{"id":561,"date":"2001-10-15T12:00:51","date_gmt":"2001-10-15T16:00:51","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=561"},"modified":"2013-08-22T11:50:24","modified_gmt":"2013-08-22T15:50:24","slug":"la-resistance-des-femmes-en-eglise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=561","title":{"rendered":"LA R\u00c9SISTANCE DES FEMMES EN \u00c9GLISE"},"content":{"rendered":"<p align=\"LEFT\"><i style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small; line-height: 1.714285714;\"><b>La question politique<\/b><\/i><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Certains groupes de femmes engag\u00e9es au service de la mission eccl\u00e9siale adressent au magist\u00e8re des interpellations concernant la place qui est faite aux femmes dans l&rsquo;\u00c9glise catholique. Ce faisant, elles se placent de facto dans une certaine position de r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;endroit du pouvoir cl\u00e9rical, quelle que soit par ailleurs la qualit\u00e9 de leurs rapports et de leur collaboration avec les personnes qui exercent cette fonction dans leur milieu. Il est pertinent d&rsquo;aborder en partie cette question sous l&rsquo;angle politique, puisque l&rsquo;\u00c9glise institutionnelle comporte bel et bien cette dimension en tant que syst\u00e8me organis\u00e9 selon une distribution de fonctions et de responsabilit\u00e9s auxquelles sont attach\u00e9s des pouvoirs.<!--more--><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\"><i><b>Conditions de l\u00e9gitimit\u00e9 d&rsquo;une relation de pouvoir<\/b><\/i><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Les sciences politiques \u00e9tudient g\u00e9n\u00e9ralement la question de la l\u00e9gitimit\u00e9 du pouvoir sous l&rsquo;angle des rapports d&rsquo;une autorit\u00e9 gouvernementale \u00e0 une population donn\u00e9e. Dans cette perspective, on retient les crit\u00e8res suivants. L&rsquo;exercice du pouvoir doit \u00eatre conforme \u00e0 des r\u00e8gles \u00e9tablies (constitution, l\u00e9gislation, r\u00e9glementations diverses). Ces r\u00e8gles doivent \u00eatre justifi\u00e9es sur la base des valeurs et convictions partag\u00e9es \u00e0 la fois par les d\u00e9tenteurs du pouvoir et leurs subordonn\u00e9s. Il doit y avoir coh\u00e9rence entre un syst\u00e8me de pouvoir et les croyances, valeurs et attentes qui servent \u00e0 le fonder.[1]\u00a0Il doit y avoir signe de consentement des subordonn\u00e9s \u00e0 cette relation de pouvoir.[2]<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">\u00c0 noter qu\u2019une relation de pouvoir n&rsquo;est pas l\u00e9gitime seulement parce que les gens croient en sa l\u00e9gitimit\u00e9, mais parce qu&rsquo;elle peut \u00eatre justifi\u00e9e en rapport avec leurs croyances et leurs valeurs ; ces \u00ab croyances \u00bb et \u00ab valeurs \u00bb peuvent porter sur les sources de l&rsquo;autorit\u00e9, les qualit\u00e9s et qualifications requises pour exercer le pouvoir, les buts de cet exercice, les crit\u00e8res pour \u00e9tablir le consentement, les valeurs reconnues comme fondatrices par le groupe\u2026<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Toute incoh\u00e9rence entre le pouvoir et les convictions de la population sur laquelle il s&rsquo;exerce se manifeste le plus souvent \u00e0 la suite de l&rsquo;exclusion d&rsquo;une partie importante de la population des processus politiques. L&rsquo;exclusion provoque une demande d&rsquo;inclusion au nom des valeurs m\u00eames qui fondent la l\u00e9gitimit\u00e9 du pouvoir. Si cette demande rencontre ind\u00e9finiment l&rsquo;opposition du pouvoir en place, celui-ci en vient \u00e0 perdre sa l\u00e9gitimit\u00e9 aux yeux des gens qu&rsquo;il appelle \u00e0 la soumission.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00ab L&rsquo;\u00e9rosion des sources du pouvoir peut se produire au cours d&rsquo;une longue p\u00e9riode de temps avant d&rsquo;\u00eatre largement reconnue, et plus encore avant qu&rsquo;on soit pr\u00eat \u00e0 agir sur la base de cette prise de conscience. Des intellectuels dissidents peuvent travailler pendant des ann\u00e9es, \u00e0 leur risque, pour mettre en lumi\u00e8re la faillite d&rsquo;un r\u00e9gime, sans effet apparent. Il faut g\u00e9n\u00e9ralement une atteinte s\u00e9rieuse aux int\u00e9r\u00eats des gens pour qu&rsquo;ils se rendent compte du manque de justification des r\u00e8gles du pouvoir. Et le lien entre les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la performance d&rsquo;un gouvernement et les bases inad\u00e9quates de son autorit\u00e9 n&rsquo;est souvent per\u00e7u que sous l&rsquo;impact de la r\u00e9sistance politique elle-m\u00eame \u00bb[3]\u00a0.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Une contestation sp\u00e9cifique conduit ainsi \u00e0 une remise en cause de la l\u00e9gitimit\u00e9 du pouvoir. On se trouve alors devant un processus de \u00ab d\u00e9l\u00e9gitimation \u00bb par lequel ceux dont le consentement est n\u00e9cessaire \u00e0 la l\u00e9gitimit\u00e9 d&rsquo;une relation ou d&rsquo;un acte de pouvoir agissent d&rsquo;une mani\u00e8re qui indique le retrait de ce consentement.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00ab La d\u00e9l\u00e9gitimation est la perte dramatique de prestige encouru par un r\u00e9gime quand un grand nombre de ses sujets refusent publiquement et collectivement de faire ce qui leur est ordonn\u00e9 \u00bb.[4]\u00a0Tout acte d&rsquo;opposition ne constitue pas un acte de d\u00e9l\u00e9gitimation. Cela d\u00e9pend de la nature du pouvoir contest\u00e9. Dans un r\u00e9gime d\u00e9mocratique, o\u00f9 l&rsquo;expression de la dissidence par rapport \u00e0 des politiques particuli\u00e8res fait partie des r\u00e8gles admises, une telle dissidence n&rsquo;a pas de soi un effet de d\u00e9l\u00e9gitimation. Pour que la fronti\u00e8re soit franchie entre l&rsquo;opposition normale et un processus de d\u00e9l\u00e9gitimation, les acteurs impliqu\u00e9s doivent explicitement d\u00e9clarer leur intention \u00e0 cet effet (paralyser le syst\u00e8me, abattre le pouvoir, d\u00e9montrer une all\u00e9geance \u00e0 un ordre politique diff\u00e9rent&#8230;)<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Par ailleurs, dans un r\u00e9gime plus hi\u00e9rarchique et autoritaire, o\u00f9 la libert\u00e9 d&rsquo;expression et d&rsquo;association est limit\u00e9e, l&rsquo;organisation d&rsquo;une opposition \u00e0 des politiques particuli\u00e8res constitue en elle-m\u00eame un d\u00e9fi au pouvoir en place. L&rsquo;interdiction d&rsquo;une manifestation, par exemple, donne \u00e0 celle-ci, d\u00e8s qu&rsquo;elle a lieu, une signification tr\u00e8s diff\u00e9rente en en faisant une contestation du pouvoir lui-m\u00eame. Ce qui fait d&rsquo;une r\u00e9sistance un acte de d\u00e9l\u00e9gitimation, quelles que soient les circonstances, c&rsquo;est qu&rsquo;elle conteste la pr\u00e9tention du pouvoir \u00e0 gouverner avec le consentement de la population. Le pouvoir se trouve alors devant le choix de la concession (qui devrait \u00eatre radicale) ou de la r\u00e9pression (qui confirme la d\u00e9l\u00e9gitimation).<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Pour avoir un tel effet, un acte de r\u00e9sistance doit rev\u00eatir un caract\u00e8re public. Les d\u00e9monstrations de masse en Europe de l&rsquo;Est en 1989, la dissidence des \u00e9tudiants chinois sur la place Tienanmen ou l&rsquo;Intifada des palestiniens n&rsquo;auraient pas eu le m\u00eame impact sans leur r\u00e9percussion par les m\u00e9dias. Une r\u00e9sistance moins publicis\u00e9e peut servir de signe avant-coureur et entra\u00eener un processus de dialogue et de n\u00e9gociation, sans qu&rsquo;une d\u00e9l\u00e9gitimation radicale s&rsquo;ensuive n\u00e9cessairement. Par ailleurs, un refus persistant de reconna\u00eetre la l\u00e9gitimit\u00e9 d&rsquo;une telle r\u00e9sistance peut lui-m\u00eame finir par miner la cr\u00e9dibilit\u00e9 d&rsquo;un pouvoir.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\"><i><b>L\u00e9gitimit\u00e9 des relations de pouvoir dans l&rsquo;\u00c9glise<\/b><\/i><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Il faut \u00e9videmment tenir compte du fait que \u00ab l&rsquo;\u00c9glise est une soci\u00e9t\u00e9 diff\u00e9rente des autres soci\u00e9t\u00e9s, originale dans sa nature et ses structures. La charge pastorale, dans l&rsquo;\u00c9glise, est normalement li\u00e9e au sacrement de l&rsquo;ordre : elle n&rsquo;est pas un simple gouvernement, comparable aux modes d&rsquo;autorit\u00e9 qui se v\u00e9rifient dans les \u00c9tats \u00bb (Congr\u00e9gation pour la doctrine de la foi, 15 oct. 1976). Ceci \u00e9tant reconnu, il demeure impossible de faire abstraction de la dimension \u00ab politique \u00bb de certaines mesures disciplinaires ou d\u00e9clarations doctrinales. La raison d&rsquo;\u00eatre de telles mesures est souvent indissociable de leur r\u00e9percussion sur un \u00e9quilibre de pouvoir \u00e0 maintenir, ou sur la coh\u00e9sion de la communaut\u00e9, ou sur l&rsquo;int\u00e9gration de cette communaut\u00e9 dans un contexte socioculturel donn\u00e9 : autant de consid\u00e9rations qui sont pour une bonne part d&rsquo;ordre politique.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Cette dimension politique ne rel\u00e8ve pas seulement de ceux qui d\u00e9tiennent des pouvoirs dans l&rsquo;\u00c9glise. L&rsquo;exercice de ce pouvoir est soumis \u00e0 une forme de r\u00e9gulation communautaire, que la th\u00e9ologie appelle le sensus fidelium. Les pratiques, affirmations et d\u00e9cisions du magist\u00e8re doivent s&rsquo;appuyer sur des croyances, valeurs et convictions partag\u00e9es par le peuple de Dieu. La validit\u00e9 ou l\u00e9gitimit\u00e9 des actes du pouvoir cl\u00e9rical se trouve ainsi qualifi\u00e9e, jusqu&rsquo;\u00e0 un certain point, par la r\u00e9ception que la communaut\u00e9 croyante leur donne. D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;importance de la fonction critique de discernement exerc\u00e9e en \u00c9glise, par le travail des ex\u00e9g\u00e8tes et th\u00e9ologiens et par la foi de l&rsquo;ensemble des fid\u00e8les.[5]<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\"><i><b>Probl\u00e9matique \u00ab politique \u00bb de la place des femmes dans l&rsquo;\u00c9glise<\/b><\/i><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">En ce qui concerne la place des femmes dans l&rsquo;\u00c9glise, l&rsquo;analyse des conditions de l\u00e9gitimit\u00e9 du pouvoir par les sciences politiques et du principe th\u00e9ologique de la \u00ab r\u00e9ception \u00bb attirent notre attention sur les points suivants. Aux yeux de plusieurs \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur et \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de l&rsquo;\u00c9glise, il y a incoh\u00e9rence sur le plan des valeurs entre l&rsquo;engagement public de l&rsquo;\u00c9glise en faveur de la justice sociale et le maintien d&rsquo;une structure patriarcale souvent associ\u00e9e \u00e0 la m\u00eame dynamique de domination qui donne lieu au racisme, au colonialisme et \u00e0 l&rsquo;appauvrissement.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">On per\u00e7oit une incoh\u00e9rence semblable entre les positions exprim\u00e9es par le magist\u00e8re \u00e0 propos de l&rsquo;universalit\u00e9 des droits humains, notamment dans Ecclesia in America (janv. 2000), et le maintien des femmes dans un statut concret d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 et de subordination (sexisme structurel) sur la base d&rsquo;une \u00ab diff\u00e9rence de mission \u00bb li\u00e9e \u00e0 leur \u00ab nature f\u00e9minine \u00bb.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">\u00ab Les P\u00e8res synodaux ont soulign\u00e9 avec raison que \u00ab\u00a0les droits fondamentaux de la personne humaine sont inscrits dans la nature elle-m\u00eame, qu&rsquo;ils sont voulus par Dieu et que par cons\u00e9quent ils demandent \u00e0 \u00eatre universellement accept\u00e9s et observ\u00e9s \u00bb (Ecclesia in America, # 49). \u00ab L&rsquo;\u00c9glise ressent le devoir d&rsquo;insister sur la dignit\u00e9 humaine commune \u00e0 toute personne. Elle d\u00e9nonce la discrimination, les abus sexuels et la pr\u00e9pond\u00e9rance masculine comme \u00e9tant des actions contraires au dessein de Dieu \u00bb (# 45).<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Il existe un probl\u00e8me de \u00ab r\u00e9ception \u00bb \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;anthropologie de la diff\u00e9renciation sexuelle et de la christologie de l&rsquo;image masculine de Dieu fondant la marginalisation des femmes et leur rel\u00e9gation dans des r\u00f4les de subalternes dans l&rsquo;\u00c9glise. Un probl\u00e8me semblable de r\u00e9ception se pr\u00e9sente de plus en plus \u00e0 propos de l&rsquo;interpr\u00e9tation de l&rsquo;exclusion des femmes des minist\u00e8res ordonn\u00e9s comme appartenant au \u00ab d\u00e9p\u00f4t de la foi \u00bb. On d\u00e9plore une utilisation \u00ab id\u00e9ologique \u00bb de l&rsquo;autorit\u00e9 divine pour justifier un \u00e9tat de fait et le pr\u00e9senter comme immuable. On conteste en m\u00eame temps de facto la pr\u00e9sentation de cette interpr\u00e9tation comme infaillible et l&rsquo;interdiction cons\u00e9quente de la remettre en cause[6]\u00a0, en poursuivant quand m\u00eame les d\u00e9bats sur cette question.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Ce double probl\u00e8me de coh\u00e9rence et de r\u00e9ception met en lumi\u00e8re une contradiction avec les crit\u00e8res de l\u00e9gitimit\u00e9 du pouvoir tels qu&rsquo;\u00e9nonc\u00e9s plus haut, contradiction qui se traduit en termes th\u00e9ologiques comme un probl\u00e8me de r\u00e9ception. La pratique eccl\u00e9siale concernant le statut des femmes dans l&rsquo;\u00c9glise peut en effet \u00eatre critiqu\u00e9e du point de vue des valeurs et attentes d&rsquo;un nombre grandissant de croyants et croyantes, et les subordonn\u00e9es qui sont les premi\u00e8res concern\u00e9es manifestent de moins en moins leur consentement \u00e0 cette relation de pouvoir et \u00e0 l&rsquo;argumentation utilis\u00e9e pour la justifier. Dans quelle mesure la r\u00e9sistance \u00e0 cet \u00e9tat de fait peut-elle \u00eatre th\u00e9ologiquement fond\u00e9e?<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\"><i><b>La r\u00e9sistance comme question th\u00e9ologique<\/b><\/i><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Ce qui pr\u00e9c\u00e8de permet d\u00e9j\u00e0 de constater l&rsquo;existence d&rsquo;un probl\u00e8me \u00ab politique \u00bb li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exercice du pouvoir cl\u00e9rical sur les femmes dans l&rsquo;\u00c9glise. Cette situation donne lieu \u00e0 diff\u00e9rentes formes de r\u00e9sistance qui se manifestent essentiellement \u00e0 travers la non-r\u00e9ception de d\u00e9clarations, interpr\u00e9tations et d\u00e9cisions du magist\u00e8re jug\u00e9es incoh\u00e9rentes avec un certain nombre de valeurs et croyances fondamentales. Dans quelle mesure cette r\u00e9sistance para\u00eet-elle th\u00e9ologiquement fond\u00e9e ? Pour tenter de r\u00e9pondre \u00e0 cette question, nous allons nous r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l&rsquo;exemple de la r\u00e9sistance juive, notamment durant l&rsquo;exil, et \u00e0 la pratique de J\u00e9sus dans sa confrontation avec le pouvoir religieux.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\"><i><b>L&rsquo;exemple de la r\u00e9sistance juive<\/b><\/i><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">C&rsquo;est pendant la p\u00e9riode de l&rsquo;exil que la th\u00e9ologie biblique de la r\u00e9sistance s&rsquo;est le plus d\u00e9velopp\u00e9e. Soumis \u00e0 la domination de Babylone, le peuple se trouvait devant un choix difficile : tirer profit de la situation de captivit\u00e9 et collaborer avec les pouvoirs, ou continuer d&rsquo;esp\u00e9rer malgr\u00e9 l&rsquo;effondrement de ses r\u00e9f\u00e9rences traditionnelles et le silence de Dieu. Ce deuxi\u00e8me choix obligeait \u00e0 surmonter la peur et \u00e0 r\u00e9sister au culte de l&#8217;empereur et \u00e0 l&rsquo;idol\u00e2trie au risque de sa vie, dans le refus de toute compromission. Gr\u00e2ce au \u00ab peuple des saints \u00bb qui consentait \u00e0 ce choix, la beaut\u00e9 et la face humaine du monde \u00e9taient sauvegard\u00e9e. C&rsquo;est le sens de l&rsquo;image du Fils de l&rsquo;Homme venant sur les nu\u00e9es dans le livre de Daniel. \u00ab Ce peuple recevra \u00e9ventuellement la souverainet\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire que la cause de l&rsquo;humanit\u00e9 finira par triompher, gr\u00e2ce \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 du peuple des saints \u00bb.[7]<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Les proph\u00e8tes vont s&#8217;employer \u00e0 promouvoir ce deuxi\u00e8me choix. Ils vont le faire en exhortant le peuple \u00e0 se tourner \u00e0 la fois vers la m\u00e9moire du pass\u00e9 (la fid\u00e9lit\u00e9 de Dieu) et vers l&rsquo;avenir promis (le r\u00e8gne de Dieu). Les r\u00e9sistants de la Bible s&rsquo;engagent dans le pr\u00e9sent sur la base d&rsquo;une continuit\u00e9 ininterrompue dans la foi et d&rsquo;un renouvellement continuel et impr\u00e9visible de l&rsquo;histoire sous la conduite de Dieu.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">L&rsquo;impasse peut ainsi \u00eatre transform\u00e9e en chemin d&rsquo;avenir. \u00ab L&rsquo;esp\u00e9rance et la fid\u00e9lit\u00e9 du \u00ab\u00a0peuple des saints\u00a0\u00bb gardent le monde ouvert au changement qui peut toujours survenir. [\u2026] La r\u00e9sistance ne consiste pas seulement \u00e0 d\u00e9noncer et \u00e0 s&rsquo;opposer. Elle consiste aussi \u00e0 inventer des chemins nouveaux. R\u00e9sister, c&rsquo;est faire jaillir la vie malgr\u00e9 tout, au milieu du d\u00e9sert ou de la tourmente \u00bb.[8]<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Pendant leur captivit\u00e9, les Juifs \u00e9taient invit\u00e9s par J\u00e9r\u00e9mie \u00e0 travailler, b\u00e2tir et procr\u00e9er (Jer 28-29). Des groupes s&rsquo;organisaient sous l&rsquo;autorit\u00e9 des Anciens (Ez 8,1 ; 14,1 ; 20,1) et formaient des communaut\u00e9s de r\u00e9sistants se soutenant les uns les autres dans leur fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Alliance. C&rsquo;est une \u00e9poque de grande f\u00e9condit\u00e9 litt\u00e9raire (Ez\u00e9chiel, Lamentations, Is 40-45). C&rsquo;est aussi une \u00e9poque de r\u00e9interpr\u00e9tation des promesses de Dieu et de reconstruction du sens dans un contexte boulevers\u00e9 par la conqu\u00eate, la destruction du Temple et l&rsquo;exil. C&rsquo;est \u00e0 ce moment, par exemple, que l&rsquo;esp\u00e9rance de la r\u00e9surrection individuelle appara\u00eet. Le temps l&rsquo;\u00e9chec et du doute se change en \u00ab moment favorable \u00bb, en semence d&rsquo;avenir.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">D&rsquo;Abraham \u00e0 Mo\u00efse, les p\u00e8res d&rsquo;Isra\u00ebl et ensuite les proph\u00e8tes ont sans cesse convoqu\u00e9 le peuple \u00e0 accueillir une r\u00e9v\u00e9lation toujours neuve. Cette foi a toujours oblig\u00e9 Isra\u00ebl \u00e0 se tenir en mouvement, \u00e0 partir, \u00e0 r\u00e9interpr\u00e9ter son exp\u00e9rience, \u00e0 regarder dans la direction de l&rsquo;avenir plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 se replier sur son pass\u00e9, ses vieilles habitudes, ses r\u00e9flexes de peuple menac\u00e9 et craintif. Il fallait d\u00e9passer sans cesse les limites d&rsquo;une religion trop solidement install\u00e9e, que ce soit sur sa terre, dans ses lois, ses institutions, ses traditions ou son temple.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\"><i><b>La pratique de J\u00e9sus<\/b><\/i><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">J\u00e9sus a d\u00fb affronter le pouvoir religieux de l&rsquo;int\u00e9rieur de sa communaut\u00e9 de foi, au long d&rsquo;un proc\u00e8s qui a commenc\u00e9 sur la place publique, pendant son minist\u00e8re. Il est n\u00e9cessaire d&rsquo;analyser les sources de ce conflit pour comprendre les motifs de la r\u00e9sistance de J\u00e9sus. Il semble bien que l&rsquo;hostilit\u00e9 envers J\u00e9sus commence d\u00e8s qu&rsquo;il entre sur la sc\u00e8ne publique, avant donc qu&rsquo;il ait laiss\u00e9 percer des pr\u00e9tentions \u00e0 \u00eatre le Fils de Dieu ou que les autorit\u00e9s politiques aient pu redouter qu&rsquo;il ne soul\u00e8ve les foules. Qu&rsquo;y avait-il donc dans sa pr\u00e9dication, depuis les tout d\u00e9buts, qui puisse susciter tant d&rsquo;opposition, entra\u00eener \u00e9ventuellement une accusation de blasph\u00e8me et une condamnation \u00e0 mort?<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Le coeur de la pr\u00e9dication de J\u00e9sus, du d\u00e9but \u00e0 la fin de son minist\u00e8re, c&rsquo;est l&rsquo;annonce du Royaume et l&rsquo;\u00e9tablissement de cette r\u00e9alit\u00e9 eschatologique au centre de la relation \u00e0 Dieu. Autrement dit, J\u00e9sus d\u00e9place l&rsquo;objet de la foi de la tradition \u00e9tablie vers l&rsquo;\u00e0-venir impr\u00e9visible, de la religion famili\u00e8re et codifi\u00e9e vers la foi comme ouverture \u00e0 la nouveaut\u00e9 de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement o\u00f9 se r\u00e9v\u00e8le un Dieu insolite et inattendu : \u00ab Vous ne connaissez ni moi ni mon P\u00e8re \u00bb (Jn 8,20). J\u00e9sus annonce que le Royaume est proche, et que c&rsquo;est dans l&rsquo;accueil de ce Royaume que Dieu lui-m\u00eame se rend proche. D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;annonce de la destruction et du remplacement du Temple (Dieu est ailleurs), qui sera finalement retenue comme motif principal de sa condamnation (Mt 26,61).<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">J\u00e9sus est entr\u00e9 en conflit avec les pouvoirs religieux pour avoir voulu remplacer la voie de la tradition et de la religion par celle de l&rsquo;ouverture \u00e0 l&rsquo;incessante venue de Dieu dans l&rsquo;histoire.[9]\u00a0J\u00e9sus exhorte \u00e0 chercher la volont\u00e9 de Dieu, il fait appel \u00e0 la libert\u00e9 plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ob\u00e9issance \u00e0 des pr\u00e9ceptes ou la conformit\u00e9 \u00e0 des pratiques rituelles. Il transporte l&rsquo;absolu de Dieu dans le prochain, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans toute personne. Il d\u00e9sacralise le rapport \u00e0 Dieu en le d\u00e9pla\u00e7ant de la religion vers la relation avec autrui, vers l&rsquo;autre qu&rsquo;il faut servir et pour lequel il faut \u00eatre pr\u00eat \u00e0 donner sa vie. \u00ab La grande r\u00e9volution religieuse accomplie par J\u00e9sus, c&rsquo;est d&rsquo;avoir ouvert aux humains une autre voie d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 Dieu que celle du sacr\u00e9, la voie profane de la relation au prochain, la relation \u00e9thique v\u00e9cue comme service d&rsquo;autrui et pouss\u00e9e jusqu&rsquo;au sacrifice de soi\u00a0\u00bb.[10]<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Le poids de la religion et de ses traditions se trouve ainsi relativis\u00e9. La libert\u00e9 de la foi situe la religion au rang d&rsquo;un moyen dans lequel il ne faut pas s&rsquo;enfermer au risque de ne plus \u00eatre en mesure de recevoir la manifestation de Dieu au coeur de l&rsquo;histoire. L&rsquo;enjeu ici est la libert\u00e9 de Dieu. Si Dieu est tellement immanent \u00e0 la religion et \u00e0 la pi\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;il y est enferm\u00e9, il n&rsquo;est plus Dieu mais une idole. La foi est toujours \u00e0 la recherche de Dieu, elle suit sa trace, toujours pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e par lui, toujours pr\u00eate \u00e0 le laisser prendre ses distances \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de toute forme ou repr\u00e9sentation qu&rsquo;on peut vouloir donner \u00e0 sa pr\u00e9sence. C&rsquo;est pourquoi J\u00e9sus reproche aux Juifs de ne pas vraiment conna\u00eetre Dieu parce qu&rsquo;ils l&rsquo;ont enferm\u00e9 dans le pass\u00e9, lui le Dieu vivant et toujours nouveau (cf. parabole des talents). En ce sens le proc\u00e8s de J\u00e9sus sera le proc\u00e8s de la nouveaut\u00e9 de Dieu[11]\u00a0, celui de la d\u00e9stabilisation du sacr\u00e9 et de l&rsquo;appel \u00e0 la libert\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\"><i><b>La r\u00e9sistance en \u00c9glise<\/b><\/i><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Fondements th\u00e9ologiques<\/span><\/span><\/em><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Il s&rsquo;agit ici de chercher \u00e0 savoir s&rsquo;il peut \u00eatre parfois l\u00e9gitime de poser un geste de r\u00e9sistance en \u00c9glise au nom de certaines convictions fondamentales de la foi. Quels seraient les fondements th\u00e9ologiques de la r\u00e9sistance \u00e0 certaines relations de pouvoir? Si l&rsquo;on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l&rsquo;exemple d&rsquo;Isra\u00ebl et \u00e0 la pratique de J\u00e9sus, on peut proposer quelques pistes de r\u00e9flexion qui m\u00e9riteraient d&rsquo;\u00eatre explor\u00e9es et pr\u00e9cis\u00e9es davantage.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Le respect de la libert\u00e9 de l&rsquo;Esprit et l&rsquo;ouverture \u00e0 la nouveaut\u00e9 continuelle du Royaume pourrait fonder une opposition \u00e0 ce qui tendrait \u00e0 figer la manifestation de Dieu et de son vouloir dans des pratiques ou des traditions h\u00e9rit\u00e9es du pass\u00e9. Une r\u00e9sistance \u00e0 toute absolutisation de la religion ou du sacr\u00e9 serait rendue n\u00e9cessaire au nom d&rsquo;une foi qui cherche \u00e0 entendre les appels de Dieu dans le temps pr\u00e9sent.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">En raison de leur solidarit\u00e9 avec l&rsquo;\u00c9glise et de leur responsabilit\u00e9 commune au regard de la mission, les membres du peuple de Dieu ont un devoir de vigilance qui peut les autoriser \u00e0 des gestes d&rsquo;interpellation et de r\u00e9sistance dans la mesure o\u00f9 ils s&rsquo;y sentent appel\u00e9s au nom de leur fid\u00e9lit\u00e9 au Dieu de J\u00e9sus. L&rsquo;attention aux signes des temps et \u00e0 la manifestation de Dieu dans l&rsquo;histoire demande \u00e9videmment un discernement prudent, qui doit se faire de fa\u00e7on communautaire, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du peuple de Dieu. Les premi\u00e8res initiatives de r\u00e9sistance proviennent souvent de minorit\u00e9s proph\u00e9tiques, mais leur l\u00e9gitimit\u00e9 se trouve d&rsquo;autant confirm\u00e9e qu&rsquo;elles suscitent avec le temps un assez large consensus parmi les fid\u00e8les et les th\u00e9ologiens.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Par ailleurs, le refus de reconna\u00eetre la manifestation de Dieu l\u00e0 o\u00f9 elle se produit peut s&rsquo;av\u00e9rer tout aussi n\u00e9faste que l&rsquo;aventurisme spirituel. Un tel fixisme, proc\u00e9dant d&rsquo;une tendance \u00e0 absolutiser des formes historiques relatives, pourrait bien co\u00fbter \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise institutionnelle ce qui lui reste de cr\u00e9dibilit\u00e9 et compromettre sa capacit\u00e9 de s&rsquo;acquitter de sa mission.[12]<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Devant une telle perspective, la foi qui laisse \u00e0 Dieu sa libert\u00e9 acquiert ellem\u00eame la libert\u00e9 et l&rsquo;audace du discernement et de la parole : elle se lib\u00e8re de la peur du sacr\u00e9 et de l&rsquo;ob\u00e9issance servile, qui maintiennent le croyant dans une attitude d&rsquo;esclave; elle devient majeure et responsable, c&rsquo;est-\u00e0dire \u00ab filiale \u00bb (Ga 4,1-4).<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\"><i>\u00ab \u00c0 quoi \u00bb et \u00ab pour quoi \u00bb r\u00e9sister<\/i><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">L&rsquo;exemple d&rsquo;Isra\u00ebl et la pratique de J\u00e9sus montrent que la r\u00e9sistance comme opposition est ins\u00e9parable de la r\u00e9sistance comme esp\u00e9rance. La r\u00e9sistance biblique et chr\u00e9tienne vise \u00e0 transfigurer le r\u00e9el en refusant toute fatalit\u00e9 et en anticipant dans le pr\u00e9sent la figure du monde \u00e0 venir. Elle s&rsquo;appuie sur une fid\u00e9lit\u00e9 et une promesse. Elle regarde \u00e0 la fois vers le pass\u00e9 et vers l&rsquo;avenir : vers le pass\u00e9 pour se souvenir de la fid\u00e9lit\u00e9 de Dieu, et vers l&rsquo;avenir pour collaborer \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement du Royaume promis.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Dans l&rsquo;esprit de J\u00e9sus et des proph\u00e8tes, l&rsquo;objet fondamental de toute r\u00e9sistance est la lib\u00e9ration et l&rsquo;accomplissement de l&rsquo;humain : s&rsquo;opposer \u00e0 toute forme d&rsquo;ali\u00e9nation et de d\u00e9shumanisation pour rendre possible un devenir humain selon l&rsquo;esprit du Royaume esp\u00e9r\u00e9. La r\u00e9sistance n&rsquo;est pas un geste d&rsquo;hostilit\u00e9 ou de division. Elle fait appel \u00e0 la conscience pour ramener au sens du vivre-ensemble dans la v\u00e9rit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">La r\u00e8gle premi\u00e8re du discernement en mati\u00e8re de r\u00e9sistance est donc de savoir si telle situation permet d&rsquo;aller vers plus d&rsquo;humanit\u00e9 et de convivialit\u00e9 v\u00e9ritables ou, au contraire, si elle porte atteinte \u00e0 l&rsquo;humain et menace la communaut\u00e9. Quelles sont, dans une situation donn\u00e9e, les conditions d&rsquo;une vie authentiquement humaine ? Quelles sont les exigences de la dignit\u00e9, de la justice, de la compassion, de la solidarit\u00e9, de la libert\u00e9, de l&rsquo;interd\u00e9pendance, de la responsabilit\u00e9?<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Tout en reconnaissant qu&rsquo;il est rarement possible de cr\u00e9er les conditions parfaites d&rsquo;une telle humanisation, un \u00ab r\u00e9sistant \u00bb selon l&rsquo;esprit biblique et \u00e9vang\u00e9lique ne peut faire d&rsquo;autre choix que d&rsquo;aller vers ce qui en assure le mieux la r\u00e9alisation. Le discernement de ce qui humanise et qui fait vivre repose sur une analyse qui am\u00e8ne \u00e0 d\u00e9noncer toute source de d\u00e9shumanisation sans pour autant tomber dans l&rsquo;id\u00e9alisme utopique. Voir clair est une condition pour que la r\u00e9sistance soit ferme, mais d\u00e9nu\u00e9e de fanatisme.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Cela conduit \u00e0 refuser le mensonge, \u00e0 dire ce qui est, \u00e0 exposer les fausses pr\u00e9tentions de tout syst\u00e8me de domination et \u00e0 faire appara\u00eetre sa force destructrice ; et en m\u00eame temps \u00e0 savoir qu&rsquo;on ne peut r\u00e9clamer tout de suite l&rsquo;ordre id\u00e9al, qu&rsquo;il faut tenir compte des possibilit\u00e9s historiques du moment en \u00e9vitant de nous installer dans l&rsquo;utopie comme \u00ab dans un monde merveilleux et lisse \u00bb (Michel Foucault), sans contrainte ni contradiction.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\"><i><b>Les voies de la r\u00e9sistance<\/b><\/i><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Les formes principales de la r\u00e9sistance sont l&rsquo;opposition et l&rsquo;invention.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Un geste public d&rsquo;opposition ou de contestation<\/span><\/span><\/em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">\u00a0a un effet de d\u00e9l\u00e9gitimation des relations de pouvoir telles qu&rsquo;elles sont exerc\u00e9es dans un cas pr\u00e9cis. S&rsquo;il est assez largement soutenu et solidement fond\u00e9, un tel geste peut s&rsquo;av\u00e9rer n\u00e9cessaire en \u00c9glise comme appel \u00e0 la conversion (\u00ab ecclesia semper reformanda \u00bb, disait saint Bernard). La r\u00e9sistance au changement, si naturelle dans les institutions et les communaut\u00e9s depuis longtemps \u00e9tablies, demande \u00e0 \u00eatre surmont\u00e9e par une autre forme de r\u00e9sistance, celle qui refuserait par exemple l&rsquo;incoh\u00e9rence, l&rsquo;autoritarisme, l&rsquo;exclusion ou le silence complice.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Un acte d&rsquo;invention et d&rsquo;esp\u00e9rance<\/span><\/span><\/em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">, cr\u00e9ant une alternative sur la base des valeurs fondamentales qui sont en cause, peut avoir un effet tout aussi lib\u00e9rateur et transformant. Une telle initiative anticipe sur l&rsquo;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;opinion au sein de l&rsquo;institution, et peut jouer de ce fait un r\u00f4le d&rsquo;\u00e9veil et de conscientisation. Les communaut\u00e9s de base en Am\u00e9rique latine, par exemple, n&rsquo;ont pas surgi \u00e0 la suite ou avec l&rsquo;autorisation formelle des autorit\u00e9s eccl\u00e9siastiques. Elles ont acquis leur l\u00e9gitimit\u00e9 avec le temps, sur la base de leur authenticit\u00e9 \u00e9vang\u00e9lique. Chez nous, des catholiques commencent aussi \u00e0 faire advenir des communaut\u00e9s r\u00e9pondant aux convictions, aux engagements et aux valeurs qui sont l&rsquo;expression la plus vivante de leur foi.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Parmi d&rsquo;autres formes possibles de r\u00e9sistance cr\u00e9atrice, on pourrait mentionner le d\u00e9voilement ou le dire vrai qui expose au grand jour une r\u00e9alit\u00e9 inacceptable[13]\u00a0, le pardon comme \u00ab r\u00e9sistance \u00e0 la cruaut\u00e9 du monde \u00bb[14]\u00a0, la constance dans la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 sa mission, la libert\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;esprit du temps.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Octobre 2001<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\"><b>ANNEXE<\/b><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\"><b>Quelques significations du mot \u00ab r\u00e9sistance \u00bb. Usages courants :\u00a0<\/b><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">R\u00e9sister \u00e0 la tentation.<br \/>\nR\u00e9sistance aux pressions, aux s\u00e9ductions, aux intimidations.<br \/>\nR\u00e9sistance au changement.<br \/>\nR\u00e9sistance comme opposition<br \/>\nR\u00e9sistance aux abus, aux pouvoirs injustes, \u00e0 la tyrannie, \u00e0 l&rsquo;occupation (e.g. la R\u00e9sistance fran\u00e7aise)&#8230;<br \/>\nR\u00e9sistance par le dire-vrai (le d\u00e9voilement), l&rsquo;interpellation, le d\u00e9bat d\u00e9mocratique, le d\u00e9fi, la d\u00e9nonciation, la subversion.<br \/>\nR\u00e9sistance passive : non-collaboration, d\u00e9sob\u00e9issance civile.<br \/>\nR\u00e9sistance comme r\u00e9silience, endurance.<br \/>\nLa t\u00e9nacit\u00e9 dans l&rsquo;opposition \u00e0 des r\u00e9gimes ou \u00e0 des mesures injustes.<br \/>\nR\u00e9sistance comme capacit\u00e9 d&rsquo;esp\u00e9rer envers et contre tout, de se tenir debout, de tenir bon.<br \/>\nR\u00e9sistance comme acte d&rsquo;esp\u00e9rance et d&rsquo;invention.<br \/>\nR\u00e9sistance comme invention d&rsquo;alternatives in\u00e9dites, inattendues, qui peuvent rev\u00eatir un certain caract\u00e8re subversif du seul fait qu&rsquo;elles lib\u00e8rent de la soumission d\u00e9coulant d&rsquo;un sentiment de fatalit\u00e9, et qu&rsquo;elles font appara\u00eetre des choix diff\u00e9rents de ceux qui sont impos\u00e9s. La d\u00e9monstration, par le fait m\u00eame, qu&rsquo;il est possible d&rsquo;esp\u00e9rer un autre avenir.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Publi\u00e9 dans J. Fortin (Dir.), (2002),\u00a0<i>La 25e heure pour l&rsquo;\u00c9glise.\u00a0<\/i>(p. 13-22) Montr\u00e9al: R\u00e9seau Femmes et Minist\u00e8res.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\"><b>NOTES\u00a0<\/b><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[1]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">David BEETHAM, The Legitimation of Power, MacMillan, 1991.\u00a0<\/span><\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[2]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Ibid., p. 11.\u00a0<\/span><\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[3]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Ibid., p. 215-216.\u00a0<\/span><\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[4]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Ibid.\u00a0<\/span><\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[5]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">L. BARONI, Y BERGERON, P. DAVIAU, M. LAGU\u00cb, Voix de femmes, Voies de passage, Paulines, 1995, ch. 5.\u00a0<\/span><\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[6]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Lettre apostolique Ordinatio sacerdotalis, 22 mai 1994, no 4 ; R\u00e9ponse \u00e0 un doute sur la doctrine de la Lettre apostolique Ordinatio sacerdotalis, Congr\u00e9gation pour la Doctrine de la foi, 18 nov., 1995.\u00a0<\/span><\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[7]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">G. C\u00d4T\u00c9, R\u00e9sister. Le combat d&rsquo;une esp\u00e9rance t\u00eatue, Paulines\/ C.P.M.O., 1993, p. 42.\u00a0<\/span><\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[8]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Ibid., pp. 43, 55.\u00a0<\/span><\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[9]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Cf. Ch. PERROT, \u00ab Les proph\u00e8tes de la violence et la nouveaut\u00e9 des temps. Matthieu 11,12-13 \u00bb, dans L&rsquo;Ancien et le Nouveau (Cogitatio Fidei 111), Cerf, 1982, pp. 93-109. P. Beauchamp, \u00ab L&rsquo;\u00c9vangile de Matthieu et l&rsquo;h\u00e9ritage d&rsquo;Isra\u00ebl \u00bb, dans Recherches de sciences religieuses, no 76, 1988, p. 5-38.\u00a0<\/span><\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[10]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">J. MOINGT, L&rsquo;homme qui venait de Dieu (Cogitatio Fidei 176), Cerf, 1996, p. 486.\u00a0<\/span><\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[11]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Ibid., p. 503.\u00a0<\/span><\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[12]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Cf. Luis PEREZ AGUIRRE, Incroyable \u00c9glise ! Pauvret\u00e9, pouvoir, sexualit\u00e9, f\u00e9minisme, Les \u00c9ditions de l&rsquo;Atelier\/\u00c9ditions ouvri\u00e8res, Paris, 1994; Paul VALADIER, L&rsquo;\u00c9glise en proc\u00e8s. Catholicisme et soci\u00e9t\u00e9 moderne, Paris, Calmann-L\u00e9vy, 1987; Ren\u00e9 R\u00c9MOND, Le christianisme en accusation, Descl\u00e9e de Brouwer, 2000.\u00a0<\/span><\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[13]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Cf. Jean PICQ, Vaclav Havel : la force des sans-pouvoir, \u00e9d. Michalon, Paris, 2000.\u00a0<\/span><\/span><\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">[14]<\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\">Edgar MORIN, \u00ab Pardonner, c&rsquo;est r\u00e9sister \u00e0 la cruaut\u00e9 du monde \u00bb, dans Le Monde des d\u00e9bats, n\u00b011, f\u00e9v. 2000.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9sistance des femmes en \u00c9glise. Plusieurs groupes de femmes engag\u00e9es en \u00c9glise adressent au Magist\u00e8re de multiples interpellations concernant la place qui leur est faite dans l&rsquo;\u00c9glise Catholique. Elles se placent ainsi dans une situation de R\u00c9SISTANCE \u00e0 l&rsquo;endroit du pouvoir eccl\u00e9sial. Comment comprendre et justifier cette position de r\u00e9sistance ? L\u2019auteur, Guy C\u00f4t\u00e9, apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 les conditions de l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019une relation de pouvoir, r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la probl\u00e9matique \u00ab politique \u00bb de la place des femmes dans l\u2019\u00c9glise et r\u00e9pond \u00e0 la question : \u00ab Dans quelle mesure la r\u00e9sistance des femmes en \u00c9glise peut-elle \u00eatre th\u00e9ologiquement fond\u00e9e ? \u00bb<\/p>\n<p>R\u00e9f\u00e9rence: Dans J. Fortin (Dir.), (2002), La 25e heure pour l&rsquo;\u00c9glise (p. 13-22). Montr\u00e9al: R\u00e9seau Femmes et Minist\u00e8res. <a href=\"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=561\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"ppma_author":[146],"class_list":["post-561","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-femmes-en-eglise","author-guy-cote"],"authors":[{"term_id":146,"user_id":16,"is_guest":0,"slug":"Guy C\u00f4t\u00e9","display_name":"Guy C\u00f4t\u00e9","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/c7eeb369f07173deb422588d33364b9c716b5c3423122e130953449edcebafb6?s=96&d=wp_user_avatar&r=g","user_url":"http:\/\/auteur","last_name":"C\u00f4t\u00e9","first_name":"Guy","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/561","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=561"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/561\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=561"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=561"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=561"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fppma_author&post=561"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}