que telle.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Apr\u00e8s ce trop bref survol de l\u2019impact de Marie la Magdal\u00e9enne sur la communaut\u00e9 naissante, arr\u00eatons-nous \u00e0 un personnage sans nom, originaire d\u2019une r\u00e9gion exclue de la communaut\u00e9 juive, la Samarie.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">2.2.3 La Samaritaine\u00a0(Jn 4, 1-42)<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Nous connaissons tous et toutes l\u2019histoire de cette femme de Samarie \u00e0 qui J\u00e9sus demande \u00e0 boire. L\u00e0 aussi, le souvenir de la femme aux cinq maris vient hanter notre imaginaire. Mais depuis quelques ann\u00e9es, une autre interpr\u00e9tation laisse entrevoir une fa\u00e7on diff\u00e9rente de lire et de comprendre ce texte. Elle nous est fournie par Sandra M. Schneiders, une religieuse am\u00e9ricaine sp\u00e9cialis\u00e9e en \u00e9tudes bibliques, en th\u00e9ologie et en spiritualit\u00e9. Je vous pr\u00e9sente bri\u00e8vement une interpr\u00e9tation possible du texte de la Samaritaine \u00e0 partir de l\u2019analyse de cette auteure.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">La Samaritaine serait \u00e0 ses yeux un personnage symbolique qui joue le r\u00f4le d\u2019ap\u00f4tre et de disciple. Elle repr\u00e9sente les Samaritains revenus \u00e0 J\u00e9sus gr\u00e2ce au t\u00e9moignage de la communaut\u00e9 de Jean. Nous sommes loin de la fille facile ayant eu cinq maris&#8230; D\u2019ailleurs le dialogue sur les cinq maris n\u2019est pas, selon elle, un discours d\u2019ordre moral puisqu\u2019une telle situation \u00e9tait inconcevable dans cette culture. Il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019un discours symbolique\u00a0: les cinq maris y rappelleraient davantage le culte aux dieux des cinq tribus \u00e9trang\u00e8res constituant la Samarie et rapport\u00e9 dans le deuxi\u00e8me Livre des Rois (2 R 17, 24). Le fait qu\u2019elle n\u2019ait pas de mari est, pour cette th\u00e9ologienne r\u00e9put\u00e9e, une image, une \u00ab\u00a0m\u00e9taphore proph\u00e9tique\u00a0\u00bb pour d\u00e9crire la situation religieuse de son peuple \u00e0 la recherche de son Dieu. C\u2019est une image comme on peut en retrouver abondamment chez l\u2019\u00e9vang\u00e9liste Jean.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Au-del\u00e0 de l\u2019interpr\u00e9tation donn\u00e9e \u00e0 la question des cinq maris, une interpr\u00e9tation possible que j\u2019aime bien, il ressort clairement des \u00e9l\u00e9ments \u00e9loquents et difficilement contestables dans ce texte de la Samaritaine. Nous allons les regarder.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Tout d\u2019abord, J\u00e9sus s\u2019adresse directement \u00e0 une femme, ce qui est contraire \u00e0 la coutume. Un juif ne peut adresser directement la parole \u00e0 une femme dans l\u2019espace public. Il ne peut \u00eatre seul en pr\u00e9sence d\u2019une femme qui n\u2019est pas la sienne. Et J\u00e9sus agit sans se pr\u00e9occuper de cet interdit-l\u00e0. Les \u00e9vangiles \u00e9voquent r\u00e9guli\u00e8rement le fait que J\u00e9sus soit centr\u00e9 sur l\u2019esprit de la loi plus que sur la lettre de celle-ci. Il franchit ici un tabou en demandant \u00e0 boire \u00e0 cette femme. Ce qu\u2019il veut transmettre est suffisamment important pour qu\u2019il aille au-del\u00e0 d\u2019une coutume \u00e9tablie.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Dans un deuxi\u00e8me temps, J\u00e9sus accepte de passer \u00e0 un autre niveau d\u2019\u00e9change et de participer \u00e0 la discussion que la femme propose\u00a0: c\u2019est elle qui m\u00e8ne la conversation, qui am\u00e8ne les sujets. Avec elle, une femme, il a une discussion d\u2019ordre th\u00e9ologique. Elle l\u2019interroge sur son infraction \u00e0 la loi juive et, \u00e0 travers la conversation qui se d\u00e9roule, elle devine qu\u2019il est le Messie, qu\u2019Il d\u00e9passe la loi juive. Elle affirme ses convictions et l\u2019interroge sur le sens de ce qu\u2019il dit. Ils \u00e9changent d\u2019\u00e9gal \u00e0 \u00e9gale jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il lui r\u00e9v\u00e8le qui il est et qu\u2019elle le reconnaisse comme proph\u00e8te et messie.\u00a0 C\u2019est \u00e0 elle, une femme, qu\u2019il se d\u00e9finit le plus clairement. Il lui dit qu\u2019il est le Messie (v.\u00a025,\u00a026),\u00a0 le Christ (v.\u00a029), le Sauveur du monde (v.\u00a042) (Genest,\u00a02000).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Cette Samaritaine devient la disciple qui \u00e9coute ce que le Ma\u00eetre a \u00e0 lui apprendre, puis va enfin annoncer aux autres qui Il est. Elle laisse sa jarre, son instrument de travail, comme d\u2019autres ont abandonn\u00e9 leur filet pour aller dire \u00e0 ses fr\u00e8res et s\u0153urs\u00a0: \u00ab\u00a0Ne serait-ce pas le Christ\u00a0?\u00a0\u00bb.\u00a0 Elle, une femme, devient ainsi ap\u00f4tre aupr\u00e8s de son peuple. Ce n\u2019est pas rien! Ils crurent \u00e0 cause d\u2019elle. Tel qu\u2019il est \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Beaucoup de Samaritains de cette ville lui avaient fait confiance sur la foi de la femme qui t\u00e9moignait\u00a0\u00bb (Jn 4, 39). Bref, sa parole permet \u00e0 un groupe de gens d\u2019en venir \u00e0 croire en J\u00e9sus. Ils la suivent. Son minist\u00e8re s\u2019av\u00e8re tr\u00e8s efficace en Samarie, le pays des h\u00e9r\u00e9tiques aux yeux des Juifs. Si elle e\u00fbt \u00e9t\u00e9 un homme, nous aurions probablement entendu parler de son engagement comme d\u2019un minist\u00e8re important\u2026<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Un autre \u00e9l\u00e9ment est int\u00e9ressant \u00e0 regarder, soit le groupe des disciples. Quand ils reviennent, ils sont \u00e9tonn\u00e9s de retrouver J\u00e9sus en discussion avec une femme. Ils ignorent la teneur des propos \u00e9chang\u00e9s, mais le message de consid\u00e9ration pour cette femme traverse l\u2019attitude de J\u00e9sus. Il existe une autre hypoth\u00e8se sur le sens de ce texte, hypoth\u00e8se que je me permets de vous livrer (Sandra S. Schneiders, 1991\/1995). Cet \u00e9v\u00e9nement pourrait \u00eatre li\u00e9 \u00e0 la vie de la communaut\u00e9 de Jean \u00e0 cette \u00e9poque\u00a0: le probl\u00e8me du r\u00f4le de la femme suscite probablement encore un chaud d\u00e9bat. L\u2019\u00e9pisode du retour des disciples manifeste le malaise de ceux-ci parce que la femme y est prise trop au s\u00e9rieux et qu\u2019ils craignent de perdre l\u2019initiative et le contr\u00f4le de la mission de l\u2019\u00c9glise. Mais les paroles et les gestes de J\u00e9sus viennent redire aux hommes qu\u2019ils ne peuvent revendiquer un privil\u00e8ge exclusif dans la mission. Les femmes en font partie.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">En plus d\u2019\u00e9voquer de fa\u00e7on plus intense le besoin que Dieu\/e a de nous qui est exprim\u00e9 \u00e0 travers le \u00ab\u00a0Donne-moi \u00e0 boire\u00a0\u00bb de J\u00e9sus, ce texte renferme un autre point qu\u2019il m\u2019appara\u00eet important de souligner, soit l\u2019absence de limitation reli\u00e9e au sexe de la personne dans la mission confi\u00e9e. J\u00e9sus ne dit pas\u00a0: \u00ab\u00a0Seul un individu de sexe masculin peut \u00eatre envoy\u00e9\u00a0\u00bb[3]\u00a0\u00a0 ou \u00ab\u00a0peut \u00eatre mon ap\u00f4tre\u00a0\u00bb. Elle est femme, il le sait et il ne se pr\u00e9occupe pas de l\u2019interdiction transmise par la loi juive de lui adresser la parole pour en faire son ap\u00f4tre. Il est important de se le rappeler.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">2.2.4 &#8230;et d\u2019autres<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Aux femmes que je viens de citer, je pourrais en ajouter d\u2019autres sur ma liste. Je pense \u00e0 la femme \u00abnon identifi\u00e9e\u00a0\u00bb, sans nom elle aussi, courb\u00e9e, vo\u00fbt\u00e9e, incapable de se mettre debout depuis 18 ans (Lc 13, 10-17).\u00a0 J\u00e9sus lui permet de r\u00e9int\u00e9grer la soci\u00e9t\u00e9 de laquelle elle \u00e9tait exclue \u00e0 cause de son handicap. Il lui permet de se relever, fi\u00e8rement, et d\u2019avancer dans la vie dignement.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Il y a \u00e9galement une autre femme qui est importante, celle qui a vers\u00e9 du parfum sur la t\u00eate de J\u00e9sus avant la Passion (Mc 14, 1-11). Marc est le premier \u00e0 raconter l\u2019histoire de cette femme qui a fait une onction sur la t\u00eate de J\u00e9sus, un geste proph\u00e9tique qui est racont\u00e9 imm\u00e9diatement avant la trahison de Judas, dans l\u2019\u00e9vangile de Marc. Elle conna\u00eet s\u00fbrement bien J\u00e9sus puisqu\u2019elle semble bien consciente de ce qui est sur le point de se passer. Au sujet de cette femme qui a os\u00e9 s&rsquo;introduire dans ce d\u00eener de f\u00eate et \u00ab\u00a0gaspiller\u00a0\u00bb son pr\u00e9cieux parfum sur J\u00e9sus, J\u00e9sus dit\u00a0: \u00ab\u00a0Je vous l\u2019assure\u00a0: partout, dans le monde entier, o\u00f9 sera proclam\u00e9 l\u2019\u00c9vangile, on gardera aussi la m\u00e9moire de ce qu\u2019a fait cette femme\u00a0\u00bb (Mc 14, 9).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">On pourrait aussi parler de Marthe, s\u0153ur de Marie et de Lazare. Marthe est une femme active, anim\u00e9e par sa foi. C\u2019est elle qui a insist\u00e9 pour obtenir la r\u00e9surrection de Lazare. Sa conversation avec J\u00e9sus est comparable \u00e0 celle de J\u00e9sus avec la Samaritaine. Elle est une interlocutrice passionn\u00e9e et exigeante dans son dialogue avec lui. Et elle fait, en Jn 11, 27, une merveilleuse profession de foi, aussi dense que celle de Pierre. Lorsqu\u2019il dit\u00a0: \u00ab\u00a0Tu es le christ, fils du Dieu vivant\u00a0\u00bb (Mt 16, 16), \u00e7a ressemble beaucoup \u00e0 ce que dit Marthe\u00a0: \u00ab\u00a0Oui, Seigneur, [&#8230;], je crois que tu es Christ, fils de Dieu, envoy\u00e9 dans le monde.\u00a0\u00bb (Jn 11, 27). Sur la profession de foi de Pierre, on a fond\u00e9 sa primaut\u00e9\u2026 M\u00eame si les paroles de Marthe n\u2019ont\u00a0 pas eu autant d\u2019impact que celles de Pierre, l\u2019\u00e9vang\u00e9liste Jean les a relat\u00e9es dans une p\u00e9riode de l\u2019histoire o\u00f9 la parole d\u2019une femme avait peu ou pas d\u2019importance.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">On peut difficilement passer sous silence Marie, s\u0153ur de Marthe, assise aux pieds de J\u00e9sus. Elle est dans la position habituellement adopt\u00e9e par tout disciple en formation aupr\u00e8s d\u2019un ma\u00eetre qui transmet des connaissances. Ici, le Ma\u00eetre c\u2019est J\u00e9sus. Des interpr\u00e9tations sugg\u00e8rent qu\u2019elle serait ainsi install\u00e9e, comme une disciple, fort probablement pour recevoir l\u2019instruction n\u00e9cessaire \u00e0 la transmission du message de J\u00e9sus. Et J\u00e9sus l\u2019instruit comme il le fait pour tout autre disciple (Lc 10, 38-42). Il confirme \u00e9galement l\u2019importance qu\u2019il lui accordait en l\u2019autorisant \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 l\u2019univers de la connaissance normalement r\u00e9serv\u00e9 aux hommes.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Et, dans les premiers temps de l\u2019\u00c9glise, il y a Ph\u0153b\u00e9, bras droit de Paul \u00e0 Cenchr\u00e9e, port de Corinthe, et Lydie, cette fondatrice de communaut\u00e9 chr\u00e9tienne \u00e0 Philippes, ville situ\u00e9e au nord-est de la Gr\u00e8ce actuelle.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Ph\u0153b\u00e9 est ministre ou \u00ab\u00a0diacre\u00a0\u00bb (<i>diakonos<\/i>) et bienfaitrice de l&rsquo;\u00e9glise de Cenchr\u00e9e, comme Paul la nomme (Rm 16, 1-2). Il utilise le m\u00eame mot \u00abdiacre\u00bb onze autres\u00a0 fois, en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 des hommes. Son intention est claire\u00a0: il veut dire qu&rsquo;ils sont des leaders charismatiques de leurs communaut\u00e9s et des pr\u00e9dicateurs dou\u00e9s. On peut donc d\u00e9duire que Ph\u0153b\u00e9 \u00e9tait une ministre de la m\u00eame fa\u00e7on que les hommes. On la nomme\u00a0<i>diakonos<\/i>, comme eux, dans le texte grec; mais certaines bibles traduisent \u00ab\u00a0<i>diakonos<\/i>\u00a0\u00bb par \u00ab\u00a0servante\u00a0\u00bb lorsqu\u2019il est question de Ph\u0153b\u00e9 alors qu\u2019elles parlent de diacres pour les hommes\u2026<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Il y a \u00e9galement Lydie, chef d&rsquo;une \u00e9glise de maison \u00e0 Philippes. On sait que dans les premiers temps de l\u2019\u00c9glise, les chr\u00e9tiennes et les chr\u00e9tiens se r\u00e9unissaient dans les maisons pour prier et faire m\u00e9moire de J\u00e9sus. Les b\u00e2tisses \u00e9glises n\u2019appara\u00eetront que beaucoup plus tard avec l\u2019accroissement du nombre de chr\u00e9tiens et de chr\u00e9tiennes. On dit que Lydie a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re femme convertie par Paul en Occident. C\u2019\u00e9tait une importante marchande de pourpre, un tissu de grande qualit\u00e9 (Ac\u00a016,\u00a011-15.40). Lydie \u00e9tait donc une femme d\u2019influence (Chittister, p. 17). Son c\u0153ur s\u2019est enflamm\u00e9 le jour o\u00f9 Paul a parl\u00e9 le premier \u00e0 un groupe de femmes r\u00e9unies pour prier. Tant et si bien, qu&rsquo;elle demanda \u00e0 Paul de la baptiser&#8230; ainsi que sa maisonn\u00e9e. Puis, un peu comme les deux disciples sur la route d&rsquo;Emma\u00fcs, elle a exhort\u00e9 Paul \u00e0 rester \u00e0 son domicile. Ce fut le d\u00e9but de la communaut\u00e9 pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de Paul, celle de Philippes. Et cette femme de courage a pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 cette \u00e9glise-maison, malgr\u00e9 les nombreuses menaces de pers\u00e9cution, durant cette p\u00e9riode (Ulterino, 2010\/2011).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Marie, m\u00e8re de J\u00e9sus, Marie de Magdala, comme la Samaritaine, la femme courb\u00e9e, la femme disciple au pied de J\u00e9sus, sans oublier Marthe, Ph\u0153b\u00e9, Lydie, Priscille et bien d\u2019autres ont jou\u00e9 un r\u00f4le crucial dans la transmission du message de J\u00e9sus. Malheureusement, on a tu leur minist\u00e8re et accord\u00e9 peu d\u2019importance \u00e0 leur r\u00f4le dans l\u2019expansion du christianisme. Ces femmes pr\u00e9sent\u00e9es dans les \u00e9vangiles et dans les Actes des Ap\u00f4tres de m\u00eame que Sara, Miryam, D\u00e9bora et d\u2019autres du Premier Testament ont avantage \u00e0 \u00eatre connues, comme vous avez pu le constater. Elles sont des femmes de foi qui ont su marcher sur des \u00ab\u00a0chemins peu fr\u00e9quent\u00e9s\u00a0\u00bb pour r\u00e9pondre \u00e0 ce qui les animait profond\u00e9ment, \u00e0 ce qu\u2019elles percevaient comme un appel de Dieu\/e \u00e0 marcher vers une terre inconnue. Elles sont des femmes d\u2019une grande libert\u00e9 int\u00e9rieure \u00e0 l\u2019\u00e9coute de leur intelligence et de leur c\u0153ur pour tenter de comprendre ce que Dieu\/e attend vraiment d\u2019elles comme contribution \u00e0 son projet pour l\u2019humanit\u00e9. Leur mission a \u00e9t\u00e9 reconnue par la communaut\u00e9 des croyants et des croyantes de telle sorte qu\u2019elle a m\u00eame \u00e9t\u00e9 transmise aux g\u00e9n\u00e9rations futures \u00e0 travers la Bible pourtant \u00e9crite dans un contexte patriarcal.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">3-\u00a0 Pour conclure\u00a0: des femmes, sources d\u2019inspiration pour aujourd\u2019hui<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Il est donc important de lire la Bible avec attention, d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9coute de ce que le texte veut nous dire et d\u2019aller au-del\u00e0 de ce qu\u2019une premi\u00e8re lecture nous r\u00e9v\u00e8le. On y fait parfois de merveilleuses d\u00e9couvertes comme, par exemple, l\u2019importance de certaines femmes, m\u00eame lorsque c\u2019est exprim\u00e9 en moins de mots, moins de pages que ce ne l\u2019est pour des faits \u00e9quivalents attribu\u00e9s \u00e0 des hommes. Les femmes dont on parle dans la Bible devaient \u00eatre r\u00e9ellement sp\u00e9ciales pour que les auteurs se sentent \u00ab\u00a0oblig\u00e9s\u00a0\u00bb de les \u00e9voquer aussi clairement malgr\u00e9 la culture patriarcale qui pr\u00e9valait. On ne les remarque pas toujours d\u2019un premier coup d\u2019\u0153il, mais elles sont l\u00e0. On ne leur donne pas toute la place qu\u2019elles pourraient avoir dans les c\u00e9l\u00e9brations dominicales; elles sont souvent exclues des lectures choisies. D\u2019o\u00f9 l\u2019importance de retourner lire des textes qui nous les font conna\u00eetre.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Ces femmes qui ont engag\u00e9 leur vie \u00e0 la suite de Dieu\/e demeurent des\u00a0 sources d\u2019inspiration, des mod\u00e8les pour l\u2019\u00c9glise et la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui. Elles \u00e9taient libres et n\u2019agissaient pas sous le registre de la peur. Elles \u00e9taient d\u00e9termin\u00e9es et ne se laissaient pas impressionner par le silence que la soci\u00e9t\u00e9 attendait d\u2019elles sur la place publique<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Elles nous incitent, par leur attitude, \u00e0 nous laisser propulser par la foi qui nous anime, \u00e0 r\u00e9pondre, chacun et chacune que nous sommes, aux diff\u00e9rents appels que la vie nous lance. Ces femmes nous invitent \u00e0 y \u00eatre attentifs, \u00e0 nous laisser porter par la libert\u00e9 du Souffle de Dieu\/e.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">J\u2019aimerais, en terminant, vous laisser avec ces paroles de Lucie L\u00e9pine, une Qu\u00e9b\u00e9coise tr\u00e8s engag\u00e9e en milieu populaire, auteure de\u00a0<i>Nos s\u0153urs oubli\u00e9es. Les femmes de la Bible<\/i>\u00a0:<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00ab\u00a0[\u2026] Dans la Bible, les femmes remplissent des fonctions proph\u00e9tiques. [\u2026] On \u00e9coute Myriam. On a confiance en D\u00e9bora. Mais, encore aujourd\u2019hui, des femmes \u00e9veillent des consciences, parlent [\u2026] au nom du Seigneur, participent \u00e0 la construction de la soci\u00e9t\u00e9 et de l\u2019\u00c9glise en v\u00e9hiculant des valeurs \u00e9vang\u00e9liques.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Souvent, on ne les voit pas. On les ignore. Parfois, on les fait taire. On entend avec courtoisie leur discours, mais sans les \u00e9couter. Ou bien on les r\u00e9cup\u00e8re.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Mais Dieu parle aux femmes aussi bien qu\u2019aux hommes. \u00c0 toutes les \u00e9poques, [\u2026] nous avons \u00e0 red\u00e9couvrir la Parole du Seigneur. [\u2026]<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Nous avons rencontr\u00e9 quelques femmes extraordinaires de l\u2019Ancien [Premier] et du Nouveau [Second] Testament. Des femmes qui ont pos\u00e9 des gestes remarquables, malgr\u00e9 le contexte social du temps qui leur donnait peu de place. Depuis, on les a ignor\u00e9es (et il y a de \u00e7a\u00a0 plus de deux mille ans\u2026; il ne faudrait pas accuser les femmes d\u2019impatience). De plus, J\u00e9sus est venu nous parler d\u2019un Dieu qui veut des \u00eatres humains libres et \u00e9gaux. Son message a-t-il travers\u00e9 les si\u00e8cles? (L\u00e9pine, 1990, p. 24, p. 59)<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Conf\u00e9rence donn\u00e9e lors d\u2019un d\u00e9jeuner-causerie organis\u00e9\u00a0par\u00a0Les Amis de Saint-Beno\u00eet-du-Lac, r\u00e9gion Asbestos<\/span><\/span><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0le 12 mai 2011<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><b>NOTES<\/b>\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[1]\u00a0Trad. de l\u2019auteure. Texte original\u00a0: \u00ab\u00a0He is our father ; even more he is our mother\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[2]\u00a0\u00a0 Cette fa\u00e7on particuli\u00e8re d\u2019\u00e9crire Dieu\/e est un choix de l\u2019auteure ; elle permet d\u2019\u00e9voquer la repr\u00e9sentation \u00e0 la fois f\u00e9minine et masculine du\/de la Dieu\/e de la Bible.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[3]\u00a0R\u00e9f\u00e9rence au no 1024 du code de droit canonique\u00a0: \u00ab\u00a0Seul un homme baptis\u00e9 re\u00e7oit validement l&rsquo;ordination sacr\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><b>R\u00c9F\u00c9RENCES<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>BIBLE, LA<\/i>\u00a0(2001). Paris\/Montr\u00e9al\u00a0: Bayard\/Mediaspaul.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">BRISEBOIS, Mireille (1983).\u00a0<i>Des m\u00e9thodes pour mieux lire la Bible \u2013 L\u2019ex\u00e9g\u00e8se historico-critique.\u00a0<\/i>Montr\u00e9al\/Paris\u00a0: SOCABI\/Les \u00c9ditions Paulines et M\u00e9diaspaul.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">BURSTEIN, Dan (2004). Marie Madeleine. Le mod\u00e8le des femme au sein de l\u2019\u00c9glise \u2013 Une entrevue de Susan Haskins. Dans Dan Burstein (Dir.),\u00a0<i>Les Secrets du Code Da Vinci<\/i>\u00a0(p. 52 57). Montr\u00e9al\u00a0: Les \u00c9ditions des Intouchables<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">CHITTISTER, Joan (2007).\u00a0<i>L\u2019amiti\u00e9 entre femme<\/i>\u00a0(Trad.\u00a0: Albert, Beaudry).\u00a0 Saint Laurent\u00a0: \u00c9ditions Bellarmin. (L\u2019ouvrage original a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 2006).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">COMMISSION BIBLIQUE PONTIFICALE (1994).\u00a0<i>L\u2019interpr\u00e9tation de la Bible dans l\u2019\u00c9glise.<\/i>\u00a0Montr\u00e9al\u00a0: \u00c9ditions Paulines. (Le document original a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 1993).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">CODE DE DROIT CANONIQUE (1983).\u00a0<i>Site du Saint-Si\u00e8ge<\/i>, [en ligne]. [http:\/\/www.vatican.va\/archive\/FRA0037\/_INDEX.HTM] (30 avril 2011).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">DUMAIS, Monique (1989). Sortir Dieu du ghetto masculin. Dieu masculin\/f\u00e9minin Dans M. Dumais &amp; M. A. Roy (Dir.),\u00a0<i>Souffles de femmes. Lectures f\u00e9ministes de la religion<\/i>\u00a0(p. 135 146). Montr\u00e9al \/ Paris\u00a0: \u00c9ditions Paulines \/ \u00c9ditions M\u00e9diaspaul.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">GENEST, Olivette (2000, hiver).\u00a0<i>Bible et f\u00e9minismes<\/i>. Cours donn\u00e9 \u00e0 la facult\u00e9 de th\u00e9ologie et de sciences des religions de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">JEAN PAUL 1er,\u00a0<i>Angelus<\/i>,10 septembre 1978.\u00a0<i>Site du Vatican<\/i>, [en ligne]. [http:\/\/www.vatican.va\/holy_father\/john_paul_i\/angelus\/documents\/hf_jp-i_ang_10091978_en.html] (21 mars 2011).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">LACAILLE, Claude (2003, 17 janvier)\u00a0:\u00a0 B\u00e9n\u00e9diction maternelle,\u00a0<i>Site Interbible<\/i>, [en ligne]. [http:\/\/www.interbible.org\/interBible\/source\/justice\/2003\/bjs_030117.htm] (11 mai 2011)<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">L\u2019\u00c9GLISE AU F\u00c9MININ. Les femmes de la Bible 2\u00a0: D\u00e9borah.\u00a0<i>Site de l\u2019\u00c9glise \u00e9vang\u00e9lique r\u00e9form\u00e9e du canton de Vaud<\/i>, [en ligne]. [http:\/\/legliseaufeminin.eerv.ch\/2010\/10\/27\/les-[WOC]femmes-de-la-bible-deborah] (6 mai 2011)<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">L\u00c9PINE, Lucie (1990).\u00a0<i>Nos s\u0153urs oubli\u00e9es<\/i>. Les femmes de la Bible. Montr\u00e9al\u00a0: \u00c9ditions Paulines.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">MOLTMAN-WENDEL, Elisabeth (1984). Deux femmes et leur exp\u00e9rience de Dieu. Dans Elisabeth &amp; J\u00fcrgen Moltman,\u00a0\u00a0<i>Dieu homme et femme\u00a0<\/i>(Trad.\u00a0: Marcelline Brun-Reyners) (p. 17-69). Montr\u00e9al\/Paris\u00a0: \u00c9ditions Fides\/\u00c9ditions du Cerf. (L\u2019ouvrage original a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 1983).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">SCHNEIDERS, Sandra M. (1995).\u00a0<i>Le texte de la Rencontre<\/i>\u00a0(Trad.\u00a0: Jean-Claude Breton &amp; Dominique Barrios-Delgado). Paris\u00a0: \u00c9ditions du Cerf. (L\u2019ouvrage original a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 1991).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">ULTERINO, Gloria (2009). 2009 &amp; 2010 Inclusive Liturgies,\u00a0<i>Women\u2019s Ordination Conference<\/i>, [en ligne]. [http:\/\/www.womensordination.org\/content\/view\/196\/42] (16 mai 2011)<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">WIJNGAARDS, John (1999, 4 d\u00e9cembre). Le sacerdoce de Marie,\u00a0<i>Site Women Priests<\/i>, [en ligne]. [http:\/\/www.womenpriests.org\/fr\/mrpriest\/mpr_tab.asp] (22 avril 2011) (L\u2019article original a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans\u00a0<i>The Tablet<\/i>, 253, 1638-1640).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">WIJNGAARDS, John (2005).\u00a0<i>L\u2019ordination des femmes dans l\u2019\u00c9glise catholique\u00a0<\/i>(Trad.\u00a0: Suzanne Tunc). Saint-Jean-le-Blanc\u00a0: Association Chr\u00e9tiens autrement. (L\u2019ouvrage original a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 2001).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Les femmes dont on parle dans la Bible devaient \u00eatre r\u00e9ellement sp\u00e9ciales pour que les auteurs se sentent \u00ab oblig\u00e9s \u00bb de les \u00e9voquer aussi clairement malgr\u00e9 la culture patriarcale qui pr\u00e9valait. &#8230; Ces femmes qui ont engag\u00e9 leur vie \u00e0 la suite de Dieu\/e demeurent des  sources d\u2019inspiration, des mod\u00e8les pour l\u2019\u00c9glise et la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui. \u00bb<\/p>\n<p>Conf\u00e9rence donn\u00e9e lors d\u2019un d\u00e9jeuner-causerie organis\u00e9 par Les Amis de Saint-Beno\u00eet-du-Lac, r\u00e9gion Asbestos <a href=\"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=342\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":136,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"ppma_author":[153],"class_list":["post-342","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la_bible_et_les_femmes","author-pauline-jacob"],"authors":[{"term_id":153,"user_id":136,"is_guest":0,"slug":"pauline-jacob","display_name":"Jacob Pauline","avatar_url":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Pauline-10-96x96.jpeg","user_url":"","last_name":"Jacob","first_name":"Pauline","description":"Responsable du site du r\u00e9seau Femmes et Minist\u00e8res de 2007 \u00e0 2024, Pauline Jacob, th\u00e9ologienne f\u00e9ministe, poursuit depuis plus de 25 ans des recherches sur l'ordination des femmes dans l\u2019\u00c9glise catholique. Elle d\u00e9tient un Ph. D. en th\u00e9ologie pratique et une ma\u00eetrise en psycho\u00e9ducation de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al. Autrice d'\u00ab Appel\u00e9es aux minist\u00e8res ordonn\u00e9s \u00bb (Novalis, 2007) et coautrice de \u00ab L\u2019ordination des femmes \u00bb (M\u00e9diaspaul, 2011), elle a \u00e0 son actif plusieurs articles."}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/342","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/136"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=342"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/342\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=342"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=342"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=342"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fppma_author&post=342"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}