{"id":356,"date":"1982-11-15T12:00:24","date_gmt":"1982-11-15T16:00:24","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=356"},"modified":"2013-08-16T09:12:01","modified_gmt":"2013-08-16T13:12:01","slug":"paul-a-lheure-du-feminisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=356","title":{"rendered":"Paul \u00e0 l&rsquo;heure du f\u00e9minisme"},"content":{"rendered":"<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif; color: #000000; font-size: small; line-height: 1.714285714;\">L&rsquo;ap\u00f4tre Paul a souvent \u00e9t\u00e9 traduit en justice dans sa carri\u00e8re. En Palestine, en Asie mineure, en Gr\u00e8ce, \u00e0 Rome. Voil\u00e0 un saint qui poss\u00e8de un casier judiciaire fort lourd. Relisez le livre des Actes et la deuxi\u00e8me lettre aux Corinthiens surtout. Vous le trouverez le plus souvent \u00e0 la barre des accus\u00e9s, parmi les condamn\u00e9s, m\u00eame parmi les ex\u00e9cut\u00e9s o\u00f9 il est laiss\u00e9 pour mort. Parfois pour la bonne cause. Parfois \u00e0 cause de haines plus sordides\u00a0: pour avoir exorcis\u00e9 une esclave poss\u00e9d\u00e9e dont les ma\u00eetres tiraient un bon profit en monnayant ses dons divinatoires (Ac 16, 16-24), pour avoir menac\u00e9 la prosp\u00e9rit\u00e9 des orf\u00e8vres d&rsquo;\u00c9ph\u00e8se qui fabriquaient des r\u00e9pliques du temple de la d\u00e9esse Art\u00e9mis (Ac 19, 23-40)&#8230;<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Carri\u00e8re cahotante qui ne conna\u00eet gu\u00e8re de repos, m\u00eame par-del\u00e0 le martyre et la mort. Encore poursuivi par la ranc\u0153ur de ses fr\u00e8res les Juifs, voil\u00e0 maintenant que Paul compara\u00eet devant les f\u00e9es, des f\u00e9es assoiff\u00e9es. Sous le chef d&rsquo;accusation\u00a0: m\u00e2le chauviniste, super-phallocrate, responsable de vingt si\u00e8cles d&rsquo;oppression des femmes dans l&rsquo;\u00c9glise. Son \u0153uvre th\u00e9ologique enti\u00e8re en est ray\u00e9e. Il n\u2019est pas rare de lire des affirmations comme celle-ci\u00a0: \u00ab\u00a0quelle pertinence peut avoir l&rsquo;ap\u00f4tre Paul \u00e0 l&rsquo;heure du f\u00e9minisme!\u00a0\u00bb<!--more--><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Les textes-\u00e0-charge vous les connaissez tous. Le premier se lit avec accompagnement de marche nuptiale\u00a0:<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00a4 Femmes, soyez soumises \u00e0 vos maris, comme au Seigneur, car le mari est le chef de la femme (Ep 5, 22-24; du m\u00eame type: Col 3, 18; Tt 2, 5).<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00a4 Que les femmes se taisent dans les assembl\u00e9es; qu\u2019elles interrogent leur mari \u00e0 la maison (1 Co\u00a014, 34-35).<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00a4 Je ne permets pas \u00e0 la femme d&rsquo;enseigner ni de dominer l&rsquo;homme&#8230; ce n&rsquo;est pas Adam qui fut s\u00e9duit, mais c&rsquo;est la femme qui, s\u00e9duite, tomba dans la transgression (l\u00a0Tm\u00a02, 12-14).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">* * *<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Comme disait l&rsquo;autre\u00a0: \u00ab\u00a0Le mot CHIEN ne mord pas !\u00a0\u00bb. Le mot SOUMISSION, oui. Quand par hasard on est n\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;humanit\u00e9 dit vou\u00e9 \u00e0 la soumission, d\u00e9clar\u00e9 inf\u00e9rieur. Les Blancs ressentent moins l&rsquo;opprobre des Noirs, les hommes celui des femmes, c&rsquo;est bien s\u00fbr. Peau noire ou peau trop tendre des femmes, peu importe la sienne sa propre peau quand on s&rsquo;en tire assez bien en 1979, mais ces phrases de Paul, femmes et\u00a0<i>hommes<\/i>\u00a0nous les recevons au visage de nos m\u00e8res, de nos grands-m\u00e8res. Il y a des mots qui mordent, des mots mordants.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Devant ces preuves irr\u00e9futables, l&rsquo;avocat de la d\u00e9fense s\u2019empresserait d&rsquo;aligner d&rsquo;autres textes du m\u00eame Paul\u00a0:<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">. Le mari est le chef de la femme&#8230;\u00a0<i>oui mais<\/i>\u00a0: si la femme a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9e de l&rsquo;homme, l&rsquo;homme na\u00eet de la femme et tout vient de Dieu ( 1 Co 11, 12).<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">. Que les femmes se taisent&#8230;\u00a0<i>oui mais<\/i>\u00a0: toute femme qui prie ou proph\u00e9tise t\u00eate nue fait affront \u00e0 son chef (1 Co 11, 5), texte o\u00f9 le fait de prier \u00e0 haute voix, de proph\u00e9tiser, de prendre la parole en assembl\u00e9e, en \u00e9glise, n&rsquo;est pas r\u00e9prouv\u00e9, car le reproche porte sur la seule modalit\u00e9 de cette action publique, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0t\u00eate nue\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">. Je ne permets pas \u00e0 la femme d&rsquo;enseigner\u2026\u00a0<i>oui mais<\/i>\u00a0: proph\u00e9tiser consiste \u00e0 \u00e9difier, au sens de construire, donc d&rsquo;apporter une forme d&rsquo;enseignement de la part du Seigneur.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">. Ce n&rsquo;est pas Adam qui fut s\u00e9duit&#8230;\u00a0<i>oui mais<\/i>\u00a0: de m\u00eame que par un seul homme le p\u00e9ch\u00e9 est entr\u00e9 dans le monde, et par le p\u00e9ch\u00e9 la mort (Rm 5, 12 et la longue comparaison des deux Adam qui ne va jamais d&rsquo;\u00c8ve \u00e0 J\u00e9sus-Christ). C&rsquo;est sur Adam comme chef, comme personnalit\u00e9 englobant toute la race humaine que repose la responsabilit\u00e9 de la chute. Dans la mentalit\u00e9 des peuples de la Bible, une femme n&rsquo;aurait pas eu assez de poids pour incurver l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Oui mais<\/i>, me direz-vous, ici Paul&#8230; Laissons de c\u00f4t\u00e9 pour le moment l&rsquo;analyse de ces textes et attachons-nous \u00e0 une d\u00e9marche globale. Un texte contre les femmes, un texte pour les femmes. Un n&rsquo;effa\u00e7ant pas l&rsquo;autre. Un misogyne, qui peut \u00eatre une \u00c9glise, ne cite que la premi\u00e8re s\u00e9rie, et avec la meilleure volont\u00e9 du monde ne\u00a0<i>voit<\/i>\u00a0pas la deuxi\u00e8me, ou l&rsquo;articulation entre les deux s\u00e9ries. Un ou une f\u00e9ministe derni\u00e8re s\u00e9rie, la cite, oublie la premi\u00e8re ou \u00e0 l&rsquo;inverse se cantonne dans la premi\u00e8re qui stimule sa combativit\u00e9 et lui assure une pol\u00e9mique brillante.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Remarque embarrassante pour les uns et pour les autres, les deux s\u00e9ries font partie du canon de l&rsquo;\u00c9criture, du corpus des textes fondateurs du christianisme.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Vous sentez que nous n&rsquo;allons nulle part avec cette mauvaise fa\u00e7on d&rsquo;aligner des textes. Vous d\u00e9couvrez confus\u00e9ment que nous consacrerions une impasse si nous cheminions des textes litigieux aux textes affectueux (il y en a!) vers un commun d\u00e9nominateur obtenu apr\u00e8s exercice des astuces astucieuses de l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se scientifique et une conclusion pacifiante ou agressive selon le temp\u00e9rament du conf\u00e9rencier ou de la conf\u00e9renci\u00e8re. Nous essaierons plut\u00f4t de voir pourquoi ce proc\u00e9d\u00e9 est \u00e0 proscrire. J&rsquo;essaierai pour ma part, de montrer qu&rsquo;un mot ne mord qu&rsquo;ins\u00e9r\u00e9 dans un contexte, et que le contexte, mais le contexte global des \u00e9crits de Paul, ne mord ni femme ni homme, et que nous aurions bien avantage, au contraire, \u00e0 y mordre \u00e0 belles dents si nous souhaitons que le christianisme commence en nous.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">I. Contexte global<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Si Paul nous entendait citer contre lui les textes litigieux sur les femmes, il en serait fort \u00e9tonn\u00e9. Reviendraient \u00e0 sa m\u00e9moire tous ces noms dont les syllabes ne nous touchent gu\u00e8re mais qui ont r\u00e9sonn\u00e9 profond\u00e9ment dans son c\u0153ur\u00a0: \u00ab\u00a0Phoeb\u00e9 ma protectrice, Prisca ma collaboratrice, Marie, ma ch\u00e8re Persis, la m\u00e8re de Rufus qui est aussi la mienne, Evodie et Syntych\u00e8, Lydie de Philippe&#8230;\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Que sont mes amies devenues ?\u00a0\u00bb Rien ne nous autorise \u00e0 croire qu&rsquo;il ajouterait avec Rutebeuf\u00a0: \u00ab\u00a0que j&rsquo;ai de si pr\u00e8s tenues\u00a0\u00bb; tout nous porte \u00e0 lui pr\u00eater la suite cependant\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0et tant aim\u00e9es\u00a0\u00bb, car les lettres de Paul regorgent de d\u00e9clarations d&rsquo;amour. Lisez une \u00e9p\u00eetre d&rsquo;affil\u00e9e, une lettre par dimanche \u00e0 vous adress\u00e9e, et, \u00e0 travers les notes famili\u00e8res inaper\u00e7ues dans les passages solennels de la liturgie (\u00ab\u00a0rapporte donc mon manteau laiss\u00e9 chez Carpos, ainsi que les livres, surtout le parchemin&#8230;\u00a0\u00bb) vous apercevrez le passionn\u00e9, qui aime beaucoup, le dit beaucoup et fort bien. Une formule de ce type n&rsquo;a rien \u00e0 envier \u00e0 Rutebeuf ni \u00e0 Gilles Vigneault (\u00ab\u00a0il faut dormir le c\u0153ur ouvert\u00a0\u00bb)\u00a0: \u00ab\u00a0Nous nous sommes librement adress\u00e9s \u00e0 vous, Corinthiens, notre c\u0153ur s&rsquo;est grand ouvert. Vous n&rsquo;\u00eates pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9troit chez nous. C&rsquo;est en vous-m\u00eames que vous \u00eates \u00e0 l&rsquo;\u00e9troit. Payez-nous de retour\u00a0: je vous parle comme \u00e0 mes enfants, ouvrez tout grand votre c\u0153ur, vous aussi&#8230; Faites-nous une place dans vos c\u0153urs\u00a0\u00bb (2 Co 6, 11-13; 7, 2).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00ab\u00a0Que sont mes amies devenues dans le discours misogyne que vous me pr\u00eatez ? Mauvais lecteurs, retournez \u00e0 mes \u00e9crits, aux documents du Nouveau Testament et voyez de plus pr\u00e8s quelles ont \u00e9t\u00e9 mes relations avec la gent f\u00e9minine.\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">1. La femme dans la vie personnelle de Paul<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00c0 propos de lui-m\u00eame Paul nous dit dans 1 Co 7, 7\u00a0: \u00ab\u00a0je voudrais bien que tous les hommes soient comme moi; mais chacun re\u00e7oit de Dieu un don (charisme) particulier, l&rsquo;un celui-ci, l&rsquo;autre celui-l\u00e0. Je dis donc aux c\u00e9libataires et aux veuves qu&rsquo;il est bon de rester ainsi comme moi.\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00ab\u00a0Rester ainsi comme moi\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire\u00a0<i>agamos<\/i>, mot grec qui signifie litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0sans mariage, sans noces\u00a0\u00bb et terme que Paul emploie pour d\u00e9signer c\u00e9libataires, femme sans mari, soit c\u00e9libataire soit s\u00e9par\u00e9e (1 Co 7, 34), veufs et veuves, personnes s\u00e9par\u00e9es de leur conjoint pour raison de conversion ou d\u2019incompatibilit\u00e9 (1 Co 7, 11). En se d\u00e9clarant \u00ab\u00a0agamos\u00a0\u00bb, dans quel groupe Paul se situait-il lui-m\u00eame ? \u00c9tait-il c\u00e9libataire (remarquez qu&rsquo;il ne se dit pas \u00ab\u00a0parthenos\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire vierge), veuf (le Nouveau Testament n&rsquo;a pas de terme propre pour veuf, ce qui laisse la possibilit\u00e9 de traduire ainsi agamos), s\u00e9par\u00e9 pour raison de minist\u00e8re, de conversion ou d&rsquo;incompatibilit\u00e9 dans le mariage ?<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Ne sous-estimez jamais l&rsquo;imagination des ex\u00e9g\u00e8tes. Vous trouverez en biblioth\u00e8que plusieurs publications \u00e0 ce sujet, dans le m\u00eame rayon que les bulletins de sant\u00e9 de l&rsquo;Ap\u00f4tre, \u00e0 propos de la fameuse \u00ab\u00a0\u00e9charde dans la chair\u00a0\u00bb qui le retarde souvent dans ses courses. Comme rabbin, Paul aurait d\u00fb \u00eatre mari\u00e9 en bas \u00e2ge, et les malins tirent d&rsquo;une pr\u00e9tendue exp\u00e9rience matrimoniale malheureuse ses remarques acerbes sur les femmes. Pourtant, Socrate avait \u00e9pous\u00e9 une m\u00e9g\u00e8re et cela n&rsquo;a rien chang\u00e9 \u00e0 sa ma\u00efeutique.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Renan, lui, mariait Paul \u00e0 Lydie identifi\u00e9e en Ph 4, 3 sous le nom g\u00e9n\u00e9ral de \u00ab\u00a0compagnon v\u00e9ritable\u00a0\u00bb qu&rsquo;il propose de traduire au f\u00e9minin! Tout ce que nous savons, et auquel il est prudent de s\u2019en tenir, c&rsquo;est que Paul \u00e9tait \u00ab\u00a0sans mariage\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0sans femme\u00a0\u00bb, qu\u2019il ne se faisait pas suivre comme Pierre et les autres ap\u00f4tres itin\u00e9rants d&rsquo;une femme-s\u0153ur (c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une \u00e9pouse chr\u00e9tienne et non pas d&rsquo;une femme avec laquelle ils vivaient en fr\u00e8re) comme c&rsquo;\u00e9tait son droit, et que ses \u00e9glises auraient aussi \u00e0 nourrir, sous-entend-il.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">2. La femme dons la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne o\u00f9 il entre par sa conversion<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Quels qu&rsquo;aient \u00e9t\u00e9 l&rsquo;exp\u00e9rience matrimoniale de Paul et ses ant\u00e9c\u00e9dents dans le juda\u00efsme, o\u00f9 la femme \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme une mineure passant de la loi de son p\u00e8re \u00e0 celle de son mari, Paul, par sa conversion, entre dans une communaut\u00e9 o\u00f9 on ne fait pas de distinction religieuse entre l&rsquo;homme et la femme. Les ap\u00f4tres n&rsquo;ont jamais h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 baptiser les femmes, l&rsquo;Esprit Saint descend indiff\u00e9remment sur les personnes de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre sexe, les femmes sont disciples de J\u00e9sus au m\u00eame titre que les hommes. Ce sont les femmes qui re\u00e7oivent pour les assembl\u00e9es, la liturgie se faisant \u00e0 domicile, t\u00e9moin la m\u00e8re de Jean-Marc \u00e0 J\u00e9rusalem. Elles poss\u00e8dent des charismes dont rien ne brime l&rsquo;exercice officiel; relisez Ac 2l, 9\u00a0: Philippe l&rsquo;\u00e9vang\u00e9liste, un des sept, avait quatre filles vierges qui proph\u00e9tisaient.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Nous sommes loin de la misogynie ambiante, qui est une r\u00e9gression d&rsquo;ailleurs par rapport aux t\u00e9moignages de la Bible. La situation de la femme se g\u00e2te en Isra\u00ebl apr\u00e8s l&rsquo;Exil jusqu&rsquo;au temps de Paul et par-del\u00e0 l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne. Dans le style des remarques d\u00e9sobligeantes de l\u2019<i>Apocalypse de Mo\u00efse<\/i>, du\u00a0<i>Livre d&rsquo;Adam et d\u2019\u00c8ve<\/i>, de l&rsquo;\u0153uvre de Philon d&rsquo;Alexandrie, Jos\u00e8phe \u00e9crit placidement dans son Contre Apion (11, 24, no. 20l)\u00a0: \u00ab\u00a0La femme, dit la loi, est inf\u00e9rieure \u00e0 l\u2019homme en toutes choses. Aussi doit-elle ob\u00e9ir, non pour \u00eatre humili\u00e9e, mais pour \u00eatre dirig\u00e9e, car c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;homme que Dieu a donn\u00e9 la puissance\u00a0\u00bb. Je n&rsquo;insiste pas; la litt\u00e9rature f\u00e9ministe se charge de nous \u00e9diter de ces tristes floril\u00e8ges h\u00e9las! authentiques. Au temps de J\u00e9sus la femme \u00ab\u00a0jouit\u00a0\u00bb donc d&rsquo;un statut de mineure prot\u00e9g\u00e9e, d&rsquo;une incapacit\u00e9 juridique \u00e0 t\u00e9moigner, d&rsquo;une incapacit\u00e9 chronique \u00e0 jouer un r\u00f4le dans le culte public \u00e0 cause des tabous sexuels li\u00e9s au sang, et d&rsquo;une menace constante de r\u00e9pudiation.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Ce n&rsquo;est que tardivement cependant que, dans le juda\u00efsme, on justifiera son \u00e9tat d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 sociale par Gn 3, 16\u00a0: ton mari dominera sur toi.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Dans cette situation, il ne pouvait y avoir de femme parmi \u00ab\u00a0les Douze\u00a0\u00bb. C\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 \u00e9craser le message dans l&rsquo;\u0153uf, le rendre muet et irrecevable, la femme \u00e9tant l\u00e9galement incapable de prendre la parole en public, devant les tribunaux et en synagogue, lieux privil\u00e9gi\u00e9s du \u00ab\u00a0t\u00e9moignage\u00a0\u00bb. J\u00e9sus lui-m\u00eame a bien essay\u00e9 de briser ces barri\u00e8res au matin de P\u00e2ques. Il a confi\u00e9 \u00e0 des femmes la Bonne Nouvelle par excellence \u00e0 l&rsquo;adresse des ap\u00f4tres. Les Douze ont r\u00e9torqu\u00e9\u00a0: ragots de femmes!<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">D\u00e9j\u00e0 dans les quelques d\u00e9tails que nous livrent les\u00a0<i>Actes<\/i>\u00a0et les\u00a0<i>\u00c9p\u00eetres<\/i>\u00a0sur la pr\u00e9sence des femmes dans l&rsquo;\u00c9glise primitive, nous sommes \u00e0 cent lieues, je le r\u00e9p\u00e8te, de la misogynie ambiante&#8230; \u00e0 mille lieues de Baudelaire qui disait\u00a0: \u00ab\u00a0Je me demande m\u00eame comment il se fait qu&rsquo;on permette aux femmes d&rsquo;entrer \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise. Quelle conversation peuvent-elles avoir avec Dieu ?\u00a0\u00bb La r\u00e9ponse est sans doute dans la sorte de femmes que Baudelaire fr\u00e9quentait! Pour les motifs qui d\u00e9pendaient de lui!<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">3. La femme dans les communaut\u00e9s que Paul fonde<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Compte tenu de la dimension restreinte des \u00e9crits pauliniens, un grand nombre de figures f\u00e9minines s&rsquo;y profilent. Un assez grand nombre pour qu&rsquo;on ne soit pas tent\u00e9 de d\u00e9cider que les quelques noms cit\u00e9s sont des cas exceptionnels. Nous les trouvons dans les salutations des \u00e9p\u00eetres. Sauf Lydie que nous rencontrons dans les\u00a0<i>Actes<\/i>, au bord d&rsquo;une rivi\u00e8re un beau samedi matin, pr\u00e8s de Philippes en Mac\u00e9doine. Lisons ce passage d&rsquo;une fra\u00eecheur particuli\u00e8re\u00a0:<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00ab\u00a0Une fois assis, nous avons parl\u00e9 aux femmes qui se trouvaient r\u00e9unies dans ce lieu de pri\u00e8re. L&rsquo;une d&rsquo;elles, nomm\u00e9e Lydie, une marchande de pourpre originaire de la ville de Thyatire, qui adorait d\u00e9j\u00e0 Dieu, \u00e9tait tout oreilles; car le Seigneur avait ouvert son c\u0153ur pour la rendre attentive aux paroles de Paul. Lorsqu&rsquo;elle eut re\u00e7u le bapt\u00eame, elle et sa maison, elle nous invita en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0Puisque vous estimez que je crois au Seigneur, venez loger chez moi.\u00a0\u00bb Et elle nous a forc\u00e9s d&rsquo;accepter.\u00a0\u00bb\u00a0 (Ac 16, l3-15)<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Songez que plus tard le farouche Paul n&rsquo;acceptera de cadeaux que de ses chers Philippiens, cadeaux dus \u00e0 l&rsquo;initiative de Lydie peut-\u00eatre, qui a le don de \u00ab\u00a0forcer \u00e0 accepter\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Passons \u00e0 Rm 16 et notons les noms f\u00e9minins, oui, mais notons surtout les qualificatifs qui les accompagnent. Ces salutations nous rendent le ton de Paul avec ses relations f\u00e9minines, ton tout diff\u00e9rent de ses fulminations \u00e9pisodiques.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Verset 1<\/i>\u00a0\u2013 \u00ab\u00a0Phoeb\u00e9, notre s\u0153ur, diaconesse de l&rsquo;\u00e9glise de Cenchr\u00e9es\u00a0\u00bb. On croit peut-\u00eatre lui faire honneur ou lui rendre justice en traduisant le mot grec\u00a0<i>diokonos<\/i>\u00a0par diacre au f\u00e9minin. Remarque-t-on suffisamment que Paul lui-m\u00eame se d\u00e9crit avec le m\u00eame terme\u00a0: \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00c9vangile dont moi, Paul, je suis devenu le \u00ab\u00a0diakonos\u00a0\u00bb (Col 1, 23,25; Ep3, 7; cf. 2 Co 3, 6; 6, 4; 11, 23), qu&rsquo;il use de la m\u00eame phrase pour pr\u00e9senter \u00ab\u00a0Timoth\u00e9e, notre fr\u00e8re, diakonos de Dieu dans l&rsquo;annonce du Christ\u00a0\u00bb (l Th 3, 2 cf. 1 Tm 4, 6; 2 Tm 4, 5). Notre s\u0153ur Phoeb\u00e9 est donc dite \u00ab\u00a0ministre\u00a0\u00bb comme Paul et Timoth\u00e9e&#8230; qui \u00e9taient au moins \u00e9v\u00eaques! Ce qui ne prouve pas qu&rsquo;il faille parler de \u00ab\u00a0Son Excellence Phoeb\u00e9\u00a0\u00bb, car les titres de la hi\u00e9rarchie eccl\u00e9siale du vingti\u00e8me si\u00e8cle ne correspondent pas lexicalement, point par point, avec les fonctions \u00e9nonc\u00e9es dans le Nouveau Testament. Ce qui prouve cependant que Paul n&#8217;emploie pas un vocabulaire diff\u00e9rent quand il \u00e9crit de sa propre mission et de celle d&rsquo;une chr\u00e9tienne de Cenchr\u00e9es.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Verset 3<\/i>\u00a0\u2013 \u00ab\u00a0Prisca (ou Priscille ou Priscilla) et Aquilos, mes collaborateurs en J\u00e9sus-Christ\u00a0\u00bb. Prisca ma collaboratrice, autre qualificatif appliqu\u00e9 \u00e0 Timoth\u00e9e quelques versets plus loin (cf. v. 21), et peut-on avoir \u00e9t\u00e9 plus proche de Paul dans ses travaux apostoliques que Timoth\u00e9e lui-m\u00eame ? L&rsquo;activit\u00e9 de Prisca appara\u00eet partout dans la correspondance de Paul. Elle le pr\u00e9c\u00e8de \u00e0 Corinthe, \u00e0 Eph\u00e8se, dans l&rsquo;instruction d&rsquo;Apollos et \u00e0 Rome. Sauf en 1 Co 16, 19, cette \u00e9tonnante femme est nomm\u00e9e avant son mari Aquilos, pr\u00e9s\u00e9ance surprenante pour l&rsquo;\u00e9poque (Rm 16, 3; 2 Tm 4, 19; Ac 18, 26).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Verset 6<\/i>\u00a0\u2013 \u00ab\u00a0Marie qui s&rsquo;est donn\u00e9 beaucoup de peine\u00a0\u00bb, dont le z\u00e8le est d\u00e9crit par le terme r\u00e9serv\u00e9 aux fatigues proprement apostoliques, comme on le voit au verset 12 au sujet de Tryph\u00e8ne et Tryphose qui se sont \u00ab\u00a0donn\u00e9 beaucoup de peine dans le Seigneur\u00a0\u00bb et au sujet de Paul et de ses collaborateurs masculins en des passages trop nombreux pour les \u00e9num\u00e9rer. De toute \u00e9vidence, il ne s&rsquo;agit pas ici de la fatigue, m\u00eame louable, de balayer la sacristie ou de tenir les comptes de la paroisse, mais du service de la parole et de la pri\u00e8re.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Verset 7<\/i>\u00a0\u2013 \u00ab\u00a0Andronicus et Junias, ap\u00f4tres \u00e9minents.\u00a0\u00bb Si Junias est l&rsquo;\u00e9pouse d&rsquo;Andronicus, ce qui reste possible, une femme serait dite ap\u00f4tre, ce qui reste possible \u00e9galement, car l&rsquo;appellation ne d\u00e9signait pas que les Douze.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Verset 12<\/i>\u00a0\u2013 \u00ab\u00a0Ma ch\u00e8re Persis qui s&rsquo;est donn\u00e9 beaucoup de peine dans le Seigneur.\u00a0\u00bb Nous retrouvons le lien affectueux fond\u00e9 sur une collaboration \u00e9troite.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">\u00a0<span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Ph 4, 2<\/i>\u00a0\u2013 \u00ab\u00a0Evodie et Syntych\u00e8&#8230; elles ont lutt\u00e9 avec moi pour l&rsquo;\u00c9vangile, en m\u00eame temps que Cl\u00e9ment et tous mes autres collaborateurs.\u00a0\u00bb Deux autres femmes re\u00e7oivent reconnaissance officielle de leurs services d&rsquo;\u00c9glise, m\u00eame si, par leurs d\u00e9saccords fr\u00e9quents, elles mentent \u00e0 leurs noms qui signifient litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0chemin facile\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0rencontre\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Phm 1, 2<\/i>\u00a0\u2013 \u00ab\u00a0Apphia notre s\u0153ur\u00a0\u00bb a le m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre la seule femme mentionn\u00e9e dans une adresse. Nous ne saurons probablement jamais rien d&rsquo;autre d&rsquo;elle que son titre de chr\u00e9tienne et l&rsquo;amiti\u00e9 que Paul lui portait, puisque rien dans l&rsquo;\u00e9tiquette du temps ne l&rsquo;obligeait \u00e0 la saluer, m\u00eame comme \u00e9pouse de Phil\u00e9mon, si tel \u00e9tait le cas.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">On le voit donc, Paul ne fait pas que saluer chaleureusement quelques chr\u00e9tiennes au passage, accordant \u00e0 ces femmes une place et un honneur peu coutumiers dans les correspondances d&rsquo;homme \u00e0 homme de l&rsquo;\u00e9poque. Il s&rsquo;inqui\u00e8te de ses \u00ab\u00a0tr\u00e8s ch\u00e8res\u00a0\u00bb, les recommande une \u00e0 une \u00e0 la sollicitude des communaut\u00e9s, mais surtout les situe pour nous dans des activit\u00e9s qui, plus tard, deviendront des fonctions d&rsquo;\u00c9glise, et rappelle leurs services signal\u00e9s. Il est clair qu&rsquo;il avait confi\u00e9 \u00e0 ces femmes des responsabilit\u00e9s plus importantes que n&rsquo;en d\u00e9tiennent leurs cons\u0153urs dans l&rsquo;\u00c9glise du vingti\u00e8me si\u00e8cle.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Rappelons une corroboration de notre lecture dans la lettre de Pline le Jeune \u00e0 l&#8217;empereur Trajan en l&rsquo;an 110. Jugeant de son devoir d&rsquo;en apprendre plus long sur la secte des chr\u00e9tiens, Pline rapporte avoir fait arr\u00eater deux chr\u00e9tiennes importantes appel\u00e9es\u00a0<i>ministrae<\/i>\u00a0qu&rsquo;il a pu soumettre \u00e0 la torture car elles \u00e9taient esclaves. Des femmes donc exer\u00e7aient un minist\u00e8re assez important pour qu&rsquo;une police d&rsquo;\u00e9tat les consid\u00e8re comme source de renseignements pr\u00e9cieux, et, descendons encore d&rsquo;un \u00e9chelon dans l&rsquo;\u00e9chelle sociale, des femmes qui n&rsquo;\u00e9taient que des\u00a0 esclaves!<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Plus g\u00e9n\u00e9ralement, notons que Paul s&rsquo;adressait \u00e0 ses convertis comme \u00e0 ses fr\u00e8res et \u00e0 ses s\u0153urs. Une chr\u00e9tienne, c&rsquo;est une s\u0153ur et non une fille, une prot\u00e9g\u00e9e, une mineure, m\u00eame pour Paul avec sa pr\u00e9s\u00e9ance et l&rsquo;autorit\u00e9 r\u00e9elle qu&rsquo;il savait exercer avec force le cas \u00e9ch\u00e9ant. Dans l&rsquo;univers paulinien, les femmes se tiennent debout, se posent comme autonomes.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Il est vrai qu&rsquo;en arrivant en Gr\u00e8ce et dans certains milieux plus romanis\u00e9s, le rabbin Paul y a trouv\u00e9 une femme \u00e9mancip\u00e9e par rapport \u00e0 la femme juive. Lydie menait son commerce. Elle n&rsquo;est pas dite \u00e9pouse d&rsquo;un marchand de pourpre. La femme grecque de la classe marchande semble avoir eu plus de libert\u00e9 que la femme de haut rang dont le contrat de mariage comportait la clause\u00a0: \u00ab\u00a0pas de d\u00e9placements sans le consentement du mari\u00a0\u00bb. \u00c0 Corinthe, on conna\u00eet par ailleurs la pr\u00e9sence des h\u00e9ta\u00efres, ces\u00a0<i>geishas<\/i>\u00a0antiques. Cultiv\u00e9es, courtisanes de grande classe, elles exer\u00e7aient une influence r\u00e9elle dans des salons litt\u00e9raires et philosophiques masquant des soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes \u00e0 caract\u00e8re politique.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">On imagine mal que ces femmes, une fois converties, ne trouvent pas tout naturel d&rsquo;avoir autant d&rsquo;initiative dans l&rsquo;\u00c9glise, pour son culte, son organisation, sa vie. Et comme les dons de l&rsquo;Esprit sont sans discrimination de sexe, il s&rsquo;ensuivit certains probl\u00e8mes d&rsquo;effervescence! Par sa naissance en diaspora, Paul \u00e9tait cependant pr\u00e9par\u00e9 aux diff\u00e9rences de milieux. Il montrera plus de souplesse que Jacques, par exemple, natif de Galil\u00e9e, \u00e9v\u00eaque de J\u00e9rusalem, confin\u00e9 aux horizons d&rsquo;Isra\u00ebl.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Mais plus nous avan\u00e7ons dans la connaissance de Paul et de son monde, plus nous voyons mal, ou moins nous voyons bien, comment et textes litigieux contre les femmes et textes affectueux \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des femmes peuvent couler de la m\u00eame encre, relever de ce m\u00eame auteur.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">II. Les contradictions d&rsquo;un g\u00e9nie ?<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Comment peut-on en effet concilier deux textes aussi oppos\u00e9s que\u00a0:<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">1 Co 11, 9 \u2013 L&rsquo;homme n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par la femme, mais la femme par l&rsquo;homme (o\u00f9 \u00ab\u00a0par\u00a0\u00bb signifie \u00ab\u00a0au moyen\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0\u00e0 travers\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0gr\u00e2ce \u00e0\u00a0\u00bb).<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Ga 3, 28 \u2013 Il n&rsquo;y a plus l&rsquo;homme et la femme, car tous vous n&rsquo;\u00eates qu&rsquo;un en J\u00e9sus-Christ.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Deux textes dont l&rsquo;un est aussi peu chr\u00e9tien que l&rsquo;autre est supr\u00eamement \u00e9vang\u00e9lique. Et il y en a d&rsquo;autres. Comment les ex\u00e9g\u00e8tes proc\u00e8dent-ils devant de telles contradictions ? \u00c0 partir de quelques exemples, examinons ce qui a \u00e9t\u00e9 fait et ce qui reste \u00e0 faire, \u00e0 mon avis, pour l&rsquo;interpr\u00e9tation de ces textes.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">1. 1 Co 14, 34-35<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Je le cite \u00e0 cause de sa bri\u00e8vet\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Comme cela se fait dans les \u00e9glises des saints, que les femmes se taisent dans les assembl\u00e9es\u00a0: elles n&rsquo;ont pas la permission de parler; elles doivent rester soumises, comme dit aussi la loi. Si elles d\u00e9sirent s&rsquo;instruire sur quelque d\u00e9tail, qu&rsquo;elles interrogent leur mari \u00e0 la maison. Il n&rsquo;est pas convenable qu&rsquo;une femme parle dans les assembl\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Premier probl\u00e8me et premi\u00e8re interpr\u00e9tation<\/i>\u00a0\u2013 Le d\u00e9bit chaotique du passage am\u00e8ne \u00e0 conclure que ces deux versets ont \u00e9t\u00e9 interpol\u00e9s. Faites-en l&rsquo;exp\u00e9rience\u00a0: Lisez en sautant du verset 33 au verset 36 et le sens s&rsquo;\u00e9clairera. Certains manuscrits placent d&rsquo;ailleurs les versets 34 et 35 apr\u00e8s le verset 40.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Deuxi\u00e8me interpr\u00e9tation<\/i>\u00a0\u2013 Nos versets douteux rappellent \u00e9trangement certains passages des \u00e9p\u00eetres pastorales, comme 1 Tm 2, ll-15; 2 Tm 3,6; Tt 2, 3-5. De nombreux ex\u00e9g\u00e8tes soup\u00e7onnent un scribe f\u00e9ru de querelle antignostique d&rsquo;avoir ins\u00e9r\u00e9 ici ces versets des Pastorales. Le sujet s&rsquo;y pr\u00eate. La consigne de mod\u00e9ration dans la parole impos\u00e9e \u00e0 diverses cat\u00e9gories d&rsquo;intervenants dans les assembl\u00e9es de pri\u00e8re s&rsquo;\u00e9tendra facilement aux femmes, et pourquoi pas ?<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Or, on a de s\u00e9rieuses raisons de mettre en doute l&rsquo;authenticit\u00e9 paulinienne des Pastorales. En plusieurs points, elles inversent l&rsquo;enseignement contenu dans le corpus identifi\u00e9 comme solidement paulinien. Dans le cas des femmes pr\u00e9cis\u00e9ment, les Pastorales leur interdisent de prendre la parole en assembl\u00e9e, alors que 1 Co 11 les y laisse prier et proph\u00e9tiser \u00e0 haute voix au m\u00eame titre que les hommes. Ces lettres les replacent dans I&rsquo;ordre de la chute alors qu&rsquo;elles ont \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9es par le Christ et par la pratique des Ap\u00f4tres apr\u00e8s lui. Elles les retournent \u00e0 leurs cuisines, alors que les grandes \u00e9p\u00eetres les montrent fort actives dans la vie communautaire. Que les veuves se remarient, d\u00e9clare 1 Tm 5, 14-15, alors que 1 Co 7 leur conseille de rester seules. Car les femmes ne seront sauv\u00e9es que par la maternit\u00e9 selon ces m\u00eames Pastorales, en d\u00e9pit du conseil de virginit\u00e9 de 1 Co 7.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Donc, si un scribe anonyme a pris l&rsquo;initiative d&#8217;emprunter \u00e0 des \u00e9p\u00eetres d&rsquo;origine contest\u00e9e ces deux versets qui brouillent le texte, on est en droit, et non seulement pour se tirer une \u00e9pine du pied, de les rayer de la discussion ou d&rsquo;h\u00e9siter \u00e0 fonder sur eux une discussion valable.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><i>Troisi\u00e8me interpr\u00e9tation<\/i>\u00a0\u2013 Que rec\u00e8le l&rsquo;analyse des \u00e9l\u00e9ments de ce texte ? Les deux versets intiment une d\u00e9fense g\u00e9n\u00e9rale de \u00ab\u00a0parler\u00a0\u00bb (en grec\u00a0:\u00a0<i>lalein<\/i>), sans autre pr\u00e9cision. Notez que dans le reste du passage le type de prise de parole en assembl\u00e9e est sp\u00e9cifi\u00e9\u00a0: chanter un cantique, enseigner, apporter une r\u00e9v\u00e9lation, parler en langues, interpr\u00e9ter, proph\u00e9tiser. Sauf dans le cas du fr\u00e8re qui re\u00e7oit de Paul l&rsquo;ordre de se taire si personne ne peut interpr\u00e9ter son discours en langues. Qu&rsquo;il se parle alors \u00e0 lui-m\u00eame et \u00e0 Dieu (v. 28).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">De plus, de quelle loi s&rsquo;agit-il au v. 34 ? Paul, champion de la distanciation par rapport \u00e0 la Loi de Mo\u00efse, la r\u00e9introduirait-il ici ? Enfin, \u00e0 supposer que nous n&rsquo;ayons pas affaire \u00e0 une interpolation, remarquez le d\u00e9roulement du passage \u00e0 partir du v. 26. Quant au \u00ab\u00a0parler en langues\u00a0\u00bb, que deux ou trois s&rsquo;en acquittent, et l&rsquo;un apr\u00e8s l&rsquo;autre et avec interpr\u00e9tation simultan\u00e9e, sinon qu&rsquo;ils se taisent. M\u00eame proc\u00e9d\u00e9 pour la proph\u00e9tie, et le proph\u00e8te doit se taire si un fr\u00e8re \u00e9met une r\u00e9v\u00e9lation soudaine. Comptez le nombre de personnes\u00a0 qui doivent se taire \u00e0 partir de la premi\u00e8re \u00e9limination du d\u00e9but en faveur de quelque deux ou trois. Pourquoi pas les femmes aussi pendant qu&rsquo;on y est. Ce qui fait beaucoup de silence, commenterait Montherlant pour des raisons autres que le souci d&rsquo;ordre, de clart\u00e9, de communication dans la pri\u00e8re qui pousse Paul \u00e0 ces recommandations (\u00ab\u00a0Tant de choses ne valent pas d&rsquo;\u00eatre dites. Et tant de gens ne valent pas que les autres choses leur soient dites. Cela fait beaucoup de silence.\u00a0\u00bb \u2013\u00a0<i>Le ma\u00eetre de Santiago<\/i>, acte II, sc\u00e8ne 1). Conclure \u00e0 partir des versets 34 et 35 qu&rsquo;une femme, en tant que femme, ne peut enseigner en \u00c9glise suppose vraiment quelque prouesse dialectique plut\u00f4t retorse. \u00c0 moins de conclure \u00e9galement, selon la logique du passage global, au muselage de plusieurs locuteurs masculins, ce qui ferait beaucoup de silence, en effet.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">2. 1 Co 11, 2-16<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Le voici ce texte c\u00e9l\u00e8bre qui, de la citation scripturaire au mouvement d&rsquo;impatience, \u00e9puise tous les arguments pour nous convaincre que la femme doit prier Dieu la t\u00eate voil\u00e9e. Il va nous permettre d&rsquo;avancer d&rsquo;un pas de plus dans notre d\u00e9marche d&rsquo;interpr\u00e9tation. Combien il nous g\u00eane et dans ses conclusions et dans ses illogismes et dans notre admiration pour un Paul par ailleurs si g\u00e9nial! Combien nous sommes tent\u00e9s d&rsquo;en disposer par des moyens scientifiques pseudo-l\u00e9gitimes!<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">H\u00e9las! impossible d&rsquo;invoquer l&rsquo;interpolation. Aucun indice dans les manuscrits ne confirme cette hypoth\u00e8se. Inutile d&rsquo;attaquer son authenticit\u00e9. Il fait partie d&rsquo;une \u00e9p\u00eetre bien paulinienne s&rsquo;il en fut jamais. Quant aux \u00e9l\u00e9ments du texte, ils nous invitent \u00e0 des analyses sherlockholmenesques dont nous n&rsquo;entrevoyons pas encore la solution. \u00c0 mon avis, nous nous butons \u00e0 un des passages les plus \u00e9nigmatiques du Nouveau Testament, quand ce ne serait que de ne pouvoir le r\u00e9p\u00e9ter quand on l&rsquo;a lu avec un rythme normal. Agac\u00e9s, agac\u00e9es encore plus, nous retournons au d\u00e9but de la tirade. Qu&rsquo;est-ce que Paul a bien pu vouloir dire ?<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Ne comptez pas non plus sur le recours au texte grec. \u00c0 moins que vous n&rsquo;arriviez \u00e0 surmonter quelques petites difficult\u00e9s de traduction! Comme le jeu de mots constant sur t\u00eate et chef. Comme la teneur du mot gloire au sujet de la femme d\u00e9clar\u00e9e gloire de l&rsquo;homme que certains ex\u00e9g\u00e8tes ont voulu modifier en \u00ab\u00a0reflet de l&rsquo;homme\u00a0\u00bb. Comme l&rsquo;acception du mot exousia au verset 10, ordinairement traduit par \u00ab\u00a0marque de soumission\u00a0\u00bb, alors que partout ailleurs, y compris dans la m\u00eame \u00e9p\u00eetre (cf. 1 Co 6, 12; 7, 4, 37) il signifie pouvoir, puissance. Comme la valeur de l&rsquo;expression \u00ab\u00a0\u00e0 cause des anges\u00a0\u00bb que, avouons-le, personne n&rsquo;arrive \u00e0 d\u00e9chiffrer de fa\u00e7on concluante. Comme le sens de l&rsquo;adverbe\u00a0<i>pl\u00e8n<\/i>(v. 11) qui constitue la charni\u00e8re qui ouvre le deuxi\u00e8me volet du texte; sentez l&rsquo;ensemble basculer dans la correction, l&rsquo;att\u00e9nuation ou la confirmation du point de vue \u00e9nonc\u00e9 selon que vous lirez avec certains traducteurs\u00a0: \u00ab\u00a0pourtant\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0cependant\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0toutefois\u00a0\u00bb, et avec d&rsquo;autres\u00a0: \u00ab\u00a0de plus\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0en fin de compte\u00a0\u00bb. Comme, enfin, les nuances de la pr\u00e9position\u00a0<i>dia<\/i>\u00a0et les cas grammaticaux qu&rsquo;elle commande, aux versets 9 et 12 surtout, qui changeront le sort de la femme venue \u00e0 travers l&rsquo;homme (Gn 2) en cr\u00e9ation de la femme pour l&rsquo;homme, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour son service; sans oublier son emploi dans l&rsquo;expression \u00ab\u00a0\u00e0 cause des anges\u00a0\u00bb responsable d&rsquo;une\u2026 lueur d&rsquo;obscurit\u00e9 jet\u00e9e sur tout l&rsquo;ensemble. Oh! clart\u00e9 grecque m\u00e8re de la clart\u00e9 fran\u00e7aise.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">L&rsquo;enqu\u00eate sur les coutumes vestimentaires au sujet de la coiffure n&rsquo;\u00e9claire rien ni personne non plus. Le voile signifie diff\u00e9remment, dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du globe, \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9poques et, avouons-le encore, selon les diff\u00e9rentes enqu\u00eates men\u00e9es par diff\u00e9rents enqu\u00eateurs.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Le d\u00e9roulement, de la discussion ach\u00e8ve enfin de jeter le lecteur dans la confusion. Nous passons de la preuve contraignante de l&rsquo;\u00c9criture, d&rsquo;ailleurs reprise et invers\u00e9e apr\u00e8s le v. 11, \u00e0 la libert\u00e9 du jugement personnel (v. l3), \u00e0 l&rsquo;argument de nature (v. 14\u00a0: La nature elle-m\u00eame ne nous enseigne-t-elle pas qu&rsquo;il est d\u00e9shonorant pour l&rsquo;homme de porter les cheveux long&#8230;), \u00e0 la col\u00e8re (v. l6\u00a0: Et si quelqu&rsquo;un se pla\u00eet \u00e0 contester, nous n&rsquo;avons pas cette habitude et les \u00e9glises de Dieu non plus).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">La porte claque sur un interlocuteur qui a senti l&rsquo;impasse et les faiblesses de sa performance. Le rabbin raffin\u00e9, dipl\u00f4m\u00e9 de l&rsquo;universit\u00e9 de J\u00e9rusalem sous l&rsquo;illustre Gamaliel s&rsquo;est surpris \u00e0 \u00e9crire, \u00e0 dicter, contre toute r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;un texte de la Gen\u00e8se qu&rsquo;il sait pourtant par c\u0153ur\u00a0: \u00ab\u00a0l&rsquo;homme est l&rsquo;image et la gloire de Dieu, la femme la gloire de l&rsquo;homme\u00a0\u00bb, (l Co 11, 7). Or, l&rsquo;homme\u00a0<i>et<\/i>\u00a0la femme sont image de Dieu. \u00ab\u00a0Le jour o\u00f9 Dieu cr\u00e9a l&rsquo;homme, il le fit \u00e0 la ressemblance de Dieu, m\u00e2le et femelle il les cr\u00e9a, il les b\u00e9nit et les appela du nom d&rsquo;homme au jour de leur cr\u00e9ation.\u00a0\u00bb (Gn 5, l-2; 1, 26-27). Paul n&rsquo;\u00e9crit pas que la femme est l&rsquo;image et la gloire de l&rsquo;homme, non. Le mot image saute, mais la hi\u00e9rarchisation qu&rsquo;il \u00e9tablit dans la gloire ne cesse de confondre les habitu\u00e9s du monde biblique.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Ces obscurit\u00e9s additionn\u00e9es conduisent les chercheurs \u00e0 poser une distinction entre textes dits doctrinaux et textes dits disciplinaires. Cette distinction vaut, certes, par elle-m\u00eame. Pour le passage qui nous pr\u00e9occupe, elle nous aide \u00e0 exon\u00e9rer Paul. Un texte disciplinaire sur un point d&rsquo;aussi peu d&rsquo;importance que l&rsquo;obligation faite aux femmes de porter un voile sur la t\u00eate n&rsquo;entache gu\u00e8re sa m\u00e9moire. Pourtant la distinction ne r\u00e9sout pas tout, surtout pas la manipulation de la Gen\u00e8se qui, elle, est d&rsquo;ordre doctrinal. Elle n&rsquo;explique pas non plus un curieux ph\u00e9nom\u00e8ne. Pourquoi des textes disciplinaires mineurs ont-ils plus influenc\u00e9 les pasteurs de l&rsquo;\u00c9glise dans leur attitude envers les femmes que les affirmations doctrinales de grand souffle comme\u00a0: \u00ab\u00a0dans le Christ J\u00e9sus, il n&rsquo;y a plus de distinction entre l&rsquo;homme et la femme\u00a0\u00bb ? Selon quel recoupement herm\u00e9neutique ?<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">De toute fa\u00e7on, ces r\u00e9glementations d&rsquo;assembl\u00e9es d&rsquo;un autre \u00e2ge ne valent pas le temps perdu \u00e0 les scruter, me direz-vous. Cependant, le document de Rome contre l&rsquo;ordination sacerdotale des femmes, en date du 15 octobre 1976, puise pr\u00e9cis\u00e9ment en 1 Co 11, 7 (et Gn 2, 18-24) la formulation du plan divin de la cr\u00e9ation pour la femme, apr\u00e8s avoir dispos\u00e9 de l&rsquo;ensemble du passage (l Co 11, 2-16) comme de \u00ab\u00a0ces ordonnances, probablement inspir\u00e9es par les usages du temps, (qui) ne concernent gu\u00e8re que des pratiques disciplinaires de peu d&rsquo;importance\u2026 de telles exigences n&rsquo;ont plus de valeur normative\u00a0\u00bb (paragraphe 4, pp. 9-10 de l&rsquo;\u00e9dition de Fides). Le m\u00eame document d\u00e9clare \u00ab\u00a0de nature diff\u00e9rente\u00a0\u00bb \u00e0 ces prescriptions p\u00e9rim\u00e9es 1 Co 14, 34-35, ce qui prouve pour le moins qu&rsquo;il y aurait int\u00e9r\u00eat \u00e0 poursuivre l&rsquo;\u00e9tude de ces vieux textes et que la distinction commode entre passages d&rsquo;ordre doctrinal et passages d&rsquo;ordre disciplinaire n&rsquo;\u00e9puise pas le sujet.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><em><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">3. Ep 5, 2l-27<\/span><\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Ces sept versets nous serviront \u00e0 introduire une autre distinction dans notre r\u00e9flexion, celle du social et du religieux dans un m\u00eame texte. Comme la pr\u00e9c\u00e9dente, elle pose autant de probl\u00e8mes qu&rsquo;elle n&rsquo;en apaise. \u00ab\u00a0Femmes, soyez soumises \u00e0 vos maris\u00a0\u00bb, le vieux commandement us\u00e9 par r\u00e9p\u00e9tition et sa r\u00e9ciproque toute neuve, si peu utilis\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0maris, aimez vos femmes, comme vous-m\u00eames, jusqu&rsquo;\u00e0 donner votre vie pour elles, comme le Christ a aim\u00e9 son \u00c9glise\u00a0\u00bb! Mais continuez la lecture\u00a0: \u00ab\u00a0enfants, ob\u00e9issez \u00e0 vos parents, parents n&rsquo;exasp\u00e9rez pas vos enfants; esclaves, servez vos ma\u00eetres comme si vous serviez le Seigneur, ma\u00eetres, laissez de c\u00f4t\u00e9 la menace, vous avez comme eux et avec eux un ma\u00eetre dans les cieux, et devant lui il n&rsquo;y a d&rsquo;exception pour personne\u00a0\u00bb. Rappelez vos souvenirs de lecture. Nous retrouvons la m\u00eame cadence autour de Col 3, I 8- 19 et de Tt 2, 5, mais sans la r\u00e9ciproque dans ce dernier cas. Les couples \u00e9pouses\/maris, enfants\/parents, esclaves\/ma\u00eetres sont li\u00e9s sous un m\u00eame rapport domin\u00e9\/dominant et trait\u00e9s ensemble. La structure sociale du temps impose ce rapport. Paul n&rsquo;y peut rien et l&rsquo;am\u00e9liore d\u00e9j\u00e0 en demandant une r\u00e9ciprocit\u00e9 de bons proc\u00e9d\u00e9s.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Continuons \u00e0 le suivre, car il va plus loin. La venue du Christ a supprim\u00e9 ces rapports de dominance. Lisons Ga 3, 27\u00a0:<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">\u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a plus ni Juif ni Grec,<br \/>\nil n&rsquo;y a plus ni esclave ni homme libre,<br \/>\nil n&rsquo;y a plus l&rsquo;homme et la femme;<br \/>\ncar tous vous n&rsquo;\u00eates qu&rsquo;un en J\u00e9sus-Christ.\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Cette phrase ressemble \u00e9trangement \u00e0 l&rsquo;envers de sa pri\u00e8re au temps o\u00f9 il \u00e9tait pharisien\u00a0: \u00ab\u00a0Je te remercie, \u00f4 Dieu, de m&rsquo;avoir fait ni pa\u00efen, ni esclave, ni femme\u00a0\u00bb. Modestement, je te loue donc, Seigneur, de m&rsquo;avoir fait na\u00eetre du c\u00f4t\u00e9 dominant, c&rsquo;est-\u00e0-dire m\u00e2le, libre et Juif.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Mais J\u00e9sus a supprim\u00e9 les cat\u00e9gories qui divisaient. L&rsquo;homme ne peut r\u00e9pudier une inf\u00e9rieure devenue son \u00e9gale. Vous n&rsquo;avez qu&rsquo;un seul P\u00e8re, aux cieux, vous \u00eates tous fr\u00e8res dans une \u00c9glise de type fraternel. Le royaume appartient aux enfants, aux adultes qui ont r\u00e9appris l&rsquo;enfance. Les rapports du sang ont eux-m\u00eames chang\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Qui sont mes fr\u00e8res, ma m\u00e8re ?\u00a0\u00bb Si vous voulez devenir ma\u00eetre, adoptez le r\u00f4le du serviteur. Les derniers seront les premiers, non pour cr\u00e9er une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de premiers, mais pour que tous soient premiers, r\u00e9ussis, aim\u00e9s.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">D&rsquo;apr\u00e8s Ep 5,21-27 et ses parall\u00e8les, auxquels il faudrait joindre les remarques sur les citoyens \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;autorit\u00e9 (Rm 13, l-7), des rapports supprim\u00e9s par le Christ perdurent toujours dans la soci\u00e9t\u00e9 et font l&rsquo;objet de conseils. Pour les lire, qui ne comprendrait que la distinction du social et du religieux arrive \u00e0 point. \u00c0 sa lumi\u00e8re, on excusera Paul d&rsquo;accuser un retard dans ses exhortations pratiques par rapport \u00e0 sa grandiose vision th\u00e9ologique de Ga 3. Conseiller la soumission alors qu&rsquo;on sait que la femme est lib\u00e9r\u00e9e de la tutelle de son mari!<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Paul a encore plus voyag\u00e9 dans son \u00e9volution int\u00e9rieure que sur la carte g\u00e9ographique. Au nom de ses pas de g\u00e9ant, on l&rsquo;excusera de rester parfois homme de son temps. Nous le savons tous, les \u00e9volutions de mentalit\u00e9 sont beaucoup plus lentes que les avanc\u00e9es th\u00e9ologiques conceptuelles, m\u00eame quand on y verse la passion d&rsquo;une riche affectivit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Cette distinction commode conserve malheureusement de graves limites. Il y a des r\u00e9formes religieuses qui bouleversent le social ou se donnent mission de le bouleverser. Nous venons d&rsquo;assister \u00e0 la proclamation de la r\u00e9publique islamique en Iran, en plein vingti\u00e8me si\u00e8cle. Comme analyste, si je d\u00e9cante dans les textes le social du religieux, je demeure le principe d&rsquo;identification. Je qualifie le religieux, je nomme le social \u00e0 mon gr\u00e9, ou je plaque un religieux expurg\u00e9 sur une atmosph\u00e8re sociale qui \u00e9chappe \u00e0 mon exp\u00e9rience, et vice versa peu importe les grincements. Je me cantonne dans l&rsquo;ordre de la lettre. La lettre tue, selon le m\u00eame Paul aux Corinthiens.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Au nom de la lettre, on m&rsquo;a fait porter un chapeau pour aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise pendant ma petite enfance. Justement, si on avait distingu\u00e9 alors le social du religieux dans 1Co 11&#8230;? Mais justement, on m&rsquo;a impos\u00e9 ce chapeau au nom du religieux dans 1 Co ll, au nom de la Gen\u00e8se qui y est cit\u00e9e, au nom du poids religieux de l&rsquo;ap\u00f4tre Paul dans le Nouveau Testament. La lettre n&rsquo;a tu\u00e9 personne dans ce cas. Mais d&rsquo;autres ex\u00e9g\u00e8ses de textes de Paul sur la femme ont litt\u00e9ralement tu\u00e9. Le sinistre \u00ab\u00a0Faites votre devoir, madame\u00a0\u00bb, entendu dans la Belle province par plusieurs d&rsquo;entre nous qui ne datons pas tout \u00e0 fait de l&rsquo;Ancien Testament, a fauch\u00e9 bien des femmes \u00e0 coup d&rsquo;accouchements. Elle a tu\u00e9 quelques hommes aussi qui ont d\u00fb se noyer dans l&rsquo;alcool en voyant dispara\u00eetre peu \u00e0 peu une femme qu&rsquo;ils aimaient vraiment. Combien de femmes, m\u00eame parmi les religieuses enseignantes, se sont entendu dire, au nom d&rsquo;une inf\u00e9riorit\u00e9 f\u00e9minine d\u00e9duite de la Bible, qu&rsquo;il ne fallait pas troquer le m\u00e9nage pour les livres, que c&rsquo;\u00e9tait de l&rsquo;orgueil que d&rsquo;aspirer \u00e0 une culture au-del\u00e0 des programmes scolaires obligatoires! \u00ab\u00a0Taisez- vous comme Th\u00e9r\u00e8se de l&rsquo;Enfant-J\u00e9sus\u00a0\u00bb, eh! oui la m\u00eame Th\u00e9r\u00e8se qui \u00e9crivait\u00a0: \u00ab\u00a0Si j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 pr\u00eatre, j&rsquo;aurai \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 fond l&rsquo;h\u00e9breu et le grec afin de conna\u00eetre la pens\u00e9e divine, telle que Dieu daigna l&rsquo;exprimer en notre langage humain.\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Que de tueries! Et il y en aura encore. M\u00eame si les femmes acc\u00e8dent \u00e0 la pr\u00eatrise un jour. L&rsquo;insondable b\u00eatise humaine a de ces ressources in\u00e9puisables.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Et pourtant&#8230;<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Tout est utile et int\u00e9ressant dans les diff\u00e9rentes \u00e9tapes d&rsquo;interpr\u00e9tation que nous avons recens\u00e9es\u00a0: \u00e9tat des manuscrits, authenticit\u00e9 paulinienne de la citation, analyse rigoureuse des \u00e9l\u00e9ments textuels, distinction entre textes doctrinaux et disciplinaires, s\u00e9paration du religieux et du social \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;un m\u00eame texte. Chacune de ces \u00e9tapes demande un long investissement de travail, de temps, et donne de bons r\u00e9sultats, oui, mais ne r\u00e9pond pas \u00e0 toutes nos questions encore une fois.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Il faut int\u00e9grer toutes ces \u00e9tapes \u00e0 son effort de compr\u00e9hension oui, mais surtout les d\u00e9passer dans une meilleure connaissance de Paul et de son oeuvre \u00e9crite. Paul, lui, ne s&rsquo;exprime pas par citations, par phrases d\u00e9tach\u00e9es de leur contexte. Force nous est donc de consid\u00e9rer I&rsquo;ensemble de sa pens\u00e9e qui teinte n\u00e9cessairement des textes qu&rsquo;on tente d&rsquo;interpr\u00e9ter \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;abstraction. Par-del\u00e0 de sympathiques remarques comme\u00a0: \u00ab\u00a0Oh! que la veuve reste donc veuve. Elle sera plus heureuse ainsi\u00a0\u00bb, songez \u00e0 la r\u00e9ciprocit\u00e9 de droits qu&rsquo;il r\u00e9clame pour l&rsquo;\u00e9pouse en 1 Co 7, 2-5\u00a0: \u00ab\u00a0Que le mari remplisse ses devoirs envers sa femme, et que la femme fasse de m\u00eame envers son mari. Ce n&rsquo;est pas la femme qui dispose de son corps, c&rsquo;est son mari. De m\u00eame ce n&rsquo;est pas le mari qui dispose de son corps, c&rsquo;est sa femme.\u00a0\u00bb On avait l\u00e0 tout ce qu&rsquo;il fallait pour lib\u00e9rer la femme esclave de la vie conjugale. On ne l&rsquo;a pas lu. On n&rsquo;a pas voulu le voir.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Escamot\u00e9s de m\u00eame les principes du chapitre 6, versets 12-20 qui servent d&rsquo;en-t\u00eate aux cas particuliers du chapitre 7. N&rsquo;assimilez pas la fonction de la nutrition \u00e0 la fonction sexuelle, le corps du conjoint \u00e0 un bien de consommation. Reconnaissez la grandeur du corps humain, \u00ab\u00a0corps pour le Seigneur et le Seigneur pour le corps\u00a0\u00bb. Rien n&rsquo;indique que la dignit\u00e9 de \u00ab\u00a0temple de l&rsquo;Esprit\u00a0\u00bb ne concerne que le corps masculin, ni que le corps f\u00e9minin puisse passer \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;objet m\u00eame dans le mariage.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Si on avait consacr\u00e9 le m\u00eame z\u00e8le \u00e0 isoler des citations positives pour la femme qu&rsquo;\u00e0 traduire dans la pratique des citations d\u00e9valorisantes, quel sujet de m\u00e9ditation on aurait pu offrir \u00e0 certains maris abusifs\u00a0: \u00ab\u00a0Prendrais-je les membres du Christ pour en faire des membres de prostitu\u00e9es ?\u00a0\u00bb D&rsquo;apr\u00e8s la suite imm\u00e9diate, les \u00ab\u00a0membres du Christ\u00a0\u00bb d\u00e9signent ici le corps masculin qui devient prostitution en s&rsquo;unissant dans la d\u00e9bauche \u00e0 une prostitu\u00e9e. D&rsquo;apr\u00e8s le contexte m\u00e9diat, les \u00ab\u00a0membres du Christ\u00a0\u00bb peuvent aussi bien d\u00e9crire le corps f\u00e9minin. Constatons sans plus de commentaires l&rsquo;effet de nos pr\u00e9jug\u00e9s sur notre fa\u00e7on d&rsquo;utiliser l&rsquo;\u00c9criture.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Le langage de Paul pr\u00e9c\u00e8de nos pr\u00e9jug\u00e9s et nos vues cependant. Ses phrases \u00e0 lui sont aussi d\u00e9termin\u00e9es par les grands axes de sa pens\u00e9e. Comment lire correctement ses remarques sur les femmes sans tenir compte de son anthropologie, par exemple. Pour Paul, depuis qu&rsquo;un des n\u00f4tres a franchi, vaincu la mort, il ne reste plus qu&rsquo;une distinction \u00e0 abolir, celle qui s\u00e9pare l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0psychique\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0pneumatique\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire celle qui distingue la personne humaine qui n&rsquo;est pas encore pass\u00e9e sous la mouvance de l&rsquo;Esprit de celle qui vit d\u00e9j\u00e0 \u00e0 ce registre gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;infusion de cet Esprit, lui-m\u00eame arrhes de r\u00e9surrection.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Finie l&rsquo;ancienne division entre hommes et femmes d&rsquo;autant plus et mieux que Paul raisonne toujours \u00e0 partir de l&rsquo;exp\u00e9rience de cet Esprit. L&rsquo;Esprit s&rsquo;exprime en vous et crie Seigneur, P\u00e8re, donc vous \u00eates chr\u00e9tien et devenu fils. L&rsquo;Esprit s&rsquo;exprime par des charismes aussi bien chez les femmes que chez les hommes, donc l&rsquo;usuelle discrimination n&rsquo;existe plus, et il ne saurait \u00eatre question de faire taire les proph\u00e9tesses, par exemple.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">L&rsquo;ensemble des \u00e9crits de Paul est surtout marqu\u00e9 du sceau de sa conception de la libert\u00e9. Dans cette perspective, ses remarques adress\u00e9es \u00e0 la gent f\u00e9minine d\u00e9tonnent affreusement \u00e0 premi\u00e8re lecture. Une m\u00eame structure ne les homologue-t-elle pas \u00e0 son discours aux esclaves et aux enfants ? \u00c0 ces trois classes en m\u00eame position de d\u00e9pendance compl\u00e8te, il va m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 conseiller de rester soumises, de ne pas bouger et, avec cela, de croire \u00e0 leur lib\u00e9ration, \u00e0 leur noblesse retrouv\u00e9e. On le lui a assez reproch\u00e9 quant aux esclaves, jusqu&rsquo;\u00e0 le traiter de collaborateur, de vendu \u00e0 l&#8217;empire romain.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Mais examinons de plus pr\u00e8s ce discours aux esclaves et, par suite, aux femmes. \u00ab\u00a0\u00c9tais-tu esclave quand tu as \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 ? Ne t&rsquo;en soucie pas; au contraire, alors m\u00eame que tu pourrais te lib\u00e9rer, mets plut\u00f4t \u00e0 profit ta condition d&rsquo;esclave. Car l&rsquo;esclave qui a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 dans le Seigneur est un affranchi du Seigneur. De m\u00eame, celui qui a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 \u00e9tant libre est un esclave du Christ\u00a0\u00bb (l Co 7, 2l-22). La raison de ces conseils trop sages encadre le passage\u00a0: \u00ab\u00a0Que chacun, fr\u00e8res, demeure devant Dieu dans la condition o\u00f9 il se trouvait quand il a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9\u00a0\u00bb (l Co 7 ,17, 24). L&rsquo;ensemble bien loin de former un excursus rompant le fil de la pens\u00e9e, contient le principe d&rsquo;apr\u00e8s lequel Paul \u00e9value, dans ce chapitre 7, les cas particuliers du rapport homme-femme dans une soci\u00e9t\u00e9, principe encadr\u00e9 \u00e0 son tour par une r\u00e8gle encore plus englobante\u00a0: \u00ab\u00a0Tout est permis, mais tout ne convient pas; tout est permis, mais tout n&rsquo;\u00e9difie pas\u00a0\u00bb (l Co 6, 12 et 10, 23).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Ne profitez pas de votre conversion pour vous lib\u00e9rer, parce que ces cha\u00eenes-l\u00e0 que vous portez encore n&rsquo;ont plus d&rsquo;importance. L&rsquo;esclave est devenu un affranchi du Seigneur, l&rsquo;homme libre un esclave du Christ. Vous \u00eates libres dans le Christ, lib\u00e9r\u00e9s m\u00eame de l&rsquo;obsession d&rsquo;une fausse lib\u00e9ration, si libres que la terre, l&rsquo;univers vous appartient dans votre appartenance au Christ et \u00e0 Dieu. Attention, cependant, si tout vous est permis, tout ne convient pas; votre \u00e9lan peut heurter un fr\u00e8re nou\u00e9 dans sa conscience \u00e9troite. Ne vous retirez donc pas de la vie quotidienne (cf. Rm 13, l-7). La religion, le politique, le social constituent un ensemble; ne vous en coupez pas, sous peine de d\u00e9montrer que votre foi est ali\u00e9nante, sous peine de refuser \u00e0 cet ensemble la lib\u00e9ration exp\u00e9riment\u00e9e au niveau de la foi.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">De m\u00eame, femmes, demeurez \u00e0 la place qui vous est d\u00e9volue socialement, avec un voile sur la t\u00eate si n\u00e9cessaire plut\u00f4t que de faire parler en mal de cette nouvelle voie religieuse qui vous r\u00e9g\u00e9n\u00e8re. M\u00eame si votre t\u00eate de chr\u00e9tienne a retrouv\u00e9 sa fiert\u00e9 d&rsquo;image de Dieu. \u00c0 la Ignace de Loyola posons un second pourquoi. Pourquoi faut-il demeurer dans la situation du moment de la conversion ? Par humilit\u00e9 ? Jamais Paul n&rsquo;invoque ce motif au sujet des d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s. En r\u00e9gime chr\u00e9tien l&rsquo;exhortation \u00e0 l&rsquo;humilit\u00e9 concerne riches et pauvres, ma\u00eetres et serviteurs, comme la soumission d&rsquo;ailleurs. \u00ab\u00a0Vous qui craignez le Christ, soumettez-vous les uns aux autres\u00a0\u00bb (Ep 5, 21). Lui-m\u00eame donnera l&rsquo;exemple d&rsquo;un sain remaniement de la r\u00e9alit\u00e9 sociale en permettant la s\u00e9paration des \u00e9poux dont la vie commune devient intol\u00e9rable. \u00ab\u00a0C&rsquo;est pour vivre en paix que Dieu vous a appel\u00e9s. En effet, sais-tu, femme, si tu sauveras ton mari ? Sais-tu, mari, si tu sauveras ta femme ?\u00a0\u00bb (l Co 7, 15-16). Non, \u00e0 la diff\u00e9rence des z\u00e9lotes qui ont choisi la mani\u00e8re violente et amen\u00e9 la destruction de J\u00e9rusalem et du Temple, Paul, et J\u00e9sus ont estim\u00e9 illusoire de vouloir changer l&#8217;empire romain \u00e0 cette \u00e9poque. Ils pr\u00eachent la conversion du c\u0153ur, non la prise de pouvoir, mais une conversion qui change une pratique de vie qui, elle, doit changer le pouvoir, \u00e0 condition que nous n&rsquo;\u00e9touffions pas son germe de vie. La par\u00e9n\u00e8se \u00e0 l&rsquo;ombre de la brillante christologie paulinienne n&rsquo;a rien d&rsquo;une fuite pi\u00e9tiste hors de la vie quotidienne. N&rsquo;accusons pas Paul des erreurs de lecture de ses commentateurs.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Avouons aussi que des recoins de son discours aux esclaves et aux femmes nous \u00e9chappent encore. La lecture mat\u00e9rialiste, c&rsquo;est-\u00e0-dire pratiqu\u00e9e \u00e0 la fa\u00e7on du mat\u00e9rialisme dialectique, devrait nous apporter un \u00e9clairage pr\u00e9cieux dans les prochaines ann\u00e9es.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Notre deuxi\u00e8me pourquoi d\u00e9bouche d\u00e9j\u00e0 toutefois sur un autre axe important de la pens\u00e9e de Paul. Pourquoi la solution de passivit\u00e9 ? Parce que le mouvement, la r\u00e9volution, la contre-r\u00e9volution ne trouvent plus place dans un temps tronqu\u00e9. Paul croit imminent le retour du Christ, la Parousie et le passage d\u00e9finitif en Dieu d&rsquo;une humanit\u00e9 arriv\u00e9e au bout de son histoire. Pleurez comme ne pleurant pas, r\u00e9jouissez-vous comme ne vous r\u00e9jouissant pas, car de toute fa\u00e7on nous ne connaissons maintenant que comme dans un miroir, \u00e9crit-il. D&rsquo;autre part, nous ignorons, \u00e0 l&rsquo;instar du Fils lui-m\u00eame, la date de ce retour : gardons-nous de nager dans la fiction. Retournez au travail, gagnez votre vie, ordonne-t-il aux Thessaloniciens qu&rsquo;il avait un peu trop convaincus de la proximit\u00e9 du point d&rsquo;arriv\u00e9e. Veillez dans la fid\u00e9lit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Et les jours passent pour Paul. Dans sa premi\u00e8re lettre connue, il s&rsquo;\u00e9tait rang\u00e9 parmi les vivants au jour de Parousie. Dans les derni\u00e8res, il comprendra peu \u00e0 peu que le grand \u00e9v\u00e9nement le rejoindra sans doute dans la cat\u00e9gorie de \u00ab\u00a0ceux qui se sont endormis dans le Seigneur\u00a0\u00bb. Aurait-il parl\u00e9 autrement \u00e0 l&rsquo;esclave et \u00e0 la femme, s&rsquo;il avait su que la race humaine avait encore au m oins vingt si\u00e8cles \u00e0 am\u00e9nager ? Peut-\u00eatre pourrions-nous le discerner dans une \u00e9tude plus approfondie des principes \u00e0 la racine de ses conseils, dans une meilleure connaissance de la relation du social et du religieux.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Chose certaine, on n&rsquo;\u00e9lucidera jamais la port\u00e9e des textes de Paul sur la femme en les abstrayant de l&rsquo;univers paulinien. Li\u00e9s \u00e0 lui, leur analyse s&rsquo;en trouvera compliqu\u00e9e assur\u00e9ment, mais valid\u00e9e aussi. Souhaitons que les f\u00e9ministes appliquent \u00e0 cette t\u00e2che leurs \u00e9nergies redoutables, comme en mariologie d&rsquo;ailleurs. Non que les probl\u00e8mes des femmes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui n&rsquo;urgent de fa\u00e7on dramatique, mais dans la mesure o\u00f9 nous avons vu qu&rsquo;un certain voile enlev\u00e9 ou port\u00e9 \u00e0 Corinthe vers les ann\u00e9es 57 nous trouble encore.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Conclusion \u2013 Petit manuel de la bonne foi<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">L&rsquo;issue du proc\u00e8s de Paul devant le f\u00e9minisme du vingti\u00e8me si\u00e8cle d\u00e9pend de toutes les \u00e9tapes que nous venons d&rsquo;\u00e9num\u00e9rer et de quelques r\u00e8gles \u00e9l\u00e9mentaires de bonne foi.\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">1. Ne pas couper les textes de leur contexte, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la source de leur sens.<br \/>\n2. Ne pas tirer les textes \u00e0 soi. On a r\u00e9ussi sans effort \u00e0 les faire servir contre la femme; on r\u00e9ussirait sans falsification \u00e0 pr\u00f4ner les plus b\u00e9nins. Une mode emporterait l&rsquo;autre sans amorcer de progr\u00e8s r\u00e9el dans les mentalit\u00e9s.<br \/>\n3. Un passage ne vaut que dans une attitude globale qui l&rsquo;interpr\u00e8te. Autrement&#8230; vous vous retrouvez avec une approbation de l&rsquo;adult\u00e8re dans l&rsquo;\u00e9pisode o\u00f9 J\u00e9sus refuse de condamner la malheureuse qu&rsquo;on lui am\u00e8ne. Si certaines d\u00e9clarations de Paul semblent contredire la lib\u00e9ration grandiose dans le Christ qu&rsquo;il chante dans toute son oeuvre, retournons les \u00e9tudier, sans crier trop vite \u00e0 l&rsquo;impatience temporaire contre des incartades f\u00e9minines.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Ces petites r\u00e8gles na\u00efves \u00e9tant sauves et les travaux existants mis \u00e0 contribution, Paul gagne d\u00e9j\u00e0 son proc\u00e8s pour misogynie, sans attendre les progr\u00e8s futurs de l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se. Ceux qu&rsquo;il faudrait pendre, ce sont les lecteurs misogynes qui ont laiss\u00e9 leurs traces jusque dans nos traductions des \u00e9p\u00eetres. Qu&rsquo;il nous suffise mis\u00e9ricordieusement de les ostraciser et de ne pas les imiter. La r\u00e9putation de Paul se dispense de lecteurs misogynes, philogynes ou f\u00e9ministes. La Bonne Nouvelle qui lui tenait \u00e0 c\u0153ur requiert simplement de bons lecteurs, de ceux qui laissent parler le texte. Mieux connues, les lettres de l&rsquo;Ap\u00f4tre apporteront elles-m\u00eames les correctifs dans des domaines o\u00f9 la femme a ind\u00fbment souffert de leur citation \u00e0 mauvais escient.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\">Source\u00a0: Genest, Olivette (1982).\u00a0<i>Paul \u00e0 l&rsquo;heure du f\u00e9minisme.<\/i>\u00a0Dans G. Couturier, J.\u2011L Duhaime, O. Genest,\u00a0<i>La Bible, livre pour aujourd&rsquo;hui<\/i>\u00a0(p. 85\u2011104). Montr\u00e9al\u00a0: \u00c9ditions Paulines.<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, sans-serif;\"><b>Texte publi\u00e9 avec les autorisations requises.<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">\u00a0<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Sous le chef d&rsquo;accusation : m\u00e2le chauviniste, super-phallocrate, responsable de vingt si\u00e8cles d&rsquo;oppression des femmes dans l&rsquo;\u00c9glise. Son \u0153uvre th\u00e9ologique enti\u00e8re en est ray\u00e9e. Il n\u2019est pas rare de lire des affirmations comme celle-ci : \u00ab quelle pertinence peut avoir l&rsquo;ap\u00f4tre Paul \u00e0 l&rsquo;heure du f\u00e9minisme! \u00bb &#8230; [ Avec une lecture intelligente,] Paul gagne d\u00e9j\u00e0 son proc\u00e8s pour misogynie, sans attendre les progr\u00e8s futurs de l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se. Ceux qu&rsquo;il faudrait pendre, ce sont les lecteurs misogynes qui ont laiss\u00e9 leurs traces jusque dans nos traductions des \u00e9p\u00eetres. Qu&rsquo;il nous suffise mis\u00e9ricordieusement de les ostraciser et de ne pas les imiter. La r\u00e9putation de Paul se dispense de lecteurs misogynes, philogynes ou f\u00e9ministes. La Bonne Nouvelle qui lui tenait \u00e0 c\u0153ur requiert simplement de bons lecteurs, de ceux qui laissent parler le texte. Mieux connues, les lettres de l&rsquo;Ap\u00f4tre apporteront elles-m\u00eames les correctifs dans des domaines o\u00f9 la femme a ind\u00fbment souffert de leur citation \u00e0 mauvais escient. \u00bb<\/p>\n<p>Source : Genest, Olivette (1982). Paul \u00e0 l&rsquo;heure du f\u00e9minisme. Dans G. Couturier, J.\u2011L Duhaime, O. Genest, La Bible, livre pour aujourd&rsquo;hui (p. 85\u2011104). Montr\u00e9al : \u00c9ditions Paulines.<br \/>\nTexte publi\u00e9 avec les autorisations requises.<br \/>\n <a href=\"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=356\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":106,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"ppma_author":[110],"class_list":["post-356","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la_bible_et_les_femmes","author-olivette-genest"],"authors":[{"term_id":110,"user_id":106,"is_guest":0,"slug":"olivette-genest","display_name":"Olivette Genest","avatar_url":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/Olivette-Genest.jpg","user_url":"","last_name":"Genest","first_name":"Olivette","description":"Olivette Genest, ex\u00e9g\u00e8te de renomm\u00e9e internationale, est professeure \u00e9m\u00e9rite de la facult\u00e9 de th\u00e9ologie et de sciences des religions de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al. Ses champs de recherche : la sot\u00e9riologie, la s\u00e9miotique et la lecture f\u00e9ministe. Elle est une sp\u00e9cialiste reconnue pour la question des minist\u00e8res des femmes en lien avec le Second Testament. Elle est l\u2019auteure de \u00ab Le discours du Nouveau Testament sur la mort de J\u00e9sus \u00bb (PUL, 1995) et de nombreux articles."}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/356","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/106"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=356"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/356\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=356"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=356"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=356"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fppma_author&post=356"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}