{"id":352,"date":"2010-11-20T12:00:01","date_gmt":"2010-11-20T16:00:01","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=352"},"modified":"2013-09-19T09:35:59","modified_gmt":"2013-09-19T13:35:59","slug":"femmes-et-ministeres-dans-le-nouveau-testament","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=352","title":{"rendered":"Femmes et minist\u00e8res dans le Nouveau Testament"},"content":{"rendered":"<p><b style=\"font-family: Arial, sans-serif; font-size: small; line-height: 1.714285714;\">Avant la r\u00e9ponse, la question<\/b><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Un sujet aussi pi\u00e9g\u00e9 par la passion des controverses que l\u2019accession des femmes\u00a0 aux minist\u00e8res d\u2019\u00c9glise ne peut se passer d\u2019une r\u00e9flexion pr\u00e9alable sur la fa\u00e7on de poser la question au Nouveau Testament. Telles questions, telles r\u00e9ponses. La question engendre la r\u00e9ponse, oui. Elle a aussi le pouvoir de la tuer dans l\u2019oeuf ou de la plier \u00e0 ses d\u00e9sirs en dehors de ce qu\u2019elle nous apprendrait r\u00e9ellement.<!--more--><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Partir \u00e0 la recherche des\u00a0<i>minist\u00e8res f\u00e9minins<\/i>\u00a0dans ce corpus semble, par exemple, une forme d\u2019interrogation pertinente. Reflet d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9cise et dat\u00e9e o\u00f9 passent des personnages f\u00e9minins, le texte se pr\u00eate \u00e0 une observation\u00a0 de ce type. Remarque-t-on assez cependant qu\u2019on vient de r\u00e9tr\u00e9cir le champ de son \u00e9tude aux seuls gestes dits f\u00e9minins, d\u2019un f\u00e9minin forc\u00e9ment d\u00e9fini \u00e0 l\u2019avance dans la question ? Or, dans le discours traditionnel sur les femmes, moins cette d\u00e9finition est explicit\u00e9e, plus elle v\u00e9hicule d\u2019\u00e9vidences non critiqu\u00e9es; et plus ces \u00e9vidences sont tenues comme fortes, plus on parlera, par contre, de \u00ab\u00a0myst\u00e8re de la femme\u00a0\u00bb!<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Ainsi d\u00e9limit\u00e9, le couloir d\u2019analyse reste fort \u00e9troit et ne peut rendre compte ni du probl\u00e8me dans l\u2019ensemble du texte ni non plus de certaines surprises comme celle de l\u2019attribution du service des tables \u00e0 des diacres masculins (Ac\u00a06,\u00a01-7). Pr\u00e9cision plus importante encore, le minist\u00e8re ne se d\u00e9finit pas par la classification sexuelle du\u00a0 ministre, mais par son rapport \u00e0 la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale. Il n\u2019y a pas des minist\u00e8res masculins et des minist\u00e8res f\u00e9minins, mais des minist\u00e8res eccl\u00e9siaux exerc\u00e9s par des hommes ou par des femmes. En eux-m\u00eames les minist\u00e8res ne deviennent pas plus importants selon qu\u2019ils sont remplis par des hommes ou par des femmes. Parler de minist\u00e8res propres \u00e0 la femme, \u00ab\u00a0\u00e0 son niveau\u00a0\u00bb ajoute-t-on parfois, c\u2019est perp\u00e9tuer la discrimination o\u00f9 le f\u00e9minin est d\u00e9fini par le masculin et en fonction de lui. De m\u00eame, chercher les\u00a0<i>minist\u00e8res des femmes<\/i>\u00a0dans le Nouveau Testament \u00e9touffe la r\u00e9ponse dans la question. On ne trouvera pas de minist\u00e8res propres aux femmes, et on pourra conclure que les femmes n\u2019en exer\u00e7aient aucun au temps de J\u00e9sus et de la primitive \u00e9glise.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">De m\u00eame encore, chercher les\u00a0<i>fonctions officielles<\/i>\u00a0et voir si elles sont remplies par des femmes ou chercher\u00a0<i>les femmes du Nouveau Testament<\/i>\u00a0et voir si on les trouve aux postes cl\u00e9s efface toute pr\u00e9sence f\u00e9minine des minist\u00e8res. Et pour cause : la femme juive ou gr\u00e9co-romaine de l\u2019\u00e9poque n\u2019exerce pas de fonction publique, peu importe son influence dans les coulisses de l\u2019histoire. Faudrait-il recourir \u00e0 l\u2019exploration des coulisses de l\u2019\u00c9vangile et baser son ex\u00e9g\u00e8se sur les silences des auteurs ? Nous avons plus et mieux \u00e0 faire avec les \u00e9nonc\u00e9s du texte qui, \u00e0 leur tour, pourraient \u00e9clairer plus s\u00fbrement ses non-dits.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Poser sur le Nouveau Testament les\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>minist\u00e8res d\u2019aujourd\u2019hui<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00a0avec leur distinction entre ordonn\u00e9s et non ordonn\u00e9s, sacerdoce minist\u00e9riel et sacerdoce commun \u00e9limine les femmes encore plus radicalement. Nous ne les trouverons nulle part dans l\u2019organigramme o\u00f9 nous aurons forc\u00e9 les documents du premier si\u00e8cle. Mais nous n\u2019y trouverons pas de pr\u00eatres non plus, ni d\u2019ap\u00f4tres se pr\u00e9sentant comme pr\u00eatres[1], et nous n\u2019en conclurons pas pour autant \u00e0 la non-existence du sacerdoce minist\u00e9riel. Supposer chez les auteurs une abstention volontaire du mot pr\u00eatre pour \u00e9viter la confusion avec le sacerdoce juif ne fait que confirmer la constatation que J\u00e9sus a op\u00e9r\u00e9 une d\u00e9-sacerdotalisation et une d\u00e9-sacrificialisation par rapport \u00e0 l\u2019Ancien Testament.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Nous ne trouverons pas de femmes \u00e0 la pr\u00e9sidence des eucharisties, mais encore une fois nous n&rsquo;y trouverons pas les Douze non plus. En 1 Corinthiens 11, Paul adresse aux chr\u00e9tiens de Corinthe ses vigoureux reproches sur la mauvaise tenue de leurs \u00ab\u00a0repas du Seigneur\u00a0\u00bb, non au(x) pr\u00eatre(s) de la communaut\u00e9. La question ainsi pos\u00e9e ne nous apprend rien sur les femmes du d\u00e9but de l\u2019\u00c9glise; elle ne fait que souligner la non-pertinence pour notre propos des cat\u00e9gories actuelles comme sacerdoce\/la\u00efcat, sacerdoce oeuvrant pour l\u2019\u00c9glise\/la\u00efcat oeuvrant pour et dans le monde, participation ou suppl\u00e9ance des ministres non ordonn\u00e9s au minist\u00e8re presbyt\u00e9ral, etc.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Partir de la description des\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>minist\u00e8res tels que nous les trouvons dans le Nouveau Testament<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00a0offre de meilleures chances d\u2019objectivit\u00e9. Il en existe d\u2019excellentes syst\u00e9matisations[2], et il est \u00e0 noter que les meilleures ne statuent plus sur l\u2019exclusion des femmes et laissent la question ouverte \u00e0 de nouveaux d\u00e9veloppements. Nous serons cependant victimes du m\u00eame gauchissement de l\u2019analyse si nous absolutisons des \u00ab\u00a0d\u00e9finitions\u00a0\u00bb d\u00e9duites d\u2019espaces de texte o\u00f9 n\u2019apparaissent que des ministres masculins. La qualit\u00e9 de la d\u00e9finition obtenue n\u2019autorise pas \u00e0 conclure \u00e0 l\u2019exclusion de possibles ministres f\u00e9minins, ce qui est d\u2019un tout autre ordre de discussion. Que ces mentions des minist\u00e8res ne comportent que des personnages masculins ou que les s\u00e9quences \u00e0 personnages f\u00e9minins ne comportent pas de mentions de minist\u00e8res peut tr\u00e8s bien relever du triage initial op\u00e9r\u00e9 par l\u2019analyste, de ses pr\u00e9-jug\u00e9s sur la notion claire, occidentalement claire, d\u2019un minist\u00e8re, pr\u00e9jug\u00e9s rejoignant peut-\u00eatre ceux de la soci\u00e9t\u00e9 de type patriarcal repr\u00e9sent\u00e9e dans le texte, ce \u00e0 quoi les \u00e9tudes ex\u00e9g\u00e9tiques de type historique auraient d\u00fb nous rendre sensibles.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Ajoutons \u00e0 cela nos habitudes de lecture, et d\u2019\u00e9criture, forg\u00e9es par des si\u00e8cles d\u2019absence des femmes de la vie sociopolitique. L\u2019exercice de la proph\u00e9tie dans le Nouveau Testament en fournit de nombreux exemples. Le livre des Actes nous raconte que \u00ab\u00a0Philippe, l\u2019\u00e9vang\u00e9liste, l\u2019un des sept [ &#8230; ] avait quatre filles vierges qui proph\u00e9tisaient. Alors que nous passions l\u00e0 plusieurs jours, il arriva un proph\u00e8te de Jud\u00e9e, nomm\u00e9 Agabus\u00a0\u00a0\u00bb (Ac\u00a021,\u00a08-9). Les hommes portent les titres pr\u00e9cis d\u2019\u00e9vang\u00e9liste, l\u2019un des sept diacres et de proph\u00e8te; les filles sont dites \u00ab\u00a0proph\u00e9tisantes \u00bb ( proph\u0113teuousai ). Y a-t-il une diff\u00e9rence entre \u00eatre proph\u00e9tisantes, reconnues comme telles et \u00eatre \u00ab\u00a0un proph\u00e8te\u00a0\u00bb ? Non, mais pour nous, lecteurs et lectrices, il faut invertir la phrase pour que nous prenions autant au s\u00e9rieux les filles de Philippe que Agabus nomm\u00e9 par son nom d\u2019ailleurs, lui : elles \u00e9taient proph\u00e8tes et lui \u00e9tait proph\u00e9tisant. D\u00e9j\u00e0, dans nos esprits, le titre de proph\u00e9tesse n\u2019a pas la m\u00eame valeur que le titre de proph\u00e8te.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">De nombreux commentaires, ex\u00e9g\u00e9tiques ou autres, parleront de charisme proph\u00e9tique quand il s\u2019agit d\u2019une femme qui proph\u00e9tise, mais de minist\u00e8re proph\u00e9tique quand il s\u2019agit d\u2019un homme. R. Gryson ouvre ainsi la conclusion g\u00e9n\u00e9rale de son livre remarquable sur les minist\u00e8res f\u00e9minins dans l\u2019\u00c9glise ancienne[3]\u00a0: \u00ab\u00a0D\u00e8s les origines du christianisme on voit que des femmes jouent un r\u00f4le important et occupent une place de choix dans la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne. Saint Paul cite avec \u00e9loge plusieurs femmes qui l\u2019ont assist\u00e9 dans son labeur apostolique. Des femmes jouissent du charisme de proph\u00e9tie. On n\u2019en voit pas, cependant, qui exercent des fonctions dirigeantes au sein de la communaut\u00e9\u00a0\u00bb. Or en d\u2019autres contextes, un r\u00f4le important dans la communaut\u00e9 et une place de choix, le travail d\u2019habile et d\u00e9vou\u00e9 assistant de Paul dans son labeur apostolique, le fait de proph\u00e9tiser identifient certains disciples masculins comme exer\u00e7ant des fonctions dirigeantes.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Aux r\u00e9fractions caus\u00e9es par nos habitudes de lecture et d\u2019\u00e9criture faut-il ajouter l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 des traductions d\u2019usage courant.\u00a0<i>Diakonos<\/i>\u00a0admet l\u2019\u00e9quivalent lexicographique de serviteur, de ministre et de diacre. Appliqu\u00e9 \u00e0 Phoeb\u00e9 le terme devient diaconesse. Dans des contextes \u00e9quivalents on le traduit par ministre quand Paul se pr\u00e9sente ainsi (1\u00a0Co\u00a03,\u00a05; Col\u00a01,\u00a023.25) et d\u00e9signe ses proches collaborateurs Timoth\u00e9e (1\u00a0Tm\u00a04,\u00a06), Apollos (1\u00a0Co\u00a03,\u00a05), Tychique (Col\u00a04,\u00a07; Ep\u00a06,\u00a021), puis Epaphras qui lui succ\u00e8de \u00e0 Colosses (Col\u00a01,\u00a07). \u00c9crivons uniform\u00e9ment \u00ab\u00a0ministre\u00a0\u00bb partout o\u00f9 il s\u2019agit de service officiel \u00e0 la communaut\u00e9 et nous verrons des femmes appara\u00eetre en poste.\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Partir des r\u00e9cits d\u2019appel ou de vocation m\u00e9rite les m\u00eames remarques. On a pu grouper sous ce nom des passages \u00e0 structures similaires o\u00f9 J\u00e9sus appelle des hommes \u00e0 sa suite[4]. On ne trouve pas de noms de femmes dans ces r\u00e9cits. Mais que deviennent ces unit\u00e9s litt\u00e9raires bien circonscrites quand on les lit, non plus en pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es, superposables, mais dans leur articulation \u00e0 la trame narrative des \u00e9vangiles? On ne verra pas que des hommes dans l\u2019entourage imm\u00e9diat du Ma\u00eetre. Comme et avec les Douze, des femmes sont contre-distingu\u00e9es de la masse des disciples anonymes, masculins et f\u00e9minins sans doute, qui l\u2019\u00e9coutent et le suivent, eux-m\u00eames d\u00e9tach\u00e9s sur un fond de foule sympathique, neutre ou hostile. \u00c0 chercher artificiellement les femmes dans telle situation donn\u00e9e, on en vient \u00e0 occulter leur pr\u00e9sence constante, que d\u2019ailleurs nous ne d\u00e9couvrons qu\u2019au pied de la croix, et par flash-back, chez Marc et Matthieu. \u00ab\u00a0Il y avait aussi des femmes regardant \u00e0 distance parmi lesquelles Marie de Magdala, et Marie m\u00e8re de Jacques le petit et de Joset, et Salom\u00e9, qui le suivaient et le servaient lorsqu\u2019il \u00e9tait en Galil\u00e9e, et beaucoup d\u2019autres, qui \u00e9taient mont\u00e9es avec lui \u00e0 J\u00e9rusalem\u00a0\u00bb (Mc\u00a015,\u00a040-41). Luc nous en avertit cependant d\u00e8s le d\u00e9but de la carri\u00e8re de J\u00e9sus (Lc\u00a08,\u00a01-2)\u00a0: \u00ab\u00a0Les Douze \u00e9taient-avec-lui et aussi des femmes gu\u00e9ries d\u2019esprits mauvais et de maladies\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Donc des femmes \u00e9taient-avec-lui, qui portent des noms rest\u00e9s dans les m\u00e9moires: Marie de Magdala, Jeanne, Suzanne, et \u00ab\u00a0beaucoup d\u2019autres\u00a0\u00bb moins connues. Surtout, \u00eatre-avec-lui, c\u2019est la premi\u00e8re r\u00e9ponse \u00e0 la question \u00ab\u00a0appel \u00e0 quoi?\u00a0\u00bb plus importante que l\u2019identit\u00e9 sexuelle des appel\u00e9s. C\u2019est la premi\u00e8re caract\u00e9ristique des Douze selon Marc\u00a0(3,\u00a014), \u00e9tablis d\u2019abord \u00ab\u00a0pour \u00eatre-avec-lui\u00a0\u00bb et ensuite \u00ab\u00a0pour les envoyer pr\u00eacher avec pouvoir de chasser les d\u00e9mons\u00a0\u00bb. De plus, si des femmes sont rest\u00e9es avec J\u00e9sus apr\u00e8s leur gu\u00e9rison, c\u2019est qu\u2019il les a accept\u00e9es, voulues aupr\u00e8s de lui. L\u2019ex-poss\u00e9d\u00e9 de Gerg\u00e9sa l\u2019a suppli\u00e9, au contraire, \u00e0 son d\u00e9part en barque, \u00ab\u00a0demandant \u00e0 \u00eatre-avec-lui. J\u00e9sus ne lui permit pas\u00a0\u00bb (Mc\u00a05,\u00a018-19) lui r\u00e9servant une autre mission aupr\u00e8s des siens.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Nous ne pouvons enfermer toutes les formes d\u2019appel \u00e0 suivre J\u00e9sus sous les r\u00e9cits st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s de Marc 1,\u00a016-20 et parall\u00e8les concernant les fr\u00e8res Simon et Andr\u00e9, Jacques et Jean. D\u00e9j\u00e0 le sch\u00e9ma litt\u00e9raire diff\u00e8re en Jean 1, 35-51 pour les m\u00eames Simon et Andr\u00e9, Philippe leur concitoyen et son ami Nathana\u00ebl. Bar-Tim\u00e9e (Mc\u00a010,\u00a052) ou les aveugles anonymes de J\u00e9richo (Mt\u00a020,\u00a034 et Lc\u00a018,\u00a043) se mettront en route derri\u00e8re J\u00e9sus apr\u00e8s leur gu\u00e9rison, devenant disciples accompagnateurs par un tout autre cheminement .<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Se baser sur les r\u00e9cits d\u2019envoi ou de mission du type: \u00ab\u00a0il r\u00e9unit &#8211; donna pouvoir &#8211; envoya\u00a0\u00bb, faire remarquer qu\u2019ils s\u2019adressent exclusivement \u00e0 des hommes et en d\u00e9duire l\u2019intention du Seigneur d\u2019exclure les femmes de la mission am\u00e8ne la m\u00eame confusion de perspectives, de niveaux de texte, et soul\u00e8ve de plus des questions propres \u00e0 l\u2019ex\u00e9g\u00e8se de ces r\u00e9cits. Plusieurs distinctions s\u2019imposent entre: 1) les envois d\u2019avant la mort-r\u00e9surrection o\u00f9 les soixante-douze disciples (Lc\u00a010,\u00a01-20) re\u00e7oivent le m\u00eame mandat et exercent la m\u00eame activit\u00e9 que les Douze; 2) les envois d\u2019apr\u00e8s la mort-r\u00e9surrection qui pr\u00e9sentent une port\u00e9e spatio-temporelle et un contenu diff\u00e9rents; 3) la pratique des premi\u00e8res communaut\u00e9s d\u2019o\u00f9 \u00e9merge en action l\u2019identit\u00e9 du et des minist\u00e8res proprement chr\u00e9tiens.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">D\u00e9j\u00e0, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des seuls \u00e9vangiles, on retrouve trois classes de \u00ab\u00a0ministres\u00a0\u00bb : 1) ceux que J\u00e9sus mandate; 2) ceux qu\u2019il n\u2019a pas mandat\u00e9s, mais que, contrairement \u00e0 ses disciples il approuve a posteriori, m\u00eame s\u2019ils ne marchent pas \u00e0 sa suite: \u00ab\u00a0Ne l\u2019emp\u00eachez pas, car il n\u2019y a personne qui fasse un miracle en mon nom et puisse, aussit\u00f4t apr\u00e8s, mal parler de moi\u00a0\u00bb (Mc\u00a09,\u00a038-40; Lc\u00a09,\u00a049-50); 3) ceux qui semblent d\u00fbment mandat\u00e9s et fort actifs dans les trois domaines\u00a0 de la proph\u00e9tie, de l\u2019exorcisme et du geste miraculeux en son nom et qu\u2019il r\u00e9prouve parce que commettant l\u2019iniquit\u00e9, donc s\u2019\u00e9cartant du devoir primordial d\u2019accomplir la volont\u00e9 de son P\u00e8re (Mt\u00a07,\u00a022). Les r\u00e9cits d\u2019envoi ou de mission ne peuvent prendre tout leur sens que replac\u00e9s dans la syntagmatique du r\u00e9cit global des \u00e9vangiles, dans la logique de ses acteurs. La place des femmes dans ce syst\u00e8me actoriel restera encore \u00e0 d\u00e9terminer d\u2019abord, puis \u00e0 interpr\u00e9ter.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">La question du minist\u00e8re des femmes pr\u00e9sente un cas-test id\u00e9al pour r\u00e9v\u00e9ler au lecteur individuel ou collectif sa propre pratique du texte biblique, pour re-critiquer son propre angle herm\u00e9neutique. Les approches ci-haut mentionn\u00e9es ont ceci de commun qu\u2019elles fonctionnent \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019une grille plus ou moins complexe selon les cas. Le calibrage de ses mailles conditionne la r\u00e9colte de donn\u00e9es. Ainsi de tout proc\u00e9d\u00e9 th\u00e9matique ou paradigmatique qui ne nous offre du texte que ce que nous allons y chercher, et sous la forme o\u00f9 nous comptons l\u2019y trouver. Un profit r\u00e9el commence \u00e0 poindre, il est vrai, dans le traitement hors syntagmatique des \u00e9l\u00e9ments textuels recueillis. Malheureusement, il \u00e9quivaut \u00e0 leur r\u00e9organisation en sous-corpus et les r\u00e9sultats de l\u2019analyse ne valent que pour ce sous-corpus. On aura manipul\u00e9 comme unit\u00e9s discr\u00e8tes des \u00e9l\u00e9ments qui existaient pourtant en \u00e9tat de syst\u00e8me dans le corpus de d\u00e9part.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Des si\u00e8cles de tradition nous ont inculqu\u00e9 l\u2019habitude, l\u00e9gitime d\u2019ailleurs, d\u2019aborder le sujet du minist\u00e8re par le biais de trait\u00e9s, de th\u00e8ses, de compilations th\u00e9ologiques et ex\u00e9g\u00e9tiques\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>ad hoc<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">. Cependant une question \u00e9trang\u00e8re \u00e0 cette ligne de r\u00e9flexion a jailli au vingti\u00e8me si\u00e8cle avec la mont\u00e9e des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9 et dans l\u2019\u00c9glise. Non que leur rapport possible au minist\u00e8re n\u2019ait jamais \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9 au cours des \u00e2ges, puisque, entre autres interventions, nous pouvons citer le canon du concile de Chalc\u00e9doine en 451 fixant \u00e0 quarante ans l\u2019\u00e2ge de l\u2019ordination des diaconesses dans l\u2019\u00c9glise d\u2019Orient, et celui du concile d\u2019Orange en 441 statuant pour l\u2019\u00c9glise d\u2019Occident l\u2019interruption de toute ordination de diaconesses[5]. Mais les crit\u00e8res qui \u00e9valuaient ces rapports, ces non-rapports surtout, \u00e9taient d\u00e9duits de ladite \u00ab\u00a0nature f\u00e9minine\u00a0\u00bb identifi\u00e9e \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu sur le deuxi\u00e8me sexe. Ils relevaient plus de constatations d\u2019ordre sociologique que de raisons vraiment th\u00e9ologiques. Si bien que la question th\u00e9ologique, mieux : \u00e9vang\u00e9lique, peut et doit \u00eatre enfin pos\u00e9e dans toute sa fra\u00eecheur, maintenant que l\u2019\u00e9volution sociologique r\u00e9cente a permis de disposer des fallacieux arguments de nature. \u00c0 question nouvelle, retour \u00e0 la source originelle avec un regard \u00e9galement neuf.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><b>Approche sugg\u00e9r\u00e9e<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>Plusieurs avenues peuvent conduire \u00e0 la description syst\u00e9mique qui \u00e9viterait les impasses des proc\u00e9d\u00e9s th\u00e9matiques. Par o\u00f9 commencer? Par o\u00f9 continuer \u00e0 poser la question? Les lex\u00e8mes qui d\u00e9signent dans le Nouveau Testament ce que nous entendons par minist\u00e8re sont\u00a0<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>diakonia, diakonos, diakone\u014d<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">, r\u00e9ciproquement service, serviteur et servir, toutes formes grammaticales d\u00e9riv\u00e9es du verbe servir ou exercer une fonction. Ce qu\u2019entend ce texte, lui, par minist\u00e8re, nous devrons le demander \u00e0 sa mise en discours du service, puisqu\u2019il ne proc\u00e8de pas par lexique, index, d\u00e9finitions caract\u00e9ris\u00e9es. Au niveau de sa syntaxe discursive, nous devrons d\u00e9crire la discursivisation employ\u00e9e \u00e0 travers actorialisation, temporalisation et spatialisation. C\u2019est-\u00e0-dire que ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 travers figures (au sens d\u2019unit\u00e9s de contenu s\u00e9mantique), acteurs et actants qu\u2019appara\u00eetra le r\u00f4le th\u00e9matique du minist\u00e8re proprement n\u00e9otestamentaire. Or si les figures produisent un ou plusieurs sens, c\u2019est qu\u2019elles sont organis\u00e9es. Nous devons \u00e9galement demander au niveau de la s\u00e9mantique discursive le principe de leur organisation ou de leur th\u00e9matisation[6]. Quelle est l\u2019acception du ministre et du minist\u00e8re qui a, \u00e0 la fois, pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 l\u2019organisation des figures du texte et qui est produite par lui? Enfin, quelle est, en d\u00e9finitive, la place et la valeur de la qualification sexuelle du ministre dans ce syst\u00e8me de texte?<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Les dimensions d\u2019un article ne permettent certes pas de d\u00e9ployer une analyse aussi vaste. L\u2019approche esquiss\u00e9e n\u2019est propos\u00e9e qu\u2019\u00e0 titre d\u2019hypoth\u00e8se et nous nous contenterons d\u2019indiquer l\u2019or\u00e9e de quelques avenues invitantes et encore \u00e0 explorer.<\/span><\/span><\/p>\n<p><i>La diaconie-service<\/i><\/p>\n<p>Les clarifications qui suivent en Marc et Matthieu le choc des annonces solennelles de la Passion et leurs parall\u00e8les en Luc et Jean (Lc\u00a022,\u00a026; Jn\u00a012,\u00a026; etc.) posent la diaconie ou le service ou le servir comme une des caract\u00e9ristiques essentielles de la condition de disciple de J\u00e9sus. \u00ab\u00a0Si quelqu\u2019un veut venir \u00e0 ma suite\u2026\u00bb : il ne s\u2019agit donc pas l\u00e0 d\u2019un discours aux seuls Douze, m\u00eame s\u2019ils sont nomm\u00e9s comme interlocuteurs imm\u00e9diats. Tout disciple sert le Ma\u00eetre d\u2019abord, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du rapport ma\u00eetre\/disciple emprunt\u00e9 au juda\u00efsme. Ainsi les femmes servaient-elles J\u00e9sus en Luc 8,\u00a03; Marc\u00a015,\u00a041; Matthieu\u00a027,\u00a055; ainsi les disciples masculins le servaient-ils. \u00ab\u00a0Si quelqu\u2019un veut me servir, qu\u2019il se mette \u00e0 ma suite et l\u00e0 o\u00f9 je suis sera aussi mon\u00a0<i>diakonos<\/i>. Si quelqu\u2019un me sert, le P\u00e8re l\u2019honorera\u00a0\u00bb (Jn\u00a012,\u00a026). Le lex\u00e8me\u00a0<i>diakonos<\/i>\u00a0n\u2019a d\u2019ailleurs qu\u2019une forme grammaticale pour d\u00e9signer et le masculin et le f\u00e9minin.<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Le disciple doit aussi se faire le serviteur de tous, et le mod\u00e8le du chef devient celui du serviteur dans la soci\u00e9t\u00e9[7]. Le Ma\u00eetre par excellence d\u00e9clare \u00eatre lui-m\u00eame venu pour servir (Mc\u00a010,\u00a045; Mt\u00a020,\u00a028; Lc\u00a022,\u00a027). \u00ab\u00a0D\u00e8s lors, si je vous ai lav\u00e9 les pieds, moi le Seigneur et le Ma\u00eetre, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres\u00a0\u00bb (Jn\u00a013,\u00a014). Appara\u00eet donc un devoir de servir ant\u00e9c\u00e9dent \u00e0 celui de l\u2019apostolat, autre qu\u2019un minist\u00e8re caract\u00e9ris\u00e9 et \u00e0 l\u2019origine m\u00eame de l\u2019identit\u00e9 de disciple.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Cependant, au plan actoriel, la syntagmatique du texte (\u00e9vangiles, Actes, et \u00e9p\u00eetres) distingue rapidement disciples itin\u00e9rants accompagnant J\u00e9sus, disciples s\u00e9dentaires demeurant dans leur milieu de vie et disciples envoy\u00e9s, mandat\u00e9s comme ap\u00f4tres. Touch\u00e9s par la premi\u00e8re annonce de la Bonne Nouvelle, puis par l\u2019\u00e9v\u00e9nement mort-r\u00e9surrection de J\u00e9sus et le don de l\u2019Esprit, les disciples s\u00e9dentaires ne vivent pas, juxtapos\u00e9s les uns aux autres, une\u00a0<i>metanoia<\/i>\u00a0individuelle. Leur identification au Christ les constitue en \u00e9glise. La r\u00e9alit\u00e9 de cette \u00e9glise, de ce corps, suscite un service, une diaconie et des\u00a0<i>diakonoi<\/i>\u00a0occup\u00e9s \u00e0 la direction et \u00e0 la coordination du groupe, au maintien et \u00e0 la croissance de sa vie eccl\u00e9siale. Appara\u00eet ici un service qui a le sens g\u00e9n\u00e9ral d\u2019exercer une fonction, un service de la communaut\u00e9 diversifi\u00e9 en plusieurs formes de services.<\/span><\/span><\/p>\n<p><i>Les diakonoi<\/i><\/p>\n<p>Retardons encore l\u2019emploi du mot minist\u00e8re qui sp\u00e9cifie en effet le service communautaire et cherchons plut\u00f4t dans le Nouveau Testament les disciples ou chr\u00e9tiens qui font quelque chose pour et au nom de la communaut\u00e9. Que font-ils ? L\u2019observation des\u00a0<i>diakonoi<\/i>\u00a0\u00e0 l\u2019oeuvre nous conduira \u00e0 l\u2019identification des services exerc\u00e9s. Cette d\u00e9marche repose sur le pr\u00e9suppos\u00e9 m\u00e9thodologique que l\u2019acteur est d\u00e9fini par son faire. On pourrait y objecter que le service diff\u00e8re selon qu\u2019il est rendu par un ministre attitr\u00e9 ou qu\u2019il d\u00e9coule d\u2019un bon geste occasionnel f\u00fbt-il d\u2019inspiration \u00e9vang\u00e9lique la plus pure. Objection l\u00e9gitime, mais il faut \u00e9viter de fausser la lecture en postulant au d\u00e9part, dans la communaut\u00e9 primitive, une organisation semblable \u00e0 la n\u00f4tre, adapt\u00e9e \u00e0 de grands groupes. Dans l\u2019\u00e9tat des donn\u00e9es n\u00e9otestamentaires, le ministre, et \u00e0 travers lui le minist\u00e8re, est d\u2019abord d\u00e9fini par une fonction en exercice. De grands pans du texte \u00e9chappent \u00e0 notre \u00e9tude, et des plus int\u00e9ressants puisqu\u2019il s\u2019agit de la vie communautaire prise sur le vif, si nous passons d\u2019embl\u00e9e aux listes fournies par Paul. Ces listes ont besoin de l\u2019\u00e9clairage de la r\u00e9alit\u00e9 quotidienne, et vice-versa. Limitons-nous ici \u00e0 quelques exemples tir\u00e9s des \u00e9p\u00eetres pauliniennes, tout en regrettant que n\u2019y ressorte pas aussi bien que dans les Actes la fonction d\u00e9cisionnelle de l\u2019assembl\u00e9e elle-m\u00eame.<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">&#8211; 1\u00a0Th\u00a05,\u00a012-13 :\u00a0<i>ceux qui sont \u00e0 votre t\u00eate [proistamai]<\/i>\u00a0dans le Seigneur, qui\u00a0<i>travaillent [kopia\u014d]\u00a0<\/i>parmi vous et vous\u00a0<i>reprennent<\/i>. Ayez pour eux la plus haute estime, dans l\u2019amour.<br \/>\n&#8211; 1\u00a0Th\u00a05,19 : Certains sont\u00a0<i>proph\u00e8tes<\/i>. (Voir aussi 1\u00a0Co\u00a014,1.39.)<br \/>\n&#8211;\u00a01 Co 16,\u00a015-18 : Stephanas et sa famille qui se sont mis eux-m\u00eames \u00e0 la\u00a0<i>diaconie des saints<\/i>. Ob\u00e9issez \u00e0 de tels\u00a0<i>[toioutois]\u00a0<\/i>et \u00e0 tous leurs collaborateurs dans ce travail\u00a0<i>[kopia\u014d]<\/i>.<br \/>\n&#8211; Ga\u00a06,\u00a06\u00a0: L\u2019enseign\u00e9, le \u00ab\u00a0cat\u00e9chum\u00e8ne\u00a0\u00bb, doit partager ses biens avec\u00a0<i>l\u2019enseignant de la parole.<\/i><br \/>\n&#8211; Rm\u00a016,1-2: Phoeb\u00e9\u00a0<i>diakonos<\/i>\u00a0de l\u2019\u00e9glise de Cenchr\u00e9es, et\u00a0<i>prostatis<\/i>\u00a0pour beaucoup et pour moi. On traduit par \u00ab\u00a0protectrice\u00a0\u00bb. Ce nom est d\u00e9riv\u00e9 du verbe\u00a0<i>proistamai<\/i>\u00a0que nous avions en 1 Th 5,12 au sujet des autorit\u00e9s et que nous retrouvons en 1 Tm 3,4-5 \u00e0 propos de l\u2019autorit\u00e9 de\u00a0<i>l\u2019\u00e9piscope<\/i>\u00a0sur sa propre maison, et en 1 Tm 5,17 dit des\u00a0<i>presbytres<\/i>\u00a0dans leur fonction de pr\u00e9sidence de l\u2019assembl\u00e9e. Dans la litt\u00e9rature juive, il d\u00e9signe un protecteur, oui, mais aussi un chef, un pr\u00e9sident, un gouverneur ou un surintendant.<br \/>\n&#8211; Rm 16,\u00a03 : Prisca et Aquilas mes\u00a0<i>collaborateurs<\/i>\u00a0en J\u00e9sus Christ, comme Timoth\u00e9e au v.\u00a021. Au v.\u00a05, ils r\u00e9unissent l\u2019\u00e9glise dans leur maison, comme Ga\u00efus au v.\u00a023 et Nympha en Col.\u00a04,15, Phil\u00e9mon et Apphia en Phm\u00a01,2.<br \/>\n&#8211; Rm\u00a016,\u00a06 : Marie qui\u00a0<i>s\u2019est donn\u00e9 beaucoup de peine pour vous<\/i>\u00a0[<i>kopia\u014d<\/i>, qui caract\u00e9rise le labeur apostolique]. De m\u00eame au v.\u00a012 Tryph\u00e8ne et Tryphose et la \u00ab\u00a0ch\u00e8re Persis\u00a0\u00bb.<br \/>\n&#8211; Rm\u00a016,\u00a07 : Andronicus et Junias \u00e9minents parmi les\u00a0<i>ap\u00f4tres [apostoloi]<\/i>.<br \/>\n&#8211; Col\u00a04,\u00a017 : Archippe doit veiller \u00e0 la\u00a0<i>diaconie<\/i>\u00a0qu\u2019il a re\u00e7ue dans le Seigneur et t\u00e2cher de bien l\u2019accomplir.<br \/>\n&#8211; Ph\u00a01,\u00a01 : &#8230; \u00e0 tous les saints qui sont dans le Christ J\u00e9sus, chez les Philippiens avec leurs\u00a0<i>surveillants [episcopois]\u00a0<\/i>et leur\u00a0<i>diakonois<\/i>. Nous retrouvons dans la Didach\u00e8 15,\u00a01 \u00ab\u00a0surveillants et ministres [choisis par les communaut\u00e9s] qui eux aussi exercent pour vous le minist\u00e8re<i>[leitourgia]<\/i>\u00a0des proph\u00e8tes et des docteurs\u00a0\u00bb.<br \/>\n&#8211; 2 Co\u00a08,\u00a022-23\u00a0: les\u00a0<i>d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s (apostoloi)<\/i>\u00a0des \u00e9glises, gloire du Christ. Les communaut\u00e9s locales nommaient des messagers \u00e9prouv\u00e9s et dignes de cette charge pour rendre \u00e0 destination les fruits de la collecte destin\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9glise appauvrie de J\u00e9rusalem. Quant aux ap\u00f4tres charg\u00e9s de l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation, il semble qu\u2019ils \u00e9manaient de centres plus d\u00e9velopp\u00e9s comme Antioche et J\u00e9rusalem, et ces ap\u00f4tres de passage se choisissaient des compagnons dans les \u00e9glises locales.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">L\u2019ordre chronologique des citations fait ressortir d\u00e8s les ann\u00e9es 50 l\u2019existence constante de services communautaires, d\u00e9sign\u00e9s par un vocabulaire qui va se pr\u00e9cisant.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>La diaconie-minist\u00e8re<\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p>Des traits des serviteurs-ministres des communaut\u00e9s diverses, auxquels il faudrait ajouter les traits des missionnaires de passage, \u00e9mergent ceux des services-minist\u00e8res dont les \u00e9p\u00eetres pauliniennes dressent la liste \u00e0 plusieurs reprises[8]. De ces listes qu\u2019il est impossible de ramener \u00e0 un organigramme unique, o\u00f9 elles perdraient d\u2019ailleurs beaucoup de leurs richesses, retenons seulement 1 Corinthiens\u00a012,\u00a028 et Eph\u00e9siens\u00a04,\u00a011. \u00ab\u00a0\u2026\u00a0premi\u00e8rement des ap\u00f4tres, deuxi\u00e8mement des proph\u00e8tes, troisi\u00e8mement des didascales, ensuite [ici disparaissent les noms de personnes] les pouvoirs, ensuite les dons (<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>charismata<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">) de gu\u00e9rison, les assistances, les directions, le genre des langues\u00a0\u00bb (1 Co\u00a012,\u00a028). \u00ab\u00a0&#8230;\u00a0des ap\u00f4tres, des proph\u00e8tes, des \u00e9vang\u00e9listes, des pasteurs et des didascales\u00a0\u00bb (Ep\u00a04,\u00a011). Les \u00e9p\u00eetres pastorales, beaucoup plus tardives, parleront d\u2019une nouvelle triade : les \u00e9piscopes ou surveillants, les presbytres ou anciens et les diacres ou serviteurs. De ces passages sur la diversit\u00e9 des ministres et des minist\u00e8res, et des exhortations visant la pratique des ministres on peut tirer l\u2019acception du minist\u00e8re comme don de l\u2019Esprit (1\u00a0Co\u00a012,\u00a04-11)[9], ordonn\u00e9 au bien de tous et qui s\u2019exerce avec l\u2019assentiment combin\u00e9 et du ministre et de la communaut\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><b>Femmes et minist\u00e8res<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p>Cette exploration, \u00e0 fleur de texte et en de\u00e7\u00e0 de toute technicit\u00e9 s\u00e9miotique, de la mise en discours du servir dans le Nouveau Testament, surtout dans la ligne de son actorialisation ou de sa repr\u00e9sentation par les acteurs du texte jusqu\u2019\u00e0 sa th\u00e9matisation dans la figure du minist\u00e8re proprement chr\u00e9tien, \u00e9claire-t-elle la question du rapport femmes et minist\u00e8res comme nous en \u00e9mettions l\u2019hypoth\u00e8se au d\u00e9but de notre d\u00e9marche ? Revoyons du point de vue de l\u2019acteur f\u00e9minin le survol obtenu.<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">La premi\u00e8re mention de femmes devenues disciples et effectivement d\u00e9crites par ce que nous avons appel\u00e9 la diaconie-service (Mt\u00a027,\u00a055; Mc\u00a015,\u00a011; Lc\u00a08,\u00a03) les range \u00e9tonnamment parmi les disciples itin\u00e9rants qui partagent le minist\u00e8re m\u00eame de J\u00e9sus. On s\u2019attendrait plut\u00f4t \u00e0 les retrouver dans la repr\u00e9sentation des vertus chr\u00e9tiennes \u00e0 domicile, dans leurs fonctions d\u2019\u00e9pouses et de m\u00e8res. Dans le processus de d\u00e9cantage des personnages autour de J\u00e9sus, qui va de la foule curieuse et neutre, \u00e0 la masse anonyme de nouveaux disciples jusqu\u2019au noyau des intimes, des femmes sont plac\u00e9es au niveau des Douze et avec eux. Il n\u2019y a pas de femmes parmi eux, mais une fois qu\u2019on a rompu avec une longue habitude apolog\u00e9tique de r\u00e9duire tout minist\u00e8re aux leurs et les leurs au sacerdoce, qu\u2019on les a resitu\u00e9s dans la question globale du minist\u00e8re chr\u00e9tien, leur signification propre, certes fort importante, exclut-elle\u00a0<i>ipso facto<\/i>\u00a0une succession f\u00e9minine ? Que repr\u00e9sentent-ils dans le syst\u00e8me actoriel des \u00e9vangiles? Pourquoi Marie-Madeleine et des femmes entre J\u00e9sus et eux au moment de la r\u00e9surrection?<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Dans la syntagmatique de la mission, apr\u00e8s le stade de l\u2019appel \u00e0 la conjonction avec J\u00e9sus, un premier envoi des Douze est suivi de celui de soixante-douze autres disciples avec le m\u00eame mandat et les m\u00eames recommandations (Lc\u00a09,\u00a01-6 et 10,\u00a01-20). Ces soixante-douze voyageant deux par deux pouvaient inclure des disciples f\u00e9minins, \u00e0 la fa\u00e7on de ces couples de missionnaires, mari\u00e9s ou non ? salu\u00e9s par Paul en Romains 16. Nous sommes ici au niveau de la simple plausibilit\u00e9, il est vrai, mais, par contre, rien dans les textes ne nous autorise \u00e0 d\u00e9cr\u00e9ter l\u2019impossibilit\u00e9 de cette supposition et l\u2019exclusion d\u2019office des disciples f\u00e9minins.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Sous peine de discontinuit\u00e9 radicale, il faut supposer cependant que la pratique des premi\u00e8res communaut\u00e9s refl\u00e8te celle des disciples form\u00e9s par J\u00e9sus. Nous trouvons \u00e0 la p\u00e9riode dite apostolique dans les \u00e9tudes sur les minist\u00e8res (des ann\u00e9es 40 \u00e0 65 apr\u00e8s J.C.) la triade des ap\u00f4tres, proph\u00e8tes et docteurs, \u00e9galement rep\u00e9rable dans la\u00a0<i>Didach\u00e8<\/i>\u00a0aux chapitres 11 \u00e0 13.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Les Ap\u00f4tres \u00e9taient des envoy\u00e9s officiels, mandat\u00e9s par une communaut\u00e9; ils allaient par deux et avaient pour r\u00f4le l\u2019annonce k\u00e9rygmatique. \u00c0 la lumi\u00e8re du statut \u00e9galitaire des disciples masculins et f\u00e9minins, on peut supposer que des femmes ont fait partie de ces couples ou groupes d\u2019itin\u00e9rants. Rien ne s\u2019y oppose si la femme n\u2019a pas \u00e0 voyager seule et que son ou ses accompagnateurs encadrent sa prise de parole et la cautionnent eu \u00e9gard aux moeurs du temps. Nous en aurions un exemple pr\u00e9cis en Romains\u00a016,\u00a07 : \u00ab\u00a0Saluez Andronicus et Junias [ &#8230; ] ap\u00f4tres \u00e9minents qui ont m\u00eame appartenu au Christ avant moi\u00a0\u00bb, si Junias est un nom propre f\u00e9minin, ce qui reste difficile\u00a0 \u00e0 d\u00e9terminer dans le d\u00e9dale des manuscrits. Plusieurs copistes ont remplac\u00e9\u00a0<i>Iounian<\/i>\u00a0par\u00a0<i>Ioulian<\/i>\u00a0\u00e0 propos de la Julie de nos traductions fran\u00e7aises. On conna\u00eet de plus une forme masculine du m\u00eame mot :\u00a0<i>Iouni\u00e0n<\/i>, et une forme f\u00e9minine :\u00a0<i>loun\u00edan<\/i>; la diff\u00e9rence d\u2019un accent attribue \u00e0 Andronicus un compagnon ou une compagne selon les manuscrits.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00c0 partir du moment o\u00f9 l\u2019on a admis la possibilit\u00e9 de membres f\u00e9minins importants \u00e0 la t\u00eate des communaut\u00e9s, il est \u00e9galement possible que des Phoeb\u00e9 aient elles-m\u00eames mandat\u00e9 des ap\u00f4tres, et que les \u00ab\u00a0gens de Chlo\u00e9\u00a0\u00bb (1\u00a0Co\u00a01,\u00a011) soient des missionnaires, si Chlo\u00e9 perd le m\u00e9tier de commer\u00e7ante que les commentaires lui pr\u00eatent sans aucun appui dans le texte et se garde en contact avec Paul pour des motifs apostoliques.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Les proph\u00e8tes jouent un r\u00f4le de premier plan dans les assembl\u00e9es chr\u00e9tiennes. Les \u00e9p\u00eetres pauliniennes recommandent de ne pas m\u00e9priser la proph\u00e9tie (1\u00a0Th\u00a05,\u00a020), de l\u2019exercer en accord avec la foi si on a re\u00e7u ce don (Rm\u00a012,\u00a06) et, dans la recherche des manifestations de l\u2019Esprit, d\u2019aspirer surtout \u00e0 la proph\u00e9tie (1\u00a0Co\u00a014,\u00a01-39), car \u00ab\u00a0vous avez \u00e9t\u00e9 \u00e9difi\u00e9s sur le fondement des ap\u00f4tres et des proph\u00e8tes, J\u00e9sus-Christ lui-m\u00eame \u00e9tant la pierre ma\u00eetresse\u00a0\u00bb (Eph 2,\u00a020). Le livre des Actes signale leur pr\u00e9sence dans les \u00e9glises de J\u00e9rusalem, d&rsquo;Antioche, d&rsquo;Eph\u00e8se et de C\u00e9sar\u00e9e (Ac\u00a015,\u00a032; 21,10; 13,\u00a01; 19,\u00a06; 21,\u00a09), pr\u00e9sence et activit\u00e9 r\u00e9guli\u00e8res distinctes du charisme de proph\u00e9tie qui peut s&rsquo;exprimer \u00e0 l&rsquo;occasion chez tous les chr\u00e9tiens. Ils sont animateurs des communaut\u00e9s locales et, parmi eux, on choisit les ap\u00f4tres itin\u00e9rants. Ils \u00e9difient l&rsquo;assembl\u00e9e, au sens litt\u00e9ral de la construire et de la faire cro\u00eetre, l&rsquo;exhortent, l&rsquo;encouragent, assurent la pr\u00e9dication et l&rsquo;instruction, prononcent b\u00e9n\u00e9dictions et pri\u00e8res d&rsquo;action de gr\u00e2ces (1\u00a0Co\u00a014,\u00a03-4.15-17.22.31), communiquent \u00e0 l&rsquo;occasion une r\u00e9v\u00e9lation personnelle.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Or, nous savons \u00e9galement par Actes, \u00e9p\u00eetres et Apocalypse que des femmes proph\u00e9tisaient sans qu&rsquo;on mette en doute l&rsquo;authenticit\u00e9 de leur inspiration, sans qu&rsquo;on brime leur activit\u00e9. Les quatre filles du diacre Philippe durent avoir une influence consid\u00e9rable, puisque l\u2019<i>Histoire eccl\u00e9siastique<\/i>\u00a0d\u2019Eus\u00e8be de C\u00e9sar\u00e9e parle de leur lieu de s\u00e9pulture honor\u00e9 par toutes les provinces d&rsquo;Asie. Paul discute de la mani\u00e8re vestimentaire de proph\u00e9tiser et non du fait, du droit, de la qualit\u00e9 de l&rsquo;inspiration des proph\u00e9tesses (1\u00a0Co\u00a011,\u00a03-6). Le contenu de son activit\u00e9 proph\u00e9tique qui enseigne l&rsquo;idol\u00e2trie vaut \u00e0 une femme de Thyatire le nom de J\u00e9zabel et le titre de faux proph\u00e8te, non sa pr\u00e9tention \u00e0 \u00eatre proph\u00e8te (Ap 2,\u00a020).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Les didascales, eux, dispensent un enseignement plus pouss\u00e9, plus syst\u00e9matique \u00e0 partir des \u00c9critures. Scribes de la nouvelle alliance, docteurs de la loi nouvelle, il y a peu de chances de trouver parmi eux des femmes, exclues d&#8217;embl\u00e9e des lieux de formation y compris des le\u00e7ons \u00e9l\u00e9mentaires de lecture et d&rsquo;\u00e9criture. Une femme ou l&rsquo;autre peut briller par son intelligence des choses de la foi, Prisca compl\u00e9ter et rectifier les connaissances chr\u00e9tiennes de l&rsquo;\u00e9rudit Apollos (Ac 18,\u00a026), elle ne pourra, comme lui, par \u00ab\u00a0la force de ses arguments avoir raison des Juifs en public, quand il prouvait par les \u00c9critures que le Messie c&rsquo;\u00e9tait J\u00e9sus\u00a0\u00bb (Ac\u00a018,\u00a024-28). Le non-acc\u00e8s \u00e0 la comp\u00e9tence requise limitait ici la pr\u00e9sence f\u00e9minine, non la nature de ce minist\u00e8re lui-m\u00eame. R\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, l&rsquo;esprit n&rsquo;y suppl\u00e9e pas par action miraculeuse continue.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">La p\u00e9riode suivante (des ann\u00e9es 65 \u00e0 95 apr\u00e8s J.C.) ajoute \u00e0 la premi\u00e8re triade les \u00e9vang\u00e9listes et les pasteurs, puis une deuxi\u00e8me triade les \u00e9piscopes, les presbytres et les diacres. Le fait que les \u00e9vang\u00e9listes soient surtout des itin\u00e9rants ne raye pas les femmes de leur nombre, nous l&rsquo;avons vu. Ni la fonction locale de pasteur en elle-m\u00eame, quoiqu&rsquo;en vertu de l&rsquo;organisation sociale, du peu de poids de la gent f\u00e9minine, la chr\u00e9tienne d\u00e9sign\u00e9e \u00e0 ce poste devait rayonner d&rsquo;une singuli\u00e8re pr\u00e9sence de l&rsquo;Esprit.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00c9piscopes et presbytres ne sont pas encore d\u00e9finis par le sacerdoce ni distingu\u00e9s par des fronti\u00e8res minist\u00e9rielles bien nettes; des femmes ont pu ou auraient pu devenir surveillantes ou \u00ab\u00a0anciennes\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00e9glise. On reconna\u00eet que certaines furent diaconesses au m\u00eame titre que les hommes diacres, conclusion appuy\u00e9e sur les souvenirs de la m\u00e9moire eccl\u00e9siale plus que sur des indices textuels qui restent assez flous.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Des femmes donc apparaissent ou peuvent appara\u00eetre aux diff\u00e9rents postes eccl\u00e9siaux d\u00e8s qu&rsquo;on replace dans une perspective plus globale la question des minist\u00e8res. La remarque s&rsquo;applique \u00e0 leur pr\u00e9sence en g\u00e9n\u00e9ral dans le Nouveau Testament et gagne de nouveaux horizons quand une lecture se sensibilise au fonctionnement du langage inclusif de nos grammaires masculines. Nous oublions que le terme disciple recouvrait des hommes et des femmes; nous lisons exclusivement au masculin des passages adress\u00e9s aux deux sexes. Le texte lui-m\u00eame a ses habitudes d\u2019\u00e9poque dans la nomenclature de ses personnages. En Luc par exemple, les annonces solennelles de la Passion sont adress\u00e9es aux disciples (9,\u00a018.43) et aux Douze (18,\u00a031). Or quand les deux anges du matin de P\u00e2ques dirent aux femmes accourues au tombeau\u00a0: \u00ab\u00a0Rappelez-vous comment il vous a parl\u00e9 quand il \u00e9tait encore en Galil\u00e9e\u00a0\u00bb et cit\u00e8rent une annonce de la Passion, \u00ab\u00a0elles se rappel\u00e8rent ses paroles\u00a0\u00bb (24,\u00a06-8).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Quant aux passages qui les excluraient des minist\u00e8res (comme 1 Co\u00a014,\u00a034-35 qui leur commande de se taire, c&rsquo;est-\u00e0-dire de ne pas parler dans les assembl\u00e9es, et 1\u00a0Tm\u00a02,\u00a011-15 qui leur interdit d&rsquo;enseigner) il faudrait d\u2019abord r\u00e9soudre leurs contradictions internes et \u00e9tudier leur articulation avec les passages positifs du m\u00eame corpus avant d&rsquo;en tirer quelque conclusion. Comment la proph\u00e9tesse agr\u00e9\u00e9e de tous de 1\u00a0Corinthiens\u00a011 pourra-t-elle \u00e9viter de fournir un enseignement \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e? Comment celle qui r\u00e9pond \u00e0 l&rsquo;invitation \u00e0 la virginit\u00e9 de 1\u00a0Corinthiens\u00a07 pourra-t-elle \u00eatre \u00ab\u00a0sauv\u00e9e par sa maternit\u00e9\u00a0\u00bb (1\u00a0Tim\u00a02,\u00a015) ? Comment la descendante d&rsquo;\u00c8ve ramen\u00e9e \u00e0 une soumission de nature et de culpabilit\u00e9 (vv.\u00a012-15) lira-t-elle Galates\u00a03,\u00a028 o\u00f9 Paul d\u00e9clare que dans le Christ il n&rsquo;y a plus de distinction entre l\u2019homme et la femme, entre Adam et \u00c8ve ? Enfin, un autre ph\u00e9nom\u00e8ne se fait jour \u00e0 travers les ann\u00e9es de r\u00e9daction du Nouveau Testament. \u00c0 mesure que l&rsquo;\u00e9glise se hi\u00e9rarchise, sur le mod\u00e8le de la soci\u00e9t\u00e9 du temps, dans la m\u00eame mesure r\u00e9apparaissent les conseils de soumission adress\u00e9s aux femmes, disparaissent les mentions de leurs activit\u00e9s communautaires et domine dans les \u00e9p\u00eetres de la fin du si\u00e8cle la louange des vertus familiales qui leur reviendrait comme h\u00e9ritage chr\u00e9tien. Les lectrices du Nouveau Testament se prennent \u00e0 regretter les entretiens de J\u00e9sus avec la Samaritaine, Marie et Marthe de B\u00e9thanie.<\/span><\/span><\/p>\n<p><b>Invitation \u00e0 ne pas conclure<\/b><\/p>\n<p>\u00c0 probl\u00e9matique f\u00e9minine nouvelle, nouvel angle de relecture du Nouveau Testament. \u00c0 nouvel \u00e9clairage sur les pr\u00e9<b>&#8211;<\/b>suppos\u00e9s de la question \u00e0 poser, nouvel horizon de la r\u00e9ponse \u00e0 r\u00e9\u00e9valuer. Quelles que soient les avenues d&rsquo;analyse adopt\u00e9es, l&rsquo;\u00e9tat dans lequel nous trouverons les femmes autour de J\u00e9sus et dans les communaut\u00e9s du premier si\u00e8cle est-il normatif pour nos probl\u00e8mes actuels, ceux de la condition sociale f\u00e9minine et ceux de la r\u00e9alit\u00e9 eccl\u00e9siale? La place des femmes dans le Nouveau Testament donne-t-elle la mesure de la place des femmes dans l&rsquo;\u00c9glise du vingti\u00e8me si\u00e8cle?<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Marie de Nazareth, Marie de Magdala et Marie de B\u00e9thanie sont uniques et radicalement inimitables. La r\u00e9v\u00e9lation ne porte pas non plus sur la forme de soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle le Verbe s&rsquo;est incarn\u00e9, donc pas non plus sur le v\u00e9cu f\u00e9minin de l&rsquo;\u00e9poque. \u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Nouveau Testament certaines pratiques sont m\u00eame \u00e0 r\u00e9\u00e9valuer, et \u00e0 l&rsquo;aune de ce que J\u00e9sus a apport\u00e9, de la r\u00e9alit\u00e9 proprement \u00e9vang\u00e9lique n\u00e9e de lui. O\u00f9 les femmes sont aussi images de Dieu, donc jouissent de toute la dignit\u00e9 apanage de la personne humaine. O\u00f9 elles re\u00e7oivent un appel \u00e9gal \u00e0 la condition de disciple, \u00e0 la mission d&rsquo;\u00e9glise, \u00e0 la cons\u00e9cration pour le Royaume. Dans laquelle elles sont incorpor\u00e9es par un bapt\u00eame identique \u00e0 celui des hommes, par le don de l&rsquo;Esprit qui s&rsquo;exprime en elles \u00e0 travers les m\u00eames charismes. Dans laquelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire, dans le Christ total, il n&rsquo;y a plus cette dichotomie homme\/femme, mais des \u00eatres humains peu \u00e0 peu transform\u00e9s, de clart\u00e9 en clart\u00e9, en celui qui est l&rsquo;ic\u00f4ne de Dieu (2\u00a0Co\u00a03,\u00a018;\u00a04,\u00a04). Ces crit\u00e8res, plus qu&rsquo;une pratique \u00e9tablie si longue soit-elle, constituent l&rsquo;instance premi\u00e8re et derni\u00e8re de nos questions, de nos r\u00e9ponses et de nos traditions au chapitre des minist\u00e8res d\u2019\u00e9glise.<\/span><\/span><\/p>\n<p><strong><em><span style=\"font-size: small;\">Olivette Genest est\u00a0ex\u00e9g\u00e8te et professeure \u00e9m\u00e9rite de la\u00a0facult\u00e9 de th\u00e9ologie\u00a0<\/span><\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em><span style=\"font-size: small;\">et de sciences des religions de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al.<\/span><\/em><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><br \/>\n<b>*<\/b>Ce texte a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans\u00a0<i>Studies in Religion\/Sciences religieuses<\/i>, 16\/1, 7-20 en 1987.<br \/>\nIl a \u00e9t\u00e9 revu et corrig\u00e9 par l&rsquo;auteure le 20 novembre 2010 et est publi\u00e9 avec son autorisation.<\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">NOTES<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">[1]<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Sauf en Rm 15, 16 o\u00f9 la sp\u00e9cificit\u00e9 du vocabulaire sacerdotal est d&rsquo;ailleurs contest\u00e9e.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">[2]<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Voir Jean Delorme, \u00e9d.,\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Le minist\u00e8re et les minist\u00e8res selon le Nouveau Testament. Dossier ex\u00e9g\u00e9tique et r\u00e9flexion th\u00e9ologique<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">, coll. \u00ab\u00a0 Parole de Dieu\u00a0\u00bb, Paris, Seuil, 1974; Andr\u00e9 Lemaire,\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Les minist\u00e8res aux origines de l&rsquo;\u00c9glise. Naissance de la triple hi\u00e9rarchie \u00e9v\u00eaques, presbytres, diacres<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">, coll. \u00ab\u00a0Lectio divina\u00a0\u00bb, n\u00b0 68, Paris, Cerf, 1971; Andr\u00e9 Lemaire, \u00ab\u00a0Des services aux minist\u00e8res. Les services eccl\u00e9siaux dans les deux premiers si\u00e8cles\u00a0\u00bb, Concilium (1972), p. 39-51; Roger Gryson,\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Le minist\u00e8re des femmes dans l&rsquo;\u00c9glise ancienne<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">, Gembloux, J. Duculot, 1972; et Ida Raming,<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Der Ausschluss der Frau vom priesterlichem Amt. Gottgewollte Tradition oder<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Discriminierung<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">, Cologne, B\u00f6hlau, 1973.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">[3]<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Gryson,\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Le minist\u00e8re des femmes<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">, p. 173.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">[4]<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Mc 1, 16-20; Mt 4,\u00a018-22; Lc 5, 8-11. Choix des Douze: Mc 3,\u00a013-19; Mt 10,\u00a01-4; Lc 6,\u00a012-16.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">[5]<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Pour un relev\u00e9 de documents anciens et modernes, comprenant r\u00e8glements eccl\u00e9siastiques, d\u00e9clarations des P\u00e8res de l&rsquo;\u00c9glise, listes d&rsquo;incapacit\u00e9s des femmes en regard de ces fonctions, lire\u00a0: Marie-Jeanne B\u00e9r\u00e8re,\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Le jeu de la tradition dans la pratique masculine du ministr\u00e8re apostolique<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">, coll. \u00ab\u00a0Cahiers de l&rsquo;institut catholique de Lyon\u00bb\u00a0 t. 3,\u00a0 Paris, Soci\u00e9t\u00e9 Operex, 1980; Gryson,\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Le minist\u00e8re des femmes<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">. Pour la discussion de ces donn\u00e9es, voir \u00e9galement: Jean-Marie Aubert,\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>La femme. Antif\u00e9minisme et christianisme<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">, Paris, Cerf-Descl\u00e9e, 1975;\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Catholicisme hier aujourd&rsquo;hui\u00a0 et demain<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">, t. 4. \u00ab\u00a0La femme\u00a0\u00bb, in \u00ab\u00a0Droit canon\u00a0\u00bb, col. 1174-75, Paris, Letouzey et An\u00e9, 1956; Jean Galot,\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Mission et minist\u00e8re de la femme<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">, Paris, Lethielleux, 1973; et Monique Piettre,\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>La condition f\u00e9minine \u00e0 travers les \u00e2ges<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">, Paris, \u00c9ditions France-Empire, 1974.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">[6]<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Th\u00e9matisation, th\u00e9matique, th\u00e8me seront d\u00e9sormais employ\u00e9s au sens greimassien, qui diff\u00e8re de celui des proc\u00e9d\u00e9s th\u00e9matiques critiqu\u00e9s dans la premi\u00e8re partie. Ces derniers proc\u00e8dent par r\u00e9duction des figures pertinentes sous une appellation globale et analyse de la r\u00e9currence de l&rsquo;une d\u2019elles. La th\u00e9orie s\u00e9miotique de Greimas d\u00e9finit le th\u00e8me : \u00ab\u00a0&#8230;\u00a0comme la diss\u00e9mination, le long des programmes et parcours narratifs, des valeurs d\u00e9j\u00e0 actualis\u00e9es (c&rsquo;est-\u00e0-dire en jonction avec les sujets) par la s\u00e9mantique narrative\u00a0\u00bb. Voir A. J. Greimas et J. Court\u00e8s,\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>S\u00e9miotique. Dictionnaire raisonn\u00e9 de la th\u00e9orie du langage<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">, Paris, Hachette, 1979, article \u00ab\u00a0Th\u00e8me\u00a0\u00bb, 394. Voir \u00e9galement les articles \u00ab\u00a0Th\u00e9matisation\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Th\u00e9matique\u00a0\u00bb dans les volumes 1 et 2.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">[7]<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Le Nouveau Testament exprime parfois le service par le verbe\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>douleu\u014d<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">et sa famille grammaticale. Une analyse exhaustive devrait en tenir compte. Nous nous cantonnons ici au parcours s\u00e9m\u00e9mique de\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>diakone\u014d<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">[8]<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Dans 1\u00a0Corinthiens des chapitres 12 \u00e0 14 voir 1\u00a0Co\u00a012,\u00a08-10.28.29-30; 13,\u00a01-3.8-13. En Rm\u00a012,\u00a03-21 voir 6-8. En Ep\u00a04,\u00a01-16 voir 4,\u00a011.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">[9]<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">De plus \u00ab\u00a0c&rsquo;est Dieu qui \u00e9tablit dans l&rsquo;\u00e9glise\u00a0\u00bb les ministres (1\u00a0Co\u00a012,\u00a028); \u00ab\u00a0c&rsquo;est le Christ qui a donn\u00e9 certains comme ap\u00f4tres\u00a0\u00bb (Ep\u00a04,\u00a011).<\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Olivette Genest, ex\u00e9g\u00e8te, professeure \u00e9m\u00e9rite de la facult\u00e9 de th\u00e9ologie et de sciences des religions de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al cherche, avec la rigueur qu&rsquo;on lui conna\u00eet, \u00e0 bien poser la question des minist\u00e8res et donne des pistes de d&rsquo;interpr\u00e9tation qui permettent de faire avancer la r\u00e9flexion. <a href=\"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=352\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":106,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"ppma_author":[110],"class_list":["post-352","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la_bible_et_les_femmes","author-olivette-genest"],"authors":[{"term_id":110,"user_id":106,"is_guest":0,"slug":"olivette-genest","display_name":"Olivette Genest","avatar_url":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/Olivette-Genest.jpg","user_url":"","last_name":"Genest","first_name":"Olivette","description":"Olivette Genest, ex\u00e9g\u00e8te de renomm\u00e9e internationale, est professeure \u00e9m\u00e9rite de la facult\u00e9 de th\u00e9ologie et de sciences des religions de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al. Ses champs de recherche : la sot\u00e9riologie, la s\u00e9miotique et la lecture f\u00e9ministe. Elle est une sp\u00e9cialiste reconnue pour la question des minist\u00e8res des femmes en lien avec le Second Testament. 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