Ces dernières années, on m’a souvent demandé une sorte de bilan du féminisme québécois, surtout depuis la Révolution Tranquille des années 60. J’y retraçais alors les étapes suivantes : la décennie 70/80 qui m’apparaît être celle du « Non, ça suffit! », celle de 80/90 qui se caractérise par nos grandes batailles sociales, politiques et ecclésiales, la décennie 90/2000 où nous avons travaillé à réinterpréter les notions d’expérience, de sujet, de genre, de corporalité, de sororité, de divinité. Quant à 2000/2010, elle m’a semblé amorcer un mouvement qui va du social (axé sur des revendications publiques de type politique) au culturel (axé sur une nouvelle façon d’être, de se positionner, d’analyser et d’intervenir). À quelques décalages près, cette évolution s’est réalisée tout autant dans l’Église que dans la société québécoise. Continuer la lecture →