{"id":812,"date":"1990-04-19T12:00:28","date_gmt":"1990-04-19T16:00:28","guid":{"rendered":"http:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=812"},"modified":"2013-09-18T10:44:38","modified_gmt":"2013-09-18T14:44:38","slug":"des-resistances-aux-alliances-le-50e-anniversaire-du-droit-de-vote-des-femmes-au-quebec","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=812","title":{"rendered":"Des r\u00e9sistances&#8230; aux alliances &#8211; Le 50e anniversaire du droit de vote des femmes au Qu\u00e9bec"},"content":{"rendered":"<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small;\"><i>C\u2019est dans une volont\u00e9 r\u00e9paratrice que, le 19 avril 1990,\u00a0 les \u00e9v\u00eaques du Qu\u00e9bec ont tenu \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer le cinquanti\u00e8me anniversaire de l&rsquo;obtention du droit de vote des Qu\u00e9b\u00e9coise. Il faisait ainsi m\u00e9moire\u00a0de la longue opposition qu&rsquo;avait manifest\u00e9e l&rsquo;\u00e9piscopat \u00e0 l&rsquo;attribution de ce droit aux femmes. Les \u00e9v\u00eaques ont d&rsquo;abord rendu hommage \u00e0 cinquante femmes qui se sont illustr\u00e9es en divers domaines tels que la politique, le syndicalisme, les arts, la th\u00e9ologie, la pastorale, les communications, l\u2019engagement social\u2026\u00a0<\/i><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><i>Lors d\u2019une c\u00e9l\u00e9bration pr\u00e9sid\u00e9e conjointement par madame H\u00e9l\u00e8ne Pelletier Baillargeon, \u00e9crivaine et Mgr Gilles Ouellet, pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e des \u00e9v\u00eaques du Qu\u00e9bec et \u00e0 laquelle participait 1000 femmes, Mgr Ouellet a mis en lumi\u00e8re le long chemin parcouru par les femmes depuis les d\u00e9buts de la colonie jusqu\u2019\u00e0 nos jours; il a aussi incit\u00e9 tous les croyants \u00e0 reconna\u00eetre l\u2019Esprit \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans le mouvement d\u2019affirmation des femmes qui caract\u00e9rise notre \u00e9poque.<\/i><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><i>Voici le texte de son allocution.<!--more--><\/i><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">L&rsquo;\u00e9piscopat du Qu\u00e9bec veut, en cette ann\u00e9e qui marque le cinquanti\u00e8me anniversaire de l&rsquo;obtention du droit de vote des femmes au Qu\u00e9bec, c\u00e9l\u00e9brer, dans une rencontre amicale et festive, cet \u00e9v\u00e9nement historique qui a reconnu aux Qu\u00e9b\u00e9coises leur plein droit de citoyennes. Cette f\u00eate aura aussi, disons-le, une dimension r\u00e9paratrice puisqu&rsquo;en ce temps-l\u00e0, l&rsquo;\u00e9piscopat et le gouvernement avaient manifest\u00e9 une longue opposition \u00e0 l&rsquo;attribution de ce droit. L&rsquo;\u00e9piscopat veut donc aujourd&rsquo;hui, \u00e0 cinquante ans de distance, f\u00eater cette bonne l\u00e9gislation et reconna\u00eetre, avec tous ses concitoyens et ses concitoyennes, les r\u00e9els progr\u00e8s auxquels elle a ouvert la voie. Les \u00e9v\u00eaques veulent c\u00e9l\u00e9brer cet acquis l\u00e9gislatif avec toutes les femmes : avec celles qui demeurent discr\u00e8tes et anonymes dans la foule, comme avec les repr\u00e9sentantes de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, des associations, des conseils, des mouvements, des communaut\u00e9s qui font entendre la voix collective des femmes.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Dans nos existences, les anniversaires et les f\u00eates sont des moments privil\u00e9gi\u00e9s o\u00f9 l&rsquo;on r\u00e9capitule sa vie pour se la raconter. On se rem\u00e9more ses souvenirs, heureux et malheureux, ses \u00e9checs et ses r\u00e9alisations, ses joies et ses peines. On parle des disparues. On conforte ses fid\u00e9lit\u00e9s. On revit ses craintes et ses espoirs. On partage ses inqui\u00e9tudes pr\u00e9sentes, on \u00e9labore de nouveaux projets. Mais pourquoi s&rsquo;attarder sur le sens de la f\u00eate; les femmes savent bien de quoi les f\u00eates sont faites ! Elles ont si souvent imagin\u00e9 et pr\u00e9par\u00e9 les n\u00f4tres!<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">PARTENAIRES DE LA PREMI\u00c8RE HEURE<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Depuis l&rsquo;\u00e9tablissement p\u00e9rilleux de la Nouvelle-France jusqu&rsquo;au prodigieux essor du Qu\u00e9bec contemporain, les femmes, en effet, ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sentes et actives. Elles ont \u00e9t\u00e9, d\u00e8s la premi\u00e8re heure, partenaires de l&rsquo;entreprise de colonisation fran\u00e7aise en Am\u00e9rique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Elles ont fond\u00e9 nos tout premiers \u00e9tablissements de sant\u00e9, d&rsquo;\u00e9ducation et de charit\u00e9. Elles participent aujourd&rsquo;hui pleinement \u00e0 notre force \u00e9conomique et politique ainsi qu&rsquo;\u00e0 notre progr\u00e8s intellectuel et social. Elles sont devenues les indispensables partenaires de notre projet collectif. Aujourd&rsquo;hui comme hier, et dans la ligne de notre mod\u00e8le pionnier d&rsquo;origine, leurs noms \u00e9voquent courage, t\u00e9nacit\u00e9, cr\u00e9ativit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Ce courage, disons-le, n&rsquo;a pas toujours \u00e9t\u00e9 reconnu. Cette t\u00e9nacit\u00e9 et cette cr\u00e9ativit\u00e9 ont parfois m\u00eame \u00e9t\u00e9 tenues pour suspectes. Le nom de ces femmes a trop souvent \u00e9t\u00e9 oblit\u00e9r\u00e9. Leurs projets r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s par une historiographie trop exclusivement masculine.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Des noms \u00e0 se rem\u00e9morer<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000; font-size: small;\"> Une c\u00e9l\u00e9bration comme celle d&rsquo;aujourd&rsquo;hui devrait nous permettre de remettre en lumi\u00e8re le chemin parcouru par quelques-unes de nos m\u00e8res, de nos s\u0153urs et de nos compagnes dont les noms sont demeur\u00e9s vivants dans notre m\u00e9moire collective. En nous rem\u00e9morant certains noms, nous en ferons surgir d&rsquo;autres de l&rsquo;ombre. Nous prendrons une plus juste mesure d&rsquo;un labeur demeur\u00e9 trop longtemps obscur, parce qu&rsquo;accompli alors sous le signe du voile ou de la maternit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Elles se sont appel\u00e9es d&rsquo;abord Madame de la Peltrie, Marie Guyart de l&rsquo;Incarnation, Jeanne Mance, Marguerite Bourgeoys, Marguerite de la Jemmerais d&rsquo;Youville, \u00c9milie Tavernier-Gamelin, Rosalie Cadron-Jett\u00e9, Esther Blondin, Eulalie Durocher. Elles se sont nomm\u00e9es ensuite Jos\u00e9phine Marchand-Dandurand, M\u00e8re Sainte-Anne-Marie, Marie Lacoste-G\u00e9rin-Lajoie, Laure Gaudreault, Yvette Charpentier, Idola Saint-Jean, Th\u00e9r\u00e8se Casgrain. Il est impossible, aujourd&rsquo;hui, de d\u00e9cliner tous leurs noms. Tant elles sont devenues l\u00e9gion. Tant elles sont nombreuses dans le champ social et pastoral o\u00f9 elles ne cessent de nous interpeller au nom d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 plus \u00e9galitaire, plus juste et plus chaleureuse.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Ces femmes n&rsquo;ont pas toujours \u00e9t\u00e9 reconnues \u00e0 leur heure. Leurs innovations, souvent directement inspir\u00e9es par l&rsquo;\u00c9vangile, n&rsquo;ont pas toujours \u00e9t\u00e9 accueillies avec ouverture. Parfois m\u00eame, elles ont \u00e9t\u00e9 frein\u00e9es par la m\u00e9fiance et les pr\u00e9jug\u00e9s de leurs chefs politiques et religieux. Qui dira les souffrances d&rsquo;une Marguerite Bourgeoys, d\u00e9sireuse d&rsquo;apporter l&rsquo;\u00e9ducation aux Am\u00e9rindiennes nomades, et \u00e0 laquelle Mgr de Saint-Vallier s&rsquo;est longtemps obstin\u00e9 \u00e0 vouloir imposer le voile et la cl\u00f4ture ? Celles d&rsquo;une Marie Lacoste-G\u00e9rin-Lajoie, militante engag\u00e9e de la cause nationale et eccl\u00e9siale, mais \u00e0 laquelle ses chefs spirituels retir\u00e8rent leur soutien, d\u00e8s qu&rsquo;elle pr\u00e9tendit vouloir \u00e9largir \u00e0 la sph\u00e8re politique l&rsquo;action des membres de la F\u00e9d\u00e9ration nationale Saint-Jean-Baptiste.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">DE L\u2019\u00c9CHEC \u00c0 LA VICTOIRE<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">La Parole est lib\u00e9ratrice. Ce mauvais souvenir de l&rsquo;\u00e9chec de Marie Lacoste-G\u00e9rin-Lajoie en 1922, \u00e9chec dont l&rsquo;heureuse l\u00e9gislation de 1940 n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 effacer les traces douloureuses dans la conscience des femmes, il faut aussi, avant le souvenir de la victoire, se le rem\u00e9morer ensemble.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Il\u00a0 faut en tirer des le\u00e7ons pour les temps pr\u00e9sents. Car, pas plus aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;hier, il ne suffit de parler de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 pour la faire advenir. Pas plus aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;hier, il n&rsquo;est ais\u00e9, pour ceux et celles qui se r\u00e9clament de l&rsquo;\u00c9vangile, de s&rsquo;\u00e9lever au-dessus de leurs r\u00e9flexes socio-culturels et de dominer leurs conditionnements historiques. Le proph\u00e9tisme, pourtant, est \u00e0 ce prix.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">La r\u00e9sistance au changement<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000; font-size: small;\"> Ce qu&rsquo;en effet les femmes ont d&rsquo;abord retenu du jeu de ces r\u00e9flexes et de ces conditionnements historico-culturels, c&rsquo;est que la cause br\u00fblante du vote des femmes, au XIXe si\u00e8cle et \u00e0 l&rsquo;or\u00e9e du XXe si\u00e8cle, a progress\u00e9 plus efficacement et plus rapidement dans les soci\u00e9t\u00e9s anglo-saxonnes et protestantes que dans les soci\u00e9t\u00e9s latines, fran\u00e7aises et catholiques. Autour de 1922, l&rsquo;observation s&rsquo;av\u00e9rait exacte aussi bien en Europe, aux \u00c9tats-Unis qu&rsquo;au Canada o\u00f9, isol\u00e9e en la mati\u00e8re, la province de Qu\u00e9bec s&rsquo;obstinait encore \u00e0 faire cavalier seul. Aune \u00e9poque o\u00f9 la th\u00e9ologie catholique identifiait encore la libert\u00e9 de conscience \u00e0 une dangereuse d\u00e9rive protestante et o\u00f9 l&rsquo;id\u00e9e m\u00eame du rapprochement \u0153cum\u00e9nique eut d\u00e9clench\u00e9 plus de m\u00e9fiance que de sympathie, la soci\u00e9t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise et son \u00e9piscopat se sont donc confort\u00e9s mutuellement dans leur conservatisme. Dans une r\u00e9sistance au changement, que semblait alors justifier la conviction profonde de leur r\u00f4le messianique en Am\u00e9rique du Nord, Henri Bourassa, tout comme les \u00e9v\u00eaques du Qu\u00e9bec, \u00e9taient convaincus d&rsquo;\u00eatre les seuls \u00e0 avoir le pas. En stigmatisant le f\u00e9minisme, ils \u00e9taient persuad\u00e9s de d\u00e9noncer une h\u00e9r\u00e9sie dangereuse. Et d&rsquo;autant plus redoutable qu&rsquo;elle se propageait comme une tra\u00een\u00e9e de poudre dans tout l&rsquo;Occident chr\u00e9tien. Ni les uns ni les autres ne pouvaient donc voir, comme nous le voyons aujourd&rsquo;hui avec le recul historique, que c&rsquo;est le refus du changement et de la modernit\u00e9 qui \u00e9tait, en dernier recours, au c\u0153ur de leur opposition.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">La victoire de 1940<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000; font-size: small;\"> Comme la c\u00e9l\u00e9bration d&rsquo;aujourd&rsquo;hui le rappelle, c&rsquo;est en 1940 que le Gouvernement du Qu\u00e9bec, dirig\u00e9 alors par Ad\u00e9lard Godbout, se rend enfin aux arguments des femmes. Th\u00e9r\u00e8se Casgrain et Idola Saint-Jean ont repris la succession de Marie Lacoste-G\u00e9rin-Lajoie, de Mesdames Walter Lyman, Carrie Derrick et tant d&rsquo;autres, \u00e0 la t\u00eate du mouvement suffragiste. Leur longue patience re\u00e7oit enfin sa r\u00e9compense le 25 avril 1940. Mais l&rsquo;on sent bien, aux commentaires r\u00e9serv\u00e9s de l\u2019\u00e9piscopat, que le f\u00e9minisme victorieux de ces pionni\u00e8res est loin d&rsquo;\u00eatre encore reconnu par l&rsquo;\u00c9glise comme une force positive de changement social. Les chefs spirituels ont certes renonc\u00e9 \u00e0 jouer du frein, mais ils sont encore loin d&rsquo;\u00eatre pass\u00e9s \u00e0 l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rateur ! \u00c0 l&rsquo;heure des grandes r\u00e9publiques la\u00efques d&rsquo;Europe, la m\u00e9fiance des chefs spirituels concerne tout autant le libre jeu de la d\u00e9mocratie que l&rsquo;influence sociale du f\u00e9minisme. T\u00e9moin de l&rsquo;inexorable d\u00e9clin des monarchies, l&rsquo;\u00c9glise d&rsquo;alors se cabre encore contre cet esprit nouveau que Vatican II, vingt ans plus tard, saluera sous les noms nouvellement r\u00e9habilit\u00e9s de \u00ab peuple \u00bb et de \u00ab communaut\u00e9 \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">UN RATTRAPPAGE SANS PR\u00c9C\u00c9DENT<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Les historiens de demain mesureront, mieux encore que nous ne pouvons le faire aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;\u00e9norme impact qu&rsquo;aura eu, sur la soci\u00e9t\u00e9 qu\u00e9b\u00e9coise, la co\u00efncidence, vingt ans apr\u00e8s, de deux \u00e9v\u00e9nements majeurs : l&rsquo;annonce, \u00e0 Rome en 1960, de la convocation du Concile Vatican II et le d\u00e9but, au Qu\u00e9bec, de la R\u00e9volution tranquille dont l&rsquo;arriv\u00e9e au pouvoir du gouvernement Lesage constitua le d\u00e9tonateur.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Pour les femmes du Qu\u00e9bec, ces deux \u00e9v\u00e9nements conjugu\u00e9s d\u00e9clencheront tout un train de mesures novatrices dont le droit de vote n&rsquo;avait pu, en deux d\u00e9cennies, assurer seul l&rsquo;av\u00e8nement. Dans cette mouvance rapide et parall\u00e8le, qui dotait le Qu\u00e9bec et son \u00c9glise de structures nouvelles, les Qu\u00e9b\u00e9coises allaient effectuer un rattrapage sans pr\u00e9c\u00e9dent dans leur histoire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">La Seconde Guerre mondiale avait consacr\u00e9 leur pr\u00e9sence sur le march\u00e9 du travail. La r\u00e9forme structurelle qui allait suivre la cr\u00e9ation du minist\u00e8re de l&rsquo;\u00c9ducation, en 1964, abolira dans les textes (sinon toujours dans les faits) la discrimination institutionnelle, \u00e9ducative, financi\u00e8re et id\u00e9ologique qui avait si longtemps caract\u00e9ris\u00e9 la formation des filles. Un \u00e0 un, tous les secteurs professionnels jusqu&rsquo;alors exclusivement masculins vont s&rsquo;ouvrir, sous la pression des femmes d\u00e9sireuses de s&rsquo;y ins\u00e9rer \u00e0 leur tour.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Les femmes dans l&rsquo;\u00c9glise<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000; font-size: small;\"> Dans l&rsquo;\u00c9glise du Qu\u00e9bec, une \u00e9volution parall\u00e8le va s&rsquo;amorcer. Avec sa nouvelle constitution sur l&rsquo;\u00c9glise, Vatican II est appel\u00e9 \u00e0 red\u00e9finir de fa\u00e7on radicale le r\u00f4le et la place des la\u00efques. La nouvelle notion d&rsquo;\u00c9glise \u00ab\u00a0peuple de Dieu\u00a0\u00bb va se substituer (encore dans les textes sinon toujours dans les faits) \u00e0 la vision traditionnelle et pyramidale de l&rsquo;\u00c9glise. Doublement tenues \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart comme la\u00efques et comme femmes, les militantes catholiques ont \u00e0 effectuer, l\u00e0 aussi, d&rsquo;\u00e9normes rattrapages. Inspir\u00e9es par la R\u00e9volution tranquille, les Qu\u00e9b\u00e9coises vont mettre les bouch\u00e9es doubles pour relever l&rsquo;immense d\u00e9fi d&rsquo;aider la foi \u00e0 se porter \u00e0 la rencontre d&rsquo;une culture happ\u00e9e par la modernit\u00e9 et qui se transforme profond\u00e9ment sous leurs yeux.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Dans l&rsquo;\u00c9glise du Qu\u00e9bec, des femmes seront donc progressivement appel\u00e9es \u00e0 exercer des t\u00e2ches jusque-l\u00e0 r\u00e9serv\u00e9es aux pr\u00eatres, dans l&rsquo;\u00e9ducation de la foi comme en pastorale familiale, sociale et missionnaire. Certaines d&rsquo;entre elles participent aujourd&rsquo;hui, dans les s\u00e9minaires, \u00e0 la formation des futurs pr\u00eatres et des diacres permanents. Au cours des ann\u00e9es, d&rsquo;autres assumeront des fonctions in\u00e9dites\u00a0: au secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;\u00e9piscopat, dans la pr\u00e9paration des synodes romains \u00e0 titre d&rsquo;expertes, \u00e0 la direction de la pastorale de certains dioc\u00e8ses ou comme chanceli\u00e8res. Les \u00e9v\u00eaques de 1940 n&rsquo;avaient certes pas pr\u00e9vu l&rsquo;ampleur des responsabilit\u00e9s qui sont maintenant confi\u00e9es aux femmes ! Et pourtant, que de chemin encore \u00e0 parcourir&#8230;<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Les femmes th\u00e9ologiennes<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000; font-size: small;\"> Comme dans la soci\u00e9t\u00e9 civile, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9ducation et la formation qui constipent le fer de lance des changements que l&rsquo;on peut observer dans l&rsquo;\u00c9glise pour l&rsquo;avancement des femmes. Dans nos facult\u00e9s de th\u00e9ologie, 62 % des \u00e9tudiants sont aujourd&rsquo;hui des \u00e9tudiantes. Des femmes r\u00e9solues qui, demain, voudront r\u00e9p\u00e9ter, dans les champs pastoral et th\u00e9ologique, le mod\u00e8le de partenariat qu&rsquo;elles vivent pr\u00e9sentement avec leurs coll\u00e8gues masculins. Ces th\u00e9ologiennes fondent leur d\u00e9marche sur les recherches bibliques r\u00e9centes qui nous font progressivement d\u00e9couvrir \u00e0 quel point le message lib\u00e9rateur du Christ s&rsquo;adresse \u00e0 tous, sans consid\u00e9ration des diff\u00e9rences sexuelles, raciales et culturelles (Ga 3, 28).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Ces nouvelles th\u00e9ologiennes se sentent aujourd&rsquo;hui particuli\u00e8rement interpell\u00e9es par l&rsquo;\u00e9volution op\u00e9r\u00e9e, dans la soci\u00e9t\u00e9 civile, par la modernisation des codes et des lois qui r\u00e9gissent le mariage, la famille et la f\u00e9condit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">D\u00e9sormais, l&rsquo;\u00e9pouse n&rsquo;est plus consid\u00e9r\u00e9e comme une mineure, la m\u00e8re n&rsquo;est plus contrainte aux maternit\u00e9s r\u00e9p\u00e9t\u00e9es et non d\u00e9sir\u00e9es, la procr\u00e9ation n&rsquo;est plus regard\u00e9e comme l&rsquo;unique fonction de la sexualit\u00e9, la violence conjugale est de moins en moins tol\u00e9r\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Enfin, il suffit d&rsquo;ouvrir les yeux pour constater le caract\u00e8re multiforme que prend !a famille moderne et l&rsquo;amenuisement de la fronti\u00e8re qui s\u00e9pare, aujourd&rsquo;hui, la vie priv\u00e9e des femmes et la sph\u00e8re publique o\u00f9 elles ont progressivement fait leur entr\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Les femmes, sujet d&rsquo;\u00e9tudes<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000; font-size: small;\"> Au niveau universitaire, les femmes sont \u00e9galement devenues elles-m\u00eames sujet d&rsquo;\u00e9tudes scientifiques, gr\u00e2ce aux travaux de leurs historiennes, de leurs sociologues, de leurs juristes. Leurs th\u00e9ologiennes ne pouvaient donc qu&#8217;embo\u00eeter le pas dans cette vaste r\u00e9interpr\u00e9tation, au f\u00e9minin, des grandes assises jud\u00e9o-chr\u00e9tiennes de notre culture occidentale et de notre pass\u00e9 qu\u00e9b\u00e9cois. Cette analyse f\u00e9ministe de l&rsquo;histoire et de la tradition chr\u00e9tiennes ne va pas sans bouleverser parfois nos certitudes et nos mani\u00e8res s\u00e9culaires de voir. Mais de plus en plus de th\u00e9ologiens hommes se sentent solidaires de la d\u00e9marche des femmes et cherchent \u00e0 y participer. Car dans ce cheminement collectif, nous avons acquis la conviction que l&rsquo;\u00c9glise, tout comme la soci\u00e9t\u00e9, doit reconna\u00eetre la place des femmes. Autrement, elle s&rsquo;appauvrit elle-m\u00eame et elle manque \u00e0 son devoir d&rsquo;agir, selon le mot de Paul VI, comme une \u00ab\u00a0experte en humanit\u00e9\u00a0\u00bb. Cette conviction inspire largement la cr\u00e9ation, depuis dix ans dans nos dioc\u00e8ses, d&rsquo;un r\u00e9seau de r\u00e9pondantes \u00e0 la condition des femmes. Et plus r\u00e9cemment, la mise sur pied de forums dioc\u00e9sains de r\u00e9flexion concernant le partenariat hommes-femmes dans l&rsquo;\u00c9glise.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Un statut ambigu<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000; font-size: small;\"> Certes, toutes ces femmes qui participent activement \u2013 souvent b\u00e9n\u00e9volement \u2013 \u00e0 la mission de l&rsquo;\u00c9glise sont encore trop peu nombreuses. Mais, surtout, leur statut dans l&rsquo;\u00c9glise demeure profond\u00e9ment ambigu. Des obstacles d&rsquo;ordre canonique, qui tiennent le plus souvent \u00e0 la force d&rsquo;inertie et de l&rsquo;habitude, devront \u00eatre lev\u00e9s. D&rsquo;autres, beaucoup plus fondamentaux, parce que d&rsquo;ordre th\u00e9ologique, devront \u00eatre abord\u00e9s avec humilit\u00e9 et courage. L&rsquo;universalit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9glise et la diversit\u00e9 des cultures qui s&rsquo;y trouvent repr\u00e9sent\u00e9es ne doivent pas servir de pr\u00e9texte pour y maintenir, \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la femme et de sa mission, une position minimaliste. Position qui, si elle rencontre encore quelqu&rsquo;indulgence historique chez une minorit\u00e9 de chr\u00e9tiennes, est de plus en plus consid\u00e9r\u00e9e comme un anachronisme, sinon comme un obstacle insurmontable, chez les croyantes de la g\u00e9n\u00e9ration suivante.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">UNE SOURCE D\u2019INSPIRATION<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Cette nouvelle conscience f\u00e9ministe \u00e0 l&rsquo;oeuvre, aussi bien dans la soci\u00e9t\u00e9 que dans l&rsquo;\u00c9glise, aussi bien chez les hommes que chez les femmes, nous ne pouvons pas, en effet, ne pas la saluer comme une source positive d&rsquo;inspiration pour tous ceux et celles que l&rsquo;adh\u00e9sion \u00e0 l&rsquo;\u00c9vangile conduit \u00e0 d\u00e9noncer les in\u00e9galit\u00e9s et l&rsquo;injustice.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">L&rsquo;engagement de tant de femmes actives dans les maisons d&rsquo;h\u00e9bergement pour m\u00e8res c\u00e9libataires ou victimes de violence conjugale, leur esprit d&rsquo;entraide et de solidarit\u00e9 ont contribu\u00e9 fortement \u00e0 sensibiliser la soci\u00e9t\u00e9 tout enti\u00e8re au scandale de l&rsquo;appauvrissement sp\u00e9cifique des femmes et \u00e0 la d\u00e9tresse des femmes \u00e2g\u00e9es et isol\u00e9es. Si, aujourd&rsquo;hui, nous sentons l&rsquo;urgence d&rsquo;apporter des correctifs l\u00e9gislatifs \u00e0 ce scandale, n&rsquo;est-ce pas parce que, soixante-huit ans apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9chec provisoire de Marie Lacoste-G\u00e9rin-Lajoie, nous avons fini par comprendre ce que cette pionni\u00e8re du droit de vote voulait nous dire lorsqu&rsquo;elle nous conviait \u00e0 progresser \u00ab\u00a0vers la charit\u00e9, par la justice\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Nous ne nous en cachons pas\u00a0: c&rsquo;est en effet \u00e0 une authentique conversion \u00e9vang\u00e9lique que nous sommes convi\u00e9s. Il s&rsquo;agit pour nous tous, croyants du Qu\u00e9bec, de nous porter \u00e0 la rencontre de l&rsquo;Esprit que nous reconnaissons \u00e0 l&rsquo;oeuvre dans le mouvement d&rsquo;affirmation des femmes qui caract\u00e9rise cette derni\u00e8re d\u00e9cennie de notre si\u00e8cle. Le projet de Dieu sur le couple humain, qui s&rsquo;\u00e9tend non seulement \u00e0 la famille, mais aussi \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise, nous voulons contribuer \u00e0 le faire advenir comme signe de r\u00e9conciliation et de paix.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">\u00ab Ob\u00e9ir, c&rsquo;est aussi r\u00e9sister \u00bb<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: small;\"> <span style=\"color: #000000;\">Car la le\u00e7on historique livr\u00e9e par toutes ces pionni\u00e8res dont nous venons d&rsquo;\u00e9voquer les noms, et dont plusieurs furent d&rsquo;irr\u00e9ductibles croyantes, j&rsquo;en veux emprunter la formulation finale au th\u00e9ologien dominicain Marie-Dominique Chenu, r\u00e9duit au silence en 1954 pour avoir apport\u00e9 son soutien aux pr\u00eatres-ouvriers de la Mission de France. \u00ab\u00a0Ob\u00e9ir, disait le P\u00e8re Chenu, c&rsquo;est aussi r\u00e9sister\u00a0\u00bb. Au plus fort de l&rsquo;\u00e9preuve et en toute fid\u00e9lit\u00e9, il a tenu bon, \u00ab\u00a0esp\u00e9rant contre toute esp\u00e9rance\u00a0\u00bb (Rm 4, 18). En 1962, le Concile Vatican II devait, en effet, reconna\u00eetre les grandes orientations du P\u00e8re Chenu en les reprenant \u00e0 son compte particuli\u00e8rement dans la Constitution pastorale L&rsquo;\u00c9glise dans le monde de ce temps (<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;\"><i>Gaudium et Spes<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">).<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Dans l&rsquo;\u00c9glise, comme dans la soci\u00e9t\u00e9, l&rsquo;action militante des femmes et des peuples colonis\u00e9s est donc progressivement apparue, selon l&rsquo;expression de Jean XXIII, \u00ab comme un signe des temps \u00bb. Comme une invitation \u00e0 aller planter au plus loin la flamme lib\u00e9ratrice de l&rsquo;\u00c9vangile. Les femmes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ont, comme leurs devanci\u00e8res, le droit de d\u00e9fendre leur charisme propre, porteur d&rsquo;innovation sociale et pastorale. Ce devoir de discernement historique \u00e0 la lumi\u00e8re de l&rsquo;\u00c9vangile, nous ne le r\u00e9p\u00e9terons jamais assez, ne constitue pas l&rsquo;apanage exclusif de nos hi\u00e9rarchies masculines. Il concerne indistinctement tous les baptis\u00e9s, femmes et hommes. Il est porteur d&rsquo;esp\u00e9rance et d&rsquo;avenir pour la foi chr\u00e9tienne.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">\u00ab\u00a0Ob\u00e9ir, c&rsquo;est aussi r\u00e9sister\u00a0\u00bb\u00a0: r\u00e9sister \u00e0 la d\u00e9sesp\u00e9rance de ne jamais voir un jour toutes les in\u00e9galit\u00e9s abolies, toutes les comp\u00e9tences reconnues, la justice enfin r\u00e9alis\u00e9e entre hommes et femmes, dans l&rsquo;\u00c9glise comme dans la soci\u00e9t\u00e9 tout enti\u00e8re.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019occasion du 50e anniversaire du droit de vote des femmes au Qu\u00e9bec et dans une volont\u00e9 r\u00e9paratrice, Mgr Gilles Ouellet  rend hommage aux femmes et souligne leurs acquis. <a href=\"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/?p=812\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":119,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[],"ppma_author":[126],"class_list":["post-812","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les_eveques_et_les_femmes","author-gilles-ouellet"],"authors":[{"term_id":126,"user_id":119,"is_guest":0,"slug":"Gilles Ouellet","display_name":"Gilles Ouellet","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/62bfc3c4fbadd6086d5c64765f5fd82bfc4f72f9438a8222d692ba0e55971b1e?s=96&d=wp_user_avatar&r=g","user_url":"","last_name":"Ouellet","first_name":"Gilles","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/812","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/119"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=812"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/812\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=812"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=812"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=812"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/femmes-ministeres.lautreparole.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fppma_author&post=812"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}