{"id":3900,"date":"2016-10-12T10:41:51","date_gmt":"2016-10-12T14:41:51","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=3900"},"modified":"2016-10-12T11:24:28","modified_gmt":"2016-10-12T15:24:28","slug":"lapotre-junia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=3900","title":{"rendered":"L\u2019ap\u00f4tre Junia"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">L\u2019ap\u00f4tre Junia &#8211; La femme et le minist\u00e8re dans le Nouveau Testament \u00e0 la lumi\u00e8re de Romains 16<\/span><\/strong><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?attachment_id=3899\" rel=\"attachment wp-att-3899\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3899\" src=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/Vale\u0301rie-Duval-Poujol.jpg\" alt=\"valerie-duval-poujol\" width=\"80\" height=\"103\" \/><\/a>La r\u00e9v\u00e9lation biblique met en avant de nombreuses femmes ayant servi Dieu de mani\u00e8re extraordinaire. Certaines sont famili\u00e8res (D\u00e9borah, Miriam, Esther), d\u2019autres m\u00e9connues, comme la proph\u00e9tesse Houlda alors que c\u2019est sous son autorit\u00e9 qu\u2019est men\u00e9e la plus grande r\u00e9forme en Isra\u00ebl sous Josias (2 Rois 22).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Nous aborderons la question de la femme et du minist\u00e8re dans le NT (Nouveau Testament) par l\u2019exemple de femmes remarquables mais que la tradition, les traducteurs ont pouss\u00e9es dans l\u2019oubli : l\u2019ap\u00f4tre Junia et ses amies en Romains 16.<span id=\"more-51\"><\/span><\/span><!--more--><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\"><strong>Les femmes de Romains 16<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Paul \u00e9crit l\u2019\u00e9p\u00eetre aux Romains \u00e0 Corinthe vers 56-58. Certains auteurs affirment que le chapitre 16 lui appartenait d\u00e8s l\u2019origine, d\u2019autres plus contest\u00e9s l\u2019estiment ajout\u00e9 ult\u00e9rieurement. Notre analyse se concentre sur les femmes qu\u2019il salue car ce texte est crucial pour mieux comprendre leur place dans les communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes primitives et l\u2019\u00e9troite collaboration que Paul entretient avec elles.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Parmi les 26 personnes qu\u2019il salue, environ un tiers (8 pr\u00e9cis\u00e9ment) sont du sexe f\u00e9minin.<br \/>\n<\/span><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Nous parlerons de Phoeb\u00e9, Prisca et Junia, mais l\u2019ap\u00f4tre cite aussi Marie, Tryph\u00e8ne et Tryphose, Persis<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, Julie, la s\u0153ur de N\u00e9r\u00e9e et la m\u00e8re de Rufus<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><strong>1. Phoeb\u00e9<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><em>Je vous recommande Phoeb\u00e9, notre s\u0153ur (adelph\u0113<\/em>)<em>, ministre (diakonos<\/em>) <em>de l\u2019\u00c9glise de Cenchr\u00e9es. Accueillez-la dans le Seigneur d\u2019une mani\u00e8re digne des saints, aidez-la en toute affaire o\u00f9 elle aurait besoin de vous. Car elle a \u00e9t\u00e9 une protectrice <\/em>(prostatis) <em>pour bien des gens et pour moi-m\u00eame. <\/em>(Romains 16,1-2 TOB)<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"> Ce qui \u00e9tonne d\u2019abord dans la pr\u00e9sentation de Phoeb\u00e9<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a> est que Paul ne l\u2019introduit pas par le nom de son mari ou de son fils ou par son lieu d\u2019origine comme c\u2019est le cas pour d\u2019autres femmes de la Bible : Par exemple: Marie, femme de Clopas (Jn 19,25); la m\u00e8re des fils de Z\u00e9b\u00e9d\u00e9e (Mt 20,20); Marie de Magdala (Lc 8,2). Il la distingue, la met en valeur pour deux motifs : elle est<em>diakonos <\/em>et <em>prostatis<\/em>, deux mots grecs dont la diversit\u00e9 de traduction dans les Bibles modernes est stup\u00e9fiante. Selon les versions, pour le premier terme, elle a \u00e9t\u00e9 \u00ab servante \u00bb (Darby), \u00ab diaconesse \u00bb (Bible de J\u00e9rusalem, Segond), \u00ab au service de l\u2019\u00c9glise \u00bb (Fran\u00e7ais courant), \u00ab qui exerce son minist\u00e8re \u00bb (Semeur) ou \u00ab ministre \u00bb (TOB). Et pour le second terme, Paul saluerait \u00ab l\u2019aide \u00bb qu\u2019elle lui a apport\u00e9e (Fran\u00e7ais courant, Darby, Segond), sans plus de pr\u00e9cision (a-t-elle pr\u00e9par\u00e9 son caf\u00e9 ?) ou le fait qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 sa \u00ab protectrice \u00bb (BJ et TOB).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Examinons ces deux termes, difficiles \u00e0 traduire car le premier a un sens assez large, et le second n\u2019est pr\u00e9sent qu\u2019ici dans le NT, ce qui produit une combinaison unique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><strong>1.1<\/strong> Phoeb\u00e9 est appel\u00e9e <em>diakonos<\/em> de l\u2019\u00e9glise de Cenchr\u00e9es, un port influent pr\u00e8s de Corinthe. Elle est la seule femme du NT identifi\u00e9e par ce terme le plus souvent masculin, qui d\u00e9crit par exemple Paul, Timoth\u00e9e, Apollos, Tychique, Epaphras, Archippe. Le Christ lui aussi est d\u00e9sign\u00e9 comme <em>diakonos <\/em>(Rm 15,8 ; Gal 2,17).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">L\u2019exacte d\u00e9finition du terme dans le NT est d\u00e9battue et nous n\u2019explorerons pas ici ses 30 occurrences<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Toutefois certaines \u00e9vidences doivent \u00eatre rappel\u00e9es :<\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u2013 Il ne faut pas confondre son usage dans le NT avec la fonction officielle de \u00ab diaconesse \u00bb, qui n\u2019appara\u00eet dans l\u2019histoire de l\u2019\u00c9glise qu\u2019\u00e0 partir du 3<sup>\u00e8me<\/sup> et 4<sup>\u00e8me<\/sup>si\u00e8cles, lorsque l\u2019\u00c9glise est plac\u00e9e sous domination patriarcale et cr\u00e9e cette sous-cat\u00e9gorie de minist\u00e8re pour les femmes qu\u2019elle ne veut pas ordonner pr\u00eatres.<\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u2013 Dans le NT <em>diakonos<\/em> n\u2019est pas d\u00e9fini clairement et couvre plusieurs contextes. Dans la plupart des cas, il se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 un ministre de la parole. Ainsi Paul s\u2019applique r\u00e9guli\u00e8rement le terme \u00e0 lui-m\u00eame comme ap\u00f4tre du v\u00e9ritable \u00c9vangile (1 Cor 3,5 ; 2 Cor 3,6 ; 6,4 ; 11,3 ; Eph 3,7 ; Col 1,23.25) et l\u2019utilise pour ses collaborateurs (Eph 6,21 ; Col 1,7 ; 4,7 ; 1 Thess 3,2 ; 1 Tim 4,6). Le mot d\u00e9signe aussi un \u00ab interm\u00e9diaire \u00bb, \u00ab agent \u00bb, \u00ab \u00e9missaire \u00bb. Pour Paul, le <em>diakonos<\/em> est quelqu\u2019un qui pr\u00eache l\u2019\u00c9vangile et par l\u00e0-m\u00eame sert de porte-parole de Dieu. Ce terme s\u2019applique souvent aux collaborateurs de Paul, ce qui pourrait signifier qu\u2019ils partagent le m\u00eame genre de responsabilit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Le r\u00f4le d\u2019\u00e9missaire de Phoeb\u00e9 recoupe deux r\u00e9alit\u00e9s qui ne sont pas incompatibles :<\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u2013 Elle a certainement jou\u00e9 un r\u00f4le significatif pour l\u2019annonce de l\u2019\u00c9vangile dans les villes de la Corinthie. Le fait qu\u2019elle soit identifi\u00e9e comme la <em>diakonos<\/em> de l\u2019\u00e9glise de Cenchr\u00e9es sugg\u00e8re sans doute que son minist\u00e8re est li\u00e9 \u00e0 cette derni\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u2013 Paul a d\u00fb lui confier la mission de porter la lettre qu\u2019il a \u00e9crite aux Romains. Des sp\u00e9cialistes de cette \u00e9p\u00eetre comme J.Dunn ou J.Fitzmyer sont convaincus qu\u2019elle est porteuse de cette missive aux chr\u00e9tiens de Rome. Elle est la seule personne recommand\u00e9e pour une telle mission dans tout le NT. Paul lui fait suffisamment confiance sur le plan th\u00e9ologique pour la recommander \u00e0 ses futurs auditeurs afin qu\u2019elle les aide \u00e0 en comprendre le contenu.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Prenons un peu de recul : nous sommes en train d\u2019\u00e9voquer quelqu\u2019un qui est recommand\u00e9 comme \u00e9tant capable d\u2019expliquer ce qui va devenir la fameuse \u00e9p\u00eetre aux Romains, le grandiose expos\u00e9 th\u00e9ologique qui inspira Luther dans sa R\u00e9forme!<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><strong>1.2<\/strong> Paul recommande d\u2019aider Phoeb\u00e9 parce qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9<em>prostatis<\/em> envers beaucoup et envers lui-m\u00eame. Personne d\u2019autre ne re\u00e7oit cette appellation dans le NT.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Ce titre de <em>prostatis<\/em> implique du prestige ; c\u2019est la forme f\u00e9minine de <em>prostat\u0113s<\/em> un latinisme d\u00e9crivant un gouverneur, un bienfaiteur et un patron, quelqu\u2019un qui prend soin des int\u00e9r\u00eats d\u2019autrui, un d\u00e9fenseur, un gardien.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Dans la Septante le mot a le sens de chef, de dirigeant. Jos\u00e8phe et Philon l\u2019emploient avec le sens de dirigeant, de patron ou m\u00eame de champion<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. Justin Martyr l\u2019utilise pour d\u00e9crire une personne pr\u00e9sidant la communion (<em>Premi\u00e8re Apologie<\/em> 65, ouvrage datant d\u2019environ 155).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Bien plus, le verbe en lien avec ce mot, <em>proist\u0113mi <\/em>veut dire \u00ab exercer une position d\u2019autorit\u00e9, diriger, gouverner, \u00eatre \u00e0 la t\u00eate de \u00bb. Il est pr\u00e9sent en 1 Thessaloniciens 5,12 o\u00f9 les auditeurs sont encourag\u00e9s \u00e0 respecter leurs responsables, \u00ab ceux qui vous dirigent dans le Seigneur \u00bb et en Romains 12,8 Paul choisit la forme participiale pour d\u00e9crire le don de \u00ab celui qui pr\u00e9side \u00bb. En 1 Timoth\u00e9e 5,17 il \u00e9voque les responsables de communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes. Ce mot, tr\u00e8s fortement li\u00e9 \u00e0 la direction, ne saurait en aucun cas \u00eatre seulement traduit par \u00ab aide \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Ce terme recouvre encore un autre sens. La d\u00e9signation de Phoeb\u00e9 par Paul comme <em>prostasis<\/em> l\u2019honore comme \u00ab patronnesse \u00bb. Il n\u2019est pas possible de d\u00e9tailler ce qu\u2019est le patronage, la relation entre le bienfaiteur et celui qui profite de cette protection. Dans ce type de relation tr\u00e8s bien institu\u00e9e au 1<sup>er<\/sup> si\u00e8cle de notre \u00e8re dans l\u2019Empire romain, le bienfaiteur accorde une faveur \u00e0 quelqu\u2019un qui en retour lui rend les honneurs<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">En pr\u00e9sentant Phoeb\u00e9 comme <em>prostatis<\/em>, Paul reconna\u00eet que lui-m\u00eame et de nombreux autres sont d\u2019une certaine mani\u00e8re \u00ab d\u00e9pendants d\u2019elle sur le plan social \u00bb<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Au 9<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, une version arabe de la lettre aux Romains traduit : \u00ab Phoeb\u00e9, quelqu\u2019un exer\u00e7ant l\u2019autorit\u00e9 sur beaucoup d\u2019autres et sur moi-m\u00eame aussi. \u00bb Pourtant les versions modernes ont les plus grandes difficult\u00e9s pour cr\u00e9diter Phoeb\u00e9 de l\u2019influence qu\u2019elle exer\u00e7a et souvent la minimisent.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Par ailleurs, Paul l\u2019appelle \u00ab notre s\u0153ur \u00bb (<em>adelph\u0113<\/em>). Cela prouve que les groupes form\u00e9s par les disciples de J\u00e9sus, les premi\u00e8res \u00e9glises, forment \u00ab des familles de substitution \u00bb. Leurs membres doivent \u00ab nourrir des relations empreintes de l\u2019affection qu\u2019ont des fr\u00e8res et s\u0153urs biologiques \u00bb<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a> mais sans la dimension patriarcale.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Dieu seul est le chef de la maison. Voil\u00e0 pourquoi Paul expose ainsi sa vision des relations entre hommes et femmes au sein des \u00e9glises dans cette d\u00e9claration incroyable (Galates 3,28):<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00ab Il n\u2019y a plus ni Juif, ni Grec ; il n\u2019y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n\u2019y a plus l\u2019homme et la femme ; car tous, vous n\u2019\u00eates qu\u2019un en J\u00e9sus-Christ. \u00bb Ce passage d\u00e9crit une humanit\u00e9 renouvel\u00e9e en Christ. C\u2019est un \u00e9cho direct au r\u00e9cit de la cr\u00e9ation o\u00f9 \u00ab m\u00e2le et femelle il les cr\u00e9a \u00bb (Gn 1,27) : ce sont exactement les m\u00eame termes qui sont employ\u00e9s dans ces deux passages (Septante et NT). Cette r\u00e9alit\u00e9 devrait avoir des cons\u00e9quences importantes dans nos relations hommes\/femmes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">On conclura que les titres qui sont attribu\u00e9s \u00e0 Phoeb\u00e9 sont, dans l\u2019Antiquit\u00e9, en lien avec une autorit\u00e9 et un honneur : elle est une dirigeante d\u2019Eglise, un ministre de la parole, une patronnesse.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Au minimum, dit Joan Campbell, \u00ab elle permit \u00e0 Paul d\u2019\u00e9tablir les relations sociales dont il avait besoin pour \u00e9tablir la premi\u00e8re \u00e9glise de maison \u00e0 Cenchr\u00e9es. En tant que femme ayant du bien, Phoeb\u00e9 disposait sans doute d\u2019une large maison, suffisamment grande pour accueillir des r\u00e9unions et pour offrir \u00e0 Paul l\u2019hospitalit\u00e9 ainsi qu\u2019\u00e0 d\u2019autres croyants itin\u00e9rants.<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a> \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Cependant, la combinaison de <em>diakonos<\/em> avec <em>prostatis<\/em>, le sens de ces termes en grec, ainsi que le fait qu\u2019elle est mentionn\u00e9e en toute premi\u00e8re place dans ce chapitre tendent \u00e0 prouver qu\u2019elle est davantage que cela. Elle poss\u00e8de une position de responsabilit\u00e9, une pro\u00e9minence et de l\u2019autorit\u00e9 dans sa communaut\u00e9. Elle semble \u00eatre une dirigeante influente exer\u00e7ant son minist\u00e8re dans son \u00e9glise, en particulier quand Paul se d\u00e9place.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Soit elle supervise l\u2019assembl\u00e9e en son absence, et le tient inform\u00e9 des progr\u00e8s et des difficult\u00e9s soit elle voyage au nom de l\u2019\u00e9glise de Cenchr\u00e9es pour en d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats soit les deux. Elle joue sans doute un r\u00f4le important qui inclut de l\u2019enseignement et de la direction dans cette \u00e9glise locale.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Ce sont les choix des traducteurs qui emp\u00eachent de percevoir toute l\u2019importance du minist\u00e8re de Phoeb\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><strong>2. Prisca ou Priscilla<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Nous connaissons l\u2019histoire de ce couple Priscilla (ou Prisca, le diminutif<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>) et Aquila que Paul d\u00e9signe comme \u00ab collaborateurs \u00bb (Romains 16,3).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Il semble qu\u2019ils voyagent beaucoup et sont impliqu\u00e9s dans plusieurs \u00e9glises de maison (Actes 18,2.18), enseignant et reprenant Apollos qui \u00e0 son tour devient un responsable influent aupr\u00e8s des Corinthiens (Actes 18,26 ; 1 Cor 1,12 ; 3,6 ; 16,12). Sans doute disposent-ils de certaines ressources leur permettant de d\u00e9m\u00e9nager de lieu en lieu et de s\u2019\u00e9tablir dans un foyer assez cons\u00e9quent en trois villes diff\u00e9rentes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">D\u00e9tail remarquable, Paul mentionne Prisca avant son mari. \u00ab Un tel ordre \u00e9tait pour le moins non conventionnel ; l\u2019habitude \u00e9tait plut\u00f4t que les femmes ne soient pas mentionn\u00e9es du tout. \u00bb<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Sur les six fois o\u00f9 le couple est cit\u00e9, Prisca est nomm\u00e9e quatre fois la premi\u00e8re. Cet ordre pourrait s\u2019expliquer par son statut social plus \u00e9lev\u00e9.<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">En effet des \u00e9tudes sur les femmes cit\u00e9es en premier dans les documents de l\u2019\u00e9poque montrent \u00ab que le mari est toujours cit\u00e9 d\u2019abord, sauf si la femme poss\u00e9dait un statut social plus \u00e9lev\u00e9 ou si aucun des deux ne se souciait de la question du statut social<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Belleville<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a> fait toutefois une observation plus int\u00e9ressante encore. Lorsque les auteurs du NT font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Prisca et Aquila comme \u00ab faiseurs de tentes \u00bb et \u00e0 leur \u00ab maison \u00bb, l\u2019ordre est \u00ab Aquila et Priscilla \u00bb (Actes 18,2 ; 1 Cor 16,19). Mais lorsqu\u2019il est question du minist\u00e8re, l\u2019ordre est invers\u00e9 avec d\u2019abord Priscilla puis Aquila (Actes 18,18 ; Rom 16,3 ; 2 Tim 4,19). Il en conclut que \u00ab Priscilla \u00e9tait celle qui avait le minist\u00e8re dominant et les talents de direction \u00bb. Le fait qu\u2019elle soit mentionn\u00e9e en premier prouve sans doute sa grande influence dans le mouvement missionnaire du d\u00e9but de l\u2019\u00c9glise.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">En tous cas ce qui prime est que tous deux sont qualifi\u00e9s de \u00ab collaborateurs \u00bb de Paul. Ce mot <em>sunergos<\/em> est propre \u00e0 la litt\u00e9rature paulinienne. Il n\u2019est pas pr\u00e9sent dans d\u2019autres textes chr\u00e9tiens ult\u00e9rieurs. Il d\u00e9crit quelqu\u2019un qui \u0153uvre avec lui \u00e0 la proclamation de l\u2019\u00c9vangile.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Remarquons aussi que Paul salue l\u2019\u00e9glise dans leur maison. Il n\u2019existe pas de b\u00e2timents sp\u00e9cifiques utilis\u00e9s pour les \u00e9glises avant le 3<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Les chr\u00e9tiens se rassemblent dans des maisons de particuliers. Cela montre que Prisca et plus largement les femmes jouent un r\u00f4le important dans la cr\u00e9ation et l\u2019animation d\u2019\u00e9glises de maison.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Comme le dit Jean Calvin dans son commentaire de ce passage : \u00ab L\u2019honneur que Paul attribue \u00e0 Priscille est bien singulier\u2026 Paul ne d\u00e9daigne point avoir une femme pour compagne en l\u2019\u0153uvre du Seigneur et n\u2019a point honte de le confesser. \u00bb Est-ce aussi le cas des traducteurs modernes de la Bible et de ses lecteurs ?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><strong>3. JUNIA<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00ab Saluez Andronicus et Junias, mes parents<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a> et mes compagnons de captivit\u00e9. Ce sont des ap\u00f4tres \u00e9minents et ils ont m\u00eame appartenu au Christ avant moi. \u00bb (Romains 16,7 TOB)<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">De quel \u00ab ap\u00f4tre \u00e9minent \u00bb Paul fait-il l\u2019\u00e9loge ici? Junia, une femme ou Junias un homme ? En grec le choix entre un nom f\u00e9minin ou masculin d\u00e9pend de l\u2019accentuation.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Or rappelons-nous que les manuscrits grecs du NT ne sont pas accentu\u00e9s avant le 7<sup>\u00e8me<\/sup> ou 9<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cles.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Les manuscrits complets du NT les plus anciens datant du 4<sup>\u00e8me<\/sup> et 5<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cles (appel\u00e9s Alexandrinus, Vaticanus et Sinaiticus) n\u2019ont ni accentuation, ni ponctuation, titre ou d\u00e9coupage en versets et chapitres. En effet, la s\u00e9paration en chapitres a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e au 13<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle par Etienne Langton, th\u00e9ologien \u00e0 la Sorbonne et archev\u00eaque de Cantorbury. La division en versets vient de l\u2019imprimeur Robert Estienne en 1551.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Le nom grec en Romains 16,7 est l\u2019accusatif <em>Iounian<\/em>. Comment l\u2019accentuer ?<\/span><\/p>\n<ul>\n<li><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><em>Ioun\u00edan<\/em> Accusatif du nom f\u00e9minin <em>Ioun\u00eda<\/em> Junia: c\u2019est le choix de la Bible du Semeur, Bayard, Bible pastorale (Junie)<\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><em>Iouni<\/em><em>\u00e3n<\/em> Accusatif du nom masculin <em>Iouni\u00e3s <\/em>Junias (ou m\u00eame vIounia,j) : c\u2019est le choix de la Fran\u00e7ais courant, Darby, J\u00e9rusalem, TOB, Segond, Synodale.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">En critique textuelle, qui est la science aidant \u00e0 d\u00e9terminer le texte original (ou en tous cas le plus ancien texte accessible), on ne s\u2019appuie pas sur des pr\u00e9suppos\u00e9s m\u00eame th\u00e9ologiques mais sur les t\u00e9moins textuels.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Quels manuscrits ou auteurs chr\u00e9tiens attestent d\u2019une accentuation f\u00e9minine et offrent Junia comme nom f\u00e9minin dans ce verset ?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u2013 Les manuscrits grecs les plus anciens du NT, lorsqu\u2019ils re\u00e7oivent une accentuation (ult\u00e9rieure \u00e0 la premi\u00e8re r\u00e9daction), correspondent \u00e0 un nom f\u00e9minin: le Vaticanus (du 4<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle mais accentu\u00e9 au 6<sup>\u00e8me<\/sup> ou 7<sup>\u00e8me<\/sup>si\u00e8cle), le codex L (du 8<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle), le codex de B\u00e8ze (accentu\u00e9 vers le 9<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle), le codex 0150 (au 9<sup>\u00e8me<\/sup>si\u00e8cle).<\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u2013 La grande majorit\u00e9 (pour ne pas dire tous) des manuscrits \u00e9crits en minuscules datant du 9<sup>\u00e8me<\/sup> au 14<sup>\u00e8me<\/sup>si\u00e8cles : cela inclut notamment le manuscrit N\u00b033, \u00ab la reine des minuscules \u00bb datant du 9<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a> et l\u2019ensemble de la tradition textuelle byzantine (environ 800 manuscrits).<\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u2013 Les versions anciennes de la Bible ont un nom f\u00e9minin Junia: la version en copte sahidique du 4<sup>\u00e8me<\/sup> ou 5<sup>\u00e8me<\/sup>si\u00e8cle<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>, la Vieille latine, la version syriaque, etc.<\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u2013 L\u2019ensemble de la tradition patristique, les P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise latins ou grecs. Fitzmyer, dans son \u00e9tude sur Romains<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a> cite seize commentateurs du premier mill\u00e9naire consid\u00e9rant Junia comme une femme : Jean Chrysostome, J\u00e9r\u00f4me (il identifie l\u2019ap\u00f4tre avec Julia, un nom de femme, comme nous l\u2019expliquerons plus loin), Th\u00e9odoret de Cyr, Jean Damasc\u00e8ne, Pierre Ab\u00e9lard, etc.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">L\u2019un des P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise les plus c\u00e9l\u00e8bres, Chrysostome, \u00e9v\u00eaque de Constantinople \u00e9crit ceci en 407 \u00e0 propos de Junia<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a> :<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00ab \u00catre un ap\u00f4tre est une grande chose. \u00catre \u00ab remarquable \u00bb parmi les ap\u00f4tres, imaginez donc quel merveilleux \u00e9loge! De fait, quelle ne dut pas \u00eatre la sagesse de cette femme pour qu\u2019elle soit jug\u00e9e digne du titre \u00ab ap\u00f4tre \u00bb. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Chrysostome \u00e9voque la \u00ab sagesse \u00bb de Junia, une qualit\u00e9 non mentionn\u00e9e en Romains 16,7. Ou bien il connaissait certaines traditions dont nous n\u2019avons plus trace et\/ou son style enthousiaste expliquerait cet ajout. En tous cas pour lu, le nom de l\u2019ap\u00f4tre est bien un f\u00e9minin.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La compr\u00e9hension de ce nom au f\u00e9minin a \u00e9t\u00e9 dominante pendant au moins le premier mill\u00e9naire de la chr\u00e9tient\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Des \u00e9ditions tr\u00e8s r\u00e9put\u00e9es du NT grec offrent aussi l\u2019accentuation f\u00e9minine: l\u2019\u00e9dition d\u2019\u00c9rasme en 1516, celle de Tischendorf (8<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition 1869-1872), de Westcott et Hort (1881)<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a>. \u00c9rasme ajoute m\u00eame en note \u00e0 son \u00e9dition du NT que \u00ab Juliam \u00bb, cit\u00e9 dans la Vulgate en latin devrait se lire \u00ab Junia \u00bb. Cette \u00e9dition d\u2019\u00c9rasme qui propose un nom d\u2019ap\u00f4tre f\u00e9minin influen\u00e7a Tyndale (qui utilise la seconde \u00e9dition du NT d\u2019\u00c9rasme pour traduire la Bible en anglais) et Tyndale influa par la suite fortement sur la <em>King James<\/em>, version qui opte aussi pour Junia.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Certains manuscrits grecs anciens optent \u00e9galement pour un nom f\u00e9minin en proposant Julia au lieu de Junia, ce qui s\u2019expliquerait par l\u2019influence de Romains 16 v.15, o\u00f9 une Julia est salu\u00e9e par Paul. Les textes qui ont Julia ne sont pas des moindres et je n\u2019en citerai que deux : le manuscrit P46, un des t\u00e9moins majeurs pour la lettre aux Romains, datant d\u2019environ 200 ; et J\u00e9r\u00f4me, l\u2019illustre traducteur latin de ce qui devint la Vulgate.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Face \u00e0 cette arm\u00e9e de t\u00e9moins, quels manuscrits pr\u00e9sentent une accentuation indiquant un nom masculin ?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Pas un, absolument aucun. Il faut attendre le 13<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle pour trouver un \u00e9crit attestant le nom masculin Junias. Gilles de Rome, philosophe et th\u00e9ologien italien (1247-1316) semble \u00eatre le tout premier \u00e0 consid\u00e9rer Junias comme un homme, partant du principe que seul un homme peut \u00eatre ap\u00f4tre. Il l\u2019appelle Julian. Certains d\u00e9fenseurs d\u2019un masculin Junias citent Orig\u00e8ne. Dans son commentaire sur Romains (10.39) un de ses traducteurs a traduit ce nom au masculin. Toutefois dans tous ses autres manuscrits, il choisit un f\u00e9minin pour Junia, m\u00eame dans son commentaire sur Romains (10.21).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Citons \u00e9galement <a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Epiphanius_of_Salamis\">\u00c9piphane (315-403)<\/a> auteur d\u2019un <em>Index des Disciples<\/em> dans lequel il liste Junia comme \u00ab un de ceux dont Paul fait mention (et) qui devint \u00e9v\u00eaque d\u2019Apam\u00e9e de Syrie \u00bb. Puisque \u00c9piphane use du masculin (\u00ab un de ceux \u00bb) pour \u00e9voquer Junias, John Piper et Wayne Grudem<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a>, opposants connus au fait que Junia soit une femme ap\u00f4tre, en concluent que pour \u00c9piphane, Junias est bien un homme. Toutefois, ces auteurs rappellent que dans son ouvrage, \u00c9piphane consid\u00e8re \u00e9galement que Priscilla est un homme, ce qui rend son t\u00e9moignage \u00ab fortement suspect \u00bb<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Si nos Bibles modernes (particuli\u00e8rement en fran\u00e7ais, allemand et hollandais) adoptent un nom masculin, cela vient probablement de Martin Luther qui traduit au masculin dans sa Bible en 1522: \u00ab Gr\u00fc\u00dfet den Andronikum und den Juniam \u00bb (\u00ab Saluez Andronicus et Junias \u00bb).<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Cependant Jean Calvin (Commentaire de Jean Calvin sur le NT, vol. 3, 1855) traduit avec un f\u00e9minin \u00ab Junie \u00bb et explique ce que le titre \u00ab ap\u00f4tre \u00bb signifie pour Junie : \u00ab Les personnes qui enseignent non seulement \u00e0 une \u00e9glise mais se consacrent \u00e0 proclamer l\u2019\u00c9vangile dans les lieux : les personnes qui implantent et \u00e9tablissent des \u00e9glises. \u00bb Notons que dans des \u00e9ditions ult\u00e9rieures r\u00e9imprimant l\u2019\u00e9dition de 1955, nous lisons le masculin Junias\u2026<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Allons plus loin dans l\u2019argumentation en faveur d\u2019un nom f\u00e9minin. Non seulement la tradition textuelle des manuscrits bibliques atteste un nom f\u00e9minin mais aussi l\u2019onomastique (la science des noms).<\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u2013 Junia (qui semble provenir du patronyme latin Junius, un clan aristocratique) est un nom latin tr\u00e8s courant. Rien qu\u2019\u00e0 Rome, on a d\u00e9couvert plus de 250 occurrences de ce nom (y compris des inscriptions)<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u2013 Le nom masculin Junias n\u2019existe pas. Pas un seul document, aucune inscription ni monument public n\u2019atteste ce nom<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Certains sugg\u00e8rent que Junias serait le diminutif d\u2019un nom latin qui a exist\u00e9 et est attest\u00e9: Junianus\/Iunianus ou le nom grec <em>Iounianos<\/em>. Mais de nombreuses \u00e9tudes linguistiques r\u00e9centes montrent que c\u2019est impossible et que l\u2019abr\u00e9viation d\u2019un tel nom serait <em>Iounas<\/em> (Junas), sans la lettre i<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Il est remarquable d\u2019examiner l\u2019\u00e9volution dans les \u00e9ditions modernes du NT grec :<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Le NT <em>Nestle Aland<\/em> n\u2019offre l\u2019accentuation masculine qu\u2019\u00e0 partir de la 13<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition en 1927 lorsque le fils Erwin Nestle prend la direction de la publication. Avant cela, l\u2019accentuation est f\u00e9minine et aucune variante n\u2019est propos\u00e9e dans l\u2019apparat critique. Le nom masculin demeure jusqu\u2019\u00e0 la 27<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition (jusqu\u2019\u00e0 la 7\u00b0 r\u00e9impression) et il est f\u00e9minis\u00e9 dans la toute derni\u00e8re 28<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Le NT <em>Greek New Testament<\/em> propose l\u2019accentuation masculine jusqu\u2019en 1993 et opte pour le f\u00e9minin dans son \u00e9dition de 2001.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Pourquoi ces \u00e9ditions scientifiques proposent-elles un nom masculin qui n\u2019est attest\u00e9 nulle part ? R\u00e9alisons que ce mot au masculin est ainsi le seul passage du NT grec qui n\u2019est soutenu par aucun manuscrit.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">L\u2019argument principal pour d\u00e9fendre cette position est propos\u00e9 par le responsable du comit\u00e9 scientifique du GNT, Metzger<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a>:<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00ab Consid\u00e9rant comme improbable qu\u2019une femme soit parmi ceux qualifi\u00e9s d\u2019\u201cap\u00f4tres\u201d, certains membres du comit\u00e9 comprennent ce nom comme \u00e9tant le masculin<em>Iouni\u00e3n<\/em>, Junias, le prenant comme l\u2019abr\u00e9g\u00e9 de Junianus. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">R\u00e9sumons le cas Junia : jusqu\u2019au Moyen \u00c2ge ce nom est clairement compris comme \u00e9tant f\u00e9minin. Sa masculinisation ne d\u00e9bute qu\u2019au 13<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle lorsque Gilles de Rome se met \u00e0 utiliser le nom Julian. \u00c0 sa suite la plupart des traducteurs optent pour le masculin, notamment Luther en 1552.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00ab Ceux qui estiment que Junia n\u2019\u00e9tait pas une femme ap\u00f4tre le font \u00e0 cause de leur a priori selon lequel les femmes ne peuvent \u00eatre ap\u00f4tres et non \u00e0 partir de quelque preuve venant du texte lui-m\u00eame.<a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\">[30]<\/a> \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Devant tant de preuves en faveur d\u2019un nom f\u00e9minin, certains commentateurs finissent par \u00eatre d\u2019accord pour lire un nom f\u00e9minin mais, ou bien contestent le sens du mot \u00ab ap\u00f4tre \u00bb ou bien modifient la traduction de la fin de la phrase : Junia avec Andronicus ne sont plus \u00ab <em>\u00e9minents<\/em> (<em>epis\u0113moi<\/em>) parmi les ap\u00f4tres \u00bb mais \u00ab <em>bien connus<\/em> des ap\u00f4tres \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Or cette traduction pour <em>epis\u0113mos<\/em> n\u2019est pas attest\u00e9e. Ce terme grec de toute \u00e9vidence signifie \u00ab remarquable, qui est distingu\u00e9e, remarqu\u00e9e \u00bb. Par exemple dans le c\u00e9l\u00e8bre lexique grec Liddell-Scott-Jones ou celui de Bauer et Danker, \u00e0 l\u2019article <em>epis\u0113mos<\/em> on ne trouve nullement comme sens possible \u00ab bien connu de \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Il semble donc bien plus raisonnable d\u2019accepter les preuves du texte en faveur d\u2019un nom f\u00e9minin et de consid\u00e9rer Junia comme une femme ap\u00f4tre remarquable.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Pour revenir \u00e0 Romains 16, nous y voyons deux couples, Andronicus et Junia ainsi que Priscilla et Aquila. Cela montre que les duos missionnaires ne sont pas une exception au d\u00e9but du christianisme.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00ab Paul lui-m\u00eame semble avoir travaill\u00e9 principalement en tandem, avec des collaborateurs m\u00e2les comme Barnabas, Sylvain ou Timoth\u00e9e. Cette pratique du partenariat pour la mission semble avoir \u00e9t\u00e9 la r\u00e8gle au d\u00e9but de l\u2019\u00c9glise, ce qui permettait une participation \u00e9galitaire des femmes au travail missionnaire. Il est probable que ces duos missionnaires \u00e9taient le plus souvent des couples.<a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\">[31]<\/a> \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">M\u00eame dans les \u00c9vangiles on d\u00e9nombre sans doute des femmes dans le groupe des disciples qui sont envoy\u00e9s par deux en mission. On trouve un \u00e9cho de cette pratique en 1 Corinthiens 9,5 quand Paul demande : \u00ab N\u2019aurions-nous pas le droit d\u2019emmener avec nous une femme chr\u00e9tienne comme les autres ap\u00f4tres, les fr\u00e8res du Seigneur et C\u00e9phas?<a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\">[32]<\/a> \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\"><strong>Paul et les femmes<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Romains 16 \u00e9voque des femmes ayant des responsabilit\u00e9s de direction et une participation tr\u00e8s active dans la vie de l\u2019\u00c9glise et dans la mission paulinienne. Leur histoire relat\u00e9e dans le NT a \u00e9t\u00e9 pass\u00e9e sous silence ou att\u00e9nu\u00e9e par la tradition ou la traduction.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Ce silence est en partie responsable des restrictions impos\u00e9es aux minist\u00e8res f\u00e9minins dans certaines \u00e9glises aujourd\u2019hui.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Paul appr\u00e9cie leur minist\u00e8re et il le dit. Cela donne un autre point de vue sur son attitude \u00e0 l\u2019\u00e9gard de femmes responsables dans l\u2019\u00c9glise<a href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\">[33]<\/a>. En Romains 16 il se montre tr\u00e8s positif sur leur r\u00f4le et leur minist\u00e8re ; il ne pose aucune condition ni ne fixe aucune limite sous pr\u00e9texte qu\u2019elles sont des femmes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Ce chapitre nous offre une perspective rafra\u00eechissante sur les \u00e9glises du 1<sup>er<\/sup> si\u00e8cle. Il montre la libert\u00e9 dont b\u00e9n\u00e9ficiaient les chr\u00e9tiennes de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration, \u00e0 l\u2019image de l\u2019attitude de J\u00e9sus envers les femmes de son \u00e9poque.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">L\u2019\u00c9glise anglicane commente ainsi ce chapitre 16 des Romains :<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00ab Il peint une image vivante de l\u2019\u00c9glise dans laquelle les femmes et les hommes exercent leur minist\u00e8re ensemble, o\u00f9 les dons de chacun sont appr\u00e9ci\u00e9s et valoris\u00e9s. C\u2019est une image qui refl\u00e8te fid\u00e8lement la perspective de Galates 3 o\u00f9 les divisions sur la base du sexe sont abolies. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Romains 16 n\u2019illustre pas seulement la fin des barri\u00e8res entre les hommes et les femmes dans le cadre de la mission mais aussi la fin des s\u00e9parations dues aux origines et au statut social : dans la liste des personnes salu\u00e9es par Paul, on trouve des noms juifs, grecs et latins mais aussi des noms de personnes libres, affranchies, d\u2019esclaves, d\u2019hommes et de femmes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Quelle incidence sur notre vision de la collaboration entre hommes et femmes a le fait que Paul prend le temps d\u2019exprimer sa gratitude \u00e0 l\u2019\u00e9gard du minist\u00e8re exerc\u00e9 par des femmes, en des termes de profonde appr\u00e9ciation ?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\"><strong>Le contexte du premier si\u00e8cle<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Un des \u00e9l\u00e9ments qui pourrait expliquer la difficult\u00e9 des traducteurs ou des commentateurs d\u2019accueillir ces femmes remarquables, collaboratrices de Paul serait \u00ab leurs pr\u00e9suppos\u00e9s cach\u00e9s en ce qui concerne le statut des femmes dans le christianisme primitif et plus important encore, leur manque de connaissance du statut de la femme pendant la p\u00e9riode imp\u00e9riale.<a href=\"#_ftn34\" name=\"_ftnref34\">[34]<\/a> \u00bb Il nous faut modifier notre perception du r\u00f4le des femmes au 1<sup>er<\/sup> si\u00e8cle de notre \u00e8re.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Des \u00e9tudes r\u00e9centes sur l\u2019Empire romain montrent qu\u2019elles ne sont pas, comme on le croit souvent, seulement confin\u00e9es aux sph\u00e8res domestiques<a href=\"#_ftn35\" name=\"_ftnref35\">[35]<\/a>. Malheureusement cette croyance influence notre vision de leur r\u00f4le au sein des premi\u00e8res communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes. Or elles ne sont pas toutes \u00e9cart\u00e9es de la sph\u00e8re publique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">De m\u00eame notre compr\u00e9hension de la vie des femmes juives de l\u2019\u00e9poque influence notre lecture des passages n\u00e9otestamentaires sur les femmes dans les premi\u00e8res \u00e9glises. Cependant notre vision du juda\u00efsme est tr\u00e8s fortement fa\u00e7onn\u00e9e par les textes rabbiniques alors que des preuves arch\u00e9ologiques de la diaspora gr\u00e9co-romaine offrent une tout autre image.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Des inscriptions du 2<\/span><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><sup><span style=\"font-size: 10px;\">\u00e8me<\/span><\/sup><span style=\"font-size: 10pt;\"> si\u00e8cle avant notre \u00e8re jusqu\u2019au 6<\/span><span style=\"font-size: 8pt;\"><sup style=\"font-size: 10pt;\">\u00e8me<\/sup><\/span><span style=\"font-size: 10pt;\"> apr\u00e8s J-C t\u00e9moignent de femmes jouant un r\u00f4le important dans les synagogues : elles servent comme chefs de synagogues, responsables religieux, anciens, pr\u00eatres et \u00ab m\u00e8re de synagogues \u00bb. Des protectrices sont d\u00e9crites par le terme <\/span><em style=\"font-size: 10pt;\">prostasis<\/em><span style=\"font-size: 10pt;\"> dans des sources \u00e9pigraphiques<\/span><a style=\"font-size: 10pt;\" href=\"#_ftn36\" name=\"_ftnref36\">[36]<\/a><span style=\"font-size: 10pt;\">.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Une meilleure connaissance du contexte social de cette \u00e9poque nous aiderait ainsi \u00e0 mieux comprendre les textes bibliques et leur perspective. L\u2019enjeu pour notre compr\u00e9hension du r\u00f4le des femmes dans l\u2019\u00c9glise est crucial.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;\"><strong>Conclusion<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">La rencontre avec Junia et ses amies contribue \u00e0 modifier l\u2019image d\u2019un Paul bien moins misogyne que ce que nous le croyons parfois. Il s\u2019est entour\u00e9 d\u2019un grand nombre de collaboratrices remarquables et cela devrait jeter une lumi\u00e8re nouvelle sur d\u2019autres passages pol\u00e9miques de ses lettres, souvent eux aussi victimes de traductions biais\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Rappelons la tr\u00e8s belle image de Paul : il d\u00e9crit l\u2019\u00c9glise comme un corps compos\u00e9 de ses diff\u00e9rents membres. Comprenons que de nos jours, l\u2019\u00c9glise du Seigneur, y compris nos \u00e9glises baptistes se pr\u00e9sente le plus souvent comme un corps h\u00e9mipl\u00e9gique, \u00e0 moiti\u00e9 paralys\u00e9 puisque la moiti\u00e9 de ses membres, les femmes, sont emp\u00each\u00e9es ou ne se sentent pas libres d\u2019exercer les dons qu\u2019elles ont re\u00e7us de Dieu.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Le r\u00e9sultat est une \u00c9glise, un corps qui n\u2019est pas capable d\u2019accomplir pleinement sa mission: partager la bonne nouvelle de J\u00e9sus-Christ \u00e0 nos fr\u00e8res et s\u0153urs en humanit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><em>Val\u00e9rie Duval-Poujol<\/em><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/span><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 8pt;\">Article publi\u00e9 sur le blog <a>Qui nous roulera la pierre.com<\/a> qui vise \u00e0 \u00ab mettre en relation des femmes d\u00e9j\u00e0 en responsabilit\u00e9 dans toutes sortes de lieux et de milieux, avec d\u2019autres femmes en questionnement. \u00bb Il est reproduit avec les permissions requises.<\/span><\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><strong>Bibliographie compl\u00e9mentaire<\/strong> (ouvrages non cit\u00e9s en notes dans cet article)<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><em>Women and Men in Scriptures and in the church.<\/em> <em>A collective reflection for the Anglican Church<\/em>, \u00e9d. par Steven CROFT and Paula GOODER, Canterbury Press, 2013: notamment sur Romains 16 p. 29.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Sylvia WILKEY COLINSON. \u00ab Women disciples \u00bb in <em>The Women\u2019s Bible commentary<\/em>, \u00e9d. par Catherine Clark KROEGER &amp; Mary J. EVANS, IVP, 2002, p. 571-573<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Imtraud FISCHER<em>. Des femmes messag\u00e8res de Dieu. Proph\u00e8tes et proph\u00e9tesses dans la Bible h\u00e9bra\u00efque<\/em>. Paris : Cerf, Mediaspaul, 2009 : notamment un chapitre sur Houlda, p. 213-255<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">John THORLEY. <em>Junia, A woman apostle<\/em>, Novum Testamentum 38\/1, Brill, 1996, p.18-29.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><strong>Notes<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Article publi\u00e9 dans Les Cahiers de l\u2019Ecole Pastorale sous le titre \u00ab Junia et ses amies \u00bbN\u00b0 94 4\u00b0 trimestre 2014.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Val\u00e9rie Duval-Poujol, th\u00e9ologienne baptiste, est docteur en histoire des religions et en th\u00e9ologie. Elle enseigne le grec biblique, la Septante et la critique textuelle \u00e0 l\u2019Institut Catholique de Paris. Actuellement elle est responsable de la r\u00e9vision de la Bible en fran\u00e7ais courant pour l\u2019Alliance Biblique Fran\u00e7aise.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Pour ces quatre femmes, Paul choisit <em>kopia\u014d<\/em> \u00ab travailler dur \u00bb, un verbe qui implique un \u00ab labeur, pour le bien de l\u2019\u00c9vangile ou de la communaut\u00e9, qui m\u00e9rite l\u2019honneur. \u00bb Susan MATHEW. <em>Women in the greetings of Romans 16,1-16. A study of mutuality and women\u2019s ministry in the letter to the Romans<\/em>, T&amp;T Clark Bloomsbury, 2013, p. 109. C\u2019est avec ce verbe que Paul d\u00e9crit son minist\u00e8re d\u2019ap\u00f4tre (1 Cor 15,10ss) et il emploie le nom rattach\u00e9 \u00e0 ce verbe pour le minist\u00e8re des conducteurs d\u2019\u00c9glise (1 Th 5,12), des pr\u00e9dicateurs (1 Ti 5,17).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Que veut dire Paul lorsqu\u2019il qualifie la m\u00e8re de Rufus comme \u00ab \u00e9tant aussi la mienne \u00bb (Rm 16,13) ? Certains sugg\u00e8rent qu\u2019elle le faisait b\u00e9n\u00e9ficier de son patronage ou qu\u2019elle l\u2019a accompagn\u00e9 spirituellement, peut-\u00eatre au d\u00e9but de sa foi chr\u00e9tienne.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Le nom de Phoeb\u00e9, qui signifie \u00ab brillante \u00bb indique qu\u2019elle \u00e9tait sans doute d\u2019origine pa\u00efenne \u00ab puisque son nom a des liens avec la mythologie pa\u00efenne \u00bb. Susan MATHEW. <em>Ibid<\/em>, p. 66-71. Voir aussi Craig KEENER. <em>Paul,<\/em><em>Women and wives,<\/em> Hendrickson publishers, 1992, p. 66.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Voir Susan MATHEW. <em>Ibid<\/em>, p. 66-71. Voir aussi Craig KEENER. <em>Ibid<\/em>, p. 238.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Susan MATTHEW. <em>Ibid<\/em>, p. 74.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Cette relation est d\u00e9crite par Joan CAMPBELL. <em>Ibid<\/em>, p. 82ss.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Joan CAMPBELL. <em>Ibid<\/em>, p. 90.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Joan CAMPBELL. <em>Ibid<\/em>, p. 32.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Joan CAMPBELL. <em>Ibid<\/em>, p. 92.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Priscilla et Aquila sont des noms tout \u00e0 fait romains dans une forme gr\u00e9cis\u00e9e. Priscilla est la forme f\u00e9minine de l\u2019adjectif latin Prisca signifiant \u00ab primitif \u00bb ou \u00ab ancien \u00bb. Luc emploie toujours le diminutif Prisca.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Marie No\u00ebl KELLER. <em>Priscilla and Aquila. <\/em><em>Paul\u2019s coworkers in Christ Jesus,<\/em> Liturgical Press, 2010, p. XIII.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Voir Elisabeth SH\u00dcSSLER FIORENZA. \u00ab Missionaries, apostles, co-workers: Romans 16 and the reconstruction of women\u2019s early Christian history \u00bb, in <em>Feminist Theology A Reader<\/em>, \u00e9d. par Ann LOADES, SPCK, 1990, p. 66.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Voir Craig KEENER. <em>Ibid<\/em>, p. 241.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Cit\u00e9 par Marie No\u00ebl KELLER. <em>Ibid<\/em>, p. XIV.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Soit des proches parents ou des juifs.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Voir Eldon J. EPP \u00ab Text-critical, exegetical and socio-cultural factors affecting the Junia\/Junias variation in Romans 16,7 \u00bb, <em>New Testament Textual criticism and exegesis<\/em>, \u00e9d. par A.Denaux, University Press, 2002, p. 264 note 118. Les recherches d\u2019Epp, cit\u00e9es dans cet article, sont disponibles dans son livre de r\u00e9f\u00e9rence <em>Junia. the first woman apostle,<\/em> Augsburg Fortress 2005, qui vient d\u2019\u00eatre publi\u00e9 en fran\u00e7ais : <em>Junia. Une femme ap\u00f4tre ressuscit\u00e9e par l\u2019ex\u00e9g\u00e8se<\/em>, Labor et Fides, Septembre 2014.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Cit\u00e9 par U-K PLISCH, \u00ab Die Apostelin Junia: das exegetische Problem in R\u00f6m.16,7 im Licht von Nestle-Aland und der Sahidischen \u00dcberlieferung \u00bb,<em>NewTestament Studies<\/em> 42, 1996, p. 477-478.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> Joseph FITZMYER, <em>Romans. A New Translation with Introduction and Commentary. <\/em>The Anchor Yale Biblical Commentary 33, p. 737-738.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> <em>Ep. ad Romanos<\/em> 31.2 Patrologia Graeca 60.669-670. Traduction cit\u00e9e par Eldon J. EPP.<em> Junia. Une femme<\/em><em>ap\u00f4tre ressuscit\u00e9e par l\u2019ex\u00e9g\u00e8se<\/em>, p. 68 qui la reprend de B.BROOTEN.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> Epp recense ces r\u00e9f\u00e9rences de NT grecs offrant un f\u00e9minin : Eldon J. EPP. <em>Ibid<\/em>, p. 110.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> J.PIPER et W.GRUDEM. \u00ab An overview of central concerns \u00bb, in PIPER et GRUDEM \u00e9d. <em>Recovering Biblical Manhood and Womanhood<\/em>, p. 79-80 et p. 479 note 19.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> Expression de Eldon J. EPP. <em>Ibid<\/em>, 2002, p. 252. \u00c9piphane ajoute : \u00ab Le sexe f\u00e9minin se laisse facilement s\u00e9duire, il est faible et comprend peu de choses. Nous pr\u00e9f\u00e9rons la fa\u00e7on masculine de raisonner et souhaiterions (\u2026) d\u00e9truire la sottise. \u00bb \u00c9piphane, \u00ab Adversus Collyridianos \u00bb Patrologia Graeca vol. 42, col. 740 F. Voir aussi Douglas MOO, <em>The epistle to the Romans<\/em>, Eerdmans, p. 922 note 31.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> Selon Rena Pederson (<em>The lost apostle<\/em>, Jossey Bass 2006) \u00ab il a sans doute \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9 par un commentaire de 1512 qui citait un homme nomm\u00e9 Julias \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> Voir P.LAMPE. \u00ab The Roman Christians of Romans 16 \u00bb, in K.P.DONFRIED. <em>The Romans debate,<\/em> Hendrickson, 1991, p. 226.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> Cf. le fameux lexique Bauer Aland, \u00e0 l\u2019article Iouniana: il confirme que cette forme abr\u00e9g\u00e9e au masculin n\u2019est attest\u00e9e nulle part mais que la forme au f\u00e9minin est \u00ab impossible \u00e0 cause du contexte : il ne peut y avoir de femme ap\u00f4tre. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> Pour une liste d\u2019\u00e9tudes r\u00e9centes des dix derni\u00e8res ann\u00e9es qui confirment que <em>Iounian<\/em> est bien un f\u00e9minin (des auteurs comme Belleville, Cervin, Thorley, Winter, etc.) voir Susan MATTHEW. <em>Ibid<\/em>, p. 8.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a> Bruce METZGER. <em>A textual commentary on the Greek NT,<\/em> 2001.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a> Craig KEENER. <em>Ibid<\/em>, p. 242.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a> Elisabeth SH\u00dcSSLER FIORENZA. <em>Ibid<\/em>, p. 69.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\">[32]<\/a> Le grec emploie un double accusatif difficile \u00e0 traduire: il d\u00e9signe tout autant une partenaire de mission de sexe f\u00e9minin ou une \u00e9pouse (une \u00e9pouse qui est s\u0153ur dans la foi ou une dame qui est aussi une s\u0153ur dans la foi). Mais dans tous les cas il s\u2019agit d\u2019\u00e9quipes des deux sexes envoy\u00e9es en mission.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\">[33]<\/a> Susan MATHEW. <em>Ibid<\/em>, p. 112.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref34\" name=\"_ftn34\">[34]<\/a> Caroline F. WHELAN. \u00ab <em>Amica Pauli<\/em>: the Role of Phoeb\u00e9 in the Early Church. \u00bb, <em>Journal for the study of NT<\/em><em> 49, 1993, p. 69.<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref35\" name=\"_ftn35\">[35]<\/a> Pour des t\u00e9moignages historiques de femmes actives dans les Cours de justice, en politique et dans la pr\u00eatrise au sein de l\u2019Empire romain, voir Susan MATTHEW. <em>Ibid<\/em>, p. 46ss.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref36\" name=\"_ftn36\">[36]<\/a> Cf. Susan MATHEW. <em>Ibid<\/em>, p. 50 et 54ss.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ap\u00f4tre Junia &#8211; La femme et le minist\u00e8re dans le Nouveau Testament \u00e0 la lumi\u00e8re de Romains 16[1] La r\u00e9v\u00e9lation biblique met en avant de nombreuses femmes ayant servi Dieu de mani\u00e8re extraordinaire. Certaines sont famili\u00e8res (D\u00e9borah, Miriam, Esther), d\u2019autres &hellip; <a href=\"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=3900\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":200,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"ppma_author":[349],"class_list":["post-3900","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la_bible_et_les_femmes","author-duval-poujol_valerie"],"authors":[{"term_id":349,"user_id":200,"is_guest":0,"slug":"duval-poujol_valerie","display_name":"Val\u00e9rie Duval-Poujol","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/2e359ef34d09250100367cbf606720e43381909861e744f110638ccbb1bcd7f9?s=96&d=wp_user_avatar&r=g","user_url":"","last_name":"Duval-Poujol","first_name":"Val\u00e9rie","description":"Docteure en histoire des religions (Sorbonne) et en ex\u00e9g\u00e8se (Institut catholique de Paris), la th\u00e9ologienne Val\u00e9rie Duval-Poujol enseigne le grec biblique, la critique textuelle du Nouveau Testament et la Septante \u00e0 l\u2019Institut Catholique de Paris. Elle fut membre du comit\u00e9 de r\u00e9daction pour la TOB 2010. Pr\u00e9sidente de la commission \u0153cum\u00e9nique de la F\u00e9d\u00e9ration Protestante Fran\u00e7aise, elle a repr\u00e9sent\u00e9 l\u2019Alliance baptiste mondiale comme d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e fraternelle au synode extraordinaire sur la famille au Vatican (octobre 2014)."}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3900","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/200"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3900"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3900\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3900"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3900"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3900"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fppma_author&post=3900"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}