{"id":4065,"date":"2016-12-05T10:27:05","date_gmt":"2016-12-05T15:27:05","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=4065"},"modified":"2016-12-14T10:20:05","modified_gmt":"2016-12-14T15:20:05","slug":"masculin-feminin-ou-en-sommes-nous-decryptage-dune-encyclique-recension","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=4065","title":{"rendered":"Masculin-F\u00e9minin. O\u00f9 en sommes-nous? \u2013 D\u00e9cryptage d\u2019une encyclique &#8211; recension"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><span lang=\"fr-FR\"><a href=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?attachment_id=4088\" rel=\"attachment wp-att-4088\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-4088\" src=\"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/COUV-Masculin-Fe\u0301minin-1.jpg\" alt=\"couv-masculin-feminin\" width=\"85\" height=\"117\" \/><\/a>Une recension du livre de Mich\u00e8le Jeunet,\u00a0<\/span><em>Masculin-F\u00e9minin. O\u00f9 en sommes-nous? \u2013 D\u00e9cryptage d\u2019une encyclique<\/em><span lang=\"fr-FR\">, BoD, 160 p. 30 juin\u00a02016<\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"> par Sylvie de Chalus<em><br \/>\n<\/em><span style=\"font-size: 8pt;\"><strong>Recension publi\u00e9e sur le site <a href=\"http:\/\/alpha.comitedelajupe.fr\/?q=content\/masculin-f%C3%A9minin-o%C3%B9-en-sommes-nous%C2%A0-%E2%80%93-d%C3%A9cryptage-d%E2%80%99une-encyclique\">Le comit\u00e9 de la jupe<\/a>\u00a0et reproduite avec les permissions requises<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\"><em>Masculin-F\u00e9minin, o\u00f9 en sommes-nous? <\/em>est un livre de Mich\u00e8le Jeunet, religieuse appartenant \u00e0 l\u2019Institut des S\u0153urs de Notre-Dame du C\u00e9nacle. Il est paru en juin 2016 aux \u00e9ditions BoD \u2013 Books on Demand (<a href=\"https:\/\/www.bod.fr\/livre\/michele-jeunet\/masculin-feminin--ou-en-sommes-nouso\/9782322077274.html\" rel=\"nofollow\">https:\/\/www.bod.fr\/livre\/michele-jeunet\/masculin-feminin&#8211;ou-en-sommes-nouso\/9782322077274.html<\/a>). Il porte en sous-titre <em>D\u00e9cryptage d\u2019une encyclique<\/em>, celle de Jean-Paul\u00a0II, <em>Mulieris Dignitatem<\/em> (1988). D\u2019embl\u00e9e, le titre invite le lecteur \u00e0 voir qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un rapport entre le masculin et le f\u00e9minin et que cette question est ins\u00e9r\u00e9e dans l\u2019histoire. L\u2019\u00e9tude de l\u2019encyclique est au centre, elle est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d\u2019un rappel des textes les plus significatifs de la tradition, elle est suivie de r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 des th\u00e9ologiens contemporains qui pourraient inspirer une autre approche de la question. Ce livre reprend un travail universitaire, un m\u00e9moire de ma\u00eetrise en th\u00e9ologie, all\u00e9g\u00e9 de ses notes et revu pour toucher un public plus large, ouvrage de vulgarisation au bon sens du terme.<\/span><!--more--><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Le premier chapitre montre \u00ab\u00a0le lourd passif d\u2019un discours avant Vatican\u00a0II\u00a0\u00bb. Il cite des extraits des d\u00e9crets de Gratien, qui a inspir\u00e9 le Droit canon de 1582, sous le pontificat de Gr\u00e9goire\u00a0XIII. L\u2019homme et la femme, d\u2019apr\u00e8s l\u2019interpr\u00e9tation des textes de la <em>Gen\u00e8se<\/em> sur la cr\u00e9ation, ont en commun une m\u00eame substance mais hi\u00e9rarchis\u00e9e, le privil\u00e8ge de l\u2019image de Dieu n\u2019appartenant qu\u2019au sexe masculin. Dans l\u2019ordre du salut, \u00e9voqu\u00e9 par saint Paul dans l<em>\u2019\u00c9p\u00eetre aux Galates<\/em>, il y a bien \u00e9quivalence de l\u2019homme et de la femme, mais pas dans l\u2019ordre de la cr\u00e9ation. Thomas d\u2019Aquin, dans sa <em>Somme th\u00e9ologique<\/em>, \u00e9tablit une hi\u00e9rarchie prononc\u00e9e entre les sexes, il met le masculin du c\u00f4t\u00e9 de Dieu, puisque l\u2019homme (masculin, en latin, <em>vir<\/em>) est principe de l\u2019esp\u00e8re humaine, de lui a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9e la femme et tout le genre humain. La soumission de l\u2019\u00e9pouse \u00e0 son mari est donc impos\u00e9e et le texte de l\u2019<em>\u00c9p\u00eetre aux \u00c9ph\u00e9siens <\/em>(\u00ab\u00a0Les femmes doivent donc, et de la m\u00eame mani\u00e8re, se soumettre en tout \u00e0 leurs maris\u00a0\u00bb (5, 24) \u2013lecture obligatoire des messes de mariage avant le concile Vatican\u00a0II\u2013est interpr\u00e9t\u00e9 comme relevant d\u2019un plan divin. C\u2019est l\u2019expression de la doctrine catholique qui a pr\u00e9valu pendant des si\u00e8cles, doctrine qu\u2019on pouvait encore trouver au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle dans un texte du pape Pie\u00a0XI, <em>Casti connubii<\/em> (1930).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Le texte de Jean-Paul\u00a0II, par rapport \u00e0 la doctrine longtemps profess\u00e9e, introduit donc une rupture. Jean-Paul\u00a0II consid\u00e8re que l\u2019homme et la femme sont, l\u2019un comme l\u2019autre, images de Dieu, th\u00e9omorphes, et que c\u2019est la caract\u00e9ristique essentielle de l\u2019\u00eatre humain d\u2019\u00eatre une personne \u00e0 l\u2019image du Dieu personnel. L\u2019encyclique rompt aussi avec l\u2019ex\u00e9g\u00e8se traditionnelle de l\u2019<em>\u00c9p\u00eetre aux Eph\u00e9siens <\/em>en introduisant une lecture contextuelle qui tient compte des m\u0153urs et traditions dont l\u2019auteur \u00e9tait le contemporain.Il ne faut donc pas y voir une soumission unilat\u00e9rale et ce qui est demand\u00e9 \u00e0 chacun est r\u00e9ciproque.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Mais d\u2019autres d\u00e9veloppements du texte r\u00e9tablissent la hi\u00e9rarchie entre le masculin et le f\u00e9minin et c\u2019est le cas de la typologie, de la figure du Christ-\u00c9poux et de l\u2019\u00c9glise-\u00c9pouse, mettant le masculin du c\u00f4t\u00e9 du divin et le f\u00e9minin du c\u00f4t\u00e9 de la cr\u00e9ature humaine. On est dans l\u2019ordre de la symbolique biblique et de l\u2019analogie. Cette symbolique met tous les \u00eatres humains du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00c9pouse et les hommes seuls (<em>viri<\/em>) du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00c9poux\u00a0; si l\u2019on ajoute que, dans la pens\u00e9e de Jean-Paul\u00a0II, Marie est une sorte d\u2019arch\u00e9type du f\u00e9minin, on arrive \u00e0 une diff\u00e9renciation forte entre le masculin et le f\u00e9minin, le f\u00e9minin \u00e9tant tout entier du c\u00f4t\u00e9 du cr\u00e9\u00e9 et de l\u2019humain, Dieu exprimant son amour par le symbole de l\u2019\u00e9poux, de genre masculin. Mais cette symbolique de l\u2019amour nuptial, si elle s\u2019applique au r\u00e9el, pose une repr\u00e9sentation de l\u2019homme masculin comme celui qui a l\u2019initiative, aime et donne le premier, le f\u00e9minin, lui, re\u00e7oit et ne peut donner qu\u2019en r\u00e9ponse. Sur cette symbolique repose une anthropologie, consacrant, en quelque sorte, une in\u00e9galit\u00e9 entre les sexes. Or cette symbolique ne fait pas sens au niveau de la R\u00e9v\u00e9lation ni de la R\u00e9demption. La constitution pastorale <em>Gaudium et Spes<\/em> (1965) pr\u00e9sente bien le Christ comme \u00ab\u00a0l\u2019homme nouveau\u00a0\u00bb, au sens d\u2019\u00eatre humain (<em>homo<\/em>), mod\u00e8le d\u2019humanit\u00e9et r\u00e9dempteur des hommes comme des femmes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">Dans une derni\u00e8re partie, Mich\u00e8le Jeunet rend compte de textes d\u2019ex\u00e9g\u00e8tes et de th\u00e9ologiens contemporains qui permettraient de proposer une autre approche. On ne peut pas tout \u00e9voquer car un r\u00e9sum\u00e9 trop court de ces pages risquerait d\u2019aboutir \u00e0 des simplifications abusives. On peut noter cependant que le mot <em>Adam<\/em> est \u00ab\u00a0le gl\u00e9beux\u00a0\u00bb, celui qui a \u00e9t\u00e9 form\u00e9 de la gl\u00e8be. Andr\u00e9 W\u00e9nin, par exemple, le consid\u00e8re comme l\u2019\u00eatre humain qui n\u2019est pas encore diff\u00e9renci\u00e9 sexuellement. Si l\u2019on ajoute que le mot \u00ab\u00a0c\u00f4te\u00a0\u00bb est d\u00fb sans doute \u00e0 une mauvaise traduction et qu\u2019il s\u2019agit de c\u00f4t\u00e9, on voit l\u2019enjeu en mati\u00e8re d\u2019anthropologie, de repr\u00e9sentation du masculin et du f\u00e9minin. Les derni\u00e8res pages \u00e9voquent la doctrine trinitaire de Moltmann, en Dieu, une diff\u00e9rence sans hi\u00e9rarchie. Si le couple humain est invit\u00e9 \u00e0 vivre de cette vie trinitaire, toute domination, toute hi\u00e9rarchie est abolie.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00c9tienne Grieu, j\u00e9suite et professeur au centre S\u00e8vres, a \u00e9crit la pr\u00e9face de ce livre. En pr\u00e9sentant le travail de Mich\u00e8le Jeunet, il montre combien\u00a0 la perspective historique est importante, pour tenir compte des cadres de pens\u00e9e qui \u00e9taient ceux du christianisme \u00e0 ses origines et ne pas tomber dans l\u2019anachronisme. Elle a \u00e9t\u00e9 pleinement respect\u00e9e par l\u2019auteure\u00a0:la position actuelle de l\u2019\u00c9glise est expos\u00e9e, replac\u00e9e dans une histoire longue et, en m\u00eame temps, mise en question et interrog\u00e9e, sans pol\u00e9mique, mais avec nettet\u00e9. La clart\u00e9 de l\u2019expos\u00e9 rend le livre accessible \u00e0 des lecteurs qui ne seraient pas des sp\u00e9cialistes et qui seraient int\u00e9ress\u00e9s par la question des genres, une question anthropologique avant tout, qui a des incidences importantes dans la th\u00e9ologie de l\u2019\u00c9glise, dans sa structure et dans la repr\u00e9sentation que se font commun\u00e9ment les catholiques du masculin et du f\u00e9minin.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une recension du livre de Mich\u00e8le Jeunet,\u00a0Masculin-F\u00e9minin. 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Elle est membre du Comit\u00e9 de la Jupe."}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4065","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/205"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4065"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4065\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4065"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4065"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4065"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fppma_author&post=4065"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}