{"id":759,"date":"2012-11-15T12:00:07","date_gmt":"2012-11-15T16:00:07","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=759"},"modified":"2013-09-30T09:47:43","modified_gmt":"2013-09-30T13:47:43","slug":"lacces-des-femmes-au-sacerdoce-ministeriel-un-debat-toujours-dactualite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=759","title":{"rendered":"L\u2019acc\u00e8s des femmes au sacerdoce minist\u00e9riel, un d\u00e9bat toujours d\u2019actualit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">C\u2019est avec un peu d\u2019espoir et une certaine appr\u00e9hension que j\u2019ai accept\u00e9, en avril 1971, de participer, avec quelques autres invit\u00e9es, \u00e0 une consultation sur la situation des femmes dans l\u2019\u00c9glise. La rencontre se tenait \u00e0 Ottawa dans le cadre de la\u00a0<i>Conf\u00e9rence des \u00e9v\u00eaques catholiques du Canada\u00a0<\/i>[CECC]. J\u2019avais \u00e9t\u00e9 interpel\u00e9e, dans les ann\u00e9es 1950, par cette probl\u00e9matique alors que j\u2019\u0153uvrais comme permanente \u00e0 la Jeunesse ind\u00e9pendante catholique f\u00e9minine. J\u2019avais pu observer, d\u00e8s ce moment, certaines formes de discrimination \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes engag\u00e9es en \u00c9glise.<!--more--><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Cette constatation s\u2019est accentu\u00e9e au moment o\u00f9 je poursuivais, de 1959 \u00e0 1968, des \u00e9tudes en vue de l\u2019obtention d\u2019un baccalaur\u00e9at, puis d\u2019une ma\u00eetrise et enfin d\u2019un doctorat en sciences religieuses. Des interventions en vue d\u2019une reconnaissance effective de l\u2019action des femmes me sont alors apparues n\u00e9cessaires. D\u2019o\u00f9 ma participation \u00e0 un groupe de r\u00e9flexion sur cette probl\u00e9matique.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Des interventions pr\u00e9conciliaires<\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Apr\u00e8s avoir parcouru la litt\u00e9rature pertinente sur la question, ce groupe a \u00e9mis des hypoth\u00e8ses et formul\u00e9 des recommandations pouvant \u00eatre remises aux \u00e9v\u00eaques canadiens qui participaient, \u00e0 ce moment, aux travaux du concile Vatican II. Pour que le contenu en soit connu du public, le document a \u00e9t\u00e9, au pr\u00e9alable, diffus\u00e9, en quatre tranches, dans\u00a0<i>Le Devoir<\/i>\u00a0et a donn\u00e9 lieu \u00e0 des prestations dans divers m\u00e9dias. Selon les informations officieuses sur le d\u00e9roulement du Concile et ce que les documents conciliaires ont diffus\u00e9, il y a tout lieu de croire que les \u00e9v\u00eaques canadiens ont tenu compte, dans leurs d\u00e9lib\u00e9rations, des propositions qui leur avaient \u00e9t\u00e9 remises.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">En 1971, j\u2019\u00e9tais aussi membre du\u00a0<i>Groupe th\u00e9ologique de la Commission d\u2019\u00e9tudes sur les la\u00efcs et l\u2019\u00c9glise<\/i>\u00a0(Commission Dumont) qui se pr\u00e9occupait, d\u2019une fa\u00e7on toute particuli\u00e8re, de l\u2019apport des femmes au sein de cette institution. La perspective d\u2019une\u00a0<i>\u00c9glise communaut\u00e9<\/i>\u00a0dans laquelle les minist\u00e8res, dont celui du sacerdoce, peuvent \u00eatre assum\u00e9s, pour des p\u00e9riodes plus ou moins longues, en raison d\u2019une d\u00e9l\u00e9gation \u00e0 cette fin, avait retenu notre attention. Il \u00e9tait \u00e9videmment entendu que cette d\u00e9l\u00e9gation pouvait \u00eatre confi\u00e9e \u00e0 une femme autant qu\u2019\u00e0 un homme.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">La consultation de la CECC (1971)<\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">La question des minist\u00e8res f\u00e9minins \u00e9tait donc bien pr\u00e9sente dans les d\u00e9bats qui se tenaient, \u00e0 ce moment, dans les milieux eccl\u00e9siaux et dans bon nombre de groupes de femmes. C\u2019est d\u2019ailleurs pour faire suite \u00e0 un m\u00e9moire pr\u00e9sent\u00e9, en mars 1970, par un groupe de femmes catholiques d\u2019Edmonton que la\u00a0<i>Conf\u00e9rence des \u00e9v\u00eaques catholiques du Canada<\/i>\u00a0avait invit\u00e9 une d\u00e9l\u00e9gation f\u00e9minine francophone et anglophone dans le cadre de sa session r\u00e9guli\u00e8re de travail. Le m\u00e9moire demandait aux \u00e9v\u00eaques canadiens de d\u00e9clarer que les femmes sont membres \u00e0 part enti\u00e8re de l\u2019\u00c9glise, au m\u00eame titre que les hommes, de reconna\u00eetre, en cons\u00e9quence, leur acc\u00e8s aux minist\u00e8res diaconal et presbyt\u00e9ral et de r\u00e9former le Code de droit canonique pour corriger les discriminations fond\u00e9es sur le sexe. Les auteures appuyaient leurs demandes sur les d\u00e9clarations conciliaires, sur une requ\u00eate de l\u2019<i>Union mondiale des organisations f\u00e9minines catholiques<\/i>\u00a0[UMOFC] et sur les recommandations de la<i>Commission royale d\u2019enqu\u00eate sur la situation de la femme au Canada<\/i>\u00a0(rapport Bird, 1970).<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">L\u2019invitation de femmes canadiennes dans le cadre d\u2019une session pl\u00e9ni\u00e8re de la Conf\u00e9rence des \u00e9v\u00eaques catholiques du Canada semblait donc manifester une volont\u00e9 des \u00e9v\u00eaques tout au moins de dialoguer avec des femmes engag\u00e9es en \u00c9glise. Les personnes invit\u00e9es ont d\u00fb cependant se rendre compte rapidement que l\u2019\u00e8re d\u2019une r\u00e9flexion commune des pasteurs et des fid\u00e8les n\u2019\u00e9tait pas encore arriv\u00e9e. Les \u00e9v\u00eaques tenaient leur r\u00e9union dans les locaux de la Conf\u00e9rence catholique canadienne. Les femmes francophones et anglophones \u00e9taient regroup\u00e9es, selon leur langue, dans un b\u00e2timent autre. C\u2019\u00e9tait le secr\u00e9taire des \u00e9v\u00eaques qui \u00e9tait charg\u00e9 de transmettre, par \u00e9tape, les recommandations formul\u00e9es par chacun des groupes de femmes.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">D\u00e8s la premi\u00e8re journ\u00e9e, les femmes francophones ont exprim\u00e9 leur vif d\u00e9saccord \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette proc\u00e9dure et demand\u00e9 qu\u2019il y ait tout au moins, une rencontre au cours de laquelle elles pourraient pr\u00e9senter leurs recommandations \u00e0 des membres de la conf\u00e9rence \u00e9piscopale. Apr\u00e8s de multiples d\u00e9marches, dont une visite surprise de quelques-unes d\u2019entre elles \u00e0 l\u2019h\u00f4tel o\u00f9 des \u00e9v\u00eaques du Qu\u00e9bec prenaient leurs repas, cette \u00e9ventualit\u00e9 a enfin \u00e9t\u00e9 accept\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Lors de cette rencontre avec quelques \u00e9v\u00eaques, les femmes francophones ont pu alors faire part de discriminations dont elles \u00e9taient fr\u00e9quemment les t\u00e9moins ou les victimes. Elles ont questionn\u00e9 la l\u00e9gislation qui les gardait exclues des fonctions liturgiques et des diff\u00e9rents minist\u00e8res eccl\u00e9siaux. Elles ont demand\u00e9 que soient red\u00e9finies, dans des perspectives nouvelles, des institutions comme le mariage, le c\u00e9libat eccl\u00e9siastique, le sacerdoce minist\u00e9riel.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Dans le m\u00e9moire qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 et remis aux \u00e9v\u00eaques, suite \u00e0 cette rencontre, les femmes francophones ont demand\u00e9 explicitement que soit rendu possible pour les femmes l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des minist\u00e8res (incluant le diaconat et le sacerdoce) pouvant s\u2019exprimer par des vocations personnelles et \u00e0 partir de besoins des communaut\u00e9s dioc\u00e9saines particuli\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Suivis \u00e0 la consultation de 1971<\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Suite \u00e0 cette rencontre, la\u00a0<i>Conf\u00e9rence des \u00e9v\u00eaques catholiques du Canada<\/i>\u00a0a adopt\u00e9 une r\u00e9solution qu\u2019elle a pr\u00e9sent\u00e9e lors d\u2019un synode tenu \u00e0 Rome en 1971. Cette r\u00e9solution r\u00e9clamait la formation imm\u00e9diate d\u2019une commission mixte (form\u00e9e d\u2019\u00e9v\u00eaques, de pr\u00eatres, de la\u00efcs et de religieux des deux sexes) afin d\u2019\u00e9tudier en profondeur la question des minist\u00e8res f\u00e9minins dans l\u2019\u00c9glise. C\u2019est le cardinal George B. Flahiff, alors pr\u00e9sident de la Conf\u00e9rence, qui a \u00e9t\u00e9 le porteur de cette recommandation.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Des demandes semblables seront renouvel\u00e9es, lors des synodes de 1980, 1983, 1985, 1987 par les \u00e9v\u00eaques Robert Lebel, Louis-Albert Vachon, Bernard Hubert, Jean-Guy Hamelin. Une commission internationale a, de fait, \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1972. Cette commission a pr\u00e9sent\u00e9 des recommandations en 1974 mais a pris fin en 1976 sans donner lieu \u00e0 aucune d\u00e9cision concernant l\u2019acc\u00e8s des femmes \u00e0 des minist\u00e8res eccl\u00e9siaux.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Un refus cat\u00e9gorique de la Curie romaine<\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">\u00c0 compter de ce moment, c\u2019est d\u2019ailleurs un refus cat\u00e9gorique qui est exprim\u00e9 par la Curie romaine \u00e0 tout ce qui touche la participation des femmes \u00e0 des fonctions liturgiques et \u00e0 des t\u00e2ches reli\u00e9es au service de l\u2019autel. Le\u00a0<i>motu proprio Ministeria quaedam<\/i>\u00a0de Paul VI rappelle avec force, d\u00e8s 1972, que les minist\u00e8res du lectorat et de l\u2019acolytat sont r\u00e9serv\u00e9s aux hommes. Le document de la Congr\u00e9gation pour la doctrine de la foi pr\u00e9cise pour sa part, en 1976, que l\u2019\u00c9glise ne se consid\u00e8re pas autoris\u00e9e \u00e0 admettre les femmes \u00e0 l\u2019ordination sacerdotale. C\u2019est enfin ce que confirme, la lettre\u00a0<i>Ordinatio sacerdotalis<\/i>\u00a0de Jean-Paul II, en 1994, en d\u00e9clarant que l\u2019ordination sacerdotale est exclusivement r\u00e9serv\u00e9e aux hommes et que cette position doit \u00eatre tenue par tous les fid\u00e8les. Pour appuyer ce refus, un document de la\u00a0<i>Congr\u00e9gation de la doctrine de la foi<\/i>, publi\u00e9 le 13 juillet 2010, qualifie toute tentative d\u2019ordonner une femme de \u00ab\u00a0d\u00e9lit grave contre la foi\u00a0\u00bb et d\u2019\u00ab\u00a0atteinte \u00e0 l\u2019ordre sacr\u00e9\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">En d\u00e9pit de ce refus cat\u00e9gorique de la hi\u00e9rarchie romaine de reconna\u00eetre la possibilit\u00e9 pour des femmes d\u2019acc\u00e9der \u00e0 diverses formes de minist\u00e8re, c\u2019est cependant de plus en plus \u00e0 des femmes que l\u2019on confie des responsabilit\u00e9s importantes dans l\u2019\u00c9glise. En beaucoup de lieux, elles sont souvent le seul soutien \u00e0 la vie paroissiale. On compte toujours et plus que jamais sur leur apport cela dans la mesure o\u00f9 elles exercent ces t\u00e2ches en tant que servantes dociles sous la responsabilit\u00e9 \u00ab\u00a0sacerdotale\u00a0\u00bb masculine.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Un apport des femmes possible seulement sous responsabilit\u00e9 sacerdotale masculine<\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">C\u2019est le constat que fait Joseph Moingt<\/span>[1]<span style=\"color: #000000;\">, en 2011, alors qu\u2019il s\u2019interroge sur les femmes et l\u2019avenir de l\u2019\u00c9glise. C\u2019est ce que j\u2019ai pu observer moi-m\u00eame dans le cadre de recherches poursuivies, en collaboration avec des groupes de femmes<\/span>[2]<span style=\"color: #000000;\">\u00a0au cours des ann\u00e9es 1980 et 1990. Au Qu\u00e9bec, plusieurs de ces groupes ont d\u2019ailleurs contribu\u00e9 \u00e0 conserver vivant le d\u00e9bat sur l\u2019acc\u00e8s des femmes \u00e0 des minist\u00e8res dont elles ont toujours \u00e9t\u00e9 officiellement exclues. Parmi ces groupes, on trouve\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>L\u2019autre Parole<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0qui, depuis 1976, s\u2019applique \u00e0 reprendre l\u2019ensemble du corps dogmatique et pratique de la foi chr\u00e9tienne pour le r\u00e9interpr\u00e9ter \u00e0 partir de l\u2019exp\u00e9rience des femmes.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">On trouve \u00e9galement l\u2019<i>Association des religieuses pour la promotion des femmes<\/i>\u00a0qui est devenue en 2010 l\u2019<i>Association des religieuses pour les droits des femmes.<\/i>\u00a0On trouve \u00e9galement, \u00e0 compter des ann\u00e9es 1980, le\u00a0<i>R\u00e9seau des r\u00e9pondantes dioc\u00e9saines \u00e0 la condition des femmes<\/i>\u00a0et le<i>r\u00e9seau Femmes et Minist\u00e8res.<\/i><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">C\u2019est, en quelque sorte, pour donner suite \u00e0 leurs demandes qu\u2019en juin 1982, la\u00a0<i>Conf\u00e9rence des \u00e9v\u00eaques catholiques du Canada<\/i>\u00a0a mis sur pied un comit\u00e9\u00a0<i>ad hoc\u00a0<\/i>charg\u00e9 de faire des recommandations sur le r\u00f4le de la femme dans l\u2019\u00c9glise. Ce comit\u00e9 sous la pr\u00e9sidence de madame \u00c9lisabeth Lacelle \u00e9tait compos\u00e9 de dix femmes provenant de diverses r\u00e9gions et de diff\u00e9rents milieux. Deux \u00e9v\u00eaques membres de l\u2019\u00e9quipe pastorale d\u2019\u00e9tude et d\u2019action participaient aux travaux du comit\u00e9 qui avait pour mandat de faire des recommandations concernant la collaboration des femmes au d\u00e9veloppement de leur participation \u00e0 la vie eccl\u00e9siale.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Les recommandations du comit\u00e9 Lacelle (1984)<\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Le comit\u00e9 a remis son rapport \u00e0 la fin d\u2019octobre 1984. Les recommandations achemin\u00e9es \u00e0 la\u00a0<i>Conf\u00e9rence des \u00e9v\u00eaques catholiques du Canada<\/i>\u00e9taient plut\u00f4t mod\u00e9r\u00e9es. En ce qui concerne l\u2019acc\u00e8s des femmes \u00e0 des minist\u00e8res eccl\u00e9siaux, le rapport se limitait \u00e0 proposer la formation d\u2019un groupe d\u2019\u00e9tude ayant pour mandat d\u2019\u00e9tablir un dossier sur cette probl\u00e9matique. C\u2019est avec beaucoup d\u2019h\u00e9sitation et apr\u00e8s avoir effectu\u00e9 de nombreuses corrections que la Conf\u00e9rence \u00e9piscopale a finalement adopt\u00e9 ce rapport. Il s\u2019en est fallu de peu d\u2019ailleurs pour que les recommandations formul\u00e9es par le groupe de travail ne soient pas retenues par l\u2019Assembl\u00e9e des \u00e9v\u00eaques.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Presque toutes les recommandations ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9es par l\u2019ajout ou le retrait de quelques mots. Ces ajouts et ces retraits sont d\u2019ailleurs r\u00e9v\u00e9lateurs d\u2019une mentalit\u00e9. On veut bien faire une place aux femmes au sein de l\u2019institution eccl\u00e9siale mais dans la mesure o\u00f9 le contr\u00f4le de la hi\u00e9rarchie est assur\u00e9e. Les recommandations r\u00e9clamant la constitution de groupes de femme, entre autres, ont toutes \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9es par un encouragement \u00e0 cr\u00e9er des comit\u00e9s\u00a0<i>ad hoc<\/i>\u00a0repr\u00e9sentatifs; l\u2019adoption du rapport rappelant, entre autres, qu\u2019il revenait \u00e0 la CECC et non \u00e0 des groupes de femmes de poursuivre une r\u00e9flexion th\u00e9ologique et pastorale sur leur situation dans l\u2019\u00c9glise.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">Il appara\u00eet donc qu\u2019en d\u00e9pit d\u2019une affirmation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e de vouloir contribuer \u00e0 la promotion de la femme<\/span>[3]<span style=\"color: #000000;\">, l\u2019\u00c9glise ne continue pas moins \u00e0 consid\u00e9rer celle-ci comme \u00ab\u00a0l\u2019Autre\u00a0\u00bb dans des cadres pr\u00e9\u00e9tablis par des hommes. C\u2019est en effet dans une perspective masculine et par une<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>\u00c9glise cl\u00e9ricale<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0que l\u2019on entend d\u00e9finir son statut et son r\u00f4le. L\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue par le comit\u00e9\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>ad hoc<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0de la CECC t\u00e9moigne \u00e9loquemment de la situation de d\u00e9pendance dans laquelle on veut maintenir les femmes dans l\u2019\u00c9glise. Dans leur corps et \u00e0 cause de leur corps, celles-ci demeurent, aujourd\u2019hui comme hier, d\u00e9munies de c\u00e9l\u00e9brations, de parole et de gestion, de m\u00eame que de participation dans l\u2019\u00e9galit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Cet \u00e9v\u00e9nement, comme beaucoup d\u2019autres v\u00e9cus ant\u00e9rieurement et encore au d\u00e9but de ce XXI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, illustre \u00e9loquemment l\u2019impasse d\u2019un dialogue homme\/femme dans l\u2019institution eccl\u00e9siale. Que l\u2019on pense \u00e0 la r\u00e9ponse donn\u00e9e par Jean-Paul II \u00e0 s\u0153ur Theresa Kane, pr\u00e9sidente d\u2019un regroupement de religieuses am\u00e9ricaines alors qu\u2019elle rappelait que, dans les perspectives de ses propres appels au respect de toutes les personnes, l\u2019\u00c9glise se devait d\u2019accorder aux femmes l\u2019acc\u00e8s \u00e0 tous les minist\u00e8res. Le pape se contenta alors de r\u00e9torquer, sur un ton d\u2019autorit\u00e9, qu\u2019elle et les cinq mille autres religieuses qui l\u2019appuyaient devraient plut\u00f4t se re-conformer au mod\u00e8le de la Vierge Marie en \u00ab\u00a0son r\u00f4le librement consenti de m\u00e8re et de servante de Dieu\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0vouer leur vie \u00e0 une disponibilit\u00e9 totale \u00e0 servir selon les besoins de l\u2019\u00c9glise\u00a0\u00bb. Le m\u00eame accueil froid et r\u00e9sistant a \u00e9t\u00e9, nous le savons r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 soeur Odette L\u00e9ger, une religieuse acadienne, lors de la visite de Jean-Paul II en terre canadienne en 1984.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">On comprend, d\u00e8s lors, que la question des minist\u00e8res f\u00e9minins ait, pour ainsi dire \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9e de la pratique eccl\u00e9siale. N\u2019est-ce pas ignorer que fondamentalement c\u2019est l\u2019ensemble des fid\u00e8les qui constitue le sacerdoce royal dont il est fait maintes fois mention dans l\u2019Ancien et le Nouveau Testament. Et, pour prendre toute sa signification, ce sacerdoce universel requiert que chacun des membres de la communaut\u00e9 exerce ses droits et fonctions de pr\u00eatre, c\u2019est-\u00e0-dire, entre en communion avec le Christ, offre le sacrifice spirituel, proclame les merveilles du Seigneur, coop\u00e8re activement au pardon des p\u00e9ch\u00e9s, manifeste et rende efficaces les \u0153uvres de Yahv\u00e9. Les femmes, pas plus que les hommes, ne sauraient \u00eatre exclues de ces fonctions qui appartiennent au Christ, et par la suite \u00e0 toute la communaut\u00e9 croyante.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">Ces fonctions peuvent \u00eatre permanentes ou provisoires. Les limites n\u2019en sont pas toujours pr\u00e9cises. Ces minist\u00e8res doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des services et rien n\u2019indique qu\u2019on doive concevoir certaines formes de service comme appartenant de droit aux hommes et d\u2019autres aux femmes. Par minist\u00e8re, il faut en effet entendre, pr\u00e9cise un document pr\u00e9par\u00e9 en 1973 par le groupe parisien Hommes et femmes en \u00c9glise, \u00ab\u00a0une fonction re\u00e7ue d\u2019une communaut\u00e9 chr\u00e9tienne et fruit d\u2019un charisme appelant une comp\u00e9tence et rev\u00eatant une certaine stabilit\u00e9\u00a0\u00bb<\/span>[4]<span style=\"color: #000000;\">.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><strong><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Un d\u00e9bat \u00e0 poursuivre<\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\">Pareille vision des minist\u00e8res, il faut malheureusement le constater, n\u2019a pas encore donn\u00e9 lieu \u00e0 l\u2019adoption de mesures l\u00e9gislatives en permettant une mise en \u0153uvre institutionnelle. Elle a toutefois inspir\u00e9 les travaux et les interventions de groupes tels\u00a0<i>Femmes et minist\u00e8res<\/i>,\u00a0<i>L\u2019autre Parole<\/i>, le\u00a0<i>R\u00e9seau des r\u00e9pondantes dioc\u00e9saines \u00e0 la condition des femmes<\/i>, l\u2019<i>Association des religieuses pour les droits des femmes.<\/i><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">Une journ\u00e9e de r\u00e9flexion tenue sous l\u2019\u00e9gide du\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Groupe des partenaires<\/i><\/span><\/span>[5]<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>,<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0le 11 mars 2011, \u00e0 laquelle participaient des animatrices de pastorale en paroisse, a \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion de prendre conscience que le d\u00e9bat sur les femmes minist\u00e8res \u00e9tait plus que jamais d\u2019actualit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\"><strong>NOTES<\/strong>\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">[1]<span style=\"color: #000000;\">\u00a0Joseph Moingt, \u00ab Les femmes et l\u2019avenir de l\u2019\u00c9glise \u00bb,\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>\u00c9tudes<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">, no 4141, janvier 2011, p.70.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">[2]<span style=\"color: #000000;\">\u00a0Cf, entre autres,\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Les femmes et leur participation au pouvoir dans l\u2019\u00c9glise<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0(1986-1988);\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Groupes de femmes et participation au pouvoir dans l\u2019\u00c9glise\u00a0<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">(1989-1991);\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Femmes, fonction th\u00e9ologique et emplois<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0(1990-1992).<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">[3]<span style=\"color: #000000;\">\u00a0Cf. entre autres, l\u2019encyclique\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Pacem in Terris<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00a0(Jean XXIII) qui place au deuxi\u00e8me rang la promotion de la femme parmi les signes du temps, imm\u00e9diatement apr\u00e8s la promotion du monde ouvrier.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">[4]<span style=\"color: #000000;\">\u00a0Document soumis aux \u00c9v\u00eaques de France et reproduit dans\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Effort diaconal<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">, 30 \/ Dossier pour de nouvelles formes de minist\u00e8res, mars 1973, p. 58.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">[5]<span style=\"color: #000000;\">\u00a0Groupe form\u00e9 de repr\u00e9sentants et repr\u00e9sentantes des groupes suivants\u00a0:\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>la collective L\u2019autre Parole<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">, le\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Centre justice et foi<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">, le\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Centre St-Pierre<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">et le\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>r\u00e9seau Femmes et Minist\u00e8res\u00a0<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Il appara\u00eet donc qu\u2019en d\u00e9pit d\u2019une affirmation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e de vouloir contribuer \u00e0 la promotion de la femme, l\u2019\u00c9glise ne continue pas moins \u00e0 consid\u00e9rer celle-ci comme \u00ab l\u2019Autre \u00bb dans des cadres pr\u00e9\u00e9tablis par des hommes. \u00bb Un d\u00e9bat \u00e0 poursuivre. <a href=\"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=759\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":88,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"ppma_author":[284],"class_list":["post-759","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-propos-de","author-anita-caron"],"authors":[{"term_id":284,"user_id":88,"is_guest":0,"slug":"anita-caron","display_name":"Anita 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